Hello! comme dirait Adele
Je viens avec un nouveau chapitre, je ne sais pas ce que vous en penserez moi je suis plutôt satisfaite (étant donné que j'en ai ch** grave) :) pas de vulgarité que de l'autocensure
Dites moi en review ce que vous en pensez!
Bonne lecture mes amouuuurs! 3 3 (pleins de coeurs dans vos faces de lecteurs...wow ça rime)
Chapitre 20
Gwirith me trouve ainsi, lamentable et pitoyable.
"Demoiselle! Vous allez attraper froid!" elle s'exclame en se précipitant ver le chauffe-eau pour me réchauffer. En attendant, elle me sort du bain et m'enveloppe d'une serviette, avant de m'assoir sur la tabouret de ma coiffeuse. Non, pas ma coiffeuse, celle que Thranduil m'a prêté. Alors c'est cela? Il croit que parce qu'il m'offre le gîte et le couvert et a promit un poste à Galadh, je devrais me soumettre à ses désirs...ou est-ce pour cela qu'il a voulu me garder avec lui, le premier jour? Une distraction...
Mes larmes ont cessé depuis longtemps, mais mes traits sont restés crispés, et une sueur nerveuse perle sur la racine de mes cheveux. Je dois avoir l'air minable, car Gwirith me presse toujours plus pour des réponses.
"Répondez, Demoiselle. Je vous conjure de me dire ce qui vous arrive!"
Je lève mon regard vers son visage inquiet.
"Oh Gwirith..." est tout ce que je peux dire avant de fondre en larmes.
Elle ne comprend rien, mais le fait est que je n'y comprends rien non plus. Tout était parfait, harmonieux et à sa place, et il n'a suffit que de quelques secondes pour que tout devienne chaos. Encore une fois. Je comprends maintenant le regard de Dame Galadriel, même s'il est ridicule de s'imaginer qu'elle ait pu savoir à l'avance que Thranduil me voulait pour lui. Mais il semblerait que c'est bien contre lui et son désir qu'elle ait tenté de me mettre en garde.
Gwirith se contente de garder ses mains autour de mes épaules et je réalise que c'est la seule personne de sexe féminin en qui je peux avoir confiance. Ma seule amie.
"Je dois te dire quelque chose, mais tu dois me promettre de garder cela pour toi." je glisse, alors que je me redresse, mes larmes coulant encore sur mes joues.
"Demoiselle, je sais que notre relation hors du commun dans notre milieu peut vous pousser à me croire la meilleure confidente, et j'en suis honorée. Simplement, je ne suis pas sûre que cela soit la meilleure initiative. Je sais que quelque chose d'assez grave pour ébranler une femme aussi forte que vous a dû se produire entre la salle des fêtes et vos appartements, et je peux affirmer que le Roi est impliqué si j'en crois les servantes qui ont quitté ses appartements. Si je peux avoir simplement votre parole que votre vie et votre honneur ne sont pas en danger, je ne peux pas en savoir plus." elle dit, à mi chemin entre inquiétude et excuses.
Je secoue la tête, comprenant que j'allais signer mon arrêt de mort sur un coup de tête. Je la regarde une nouvelle fois dans les yeux souille notre relation avec notre premier mensonge.
"Non. Rien de grave et mon honneur est sauf. Merci, Gwirith."
Elle acquiesce et se relève.
"Bien, il faut vous laver et vous mettre au lit." elle me dit en me prenant doucement la main.
Je ne me souviens pas avoir dormi cette nuit-là. Ni avoir fermé les yeux, ou même avoir senti cet apaisement et cette plénitude qui nous enveloppe dans la sécurité d'un lit confortable. Je n'ai cependant pas quitté mon lit de la nuit.
Le jour s'est levé sans que je ne m'en rende compte, et l'échéance de la rencontre avec Rînmalthen est rendue inévitablement pénible et douloureuse. Je ne dois pas le voir. Je ne dois voir personne, ils me connaissent bien trop pour ne pas remarquer un changement quelconque. La première journée d'un roi est toujours une fête et aussi un jour où il est occupé à visiter les différents quartiers de la capitale et servir des discours à toutes les castes. Je ne le reverrais certainement pas aujourd'hui. Ni son cousin, tout compte fait. Je dois garder mon calme. Je n'ai vraiment pas envie de sortir de mes appartements, et je ne crois pas que je le doive.
Gwirith entre doucement et tire les rideaux de la chambre.
"Vous n'avez pas dormi, demoiselle. Et vos larmes ont fait gonfler vos yeux. Je ne pense pas que vous deviez recevoir qui que ce soit ainsi."
Je sursaute douloureusement et dis d'une voix aussi neutre que possible.
"Dites à ce "qui que ce soit" que je ne me sens pas bien et que je ne recevrais personne avant la semaine prochaine."
"Je crains que cela ne sonne comme une mauvaise plaisanterie, Demoiselle mais...je ne peux pas congédier le Roi."
Je me redresse comme une diablesse, et saute en dehors de mon lit.
"Prépare-moi du mieux que tu le peux." je lui dis en courant dans la salle de toilette.
Cette fois, mon grand, tu ne vas pas imposer ta loi aussi facilement! On va voir qui a le plus de volonté!
Et hors de question qu'il voit dans quel état il m'a laissé hier soir. Il ne doit voir que ce que je le laisse voir: une femme forte et pleine de conviction, comme m'aime Rîmalthen. Mon Dieu, même penser à son nom me remplit de honte. Comment pourrais-je espérer me sentir de nouveau en osmose avec lui?
Arrêtes de pleurer sur ton sort! Sois une femme est sors-toi en seule, comme tu l'as toujours fais!
Oui, je suis une survivante, et j'ai toujours pu protégé ceux qui me sont chers. Et ce n'est pas un roi vieux d'un jour qui va me faire peur (oui, enfin on va pas y aller trop fort non plus, il fait assez flipper).
Je sors dès que Gwirith lâche ma chevelure, sans un regard ni une explication. Mais elle n'est pas idiote, elle l'a dit elle-même, elle n'est qu'une domestique, et moi sa maîtresse jusqu'à ce que le roi en décide autrement. Je pousse la double porte à deux main et il se retourne sous la surprise de la force avec laquelle j'ai ouvert la porte. Il n'est pas surprit longtemps, je reprends une posture aussi noble et digne que possible, et m'incline devant lui. Il en fait de même avec la même expression sereine et sûre que d'habitude, rien n'a changé si ce n'est la couronne qu'il va mettre sur son crâne en sortant d'ici. Je me redresse et vois qu'il me fixe du même regard qu'hier soir. Je réprime un frisson de dégoût et d'appréhension, avant de me tourner vers Gwirith. Elle comprend que sa présence n'est plus désirée.
"Asseyez-vous, je vous prie." je dis, froide mais polie, comme lui les premiers temps.
N'ayant pas l'habitude qu'on lui commande quoi que ce soit, il affiche son incompréhension devant tant d'audace. Rînmalthen aurait rit, lui.
"Ce n'est qu'une suggestion polie. Je voudrais simplement m'entretenir avec vous de certains sujets." je dis avec un demi sourire pour le détendre.
Je sais qu'énervé il n'est bon à rien, comme son cousin (et encore avec Rînmlathen il y a moyen de le raisonner).
"Je vous écoute." il dit avec un demi sourire mi amusé mi pincé. Il s'assoit néanmoins en face de moi sur la banquette de velours.
Je me vide la tête quelques secondes, et essai de me concentrer sur l'essentiel: ma relation avec son cousin.
"Je crains...que mes intentions n'aient pas été comprises la nuit dernière, Majesté." je dis dans un débit trop rapide pour paraître naturel.
Il passe un doigt sur ses lèvres comme il le fait pour analyser mes réactions lors de nos dîners ou pour observer ou réfléchir...on ne sait jamais à quoi il pense.
"Continuez." il dit, moins amusé, mais plus vraiment sûr de vouloir entendre la suite.
"Je...je me suis laissée faire, comprenant que j'avais affaire au nouveau Roi, et je ne savais pas comment un refus aurait été accueillit. Je vous supplie de ne pas vous faire de mauvaises idées à mon propos."
"Parce que vous vous êtes abandonnée à moi?" il sourit. Je m'étouffe presque en avalant ma salive.
Il rit de nouveau, et se décale vers moi.
"Osez me dire, Adaneth que vous auriez vous-même mis un terme à ce baiser si je n'étais pas intervenu?"
Non mais quel...
Mais non...il a raison. Je n'aurais pas été en mesure d'arrêter quoi que ce soit (et qui peut m'en blâmer?), et encore moins calmer ma frustration par la suite. Mais je ne lui appartiens pas, il doit le savoir.
"Je ne sais pas quelles idées pour vous faites, mais je ne suis pas une femme libre. Il n'y a rien d'officiel, mais nous espérons nous déclarer très bientôt." j'avance, essayant d'insuffler un tant soi peu de contenance à ma tenue.
"Tiens donc..." il sourit en se redressant.
"Parfaitement!" je rougis, mais je me sens de plus en plus ridicule tant son sourire s'élargit et son attitude se détend.
"Mais je vous crois." il dit calmement dans un sourire, comme on le fait pour un enfant qui jurerait avoir vu un éléphant rose lui donner une sucette.
Je souffle du nez en détournant le regard. Voir ailleurs que sa gueule satisfaite est un bon début.
"Vous pouvez vous moquer de moi, mais sachez que je prends mes sentiments très au sérieux. Je ne suis peut-être qu'un objet de distraction à vos yeux, mais je réserve mon coeur et mon âme à un autre homme qui devra venir vous parler dans les jours qui viennent." je dis plus posément, mais toujours avec une tension dans la voix et les tripes.
Il exerce son super pouvoir et devient froid comme la glace.
"Et je l'accueillerais comme il se doit. Vous aurez ma bénédiction quoi qu'il en coûte, Hana."
Puis il se penche sur moi et pose une main sur la mienne.
"Vous méritez ce bonheur, Adaneth." il souffle sur mon visage.
Des effluves de la veille m'embrument la cervelle, et je bataille contre toute ma volonté pour garder mon sang froid.
Ah! Et ces rêves qui reviennent...
"Vous êtes trop bon." je dis, froide et sèche, alors qu'il se redresse.
Il rit et s'écarte un peu plus de moi.
"Je suppose qu'il y a un but à votre présence ici, Majesté. » je dis en me détendant et pose mon coude sur l'accoudoir du fauteuil.
Je pose mon menton de manière nonchalante sur mon poing, mais ce n'est qu'un moyen de l'empêcher de trembler. Cela n'échappe pas au Roi qui sourit encore. Je renonce à essayer de l'anticiper.
« En effet, Adaneth. Aujourd'hui est ma première tournée dans la capitale depuis mon couronnement. Connaissant votre…impopularité dans les bas quartiers, j'ai décidé de vous donner une chance de prouver au monde que votre race n'est pas un obstacle à votre bienséance. Ou du moins que vous ne partagez pas le lit des hommes de ce palais. J'ai une réputation à tenir. »
« Réputation… ? »
Je suis abasourdie. Je vais devoir faire mon plaidoyer devant les paysans du roi pour leur prouver que je ne suis pas une prostituée ? Je n'ai même pas les mots pour vous décrire à quel point je vois sa tête comme un punshing-bag en ce moment. Non mais quel prétentieux !
« Allons, ne me regardez pas comme ça. Je ne fais que vous rendre service. »
« Vous me demandez de m'exhiber sur des places publiques de la plus humiliantes des manières et je suis sensée prendre ça pour une bénédiction ? »
« Voyez-ça comme un moyen de vous venir en aide. Vous devez comprendre, ma chère, que la réputation ici-bas est ce qui peut faire votre fortune, aussi bien que causer votre ruine. » il s'impatiente en fronçant les sourcils.
« Est-ce que je dois comprendre par là que vous vous inquiétez pour mon avenir ? » je glisse entre mes dents
« Je vous l'ai dit. Je ne m'inquiète que de ma réputation. » il dit en se relevant.
« Dans ce cas, peut-être aurai-t-il été plus judicieux d'éviter de vous faufiler dans ma chambre pour me surprendre ? » je dis avec froideur.
Son visage passe de la non-expression à un océan d'émotions aussi différentes les unes que les autres. Je tente de rester froide sinon sûre de moi, mais je crains que la peur ne prenne le dessus une nouvelle fois.
« N'oubliez pas à qui vous avez affaire, Firiel. Ne me méprenez pas pour l'un de vos amis d'arène. »
« Et pourtant jamais aucun d'eux ne m'a autant manqué de respect. »
Voilà…ma grande gueule va me tuer un de ces jours. Il a l'air de s'étouffer dans sa fierté blessée, mais dégoûté par sa transparence. Il ne me fera aucun mal, de ça je suis certaine. Je dois être la seule personne de son entourage avec Rînmalthen à pouvoir lui parler de cette manière. Mais les paroles de Galadriel, ne m'ont pas non plus quittée.
« Cependant, j'ai eus vent de votre inquiétude quant à la manière dont je percevais vos actions à mon égard. Je vous pardonne, Thranduil. Mais je dois être la moindre de vos préoccupation pour l'instant. » je dis en essayant de m'adoucir.
Il lève les yeux, encore plus furieux, croyant que je le menace.
« Calmez-vous je ne fais que vous mettre en garde. Croyez-le ou non, la seule menace qui plane sur votre tête est votre propre vanité. »
C'est le mot de trop. Il avale rapidement les quelques mètres nous séparant et attrape ma gorge d'une seule main assez forte pour me couper la respiration quelques instants. Il continu à me serrer ainsi, les yeux fous et la respiration sifflante entre ses dents.
« Quel fou j'ai été de vous faire venir ici, dans le Palais de père. Je vous ai offert un foyer et de la nourriture et vous vous comportez comme la pire des catins en me renvoyant tout au visage pour un crétin de bas étage ? »
Il sert un peu plus fort sa prise sur ma gorge, et je peux à peine sentir le filet d'air se débattant pour arriver à mes poumons. Une larme s'échappe de mon œil exorbité. Je me débats contre lui mais ne réussi pas à l'atteindre, lui me tenant à bout de bras. J'ai peur. Pour la deuxième fois en deux jours, la même peur envers cet homme me frappe dans l'estomac. Je ne le connais pas, mais je sais ce qu'il est : un monstre pourrit à la moelle. Il a perdu le masque de bienséance et amical qu'il a toujours arboré avec moi...il vient de me montrer son vrai visage.
Il finit par me lâcher, me laissant retoucher le sol de mes pieds que j'ignorais avoir quitté. Il recule de plusieurs pas, alors que je tousse et crache pour retrouver ma respiration. Je me tiens la gorge où je sais que des bleus vont se former, massant pour faciliter la respiration. Je lève des yeux pleins de larmes vers lui. Il est de dos, une main sur sa hanche et l'autre sur son front, marmonnant pour lui-même.
« Quel genre de monstre êtes-vous ? » je souffle entre deux quintes de toux
Il se retourne lentement, deux doigts sur les lèvres.
« Pardonnez-moi, je… »
Il replace ses doigts sur son front et se balance d'un pied à l'autre, évitant à tout prix de me regarder.
« Vous pardonner… ? »
Si je ne m'étouffais pas déjà à moitié je le tuerais.
« Hana… »
« Ca suffit, sortez d'ici… »
« Je ne voulais pas…vous m'avez forcé… »
Non mais je rêve ?
« DEHORS ! » j'hurle autant que ma voix brisée me le permet, et je retombe dans une quinte de toux.
Il se recule encore, soufflant par le nez. Il remet sa tunique en place , et passe une nouvelle fois sa main dans ses cheveux. Il s'incline rapidement, et marmonne une nouvelle fois des excuses avant de sortir aussi vite qu'il est entré. A peine la porte refermée, Gwirith accoure dans ma direction.
"Vous m'aviez assuré que votre vie n'était pas en danger, ou votre honneur! Venez, il faut vous reposer."
Elle me relève et m'aide à rejoindre ma chambre. Je m'assois sur une chaise et elle m'examine le cou.
"Ce ne sont que des rougeurs. Tu n'es as obligée de rester." je dis en remontant mon col
Son regard me dit tout ce qu'elle se refuse à me hurler à la face. Si même les servantes s'y mettent...
"Quelqu'un devra agir. Un jour où l'autre, la manière dont il vous traite se saura."
"C'est une menace?" je dis en comprenant qui est le "quelqu'un" en question.
"Un promesse, Demoiselle. En six cent ans on ne m'a jamais accordé la moindre valeur, et cela m'allait, car telle était ma place. Mais vous, Demoiselle, vous êtes arrivée avec vos manières et vos paroles d'un autre monde, et vous m'avez montré que cette vie n'est pas une fatalité immuable. Vous avez été et êtes la seule amie qui puisse me comprendre, et j'affirme que je suis votre seule amie."
Elle prend la liberté de me prendre le visage dans ses mains. Beaucoup de choses se sont passées entre nous, beaucoup de secrets gardés, et j'ai le sentiments que celui-là ne sera pas le dernier.
"En tant qu'amies, nous nous devons de veiller l'une sur l'autre. Et un homme, quel qu'il soit, s'il menace votre existence, doit être puni..."
Elle commence à parler comme Don Corleone et je ne peux même pas avoir peur. Je ne peux pas être en colère. Je suis amorphe.
"Gwirith. Il y a des choses qui dépassent notre entendement. Des choses qui prendraient des siècles rien qu'à la réflexion. Notre roi en fait partie. Mais je m'occuperais de mes affaire seule, tu entends? Tu n'es qu'une servante dans ce palais, rappelle toi. Je ne voudrais pour rien au monde que tu sois remplacée."
Elle comprend, et me répond d'un léger sourire. Elle ne le connais pas aussi bien que moi. Personne hormis Rînmalthen et Galadh ne l'ont vu dans sa vraie vie, dans son intérieur. Je l'ai admiré, et j'ai eu de l'affection pour cet homme. Mais j'étais loin, à des kilomètres de m'imaginer l'étendue de son emprise sur moi. J'ai combattu des légions d'orcs, ma première victime était un troll nom de Dieu, et je ne peux même pas sourciller quand il prend l'avantage sur moi? Je la laisse prendre soin de moi. Elle noue un foulard autour de mon cou, et poudre mes rougeurs sous les yeux. Il me reste encore une épreuve de taille: me pardonner.
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"Hana?"
Le roi a finit par changer d'avis et ne m'a pas prise avec lui pour sa tournée. Notre dernier échange a mis fin à toute familiarité entre nous. Il est aussi froid que la glace lorsqu'il se trouve dans la même pièce que moi et ne regarde jamais dans ma direction à moins d'y être contraint. Il met tellement de coeur à m'ignorer que c'est un miracle que personne ne s'en soit rendu compte. On atteint des sommets là: je me fais étrangler, mais c'est lui qui tire la tronche. Il a finit par partir et a embarqué toute sa troupe avec lui, Rînmalthen et Celon inclus. Je reste donc libre de faire ce qu'il me plaît (pas vraiment mais c'est toujours mieux que de rester enfermée à ruminer sur ma pauvre vie).
En toute honnêteté, je peux vous affirmer que j'ai essayé de toutes mes forces de me concentrer sur cette saloperie d'aiguille et cette tapisserie de malheur. Je pensais sincèrement que traîner avec des connaissances que je me suis faite parmi les Dames de la cour pourrait m'aider à oublier ma faiblesse ou le regard de Rînmalthen ou le simple fait que j'ai un début de gastro, mais je n'arrive tout simplement pas à faire un motif aussi simple qu'une bête étoile à sept branches...je suis la Dame la plus inutile et la plus ratée de toute l'Histoire de ce Royaume, je dois au moins m'accorder ça. Je m'énerve au bout d'une heure à faire et défaire des points de croix (la base apparemment), je plante violemment mon aiguille dans la tapisserie et me relève d'un bon, faisant cesser les rires des jeunes Dames.
"Vous vous lassez déjà de notre compagnie?" demande Ellonel, une jeune dame blonde avec une moue déçue.
"Non, Demoiselle. Mais je crains que mes mains n'aient plus l'habitude de tenir une épée que manier une aiguille. Si vous voulez bien m'excuser." je dis en m'inclinant.
"Bien sûr..." dit Lotheryn encore choquée que j'ai appelé une dame "Demoiselle" comme une servante. Mais je suis trop troublée pour rectifier mon erreur.
Je file droit vers la sortie, je ne regarde pas autour de moi, je comprends que je ne suis pas faite pour les salons mondains ou les discutions creuses. Je le savais déjà évidemment, mais je viens de me donner une confirmation. Mais qu'est-ce qui m'a prit de m'infliger ça? Comme si je n'avais pas assez de soucis comme ça. L'arène sera pleine de soldat et ça ne reste pas ma meilleure option. Les bois. Cela a toujours été la forêt, si je veux fuir, respirer, vivre. La forêt. Je continue ma course et cour de toutes mes forces à travers les dédales des couloirs vers la sortie et prends une grande inspiration quand enfin, j'émerge du Palais.
La forêt est telle que nous l'avons laissée hier. La même mousse, les mêmes chants d'oiseaux, la même luminosité dorée...la même chaleur. Rien a changé. Mais je sais que c'est faux. Beaucoup de choses ont changées. Rînmalthen m'a demandée en mariage. Thranduil est devenu roi. Et moi je suis devenue sa maîtresse.
Arrêtes de pleurnicher!
Je continue ma progression et tombe sur la clairière où Galadh a construit notre maison. Notre chez nous. Où Rînmalthen nous a rejoint car nous sommes une famille. Et j'ai gâché ça en un seul baiser. Qui sait? Peut être qu'il n'en faudra pas plus pour que tout redevienne comme avant? Je dois sûrement idéaliser, mais j'espère pouvoir raconter cela à Rînmalthen sans que cela ne change quoi que ce soit entre nous. Je rêve...Il me jettera comme la malpropre que je suis. Si seulement j'étais restée de marbre, si seulement je n'avais rien ressenti, si seulement sa peau douce et chaude n'avais rien éveillé en moi. Si seulement j'avais pu résister. Mais le problème c'est que je suis faible et que je n'ai aucune volonté. Pas avec lui, en tout cas. Et ça me crève de peur et je suis frustrée de me sentir aussi faible et impuissante. Parce que je fais des conneries et je blesse ceux qui m'aiment.
Une femme normale aurait commencé à se réjouir de l'intérêt du Roi ou se serait mise à culpabiliser. Moi je sais que je ne mérite pas ce qu'il m'arrive. Je n'ai pas cherché l'intérêt du Roi et je ne veux pas chercher sa compagnie. Je ne veux plus de sa compagnie. En fait je sais qu'elle est malsaine pour moi et pour tout ce que je pourrais construire. Voilà, ma décision est prise. Il est temps que Rînmalthen et moi nous éloignions le plus loin possible de cette cour néfaste et grotesque. C'est décidée à me détendre et à oublier notre échange houleux de ce matin que je passe l'après-midi à tenter de redécorer au mieux la petite bicoque qui a représenté notre refuge, notre nouvelle promesse d'avenir.
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"Demoiselle! On vous demande!"
Gwirith a fait irruption dans ma chambre, alors que je me déshabillais pour le bain. Ayant prétexté une migraine, je ne me suis pas rendue au dîné de fête en bas. Je n'y ais même pas fait une apparition, ce qui est totalement stupide étant donné que j'y ais tellement brillé hier que tout le monde a remarqué mon absence, notamment chez les nobles. J'ai envoyé Gwirith me représenter et c'est la seule et unique fois où elle a été autorisée à parler directement à des nobles sans qu'ils ne luis accordent la parole. Système de merde.
"Qui me demande?" je grogne alors que je me languis de me coucher dans mon lit.
"Capitaine Celon a dit qu'il ne bougerait pas du petit salon tant que vous n'aurez pas montré votre tête. Ce sont ses mots." Elle dit en rougissant devant mon expression.
Celon. Finn. Galadh. Tanan. Je les ais délaissés pour ma connerie.
Je soupire lourdement.
"Habille-moi, Gwirith. Quoique j'aurais préféré que tu me tue."
Elle sourit.
"Et qui inviterais-je à mes noces si vous mourez? Allons, cela ne sera pas si terrible. Vous avez déjà affronté cela. Le Roi ne sera probablement pas présent tout le temps."
"Et pour les autres? Comment leur expliquer que je ne me sois pas montrée en société et que quand je le fais, je ressemble à un cadavre? Ils se douteront de quelque chose, je le sens."
Je commence à angoisser et je vois Gwirith lever les yeux au ciel dans le miroir.
"Ecoutez-moi. Rien de ce qui vous est arrivé n'est de votre faute. Vous êtes une fille des Hommes, votre perception de l'amour n'est pas la même que la nôtre. Hîr Conui comprendra cela. Si vous prenez le temps de lui expliquer calmement les choses."
"Hîr Conui? Tu veux que je me compromette à ses yeux?"
"Je ne veux rien. Je vous conseil simplement comme votre amie le ferait, et je dis que la sincérité est toujours a privilégier dans un couple. Voyez le mensonge comme un poison qui nous ronge, la sincérité l'empêchera de vous tuer."
"Tu as des images bizarres parfois, jeune fille."
Je ne sais pas comment, mais son idée a trouvée une résonnance rassurante en moi. Je sais que je ne peux pas continuer à vivre ainsi. Rînmalthen a besoin de savoir, il a le droit de savoir. Je doit lui dire pour me libérer et le libérer. Il ne saura pas que j'ai tenter de lui cacher la vérité, étant donné que je n'ai pas pu le voir. Oui, je lui dirais.
"Fais-moi belle, Gwirith." je murmure avec une moue qui ne laisse aucun doute sur mes intentions.
Elle me répond d'un sourire enjoué et se met au travail. Je n'ai jamais autant prêté attention à la manière dont je devais paraît qu'aujourd'hui. Les dames de la cour m'ont vue fatiguée, à peine concentrée sur mon travail d'aiguille. Ce soir elle verront la futur Dame de Bar-en-Draug. Prends ça dans ta face Lotheryn!
J'arrive en haut des escaliers avec un trac pas possible, mais une détermination nouvelle. Je ne dois plus me laisser marcher sur les pieds. J'ai l'impression de m'être perdue en arrivant ici, j'avais oublié mon horreur en apprenant que je devais servir de divertissement au roi et j'avais appris à aimer cette captivité. Mais j'ai un libre arbitre et faire ses propres choix reste bien meilleur que de se laisser guider comme toutes ces Dames de cour qui attendent qu'on les mari pour commencer à vivre et ensuite suivre tout un tas de règles nazes. Je suis une fille de la République, les amies, je suis issue d'une famille au libre arbitre, d'une lignée de conquérents et d'une putain de licence de droit. Alors va brouter l'herbe ailleurs, Thranduil Oropherion!
Je resserre tout de même le bras de Celon dans les miens. Il me lance un regard amusé et me tapote la main.
"Je te promet qu'ils ne mordent pas plus qu'hier."
"Idiot." je grogne en cherchant la tête blonde tant redoutée. "Le Roi n'est pas là?"
"Non. Il a prétexté un malaise il y a quelques minutes et s'est exilé dans les jardins. Personne n'est allé voir s'il y est encore."
"Tu es capitaine de sa garde, ce n'est pas ton rôle de vérifier s'il est toujours en vie?" je demande bien que je ne souhaite pour rien au monde le voir s'éloigner.
"Ne tente pas de m'écarter, je ne te lâcherais pas." il dit avec un sourire distrait en fouillant la foule riante du regard.
Il a ensuite trouvé qui l'avait envoyé me chercher et c'est sans surprise aucune que je retiens ma nausée devant Rînmalthen tout souriant et un peu pompette. Bien. Ce sera plus facile. Celon s'incline devant le Seigneur et je resserre ma prise sur son bras quand il veut s'en aller. Il me regarde, surpris durant une demi seconde avant que je ne le relâche et aves un sourire confus. Mon Dieu j'étouffe ici.
Il voit mon malaise et passe une main discrète dans mon dos avant de partir.
"Hana." me rappelle Rînmalthen de sa voix caressante. Je réprime une grimace et lui souris.
Son regard est empreint de tendresse et de dévotion. Je ne sais pas comment je vais faire ça. Il me prend la main et m'entraîne à l'écart. C'est parfait, je ne veux pas que tout le monde sache ce que j'ai fait.
Ce que Thranduil a fait.
Oui mais j'y ai pas mal contribué aussi. Et je n'ai rien fait pour l'arrêter. Et je vais devoir tout lui expliquer.
Il me fait m'assoir sur un rebord rembourré d'une des fenêtre sous les arcades, dans l'ombre des piliers. Il me fait face mais reste à une distance respectable.
"Dis-moi ce qui te tourmente. Personne ne t'a vu aujourd'hui, et le peu de personnes que tu as honoré de ta présence ont remarqué ton trouble."
Il est vraiment inquiet. Je crois qu'il commence à culpabiliser. S'il commence à culpabiliser je vais perdre toute motivation.
"Ecoutes...il s'est passé quelque chose hier soir. Une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Rien n'était planifié, je te le jure..."
Je me fais tomber toute seule dans la confusion, et je vois son regard s'assombrir au fur et à mesure. Ca y est, il a comprit. Comment est-ce qu'il a pu comprendre?
"Je suis désolée..." je murmure alors qu'une larme coule sur ma joue.
Il détourne le regard. Il veut garder l'esprit clair.
"N'y avait-il qu'hier soir?" il demande de la même voix dure et froide qu'il utilise lorsqu'une situation le dépasse. Comme la première fois qu'on s'est rencontrés.
"Que veux-tu dire?"
"Est-ce que cela ne s'est produit qu'hier soir? " Il répète, perdant patience.
"Oui...attends, tu soupçonne quelque chose depuis combien de temps?" je dis, ma voix perçant les aigues.
Il garde son regard loin de mon visage, mais je comprends alors que mon soit disant âme soeur me soupçonne de papillonner du coté du roi depuis un moment. Sans jamais rien évoquer devant moi.
Sombre crétin.
"Et moi qui avais peur de te décevoir..." je cingle à voix basse.
"Tu ne peux pas m'en vouloir. Hier soir en est la preuve." Il dit en me regardant de nouveau, sûr que sa colère ne retombera pas.
"Hier soir n'était qu'un accident, quelque chose que je n'attendais pas, et si je soupçonnais quoi que ce soit, je serais restée en bas jusqu'à ce qu'il sorte tout seul de mes appartements!"
OUPS...
"Dans tes appartements?"
Sa voix devient sourde et son regard devient aussi perçant que deux pics à glace. Je viens de déclencher une guerre familiale. Bravo ma grande.
"Non, écoutes il ne savait rien pour nous, cela fait des semaines que je te dis de lui parler! Comment pouvait-il savoir?"
"Alors c'est de ma faute?" il commence à élever la voix.
"Ah non! C'est Thranduil qui est impulsif, pas toi!" je dit plus fort que lui. Par je ne sais quel miracle, personne ne se retourne vers nous.
"Tu sais très bien ce que j'ai voulu dire. Parle-lui..."
"C'est déjà fait." il dit, la mine sombre.
Je ne comprends pas son expression pour l'instant...attend un peu...oui ça vient...ah, la voilà! La révélation.
"C'est pour ça, le malaise? C'est comme ça que tu as comprit..."
"Il ne peut rien me cacher. Pas très longtemps, en tout cas. Je savais que quelque chose n'allait quand il a refusé de me voir toute la journée. Il s'en voulait, mais je ne savais pas pourquoi. Lui aussi avait deviné. Je crois que tu l'as vu ce matin, n'est-ce pas?"
"Il est venu me voir. Il voulait me proposer de l'accompagner durant sa tournée."
"Mais tu as refusé."
Il garde le silence et je ne peux pas le briser.
"Tu as bien fait de m'en parler."
Je ne dis toujours rien. Je ne sais pas s'il me pardonne ou pas. Son regard parle pour lui. Il n'est pas homme à étaler ses sentiments, me voir en publique et me couver de son regard protecteur est déjà beaucoup. Sans parler des baisers.
"Beaucoup auraient accepté les avances du roi. Il a beaucoup plus a offrir que moi."
"Tu rigole ou quoi?" je m'étrangle.
Je me reprends devant son expression mi-outrée mi-amusée.
"Dame Galadriel m'a expliqué que l'amour d'un elfe n'est jamais à négliger. Elle a lu en nous. Nous sommes faits pour être ensemble, c'est ainsi. Aucune couronne n'y changera quoi que ce soit. Et ne m'insulte plus avec tes sous-entendu baveux sur les Filles des Hommes et leur tendance à épouser des hommes pour leur richesse."
Il me sourit à nouveau. L'orage est passé. Merci Gwirith.
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Le roi est revenu de sa promenade la mine plus noble que jamais. Cela veut généralement dire qu'il a des gros soucis. Et je me pince les lèvres en pensant que j'en suis en partie la source. Il remonte vers son trône et lève les bras pour intimer le silence à la foule.
"Très chers amis, merci encore une fois de vous rassembler afin de célébrer mon accession au trône."
Applaudissements.
"Je viens en tant que noble serviteur, vous gouverner et tenter de faire prospérer et renforcer le plus grand royaume elfe de la Terre du Milieu."
Applaudissements.
"Mon ami homologue, le roi Amroth du Lorinand nous aidera dans cette vision, j'en suis sûr, autant que nous jurons nos amitié éternelle envers son royaume et nos cousin Galadhrims."
Salves et applaudissements dans la foule Galadhrim.
"Et quel meilleur moyen pour faire prospérer la paix en ces temps encore troubles, qu'un mariage pour la renforcer?"
Attends, quoi?
L'étonnement et les rumeurs commencent à circuler sur qui le Roi aurait choisi d'épouser.
"Mon cher cousin, le Seigneur Rînmalthen Ovorion m'a fait part de sa requête la plus heureuse qui soit. En effet, une rumeur court dans le Nord lointain, loin vers les contrées noires et arides de Gundabad, qu'une jeune femme serait un cadeau revenant de droit à leur Roi-Sorcier."
Le soulagement fait place à l'inquiétude. Je serais la source de leurs problèmes. Parce qu'ils ont comprit de qui il parle.
"Hana Deaniel. Elle a soigné nos blessés durant la guerre, combattu bravement dans les Monts Brumeux durant une attaque de gobelins, fait parti de notre vie ici, à Eryn Galen. Pouvons nous réellement l'abandonner à son sort?"
Il joue à quoi là?
Je me colle à Rînmalthen qui me sourit. Je m'inquiète de plus en plus de la réaction du publique, alors que Finn éclate au milieu de la foule.
"Le peuple sylvestre ne livrent jamais ce qui est sien. Je me battrais pour protéger Hana."
Il est suivit par un "Plutôt mourir que laisser un orc gagner!" et ainsi de suite, jusqu'à ce que la salle toute entière scande mon nom. C'est du foutage de gueule, là! Quand je cherchais à m'intégrer, personne ne voulais de moi, et là je me retrouve être la femme de l'année?
Mon regard glisse sur la foule comme si rien n'était réel, puis je vois Thranduil contenir un sourire à grande peine.
"Très bien. Dans ce cas, j'ai l'honneur et le privilège de déclarer officiels les fiançailles de Hanawen à Rînmalthen Ovorion!"
Salve d'applaudissements et de félicitations. Il sait y faire pour parler au peuple, lui.
Il laisse son rire éclater, cette fois, et je me dis que j'ai bien fait de laisser Gwirith prendre soin de moi, parce que je suis littéralement au centre de toute l'attention. Rînmalthen embrasse ma main en publique pour la première fois, et j'ai du mal à sourire tant tout ceci me paraît irréel. Il y a quelque chose qui cloche, c'est pas possible.
La clique des Dames s'inclinent sur notre passage, mécontentes de ne pas avoir été mise au courant plus tôt ou tout simplement de ne pas avoir été choisies. Une ou duex semblaient réellement heureuses. Nous arrivons devant le roi qui nous félicite et nous accorde sa bénédiction. Son regard s'attarde un peu sur le mien, puis il se recule, laissant son cousin pleinement profiter de sa soirée.
Je ne comprends pas comment on en est arrivés là, tout est trop rapide.
"Hana, ça va?"
Je sens la tête me tourner.
"Hana..."
Noir
