Voici la suite, désolée de l'attente, semaine occupée...
Merci pour vos commentaires,
Peyton: Ce fut un plaisir de satisfaire ta curiosité. Ravie que le chapitre t'aie plu....
Bonne lecture,
Lyana
Chapitre 21: Complications
Gibbs entra dans la petite chambre et se heurta à une Samy d'humeur massacrante. Il s'en doutait, vue la conversation qu'il venait d'avoir avec Ziva. Il prit place sur le bord du lit, déposa les sucreries sur la table de nuit et se pencha au dessus de la fillette pour lui donner un baiser sur le front. Celle-ci n'eût aucune réaction et ferma les yeux, déterminée à ignorer son visiteur. Ce dernier soupira et posa la peluche près d'elle.
« Je l'ai retrouvé hier dans une boîte dans le sous-sol, commença-t-il d'une voix très douce et indiquant d'un mouvement le petit cheval. »
Samy jeta un regard curieux au petit animal tout doux posé contre son bras. Il était adorable, un petit cheval brun avec un étoile blanche sur le front et une crinière noire ébouriffée qui lui donnait un air espiègle. Elle le prit dans ses mains et le regarda longuement. Il était en parfait état, mais n'avait pas l'air d'une peluche neuve, il était un peu comme Doubby. Son pelage était encore très doux, même s'il semblait un peu usé par endroit. Elle se rappelait comment Sarah avait trimbalé Doubby partout avec elle et combien elle en prenait soin. Ce petit cheval avait une histoire, comme l'ourson de Sarah. Curieuse elle leva les yeux vers Gibbs et lui demanda finalement, sortant de son mutisme :
« Il était à qui ?
- À une petite fille que j'aimais beaucoup, fit-il simplement.
- La petite fille des photos ?
- Quelles photos ?
- Dans la boîte « Strawberry Shortcake », je ne voulais pas fouiner, mais je suis tombée dessus en cherchant de quoi dessiner l'autre jour. C'était sa maman avec elle, hein ?
- Oui, c'était ma petite fille Kelly et sa maman, lui répondit l'ex-marine, masquant à peine son émotion. »
Le geste que posa la fillette ensuite prit Gibbs par surprise. Elle passa ses bras autour de son cou et l'embrassa sur la joue avant d'ajouter :
" Elle avait beaucoup de chance d'avoir un papa comme toi. Celui qui leur a fait ça, j'espère qu'il ne peut plus faire de mal à personne. Sur l'article de journal, il disait qu'il ne l'avait jamais retrouvé. Ce n'est pas juste. »
Il resta un moment silencieux, puis comprit que la petite avait du tomber sur les articles de journaux parus à l'époque relatant le drame. Elle était futée, elle avait fait la connexion.
" Non ce n'est pas juste, mais il ne fera plus jamais de mal à personne, pas plus que ceux qui t'on arraché Sarah, lui répondit-il en la serrant contre lui.
- Tu crois qu'elles sont ensemble, au ciel ? interrogea-t-elle alors. Je veux dire, Kelly et Sarah ? Parce que même si Sarah retrouve Papa et sa Maman, elle n'aura personne pour jouer et elle a toujours été timide.
- Je suis certain que Kelly va veiller sur elle, comme tu le faisais.
- Hmmm, je crois aussi. En échange, je vais prendre soin de… comment il s'appelle ? demanda la fillette en désignant la peluche.
- Butterscotch.
- C'est un joli nom pour un cheval. J'ai toujours aimé les chevaux. Il y en avait tout un troupeau sauvage dans les collines près de la maison, là-bas en Israël. Ils étaient tellement beaux, libres et fiers. Papa disait que l'esprit d'un cheval sauvage ne pouvait pas être dompté. Ceux qui capturent les cheveux sauvages le savent. Certains se laissent apprivoiser, parfois monter, mais en lui, le cheval qui a connu les grands espace et la liberté ne devient jamais vraiment un vrai cheval domestique, il reste toujours en lui quelque chose de différent. Papa m'avait promis de m'apprendre à monter un jour, mais il n'en a jamais eu le temps.
- Je t'apprendrai, si tu en as toujours envie, répondit Gibbs, se remémorant certains de ses plus beaux souvenirs.»
Ils furent interrompus par l'arrivée du médecin qui examina Samy, nota quelques informations sur le dossier qu'il tenait à la main et il sortit. Gibbs resta auprès de Samy un moment, jusqu'à ce que son portable ne sonne. Il devait se rendre sur une scène de crime au plus vite. Il embrassa la petite fille sur le front, lui promettant de repasser dans la soirée. Elle semblait moins énervée que lorsqu'il était arrivé, mais à la façon dont elle serrait contre elle le petit cheval en peluche et dont elle jouait nerveusement dans sa crinière, il pouvait dire qu'elle était toujours tourmentée par quelque chose. Il ne pouvait qu'espérer que Ziva repasse rapidement. Il la serra contre lui une dernière fois, l'assurant que la jeune israélienne passerait la voir bientôt et qu'elle ne serait pas toute seule longtemps. La vague de tristesse qui apparut dans le regard de la fillette à l'évocation de la jeune femme n'échappa pas à l'agent observateur qu'était Gibbs. Il regarda la petite fille dans les yeux et lui dit doucement :
« Tu sais, elle t'aime beaucoup, ne doute jamais de cela. Repose-toi et ne t'en fais pas, on ne va pas te laisser tomber. »
La petite hocha lentement la tête et l'ex-marine quitta l'hôpital.
Ziva arriva à l'hôpital au milieu de l'après-midi. Elle se pressait vers la chambre de la fillette, impatiente de la voir. Elle avait mis beaucoup plus de temps que prévu pour revenir et elle espérait que Samy ne lui en voudrait pas. Elle était passée cherchez quelques unes de ses affaires car comme l'affaire Knowles était maintenant classée, la maison de son père adoptif n'était plus une scène de crime et la jeune israélienne y avait eu facilement accès. Elle lui avait rapporté certaines choses que la fillette avait mentionnées plus tôt dans la semaine ainsi que des vêtements pour qu'elle puisse finalement quitter le pyjama que Ziva lui avait acheté quelques jours auparavant. Elle avait aussi pris le temps d'aller courir après sa conversation avec Jenny. Elle avait eu besoin de s'éclaircir les idées et de se préparer pour la conversation qu'elle devrait avoir avec Samy. Après une bonne douche, elle avait cuisiné quelque chose pour elle et la petite fille avant d'aller la rejoindre.
Lorsqu'elle atteignit la petite chambre au bout du corridor de l'aile pédiatrique, Ziva resta un instant interdite. Elle fixa quelques instants le petit lit parfaitement fait. La pièce était immaculée, comme si personne ne l'avait jamais occupée. Une vague d'angoisse l'assaillit et elle se dirigea en courant vers le poste de garde. Elle interrogea alors l'infirmière assise derrière le comptoir d'une voix pressante:
« Samy Knowles, où est-elle ?
- Elle a obtenu son congé il y a environ deux heures, lui répondit l'infirmière sans lever les yeux de son dossier.
- Vous n'avez pas répondu à ma question, où est-elle, répéta la jeune israélienne d'un ton où pointait la colère.
- Ça ne me regarde pas, répliqua la femme, levant cette fois la tête vers son interlocutrice. Une assistante sociale l'a emmenée. Où ? Je n'en sais rien et ce ne sont pas mes affaires. »
De rage, la jeune femme frappa sur le comptoir, faisant sursauter l'infirmière, avant de se retourner et de se diriger vers la sortie. Elle devait retrouver la petite, il le fallait.
« Mademoiselle, interpella alors un voix derrière elle, Mademoiselle ! »
La jeune femme stoppa et se retourna vers celle qui l'avait appelée.
« Mademoiselle, continua une jeune infirmière qui l'avait finalement rattrapée, je ne sais pas exactement où ils l'ont emmenée, mais ils ont parlé d'un foyer de groupe pour un certain temps.
- Vous avez vu qui l'a emmené ?
- Oui, c'est la même femme qui est venue plus tôt ce matin. Elle a attendu que l'autre homme soit parti et dès qu'elle a vu le médecin, elle a réglé les papiers et elle l'a emmenée. Et tenez, j'oubliais, ajouta-t-elle en lui tendant l'ours en peluche, elle l'a fait tombé en partant.
- Merci, fit simplement Ziva en prenant l'ourson. »
Serrant la peluche contre elle, elle s'empressa de rejoindre sa voiture. Elle devait parler aux services sociaux. Samy ne pouvait pas aller en foyer de groupe, pas avec ses cauchemars et tout ce qu'elle avait traversé. Elle avait besoin de calme et de stabilité pour guérir complètement. Merde, mais à quoi ces idiots ont pensé ? ragea-t-elle en tentant de sortir son portable de sa poche.
Tony glissa le film dans le lecteur avant de rejoindre sa partenaire sur le sofa. Lorsqu'il avait appris la nouvelle, il s'était empressé de la rejoindre chez elle. Les services sociaux avait refusés qu'elle Samy ou puisse lui seulement lui parler. Ils avaient invoqué qu'il serait mieux pour son adaptation au foyer si elle n'avait pas de contact avec elle pour quelques jours. Selon eux, c'était la politique habituelle. Lorsque Tony était arrivé chez la jeune femme plus tôt ce soir-là, il l'avait trouvé dans un état d'énervement qui lui ressemblait peu. Elle, qui était habituellement si calme et qui contrôlait toujours ses émotions, semblait sur le point d'exploser de colère. Le jeune italien avait tenté tant bien que mal de la calmer et, à son plus grand étonnement, s'en était sorti sans aucun dommage. Il lui avait préparé à diner et l'avait tellement enquiquiné pour qu'elle mange qu'elle avait finalement avalé la moitié de son assiette. Ensuite il lui avait fait couler un bain et l'avait poussée dans la salle de bain, l'enfermant là et lui disant de prendre au moins une demi-heure pour relaxer. Elle en avait besoin. Finalement, ils en étaient là, devant L'ennemi aux portes, un bol de pop-corn devant eux.
Quelques heures plus tard, la jeune israélienne sursauta, réveillée par la sonnerie insistante du téléphone. En moins de deux, elle attrapa le combiné sur la table basse. Se faisant, elle poussa involontairement son partenaire qui dormait appuyé contre elle et il se retrouva par terre. Le jeune homme grogna en se frottant les yeux et promena un regard désorienté autour de lui. Le sourire qui s'était dessiné sur les lèvres de la jeune femme devant cette scène plutôt comique s'évanouit aux premiers mots de son interlocuteur.
« Merde ! Mais comment avez-vous pu ! Vous étiez supposés veiller sur elle. J'arrive tout de suite. »
Sur ce elle raccrocha, prit son sac et son arme, avant de quitter l'appartement, poursuivie par un Tony plus que confus.
À suivre...
