Merci à Aliete, Lunastrelle, Emichlo et Alvirah pour leurs reviews.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Gwen, Lionel et cie.
Chapitre 21 :
La machine est en marche
Tandis que Gwen, Lionel et Legolas chevauchaient en direction de Mirkwood avec l'escorte des elfes, la jeune fille discutait avec son frère.
Ce dernier lui donna des nouvelles de la Lorien : tout allait bien là-bas, il avait parfois eu à s'occuper d'un ou deux fantômes, rien de bien méchant. Juste un elfe désireux de donner un objet ou de communiquer un message à un proche avant de partir.
Gwen l'envia en un sens : elle avait des cas plus durs depuis son arrivée à Mirkwood. Elle aurait aimé lui parler de son séjour, mais elle préférait attendre qu'ils soient seuls. Les elfes avaient l'ouïe fine, inutile de chuchoter ici.
Autre bonne nouvelle : Ithilwen et Anarion étaient revenus en Lorien et depuis plus d'une semaine, Ithilwen attendait un enfant. Gwen en fut profondément heureuse. Cette fois, ils pourraient fonder la famille dont ils avaient toujours rêvé.
Pendant le voyage, Lionel lança parfois des regards en direction de Legolas, comme s'il essayait de trouver dans quelle catégorie le ranger : ami ou ennemi ?
Enfin, ils arrivèrent à Mirkwood. Tandis que Legolas et ses hommes se dirigeaient vers la salle de réunion du roi et des ministres pour faire leur rapport, Gwen s'éclipsa avec son frère jusqu'à sa chambre.
Là, une fois seuls, elle put lui parler de son séjour à Mirkwood. Lorsqu'elle arriva au passage de l'elfe Linghir et qu'elle lui raconta tout ce qui s'était passé entre lors de leurs courtes, mais houleuses rencontres, Lionel fit mine de se lever pour aller trouver l'elfe et « lui filer une bonne raclée », mais Gwen insista pour qu'il reste au moins écouter la suit de son histoire, ensuite il irait se défouler s'il en avait envie. En fait, elle espérait que la suite le captiverait tant qu'il oublierait cette idée idiote d'aller se battre avec un elfe.
Une fois son récit fini, Lionel demanda : « Donc, quand Ithilwen et Anarion sont partis à cheval, t'as vu le fantôme d'un type te regarder puis rire comme un dingue ? »
« Oui. Mais je ne sais pas de qui il s'agit. »
« Tu n'as pas essayé de lui parler ? »
« Non. Il a filé avant même que j'aie pu m'approcher de lui. »
Lionel fronça des sourcils. Toute cette histoire ne lui plaisait que très moyennement.
« Et toi, dis-moi ? Pourquoi tu es venu ? » dit Gwen.
« Ben… À ton avis ? T'es ma sœur ! »
« Non ! Pourquoi t'es venu tout seul, comme ça, sans escorte ? Je ne peux pas croire qu'Haldir t'ait laissé partir ainsi. »
Lionel se gratta l'arrière de la tête avec l'air confus.
« En fait, non, j'ai rien dit à personne, t'as raison. Mais Galadriel se doutait de ce que j'allais faire. Rien d'étonnant à ça, tu me diras, mais… »
« Mais quoi ? »
« Oh, rien, laisse tomber ! Dis, j'ai la dalle ! Ils mangent quand, ici, les elfes de Mirkwood ? »
Gwen sourit. Là, elle retrouvait bien son frère.
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La maison était calme, il faisait nuit dehors. Le ciel étoilé se voilait de nuages. Debout devant la fenêtre, Maegwen parut inquiète. Cette nuit était sombre, elle ne l'aimait pas. Un souffle de vent froid traversa la fenêtre et souleva ses longs cheveux noirs.
« Chérie ! Tu viens dire bonne nuit aux enfants ? »
Retrouvant le sourire, la jeune femme ferma la fenêtre puis alla dans la chambre d'enfants. Son mari se tenait là, tenant un petit garçon brun de neuf ans par les épaules. Dans le lit se trouvait une fillette de huit ans malade, déjà endormie, un thermomètre dans la bouche.
« Bonne nuit, ma puce. Demain, tu iras mieux », dit Maegwen. « Lionel, tu dis bonne nuit à ta sœur ? »
Lionel se hissa au sommet du lit puis se pencha pour embrasser sa sœur sur le front.
« Bonne nuit, petite sœur », dit-il avant de retomber par terre.
Puis il sortit, suivi de son père. Maegwen embrassa l'enfant, puis alla vers la table de nuit et alluma la veilleuse. Elle regarda sa fille un instant, puis sortit à son tour de la chambre.
Tard dans la nuit, elle s'éveilla en sursaut. La place dans le lit à côté d'elle était vide. Intriguée, elle se leva et alla dans la chambre de Lionel. Elle vit tout de suite que la couette du lit formait une bosse anormale et que de la lumière semblait traverser les draps.
La jeune femme rabattit les couvertures et trouva Lionel assis en position du lotus, le nez collé contre un écran de jeu vidéo miniature.
« Lionel ! Tu dois dormir, voyons ! Ce n'est plus l'heure de jouer, et tu vas t'abîmer les yeux ! » dit la mère en lui enlevant le jeu des mains.
« Pardon, maman ! » dit Lionel. Il se précipita pour remettre les couvertures en ordre et se cacha en dessous, l'air faussement effrayé.
Levant les yeux au ciel, Maegwen sortit et posa la console sur la table du couloir, puis vit une ombre dans la chambre de Gwen.
Intriguée, elle s'approcha. Elle se figea en voyant ce qui se passait. Mais avant qu'elle n'ait pu réagir, l'obscurité envahit la pièce. Un hurlement retentit.
XxXxXxXxXxXxX
Dans deux chambres différentes du palais, Gwen et Lionel s'éveillèrent en sursaut. Ils avaient fait le même cauchemar. Ils levèrent ensemble la tête vers le plafond puis poussèrent un soupir.
XxXxXxXxXxXxX
Gwen s'éveilla tôt ce matin-là. Elle avait mal dormi après son cauchemar, et n'avait pas réussi à se rendormir avant plus de deux heures.
Un peu de mauvaise humeur, elle se leva et se dirigea vers sa penderie. Elle hésita, puis chercha une robe aux couleurs sombres. Tant pis si on la jugeait trop sombre, elle n'avait pas de raison de porter de beaux vêtements aujourd'hui.
Car chaque année depuis la mort de leur mère, Lionel et elle faisaient le même cauchemar ensemble la nuit, au sujet de leur mère. Et ils le faisaient toujours la nuit précédant la date de sa mort.
Enfin, elle trouva une robe qui lui parut adaptée. Elle était noire, avec un corset aux motifs de fleurs argentées et une ceinture gris perle.
Une fois ses cheveux nattés, elle sortit dans le couloir et se dirigea jusqu'à la chambre de Lionel. Elle perçut tout de suite un bruit inquiétant derrière. Son frère semblait discuter avec quelqu'un, non, pire : se disputer !
Elle frappa trois coups puis ouvrit. Elle aperçut tout de suite son frère en pantalon de l'autre côté du lit. Celui-ci était dévasté : les draps et les coussins éparpillés sur le sol.
Et Toïn se tenait de l'autre côté, face à Lionel.
« Ah, Fëawen, enfin ! Pourriez-vous calmer ce jeune freluquet ? » dit le nain.
« Frelquet ? ! Dite donc, papy, t'as de la chance d'être mort, sinon je t'aurais déjà fait la peau ! »
« Mais qu'est-ce qui se passe ? » dit Gwen.
« Il se passe qu'il m'a réveillé en jouant de la corne de brume ! »
« Je voulais juste vous réveiller pour que votre sœur ait quelqu'un à qui parler dès son réveil ! » dit le nain, l'air outré.
Gwen pouffa de rire. Toïn lui avait déjà fait le coup de la corne de brume, rien que pour rire. Elle n'avait pas trouvé ça très drôle, c'est vrai, mais imaginer son frère réveillé ainsi la faisait rire.
Ce fantôme était drôle parfois, même s'il l'embêtait comme tant d'autres !
« Ça te fait rire ? ! » s'indigna Lionel.
Gwen secoua la tête, puis se mit à ramasser les draps et les coussins, espérant faciliter un peu la tâche de l'elfe qui passerait ranger la chambre quand son frère la quitterait pour aller déjeuner.
« T'es déjà en tenue, à ce que je vois », dit Lionel, notant les couleurs de sa robe.
Gwen hocha silencieusement la tête. Toïn observa leur mine sombre à tous les deux mais choisit de ne rien dire. Il se doutait que le sujet était particulièrement douloureux et ne regardait qu'eux.
Plus tard, Lionel sortit de la chambre avec sa sœur. Il avait enfilé un pantalon noir, une chemise blanche et un gilet noir orné du même motif de plantes que la robe de sa sœur.
Ainsi vêtus, ils se dirigèrent vers la salle où les elfes du palais avaient l'habitude de venir déjeuner.
Ils arrivèrent tôt, préférant ne parler à personne. Mais alors qu'ils arrivaient près de la porte, Gwen se figea. Elle stoppa son frère, puis tous deux tendirent l'oreille.
« … Je persiste à penser que ce n'est pas une bonne idée », dit Legolas.
« Altesse, vous savez que nous manquons d'effectifs et ce jeune homme a été formé par le capitaine de la Lorien, l'un des meilleurs guerriers du royaume de la Dame de Lumière ! Son aide pourrait nous être bénéfique. » Gwen frémit. Cette voix, c'était celle de Linghir !
« … Je lui en parlerai », dit Legolas, à contrecœur.
Le silence suivit ces mots. Gwen fit signe à Lionel. Tous deux se remirent en marche, d'un pas plus bruyant. Lorsqu'ils entrèrent, ils virent les deux elfes face à face près d'une fenêtre.
Linghir accorda un sourire mielleux aux jeunes gens, tandis que Legolas les regardait avec une lueur d'inquiétude dans les yeux.
Lionel voulut se diriger droit sur Linghir, mais Gwen l'arrêta d'une main sur son bras. Nonchalamment, avec une grâce emplie d'arrogance, l'elfe marcha jusqu'à eux puis passa par la porte, non sans accorder un sourire malveillant à Lionel.
Ce dernier émit un « humpf » puis se dirigea vers le buffet à grands pas, prit une assiette puis se mit à se servir. Legolas lança un regard à Gwen. Cette dernière le rejoignit avec un sourire contrit.
« Vous avez bien dormi, cette nuit ? » dit l'elfe.
La main de Lionel s'arrêta quelques secondes avant de replonger dans la nourriture.
« Ce genre de question est inutile avec les gens comme nous, Legolas », dit gentiment Gwen.
L'elfe lui sourit. En effet, elle avait raison.
« De quoi parliez-vous avec Linghir, avant notre arrivée ? » dit la jeune fille.
« Oh, rien de bien important. Il a tendance à s'imaginer qu'il peut prendre des décisions à la place de mon père, pour protéger le royaume. »
« Il s'agit donc d'aider à protéger le royaume ? » dit Lionel.
Il se retourna. Legolas et Gwen ouvrirent de grands yeux. Son assiette était pleine à craquer de raisin, de pommes, de poires, des baies, du pain, de la confiture, du miel et deux autres espèces de matières un peu molles qui évoquaient de la purée ou de la confiture, le tout avec les couverts, une serviette et un pavé de fromage posé en équilibre sur les confitures et purées.
« Ben quoi ? J'ai faim, moi ! Et quand j'suis en colère, faut qu'je mange un max pour m'calmer ! Et encore, y'manquent le café et les pancakes ! » dit le garçon.
Il s'assit à une table. Gwen et l'elfe le suivirent, puis tout en le regardant manger, Legolas reprit la parole :
« Eh bien… Oui, Linghir m'a expliqué l'état de la situation aux frontières du royaume. Les araignées et les Orques redoublent d'ardeur, et beaucoup d'hommes ont été blessés au combat. D'autres ne sont pas revenus, du coup je vais bientôt partir avec une petite garnison pour les chercher, dans un coin de la forêt particulièrement sombre. Linghir voulait que je vous engage, mais… »
Lionel faillit s'étouffer avec sa nourriture. Une fois que sa sœur eut fini de lui tapoter le dos, il dit :
« Sérieux ? »
« Non, bien sûr que non ! Vous êtes un invité ici, en aucun cas droit vous ne devez… »
« J'accepte ! » coupa Lionel.
« QUOI ? ! » dit Gwen, en bondissant de sa chaise.
« J'accepte ! »
Puis, sans plus attendre, il se leva de son siège et s'éloigna avec son assiette.
« S'cusez, j'vais tout d'suite commencer à m'entraîner, et j'finirai mon p'tit-déj' en même temps ! » dit-il, tout en avalant une tartine au miel.
« Lionel, on peut discuter ? ! » cria Gwen en courant le rejoindre dans le couloir.
Resté seul, Legolas émit un léger soupir. Il n'aimait pas la tournure des choses. Il aurait mieux fait de se taire. Gwen avait l'air si sombre ce matin, et son frère ne semblait guère d'humeur plus amène.
Caché dans un recoin de la porte de la salle, Linghir eut un sourire de triomphe. La machine était en marche. Bientôt, le Passeur aurait ses deux proies, et Saroumane serait comblé.
