(Chapitre Vingtième)
No Longer Brothers
« - J'ai entendu parler de ce qui s'est passé l'autre nuit. Tu t'es faufilé dans ce tunnel, sous le Saule cogneur, et James Potter t'a sauvé de ce qu'il y a là-bas…
- Sauvé ? Sauvé ? Tu crois qu'il jouait les héros ? C'était sa peau qu'il sauvait et celle de ses amis ! Tu ne vas pas… Je ne te permettrai pas… » Lily Evans & Severus Rogue - Harry Potter et les Reliques de la Mort
(Tensions)
Tendue, Lily entra dans la salle de classe du professeur Oldman. Sans surprise, elle était la première arrivée. Elle était toujours en avance, Severus toujours précisément à l'heure, et James, bien souvent en retard. Le vieil enseignant la salua poliment, lui fit signe de s'asseoir à un pupitre, et lui demanda de sortir une plume et de l'encre.
Lily se demanda vaguement s'il avait l'intention de leur faire copier des lignes, mais n'osa pas poser de question. Elle s'exécuta silencieusement, encore mortifiée par ce qu'il s'était passé une semaine plus tôt. Furieux, le professeur Oldman leur avait donné une retenue chaque jeudi jusqu'à la fin de l'année pour leur faire prendre conscience de la gravité de leurs actes et des conséquences de ceux-ci.
À dix-neuf heures tapantes, Severus entra dans la salle, caché dernière une rivière de cheveux noirs. Il prit place au pupitre que lui désigna le professeur Oldman, de l'autre côté de la salle, mais bien que Lily puisse sentir son regard sombre sur elle, elle refusa de tourner la tête. Tout ça était de sa faute. Il avait sciemment provoqué James et l'avait ouvertement menacé en sachant pertinemment que le jeune Gryffondor ne tournerait pas le dos. Parce que James ne tournait jamais le dos. Lily avait toujours été le témoin silencieux de leur haine, et n'avait commencé à en comprendre la profondeur que l'année précédente, lorsque Severus avait commis l'irréparable en la traitant de Sang-de-Bourbe. La rivalité entre les deux garçons était née de leur différence à tout égard. Deux personnes aussi radicalement opposées n'avaient aucune chance de s'entendre, parce que leur haine allait au-delà de la simple rivalité orgueilleuse et enfantine. Ses racines, bien plus profondes, naissaient dans leur cœur. Alors que l'un défendait vigoureusement ses opinions et ses valeurs, quoi qu'il lui en coûte, l'autre ne cherchait qu'à nourrir égoïstement ses fascinations morbides. Aucun d'eux n'était parfait, et de loin. Ils avaient tous les deux leurs défauts, mais si ceux de James le rendaient plus humain, ceux de Severus en revanche l'enfermaient dans sa triste noirceur. Il avait fallu des années à Lily pour le voir. Pour dépasser ses préjugés, tirer un trait sur une amitié qui avait longtemps été sa seule bouée dans un monde inconnu et effrayant, et accepter le risque de faire confiance à James, envers et contre tout.
- Vous êtes en retard, Monsieur Potter, grinça leur professeur lorsque James arriva finalement.
Ce dernier alla s'échouer sur une chaise au pupitre désigné, mais ne prit pas la peine de répondre. Lily l'observa quelques instants et ne put ignorer le léger pincement au cœur qu'elle ressentit lorsqu'il l'ignora comme elle avait ignoré Severus.
Elle détourna les yeux, et reporta son attention sur le professeur Oldman, qui leur expliquait en quoi allait consister leur deux heures de retenue hebdomadaires jusqu'à la fin de l'année.
Ils se mirent tous les trois au travail dès que leur professeur de Défense leur eut donné à chacun une pile de devoirs de premières années à corriger, et leur expliqua qu'ils pourraient partir dès qu'ils auraient fini. Sans surprise, James fut le premier à venir à bout de sa pile. Il se leva, ramassa ses affaires, et quitta la salle sans un mot, ni même se retourner.
Lorsque Lily retourna dans la Salle Commune de Gryffondor plus tard dans la soirée, elle monta directement se coucher, ignorant ses amis rassemblés dans un coin de la pièce.
Les jours qui suivirent ne furent pas très différents. Chaque fois que leurs regards se croisaient, James tournait la tête, et Lily sentait un vide immense se creuser dans sa poitrine. Si le comportement de James à son égard la blessait autant, c'est parce qu'il était désormais une des personnes les plus importantes dans sa vie. Elle ne savait pas à quel moment précisément leur relation avait changé, mais James était véritablement son ami. En fouillant dans sa mémoire, elle se rappela de la fois où il avait débarqué chez elle au beau milieu de la nuit le vingt-cinq décembre au matin, le dos déchiré, lui demandant de le recoudre comme si c'était la chose la plus normale du monde. Déjà à ce moment-là, elle avait fait ce qu'il lui demandait sans se poser de question.
Elle avait essayé de lui parler à plusieurs reprises, en vain. Il restait distant, désintéressé, comme s'ils étaient revenus à une époque où ils étaient incapables de se comprendre.
Lily ne comprenait pas la tension qui persistait entre James et elle. Elle avait pensé qu'après plusieurs jours, quand son orgueil aurait cessé de le monter contre elle, tout serait oublié. Elle avait naïvement pensé qu'il finirait par se rendre compte qu'elle n'avait en aucun cas cherché à prendre la défense de Severus, mais au contraire, s'était tenue à ses côtés tout du long. Pourtant, cela faisait déjà une semaine, et James ne lui avait pas adressé un mot. Pas même un regard.
Leur amitié était trop jeune pour qu'elle puisse se douter qu'une fois encore, la fierté du jeune homme lui mettait des bâtons dans les roues. Elle était loin de se douter que tout ce qu'il attendait, c'était que pour une fois, ce soit elle qui fasse le premier pas. Que ce soit elle qui lui montre que leur relation était bien réelle. Il avait besoin qu'elle lui montre qu'il ne s'était pas contenté d'imaginer l'année qui venait de se passer ; ni les sourires échangés, ni la confiance accordée.
- Va t'excuser, grommela Rena entre ses dents, lorsque Lily Evans passa près d'eux, un matin en sortant du cours de Métamorphose.
- Non, répondit James d'un ton catégorique.
Il tira doucement sur la main de sa petite amie pour l'entraîner dans la direction opposée. Cette dernière poussa un long soupir d'exaspération, mais se laissa faire.
- Tu deviens ridicule, James. Quand on en a parlé, tu as promis de faire des efforts.
Elle sentit le jeune homme se raidir, mais ne céda pas.
- Tu es la personne la plus incompréhensible que je connaisse, tu sais ? Soupira Rena. Tu n'hésites jamais à dénuder ton cœur pour prouver ton honnêteté, mais tu repousses en permanence les personnes qui te sont les plus chères.
- Je ne veux pas parler de ça, grogna-t-il en l'entraînant vers la Grande Salle pour déjeuner.
- Ça m'est égal, dit Rena d'un ton égal. Moi je vais en parler.
Elle ignora James lorsqu'il leva les yeux au ciel et poursuivit
- Je sais que tu n'es pas vraiment en colère contre Lily.
- Je le suis, se borna à répondre James, d'une voix traînante.
- Tu ne l'es pas.
James ferma les yeux, et s'immobilisa au beau milieu d'un couloir désert. Lentement, il se retourna vers sa petite amie avec une expression indéchiffrable, et ses lèvres s'entrouvrirent.
- Elle a pris sa défense à lui, souffla-t-il. Après… Après tout ce qu'il s'est passé, l'an dernier et cette année, elle a pris sa défense à lui… À lui, Rena… Tu ne comprends pas.
Rena resta silencieuse quelques secondes.
- J'ai toujours pensé que tu serais plus honnête que ça envers toi-même, tu sais ? Rétorqua-t-elle.
- Ça n'a rien à voir avec…
- Bien sûr que si, coupa-t-elle sèchement. Je ne sais pas pour quelles raisons tu te mens, James. Je ne sais pas si tu as décidé qu'être ami avec elle était trop dur et que c'était l'occasion rêvée de prendre du recul, ou si tu avais seulement besoin de quelqu'un sur qui passer tes nerfs, mais s'il y a une chose dont je suis sûre, c'est que tu n'es pas assez stupide pour croire une seule seconde que Lily aurait pris la défense de Rogue contre toi.
James fixa Rena la gorge serrée. Il observait sa petite-amie avec une expression douloureuse, incapable de prononcer le moindre mot. Sa poitrine agitée soupirait de soulagement au rythme régulier des battements de son cœur. Il avait eu besoin d'entendre ça toute la semaine. Il avait eut besoin que quelqu'un confirme ce qu'il avait espéré de tout son cœur : l'amitié de Lily n'avait jamais été qu'une simple illusion.
(Déjà-Vu)
Une semaine plus tard, James et Lily ne s'étaient toujours pas adressés la parole. À vrai dire, on ne voyait James qu'en cours ces derniers temps, puisqu'il passait son temps sur le terrain de Quidditch à entraîner son équipe pour le dernier match de la saison, ou à aider au club de soutien en Défense pour les premières années. Il s'épuisait littéralement à la tâche de sorte qu'il n'avait pas une minute à lui.
Lorsqu'il entra dans la salle de classe du professeur Oldman pour sa deuxième retenue hebdomadaire ce jeudi-là, sa fatigue se lisait sur son visage. Ses yeux noisette étaient profondément cernés sous ses lunettes, et son dos était voûté, comme s'il portait sur ses épaules le poids de son manque de sommeil.
Lily s'inquiéta de le voir si las. Le garçon qu'elle avait sous les yeux n'était sûrement pas le James Potter enjoué et plein de vie qu'elle connaissait.
Comme la semaine précédente, ils s'assirent en silence à trois pupitres différents, au premier rang et leur professeur de Défense leur distribua une pile de copies.
Une heure s'écoula dans la même atmosphère tendue que la dernière fois, lorsque Lily, incapable de se concentrer, releva les yeux et les laissa tomber sur James, assis à la table près de la sienne. Il avait une main enfouie dans ses cheveux et baillait discrètement, sans pour autant lever les yeux du devoir qu'il raturait frénétiquement. Malgré elle, Lily esquissa un sourire en le voyant si concentré.
Puis, elle se rappela qu'ils ne se parlaient plus depuis déjà deux semaines, et son cœur se serra. En tendant le bras, elle pouvait poser sa main sur la sienne. Si le pupitre de Severus, assis en face du bureau de Monsieur Oldman, était loin du sien, celui de James en revanche était tout près.
Son cœur accéléra subitement, lorsqu'une idée lui traversa l'esprit. Elle se mordit la joue en repensant à la première retenue qu'ils avaient effectuée ensemble, par sa faute. Elle prit son courage à deux mains, trempa sa plume dans l'encrier pour donner le change, et se lança
- James, tu veux m'aider à faire quelque chose d'amusant ? Souffla soudainement Lily en tournant le visage vers lui.
James tourna la tête avec surprise, et le rythme de son cœur s'accéléra imperceptiblement lorsqu'il vit le sourire en coin de Lily Evans. Un sourire qui lui avait manqué plus qu'il n'était prêt à le reconnaître et pour lequel il ferait probablement n'importe quoi.
À ce moment précis, James prit conscience du fait qu'il n'y aurait jamais un sourire capable de rythmer ses réactions comme celui de Lily. C'était le seul sourire au monde – il en était certain – capable de provoquer chez lui cette douloureuse, mais ô combien agréable, contraction cardiaque dans sa poitrine.
Interdit, il la fixa quelques secondes, et son expression changea du tout au tout. Son cœur se fendit, ses lèvres s'étirèrent doucement vers le haut, et son regard noisette vira au caramel en un seul battement de cils.
Il n'était pas seulement raide dingue de Lily Evans ou de son sourire. C'était plus qu'une obsession, comme il l'avait cru pendant longtemps. C'était de l'amour, tout simplement.
Il était amoureux de Lily Evans. Pour de vrai.
Ça lui parut si évident tout à coup, qu'il manqua d'éclater de rire, comme un idiot, oubliant presque qu'ils n'étaient pas seuls.
Alors il se prêta au jeu, se remémorant la conversation similaire qu'ils avaient eue quelques mois plus tôt.
- Est-ce que c'est interdit ? Chuchota-t-il.
La jeune fille se mordit la lèvre pour empêcher un immense soupir de soulagement.
- Ça va à l'encontre du règlement, admit-elle le cœur battant à tout rompre tant elle était soulagée que James lui parle enfin.
- Sur une échelle de un à dix, à quel point ce serait vraiment grave ? Demanda-t-il sans se défausser de son sourire amusé.
Il n'était peut-être pas tout à fait le James qu'elle avait côtoyé ces derniers mois – son sourire n'était pas aussi assuré et son regard n'était pas aussi chaleureux – mais elle ne pouvait contenir sa joie de voir qu'il acceptait de rendre les armes.
- Seulement trois ou quatre, lui assura-t-elle.
- Est-ce que notre transformation en tu-sais-quoi une fois par mois est ton indice pour situer le dix ? Demanda-t-il en chuchotant d'une voix si basse que Lily ne saisit ce qu'il voulait dire parce qu'elle savait déjà ce qu'il voulait dire, pour lui avoir posé la même question.
Le sourire de la jeune fille s'élargit davantage encore.
- Non. Ça, ça ne se situe même plus sur l'échelle, souffla-t-elle finalement, mettant un terme à deux semaines de tension.
James éclata bruyamment de rire, faisant lever la tête du professeur Oldman et de Severus, qui lui adressa un regard noir. Un regard que James prit un malin plaisir à ignorer. Parce que c'était incroyablement bon d'être celui qui était choisi par Lily, pour une fois.
- Peut-on savoir ce qui vous fait rire, Monsieur Potter ?
James, souriant franchement pour la première fois depuis deux semaines, secoua la tête avec amusement.
- Rien d'intéressant, Monsieur.
- Alors remettez-vous au travail, grommela-t-il.
- En fait, j'ai fini, dit James en se levant.
Il sauta sur ses jambes, rassemblant ses affaires, et donna au vieux sorcier sa pile de devoirs corrigés. Il quitta la salle de classe en adressant un clin d'œil discret à Lily, qui réprima un rire avant de replonger dans sa tâche.
Severus eut terminé dix minutes plus tard, et elle se retrouva seule comme la semaine précédente. À l'exception près que cette fois, elle avait le cœur bien plus léger.
Lorsqu'elle eut fini à son tour, elle rendit sa pile au professeur Oldman qui la remercia avant de lui dire bonsoir, et elle quitta la salle, son sac sur l'épaule. Elle fut surprise de voir James adossé nonchalamment au mur en face de la porte, et sourit lorsqu'il se redressa en la voyant. Tous les deux embarrassés, ils se fixèrent silencieusement pendant un moment, sans savoir quoi dire. James passait nerveusement une main dans sa nuque, faisant sourire Lily davantage encore.
- Je devrais probablement m'excuser, fit finalement James en grimaçant.
Lily secoua la tête, et s'avança d'un pas.
- Non, pas la peine.
- Mais…
- James, ce n'est pas la peine, répéta Lily. On a tous les deux dit des choses qu'on regrette.
- Moi plus que…
- James, l'interrompit Lily en souriant. Tu sais ce que je voudrais vraiment ?
- Quoi ? Demanda-t-il en clignant des yeux.
- Faire quelque chose d'amusant.
- Comme voler de la bave de crapaud ? Demanda-t-il avec un sourire amusé.
- Non, répondit-elle en riant, avant de s'approcher de lui d'un pas supplémentaire. Quelque chose de vraiment amusant.
James scruta la jeune fille avec intérêt. Combien de fois avait-il posé ses yeux sur son visage pâle ? Ses délicieuses tâches de rousseurs ? Son regard pétillant et intelligent ? Combien de fois s'était-il pris à rêver de sa peau douce sous ses doigts ? De son rire nasillard étouffé par ses lèvres sur les siennes ? De ses doigts emprisonnant les siens ?
Trop de fois pour qu'il puisse compter, sûrement. Et pourtant, jamais son cœur n'avait bondi si vigoureusement en s'imaginant toutes ces choses, il en était certain.
- Je voudrais te montrer quelque chose, souffla-t-il finalement, avec un sérieux qui fit rougir Lily.
James réduisit lentement l'écart entre eux et attrapa sa main, entremêlant finalement ses doigts aux siens.
(Parce qu'elle souriait)
En regagnant son dortoir plusieurs heures plus tard, James fut surpris de ne pas y trouver Sirius. Remus était allongé sur son lit et lisait un livre en piochant régulièrement des chocolats fourrés au caramel dans un sachet que lui avait donné Lily, tandis que Peter relisait un devoir de Sortilèges à rendre pour le lendemain. Aucun d'eux ne leva les yeux lorsqu'il entra, craignant que la mauvaise humeur dans laquelle il baignait ces deux dernières semaines ne se dirige contre eux.
- Où est Sirius ? Demanda James en défaisant sa cravate, qu'il balança négligemment dans sa valise ouverte.
Cette fois, ses amis furent bien obligés de remarquer sa présence. Remus fut le premier à remarque le ton et l'attitude plus légère de James. Il jeta un bref coup d'œil à sa montre en fronçant les sourcils, et cligna des yeux.
- Et toi, où tu étais ? S'étonna-t-il. Il est déjà minuit !
James haussa les épaules en se défaisant de sa chemise, qui subit le même sort que sa cravate rouge et or. Un sourire s'emparait peu à peu de ses lèvres, et ses deux amis échangèrent un regard entendu.
- Merci Merlin, soupira Peter en abandonnant son devoir.
Aucun d'eux n'eut besoin de poser la question à haute voix. James était visiblement exténué, et pourtant, il paraissait serein pour la première fois depuis des semaines.
- Tu lui as dit pour le colis ? Pour ta conversation avec Dumbledore ?
James se tournant vers Remus en grimaçant.
- Non.
- Pourquoi ? S'étonna Peter.
- Je… je ne voulais pas… elle s'inquiéterait et ce n'est pas la peine.
- Evidemment qu'elle s'inquiéterait, James, soupira Remus avec frustration en refermant brutalement son livre. Elle tient à toi.
Un sourire penaud se dessina sur les lèvres du jeune Potter, ce qui fit Remus lever les yeux au ciel et Peter éclater de rire.
- Oh je t'en prie, grogna le loup-garou, ne commence pas à te la jouer grand timide, je t'assure que ça ne te va pas du tout.
- Ton truc à toi, c'est d'être un prétendant éconduit insupportable, acquiesça Peter. J'ai fini ! Ajouta-t-il en brandissant son devoir. Tu peux le relire ? Demanda-t-il ensuite à Remus.
Ce dernier accepta le parchemin que lui tendait son ami mais ne le lut pas tout de suite. Il fixait James intensément, à la recherche d'un indice sur ce qui retenait réellement son ami d'avouer à Lily la vérité au sujet de Voldemort et de ses intentions envers James.
- Tu crois que si elle l'apprend, elle aura pitié de toi, c'est ça ? Demanda finalement Remus après de longues minutes de silence.
James s'était déjà glissé dans son lit, prêt à se coucher. Il avait retiré ses lunettes et les avait posées sur sa table de chevet à côté de sa baguette.
- Ce n'est pas ça, expliqua James en se frottant les yeux.
- Alors qu'est-ce que c'est ? Persista Remus en fronçant les sourcils. Parce que s'il y a bien une personne au monde qui ne te…
- Ce n'est pas ça, Remus ! Coupa James avec une pointe d'agacement.
Peter regarda ses deux amis s'affronter du regard en silence. Il s'éclaircit la gorge d'un air gêné et demanda :
- Alors explique nous, dit-il très calmement.
James se retourna vers son ami en soupirant. Il n'était pas en colère, contrairement à ce qu'ils avaient pu croire. Il était seulement embarrassé.
- Je voulais lui dire, avoua-t-il enfin. Je l'ai emmenée dans la clairière…
Peter et Remus grimacèrent. La clairière avait toujours été leur petit coin de paradis à eux, et même s'ils n'avaient jamais clairement spécifié qu'elle devait rester leur secret, ils avaient jusque-là toujours respecté cet accord tacite.
- Je sais, je n'aurais pas dû, mais on avait besoin de… de faire le vide, j'imagine. Et c'était l'endroit parfait pour nous débarrasser du poids qu'on trimbalait partout depuis deux semaines.
Convaincus, Peter et Remus hochèrent la tête.
- C'est juste que… quand j'ai voulu lui dire pour le colis et pour la menace de Voldemort, j'en ai été incapable.
- Pourquoi ? Demanda naïvement Peter, qui ne comprenait pas l'étrange comportement de James.
- Elle souriait. Elle me souriait pour la première fois depuis deux semaines et je ne voulais pas que ça s'arrête, souffla James en portant son regard vers la fenêtre par laquelle on pouvait voir la lune presque pleine.
Après un long moment, Remus rompit le silence et hocha la tête.
- D'accord. C'est une raison valable, j'imagine. Mais tu devras lui dire tôt ou tard.
- Je sais.
Remus s'empara du devoir de Peter, avant de reporter son attention sur James.
- Tu devrais vraiment essayer de dormir, grommela-t-il d'une voix sombre en portant lui aussi son regard vers la lune.
(Regulus)
Une porte claqua bruyamment dans la nuit. Les trois garçons endormis dans le dortoir des Gryffondor de sixième année se réveillèrent en sursaut. Remus pointa sa baguette vers le plafond magique pour allumer le chandelier et trois paires de paupières s'ouvrirent avec difficulté. Ce qu'ils virent acheva de les réveiller complètement.
La silhouette furibonde de Sirius venait de se tapir derrière les rideaux de son lit à baldaquin. Un coup d'œil rapide à sa montre indiqua à James qu'il était deux heures passées, et il échangea avec ses deux amis un regard inquiet.
Quoi qu'il se soit passé, ils savaient tous les trois que Sirius ne se confierait pas facilement. S'il y avait bien une chose dont il était incapable, c'était s'ouvrir aux autres. Même avec ses meilleurs amis, il lui arrivait de se fermer complètement. Il parlait rarement de sa famille et n'évoquait jamais spontanément le sujet. Bien sûr, au fil des années, les trois garçons avaient appris tout ce qu'il y avait à savoir, ou presque, sur les Black, mais Sirius était loin de leur avoir parlé de toutes ses blessures. Certaines étaient trop profondes pour être rappelées, et d'autres étaient tout simplement trop vieilles pour que ça en vaille la peine. Il avait un passé bien trop chargé pour en affliger ses amis. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas partager à moins d'en partager le fardeau, et ça, Sirius s'y était toujours refusé. Jamais il ne ferait peser sur le dos de ses amis des souffrances qui n'appartenaient qu'à lui.
Mais c'était sans compter l'acharnement de James, la compassion de Remus, et la loyauté de Peter.
James s'éclaircit la gorge
- J'imagine que tu vas refuser d'en parler ? Demanda-t-il d'une voix basse.
Il fut confronté au silence de Sirius, comme il s'y attendait, mais n'en fut pas découragé le moins du monde.
- Tu te souviens de ce que tu m'as dit il y a deux semaines ?
Sirius ne prononça pas un mot.
- Tu m'as dit que vous étiez là pour moi, quoi qu'il arrive. Tu m'as dit qu'on avait toujours tout partagé tous les quatre et qu'il n'y avait pas de raison que ça change. Tu m'as dit qu'on partageait les blagues pourries, les cartes de Chocogrenouilles, et les emmerdes, quelles qu'elles soient…
- Te fatigue pas, James, aboya Sirius. Cette fois, ça ne vous regarde pas. C'est entre mon frère et moi.
James échangea un regard inquiet avec Remus et Peter, qui arboraient la même expression que lui. Il voulut dire quelque chose, mais un « nox » étouffé se fit entendre de derrière les rideaux pourpres du lit de Sirius. La nuit se fit à nouveau dans le dortoir, et les trois garçons comprirent que la conversation était close.
Pour l'instant.
(Introuvable)
Sirius était déjà parti lorsqu'ils se réveillèrent ce matin-là et il avait pris soin de prendre la carte avec lui, pour qu'on lui fiche la paix. James, Peter, et Remus se résignèrent à aller prendre leur petit-déjeuner sans lui, et vers huit heures, ils se rendirent à l'infirmerie, où Madame Pomfresh accueillit chaleureusement Remus. Lorsque la cloche retentit pour annoncer le début de la première heure de cours de la journée, James et Peter abandonnèrent leur ami pour se rendre en Sortilèges. Ils ne furent pas surpris de ne pas y voir Sirius, mais ne purent s'empêcher de s'inquiéter.
En fin d'après-midi, James avait un entraînement de Quidditch, et pour la première fois depuis longtemps, il songea à le sécher pour aller trouver son meilleur ami, mais Peter l'en empêcha.
- Tu ne peux pas manquer ton entraînement, James, soupira Peter. Tu es le capitaine. Le mieux, c'est que je m'en occupe. Dans le pire des cas, on le verra ce soir. Tu sais qu'il ne manquerait jamais une pleine lune.
- Je sais, oui, soupira James en ébouriffant ses cheveux. Mais ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu dans cet état. La dernière fois c'était…
- …quand Regulus a fait son choix, je sais, acquiesça tristement Peter.
- Je déteste ne rien pouvoir faire…
- Je sais.
- Tu crois que… tu crois qu'il a encore eu une altercation avec Regulus ?
- On dirait bien, dit Peter en hochant la tête.
La relation qu'avaient entretenue Sirius et son frère au cours des années avait toujours été particulière. Longtemps, Regulus avait admiré son aîné, et Sirius tenté de protéger son petit frère du nom qu'ils portaient, mais lorsque Regulus avait été réparti à Serpentard, Sirius lui avait tourné le dos, et Regulus s'était senti abandonné. L'écart s'était inévitablement creusé, et ils n'avaient plus jamais réussi à se comprendre.
- Cherche à savoir ce qu'il s'est passé si tu le trouves, fit James. On a besoin de lui ce soir, mais on a besoin de lui serein. Il ne sera d'aucune utilité à Remus s'il ne se calme pas.
Peter hocha la tête et quitta James devant l'entrée du stade où étaient déjà rassemblés ses joueurs. Ce dernier le regarda partir, puis s'avança sans enthousiasme vers son équipe, pour une heure et demie d'entraînement qui allait probablement lui paraître interminable.
(Trahis)
À la fin de son entraînement, James se précipita vers son dortoir pour prendre une douche et redescendre avant la tombée de la nuit. Il n'avait pas revu Peter et espérait sincèrement qu'il avait trouvé Sirius avant que ce dernier ne fasse une bêtise.
Il croisa Lily en sortant de la Salle Commune qui lui rappela de faire attention à lui. Il sourit brièvement, mais ne s'attarda pas. Bientôt, il ferait complètement nuit, et la lune serait pleine. Lorsqu'il se fut assuré d'être dans un couloir désert, il se glissa sous la cape qu'il avait dissimulée sous son sweat-shirt aux couleurs du Club de Flaquemare et traversa le château pour sortir dans le parc. Il lui fallut presque dix minutes pour gagner le saule cogneur, mais lorsqu'il vit Peter et Sirius cachés derrière un buisson en train de l'attendre, il soupira de soulagement. Il se hissa hors de la cape et s'agenouilla près d'eux.
- Il n'est pas encore entré ?
- Non, pas encore, répondit Peter en secouant la tête.
- Bien.
James porta ensuite son attention sur Sirius, qui demeurait étrangement silencieux. Son regard sombre était fixe, mais une dangereuse lueur brillait dans ses pupilles.
- Est-ce que ça va ? Demanda James d'une voix inquiète.
- Ça ira mieux dans quelques minutes, répondit le jeune homme d'une voix calme, inexpressive.
James fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Chhh, ils arrivent, glissa Peter en désignant Remus et Madame Pomfresh du menton.
Les trois garçons se tapirent plus encore dans l'obscurité, et regardèrent leur ami et l'infirmière de l'école disparaître sous l'arbre. Ils attendirent patiemment de longues minutes avant de voir Madame Pomfresh ressortir, et lorsqu'ils furent certains qu'elle avait bien regagné l'école, James se tourna vers Peter.
- À toi, Pete.
Ce dernier se métamorphosa en rat et se faufila jusqu'au sol cogneur pour en immobiliser les racines, à plusieurs mètres de là.
- T'es sûr que ça ira ? Demanda James en retenant son meilleur ami par le bras lorsque celui-ci se leva.
- On va être aux premières loges…
- De quoi tu parles ? Demanda James, dont l'inquiétude commençait à exciter son rythme cardiaque.
Un sourire glaçant s'empara peu à peu des lèvres de Sirius, qui pointait du doigt une silhouette se découpant dans la nuit. James se tourna et vit avec horreur quelqu'un s'approcher rapidement du sol cogneur.
- Sirius, s'horrifia James, son souffle coincé dans sa poitrine.
Son sang se glaça dans ses veines et il bondit sur ses jambes, sa baguette à la main. Il interpella en hurlant la silhouette élancée, mais elle disparaissait déjà sous l'arbre. Il parcourut en courant les derniers mètres l'éloignant du saule cogneur et se glissa sous les racines de l'arbre comme il l'avait fait des dizaines de fois.
- NON ! Hurla-t-il, sa voix résonnant dans le tunnel.
Il entendit Sirius arriver derrière lui, mais ignora la voix de son ami qui l'interpellait.
- Laisse tomber, James ! Servilus va enfin avoir ce qu'il méritait ! S'écria-t-il en attrapant son ami par le bras.
- Rogue ? S'écria James en se retournant vers Sirius. Qu'est-ce qu'il a avoir là-dedans ? Qu'est-ce qu'il t'a pris, Sirius ?! Hurla James.
Sirius s'assombrit, mais demeura muet. James se dégagea violemment de l'emprise de son meilleur ami sur sa manche et s'élança à la poursuite de Rogue dans le tunnel.
Lorsqu'il entendit un cri rauque déchirer le silence et l'obscurité, son cœur vomit subitement la peur qui contractait douloureusement sa poitrine.
Jamais auparavant James ne s'était senti aussi effrayé, aussi impuissant. Son crâne semblait sur le point d'exploser sous la pression, et sa vision se troublait, embuée par des larmes de rage et d'effroi.
Un lourd silence écrasait les cinq occupants de la pièce. James venait de restituer avec le plus de précision possible ce qu'il venait de se passer en omettant une seule et unique chose ; la vérité sur leur transformation en Animagi. Tout le reste y passa ; de la blague cruelle qu'avait voulu jouer Sirius à Rogue, à la manière dont il s'y était pris pour faire sortir Severus de la Cabane Hurlante avant qu'il ne soit trop tard, lorsqu'il s'était retrouvé nez à nez avec un loup-garou adulte. Ils avaient tous reçu des blessures sans gravité, mais c'était Rogue qui avait les plus importantes.
Après un moment qui leur parut à tous durer une éternité, le directeur prit enfin la parole.
- J'aimerais parler à Monsieur Black et Monsieur Rogue, seul à seuls, s'ils vous plaît, demanda calmement le professeur Dumbledore en regardant James et Peter par-dessus ses lunettes en demis-lunes.
Les deux Gryffondor hochèrent silencieusement la tête, se levèrent, et quittèrent le bureau du directeur. Sans un mot, ils descendirent les escaliers, repassèrent la gargouille, et traversèrent le château pour regagner leur Salle Commune. Peter avait la tête baissée sur ses chaussures, et si James regardait droit devant lui, son regard était vide. Il ne ressentait plus rien. Il n'était ni furieux, ni triste, ni déçu. Il était vide. Tout, autour de lui, semblait être plongé dans le brouillard. Le silence l'étourdissait, et l'odeur du sang de Rogue qui lui collait à la peau lui donnait envie de vomir.
Il était à peine plus de minuit, et Remus passerait le reste de la pleine lune seul dans la Cabane Hurlante. Il ne réaliserait pas avant l'aube ce qu'il venait de se passer. Ce qui aurait pu se passer. Il ne réaliserait pas avant plusieurs heures encore ce qu'avait fait Sirius.
Peter marmonna le mot de passe et ils entrèrent tous les deux dans la Salle Commune. Elle était presque déserte. Seul un groupe de troisièmes années bavardait encore dans un coin près du feu. James se figea devant l'entrée, et Peter lui lança un regard inquiet.
- James ? Demanda-t-il d'une petite voix.
Mais ce dernier l'ignora et s'approcha du groupe de troisième année. Il se tourna vers eux avec un regard vide, leur imposant le silence.
- Est-ce que l'une de vous pourrait aller réveiller Lily Evans ? Souffla-t-il d'une voix si faible que les trois adolescentes clignèrent des yeux.
Les trois jeunes filles échangèrent des regards paniqués, mais devant l'expression de James, la plus vaillante d'entre elles se leva et se précipita vers l'escalier en colimaçon menant aux dortoirs des filles.
Elle redescendit moins de cinq minutes plus tard, Lily derrière elle.
- James, qu'est-ce que…?
Elle s'interrompit en voyant le jeune homme, raide sur ses pieds. Son cœur s'affola et elle se précipita vers lui, complètement paniquée.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Le jeune Potter se raidit et Lily adressa un regard à Peter, qui se tenait lamentablement à ses côtés, tout aussi fébrile. Ce dernier secoua la tête, et les planta là, regagnant le dortoir des garçons sans ajouter un mot.
Lorsqu'elle se retourna, Lily remarqua que les trois filles de troisième année avaient elles aussi quitté la pièce.
Lily attira James près du feu, et le força à s'asseoir avec elle dans un canapé.
- Est-ce que Remus va bien ? Demanda-t-elle.
James se contenta d'hocher la tête, sans rencontrer son regard.
- Et… et Sirius ?
Il hocha une nouvelle fois la tête, bien que sa mâchoire se soit crispée. Lily fut certaine de voir un éclair passer dans son regard à l'évocation de son meilleur ami, mais ne sut comment l'interpréter.
- James, demanda doucement Lily, d'une voix si faible qu'elle donnait l'impression d'avoir peur de le casser.
- Pas maintenant, souffla-t-il en fermant les yeux.
Sa voix était brisée, mais ce n'était rien comparé à la douleur dans son regard.
- D'accord… D'accord, répéta-t-elle d'une voix douce.
Sa réponse était à peine audible, mais elle suffit à James, qui enfouit son visage dans sa nuque et y versa les larmes qu'il avait désespérément besoin de verser. Lorsqu'elle enroula ses bras autour de sa taille, il s'écroula complètement et s'abandonna aux émotions contradictoires qui l'accablaient. La peur, la colère, la tristesse. Et pire que tout, la déception.
Il venait de perdre son meilleur ami, son frère, et tout s'était passé si vite qu'il avait presque l'impression d'avoir rêvé.
Mais tout était bien réel. De l'entaille profonde sur son avant bras droit aux larmes qui coulaient sur ses joues.
James regagna son dortoir une heure plus tard. Il savait que Peter ne dormait pas, mais ses rideaux étaient fermés. Ni l'un ni l'autre n'était prêt à en parler, redoutant les conséquences que pourraient avoir une telle conversation.
Quelque chose venait de se briser, et tous les deux savaient qu'il serait impossible de réparer ce qui n'existait plus. Des années de confiance et d'amitié sans faille venaient de partir en fumée. Et il était trop tard pour revenir en arrière.
Aucun d'eux ne ferma l'œil de la nuit. Ils entendirent Sirius entrer à son tour une heure plus tard, hésiter au milieu de la pièce, puis se glisser dans son lit à son tour, en tirant les rideaux autour de lui.
Si proches, et pourtant si isolés les uns des autres, les Maraudeurs n'étaient plus frères.
(Une Victoire Amère)
- Capitaine ? Demanda timidement Helena, la jeune attrapeuse de Gryffondor.
James tourna un regard troublé vers elle, et tenta difficilement de sourire.
- Est-ce que tout va bien ?
Il hocha la tête, et son sourire se fit un peu plus sincère.
- Tout va bien, répéta-t-il.
L'équipe de Gryffondor s'apprêtait à faire son entrée sur le stade, juste après celle de Poufsouffle, et si la tension les paralysait tous, James était sans conteste le plus accablé. Il n'avait pas fermé l'œil depuis deux jours, était sur le point de jouer sa première finale de Quidditch en tant que capitaine, et la nuit de la veille continuait de le hanter. Il revivait seconde après seconde la trahison de Sirius, l'expression de pure terreur sur le visage de Rogue lorsque celui-ci s'était retrouvé face à Remus transformé en loup-garou, et pire que tout, les larmes silencieuses de son ami lorsqu'il avait appris qu'il avait manqué de tuer un camarade de classe.
Remus n'avait pas prononcé un mot depuis que Dumbledore lui avait fait part des événements de la veille au soir et James avait eu du mal à supporter la trahison et la douleur qu'il voyait dans le regard de son ami.
James inspira profondément et se tourna vers ses joueurs
- Je sais que Caradoc faisait toujours de superbes discours, mais… pour être honnête, je ne sais pas quoi vous dire…
- Je n'aurais jamais cru que ça arriverait un jour ! Se moqua Hestia avec un sourire amusé.
Un rire nerveux secoua l'ensemble des joueurs.
- Amusez-vous, d'accord ? Mais ramenez-moi cette coupe !
- À vos ordres, capitaine ! S'exclama la petite attrapeuse, malgré son teint maladif.
James sourit, et leur fit un signe de tête.
Tous ensemble, ils chevauchèrent leur balai et firent leur entrée dans le stade dans une vague rouge et or, sous les acclamations bruyantes des Gryffondor dans les tribunes.
Le match dura presque trois heures. But après but, les joueurs des deux équipes ne lâchaient rien. Rien n'était joué d'avance. Les points s'accumulaient, mais aucune des deux équipes n'arrivait à prendre largement la tête du match. Chaque fois qu'un joueur de Gryffondor marquait un but, un poursuiveur de Poufsouffle s'emparait du souafle et marquait à son tour. Le jeu était si serré que tout reposait désormais sur les deux attrapeurs.
Plusieurs fois, Helena avait été sur le point d'attraper la petite balle dorée, mais à chaque fois un Cognard l'avait déconcentrée.
La fatigue commençait à se faire ressentir, et James avait de plus en plus de mal à tenir sur son balai. Si voler lui faisait momentanément oublier les horreurs qui s'accumulaient dans sa vie, son corps lui, n'oubliait pas.
Hestia lui fit une passe parfaite qu'il manqua pourtant de ne pas rattraper, et il s'élança vers les buts. Il égalisa – 270 à 270 et vit Elias McDonald intercepter la balle en cuir que le gardien de Poufsouffle lançait à un de ses coéquipiers. Il fit une passe à Hestia, mais celle-ci n'eut pas le temps de tirer un tonnerre d'exclamations et d'applaudissements retentit dans le stade.
James se figea dans les airs. Il se retourna avec inquiétude et son cœur hurla de joie lorsqu'il vit Helena sourire triomphalement, comme si c'était le plus beau jour de sa vie, le bras tendu dans les airs. Hestia se jeta sur lui, Elias les rejoignit, puis tous les joueurs de l'équipe de Gryffondor se précipitèrent vers leur attrapeuse pour la porter victorieusement sur leurs épaules, exécutant un tour du stade sur leur balai.
Lorsqu'ils posèrent le pied au sol, ils furent accueillis par une marre d'élèves portant fièrement les couleurs de Gryffondor. La coupe leur fut décernée par le professeur McGonagall qui resplendissait de bonheur et de fierté et serra chaleureusement la main de James.
- James ?
Le capitaine victorieux aurait reconnu cette voix parmi des milliers d'autres. Il se retourna par automatisme, un sourire aux lèvres. Une vielle habitude qu'il avait l'intention d'abandonner. Son sourire mourut sur ses lèvres aussi vite qu'il était apparu et James se raidit.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il froidement.
- Je…
- Peu importe, le coupa-t-il avant que Sirius ne puisse dire quoi que ce soit. Je n'ai rien à te dire.
Il tourna alors le dos à son meilleur ami, et ne se retourna pas, déterminé à tirer un trait sur une amitié qui n'existait plus. Il rejoignit son équipe et le reste des Gryffondor qui regagnaient déjà le château pour célébrer comme il se devait la victoire de leur Maison, mais son cœur n'y était pas.
Il ne vit pas Sirius essuyer la larme solitaire qui traçait son chemin sur sa joue pâle. S'il l'avait vue, peut-être serait-il resté. Peut-être aurait-il compris ce qu'il refuserait de voir, trop aveuglé par la colère. Peut-être aurait-il pu empêcher le long silence qui déchirerait les Maraudeurs pendant les plus longues semaines de leur vie.
Parce que Sirius Black ne pleurait jamais et que la larme avortée qu'il venait d'essuyer était la preuve que les remords qui le rongeaient étaient bels et bien sincères.
N/A : Quel plaisir de vous retrouver cette semaine avec ce chapitre pour le moins animé. Je sais que tout se passe très vite, mais c'est le but. je voulais que ça ait l'air aussi bordélique à la lecture que ça ne l'est pour eux, vous voyez ? Si je me suis plantée, dite-le moi, ça m'aidera à ne pas m'enfoncer plus encore dans mon ridicule pour les prochains chapitres ^^Et si vous avez aimé, vous pouvez le dire aussi, je ne mords pas. (Quoi que...)
Je remercie une fois de plus DelfineNotPadfoot pour avoir corrigé ce chapitre ce matin (quand je vous dit qu'elle est efficace), et je vous invite à aller lire le nouveau chapitre des BattPott sur Delplume !
Je vous souhaite à tous un bon week-end, et je vous dis à vendredi prochain pour le dernier chapitre marquant la sixième année de tout notre petit monde :D
Réponses aux Reviews Anonymes :
à Parkminrin ; Merci beaucoup (encore une fois) pour ta review d'enfer ! Effectivement, la fin du dernier chapitre était assez dur pour James et Lily. J'espère que ce chapitre aura rattraper le coup. Cela dit, c'est vrai qu'il n'est pas gai non plus celui-là, et qu'il apporte son flot de nouveaux problèmes... Ha... J'ai bien peur que ce ne soit que le début, malheureusement. enfin bref ! Merci encore pour ta fidélité, ça me fait toujours énormément plaisir ! Bon week-end ;)
à Mea9Gryffondor ; Bonjour ! Je suis cotante que le chapitre précédent t'ai déplu en un sens ^^Ça veut dire que j'ai réussi à te faire ressentir la violence de leur dispute. Rassure-toi, je crois qu'ils en sont finalement arrivés à un stade où ils ont réussis à accepter leur relation. Plus de disputes, donc. Enfin, pas de vraies disputes, tu vois ? C'est quand même James et Lily, hein ;) Merci pour ta lecture en tout cas, et ton honnêteté. Passe un bon week-end !
à Myriam ; Cruelle ? Moi ? Merlin, non ! :p Est-ce que je me suis faite pardonner avec ce chapitre ? :) Merci pour ta review ! je suis contente que cette histoire t'inspire des reviews argumentées ^^ J'espère que tu n'en voudras pas trop après avoir lu ce chapitre, cela dit ! Je te souhaite un bon week-end, et à bientôt !
