Disclamer Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

Béta-lecture Scorpio-no Caro. Un grand merci à toi, tes conseils me sont précieux ! Et je sais que ça prend du temps.

Shiryu : Coucou et merci ! Oui je trouve aussi qu'il vont bien ensemble ces deux-là mais dis-moi que penses-tu de celui que je vous propose maintenant ? Bisous !

Bonne lecture !


Chapitre 21

Hadès quitta rapidement le lieu de détention de la magicienne après en avoir salué les gardes. Ce qu'il venait d'apprendre ne faisait que confirmer les soupçons qu'il avait déjà. Et il était en colère le Dieu, très en colère… car plus que tout, il ne supportait pas que l'un des membres de sa famille se joue ainsi de lui.

Au moins Poséidon ne cachait pas ses intentions ! Il se matérialisa dans son château terrestre et entra en contact psychique avec ses seconds pour les informer de ce qu'il venait de découvrir. Hypnos, qui attendait d'être reçu par la prêtresse d'Asgard, enregistra les nouveaux ordres de son Seigneur. Le Dieu de la mort se rendit immédiatement, à sa demande, vers le royaume sous-marin. Il était temps de calmer la folie meurtrière de son frère et ces nouveaux éléments risquaient de faire pencher la balance en faveur du chevalier d'Athéna.

Un fois cela fait, Hadès eut une brève pensée pour un corps alangui tout en se changeant pour revêtir une tenue d'apparat que ses serviteurs s'empressèrent de lui amener. Encore une fois, un étrange sentiment s'empara de lui. Non, il ne permettrait à personne de mettre cette paix en danger !

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Au Sanctuaire d'Athéna

Dohko arrivait au temple du Taureau et se repassait en pensée l'entretien qu'il venait d'avoir avec leur Déesse et le Grand Pope. Il espérait que ce dernier pourrait trouver de quoi confirmer leurs soupçons qu'ils avaient exposés à Athéna.

Flash Back :

- Pourquoi ferait-il cela ? demanda-t-elle après qu'ils lui en aient fait part.
- C'est justement ce qui nous manque, le motif, répondit Shion. Mais peut-être avez-vous une idée ?
- Non pas la moindre. En dehors de nos deux ennemis naturels, j'aurais plutôt pensé à Arès ou Aphrodite, mais lui…
- Arès n'emploierait pas de moyens si subtils, quand à Aphrodite… dit la Balance.
- Oui, ce n'est pas vraiment dans sa façon d'agir non plus… Mais Apollon… J'ai quand même du mal à y croire… répondit la Déesse pensive. Il ne s'est jamais déclaré notre ennemi.
- Ce n'est qu'une supposition, mais c'est plus dans sa façon d'agir, réaffirma Shion. Bien qu'il nous manque toujours l'essentiel, quel est son but ?
- Nous faisons des recherches sur des différends entre nos deux Sanctuaires qui seraient restés sans solution. Peut-être trouverons-nous un élément ? poursuivit Dohko.
- Je ne veux rien déclencher sans être sûr de ce que nous avançons. Si vous m'apportez la moindre preuve, je sommerai mon frère de s'expliquer ! déclara prudemment la Déesse, pas encore tout à fait convaincue.
- Nous allons faire de notre mieux, s'inclina Shion.
- Comment vont les guerriers divins ? demanda encore Athéna.
- Bien. Ils ne sont plus sous l'emprise de cette manipulation psychique, Mu s'en est occupé, répondit le Grand Pope.
- J'ai de mon côté contacté Hilda qui souhaite les voir revenir au plus vite maintenant, dit Athéna.
- Nous pourrons faire une nouvelle rencontre plus tard, proposa Dohko.
- Oui, laissons-les repartir s'ils le veulent, finit Athéna avant de mettre fin à l'entretien.

Fin du Flash back

Le chevalier de la Balance venait d'arriver au temple du Bélier et ce dernier l'accueillait dans son atelier avec un grand sourire. Dohko pensa furtivement à Shion en se demandant ce qu'il subirait pour ce qu'il s'apprêtait à faire. Mais, dans la situation présente, il n'avait guère le choix.

Le sourire de Mu se figea en voyant le cosmos de son pair s'élever à une vitesse vertigineuse :

- Dohko ! Que fais…

Mais il ne put finir sa phrase, d'un geste rapide et précis le chevalier de la Balance venait de plonger Mu dans une semi inconscience et le plaquait au mur de son temple.

Le Bélier fit jaillir son cosmos dans un instinct de défense et essaya vaillamment de repousser celui de Dohko, mais à ce jeu la Balance avait quelques années d'expérience de plus que le pauvre Bélier :

- Bien Mu, voyons ce qui se passe si je menace ta vie, dit Dohko en resserrant son étreinte autour de lui.
- Mais qu'est que tu fais ? intervint Shion qui venait d'apparaître en percevant la soudaine panique de son disciple.
- Ne bouge pas ! Fais-moi confiance Shion ! l'exhorta la Balance en maintenant le Grand Pope à distance de Mu.

Ce dernier les regarda tour à tour, indécis. Un sourire éclairait le visage de son amant, son but était tout autre que de blesser Mu… Mais quel était-il ?

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Dans un autre Sanctuaire en Grèce

Apollon pénétra dans les thermes de son palais un sourire aux lèvres.

Trois ans de labeur allaient enfin porter leurs fruits…

Enfin il allait faire payer à cet homme ce qu'il avait osé lui faire subir, à lui un Dieu ! Lui et tous les autres Olympien qui l'avaient si lâchement abandonné à la punition de son père… A commencer par ses deux oncles, bien trop imbus d'eux-mêmes pour se rendre compte qu'il les manoeuvrait depuis la fin des guerres saintes.

Il lui avait fallu faire preuve d'une bonne dose de patience pour retrouver l'humain qui l'avait si lâchement blessé et finalement découvrir qui il était. Sa colère ne s'en était trouvée que décuplée en apprenant son statut. Comment avait-il osé ?

Mais alors qu'il concoctait son plan de vengeance, les guerres saintes avaient éclatées, l'empêchant de poursuivre son but.

C'est à ce moment qu'il avait décidé de profiter de l'aubaine pour faire payer en même temps certains des membres de sa chère famille. Car s'il pouvait comprendre Zeus de l'avoir puni, il n'admettait pas que si peu d'Olympien ait essayé de l'aider…

Il avait donc mis son nez dans ces guerres saintes, intervenant sur certains êtres plus faibles, manipulant, comme il savait si bien le faire, les esprits de cette race inférieure.

Aujourd'hui enfin son objectif allait être atteint. Bientôt il dépouillerait cet homme de son bien le plus précieux… et il s'en délectait d'avance. Car le bien en question était tout à fait à son goût. Il le briserait, en ferait son esclave sous ses yeux…

Et sa chère famille se retrouverait à nouveau sous la menace du maître de l'Olympe…

Tout se déroulait à la perfection. Hadès l'avait contacté pour l'aider à organiser une immense réception pour consolider la paix instaurée par Zeus.

Et comme, il l'avait si souvent suggéré à son oncle, cette charmante fête se déroulerait au royaume d'Asgard. Ce qui amènerait sa proie directement dans ses bras, sa chère sœur ne se séparant jamais de sa garde rapprochée… et il aurait tout le loisir d'attiser certaine tension au sein des Sanctuaires rivaux de la planète, avec l'aide des ses pions.

Il se déshabilla, exposant son corps parfait à la lumière du soleil qui filtrait à travers le toit de verre qui, hiver comme été, pouvait donner l'illusion d'être en plein air.

Il s'admira un instant dans les nombreux miroirs qui ornaient cette pièce. Non, décidément les serviteurs de sa sœur, bien que proche de la perfection pour certains, étaient bien loin de rivaliser avec lui. Son corps, bronzé sans être tanné, ses muscles dessinés à la perfection, sa silhouette parfaite. Les épaules larges, les fesses fermes, de longues jambes musclées et son visage entouré de cheveux châtain clair, ni trop courts, ni trop longs. Bien loin des longues chevelures de l'ensemble des chevaliers et autres guerriers, et enfin, ses yeux vert et bleus. Non il ne pourrait pas lui résister et tomberait dans son piège.

Le Dieu descendit lentement les marches pour laisser son corps se réchauffer à l'eau maintenue à la température qu'il affectionnait et s'allongea pour se délasser et savourer cette victoire, revivant en pensées toutes les étapes qui l'avaient doucement mené à ce final…

Tout avait commencé, il y avait quelques années par ce profond ennui que le jeune homme, tout juste sorti de l'adolescence qu'était sa toute dernière réincarnation, ressentait de plus en plus profondément de jours en jours.

Et les Dieux avaient horreur de s'ennuyer et tout comme les enfants qui s'ennuient, ils faisaient alors ce qui les amusaient le plus : jouer. Sauf que les jouets préférés des Dieux étaient les humains.

Apollon était loin de porter ces derniers dans son cœur. A ses yeux, ils n'étaient que des insectes faits pour les servir et bien sûr, les satisfaire. Et il adorait jouer avec eux.

Il faut dire qu'il y a plusieurs siècles, au temps de sa splendeur dans la Grèce Antique, il s'était beaucoup investi auprès des mortels. Mais les multiples trahisons de ces derniers avaient fini par avoir raison du cœur du Dieu. A l'inverse de sa sœur, il les avait alors haïs de toutes ses forces et depuis n'avait de cesse de leur faire payer ces trahisons.

Reconnu pour son extrême beauté et ses indéniables qualités de musicien, Apollon au fil des siècles était devenu arrogant et suffisant. Au point que Zeus lui-même avait décidé de punir son fils en l'envoyant sur terre dans la peau d'un mortel, avec interdiction à quiconque de l'aider sous peine de subir le même sort.

Sa dernière lubie avait fait naître une véritable guerre au sein de plusieurs pays de l'extrême nord de l'Europe, faisant un nombre incalculable de victimes humaines et laissant les survivants dans un pays ravagé par la famine et la corruption.

Non, cette fois c'était trop, son fils devait en payer le prix !

Agacé, mais certain que son père ne le laisserait pas pourrir au milieu des humains, Apollon ne s'était guère préoccupé que l'époque où il venait d'être projeté était bien différent de son dernier séjour sur terre dans ces mêmes conditions et qui remontait à plusieurs siècles. La beauté masculine qu'il personnifiait pouvait aujourd'hui s'avérer être bien plus dangereuse que bénéfique, comme il avait tendance à le penser.

Alex entra dans la pièce, interrompant le cours de ses souvenirs…

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Au Sanctuaire d'Athéna

Angelo n'avait aucune idée du pourquoi il devait descendre en ville aussi flânait-il tranquillement le long du chemin depuis une bonne demi-heure quand il ressentit l'appel inconscient de Mu.

A la vitesse de l'éclair, il se précipita vers le temple du Bélier et y fit une entrée fracassante, s'arrêta net en découvrant le spectacle de son cher et tendre cloué, impuissant, au mur de son temple.

Son cosmos jaillit pour se joindre à celui de Mu et repousser celui de Dohko. Shion comprit subitement le but de la manœuvre de son amant et alimenta alors ce dernier avec le sien.

Mu, nourri par l'énergie du Cancer, reprit peu à peu des couleurs et harmonisa ses perceptions sur celles de son amant. C'est alors qu'il entendit la voix de son maître :

- Mu ! Met-toi en résonance avec l'armure des Gémeaux ! Maintenant !

Le Bélier ne chercha pas à comprendre l'ordre et obéit en guidant leurs deux cosmos unis vers l'armure d'or.

Dès qu'ils entrèrent en résonance avec elle, Shion et Dohko firent retomber tous deux les leurs et la Balance entendit très nettement la voix rageuse de son amant :

- S'il n'en sort pas indemne, tu me le paieras très cher !

L'armure d'or des Gémeaux sembla d'abord absorber les deux cosmos avant d'exploser et se diviser en s'élevant dans le temple auréolée d'une puissante aura dorée sous les yeux des quatre chevaliers stupéfaits. Après avoir longuement tournoyée, elle se recomposa finalement dans sa forme totem à un point précis de l'atelier où elle se posa en douceur sur le sol qui s'ouvrit sous elle, laissant jaillir de ses profondeurs une lueur dorée.

Mu laissa retomber leur cosmos unis et regarda éberlué le phénomène. L'armure d'or des Gémeaux s'était harmonisée avec ce qui semblait provenir du tréfonds du sol du temple du Bélier et brillait plus intensément que jamais.

Les jumeaux, alertés par la soudaine activité anormale de Gémini jaillirent à leur tour dans le temple et furent aussitôt enveloppés par les deux lueurs unies avant qu'elles ne s'atténuent doucement mais sans s'éteindre totalement.

L'ensemble de la scène n'avait pas pris plus de quinze minutes mais ils restèrent tous étrangement hypnotisés par ce qui venait de se passer.

Le premier à reprendre ses esprits fut Angelo qui se retourna dangereusement vers Dohko :

- Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Tu aurais pu le tuer !

La Balance n'eut pas le temps de répondre, un coup de poing l'envoyait valser un peu plus loin :

- Tu aurais pu me mettre au courant ! hurla Shion à son tour.

La voix de Mu s'éleva à son tour, calmant tout le monde

- Angelo, Maître je vais bien. Dohko n'a jamais eu l'intention de me faire le moindre mal n'est-ce pas ?
- Non c'est vrai, répondit ce dernier en se relevant et en se frottant la joue que Shion venait de frapper violement.
- Comment as-tu deviné ? demanda encore Mu en s'approchant de l'endroit révélé par l'armure d'or.
- Le carnet parlait des deux chevaliers, le Cancer et le Bélier, de deux cosmos unis. C'était la solution pour trouver ce que cachait si bien ce temple.
- Et pour parvenir à une union parfaite, il fallait que l'un soit en danger n'est-ce pas ? déduisit encore Shion. Il n'y avait vraiment pas d'autre moyen ?
- Si rapidement, je n'en ais pas trouvé d'autre et tu te serais opposé à celui-ci, répondit Dohko pragmatique.
- Tu as raison, je m'y serais opposé. Tu aurais pu le blesser !
- Et on peut savoir ce que tu cherchais à faire ? demanda Angelo, un peu plus calme en constatant que Mu allait bien.
- Nous révéler ceci, dit Mu en sortant du sol béant un coffre assez grand d'où émanait toujours une légère lueur dorée.
- Qu'est-ce que c'est ? interrogea Saga qui regardait avec une étrange fascination tout comme son jumeau le coffre en question.
- Approchez tous les deux, dit Mu en leur souriant et en faisant sauter avec son cosmos l'ouverture scellée.

Aussitôt des morceaux de métal en jaillirent et se mirent à tournoyer autour du cadet des Gémeaux qui entra en résonance avec :

- Kanon, voici les restes de la deuxième armure d'or des Gémeaux et je n'ai plus qu'à la reconstruire !
- La deuxième armure d'or des Gémeaux ? Mais je croyais que c'était une légende ! s'exclama Saga abasourdi.
- Alors vous l'avez finalement déterrée ! les interrompit une voix vers qui ils se retournèrent tous d'un bloc. Je n'aurais pas cru que votre génération soit capable d'un tel exploit !

Shion s'avança vers leur visiteur imprévu qu'aucun d'entre eux, même pas lui, n'avait senti arriver. Enfin pas tout à fait car Andromède surgit à ce moment revêtu de son armure divine et prêt à combattre :

- Que venez-vous faire ici Hadès ?
- Chevalier Andromède ! Quel plaisir de te revoir ! s'exclama le Dieu en laissant son cosmos envahir les lieux, devant l'hostilité manifeste qui émanait du chevalier divin.

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Pendant ce temps au Sanctuaire sous-marin

Poséidon avait immédiatement reçu Thanatos et écoutait maintenant les révélations de ce dernier avec stupéfaction :

- Et comment mon frère a-t-il réagi à tout ceci ? demanda l'Empereur des Mers.
- Comme vous vous en doutez, il n'est pas ravi de cette information… répondit prudemment le Dieu de la mort.

Il connaissait suffisamment son vis-à-vis pour ne pas provoquer plus la colère qui n'avait pas encore explosée.

- Si tu es ici, c'est sûrement pour me proposer une brillante stratégie pour contrer les intentions de mon neveu, je me trompe ?
- Non c'est effectivement pour cela que je suis venu ici, Monseigneur.
- Dans ce cas, Hadès aurait pu se déplacer lui-même ! tonna Poséidon.
- C'est que votre frère est parti mander l'aide d'une autre personne dans cette affaire…
- Et qui pourrait bien être concerné par cette odieuse machination à part… commença le Dieu des Mers sans finir sa phrase.
- Vous avez deviné juste, il se trouve en ce moment au Sanctuaire d'Athéna.

Poséidon regarda intensément son visiteur se demanda un instant si ce dernier n'essayait pas de se jouer de lui. Après tout c'était chose courante sur l'Olympe que de pratiquer ce genre de manœuvre. Pourtant il ne pouvait nier qu'Hadès, à défaut de se déplacer lui-même, avait envoyé une personne on ne peut plus importante de son Sanctuaire :

- Bien, explique-moi quelle est votre idée si géniale. Bien je sente déjà qu'elle ne me plaira pas du tout, conclut l'Olympien pour le plus grand soulagement de son invité.

Ce n'était pas encore gagné, mais le Dieu de la mort ne perdait pas espoir de convaincre l'irascible frère de son maître.

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Au palais d'Asgard

Hypnos avait exposé à la princesse Hilda la requête de son Seigneur dans un silence religieux.

Flamme, Hagen et Albéric se regardaient maintenant en se demandant s'ils avaient vraiment saisi ce que désirait Hadès.

Hilda était plus que surprise mais ne fit aucun commentaire. Elle avait un Dieu, au service d'Hadès certes mais craint de beaucoup d'Olympien, en face d'elle et se voyait mal le contrarier en quoi que soit. Néanmoins, elle ne pouvait prendre une telle décision sans prendre conseil auprès d'Odin :

- Je me vois dans l'obligation de différer ma réponse à la requête du Seigneur Hadès, dit-elle donc.
- Je comprends. Vous devez d'abord en référer au vôtre, c'est on ne peut plus normal, répondit Hypnos. Puis-je également vous suggérez une chose ? demanda-t-il.
- Bien sûr, vos conseils sont les bienvenus, Seigneur Hypnos.
- Vous pourriez contacter votre amie Athéna. Certains de vos guerriers se trouvent à son Sanctuaire si je ne me trompe ?
- C'est exact, répondit-elle. Mais quel rapport avec ce qui vous amène ?
- C'est simple, à l'heure où je vous parle, sa Majesté Hadès doit s'y trouver tout comme mon frère présente également à Poséidon cette invitation… si toutefois vous acceptez cette requête.

Hilda échangea un regard avec Albéric. Il était en l'absence de Siegfried celui qui avait le plus de savoir et l'intelligence la plus vive, aussi comptait-elle instinctivement sur lui pour répondre le plus poliment du monde à son invité et lui expliquer le fond de sa pensée :

- Seigneur Hypnos, commença Albéric, vous comprenez les obligations de notre Princesse et nous vous en remercions, commença-t-il en jetant un coup d'œil à Hilda qui l'encouragea du regard à continuer. Notre petit royaume d'Asgard est magnifique et pour rien au monde, nous ne souhaiterions nous dérobez au rôle qui est le notre dans l'équilibre de cette Terre. Mais il se suffit à peine à lui-même et nous ne pouvons en aucun cas mécontenter notre Seigneur ou celle qui veille au bien-être du maintien de l'équilibre sur cette planète en nous portant assistance.

Hypnos lui coula un regard qui aurait fait se damner un saint, tellement le petit discours le ravi et lui parut on ne peut plus limpide. En clair et sans décodeur, tout Dieu que vous soyez, seul Odin en premier lieu et Athéna en second auraient le dernier mot.

Albéric se sentit soudain pris à son propre piège sans vraiment en comprendre la raison, le regard de son interlocuteur semblait s'être fait un instant nettement plus insistant :

- Nous pouvons vous proposer de séjourner un peu ici, dans notre humble palais en attendant la réponse, continua-t-il néanmoins sous le regard approbateur d'Hilda.

- J'accepte avec joie, sourit Hypnos. Mais j'aimerais autant profiter de ce séjour pour découvrir le véritable Asgard dont vous vantez si bien les mérites…
- J'ai peur de ne pas saisir votre désir, répondit Albéric de plus en plus mal à l'aise.

C'est vrai qu'à ce jeu, Hypnos avait quelques longueurs d'avances, aussi ménagea-t-il son effet en regardant distraitement autour de lui avant de répondre :

- Votre demeure, Albéric de Megrez, sera tout aussi confortable et d'autant plus instructive, si vous acceptez de me servir de guide sur vos terres d'Asgard.

Le guerrier divin eut l'impression que si toute la meute de Fenryl avait refermé ses mâchoires sur lui, il n'aurait pas été aussi broyé. Le regard or s'accrochait au sien et son propriétaire s'avérait être un bien plus dangereux prédateur, faisant passer les loups de sont pair pour de gentils toutous de compagnie.

Malgré tout, il ne pouvait se résoudre à perdre si facilement la face en refusant tout de go cette incursion dans sa vie privée aussi réfléchit-il à toute vitesse.
Hilda sentit son hésitation et s'apprêtait à venir à son secours, mais son guerrier reprit la parole avant son intervention :

- Je suis surpris autant qu'honoré par votre demande. Je mettrai un point d'honneur à réaliser vos désirs si cela est en mon pouvoir.

Hypnos retint un sourire satisfait et se contenta d'un de façade et d'un bref hochement de tête en se levant pour suivre le jeune homme dans les profondeurs du Palais, après avoir salué la représentante des lieux.

Tous mes désirs ? Tu n'as pas idée de l'étendue de ceux-ci mon cher guerrier divin, pensait-il en regardant avec envie la chute de rein de son guide.

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Au Sanctuaire d'Athéna, temple du Taureau

Shura et Aldébaran étaient en pleine discussion autour d'une partie de cartes dont l'enjeu était le corps de l'autre, quand ils ressentirent tous deux le danger qui se profilait dans le temple du Bélier.

D'un même geste, ils se dressèrent et l'armure du Taureau sortit de son urne :

- Remonte chez toi Shura ! ordonna son porteur sans le regarder.
- Aldé, je peux…
- Non, ta place n'est pas ici ! le coupa son amant.

Shura hésita une seconde, mais il avait raison. Sa place était dans son temple en cas d'attaque du Sanctuaire. Il attrapa son visage entre ses mains et lui arracha un baiser avant d'y partir à la vitesse de la lumière, comme tous les chevaliers d'or qui avaient senti le cosmos étranger et qui ne se trouvaient pas déjà dans le premier temple.

Une fois arrivé, il enfila son armure et pensa alors qu'en cas d'attaque, il devrait attendre patiemment ici sans savoir ce que devenait celui qui était à présent si important à ses yeux et qui serait dans les premiers à contrer la menace.

Oh bien sûr, il n'était pas le seul dans ce cas, loin de là. Mais jamais il ne s'était imaginé avoir à supporter cette incertitude quant à la survie éventuelle de celui qui partageait aujourd'hui son quotidien.

Brutalement, Shura réalisa à quel point ces derniers mois n'avaient été qu'une parenthèse bien fragile dans leur vie à tous les deux. Parenthèse qu'ils avaient vécue à cent pour cent, sans s'inquiéter une seule fois du lendemain. Les jours succédaient aux nuits torrides, chaque geste de la vie quotidienne devenait un prétexte à mettre en jeu une nouvelle étreinte.

La menace d'un danger imminent remettait violemment en cause le mode de vie qu'ils avaient mené depuis plus de six mois. Ils avaient tant à rattraper, tant à faire pour profiter au maximum l'un de l'autre qu'ils en avaient peut-être oublié l'essentiel….

Et le Capricorne commença à faire les cents pas dans son temple, attendant avec une angoisse grandissante la fin de cette alerte et commençant à recenser toutes les choses importantes qu'il avait à dire ou à mettre en place pour leur futur à tous les deux. Car si une chose était certaine dans son esprit, c'était qu'il n'envisageait plus son avenir sans Aldé.

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Temple du Bélier

Le temps semblait s'être figé. Tous les chevaliers d'or présents n'ayant encore jamais vu Hadès, découvraient avec stupeur la troublante ressemblance du Dieu des Ténèbres et d'Andromède, dont les regards s'étaient accrochés l'un à l'autre. Leurs deux cosmos semblaient se livrer une bataille muette.

Hadès avait beau faire, le chevalier ne baissait pas les yeux. Son incroyable volonté, qu'il avait déjà expérimentée, semblait encore plus soutenue que pendant son séjour aux Enfers.

Shun résistait à sa pression de plus en plus difficilement quand son cosmos reçut soudain un apport qui le raviva et qu'il n'eut pas besoin de chercher à identifier. Juste derrière lui se tenait Kanon.

Hadès tiqua légèrement. Il s'attendait à voir apparaître les autres chevaliers de bronze qu'il avait déjà combattus, mais sûrement pas un de ceux-là. Il regarda plus attentivement celui qui venait d'intervenir dans leur combat silencieux et faillit presque se trouver déstabilisé par l'unité parfaite qu'offrait leurs deux cosmos. Athéna était-elle parvenue à ce prodige ?

Il sourit et décida de vérifier ce qu'il venait de découvrir autrement que par la force. Il prit donc la parole, baissant la tension engendrée par leur rencontre :

- Je suis ravi de constater que les chevaliers de ma nièce sont toujours aussi combatifs que par le passé, dit-il en laissant peu à peu son cosmos revenir à la normale.

Andromède ne pouvait pas décemment ignorer la tentative de trêve que lui proposait le Dieu :

- N'êtes-vous donc pas venu ici en ennemi ? demanda-t-il septique.
- Non, je suis seul comme tu peux le constater.

Shion s'approcha alors :

- Si ce que vous dites est vrai, puis-je m'enquérir du but de votre visite imprévue ? demanda-t-il en faisant signe à ses deux chevaliers de reculer.
- J'ai besoin de m'entretenir de toute urgence avec ma nièce, répondit le Dieu qui n'eut besoin que d'un regard pour jauger celui qui venait de prendre la parole. Si vous êtes celui que je pense, faites-le lui savoir le plus rapidement possible, finit-il.
- Athéna sait déjà que vous êtes en ce lieu et me prie de vous conduire jusqu'à elle, reprit le Grand Pope qui n'avait cessé de communiquer avec sa Déesse et Dohko pendant tout l'affrontement qui avait opposé le Dieu à Andromède. Si vous voulez bien me suivre, dit-il en l'englobant de son cosmos et en les faisant tous deux disparaître aux yeux des autres.

Dohko prit la parole dès qu'ils eurent quittés le temple :

- Andromède, remonte au palais rejoindre tes frères d'armes qui sont déjà avec Athéna ! Les autres vous restez dans vos temples jusqu'à nouvel ordre ! ordonna-t-il en prenant le chemin du sien, pendant que Shun courait déjà vers le palais.

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Sur la plage

Loin de toute cette agitation, Fenryl et Siegfried faisaient une dernière balade. Leurs deux pairs avaient préféré se rendre en ville pour ramener des souvenirs de Grèce dans leur petit royaume. Leur départ avait été décidé pour le lendemain matin.

Siegfried aurait volontiers accompagné Bud et Syd en ville mais il avait senti le besoin de calme de son compagnon et lui avait donc gentiment proposé cette promenade. Ils s'installèrent à l'ombre de quelques rochers pour regarder les flots si calmes de la méditerranée.

Fenryl semblait perdu dans ses pensées et restait silencieux admirant les vagues venant mourir calmement à quelques mètres d'eux. Il ne remarqua pas que depuis un bon moment son compagnon contemplait un tout autre spectacle et fut étonné de surprendre l'intensité de son regard sur lui. Le maître des loups avait bien évidement des sens hyper aiguisés, peut-être plus que ses homologues à force de vivre aux milieux de ses animaux, mais il avait rarement eu l'occasion de tester ses capacités sur les humains.

Ce regard lui confirmait ce qui avait maintenant pris forme dans son esprit sur sa relation avec Siegfried. Il pouvait sentir la caresse de ses yeux se promener allègrement sur les différentes parties de son visage et s'arrêter tour particulièrement sur ses lèvres. Il se rappelait vaguement avoir obligé le Dragon à faire ce genre d'échange avec lui, mais n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu en tirer à ce moment.

Un lointain souvenir lui revint. Son père et sa mère, au temps des jours heureux, faisaient souvent ce geste que l'enfant qu'il était encore ne comprenait pas, mais qui semblait leur procurer énormément de plaisir. Peut-être pouvait-il essayer…

Siegfried était bien loin de se douter du cheminement qu'avaient pris les pensées de Fenryl. Il se gavait de son profil racé qu'il avait l'occasion d'examiner tout à loisir vu qu'ils étaient seuls. Il ne doutait plus guère d'arriver à lui faire prendre conscience de ses sentiments avec le temps. Fenryl avait si longtemps vécu en la seule compagnie de ses loups qu'il était difficile pour lui de faire un pas aussi rapide vers des relations humaines, surtout si celles-ci sortaient un peu des sentiers battus.

Aussi ne s'attendait-il pas du tout à ce que dernier se tourne brusquement vers lui et tout aussi vivement vienne poser ses lèvres sur les siennes. Il en resta un instant saisi de stupeur mais entreprit de rapidement corriger un peu son inexpérience et passa sa main derrière sa tête pour prendre la direction de ce baiser quelque peu sauvage.

Fenryl en était à se demander ce que pouvait bien apporter ce genre de chose quand les lèvres de son ami se mirent en mouvement en entamant une douce caresse sur les siennes qui le fit gémir malgré lui. Il y répondit maladroitement et sentit son corps se couvrir de frissons. Alors c'était ça l'effet ? C'était plutôt agréable pensa-t-il en fermant les yeux, laissant les différentes sensations l'envahir doucement.

Siegfried ne prolongea pas le chaste baiser trop longtemps et recula un peu pour l'observer qui rouvrait les yeux :

- Alors c'est ça un baiser... J'ai des lointains souvenirs de cette chose mais je ne me rappelais pas que c'était aussi… bon, dit-il.
- Et ça peut l'être bien plus encore. Mais rien ne nous presse maintenant, répondit le guerrier d'Alpha en se levant. Rentrons…

Le maître des loups le suivit en souriant. S'il ignorait encore beaucoup de choses sur les relations humaines, il savait que son pair venait de décider de partir pour ne pas précipiter les choses avec lui. Après tout les hommes ne devaient pas être si différents des animaux face à l'appel de la nature, pensa-t-il en glissant sa main dans celle de Siegfried. Lui aussi voulait prendre son temps maintenant qu'il cernait un peu mieux ce que pouvait apporter ce genre d'échange.

A suivre…