NdA: Me revoilà!

Voici donc le chapitre 21!!

Bonne Lecture!


Visiteurs

Remus tendit une tasse de thé à son directeur, avant de prendre place dans un fauteuil face au sien. Aussitôt eut-il posé ses fesses sur les moelleux coussins, qu'il posa un regard insistant sur son visiteur qui, pour sa part, ne daigna pas le regarder, préférant prendre calmement une gorgée de son thé. Ce jeune homme d'à peine trente ans sirotait calmement son breuvage, ignorant son hôte, qui attendait fermement des explications. Après tout, son patron avait débarqué dans ses appartements à une heure très tardive du soir. Il était donc parfaitement en droit de se poser des questions! Pourtant, Brendan ne semblait pas voir les choses du même oeil.

«Monsieur...» commença calmement le professeur, tentant de camoufler sa frustration.

«Remus!» l'interrompit le jeune homme avec une indignation plus ou moins sincère. «Combien de fois vous aie-je dit de m'appeler Brendan?»

Le lycanthrope soupira. Cet homme ressemblait beaucoup trop à Dumbledore... C'en était déstabilisant. On lui dirait que Brendan Fisher était un clône d'Albus, et il n'en aurait tout simplement pas été surpris.

«Brendan...» recommença doucement le professeur. «...Pourquoi êtes-vous ici, à cette heure?»

«Oh, je t'en prie, tu peux me tutoyer!»

Il le faisait exprès. Il le faisait exprès! Il ne pouvait pas sérieusement éviter le sujet ainsi en toute innocence... Le directeur et lui s'étaient toujours vouvoyés et, tout d'un coup, alors que Remus lui posait une question bien précise, il recevait l'illumination qu'ils devaient se tutoyer? Ce n'était pas sérieux...

«Vous tournez autour du pot...» émit le lycanthrope, ne cachant plus son agacement.

Pourtant, si le plus jeune des deux avait perçut cette morosité, il n'en laissa rien paraître. Il se contenta simplement de prendre une autre gorgée de thé, avant de délicatement poser sa tasse sur la table basse. Il prenait son temps, et il était évident qu'il cherchait à gagner du temps. Pourtant, il ne semblait pas le moins du monde mal à l'aise, arborant plutôt son habituel calme. Cet homme était franchement bizarre...

«Brendan?» insista doucement Remus.

«Hum...oui? Quelle était la question?» demanda calmement le directeur.

C'était pas sérieux... c'était pas sérieux! Il jouait avec ses nerfs, ou quoi? En plus, il agissait avec calme, comme s'il était... sérieux, justement! Il le dérangeait à cette heure pour lui faire une blague?

«Si vous continuez, je vous mets à la porte...» menaça le professeur, sans pour autant paraître bien sincère.

Il n'était pas de nature effrayante. Il n'y pouvait rien sur ce point... Le jeune homme lui adressa donc un doux sourire, qui eut au moins le mérite de légèrement adoucir son humeur. Il était toujours marabout, lorsqu'il ne dormait pas...

«Vous ne faîtes pas preuve de beaucoup de patience...» nota le directeur, prenant une autre gorgée de thé.

Le professeur expira bruyamment. Il n'aurait pas dû lui donner ce thé. Il n'aurait pas dû...

«Imaginez que je m'invite chez vous à minuit, refusant de vous fournir les raisons de ma présence... comment réagiriez-vous?» demanda-t-il.

«Je vous accueillerais les bras ouverts.» répondit le directeur.

Désespoir...

«Écoutez, si vous n'avez rien à dire, je vais vous demander de partir.» fit finalement le lycanthrope, en ayant plus qu'assez.

Il était épuisé, il voulait dormir... mais le directeur ne broncha pas. Il resta dans la même position, bien assis dans son fauteuil, et fixa son hôte de ses yeux bleus. Ça alors... Remus n'avait jamais remarqué à quel point les yeux du jeune homme étaient profondément bleus...

«J'aimerais vous demander un service...» émit finalement ce dernier.


«Tu veux dire qu'il va vivre avec nous?» demanda Ron, légèrement éberlué.

«C'est ce que j'ai dit.» répondit la brunette, ne levant pas les yeux du tiroir qu'elle rangeait.

Ils étaient tous deux dans leur chambre, et la jeune femme avait distraitement expliqué la situation, tout en s'affairant à faire le ménage pour la énième fois de la soirée. C'était une véritable manie chez elle... Elle ne faisait que cela: s'assurer que tout était en ordre et à sa place. Son époux ne pouvait que la regarder faire, assis sur le bord du lit, lui posant toutes les questions qui le harcelaient.

«Et pour combien de temps?»

«Je ne sais pas. Le temps qu'il faudra.»

«Et t'as pas pensé à m'avertir avant de prendre une décision?»

«Ron!» s'exclama Hermione, qui leva enfin les yeux vers son mari. «C'est ton frère!»

«Je le sais!» se défendit le rouquin. «Je dit juste que tu n'es pas seule à vivre ici!»

«Oh, ne t'inquiète pas! Je le sais trop bien.»

«Et qu'est-ce que tu insinues pas là?»

«Oh, rien!» fit la brunette, avec un sarcasme plus qu'évident. «Juste que tu es tout simplement incapable de te faire discret!»

«Ah! Parce que c'est MOI le problème, maintenant?!»

«C'est pas ce que j'ai dit...»

«...mais c'est ce que tu voulais dire!»

«Argh! T'es désespérant!»

«Et toi, alors!»

«Oh, tais-toi, Ron!»

«Non, tais-toi, TOI!»

«Tu dois toujours avoir le dernier mot, n'est-ce pas!?»

«Oh! Bien, laisse-moi l'avant-dernier et ne dit rien après!»

«TU M'EXASPÈRES! C'EST À CROIRE QUE TU FAIS EXPRÈS DE ME METTRE EN COLÈRE!!!!»

À peine eut-elle prononcé ces mots, qu'un silence vint s'installer, créent un frappant contraste avec la vacarme qu'elle venait tout juste de faire avec ses cris. Reprenant son souffle, elle ne put retenir un rougissement en réalisant qu'elle avait carrément hurlé. Harry et Charlie l'avaient certainement entendue...

Ses joues s'enflammaient davantage, lorsqu'elle vit Ron se lever doucement. Probablement l'avait-elle blessé... Il quitterait la chambre et irait dormir dans l'une des chambres d'amis. Là, elle se sentirait mal, angoisserait sur le fait que leur mariage était peut-être terminé, mais refuserait d'aller s'excuser, orgueil oblige. Et là...

Le rouquin s'avança doucement vers elle, chassant inconsciemment toutes les pensées pessimistes qui l'avaient rongée. Il ne semblait pas en colère, outré, ou quoi que ce soit d'autre. Elle le regarda donc s'approcher, déglutissant lorsqu'il la prit dans ses bras. Qu'est-ce qu'elle aimait lorsqu'il la serrait tout contre elle, amoureusement, comme il le faisait à l'instant...

«Tu es magnifique lorsque tu es en colère...» murmura-t-il doucement à son oreille, la faisant frissonner.

Comment faisait-elle pour aimer un tel abruti?


Remus cligna plusieurs fois yeux, tentant d'assimiler la demande.

«Vous... vous voulez quoi!?» demanda-t-il, incrédule.

«Un autographe.» répéta le directeur.

«De Harry?»

«C'est exact. Pour ma nièce.»

Alors c'était cela? Juste cela? Brendan avait tourné autour du pot pendant tout ce temps, simplement pour un autographe? Il n'avait pas semblé mal à l'aise, mais quand même...

«Pourquoi ne pas avoir attendu à demain?» demanda le professeur, fronçant un sourcil.

«Parce que j'aurais pu oublier entre temps.» répondit le plus jeune, comme si c'était la chose la plus évidente qui soit.

C'en était presque incroyable. Le lycanthrope se surprit à attendre que le directeur n'éclate de rire, avouant que ce n'était qu'une blague. Une blague stupide, mais une blague tout de même. Seulement, ce n'était pas le cas. Son patron était vraiment trop bizarre.

«Alors? Vous pourrez le faire?» demanda ce dernier. «Ma nièce en sauterait de joie.»

«Hum...oui. Oui, je peux m'arranger.»

Brendan lui adressa un grand sourire, avant de se lever de son siège.

«Parfait! Alors je vais vous laisser dormir.»

Et, sur ces mots, il quitta les lieux, sans même laisser le temps au professeur de dire quoi que ce soit.

Vraiment trop bizarre...


NdA: Voilà!

À la prochaine!