POV EDWARD

Papa ?

L'homme en face de moi qui me fusillait du regard était le père de Bella. On peut dire qu'il avait le sens du timing. La mère de Bella était bien plus accueillante. Elle souriait. Je pense qu'elle se moquait de nous mais quand même, elle souriait.

« Papa, Maman ! Vous ne m'aviez pas dit que vous veniez ! » dit Bella d'une voix tendue.

« On voulait te faire une surprise, ma chérie. » répondit sa mère.

C'était réussi, il fallait bien l'avouer. Comme Bella ne réagissait pas, je m'avançai pour me présenter. Je tendis la main vers le père de Bella. Il me la serra avec beaucoup de force au point que mes doigts craquèrent.

« Monsieur Swan, je m'appelle Edward Cullen. »

« Chef Swan. » me corrigea-t-il en relâchant ma main.

Je luttai contre l'envie de rétablir la circulation dans ma main. Je ne voulais pas passer pour une mauviette devant le père de Bella.

« Papa ! » dit Bella à travers ses dents.

« Quoi ? » répondit celui-ci en se renfrognant.

« Tu n'es le chef de la police qu'à Forks. Ici, tu n'es pas le Chef Swan mais Charlie Swan. »

Depuis quand son père est chef de la police ? oh mais attendez … il a un flingue ! Adieu monde cruel.

« Si tu le dis. Bon, tu n'embrasses plus ton vieux père ? »

Bella partit prendre son père dans ses bras. Durs à comprendre ces deux-là…

« Je m'appelle Renée. » dit la mère de Bella. Je lui tendis la main mais elle me prit dans ses bras.

« Maman ! Maman ! Tu pourrais lâcher mon petit ami s'il te plaît ? C'est vachement embarrassant ! » rouspéta Bella.

Renée me lâcha à ma plus grande joie parce que, oui, c'était embarrassant tout de même.

Bella présenta les autres à ses parents, me laissant quelques minutes de répit. Enfin, pas vraiment. Si Charlie Swan avait eu des fusils à la place des yeux, je ressemblerais à une passoire.

« Bella, chérie, est-ce qu'on peut avoir les clés de chez toi ? On voudrait déposer nos valises pour aller se promener le temps que tu finisses de travailler. Je suis sûre que tu as plein de choses à nous raconter. » dit Renée.

Bella me jeta un regard paniqué que je ne pus que lui rendre. Qui allait m'étrangler le premier : Charlie ou Alice ? Bella se dévoua pour larguer la bombe.

« En fait, j'ai changé d'adresse. J'habite avec Edward maintenant. » dit-elle d'une voix prudente.

Son père me regarda encore plus noir qu'avant. Je n'osai pas regarder ma sœur. Je l'avais entendue hoqueter mais je ne m'étais pas retourné.

« On va vous déposer. » dis-je, désireux de quitter le studio le plus vite possible.

Bella sortit la première suivie de ses parents. Juste avant de quitter la pièce, je me retournai vers Alice. Elle ne m'adressa pas la parole mais de passa le doigt sous la gorge pour me faire comprendre que oui, j'étais foutu. Bella et moi on allait le payer cher. Très cher même.

Bella monta à l'arrière de ma Volvo avec sa mère tandis que Charlie prit la place du mort. Mauvais augure. Lorsque je conduis, je suis très sûr de moi et je respecte rarement les limitations de vitesse mais étrangement, le fait d'avoir un flic qui se trouve être aussi le père de votre copine vous pousse à rouler tout doucement.

« Ca coûte cher ce genre de voiture. » dit le père de Bella, l'air de rien.

Il s'adressait à moi. Nous étions en bonne voie. Je hochai la tête.

« Personnellement, je ne comprends pas les gens qui mettent autant d'argent dans leur voiture. » rajouta-t-il, acide.

Reste zen, Edward. Respire et souris.

« Mes parents me l'ont offerte pour fêter mes dix-huit ans. » dis-je calmement et aimablement.

Tout ce que j'obtins en retour, c'est un grognement. Bella et sa mère bavardaient tranquillement à l'arrière même si je sentais le regard de Bella sur Charlie et moi. Et dire qu'ils allaient loger avec nous…

« Ton appartement est magnifique, Edward. » me complimenta Renée.

« Merci madame Swan. »

« Renée. Pas de madame Swan, ça me donne dix ans de plus. » me corrigea-t-elle en riant.

Au moins une qui n'avait pas des envies de meurtre à mon encontre.

« C'est trop grand. » râla Charlie.

« J'aime beaucoup la peinture que tu as choisie. » dit-elle encore.

« C'est trop sombre. » critiqua son mari.

Il commençait à me gonfler. Quoique je fasse, il me rembarrait.

« C'est moi qui ai choisi la peinture. Merci papa. » rétorqua Bella.

« Oh. »

Son père avait l'air calmé. Jusqu'à quand ?

Les parents de Bella montèrent dans son donjon. Ils y dormiraient durant leur séjour puisqu'on y avait mis un canapé-lit. Nous étions enfin seuls. Bella s'approcha de moi et se serra contre moi. Je lui ouvris les bras bien volontiers.

« Je suis désolée, Edward. Je ne savais pas qu'ils débarqueraient comme ça. »

« Je suis content de connaître enfin tes parents, Bella. C'est pas grave. »

« Tu ne vas pas dire ça longtemps. Ma mère est bavarde et passe du coq à l'âne à la vitesse de la lumière. Et mon père a un sale caractère. Il peut être très têtu quand il l'a décidé… »

« Je vais survivre, ne t'en fais pas. J'ai grandis avec Alice, tu te rappelles ? »

« Alice est une enfant de cœur à côté de mes parents. Tu verras, dans moins de 24 heures, tu auras envie de les tuer et moi avec. Dès qu'ils sont là, je régresse ! »

« Je t'aime, ok ? Rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis sur la question. »

« Moi aussi je t'aime. »

Ses mains descendirent sur mes hanches et les miennes sur ses jolies fesses tandis que nous nous embrassions passionnément.

« Nom de Dieu ! Renée, dis lui d'enlever ses mains des fesses de mon bébé ! »

La voix plaintive et en même temps énervée de Charlie nous fit sursauter. J'accumulais les mauvais points avec lui à la vitesse grand V. Si je continuais comme ça, l'un d'entre nous sortirait de l'appartement les pieds devant et j'étais sûr que ce serait moi.

« Chéri, ta fille est majeure et vaccinée. Ce n'est plus un bébé. De plus, elle n'a pas l'air de se plaindre. » répondit Renée.

« Merci Maman. »

Bella avait les joues rouges mais ne m'avait pas lâché.

« Vous ne deviez pas aller visiter la ville ? » interrogea Bella.

« Si, si. On y va. Ne nous attendez pas. » dit sa mère avec bonne humeur en entraînant son mari, qui n'avait pas l'air enchanté par l'idée, vers la porte.

« Ouf ! » s'exclama Bella en se laissant tomber dans le canapé après leur départ.

« Ton père me déteste, c'est officiel ! » soupirai-je en prenant place à côté d'elle.

« Mais non ! »

« Mais si ! »

« Il est comme ça parce qu'il ne te connaît pas, c'est tout. Ça va s'arranger dès que vous aurez fait connaissance. J'en suis sûre. »

Presque une semaine plus tard, la situation ne s'était pas arrangée. Du tout. Je m'entendais très bien avec la mère de Bella. D'accord, elle était parfois assez exubérante et ne savait pas s'arrêter de parler. Charlie me détestait comme au premier jour. Quoique je dise ou que je fasse, ce n'était pas assez bien. Avec ma propre famille, ce n'était pas mieux. Alice nous en voulait à mort et nous parlait par l'intermédiaire de Rosalie ou de Jasper. En parlant de lui, ma situation le faisait littéralement pisser de rire, tout comme mon frère. Jasper n'avait jamais eu ce genre de souci avec mon père puisqu'il le connaissait depuis presque toute sa vie. Me voir me faire rembarrer par le père de Bella les faisait jubiler.

Les repas me semblaient durer des heures et à chaque fois, je me retrouvais à manger juste en face de l'homme qui aurait bien voulu me tuer. Bella faisait ce qu'elle pouvait pour m'aider mais ça ne servait à rien. En plus, elle aussi m'en voulait un peu. Je ne l'avais pas touchée de la semaine. Ce n'est pas que je ne le voulais pas mais la présence de son père dans la pièce d'à côté me coupait tous mes moyens. Charlie Swan me foutait les jetons.

Comme les autres jours, j'avais réussi à éviter Charlie au petit déjeuner. Facile : il suffisait de se lever avant lui et de partir bosser le plus vite possible. Bella avait suivi mon exemple. Ce matin, nous étions les premiers arrivés. Profitant de ces quelques minutes de tranquillité, nous nous enfermâmes dans la salle de mixage. Le bruit de la porte interrompit notre baiser. Nous sortîmes pour rejoindre les autres.

Nous nous attendions aux moqueries habituelles mais rien ne vint. Au contraire, ils avaient l'air grave, ce qui est un exploit pour Jasper. C'était tellement exceptionnel que ça m'inquiétait.

« Vous en faites une de ces têtes ! » s'exclama Bella.

Comme personne ne répondait, elle fronça les sourcils.

« Les gars, qu'est-ce qui se passe ? »

Toujours pas de réponse.

« Vous me faites peur ! Qu'est-ce qui se passe ? »

Alice se dévoua. Elle tendit à Bella un magazine ouvert. Bella le prit et commença à lire. Plus elle avançait dans sa lecture, plus elle devenait livide. Une fois qu'elle eut terminé, elle se laissa tomber dans le canapé et lâcha le magazine qui tomba au sol. Je le ramassai et lus l'article.

La vérité sur Bella Swan.

Isabella Swan est la nouvelle coqueluche des ondes de radio et une des meilleures vendeuses de disques de l'année. Elle est discrète, souriante et timide. Mais elle n'a pas toujours été ainsi. Selon son ancien producteur Aro Volturi, Bella ment à son public. « Bella est une hypocrite et une menteuse. Lorsqu'elle travaillait avec moi, c'était une toxicomane et j'ai du mal à croire qu'elle ait pu s'en sortir. J'ai essayé plusieurs fois de la tirer de l'enfer de la drogue pour qu'elle arrête de se faire du mal mais je n'ai pas réussi. Elle s'est mise à sortir avec beaucoup de garçons. Elle est partie lorsqu'elle est tombée enceinte. Elle a abandonné l'enfant parce qu'elle était incapable de s'en occuper. C'est pour ça qu'elle s'est absenté deux ans. Je ne lui en veux pas d'avoir rompu son contrat avec moi. Elle fait croire à tout le monde qu'elle a changé mais c'est faux. Elle en est persuadée c'est ça le plus triste. Tout mon soutien va à sa famille et à sa nouvelle équipe de production. »

Nous avons aussi interrogé son ex petit ami, le rappeur Jacob Black. Le portrait qu'il fait de la demoiselle n'est pas plus reluisant.

« Bella est une gamine capricieuse qui ne sait pas ce qu'elle veut. Elle impose ses choix à ses collaborateurs, bien obligés de suivre. C'est la personne la plus froide que je connaisse. Je me demande même si elle n'est pas frigide. Elle n'a jamais voulu s'investir vraiment dans notre relation, si vous voyez ce que je veux dire. »

Alors, qui est la vraie Bella Swan ? La fille parfaite qu'on nous montre ou son double maléfique ? »

Je n'avais pas pu lire l'article jusqu'à la fin. Je bouillais de rage. Si jamais je mettais la main sur Black et Volturi…

Bella était toujours dans le canapé à fixer le sol. Je m'agenouillai devant elle. Délicatement, je relevai son visage.

« Bella ? »

Ses yeux s'ancrèrent dans les miens, pleins de douleur et de tristesse.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle d'une voix tremblante. « Qu'est-ce que je leur ai fait ? Pourquoi ils ne me lâchent pas ? »

Je ne savais pas quoi lui répondre.

« Parce que ce sont des trous du cul ! » s'écria Alice, énervée.

Bella se dégagea de mon emprise et se leva. Elle se mit à aller et venir nerveusement. Nous la laissâmes faire, impuissants.

La cruauté de Volturi me laissait sur le cul. Sous prétexte que ce connard ne supportait pas son échec avec Bella, il se croyait permis de l'écraser. Il voulait montrer sa supériorité au monde entier et Black avec lui. C'était une putain de déclaration de guerre. Il voulait la guerre, il l'aurait.

« Edward, est-ce que tu peux me ramener à l'appartement s'il te plait ? Je ne suis plus d'humeur à travailler. » me demanda Bella.

« Bien sûr. Est-ce que tu peux aller m'attendre dans le hall ? J'ai deux trois trucs à faire. »

Elle hocha la tête et sortit. Aussitôt je me tournai vers Rosalie.

« Rosalie, je veux savoir où ce salopard de Volturi se trouvera demain soir. Utilise tes contacts. Si tu peux, cherche aussi où ira Black. »

« Qu'est-ce que tu vas faire, Ed ? » dit-elle, méfiante.

« Aller le remercier comme il se doit. » répliquai-je, implacable.

« Mais… »

« Rose, fais ce qu'il te demande. » la coupa Emmett.

« C'est une mauvaise… »

« Si c'était toi, tu crois que je resterais sans rien faire ? » insista mon frère.

« Non. »

« Ed, on marche avec toi. »

« On trouve où ces deux abrutis passent la soirée. J'ai un plan. Les filles, est-ce que vous pourrez rester avec Bella ce soir ? Je ne veux pas qu'elle reste toute seule. »

« Sans problème. » affirma Alice.

Bella resta silencieuse jusqu'à ce que nous entrions dans l'appartement. Les parents de Bella étaient là. En quelques mots, nous leur racontâmes ce qui se passait. Seul Charlie lut l'article. Ses yeux étaient tellement noirs que je me réjouissais de ne pas être la cause de cette colère. Renée emmena Bella dans la chambre pour qu'elle soit au calme. Charlie faisait les cents pas. Sa colère était presque palpable.

« Je veux leur faire payer. » balançai-je tout à trac.

Charlie s'immobilisa et fixa toute son attention sur moi.

« J'ai un plan. Ils s'en sont pris à la mauvaise personne. »

« Pourquoi tu me le dis ? »

« Pour plusieurs raisons. La première, c'est parce que vous voulez leur faire ravaler leurs conneries sur Bella au moins autant que moi. La deuxième, parce que ça fait des années que je rêve de rembarrer Volturi. Et la troisième, parce que mon plan n'est pas légal. »

« Tu t'adresses à qui ? Au flic ou au père ? »

« Les deux. Qu'est-ce que vous décidez ? »

« Le chef Swan te dirait que c'est une très mauvaise idée qui risque de t'envoyer au commissariat. »

« Et Charlie ? » continuai-je.

« Il te demanderait si tu as besoin d'un coup de main. »

« Donc ? »

« C'est quoi ton plan ? »

Bella passa une mauvaise nuit. Enfin, elle ne passa pas une mauvaise nuit puisqu'elle ne se coucha pas. Elle avait pris sa guitare et s'était installée face à la fenêtre. Elle n'avait pas beaucoup parlé avec ses parents de l'article. Ils n'avaient pas cherché à lui faire dire ce qu'elle ressentait. Moi si. J'étais monté la rejoindre dans ce qui était maintenant notre chambre.

« Hey. » fis-je en m'allongeant à côté d'elle.

« Hey. »

« Ca va ? »

« J'ai déjà connu mieux. » avoua-t-elle.

Elle se colla à moi. J'ouvris les bras et la serrai contre moi.

« Ils ont menti. » souffla-t-elle.

« Je sais. » la rassurai-je.

« Ton père est au courant ? »

« Alice lui a téléphoné. »

« Super ! » dit-elle d'une voix peu enthousiaste.

« Bah, dis-toi que je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. Tu ne pourras jamais faire pire que moi ! » plaisantai-je.

Ma remarque la fit sourire légèrement. Nous nous étions couchés ensemble mais lorsque je m'étais réveillé, j'étais tout seul dans le lit. Tendant l'oreille, je captai des accords de guitare. Je jetai un coup d'œil au réveil : 1 heure du matin. je sortis de la chambre pour aller rejoindre Bella. Je découvris Charlie, assis en haut de l'escalier, appuyé contre le mur. Sans un mot, je m'asseyai à côté de lui.

« Elle est là depuis des heures. » souffla-t-il. « Ecoute. »

I want to paint my face

And pretend that I am someone else

Sometimes I get so fed up

I don't even want to look at myself

But people have problems that are worse than mine

I don't want you to think I'm complaining all the time

And I hate the way you look at me I have to say

I wish I could start over

I am slowly falling apart

I wish you'd take a walk in my shoes for a start

You might think it's easy being me

You just stand still, look pretty

Sometimes I find myself shaking

In the middle of the night

And then it hits me and I can't

Even believe this is my life

But people have problems that are worse than mine

I don't want you to think I'm complaining all the time

And I wish that everyone would go and shut their mouths

I'm not strong enough to deal with it

( Traduction: je veux peindre mon visage et prétendre que je suis quelqu'un d'autre. Quelques fois, j'en ai tellement marre, je ne veux même pas me regarder moi-même mais les gens ont des problèmes plus graves que les miens. Je ne veux pas que vous pensiez que je me plains tout le temps et je déteste la façon dont vous me regardez. Je dois dire que j'aimerais pouvoir tout recommencer. Je tombe en morceaux tout doucement, j'aimerais que vous marchiez dans mes chaussures juste une fois. Vous devez penser que c'est facile d'être moi, de rester là et d'être jolie. Parfois je me rends compte que je tremble au milieu de la nuit. Ensuite ça me frappe et je n'arrive pas à croire que c'est ma vie. Mais les gens ont des problèmes plus graves que les miens et je ne veux pas que vous pensiez que je me plains tout le temps et j'aimerais que tous ces gens partent et ferment leur bouche, je ne suis pas assez forte pour le supporter.)

Je me sentais si impuissant face à sa souffrance. Lui dire que je comprenais aurait été hypocrite. Je n'étais pas à sa place et je ne le serais jamais. Volturi et Jacob allaient morfler.

« Tout se paye. » murmurai-je.

« Pardon ? »

« Je vous promets qu'ils vont regretter ce qu'ils ont fait. Je me suis renseigné, le magazine qui a publié l'article appartient à Volturi. Je suis sûr que c'est lui qui est à l'origine de ce bordel. »

« Tu me le jures ? »

« Sur la tête de ma sœur Alice. » répliquai-je solennellement.

Charlie hocha la tête et se leva. il jeta un regard en direction du salon, inquiet.

« Je vais rester avec elle. « proposai-je, certain de me faire rembarrer mais ça n'arriva pas.

« Merci. » marmonna-t-il avant de retourner dans sa chambre.

Je descendis l'escalier en faisant suffisamment de bruit pour qu'elle m'entende. Elle se retourna et le va les yeux vers moi. Sans rien dire, j'attrapai un livre et m'installai dans le canapé. Les mots n'auraient servi à rien, sa peine était trop grande. Le seul moyen que j'avais trouvé pour lui montrer mon soutien c'était ma présence. Elle devait avoir compris mon geste parce qu'elle avait repris sa place et recommença encore et encore à jouer sa chanson. Bella était restée avec sa mère presque toute la journée, ce qui m'avait permis de mettre au point avec Charlie ce que j'avais prévu.

Mon téléphone vibra et j'ouvris le texto que Rosalie venait de m'envoyer :

20h30. Club Ibiza. Black est avec lui. Faites attention.

L'information que j'avais demandé à Rosalie était arrivée. Une heure plus tard, elle et Alice arrivèrent avec quelques DVD et une tonne de crème glacée pour une mission « Remontons le moral de Bella ». Nous avions prétexté ne pas vouloir les déranger pour prendre la poudre d'escampette.

« C'est parti. T'es sûre de vouloir faire ça ? » demandai-je encore une fois.

« Mais oui. Je te devais un service de toute manière. »

« Merci Jess. Vraiment. »

« De rien. »

C'était une partie de mon plan. Jess peut parfois être très entreprenante et Aro a toujours eu du mal à résister à une jolie fille. Mon père un jour m'avait dit qu'il trompait sa femme mais qu'il avait toujours été assez malin pour ne pas se faire prendre. Ça c'était avant. Jess devait se débrouiller pour attirer Aro dans ses filets et aller suffisamment loin pour qu'Emmett et Jasper puissent les prendre en photos. Oui, le chantage est illégal mais avec des pourris comme Volturi, y a que ça qui marche.

« Et nous, qu'est-ce qu'on va faire ?' me demanda Charlie.

« Nous, on va aller saluer un vieil ami. » répondis-je avec un sourire carnassier.

Nous nous séparâmes. Charlie m'accompagna jusqu'au bar. Les soirées données par Volturi étaient toujours bien approvisionnées en alcool. Comme je m'en doutait, Black était accoudé au comptoir, en train de draguer une fille qui vu sa tête aurait tout donner pour être ailleurs.

« C'est lui. » informai-je Charlie en le désignant du doigt. « ça va aller ? »

« Je suis flic. J'arrête de vrais méchants. Ce n'est pas un imbécile comme lui qui me fait peur. » râla Charlie.

« Très bien. Je vais vous attendre dehors. »

Le plan concernant Jacob était très simple. Charlie devait juste le faire sortir en lui disant que sa belle Porsche était en train de se faire embarquée. Jacob et sa bagnole…

« Vous êtes sûr de ça ? » gueula Jacob. « Fais chier, elle est quasi neuve ! Où est-elle ? »

« Dans la rue, là-bas. » répondit Charlie.

Tous les deux entrèrent dans la rue derrière le club où je les attendais.

« Black. » dis-je en sortant de l'ombre.

« Qu'est-ce que tu fous là Mozart ? C'est toi qui m'as piqué ma caisse ? »

« Je m'en tape de ta caisse ! Je ne suis pas là pour ça. » répliquai-je

« Bah qu'est-ce que tu me veux alors ? » s'étonna-t-il.

« Réfléchis, abruti ! »

« Bah je sais pas moi ! »

« L'article ! »

« Oh ça ! »

« Oui, ça ! Pourquoi t'as fais ça ? Qu'est-ce que Bella t'a fait pour que tu la poignardes dans le dos comme ça ? »

« Je trouvais ça fun ! » rigola-t-il.

Je voyais rouge. Je jetai un coup d'œil à Charlie pour être sûr qu'il me suivrait. Il hocha la tête imperceptiblement. Mon poing s'abattit sur le visage de Jacob violemment. Celui-ci tituba en arrière en se tenant la mâchoire.

« Putain, mais t'es malade ! » gueula-t-il. « Tout ça pour cette pétasse en plus ! »

Le poing de Charlie lui cassa le nez. Je n'avais pas vu le père de Bella s'approcher tellement il s'était déplacé rapidement.

« Mais vous êtes qui, nom de Dieu ? » hurla-t-il en se tenant le nez, les doigts pleins de sang.

« Le père de Bella, connard ! » répliqua Charlie.

« Vous allez me le payer ! Je vais aller voir les flics et… »

« Ce sera ta parole contre la nôtre. » dis-je tranquillement.

« Ils me croiront, j'en suis sûr ! » s'entêta Black.

Je décidai de lui asséner le coup de grâce.

« A ton avis, ils croiront plutôt un trou du cul comme toi ou bien le fils d'un citoyen respectable et le chef de la police de la ville de Forks ? »

« Quel chef de la police ? »

« Oh, tu ne savais pas que le père de Bella était flic ? Comme c'est dommage ! »

Je m'avançai d'un pas sûr vers Jacob, suivi de près par Charlie. Je plaquai Black contre le mur et le fixai dans les yeux.

« On va se mettre d'accord, Black. Tu croises Bella, tu baisses les yeux. Tu la regardes, je te crève les yeux. Tu lui parles, je te pète la mâchoire. Et si jamais tu recommences à l'emmerder, je te promets que tu regretteras que je ne t'ai pas tué d'abord. Est-ce que c'est clair ? »

Jacob hocha la tête, livide.

« Je n'ai pas entendu. Est-ce que c'est clair ? » lui criai-je au visage.

« C'est clair. Je vais la laisser tranquille ! » bafouilla-t-il.

« Bien. »

Je le relâchai et lissai son col de chemise.

« Maintenant, tu vas rentrer chez toi et faire comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu, ok ? »

« o..ok. »

Il nous lança un regard apeuré et s'enfuit en courant.

Je me passai la main sur le visage pour me clamer. Charlie siffla.

« Et bien, je ne voudrais pas t'avoir comme ennemi toi. »

« Il s'est attaqué à la mauvaise personne. Et puis, ça fait des années qu'il me cherche. J'ai réglé mes comptes avec lui. Prêt à rentrer Chef Swan ? »

« Absolument. »

Nous marchâmes vers l'endroit où ma Volvo était garée.

« Au fait, c'est Charlie. »

« Pardon ? »

« Appelle-moi Charlie. Les hommes capables d'enfreindre la loi pour protéger mon bébé ont le droit de m'appeler Charlie. » répondit-il.

« oh euh…Merci. » dis-je, à la fois gêné et honoré.

D'une main sur l'épaule, il me fit m'arrêter.

« Comprend-moi bien, Edward. Bella est ma fille, ma fille unique. Rien ne compte plus à mes yeux que Bella. Je sais qu'elle est grande et qu'elle fait ses propres choix mais je n'ai pas oublié dans quel état elle est revenue à la maison. J'ai laissé partir une fille pleine de vie et c'est un zombie qui est revenu. Elle t'aime et je sais que tu l'aimes aussi mais si jamais tu lui fais du mal, si tu la fais pleurer, je te promets que cette foutue planète ne sera jamais assez grande pour te planquer. Ça te va ? »

J'avalai ma salive difficilement.

« Ca me va. »

« Rentrons. »

Si j'avais su que casser la gueule de Black m'aurait évité une semaine entière à regarder Charlie en chien de faïence, je l'aurais fait depuis longtemps. Dans la voiture, nous discutâmes. Charlie se révéla être un homme un peu bourru mais plein de bon sens et pas si désagréable que ça. Il avait aussi une façon de répondre, un peu brusque, qui n'était pas sans me rappeler mes premiers échanges avec sa fille.

Emmett et Jasper nous attendaient au pied de mon immeuble. Pour ne pas éveiller les soupçons, nous devions arriver tous ensemble.

« Alors ? » demandai-je à mon frère.

« Jess est bien foutue ! » répondit-il en riant.

« Ouais, bah Volturi à moitié à poil va hanter mes nuits pour des années ! » répliqua Jasper.

« J'en conclus que vous avez réussi. »

« Et comment ! » dit Emmett en me donnant la carte mémoire de son appareil photo.

« Et Jess ? »

« Elle a prétendu que sa mère malade venait de lui téléphoner et qu'elle devait rentrer au plus vite. Devinez qui est reparti la queue entre les jambes ! » lança mon frère.

« Pas un mot aux filles. » répétai-je pour la énième fois.

Elles bavardaient dans le salon lorsque nous passâmes la porte. Bella riait comme les autres, ce qui me rassura. Je me dirigeai vers elle et je l'embrassai. Après avoir rompu notre baiser, elle me lança un regard surpris. C'était la première fois depuis des jours que je l'embrassai en présence de son père.

« Ca va ? » demandai-je.

« Ca va. Et toi ? Ca a été avec mon père ? »

« Très bien. »

« Vraiment ? Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ? »

« Je t'ai promis de ne plus te mentir, Bella. »

« C'est vrai. »

« Je vais faire du café, tu en veux ? »

Elle m'adressa un regard éloquent.

« ouais, pourquoi est-ce que je perds mon temps à te le demander ? »

« Je ne sais pas. » dit-elle malicieusement.

Je me relevai. En me dirigeant vers la cuisine, je lançai par-dessus mon épaule :

« Charlie, vous pouvez m'aider ? »

« J'arrive. » répondit-il en me suivant.

« Charlie ? » répéta Bella, étonnée. « J'ai loupé un épisode ou quoi ? »

Charlie échangea un regard avec moi avant que nous explosions de rire. La tête de Bella devait valoir le coup.

Bella était couchée dans le lit lorsque j'entrai dans la chambre. Je venais d'imprimer les photos qu'Emmett et Jasper avait prises. Ce n'était pas ma vengeance mais la sienne. Elle avait le droit de décider. Je m'assis à côté d'elle. Elle se releva sur les coudes.

« Edward, tu as l'air bizarre. »

« J'ai un truc à te dire mais je ne suis pas sûr que tu le prennes bien. »

« Essaye toujours. » dit-elle, méfiante.

« Tu te souviens de ce que tu m'as toujours dit à propos du passé ? »

Elle ne me répondit pas.

« Bella, tu m'as ouvert les yeux. On ne peut pas fuir son passé mais l'affronter. Le seul moyen de te débarrasser de tes démons, c'est de les affronter. »

« Edward, je ne peux rien faire contre Volturi. Rien. »

« Et si je te disais que tu te trompes ? Tu le ferais ou pas ? »

« Je…je ne sais pas. de toute manière, je n'ai rien contre lui. »

« Toi non mais moi oui. » répliquai-je en lui tendant les photos.

Bella les regarda les unes après les autres.

« Comment tu as eu ça ? La fille ressemble à Jess… Qu'est-ce que tu as fait ? »

« Charlie, Emmett, Jasper et moi on a réglé nos comptes avec Jacob et Aro. »

« Qui a fait les photos ? »

« Emmett et Jasper. »

« Donc qu'est-ce que mon père et toi avait fait ? » demanda-t-elle, suspicieuse.

J'avais oublié que Bella n'était pas bête.

« Disons qu'il va rester loin des photographes – et de toi - quelques temps. »

« Je le crois pas ! » dit-elle en sortant du lit.

« Bella, je n'aurais jamais pu me regarder dans une glace si j'étais resté sans rien faire. Ne m'en veux pas s'il te plaît !»

« Je t'en veux de ne pas m'avoir laissée assistée à ça ! »

Sa réaction me fit rire.

« Désolé. Ton père t'a bien défendue en tout cas. »

« Quoi ? Papa a frappé Jacob ? » s'écria-t-elle.

« Il lui a cassé le nez je crois bien. »

« Edward, tu as une mauvaise influence sur mon père. »

« N'empêche que j'ai le droit de l'appeler Charlie maintenant ! » répliquai-je, fier de moi.

« Je me disais aussi. »

Elle vint s'assoir sur le bord du lit et baissa les yeux sur les photos.

« Si je vais voir Aro, tu seras avec moi ? » me demanda-t-elle d'une petite voix.

Je pris place à côté d'elle et la forçai à soutenir mon regard.

« Je serai avec toi, quoique tu décides de faire, Bella. »

Elle prit un air brave avant de me dire :

« Je ne veux pas passer ma vie à craindre le prochain coup tordu qu'il me fera. Et puis, toi et moi, rien ne peut nous arrêter, pas vrai ? »

« Rien du tout. »

Elle m'embrassa avant de se serrer contre moi.

« Enfin rien sauf ton père. » rajoutai-je, récoltant un bon coup de coude dans les côtes.

Et voilà la suite ^^ J'espère que ça vous plaira. Jacob a morflé et honnêtement, ça m'a fait bien plaisir d'écrire cette scène … ouais je ne l'aime toujours pas celui-là !

La chanson c'est still stand look pretty des Wreckers.

La suite dès que je peux !

Ps : merci pour les reviews, j'aime j'aime j'aime !