Chapitre 21 :
Le 10 aout.
Peu importe Rogue. Ha, tu ne pensais pas que je le ferais, n'est-ce pas ? Mais je vais bien, bien, bien, bien, bien, bien, bien, BIEN, BIEN !
J'espère qu'il lira cela. Me dire que je ne peux pas dire « bien » ou « peu importe », ou je ne sais encore ce qu'est son problème aujourd'hui. C'était son idée en plus qu'il ne faille qu'un vote pour qu'un mot soit mis sur sa foutue liste. Il aurait dû y penser à deux fois avant de m'interdire de dire « grincheux » ou « chauve-souris » parce que maintenant, il ne peut pas dire « détention » ! Ha. Aussi, il est carrément aller trop loin en me disant que je ne pouvais pas utiliser « pas moyen » ou « laissez-moi tranquille », alors mon dernier choix de mot a été « le ». Prends ça, grincheux !
Il n'avait pas besoin de déchirer la liste non plus.
La liste « officielle », est celle qui est accrochée sur un des placards de la cuisine. Elle est plus courte que celle qu'on a faite en premier, mais j'en ai choisi pas mal. Je ne suis toujours pas supposé utilisé « bien », par contre. Qu'est-ce que je suis supposé dire alors ? Je ne peux pas décrire l'horrible douleur à l'intérieur, à quel point c'est dur pour moi de penser quelque fois, ou de reprendre mon souffle, parce qu'un souvenir me frappe et que je ne peux pas voir plus loin, jusqu'à ce que je l'enferme sous la pierre. A part ça, tout va BIEN !
Je le surprends à me regarder parfois, et c'est bizarre, parce que je sais qu'il essaie d'entrer dans mon esprit, ou bien qu'il essaie juste de me faire parler, mais il ne dit rien, et ça me rend vraiment mal à l'aise, parce qu'il est supposé être celui qui hurle et qui m'insulte et au lieu de ça, il est celui qui me dit que je ne suis pas un vaut rien, et que rien de tout ce qui est arrivé, avec les Dursley et tout ça, n'était de ma faute.
Je sais que ce n'est pas vrai, peu importe ce que je lui dis. J'ai été mauvais, et j'ai été puni. Dudley a failli mourir il y a un an à cause de moi, et j'ai fait gonfler Marge, et j'ai fait rater un gros coup pour l'entreprise de Vernon, et je n'ai jamais fait mes corvées comme le voulait la tante Pétunia. Alors qu'ils m'ont pris chez eux quand bien même ils n'y étaient pas obligés. J'ai eu de la chance d'avoir une maison, même s'il ne voulait pas de moi dedans.
Bien sûr, quand je relève les yeux vers les lignes que je viens d'écrire, et que je pense à Hedwige, qui n'a jamais, JAMAIS mérité ce qu'il lui a fait, et que je pense à la façon dont ils m'ont affamé ou qu'ils m'ont laissé crever avec les infections dus à leurs coups, je pense que Rogue a raison. « Oui ils m'ont blessé mais ils en avaient le droit ». Et si les parents de Ron l'avaient blessé comme ça ? Est-ce que je penserais la même chose ? Ou même quelqu'un comme Colin qui a été élevé par des moldus ? Penserais-je qu'il a mérité d'être battu et affamé et enfermé dans un placard parce qu'il a fait de la magie accidentelle devant eux ?
Non. Je ne penserais pas ça.
Mais je ne peux plus penser à ça maintenant, parce que si je le fais, je deviendrais dépressif et toute cette merde, parce qu'il n'y a rien que je puisse faire qui puisse changer le fait qu'ils me détestent, et que tout ce que j'ai fait n'a jamais permis qu'ils m'aiment.
Voilà, je l'ai dit. Content maintenant, Rogue ?
En soupirant, Harry ferma le journal qui avait miraculeusement réapparu sur le bureau ce matin. Enfin, pas si miraculeusement que ça, puisque la seule chose que Rogue avait eu à faire avait été de le ramasser et de le remettre à sa place. Mais quand même. Il était presque…Content de ça, vraiment. Il était toujours presque sûr que Rogue ne lisait pas son cahier derrière son dos, mais on n'était jamais trop prudent. Il s'était un peu emporté, pour être honnête, cette fois ci. Il avait au départ prévu de ne rien écrire de significatif ou de trop personnel. Mais c'était toujours plus facile que de parler au professeur. La plupart du temps.
Rogue leva enfin les yeux vers lui, et Harry se tenait déjà presque sur ses pieds avant que Rogue n'ait le temps de dire :
- Tu voudrais voler un peu maintenant, je suppose ?
- Oui monsieur, dit-il avec tout l'enthousiasme dont il pouvait faire preuve. S'il vous plait.
- Très bien.
Rogue marqua la page qu'il était en train de lire – il lisait autant qu'Hermione, vraiment ! – et se leva pour aller chercher leurs balais.
Durant toute l'heure suivante, Harry fut en paix.
Après quoi, il fut surpris que Rogue ne se montre pas avec du thé, ce qui était devenu une habitude après le vol. Il imaginait que Rogue pensait qu'il était plus facile à gérer après avoir été mis de bonne humeur par une sortie à l'extérieure. Cette fois, cependant, Rogue apporta un énorme bol et le posa sur la table entre eux deux.
La Pensine.
Harry avala durement sa salive en regardant le bol de pierre aux apparences innocentes. C'était le même que celui dans lequel il s'était plongé l'année précédente, et dans lequel il avait vu les souvenirs que Rogue lui cachait. Par-dessus sa mèche de cheveux, il regarda Rogue, qui le regarda en retour. Il n'y avait aucune haine dans son regard, mais Harry trembla quand même, parce qu'il se rappelait de tout. C'était la première fois qu'il avait vraiment eu peur de Rogue et de sa colère légendaire. Et c'était le plus grand regret qu'il avait dans leur… Relation, peu importe ce qu'elle était.
- Professeur ?
Rogue hocha la tête, ses yeux toujours fixés sur lui.
- Je suis vraiment désolé, vraiment.
Rogue soupira.
- Je sais Potter. Tu me l'as déjà dit. Et je… J'accepte tes excuses. Maintenant, mettons-nous au travail.
- Qu'est-ce que – ?
Harry se mordit la lèvre. Il devait bien admettre qu'il était anxieux à l'idée de recommencer l'occlumencie avec Rogue. Cela n'avait fait que le blesser la dernière fois, comme si un étau se refermait sur sa tête, encore et encore. Et les leçons réveillaient également les douleurs de sa cicatrice, et il ne voulait plus penser à quoi que ce soit en rapport avec sa cicatrice, plus jamais. Il s'était encore réveillé en plein cauchemar la nuit dernière, ce qui l'avait poussé à se griffer le front, comme s'il avait voulu faire disparaitre sa cicatrice.
- Qu'est-ce qu'on va faire ?
- Tu vas mettre certains de tes souvenirs… Potentiellement problématiques dans la Pensine avant que nous ne fassions quoi que ce soit d'autre.
- Potentiellement… Oh.
Il put sentir le sang se répandre dans son visage. Il devrait penser aux souvenirs qu'il voulait écarter, y penser dans toute leur horreur.
- Je ne sais pas si je peux faire ça.
- Je suis juste ici, avec toi, dit Rogue de cette voix douce et quelque part même gentille qu'il utilisait quand il pensait qu'Harry était sur le point de perdre le contrôle ou de balancer quelque chose. Qu'il ait souvent raison n'arrangea en rien la peur d'Harry.
- Ouais mais…
- Ouais, est sur la liste interdite.
Harry eut un petit sourire.
- Oui monsieur, recommença-t-il. Je sais que vous serez là…
Et pendant un instant, il s'arrêta et réfléchit à cela. Rogue serait avec lui. Et il savait ça. Il n'aurait pas à affronter ces souvenirs tous seuls. Le grincheux des cachots, qui l'avait détesté depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir, allait rester près de lui durant cette épreuve. L'idée était rassurante, et il commença à vraiment l'apprécier pour la première fois. Il respira profondément et regarda Rogue, sourcils froncés. Celui-ci lui répondit en haussant un sourcil.
Harry éclata soudainement d'un rire bref.
- Vous devez absolument m'apprendre à faire ça monsieur !
- Absolument Potter ?
- Oui ! Comment faire le truc avec un seul sourcil.
- Et pourquoi est-ce que je ferais ça ? Demanda Rogue avec un sourire en coin. Cela ne m'apporterait rien d'avoir un jeune et impertinent imitateur autour de moi.
-On peut peut-être échanger avec autre chose, ricana Harry.
- Je ne peux pas imaginer que tu aies une quelconque habitude que je voudrais imiter.
- Ha. Très drôle. Je veux juste dire que j'ai peut-être autre chose que vous voudriez imiter.
Il haussa les épaules, avant d'ajouter :
- Ou pas.
- Cette discussion est inutilement hors sujet, coupa Rogue.
Il brandit alors un long bâton en bois foncé, brillant comme neuf.
- Maintenant prend cette baguette et met la contre ta tempe.
- Votre baguette ?
- En effet.
- Est-ce que ça ne… Je veux dire, je pensais que faire quelque chose comme ça pouvait mal tourner si je n'utilisais ma propre baguette.
Rogue insista, avec ennui.
- Seulement si, comme l'a fait un certain ex-professeur de Poudlard, la baguette utilisée a un dysfonctionnement. N'importe quel sorcier peut utiliser n'importe quelle baguette, Potter. Bien sûr, si tu utilises une baguette plus à l'écoute de ta signature magique, le résultat sera meilleur.
Il tendit de nouveau sa baguette.
- Maintenant, prend-la.
D'une main tremblante, Harry s'exécuta, et la chaleur qui passa de ses doigts jusque dans son bras, fut comme un baume. Cela faisait bien trop longtemps qu'il n'avait pas tenu de baguette, n'importe quelle baguette, et il n'avait pas réalisé à quel point cela lui avait manqué jusqu'à maintenant. Il laissa la chaleur pénétrer son être, s'installer dans sa poitrine jusqu'à ce qu'il ne ressente rien d'autre que de la sérénité. Les larmes vinrent spontanément à ses yeux, et il cligna des yeux pour les chasser, serrant ses yeux fermés pendant un instant, jusqu'à ce qu'il ait reprit contenance.
Finalement, quand il se sentit prêt et concentré, il rouvrit les yeux.
- Tout va bien, Potter ?
- Vous, vous pouvez m'appeler Harry, si vous voulez.
Quelque chose brilla dans les yeux du professeur, mais disparut en un instant.
- Très bien… Harry. Es-tu prêt à commencer ?
- Oui monsieur.
Il y eut une plus longue pause cette fois ci, puis le professeur demanda :
- Ceci est probablement très compliqué pour toi, et je ne voudrais pas causer plus de mal encore. Alors, je te demande, puis-je poser une main sur ton bras pour te tenir pendant que tu fais ça ?
Harry mordit de nouveau sa lèvre, assez pour y faire couler du sang. Rogue demandait l'autorisation. Il n'ordonnait pas. Rapidement, avant de perdre le contrôle, Harry hocha la tête.
Rogue contourna la table pour se mettre de son côté, et posa une main sur son épaule. Luttant presque pour ne pas trembler, Harry prit une nouvelle respiration profonde.
- C'est ça, dit Rogue, essaie de te relaxer. Ce sera plus facile comme ça. Maintenant, met la baguette sur ta tempe et concentre toi sur un souvenir que tu veux enlever.
Ses doigts se serrèrent plus fort autour de l'épaule d'Harry, tandis que celui-ci levait la baguette. La baguette trembla, et il eut soudain un choc. Une révélation.
Et s'il s'effaçait lui-même ?
Ne serait-ce pas la meilleure chose à faire ? Il ne se souviendrait de rien de tout ça, le manoir, Voldemort et ses mains pâles, les murmures froids de Lucius… Il serait en paix, vraiment. Il n'aurait plus jamais mal. Ses mains tremblèrent davantage mais il rassembla son courage et les mots avaient presque franchit sa bouche quand Rogue s'empara brusquement de son poignet.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il en écartant la baguette de sa tempe.
- Ce que j'aurais dû faire depuis bien longtemps déjà, lui dit Harry en se libérant de la poigne du professeur.
Il avait toujours la baguette c'était déjà ça.
- Idiot ! Est-ce qu'au moins tu connais la formule ? Veux-tu effacer toute ta mémoire ?
- Je m'en fiche ! Pourquoi est-ce important de toute façon ?
Rogue le regarda, une lueur sombre dans le regard.
- Si vraiment tu t'en fiches, alors ça n'a aucune espèce d'importance. Fais-le. Fais-en sorte de t'oublier toi-même. Abandonne ta vie, tes amis et l'intégralité du monde des sorciers. Deviens un Cracmol, retourne à ta vie de moldu, ou alors repars totalement à zéro, si vraiment tu t'en fiches.
Un son étrange se forma dans la gorge d'Harry, il lâcha un faible gémissement angoissé avant d'aplatir la paume de sa main sur ses yeux. Il ne s'en fichait pas, même pas du tout. Cela avait toujours été son problème. Pouvait-il effacer tous ses souvenirs d'Hermione et Ron, les premiers et les meilleurs amis qu'il ait jamais eu ? Pouvait-il oublier Hagrid, ou Remus ou… Sirius ? Non, c'était impossible. Il voulait se souvenir d'eux, mais il ne pouvait pas gérer le reste.
- Faites-le pour moi alors ! Cria-t-il en tendant la baguette à Severus. Vous connaissez le sort, vous pouvez effacer juste ces dernières semaines.
Severus ne fit aucun mouvement pour prendre la baguette.
- Harry, ce n'est pas bon. Tu peux effacer ces souvenirs, oui, mais cela n'effacera pas les sentiments qui leur sont associés. Tu ne sauras pas pourquoi tu ne veux pas que quiconque te touche, ou pourquoi la simple idée d'intimité ou de contact physique te répugne et te rend malade. De la même façon, tu ne pourras pas effacer les souvenirs de tous les autres qui sont au courant de ce qui s'est passé, et qui pourrait te le rappeler, sciemment ou pas.
- Quoi ? Vous ne…
Tout à coup, Harry eut très froid. Et il se sentait nauséeux.
- Vous voulez dire Malefoy.
D'une voix extrêmement calme, Rogue dit :
- Je ne pensais pas spécifiquement à Drago, mais oui, c'est ce que je veux dire. Je ne peux pas imaginer que le Seigneur des Ténèbres ou Lucius garderont cela secret.
- Oh mon Dieu, oh mon Dieu. Je vais vomir…
Et avant qu'il n'ait pu faire plus de deux pas en direction de la salle de bains, il le fit, recrachant le peu de déjeuner qu'il avait dans l'estomac devant la cheminée. A genoux, il se vida et se vida jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, et encore jusqu'à ce qu'il n'ait plus dans la bouche que le gout de bile, et de larmes salées.
A genoux, Severus chassa le vomi d'un coup de baguette, et pensa à conjurer un seau. Mais le garçon avait terminé maintenant, il ne faisait plus que trembler en resserrant ses bras autour de son faible corps. Afin d'être sûr qu'il n'allait pas s'effondrer, Severus posa une main sur son dos, et bien qu'Harry trembla comme un petit poulain, il ne s'écarta pas du toucher comme il l'avait déjà fait.
Severus aurait considéré cela comme un progrès si la seule idée que les autres élèves puissent avoir eu vent de ce qui s'était à Topsham n'avait pas suffi à plonger le garçon dans cet état. Il n'y avait donc jamais pensé ? C'était ridicule de sa part. Et en même temps… Peut-être qu'il était trop concentré sur son rétablissement pour penser au futur ?
C'était possible, bien qu'il en doute. Harry semblait donner énormément de considération au futur, en tout cas, pour ce qui concernait sa bataille contre le Seigneur des Ténèbres, et il pensait généralement très peu au passé. Peut-être que c'était là qu'était le problème, cette fois, son incapacité de repousser ce souvenir, de le mettre dans le passé, comme il l'avait fait pour tout le reste.
Cela l'aiderait à supporter cela. Dans le même temps, Severus avait fait apparaître un verre d'eau et le tendait maintenant à l'adolescent.
- Harry. Prend ce verre d'eau, et bois-le. Cela t'aidera. Enfin, en tout cas, ça aidera ta gorge.
A tâtons, Harry chercha le verre, et ses mains tremblaient quand il le porta à sa bouche. Quand le garçon commença à siroter, Severus ne fut plus sûr de ce qu'il devait faire, et finit par tracer des cercles invisibles sur le dos du garçon pour le calmer. Cela sembla marcher, puisque le garçon relaxa quelque peu, et un peu de couleurs réapparurent sur ses joues, en même temps que ses tremblements cessaient.
- Dé- Désolé monsieur, dit-il d'une voix hachée quand la moitié du contenu du verre eut disparu.
- Ne le sois pas. Levons-nous du sol, nous pouvons faire ça ?
- Vous n'allez pas vous référer à moi à la première personne du pluriel, n'est-ce pas ? Comme une infirmière ?
Severus eut un léger semblant de rire.
- Gamin impertinent. Je le ferais seulement si on ne se lève pas tout de suite. Mes genoux ne sont plus aussi jeunes que les tiens.
Severus se releva et offrit sa main pour aider Harry à en faire de même. Après un minuscule moment d'hésitation, Harry l'accepta et se leva. Il était toujours pâle et ses mains étaient moites, mais il se remettait clairement de cette crise.
Il était évident maintenant que la nécessité de l'occlumencie s'était accentuée.
- Viens t'asseoir à table, dit Severus en le guidant jusqu'à la chaise qu'il occupait quelques instants plus tôt.
Une fois de plus, il donna à Harry sa baguette et posa une main sur ses épaules. Le garçon avait un air déterminé au fond des yeux, et Severus préférait de loin cela à son air passif habituel, même s'il ne l'aimait pas trop quand ils étaient en cours.
Harry hocha la tête, puis ferma les yeux en serrant les dents. La baguette était enfoncée dans la chair juste au-dessus de son oreille, mais sa main était plus stable maintenant, et Severus en ravi. Il sut également quand le garçon eut choisi son souvenir « potentiellement problématique » puisque son visage devint raide et ses yeux fermement fermés.
Severus serra son épaule, pour lui rappeler qu'il n'était pas seul.
- Commence à l'évacuer maintenant, Harry, encouragea-t-il.
La main du garçon bougea très légèrement. Le début d'un souvenir apparut, un fin trait argenté qui devint de plus en plus long au fur et à mesure que la baguette s'écartait de la tempe d'Harry.
- Doucement, c'est ça.
La respiration d'Harry était saccadée, son corps entier tremblait, mais sa baguette était toujours solidement stable.
- Doucement, doucement, dit Severus.
Et enfin, le souvenir se détacha complétement et Severus le guida jusqu'à la Pensine.
Le souvenir se vouta et se tortilla comme s'il était vivant avant de s'évanouir dans la bassine en pierre, et Harry se laissa retomber sur sa chaise. De la sueur perlait sur son visage.
Severus lui tendit de l'eau.
- Bois ça, ensuite on va en essayer un autre.
Harry lui lança un bref regard, et Rogue se reprit.
- Très bien, tu en essaieras un autre, et moi j'apporterai du soutien moral.
Les lèvres du garçon s'étirèrent pour former un de ses rares sourires, un de ceux qui se voyaient dans ses yeux.
- Vous avez une morale ?
- Gamin insolent, gronda Severus.
Mais il était content.
