Disclaimer : L'univers et les persos sont l'entière propriété de , et je la remercie de nous les prêter le temps d'une fic.
Slash DM/HP gentillet. Il n'y aura pas de lemon, donc âmes sensibles, vous pouvez rester. C'est la bonne occasion d'apprendre à aimer ce couple en douceur ;)


Alors pour ce chapitre, je suis partie totalement en live. Il n'était absolument pas prévu à la base. Je ne suis pas sûre que ça vous plaise, désolée.

Bonne lecture quand même.

Merci à anabanana94 qui à corrigé mes derniers chapitres.


21. Il m'a dans la peau, et c'est réciproque ! :


Harry attendait anxieusement l'heure de son rendez-vous. Il était 21H30. Encore vingt minutes, et il se rendrait dans le bureau de Dumbledore, où Tonks viendrait le chercher. Harry contemplait le ciel, assis sur le rebord de sa fenêtre. Quelques nuages épars troublaient la voûte stellaire, mais rien qui puisse empêcher les rayons de la pleine lune d'atteindre l'entrée de la grotte. Heureusement d'ailleurs, sinon, il aurait fallu attendre un mois de plus.

Il regarda de nouveau sa montre. Il était l'heure. Harry se leva et prit son sac, qui renfermait quelques affaires, et lui jeta un sort pour le rétrécir, avant de le mettre dans sa poche.

— Sois prudent Harry, lui dit Hermione, inquiète, en se jetant à son cou à peine la porte du dortoir franchie.

Harry la serra en souriant, et prit un ton qui se voulait réconfortant :

— Ne t'en fais pas Hermione, je ne serai pas seul, Tonks sera là, et elle veillera sur nous. Elle est Auror, elle sait ce qu'elle fait.

— Hermione, laisse-le respirer, tu l'étouffes, dit le rouquin en souriant.

Hermione se sépara à regret de Harry, et s'écarta, tout en se mordillant la lèvre anxieusement.

— Que veux-tu qu'il lui arrive ? Harry sait ce qu'il fait, dit Ron en tapant sur l'épaule de son meilleur ami. Allez Harry, on a confiance en toi, tout se passera bien, tu auras le dernier Horcruxe, et après, tu pourras faire sa fête à l'affreux !

Hermione et Harry rirent malgré la tension et l'angoisse. Ron donnait toujours des surnoms ridicules à Voldemort, pour éviter d'avoir à prononcer son prénom.

Après une dernière accolade avec ses amis, Harry quitta la salle commune pour se rendre à la tour de Dumbledore.

oOo

Harry entrait dans le bureau de Dumbledore, quand un bruit de verre brisé retentit, suivi des plates excuses de Tonks pour avoir bousculé la petite table qui était couverte d'un service à thé en porcelaine.

— Harry, tu es prêt ? Tu as bien emporté ta cape avec toi ? demanda Tonks.

— Oui, j'ai tout, on y va quand tu veux, répondit-il.

Dumbledore sourit chaleureusement à Harry, avant de tendre un encrier à Tonks.

— Ce Portoloin sera activé dans une minute et il vous conduira à quelques mètres de la grotte. J'ai confiance en toi Harry, tout se passera bien, dit le vieil homme avec un clin d'œil.

Loin de rassurer Harry, ces quelques mots lui provoquèrent une douloureuse crampe d'estomac. Tout le monde lui disait qu'il avait confiance en lui, mais lui était loin d'avoir la même. Il avait tellement peur de décevoir toutes les personnes qui comptaient sur lui. La pression sur ses épaules s'alourdissait de minute en minute, et si le Portoloin ne s'activait pas rapidement, il avait peur de vouloir faire marche arrière. Comment s'en sortirait-il sans l'aide de Dumbledore ? Pas qu'il n'ait pas confiance en Tonks, mais le grand savoir et le calme de son directeur le rassurait énormément. C'était la première et dernière fois qu'il irait chercher et détruire un Horcruxe sans lui.

Le Portoloin se mit à siffler, aussi Harry ne se posa plus de questions. Il fit le vide dans son esprit et agrippa un bout de l'encrier.

Le voyage fut court. Ils atterrirent sur un chemin de pierre, dans l'obscurité la plus complète. Le silence qui régnait était angoissant, mais le sourire rassurant de Tonks apportait un peu de gaieté dans ce lieu sinistre.

— C'est là-haut Harry, mets ta cape, on ne sait jamais.

Harry tentait de percer l'obscurité pour apercevoir l'entrée de la grotte qui se situait sur sa gauche. Elle était dissimulée par des arbres gigantesques.

Il se retourna pour parler à Tonks et recula de terreur quand il se retrouva face à Voldemort.

— Désolée Harry, j'aurais dû te prévenir que je prenais sa forme directement, fit Tonks en souriant.

Harry mit sa main sur son cœur qui battait encore à toute vitesse et lui dit que ce n'était pas grave, puisqu'il était au courant qu'elle le ferait. C'était le plan, c'est pourquoi Tonks était nécessaire. Ses dons de Métamorphomage allaient être utiles dans la grotte.

Après un dernier clin d'œil, Tonks prit la posture droite et fière de Voldemort, et s'avança vers la grotte, suivie par Harry.

Aucune ouverture n'apparaissait. Seule une paroi de pierres, froides et rigides, comblait l'entrée. Tonks et Harry regardèrent la pleine lune, mais des nuages en cachaient les rayons. Ils allaient devoir attendre un petit moment avant que le ciel ne soit dégagé.

Après une minute, quelques rayons épars se frayèrent un passage au travers des formes cotonneuses et vinrent toucher le mur de pierre. Celui-ci brilla un instant, des éclats de lumière semblèrent crépiter sur toute la surface, et le mur devint transparent, laissant entrapercevoir un long couloir agrémenté de torches allumées.

Tonks tendit son bras, qui passa sans difficultés de l'autre côté. Après un coup d'œil vers Harry, elle s'engagea.

Le couloir mesurait près d'une trentaine de mètres de long. Harry regardait au-dessus l'épaule de Tonks et apercevait des formes indistinctes, tout au bout, alignées de chaque côté. À mesure qu'ils avançaient, il put se rendre compte avec effroi qu'il s'agissait d'Inferi, postés aux alentours de la seconde entrée.

La jeune Auror ne perdit rien de sa superbe, au contraire, elle se redressa davantage et affirma son côté « maître des lieux. »

Les Inferi ne bougèrent pas, leur regard vide et sans vie s'était brièvement posé sur leur Seigneur et Maître, et ne détectant pas la supercherie, ils restèrent stoïques.

Harry retenait sa respiration. La vision d'horreur lui retourna l'estomac. Toutes ces personnes au visage blafard, l'air absent, malgré la putréfaction qui les gagnait, c'était insoutenable. Ils n'avaient pas l'air de se rendre compte qu'il était sous sa cape, mais il ne se sentait pas en sécurité pour autant.

Tonks ne daigna pas leur accorder un regard, comme l'aurait sans doute fait le vrai Voldemort, et se posta tout près de la porte.

Un serpent ensorcelé longeait la porte circulaire et sifflait hargneusement. Comme convenu, Harry ordonna au serpent, en Fourchelang, de le laisser passer. Après un dernier sifflement, le serpent disparut et la porte s'ouvrit, laissant voir une vaste salle voûtée.

La caverne était calcaire et l'humidité suintait de la roche. Des stalactites et des stalagmites envahissaient presque tout l'espace. Le moindre son de pas ou de goutte d'eau tombant au sol résonnait sur les murs.

En son centre trônait une cloche de verre sur un piédestal, refermant un objet scintillant.

Tonks et Harry s'en approchèrent et la porte se referma derrière eux avec un bruit sourd. Harry sursauta, mais Tonks n'avait pas l'air déstabilisée, donc il se força à se calmer.

Ils se retrouvèrent face à l'objet, qui était en fait un magnifique miroir en argent finement ciselé. Sur la poignée étaient incrustées quelques émeraudes polies avec le temps, et portait l'inscription élégamment gravée : Miranda Serpentard.

Tonks vérifia qu'ils étaient bien seuls et expliqua à Harry pourquoi Voldemort avait choisi cet objet.

— C'est un miroir très ancien. Il a été forgé par les Gobelins, et il paraît même que le miroir a été fait à base de sang de licorne, qui à la vertu de renvoyer l'image que l'on souhaite. Il a été fait spécialement pour Miranda Serpentard, la femme de Salazar Serpentard. Le miroir a été transmis, au fur et à mesure des générations, à Merope Gaunt, la mère de Voldemort. C'était son bien le plus précieux, la seule chose de valeur qui lui appartenait, et elle en prenait le plus grand soin. Madame Cole, la directrice de l'orphelinat où a grandi Voldemort, a confié à Dumbledore que Merope avait accouché en le tenant précieusement. Il paraîtrait qu'elle ne cessait de lui parler, comme si c'était une personne. Elle s'adressait à un certain Tom, et le regardait en pleurant tout en s'excusant de tout le mal qu'elle lui avait fait. Une fois qu'elle fut décédée, une des dames de l'orphelinat a vendu l'objet, et sa trace a été perdue pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que Voldemort le retrouve et en fasse un Horcruxe.

Harry avait écouté attentivement Tonks, sans la couper dans son récit. Ainsi, cet Horcruxe était vraiment symbolique pour Voldemort, presque sentimental. Il n'aurait jamais cru cela, venant du plus grand Mage noir de tous les temps.

Il approcha sa main de la cloche en verre, mais Tonks lui agrippa rapidement le poignet.

— Surtout ne touche pas la cloche Harry ! Voldemort l'a ensorcelée, et qui sait ce qui pourrait se passer. Peut-être que tu mourrais dans la seconde, ou que la salle s'écroulerait. On ne peut pas savoir avec lui. Pour cela, il faut que je l'examine.

Harry s'écarta alors prudemment du piédestal où reposait le dôme de verre.

— Bon, ce n'est pas tout Harry, mais il nous reste le plus dur à faire, et on devrait se dépêcher. Cet endroit n'est pas le lieu idéal pour se reposer, dit Tonks, toujours sous l'apparence de Voldemort.

— Tu as raison, mais s'il te plaît, tu ne voudrais pas redevenir toi, juste le temps qu'on récupère le miroir ? Parce que tu es vraiment laide comme ça, se moqua Harry.

— Ah je suis laide, peut-être que je serais mieux ainsi !

Harry se retint à grand mal d'éclater de rire en voyant la tête de Voldemort se couvrir de longs cheveux roses aux reflets violets, affichant un sourire niais et prenant une pose sexy.

Reprenant une apparence normale (pour Tonks), elle se fit plus sérieuse et dégaina sa baguette pour déterminer les sorts qui entouraient la cloche de verre.

Nymphadora était vraiment un cas, même dans une situation extrêmement dangereuse, elle pouvait passer du stade de l'insouciance, à celui du sérieux implacable.

Harry regardait la baguette de la jeune femme, voleter ici et là, lançant quelques sorts divers, murmurant des incantations. Au fur et à mesure de ses découvertes, son visage se crispait davantage. Une profonde ride barra son front, et l'air joyeux qu'elle arborait disparut au profit d'un air sombre.

Harry se rapprocha, n'osant pas lui poser de question, de peur de la déconcentrer.

Elle s'arrêta brusquement, le regarda, et retrouva son sourire instantanément après avoir lâché un « Eurêka », qui fit sursauter Harry, une fois de plus.

— Il a mis en place de nombreux sorts défensifs, comme tu t'en doutes, et beaucoup sont vraiment très puissants. Mais je pense qu'avec le sort de « Brizçort », ça devrait aller. Il faut qu'on soit deux pour le faire.

Quand je dirai le sort « Brizarium », toi tu devras prononcer le sort « Açortio » en même temps, tu as compris ?

— Oui, et qu'est-ce qu'il se passera ? demanda Harry, un peu paniqué.

— La cloche de verre se lèvera, et tu pourras attraper le miroir. Prêt Harry ?

Harry sortit prestement sa baguette et la leva en direction de la protection.

— À trois Harry. Tu te rappelles, « Açortio ».

Harry acquiesça vivement de la tête et avala bruyamment sa salive.

Le décompte était lancé, et à zéro, Harry prononça sa formule alors que Tonks faisait de même avec la sienne.

Il était crispé sur sa baguette. Le sort ne semblait pas avoir fonctionné, puisque rien n'avait bougé. Il lança un regard inquiet à Tonks, qui semblait également se poser des questions, quand la cloche se décida enfin à se lever. L'Auror gardait son sort dirigé sur la paroi de verre, pour permettre à Harry de glisser la main dessous et de s'emparer du miroir. Il s'approcha et tenta de calmer sa respiration erratique, pour éviter tout tremblement à sa main. L'espace était minime, et le moindre faux pas pourrait lui être fatal.

Il glissa précautionneusement sa main sous la cloche et sentit le miroir froid sous le bout de ses doigts. Il ne pouvait aller plus loin. Harry tenta de rapprocher le miroir, mais le stress lui rendait les mains moites et glissantes et un Accio était bien trop imprécis pour être tenté. Il se força à respirer calmement, avant d'allonger un tout petit plus ses doigts, ne quittant pas la cloche des yeux. Et après un temps qui lui parut considérable, il finit par avoir une meilleure prise.

— Harry, vite, je vais lâcher, s'exclama Tonks qui grimaçait sous l'effort fourni pour maintenir son sort. Harry eut juste le temps de retirer précipitamment sa main, que la cloche retombait sur son socle.

— Pfiou, on a eu chaud, dit Tonks en s'épongeant le front. Ça va Harry, tu n'as rien ?

Harry lui sourit faiblement et lui signifia que tout allait bien.

— On ferait mieux d'y aller maintenant, dit Nymphadora qui avait repris l'apparence de Voldemort.

Harry rangea le miroir dans sa poche, et revêtit sa cape.

— ATCHOUM !

Le jeune garçon se retourna pour voir Tonks, pliée en deux à cause de son éternuement. Il avait été si violent et imprévisible qu'elle en avait lâché sa baguette, qui avait roulé un mètre plus loin.

Elle alla la ramasser, se traitant d'empotée. Une fois sa baguette en main, Tonks se releva en la brandissant victorieusement et avança en direction de Harry, quand son pied dérapa sur une pierre et lui fit perdre l'équilibre.

Harry assistait à la scène, impuissant. Il était trop loin pour tenter d'éviter le pire. Il s'était élancé, mais Tonks venait de heurter la cloche de verre, qui se fracassa à terre.

Des grognements sourds se firent entendre immédiatement, et des dizaines d'Inferi surgirent des murs, les encerclant.

Tonks s'était relevée et Harry se tenait près d'elle, catastrophé. Soudain, le garçon sentit quelque chose de froid et visqueux l'enserrer entièrement. Il tenta de se débattre, mais en vain. La créature monstrueuse et putride ne lâchait pas prise, bientôt suivie par d'autres Inferi.

Harry se débattait comme un fou. Il était tombé au sol et s'écorchait sur les cailloux, mais peu lui importait. Il entendait Tonks lui crier quelque chose mais il ne comprenait pas ses paroles à cause des grognements. Elle aussi avait été maîtrisée, et semblait suffoquer.

L'Inferius qui le maintenait le griffait et tentait de le déchiqueter, alors que les autres lui comprimaient la gorge. Harry essayait aussi fort qu'il pouvait d'attraper sa baguette, mais ses bras étaient coincés sous lui, et les créatures ne le laissaient pas faire le moindre mouvement.

Le jeune garçon se sentait partir. Il repensa à tous ceux qu'il aimait, Ron, Hermione... Drago. Il fut soudain propulsé contre un mur. Un Inferius lui avait shooté dedans. Il gémit en se tordant de douleur, mais au moins, ses bras avaient été dégagés. Harry attrapa aussi vite qu'il put sa baguette et lança des Incendio sur tous les Inferi. Beaucoup reculèrent, apeurés, et d'autres, moins rapides, s'enflammèrent pour disparaître dans un cri effroyable, accompagné d'une odeur écœurante. Les morceaux de chair retombèrent dans un bruit flasque, formant des monceaux fumant à l'endroit même où s'étaient tenus les Inferi.

Harry se releva difficilement, tenant toujours à distance les cadavres apeurés, et rejoignit Tonks, qui gisait sur le sol en position fœtale. Les débris de sa baguette se trouvaient encore dans sa main. Voilà pourquoi elle n'avait pas pu se défendre, sa baguette avait été cassée...

— Tonks, parle-moi, cria Harry en la secouant violemment. Je t'en prie, réveille-toi !

Des larmes salées vinrent brouiller sa vision. La vue du corps apparemment sans vie de Tonks était un supplice. Elle était froide, et ses cheveux avaient pris une teinte brune.

Ils devaient quitter rapidement les lieux, Voldemort devait être au courant que quelqu'un s'était introduit dans un de ses repères, et peut-être même qu'il était déjà en route.

Harry détacha rapidement sa montre et lança le sort « Portus », en espérant que la grotte n'ait aucune protection qui l'empêcherait de fonctionner.

Il agrippa fermement Tonks, en priant de toutes ses forces qu'elle ne soit pas morte, au moment où le Portoloin s'actionnait.

Le voyage lui parut durer une éternité. Il retomba lourdement sur un sol chaud, recouvert d'un tapis épais, et eut le temps de voir qu'il était en sécurité dans le bureau de Dumbledore, avant de sombrer dans l'inconscience.

oOo

Harry se sentait entouré d'une douce chaleur réconfortante. Des murmures s'élevaient çà et là, et quelqu'un lui passait délicatement la main dans les cheveux, tout en lui tenant la main.

oOo

Harry avait envie de sourire. Il se sentait si bien. Une odeur agréable flottait dans l'air.

Des cheveux lui chatouillèrent le visage quand une personne déposa délicatement ses lèvres sur sa bouche.

Son cœur bondit de sa poitrine à l'idée que la personne ne pouvait être autre que Drago.

Il ouvrit ses paupières et vit son ange blond, penché affectueusement sur lui, lui sourire tendrement en lui caressant la joue. Harry avait envie de se lever, pour coller de nouveau ses lèvres aux siennes, mais quelque chose le retenait. Drago lui susurrait des mots doux, tout en continuant à lui sourire. Puis il le vit se reculer lentement. Le soleil qui rayonnait dans la pièce se couvrit instantanément. Son visage exprimait la peur, l'angoisse et il niait de la tête. Drago lâcha sa main, alors que Harry tentait désespérément de la retenir.

Mais le blond partait, comme aspiré par la porte d'entrée de la pièce blanche.

— Drago..., dit-il, les mots s'échappant faiblement de sa gorge sèche.

Non, il ne pouvait pas partir, le laisser seul, alors qu'il était si bien quand il était là. Harry se concentra et se leva en sursaut.

oOo

— Oh Harry, je suis tellement contente que tu sois réveillé, s'exclama Hermione, qui avait toujours sa main dans la sienne.

Harry regarda tout autour de lui, désorienté. Hermione était là, et Ron le regardait avec un sourire. Mais Drago n'était pas présent, et voyant l'air mi-rassuré, mi-gêné qu'arborait Ron, il était fort probable que Drago n'ait été qu'un rêve et qu'il ait prononcé son prénom tout haut.

Son flanc l'élançait. Il ne se rappelait pas pourquoi il se retrouvait à l'infirmerie, entouré de ses amis qui avaient vraiment l'air inquiet pour lui. Il essaya de se redresser, mais ses côtes le firent souffrir. Pomfresh arriva rapidement, pour le maintenir allongé.

— Restez tranquille Mr Potter, vous avez des côtes fêlées, et de gros hématomes sur tout le corps.

Harry regarda ses bras en fronçant les sourcils. Des coupures, profondes pour certaines, recouvraient ses bras. Il se dit qu'il avait dû faire une sacrée chute de balai lors du dernier match de Quidditch pour être dans cet état, mais un flash survint : il vit une grotte, un objet, puis des morts et...

— TONKS ! Comment va-t-elle ? Est-ce qu'elle est..., mais Harry ne put plus parler tant sa gorge était serrée. Tout lui était revenu en mémoire en une fraction de seconde. Je n'ai rien pu faire, murmura-t-il.

Il vit Ron jeter un regard triste vers Hermione qui avait les yeux remplis de larmes. Il comprit, malgré leur silence, que le pire était arrivé.

Il pensa à Tonks, qui était une personne adorable, et à Lupin, qui, s'il était déjà au courant, devait crier sa peine dans un coin, seul. Hurlant, pleurant, frappant les murs. Le détestant peut-être, parce qu'il n'avait pas su la protéger. Ils devaient se marier, après la guerre. Lupin avait demandé à Harry d'être son témoin.

La vie était tellement injuste. Tonks était une personne tellement adorable, joyeuse, gentille. Tout ce gâchis à cause d'une maudite personne. Harry n'avait pas de larmes pour cette fin tragique, il avait de la rage, de la hargne qui lui donnait envie de se lever et d'aller affronter Voldemort dans l'instant.

— Et l'Horcruxe, est-ce qu'il est détruit ? demanda Harry avec une détermination farouche dans la voix.

— Oui, et à ce propos Harry..., Voldemort est au courant pour l'Horcruxe et Dumbledore veut que tout le monde soit dans la Grande Salle dans une heure. Repose-toi, lui dit doucement Hermione, en lui donnant un baiser sur le front.

oOo

Tous les élèves étaient réunis dans la Grande Salle. Les chuchotements allaient bon train. Tout le monde ignorait la raison de ce brusque rassemblement, mais tous les étudiants se doutaient bien que c'était pour annoncer quelque chose de grave.

Seuls Ron et Hermione ne disaient rien. Ils n'avaient pas besoin de parler ou de s'agiter avec les autres, leurs regards parlaient à leur place. Ils se tenaient les mains, entrelaçant leurs doigts, comme pour ne jamais être séparés. Ils savaient que leurs vies prendraient un tournant définitif dans peu de temps, et ils ne pensaient qu'à une chose : « Peut-être est-ce la dernière fois que je lui tiens la main ». Ron essuya de son pouce les larmes silencieuses qui glissaient sur les joues d'Hermione, et celle-ci ne put s'empêcher de se jeter dans ses bras, sous les regards de quelques curieux, qui sentaient la panique les envahir.

Deux autres personnes également se tenaient la main. Pansy avait glissé la sienne dans celle de Drago, puisant le réconfort qu'il pouvait lui apporter, tout en essayant d'avoir le même effet sur lui. Elle voyait bien qu'il était très inquiet. Le Survivant n'était pas là, personne ne savait où il était. Ses deux meilleurs amis avaient l'air plus triste que les pierres, et Dumbledore s'apprêtait à faire un discours pas très joyeux, donc rien d'étonnant à ce qu'il croie qu'il était arrivé malheur à Harry.

— Silence s'il vous plaît, déclara Dumbledore, en se redressant de toute sa hauteur, scrutant tous les élèves de la salle.

Un silence de plomb régna immédiatement et chacun riva son regard au professeur qui les en remercia d'un signe de tête. Il s'apprêta à parler, quand les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur Harry, qui avait l'air mal en point.

Son visage était presque méconnaissable. Des écorchures couvraient partiellement sa joue droite, un hématome se formait déjà sur sa tempe gauche, et ses lèvres étaient fendues en divers endroits. Sa démarche était laborieuse, puisqu'il semblait souffrir au niveau des côtes, et chaque pas lui tirait une grimace, mais ça ne faisait que renforcer l'air déterminé qu'il arborait.

— Désolé Professeur, s'excusa Harry.

— Ce n'est rien, prends place, j'allais commencer, répondit Dumbledore en lui jetant un regard compatissant, que seuls ceux au courant de la mort de Nymphadora pouvaient comprendre.

Harry prit rapidement place vers ses amis, sans regarder toutes les têtes tournées vers lui. S'il l'avait fait, il aurait pu voir deux yeux gris se remplir de soulagement. Pansy dut même le secouer un peu, car dès qu'il avait vu Harry, il lui avait cramponné les doigts si fortement qu'elle avait eu peur qu'il ne les lui casse. Ce à quoi il répondit par un regard : « Bah quoi ? Je suis juste déçu qu'il soit encore de ce monde », auquel Pansy répondit par un regard torve qui disait : « t'as raison, je vais te croire ! »

— Bien, reprit Dumbledore, si je vous ai tous réunis, c'est pour vous annoncer une terrible nouvelle. Comme vous le savez, les forces armées de Voldemort – beaucoup frémirent à l'entente de ce nom – ont œuvré toute cette année pour faire régner la terreur parmi le monde sorcier et moldu.

Beaucoup de personnes exprimèrent leur assentiment d'un air triste ou révolté, alors que certains Serpentard le firent avec fierté.

— Beaucoup d'entre vous s'attendent à une attaque de Voldemort, et j'ai le malheur de vous annoncer qu'elle se passera dans quelques heures.

Un sentiment d'irréalité saisit la Grande Salle, suivi par un mouvement de panique. Des pleurs hystériques se faisaient entendre, des cris effrayés, des visages ahuris ou déconfis. La tristesse et la peur se mêlèrent sur la plupart de leurs figures.

Deux jeunes filles de Poufsouffle se serrèrent dans les bras en pleurant, tandis que d'autres commençaient à se disputer sur un sujet inconnu. Seule la table des Serpentard restait miraculeusement silencieuse. Pas parce qu'ils avaient peur, mais surtout parce qu'ils essayaient de retenir leur joie de voir que le Lord allait enfin gagner.

— Nous allons traverser une terrible épreuve, mais nous allons la traverser ensemble, dit Dumbledore, affichant un air sûr de lui, ce qui fit un peu revenir le calme.

Comme vous le savez, les forces de Voldemort sont très nombreuses, et nous aurons besoin d'une grande aide si nous voulons gagner. C'est pourquoi, je demande aux élèves de septième année, s'il y a des volontaires ? finit-il avec une lueur d'espoir et de tristesse dans le regard.

Tous les élèves de chaque maison se regardaient, comme dans l'attente que quelqu'un se rende volontaire pour le suivre.

— Sachez que vous êtes libre de votre choix. C'est quelque chose que vous devez décider seul, et personne ne vous en voudra. Les plus jeunes et ceux qui le souhaitent seront renvoyés chez eux dans les plus brefs délais, par Portoloin.

Harry jetait des regards subrepticement vers la table des verts et argent, pour essayer d'apercevoir Drago et de voir sa réaction, mais quelqu'un lui bouchait la vue.

— Je vous laisse un moment pour réfléchir les septièmes années, mais hélas, j'ai peu de temps à vous accorder pour une décision si lourde de conséquence.

Les premières jusqu'aux sixièmes années, veuillez suivre, dans le calme, les directeurs de vos maisons, je vous prie. Vous allez tous être évacués.

Un nombre très important de jeunes sorciers se levèrent, pleurant à chaudes larmes d'être séparés de leurs amis plus âgés, ou de leurs frères et sœurs des classes supérieures. D'autres jetèrent des regards désolés aux septièmes années, comme s'ils étaient déjà perdus...

La plupart des Serpentard, toutes années confondues se dirigèrent droit vers Rogue, qui les attendait en leur jetant des regards peu amènes.

Crabbe et Goyle étaient partis, laissant Drago et Pansy, seuls, dans le bout de la table.

— Pars Pansy, je refuse de te laisser ici, lui dit Drago en lui tirant le bras. Il n'y a rien pour nous ici, s'énerva-t-il. Tu t'imagines en train de combattre sur un champ de bataille ? Avec tes amis en face, avec ton père ? Tu vas te faire tuer, dit-il avec un ton suppliant.

— Et alors quoi Drago ! Qu'est-ce qui vaut le mieux ? Que je meure en essayant de créer un monde libre, ou que je meure, tapie dans une cave humide, tuée par les sbires du maître pour trahison ? Est-ce que tu es prêt à rester caché tout le reste de ta vie ? Nous avons enfin l'occasion de choisir notre destin, n'est-il pas temps que nous la saisissions ?

— Je ne pensais pas un jour d'entendre défendre de tels idéaux Pansy. Tu n'as pas tort, mais je ne peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Tu ne comprends pas, je ne pourrais pas combattre et risquer de tuer mon père, ou encore être tué par lui. Et je...

Un raclement de gorge timide se fit entendre derrière Drago, qui se retourna en lançant son meilleur regard contrarié. Neville se tenait devant lui, et regardait Pansy.

— Est-ce que je peux te parler ?

— Oui, j'arrive Neville, une minute.

Celui-ci sourit maladroitement, et se recula de quelques pas.

— Drago, es-tu sûr de vouloir partir ?

— Oui, je vais retourner auprès de ma mère, elle doit se faire un sang d'encre si le Mage noir s'apprête réellement à attaquer, car mon père sera là. Je tiens à toi Pansy, malgré le fait que tu m'exaspères à un point inimaginable, fit-il en lui lançant un sourire en coin. Nos chemins se séparent, prends soin de toi, dit-il en la serrant dans ses bras.

Pansy laissa échapper une larme, qu'elle essuya bien rapidement avant de se décoller de Drago.

La Grande Salle se vidait rapidement et seuls ceux qui voulaient combattre étaient encore présents. Étaient présents la quasi-totalité des Gryffondor, ainsi que beaucoup de Poufsouffle et de Serdaigle, et plus étonnant, une poignée de Serpentard, dont Pansy Parkinson.

Harry ne quittait pas des yeux Drago, qui se dirigeait, sans un regard pour lui, vers la file des élèves ne souhaitant pas prendre part au conflit. Harry se sentait dévasté. Il aurait tellement voulu que Drago soit à ses côtés, qu'il le soutienne au moment où il en avait tant besoin...

Drago sentit un regard insistant posé sur sa nuque et était sûr de savoir de qui il venait. Il se retourna et croisa les yeux vert émeraude de Harry, qui exprimaient de la peine, de la colère, et de la déception. Il sembla s'arrêter une seconde. Est-ce qu'il fallait qu'il dise à Harry qu'il ne pensait pas la dernière chose qu'il lui avait dite, à savoir qu'il espérait qu'il meure dans la bataille, ou devait-il faire comme si de rien était, et conserver son air arrogant ? Harry répondit lui-même à la question en tournant brusquement le dos à Drago, qui serra les poings et fut encore plus résolu à partir.

oOo

Neville se tenait aux côtés de Pansy, qui suivait des yeux Drago, jusqu'à ce qu'il disparaisse avec les autres. Ses yeux étaient voilés de tristesse, et Neville était désolé pour elle.

— Pansy, je veux que tu partes, dit-il d'un ton ferme.

— Pardon ? J'ai choisi de rester, alors je m'y tiendrai. Je ne laisserai plus personne décider pour moi, dit-elle d'un ton sec.

— Mais Pansy... je... t'aime, bredouilla-t-il. Et je ne veux pas que tu coures le moindre risque, tu es trop importante pour moi, fit-il d'un ton suppliant, en lui emprisonnant les mains des siennes.

L'expression du visage de Pansy se radoucit immédiatement, et elle se pelotonna dans ses bras. Ils se serrèrent très fort, leur cœur battant à l'unisson.

— Je t'aime Pansy, reprit Neville, et je voulais te demander..., peut-être que je n'aurai plus jamais l'occasion de le faire... Est-ce que tu veux m'épouser ?

Pansy se recula vivement, scrutant le visage de Neville comme pour essayer de découvrir un sens caché à cette phrase. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Neville, le garçon avec qui elle sortait depuis peu, ce même garçon qu'elle avait méprisé de longues années, venait de lui demander sa main !

Voyant que Pansy ne réagissait pas comme il l'avait souhaité, (elle ne réagissait pas du tout d'ailleurs), il se sentit obligé de la convaincre :

— Je sais que c'est précipité, qu'on est jeunes, et que nous sommes ensemble depuis peu de temps, mais je t'aime, et la seule chose que je souhaite, c'est d'être avec toi tout le reste de ma vie. Bien sûr, si on ne s'apprêtait pas à risquer notre vie, je ne te l'aurais pas demandé tout de suite, mais s'il m'arrive quelque chose, je veux que tu saches à quel point je t'aime.

Pansy n'avait toujours aucune réaction, elle restait fixée sur lui avec un visage insondable, alors il enchaîna :

— Voilà, maintenant, si tu ne partages pas les mêmes sentiments, je comprendrai et je ne t'en voudrais pas, mais s'il te plaît, parle-moi, dit-il avec un regard implorant.

Pansy le regardait, hésitant entre rire et pleurer. C'était la plus belle chose qu'on lui avait jamais dite. Le mariage ; jamais encore elle n'y avait songé, à part dans ses rêves les plus fous, qui concernaient tous son futur avec Drago.

Ce mot lui faisait presque peur, contrairement à certaines jeunes filles qui seraient en train de sautiller sur place comme des hystériques.

Neville la jaugeait, le regard avide d'une réponse et empreint de doutes. Elle l'aimait sincèrement. Pas comme elle aimait Drago cependant ; elle pensait ne jamais pouvoir éprouver autant de passion pour un autre homme, mais Neville était tellement différent. L'amour qu'elle lui portait n'était certes, pas passionnel, mais il était tendre. Neville l'avait fait changer, et elle ne le remercierait jamais assez pour ça. Grâce à lui, elle s'était rendu compte qu'elle avait fait fausse route toute sa vie. Elle avait calqué ses réactions sur celles qu'elle pensait que Drago apprécierait, pour se rapprocher de lui, ce qui avait fait le contraire en fait.

Pansy s'approcha de Neville, qui semblait retenir sa respiration depuis plusieurs minutes, vu la teinte variant entre le bleu et le rouge, passant par le vert, de son visage, et l'embrassa avec force, l'enlaçant jusqu'à lui casser une côte.

Neville, qui était resté les bras ballant de surprise, se mit lui aussi à l'étreindre avec force, et laissa sortir un hoquet de bonheur quand il entendit Pansy lui répondre affirmativement au creux de l'oreille.

Il s'écarta d'elle avec un sourire si joyeux qu'il en était presque déplacé dans cette salle où régnait la terreur, la regarda et fonça de nouveau sur ses lèvres.

— Ensemble jusqu'au bout, lui souffla-t-elle à l'oreille, après s'être de nouveau blottie dans ses bras.

Deux jeunes filles, des sœurs jumelles, regardaient le couple avec les larmes aux yeux. Padma et Parvati avaient suivi l'échange depuis le début, et étaient émues de voir un couple si amoureux. Voilà pourquoi elles se battraient aujourd'hui : pour la justice, la liberté et l'amour. Cette scène de bonheur intense, perdue au milieu de l'angoisse, leur avait donné le courage nécessaire de faire ce qui leur semblait juste.

oOo

— Bien, suivez-moi tous au septième étage, les professeurs et moi-même allons vous apprendre quelques sorts de défense et d'entrave, dit Dumbledore à tous les élèves restants.

Les maisons n'avaient plus d'importance. Tous les élèves se mélangèrent et suivirent les professeurs qui ouvraient la marche.

Beaucoup s'aperçurent que le professeur Rogue était absent. Il n'était pas revenu depuis qu'il avait accompagné les élèves souhaitant prendre un Portoloin. Des murmures s'élevaient, diffamatoires pour la plupart.

Harry, Ron et Hermione fermaient la marche, silencieusement. La potion de l'infirmière avait fini par faire effet, au grand soulagement de Harry. Il se sentait en pleine forme, seul son moral était en berne.

oOo

Tous les élèves entrèrent dans une vaste salle, que personne n'avait jamais vue. Des hommes et femmes étaient déjà présents à l'intérieur, et le trio reconnu plusieurs membres de l'Ordre du Phénix et des Aurors, qui arboraient une mine sombre. Dans un coin à l'écart se tenait un homme dont le visage était caché.

Harry y regarda de plus près et examina la posture avachie, courbée, comme si cet homme portait seul toutes les misères du monde sur ses épaules. Ses vêtements étaient rapiécés, et de mauvaise facture. On voyait bien qu'ils avaient dû connaître des jours meilleurs.

Harry sentit son cœur se serrer quand l'homme se déplaça un peu. La lumière éclairait maintenant son visage blafard à l'extrême. De profondes cicatrices barraient sa joue et ses cheveux, autrefois châtain clair, étaient maintenant parsemés de mèches grises, bien que son âge n'en soit pas la raison.

Il vit Albus se diriger l'homme, et lui tendre une potion. Ça devrait être une potion revigorante, les périodes après transformation en lycanthrope affaiblissaient considérablement Lupin.

Dumbledore eut un geste compatissant envers lui, alors que l'homme repoussa violemment sa main, et il lui dit quelques paroles, probablement réconfortantes.

— Remus, je suis vraiment navré pour Tonks, je sais à quel point...

— Sauf le respect que je vous dois, vous ne savez pas non ! dit Lupin à voix basse, presque sourde.

— Vous devriez rentrer chez vous, vous n'êtes pas en état de combattre. Vous être trop faible, et la mort de...

— Rentrer chez moi, et pourquoi ?! Je suis encore un membre de l'Ordre du Phénix, alors je ferai ce que je dois faire, mais je veux qu'on me laisse tranquille ! De toute façon, je n'ai plus rien à perdre, dit-il dans un murmure.

Dumbledore était extrêmement peiné pour Remus, mais il comprenait très bien qu'aucune parole réconfortante ne lui serait utile. Aussi, après un dernier regard triste, il s'éloigna pour se placer au centre de la salle.

— Votre attention s'il vous plaît. Vous allez tous vous répartir en groupes de cinq, et une personne ici présente, dit-il en pointant les adultes du doigt, s'occupera de votre apprentissage accéléré.

Remus se ferma totalement et prit place à la tête d'un des petits groupes de personnes. Harry devait lui parler, devait lui dire ce qui s'était passé, et lui dire qu'il regrettait sincèrement. Il s'avança vers lui et Remus le lorgna. Son regard ambré avait laissé place à un regard sauvage. Ses traits se durcirent à tel point que Harry pouvait deviner le loup-garou qui se cachait en lui.

Il comprenait la douleur qu'on éprouvait quand on perdait un être cher à son cœur, mais il avait espéré que Lupin ne lui en tiendrait pas rigueur. À la vue du regard qu'il lui lançait, il n'y avait aucun doute possible sur ce que Remus ressentait pour lui à ce moment précis.

Il s'avança davantage, prêt à subir la colère de l'être qu'il considérait comme un parent, mais Hermione le retint par le bras. Des paroles blessantes allaient être dites, et il était préférable pour eux deux qu'il l'évite. Trop de peine et de souffrance allaient avoir lieu pour en rajouter.

Harry se retourna et croisa le regard d'Hermione, puis il abandonna et la suivit à l'autre bout de la salle.

oOo

Le Portoloin de Drago l'avait conduit au manoir Malefoy. Bien que Severus l'ait presque obligé à se rendre dans un des repères de l'Ordre du Phénix, comme le voulait son père, Drago avait fortement refusé. Il devait voir sa mère, être auprès d'elle, la rassurer. Il savait qu'elle devait être très anxieuse par l'approche de la guerre. Lucius étant le bras droit de Voldemort, il en était d'autant plus une cible de choix, et sa mère devait être folle d'inquiétude.

— Poukie, où est ma mère ? demanda Drago à l'elfe de maison qui venait de l'accueillir.

— Maîtresse Malefoy se repose dans son boudoir, jeune maître Malefoy, répondit la petite créature en s'inclinant à ses pieds.

Drago monta directement l'escalier central et suivit un long couloir avant de se retrouver devant le petit salon privé de sa mère. Il frappa doucement à la porte et entra.

— Drago ! dit-elle en se jetant presque à son cou. Je m'inquiétais tellement pour toi. Ton père m'a dit et..., je ne savais pas si tu prendrais part à cette guerre, dit-elle, des sanglots dans la voix.

— Non mère, rassurez-vous, je suis là, je resterai près de vous.

Sa mère, si digne et froide habituellement, sembla s'affaisser de soulagement.

— Tu as raté ton père, il vient juste de partir, dit-elle en fixant le paysage qu'on pouvait voir au loin, par la fenêtre.

Drago ne dit rien. Il se contenta de soutenir le coude de sa mère et de l'engager à s'asseoir sur le canapé.

— Crabbe et Goyle sont passés, accompagnés de leurs pères, et sont partis en même temps que Lucius. Où est Pansy ? Elle ne va pas tarder j'espère.

— Non, elle a choisi de rester, dit Drago en crispant sa mâchoire.

Sa mère eut un hoquet de surprise mais ne dit plus rien.

oOo

Il n'était pas loin de minuit. Les élèves avaient très rapidement progressé pour beaucoup d'entre eux. La tension se faisait de plus en plus palpable. Les nerfs et l'adrénaline prenaient le pas sur la fatigue, et le silence timide et oppressant du début laissait place aux cris de rage qui suivaient les sorts jetés.

Si quelqu'un regardait l'ensemble de la salle sans savoir ce qui s'y passait, il aurait facilement pu croire que des feux d'artifice étaient lancés, tant la profusion de traits lumineux était grande et variée.

Harry venait de réussir un sort très complexe et tout le monde s'était tourné vers lui, admiratif, quand soudain, un bruit sourd retentit.

Les lueurs de peur apparurent de nouveau dans les yeux des personnes présentes, alors que l'entraînement leur avait presque fait oublier pourquoi ils le faisaient.

Un autre bruit sourd parvint jusqu'à eux, plus fort que le précédent ; ou bien était-ce parce qu'aucun bruit n'émanait des personnes qui guettaient anxieusement sa provenance ?

Tous se regroupèrent instinctivement, baguette pointée vers l'inconnu. Puis une secousse violente fit trembler jusqu'aux fondations même de Poudlard.

Quelques Aurors étaient déjà partis en courant. Leurs Patronus arrivèrent sous la forme d'un lièvre et d'une tortue pour annoncer que le château était attaqué. Tout le monde la savait, mais de l'entendre de vive voix était encore plus terrifiant.

L'agitation laissa place à la torpeur et aux tremblements. Les plus courageux des élèves s'élancèrent à la suite des Aurors et des membres de l'Ordre du Phénix, qui se rendaient à l'extérieur pour combattre.

Le directeur avait prévenu tous les élèves qu'il avait levé l'interdiction de transplaner, au cas où certains décideraient de fuir. Mais en faisant ça, il était également probable que des Mangemorts s'en rendent compte et apparaissent un peu partout dans le château.

oOo

Harry, Ron et Hermione couraient vers la sortie, entendant déjà les prémices d'une bataille qui s'annonçait sanglante.

Des cris et des détonations leur arrivaient de toutes parts.

Deux Mangemorts apparurent soudain devant eux, leur coupant la route. Tous trois lancèrent des Stupéfix qui furent vite contrés. L'un des Mangemorts, reconnaissant Harry, dit à son compagnon de le capturer vivant pour le Maître, et ajouta que les deux autres pouvaient être tués.

Le deuxième homme leva rapidement sa baguette et un rayon de lumière verte frôla Hermione, sauvée par Ron qui l'avait tirée près de lui. Harry réussit à stupéfixer le premier homme, mais le deuxième continuait à lancer des sortilèges impardonnables, que les jeunes Gryffondor évitaient de justesse.

L'homme s'apprêtait à nouveau à lancer un sort de mort, quand un Auror surgit derrière lui et le maîtrisa. Après un signe de gratitude, le trio poursuivit sa route.

Il leur fallait trouver Voldemort, il devait être dehors, à regarder ses fidèles assiéger le château.

Partout sur leur passage, les trois Gryffondor croisaient des élèves et des professeurs qui menaient des combats acharnés.

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La nuit était d'encre et il était difficile de voir qui combattait. Seules les lumières provenant des sorts éclairaient des scènes souvent macabres, de corps étendus dans l'herbe fraîche de la nuit.

Des cris et lamentations se faisaient entendre. Un énorme coup de tonnerre retentit, dû à un puissant sort, et un pan de mur de l'aile ouest s'effondra, écrasant quelques Mangemorts qui se trouvaient à proximité.

Un spectacle ahurissant se jouait plus loin, à quelques centaines de mètres de la bataille principale. Des boules de feux géantes, renvoyées par un souffle puissant, rendaient le paysage encore plus apocalyptique qu'il ne l'était déjà. Le trio avait trouvé Voldemort, qui combattait avec nul autre que Dumbledore.

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Lucius Malefoy ne pouvait s'empêcher de vérifier avec appréhension si parmi tous les corps des adolescents qui tombaient, les uns après les autres, ne se trouvait pas celui de son fils. Combattre des adultes ne le dérangeait pas le moins du monde, mais voir tous ces enfants, si jeunes et inexpérimentés, lui faisait penser à son fils.

Était-il en sécurité à cet instant ? Ou était-il en train de se battre quelque part ? Était-il blessé, ou pire ?

Il avait tellement peur de le tuer sans s'en rendre compte... Les sorts de mort qu'il utilisait au début avaient laissé place aux sorts d'entrave. Il se tenait éloigné du combat, scrutant l'horizon pour essayer d'apercevoir des cheveux blonds presque blancs.

Soudain il crut reconnaître la chevelure de son fils. Il s'élança et suivit des yeux le Mangemort qui s'apprêtait à lancer le sort de mort. Sans plus réfléchir, il tua celui qu'il avait reconnu comme étant Amycus, le frère d'Alecto. Il arriva en courant près de l'adolescent tombé à terre, pour se rendre compte que ce n'était pas Drago. C'était l'éclat de la pleine lune qui donnait cette allure blanchâtre à sa chevelure blonde.

L'enfant terrorisé le pointa de sa baguette tremblante, essayant de jeter un sort qui refusait de sortir de sa bouche.

Lucius baissa les yeux sur le jeune garçon couvert de boue et d'écorchure.

— Comment t'appelles-tu ? demanda-t-il d'une voix étonnement calme.

— Denis Crivey Monsieur, dit-il en bafouillant.

— Eh bien Denis Crivey, tu devrais rentrer chez toi. Cette guerre ne concerne pas les enfants et...

— Je ne suis plus un enfant, j'ai quinze ans, fit Denis de façon véhémente, avant de se ratatiner devant le regard glacial du Mangemort aux longs cheveux blonds.

Il avait presque oublié que l'homme qui se tenait devant lui était un Mangemort, à cause de son attitude troublante, et qu'il pouvait décider de le tuer à tout moment.

Il se demanda ce qui lui avait pris de se cacher dans le château et de refuser de prendre un Portoloin comme tous les autres devaient le faire. Il avait espéré être assez fort pour sauver tout le monde. Il ne s'était pas rendu compte à quel point la guerre était sérieuse.

Il pensa à ses parents et à son frère Colin, qui devaient être fous d'inquiétude à son sujet. Et lui était là, et il mourrait probablement avant la fin de cette bataille.

Des larmes salées jaillirent alors de ses yeux, lorsqu'il prit réellement conscience de la situation dans laquelle il était.

Lucius ne le quittait pas des yeux. Quand le garçon se mit à pleurer, il lui arracha sa baguette des mains.

Denis le regarda, résigné et prêt à mourir, mais au lieu de ça, il ouvrit grand les yeux quand il vit l'homme aux cheveux blonds jeter un Portus sur sa baguette et la lui redonner.

— Tiens, tu arriveras au Chemin de Traverse, de là, demande à quelqu'un de te reconduire chez toi, dit-il toujours avec son air froid.

Le garçon n'eut pas le temps de répondre, il se sentait déjà aspiré par le sortilège qui le conduisait en sécurité.

Lucius regarda lentement tout autour de lui. La douleur, la peur, la peine, mais aussi la démence, l'envie de pouvoir, la hargne l'entouraient. Il avait toujours voulu le pouvoir, être dans un monde pur, sans tous ces sous-sorciers, mais la guerre…, est-ce que tout cela valait la peine ? Il ne savait pas, il ne savait plus. Il ne savait pas non plus que le Mangemort dénommé Rodolphus Lestrange avait assisté à toute la scène et qu'il pointait sa baguette dans son dos, afin de le tuer, pensant que comme le fils, il avait dû tourner le dos au Lord.

oOo

Neville et Pansy étaient côte à côte. Ils étaient pris à partie par un Mangemort qui riait de façon démente en leur lançant des sorts à la volée. Le jeune couple essayait tant bien que mal de l'immobiliser, mais le Mangemort dénommé Macnair, transplanait d'un endroit à un autre sans discontinuer, et il leur était impossible de le viser correctement.

Le couple était sur ses gardes, l'homme venait de transplaner une fois de plus, mais n'était pas réapparu. Ils s'éloignèrent de quelques pas l'un de l'autre, tout en se retournant sur eux-mêmes, pointant leur baguette tendue droit devant eux.

Un rire aigu se fit entendre derrière Neville, suivi par un long rayon de lumière violet.

Pansy connaissait ce sort de magie noire, et il allait atteindre Neville dans le dos. Sans réfléchir, elle se jeta sur lui pour le protéger et hurla de douleur, au moment où le sort l'atteignit.

Neville bascula sous le choc et vit avec horreur que Pansy était couverte de sang. Il vit quelqu'un jeter le sort de mort sur Macnair, mais peu lui importait. Il tenait Pansy dans ses bras, pétrifié de la voir aussi blanche que la mort. Pansy se tordait de douleur à cause du Sectumsempra. Neville hurlait, demandait de l'aide, mais le chaos ambiant engloutissait son désespoir. Il regardait Pansy, lui murmurant fébrilement des « Ça va aller » en lui retirant les cheveux du visage.

Pansy le regardait, des larmes coulant le long de ses joues. Elle ouvrit la bouche, laissant échapper un murmure :

— Je t'aime Neville, puis elle ferma les yeux, laissant partir sa tête en arrière.

Neville sanglotait, il la secouait, ses yeux remplis de larmes ne lui permettaient de voir que les taches floues, rouge sang, qui s'étendaient sur Pansy.

— Ensemble jusqu'au bout ! Rappelle-toi, tu me l'as dit, ensemble jusqu'au bout ! Je t'en prie Pansy, hurlait-il de détresse, comme si, se rappelant sa promesse, elle se réveillerait...

Neville se sentit soudain tiré du corps de Pansy par quelqu'un qui lui disait de la lâcher, mais il ne pouvait pas s'y résoudre. Il ne laisserait personne l'approcher, qui que ce soit.

Après une énième tentative brusque de l'importun, Neville fut stupéfixé, et le noir s'empara de lui.

oOo

Il s'était passé deux heures interminablement longues depuis que Drago était arrivé au Manoir.

Il était toujours auprès de sa mère, marchant de long en large devant le canapé où elle se tenait, les yeux dans le vague, les sourcils froncés.

— Je t'en prie Drago, tu vas finir par me rendre folle. Je sais bien que tu t'inquiètes énormément pour ton père, moi aussi...

— Non je..., enfin oui, vous avez raison mère, dit-il en s'asseyant face à elle, toujours autant en proie au stress.

— Oui, je comprends, tu dois aussi t'inquiéter pour Pansy et tous tes camarades de classe, c'est bien normal, dit-elle en continuant sa broderie, pour calmer son anxiété et éviter qu'elle ne se ronge les ongles, ce qu'une femme de sa noblesse ne pouvait pas faire.

— Mère, j'ai..., c'est difficile à dire mais je... je crois que ma place n'est pas ici, lâcha-t-il, abrupt.

Sa mère le regarda avec stupeur et ne put s'empêcher de fermer son poing sur son cœur, laissant subitement tomber son ouvrage sur le sol, sans même chercher à l'y récupérer.

— Drago non, c'est trop dangereux. Je sais bien que je souhaitais que le Lord te choisisse, mais je me suis rendu compte que je préfère nettement te savoir en sécurité.

— Mère, vous ne comprenez pas, j'ai peur pour père et les autres, mais pas seulement. J'ai peur de ce qu'il peut lui arriver, à lui, dit-il en baissant les yeux.

Sa mère fronça les sourcils et prit les mains de Drago entre les siennes.

— Mais qui, « lui » ?

Drago releva furtivement les yeux, pour croiser le regard inquiet et interrogatif de sa mère.

— Harry... Potter, dit-il dans un souffle, sans oser croiser de nouveau le regard de sa mère, qui devait être désappointé. Comprends-moi, lui et père sont dans des camps opposés, et je ne supporterais pas que l'un d'eux tue l'autre ! Et Pansy, et les autres, je ne peux pas rester ici alors qu'ils risquent leur vie.

— Drago, je sais que tu t'entends bien avec lui, ton père m'en a parlé, et que c'est à cause de lui que...

— Je m'entends plus que bien avec lui. Je... il, je tiens à lui bien plus que comme un simple ami, je suis...

Drago se tut en sentant les mains de sa mère se contracter sur les siennes, avant de s'éloigner rapidement.

Il crispa les mâchoires et releva les yeux pour poser un regard dur sur sa mère. Elle avait l'air si horrifié par la déclaration de son fils... Elle le fixait, la bouche légèrement entrouverte, puis finit par se ressaisir pour dire :

— Mais, c'est tellement...

— Affreux, monstrueux, contre nature, écœurant, quoi mère ? tempêta violemment Drago. Allez-y, dites-moi que je vous dégoûte, et que vous ne voulez plus jamais me voir !

— Inattendu, souffla-t-elle.

Drago se calma instantanément, honteux de s'être laissé emporter de cette manière.

— Et c'est, comment dire... partagé ? demanda sa mère avec un regard perdu.

— Oui, dit simplement Drago, qui s'empêcha de sourire à cette simple pensée.

Narcissa baissa les yeux et vit son ouvrage toujours à ses pieds. Comme un automate, elle le ramassa et l'étala soigneusement sur ses genoux, comme elle le faisait toujours avant de reprendre sa broderie.

Drago la regardait. Elle paraissait ailleurs. Il attendit pendant de très longues minutes que le silence qu'avait instauré sa mère soit rompu.

— Bien, si ton cœur te dicte d'y aller, alors je ne peux pas t'en empêcher Drago, dit sa mère d'une voix paisible malgré les circonstances.

Drago se leva rapidement et déposa un baiser sur le front de Narcissa.

— Merci mère, je vous promets d'être prudent, lui dit-il avant de se précipiter dans les escaliers.

oOo

Le trio courait vers le duel principal. Dumbledore venait d'être propulsé dans les airs, mais un homme qui semblait être Lupin avait ralenti sa chute.

— Regardez, s'écria Hermione en pointant du doigt un groupe d'élèves courir vers la forêt, car ils étaient poursuivis par une dizaine de Mangemorts.

— Ils ne sont pas assez nombreux, il faut aller les aider, cria Ron, en jetant un regard affolé vers les deux autres.

— Allez-y, moi je dois aller aider là-bas, dit Harry en montrant Dumbledore.

Hermione et Ron lui firent signe qu'ils comprenaient, et ils se lancèrent à la poursuite des Mangemorts.

oOo

Harry arriva parmi un grand nombre d'Aurors et de membre de l'Ordre du Phénix, qui étaient aux prises avec les Mangemorts les plus dangereux.

Il s'attendait à voir Rogue, mais il n'était pas présent. Il se baissa et évita de justesse un sort perdu qui venait de Bellatrix et qui était destiné à Lupin.

Une nouvelle explosion retentit et Harry vit le rayon vert de Voldemort frapper de plein fouet Dumbledore.

Le temps sembla s'arrêter. Il cria, laissant des larmes s'échapper de ses yeux, fixant le corps inerte de l'homme qu'il considérait comme son mentor. Tous les membres de l'Ordre et les Aurors étaient comme paralysés de voir leur dernier rempart contre Voldemort mourir. Après une seconde, qui sembla durer une éternité, tous les combattants se lancèrent de nouveau dans des duels plus acharnés que jamais.

Harry serra sa baguette tellement fort que ses jointures blanchirent. Voldemort allait payer !

Il courut dans sa direction et jeta hargneusement tous les sorts qui lui passaient par la tête, bien que Voldemort les contrât sans aucune difficulté.

— Harry Potter, te voilà enfin, dit Voldemort avec un rictus cruel. J'ai failli attendre ! Pourquoi as-tu mis tant de temps ? Tu attendais que ton cher Dumbledore se fasse tuer peut-être, dit-il par pur sadisme.

— Vous êtes un monstre ! Dumbledore valait mille fois mieux que vous !

— En attendant, c'est moi qui l'ai tué, dit Voldemort d'un ton badin.

Refusant d'en entendre davantage, Harry le pointa avec sa baguette et Voldemort reprit son air cruel.

— Tu veux te battre ? D'accord : AVADA KEDAVRA !

— EXPELLIARMUS, cria Harry au même moment.

Comme la première fois dans le cimetière, leurs baguettes se relièrent, les isolant tous les deux d'un immense dôme doré.

Les Mangemorts et leurs attaquants durent s'écarter, impressionnés par cette immense sphère lumineuse.

oOo

Drago venait d'arriver dans le château. Tout était dévasté, un vrai carnage. La bataille avait fait rage à l'intérieur, mais d'après les bruits, le plus gros était à l'extérieur.

Un gémissement lui parvint d'un couloir adjacent. Tout était éboulé. Il était impressionnant de voir le parc du Château, au travers de ce qui avait été l'un des murs de la Grande Salle. La poussière des gravats volait dans l'air et le rendait quasiment irrespirable.

Les plaintes redoublèrent, se finissant dans un râle à peine perceptible. Drago essayait de se diriger à l'ouïe, car la visibilité était quasi nulle, mais les bruits rendaient l'opération difficile.

Une tache plus sombre s'étendait sous un tas de pierres et d'armures fracassées. Drago s'approcha rapidement et l'examina de plus près. Une main dépassait et gigotait lentement. Le jeune homme lança rapidement un « Wingardium Leviosa » et libéra le corps prisonnier du professeur Flitwick.

Il était mal en point. Sa respiration était sifflante et il gardait les yeux clos.

— Professeur, vous m'entendez ?!

Le professeur se força à ouvrir lentement les yeux et Drago put voir, outre la douleur qui les traversait, la gratitude qu'il lui portait de l'avoir sauvé.

— Po..Pomfresh...infirm...

Il ne put pas en dire plus car il s'évanouit. Drago comprit que Pomfresh devait être en train d'officier à l'infirmerie. Pour rien au monde cette femme ne la quitterait. Il souleva délicatement le professeur et l'y conduisit.

Drago croisait tant de blessés ! Mais il ne pouvait pas tous les conduire à l'infirmerie et cela lui enserrait le cœur.

Il poussa les lourdes portes de l'infirmerie et écarquilla les yeux. La salle avait été magiquement agrandie, et elle regorgeait littéralement de patients. Des plaintes déchirantes s'élevaient çà et là, de douleur, mais aussi de peine, d'avoir perdu des amis au combat.

Pomfresh était débordée et ne savait plus où donner de la tête. Les potions et les ingrédients nécessaires pour en fabriquer de nouvelles commençaient à manquer. Heureusement, elle était aidée par des blessés légers. Drago reconnu Padma et Parvati qui allaient d'un lit à l'autre pour apporter des soins.

Pomfresh poussa un petit cri catastrophé quand elle découvrit dans quel état était le professeur Flitwick. Elle fit apparaître un nouveau lit et fit signe à Drago de l'y déposer. Elle le remercia, surprise de le voir présent. Elle était pourtant persuadée de l'avoir vu partir en Portoloin.

Une nouvelle explosion de couleur éclaira le ciel noir et toutes les personnes présentes dans la pièce s'arrêtèrent pour regarder par les fenêtres, ce qui eut pour effet de sortir Drago de sa torpeur.

Il repartit en courant, bien décidé à retrouver Harry, son père et Pansy.

Drago courait à perdre haleine, évitant des sorts en pagaille, en lançant d'autres. Il croisa Luna, qui regardait le Mangemort qu'elle maintenait en l'air d'un air rêveur.

— Loufoca, as-tu vu Potter ou un homme avec de longs cheveux blonds, ou Pansy, dit-il en la secouant, car elle ne prêtait pas attention à lui.

Elle détourna son regard ahuri de l'homme maintenu en l'air, pour fixer ses yeux globuleux sur Drago. Elle rigola doucement.

— Drago, après tant d'années, tu ne connais toujours pas mon prénom ? C'est étrange, mais je pense que c'est à cause des mâchetouts qui grignotent le cerveau et font perdre la mémoire.

Drago allait perdre son calme. Cette fille était complètement folle. Il se demandait comment il se pouvait qu'elle soit là, en parfaite santé. Pas qu'il lui veuille du mal, mais il était sûr qu'une fille si tête en l'air qu'elle ne ferait jamais le poids face à d'implacables tueurs.

Refusant de perdre davantage de temps, il s'élança de nouveau, cherchant le plus gros de la bataille. Connaissant Harry, il devait forcément s'y trouver.

Il priait pour qu'il ne soit pas trop tard, ni pour lui, ni pour tous ceux qu'il aimait. Il ne pouvait pas imaginer rentrer chez lui et annoncer à sa mère que son mari était mort. Il ne pouvait pas, il ne devait pas y penser, pas plus qu'à sa propre mort, qui risquait de ne pas tarder s'il continuait à courir à découvert.

Il bifurqua vers la lisière de la forêt, stupéfixant au passage trois Mangemorts qui ne l'avaient pas vu.

À mesure qu'il approchait des arbres géants, il entendait des cris de douleur. Il ralentit, jusqu'à se tenir derrière un tronc d'arbre très large.

Un rire cruel s'éleva, et le sang de Drago se glaça quand il reconnut la voix de son oncle par alliance s'élever :

— Alors comme ça, tu es un traître Lucius ! Je ne l'aurai jamais cru, ENDOLORIS !

Les cris de souffrance de son père galvanisèrent Drago, et il bondit de sa cachette en criant la formule de mort.

Rodolphus fut projeté en arrière, son visage conservant une expression de surprise. Drago resta un instant interdit. Il venait de tuer quelqu'un. C'était la première fois, et l'homme était de sa propre famille. Drago eut la nausée. Ses jambes se mirent à flageoler et il dut prendre appui sur l'arbre derrière lui.

Ce furent finalement les gémissements de son père qui le firent revenir à la réalité.

— Père, dit-il en se précipitant vers Lucius.

Ses cheveux si impeccables d'habitude étaient parsemés de feuilles sèches et de boue, comme son visage et ses vêtements. Du sang s'échappait de ses lèvres entrouvertes, et de nombreuses déchirures dans ses habits laissaient entrevoir des coupures profondes.

L'état de Lucius ne laissait rien présager de bon. Il avait été soumis au sortilège Doloris de nombreuses fois. Entre chaque, Rodolphus s'était plu à lui lancer des Expelliarmus qui l'avaient fait valdinguer contre les puissants arbres, lui cassant alors quelques os. Il avait pris son temps, rien ne pressait. Pour un traître comme lui, la mort ne devait pas être trop douce, ni trop rapide.

Malheureusement pour lui, Drago avait mis fin à son projet.

— Drago, qu'est-ce que tu fais là ?! Rentre tout de suite à la maison, dit Lucius, en grimaçant sous la torture que lui infligeait chaque parole.

— Non père, j'ai encore des choses à faire ici. Je vais vous conduire en sécurité pour que vous soyez soigné.

— Merci, sans toi...

— Gardez vos forces père, dit Drago en le faisant taire. Je vous conduis à l'infirmerie, vous ne pouvez pas rester comme ça plus longtemps.

Lucius n'avait plus la force de contester les paroles de son fils et se laissa conduire, non sans mal, à l'infirmerie.

Quand Drago poussa les portes pour la seconde fois, un silence choqué envahit la pièce en un minimum de temps.

Tous dévisageaient Lucius Malefoy, le Mangemort. Pompom regardait quelques membres de l'Ordre, et se demandait comment agir. Cet homme était un Mangemort, qui avait probablement blessé voire tué beaucoup de personnes, mais il était aussi grièvement blessé, et son métier voulait qu'elle vienne en aide à tous les malades.

— Denis ?! Denis ! criait un homme d'une quarantaine d'années qui venait de débarquer en trombe dans l'infirmerie, bousculant presque Drago qui maintenait son père dans l'attente qu'on accepte de s'occuper de lui. Mon fils, avez-vous vu mon fils, criait l'homme qui allait de lit en lit avec un visage de dément. Je vous en prie, c'est un garçon haut comme ça, blond, il a quinze ans, disait l'homme toujours affolé. Il n'est pas rentré en même temps que son frère.

— Calmez-vous, lui dit un Auror. Il est probablement parti avec un autre groupe d'élèves, qui avait une destination autre. Dumbledore... – quelques personnes éclatèrent en sanglot, tandis que les autres prenaient un air désolé – avait programmé plusieurs destinations, au cas où. Comment s'appelle-t-il ?

— Non, j'ai déjà vérifié, et ça m'a pris un temps considérable ! cria l'homme, à bout de nerfs. Denis, Denis Crivey.

— Il est en sécurité votre fils, dit Lucius d'une voix faible, car il avait des difficultés à respirer.

L'homme se tourna vers Lucius et sembla surpris de trouver quelqu'un derrière lui. Il n'y avait pas fait attention en rentrant.

Quelques Aurors approchèrent pour mieux entendre ce qu'avait à dire Malefoy.

— Mon fils, vous savez où il est ? Répondez ! exigea l'homme avec une voix aiguë.

— Oui..., ce petit imprudent était dehors et..., Lucius grimaça de nouveau de douleur, s'affaissant un peu plus contre Drago.

— Poussez-vous, dit Pompom qui arrivait à la rescousse en faisant apparaître un lit.

Il s'y installa lentement, but le verre d'eau que Pomfresh lui avait apporté et continua :

— Il allait se faire tuer, j'ai fait de sa baguette un Portoloin pour qu'il arrive au Chemin de Traverse il n'y a même pas un quart d'heure de ça. Il doit être chez vous à l'heure qu'il est, finit Lucius avec difficulté, laissant retomber sa tête sur l'oreiller confortable.

Les Aurors étaient septiques, cette histoire paraissait vraiment irréelle, surtout venant d'un Mangemort tel que Lucius Malefoy.

— Je vais envoyer un Patronus à ma femme pour savoir si vous dîtes vrai, dit l'homme avant de s'éclipser dans le couloir.

L'homme revint une minute plus tard et remercia chaleureusement Lucius, laissant couler des larmes de joie et de soulagement.

— Merci, merci infiniment. Vous avez sauvé la vie de mon fils !

— Humm, il mérite une bonne correction à mon avis, dit Lucius d'un ton ferme. Maintenant, si vous permettez, je ne me sens pas très bien et j'aimerais pouvoir recevoir des soins.

— Oui, bien sûr, excusez-moi. Merci encore, dit l'homme congédié froidement.

oOo

La baguette de Harry vibrait violemment entre ses doigts, et il était obligé de la maintenir des deux mains. La sueur dégoulinait sur son front à cause de l'effort considérable qu'il fournissait.

Voldemort était dans le même état, bien qu'il essayât de le cacher, mais les lueurs de peur et de doute qui traversaient ses yeux l'indiquaient à Harry.

Cela faisait cinq minutes que leurs baguettes se livraient un combat puissant, sans qu'aucune des deux ne prenne l'avantage plus de quelques secondes.

Harry ne tiendrait plus longtemps à ce rythme, il fallait qu'il tente quelque chose car ses forces déclinaient très rapidement. Il n'y avait plus personne pour lui venir en aide, le dôme doré les coupait du monde extérieur. De nombreux sorts étaient venus ricocher sur lui, sans réussir à les atteindre.

Sans aucun signe avant-coureur pour Voldemort, Harry rompit la connexion et se jeta à terre en lançant un sort de mort dans sa direction.

Voldemort répliqua immédiatement mais rata sa cible, car à ce moment précis, il fut propulsé en arrière, un halo de lumière verte l'entourant.

Le dôme disparut, laissant voir le cadavre blanchâtre de Voldemort gésir sur le sol. Des murmures et des cris parcoururent le parc de Poudlard à une vitesse incroyable. Comme pour la mort de leur directeur, bientôt, toutes les personnes présentes seraient au courant.

Certains Mangemorts hébétés se rendirent, sous les menaces des Aurors, tandis que d'autres s'enfuyaient en courant, transplanant quelques mètres plus loin. Le parc se vidait à une vitesse fulgurante, retentissant de « plop » sonores liés aux transplanages.

Bientôt, les cris de victoire et de bonheur s'élevèrent, comme pour effacer toute cette douleur et cette peine qui avait rempli les lieux.

Les Aurors et les membres de l'Ordre aidèrent les blessés à se rendre à l'infirmerie. Mais quelques Mangemorts n'en avaient pas fini, ils continuaient à se battre sauvagement, refusant la défaite de leur chef. Bellatrix, Alecto et Nott étaient de ceux-là, et ils donnaient du fil à retordre aux autorités. Il y en avait qui étaient cachés dans la forêt et qui attendaient le moment propice pour attaquer de nouveau.

oOo

— Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est mort ! Voldemort est mort ! annonça une femme qui arrivait à l'infirmerie.

Des cris de joie s'élevèrent des lits des patients, et des pleurs aussi, des pleurs de soulagement. Le cauchemar était enfin fini, après tant d'années.

— Hey, et le Survivant ? demanda anxieusement Drago.

La femme le regarda et eut l'air confus : personne n'en avait parlé, et elle-même ne s'était pas posé la question.

— Je... je ne sais pas, je crois que personne ne l'a revu après, dit-elle en baissant les yeux.

Drago sentit son cœur se serrer, et après un coup d'œil à son père qui était en train de recevoir des soins, il se faufila par la porte et courut jusqu'au parc.

Le parc était presque désert, seuls les cadavres étaient encore présents, et quelques combattants, si on en jugeait par les rayons de couleurs qui apparaissaient ici et là.

Drago aperçut au loin quelqu'un qui se tenait accroupi sur le corps d'un homme, de Dumbledore.

C'était lui, c'était Harry, et il avait l'air de ne pas être blessé. Drago ralentit l'allure et s'approcha lentement de lui, bien qu'il n'eût qu'une envie, lui sauter dans les bras, trop heureux de voir qu'il allait bien.

— Je suis désolé, dit-il à voix basse. Je sais que tu tenais beaucoup à lui.

Harry leva les yeux et le vit. Il était là, Drago, celui qui lui avait tourné le dos alors qu'il avait besoin de lui.

— Qu'est-ce que tu fais là Malefoy ?

— Je m'inquiétais pour mon père, et Pansy et, je n'allais quand même pas te laisser récolter toute la gloire ! dit Drago en souriant.

Harry afficha un sourire ténu et se redressa face à Drago.

oOo

Bellatrix fulminait, son monde s'écroulait. Son Lord, qu'elle adulait, avait été tué par ce gamin stupide, il fallait qu'il paye ! Elle était là, tapie dans les fourrés épais de la lisière. Elle le fixait, ce sale morveux penché sur le corps du vieux fou, préparant sa vengeance. Et puis, un garçon approcha. Elle reconnut son port altier et sa démarche féline. Son neveu, ce sale traître à son sang ! Il allait payer lui aussi, et elle commencerait par lui.

Un « plop » sonore derrière Drago attira l'attention de Harry. Il eut juste le temps de voir Bellatrix lancer un éclair vert dans la direction de Drago.

Il s'élança et sauta sur Drago pour le protéger, alors qu'un deuxième éclair vert était lancé dans leur direction.

Les deux garçons tombèrent au sol et roulèrent jusqu'à dévaler tout en bas de la colline.

oOo

Bellatrix souriait comme une démente. Elle l'avait eu, mais elle n'avait pas été la seule. Qui donc pouvait être l'autre lanceur de sort ? Elle transplana directement à côté de lui.

— Severus ! Si je m'y attendais, tu n'es pas un sale traître alors ?! dit-elle en roulant des yeux extatiques.

L'homme sombre la regarda froidement, et dit trois mots :

— Si, AVADA KEDAVRA !

Bellatrix n'eut le temps de rien faire, elle avait déjà reçu le sort mortel.

oOo

Drago se releva et s'épousseta. Il regarda autour de lui et vit qu'ils étaient seuls, à une centaine de mètres en contrebas de la plaine.

— Merci Potter, même s'il a encore fallu que tu te prennes pour un héros, dit Drago nonchalamment.

Il s'attendait à une réponse bien sentie, mais rien ne venait. Il se retourna pour savoir pourquoi, et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur.

Harry était couché, les bras en croix et les yeux grands ouverts, mort. Il se jeta à genoux près de lui et le secoua, ses yeux s'embuant de larmes, mais il savait qu'il était trop tard.

— Non, non ! Harry ! Je t'en prie, non, c'est pas possible, dit-il laissant les larmes couler sur son visage. C'est pas vrai !

Drago avait le tournis, son cœur menaçait d'exploser. Le garçon qu'il avait finalement accepté d'aimer était mort, et il n'avait pas eu le temps de lui dire. La dernière chose qu'il lui avait dite, c'était qu'il voulait qu'il meure.

Repensant à ce moment, Drago fondit littéralement en larmes et prit le corps sans vie de Harry entre ses bras.

— Harry, si tu savais comme je suis désolé, je ne le pensais pas, je te promets que je ne le pensais pas ! Je suis désolé de tout le mal que je t'ai fait, pardonne-moi !

Il lui caressait les cheveux, ses cheveux si doux dont il rêvait sans cesse.

— Harry, tu ne peux pas me laisser ! dit-il avec la force du désespoir. Je t'aime, tu ne peux pas partir ! éclata-t-il en sanglots. J'avais peur, je ne voulais pas accepter, c'est pour ça que je t'ai repoussé, mais je sais maintenant, je sais que je t'aime !

— Poussez-vous Drago, dit Rogue qui venait d'arriver en courant.

Drago s'écarta du corps de Harry, regardant Rogue qui passait sa baguette sur tout son corps, en psalmodiant des paroles inintelligibles.

— Mais qu'est-ce que vous faites ? demanda Drago, incrédule. Cependant, il n'obtint aucune réponse de la part de son professeur.

Au bout d'interminables minutes d'extrême concentration de la part de Rogue, un halo doré enveloppa le corps du Survivant. Drago s'écarta brusquement, en jetant des regards affolés à Rogue.

— Qu'est-ce qu'il se passe, qu'est-ce que vous avez fait ? hurla Drago, en fixant toujours le corps sans vie de Harry.

— Je vais résumer rapidement, bien que je n'aie pas que ça à faire, dit Rogue de sa voix veloutée. Dumbledore – il se racla la gorge – et moi avons créé un sort qui permet de contrer celui de mort, mais il est extrêmement risqué, et il se peut qu'il ne fonctionne pas. Nous l'avons décidé pour le bien de ma couverture, je ne pouvais pas continuer à épargner les Aurors sans la perdre, et il était hors de question que je tue des innocents.

Drago le regardait sans comprendre.

— Attendez, vous êtes en train de dire que vous êtes vraiment du côté des gentils ? demanda Drago. Et que Potter n'est pas vraiment mort ? dit-il, son cœur s'emballant dans sa poitrine.

— Puis-je terminer ? ajouta Rogue en reprenant ses explications, comme si Drago ne l'avait pas interrompu.

Comme je l'ai dit, il se peut que le sort n'ait pas fonctionné, c'est déjà arrivé plusieurs fois, malheureusement, dit Rogue en baissant la voix. Comme vous le savez, le sort de mort atteint le centre nerveux, et provoque la mort. Eh bien, le sort que nous avons créé a le même principe, sauf qu'au lieu de l'arrêter, il le « persuade » qu'il est déjà arrêté, donc le sort de mort n'a plus d'effet. Mais voilà, il se peut que mon sort soit arrivé trop tard. Je l'ai lancé dès que j'ai vu Bellatrix, pour vous protéger, mais ils ont atteint tous les deux Potter en même temps.

Drago allait devenir fou, il fallait qu'il sache, Harry était mort, oui ou non ?!

— Restez près de lui Drago. Si le sort a fonctionné, il devrait se réveiller d'ici cinq minutes. Il y a eu beaucoup de sortilèges de magie noire utilisés ce soir, je dois me rendre auprès des victimes pour les aider, dit-il en se relevant.

Quelques mètres plus loin, Rogue s'arrêta et se retourna pour demander :

— Euh... Drago, ai-je bien entendu ce que vous étiez en train de dire à Potter avant que j'arrive ? demanda-t-il en levant exagérément un sourcil.

Les joues de Drago se couvrirent d'une teinte rougeâtre et il bafouilla un semblant de réponse.

— Ou..., Oui, mais c'est de votre faute.

— Tiens donc, et puis-je savoir ce que j'ai fait pour que vous en arriviez là, questionna-t-il, sa voix empreinte de sarcasmes.

— Si vous ne nous aviez pas punis ensemble, il ne serait jamais tombé amoureux de moi, et moi, je n'aurais jamais songé à cette éventualité, et je ne partagerais pas ses sentiments !

— Dans ce cas, je vous fais mes plus plates excuses Drago, avoir des sentiments pour Potter doit être vraiment désespérant, dit-il en souriant, avant de partir.

Drago s'approcha de nouveau de Harry et lui prit la main dans la sienne, espérant une réaction. Il était froid et restait inerte. Drago priait Merlin pour que le sort ait fonctionné. Plus les minutes passaient, et plus l'espoir ténu qu'entretenait Drago faiblissait.

Les larmes recommencèrent à couler, voyant que Harry ne réagissait toujours pas, jusqu'à ce qu'un léger mouvement entre sa main l'alerte.

Drago sécha rapidement ses larmes et lâcha la main de Harry.

— Potter, tu m'entends, dit-il en essayant de contrôler l'excitation dans sa voix.

Un faible murmure lui parvint et il vit, avec le plus grand bonheur, que Harry venait d'ouvrir les yeux.

Il se retint de crier de joie et de serrer Harry dans ses bras. Au lieu de ça, il se contenta de dire :

— Et voilà, il faut encore que tu fasses ton intéressant ! Bon, je vais aller prévenir ceux que ça intéresse que tu vas bien.

— Attends, dit Harry en se redressant difficilement, un peu engourdi à cause du sort.

Drago le regarda et vit qu'un sourire radieux illuminait le visage du jeune garçon. Et sans préambule, Harry se rua sur les lèvres du Serpentard, abasourdi.

Drago se dit que le choc avait dû lui faire perdre la raison et qu'il ne devait pas se rappeler qu'ils étaient en froid, mais sans plus réfléchir, il répondit à ce baiser avec tout l'amour qu'il lui portait.

Une explosion de bonheur les traversa tous les deux. Leurs bouches ne voulaient plus se décoller l'une de l'autre et leurs langues se mêlaient avec avidité, leur procurant un plaisir intense.

Il n'était plus question pour Drago de repousser Harry, à cette seconde, il savait qu'il l'aimait vraiment, et rien d'autre ne comptait.

À regret, Drago sentit Harry s'éloigner, mais il se ressaisit vite, ne voulant pas montrer qu'il avait apprécié leur baiser.

— Moi aussi je t'aime, dit Harry en lui souriant.

— Quoi, mais..., qu'est-ce qui te fait dire que..., t'es pas bien Potter, paniqua Drago.

Harry rit et lui expliqua que le sort l'avait totalement figé, mais qu'il entendait tout ce qui se passait autour.

Drago le regardait avec un air affolé sur le visage, se traitant d'idiot à s'être laissé aller à dire tout ce qu'il avait sur le cœur, et rougit de nouveau.

— Je ne sais pas ce que tu as cru entendre Potter, mais...

— Je préférais nettement quand tu m'appelais Harry, Drago, dit le Survivant avec un sourire mutin.

— Ça va pas ! C'est trop personnel et intime puis...

— Il y a deux secondes, tu avais ta langue dans ma bouche, dit Harry avec un air désabusé, alors le personnel...

Drago avait un air choqué sur le visage, vite remplacé par un penaud, qui fut lui aussi rapidement remplacé par un regard torve.

— Peut-être mais...

Harry ne le laissa pas finir, et se précipita de nouveau sur ses lèvres. Baiser brûlant, auquel Drago répondit avec ferveur, le « moi aussi je t'aime » se frayant un passage jusqu'à son cerveau.

— Oh Harry ! Par Merlin, tu vas bien, s'exclama Hermione qui arrivait en courant.

J'étais tellement inquiète, dit-elle en se jetant à son cou. Le professeur Rogue nous a dit... Se rendant compte qu'elle arrivait dans un moment assez particulier, elle bafouilla et prit elle aussi une jolie teinte rouge.

Pardon, je vous dérange ?

— Non.

— Oui ! dit Drago en fronçant les sourcils.

Hermione sourit et s'excusa avec un petit air gêné, ce qui ne l'empêcha pas de reporter son attention sur Harry et de le questionner.

— Tu es sûr que ça va ? dit-elle en l'examinant sommairement.

— Oui, et Ron ? demanda Harry, inquiet.

— Il va bien, il a été blessé mais il est entre de bonnes mains maintenant.

— Je dérange peut-être ? demanda Drago avec irritation.

— Oh je..., non, je suis heureuse pour vous deux, dit-elle avec un regard complice pour Harry.

— Et oui, il m'a dans la peau, et c'est réciproque ! Faudra vous y faire, lança le Serpentard en redressant le menton.

Harry et Hermione pouffèrent de rire.

Hermione serra de nouveau Harry dans ses bras et lui dit qu'elle allait prévenir les autres qu'il allait bien. Elle allait partir, quand elle se retourna. Elle semblait hésiter, mais finalement, elle enlaça Drago également.

— Je suis heureuse que tu sois là, et que tu n'aies pas été blessé Malefoy.

Drago grimaça et tenta de se dégager de cette « sangsue », mais rien à faire, elle s'accrochait ! Harry les regardait et il souriait à Drago. Avec un faux air ennuyé, celui-ci finit par se laisser faire.

Elle finit par relâcher son étreinte et partit, les laissant seuls tous les deux. Ils restèrent isolés encore un long moment, mais le froid et la fatigue accumulés depuis le matin finirent par avoir raison du Survivant. Alors lentement, ils rentrèrent côte à côte, dans un silence absolu, tout simplement heureux de s'être enfin trouvés.


Alors, pour faire court, je sais que la caverne et la bataille finale font très inspirées de JKR, ce qui est vrai. Mais je voulais faire la bataille à Poudlard, et franchement, en ayant lu le tome 7, je ne pouvais pas la voir autrement. Pareil pour l'affrontement entre Harry et Voldy.

Je ne voulais pas que Drago se montre courageux dès le départ, je pense que ce comportement lui va mieux. D'abord il s'esquive, et ensuite il réfléchit, et là il trouve le courage nécessaire.

J'ai donné tout ce que je pouvais niveau aventure mdr ! En tous cas, je savais que jamais je ne ferais une fic aventure, mais je suis quand même heureuse d'avoir fait un chapitre, assez long en plus, ou la romance n'était pas prédominante.

Ce chapitre n'a finalement pas beaucoup de "Harry/Drago", mais puisque c'est le dernier chapitre, je voulais montrer un peu tout le monde. Désolée une fois de plus pour avoir fait un Lucius gentil au final.

Bref, j'ai trop de trucs à dire sur ce chapitre, donc si vous avez des questions, vous savez quoi faire ;)

PS : Pour les review anonymes, je réponds toujours sur un forum accessible aux invités dont l'adresse est dans mon profil ;)