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Shikamaru serra les accoudoirs de sa chaise avec véhémence. Les coups étaient d'une violence inouïe. Sakura ricochait d'un mur à l'autre et Kakashi ne bougeait pas d'un iota... . ...Comment ?... Comment était-ce possible ? Il avait pourtant cru que... .

Certes, Kakashi n'esquissait pas le moindre signe d'inquiétude, mais en dedans, il n'en était pas moins tout retourné.

Le Nara reporta alors son attention sur Shizune accrochée à l'épaule du ninja copieur. Elle se cachait les yeux de temps à autre, refusant de cautionner un tel châtiment.

...Iruka, lui, était au bord de la nausée et Shikamaru eu juste le temps d'attraper une corbeille à papier que le sensei s'oublia, le seau au sol et la tête entre ses jambes. Toute cette violence lui soulevait le cœur, surtout quand elle était gratuite, injustifiable et injustifiée, ...d'après lui.

Ibiki attrapa Sakura par le cou et la plaqua contre le mur déjà taché de son sang. Il serra sa gorge un peu plus fort et comme ses pieds ne touchaient plus le sol, s'en était que plus douloureux.

_ De quel village viens-tu ?

La deuxième fois qu'il posait la question en cinq minutes. C'était donc l'information a taire. La jeune femme ouvrit un œil péniblement, les dents serrées, lutant pour respirer.

_ Tu es une kunoichi ?

_ ...N...non... j... mal...

Pour couronner le tout, elle devait faire un effort conscient pour camoufler son chakra, donc interdiction de s'évanouir.

Sakura retomba au sol et prit une grande bouffée d'air avant de sentir le pied de son tortionnaire caresser fermement ses côtes. Une quinte de toux lui fit cracher un peu de sang mélangé à de la salive.

Une main se referma sur sa cheville et sans ménagement, elle fut levée dans les airs. Un poids plume comme elle se manipulait avec une facilité déconcertante, nota-t-il.

La tête en bas, une de ses jambes restait fléchie et sensiblement écartée, n'ayant plus la force de la retenir. La brute se permit donc de la reluquer, et y alla de son petit commentaire.

_ T'es une sacrée trainée, de ce que j'en vois.

Mais seul un fin filet rougeâtre s'échappa de ses lèvres pour se laisser aller aux lois de la gravité. ...Elle ne pouvait pas se sentir plus sale et souillée qu'en ce moment même, et les choses ne faisaient que commencer.

Derrière la porte close, Tsunade et Kurenai avaient l'impression que les minutes duraient des heures. Aucun doute que la jeune femme subissait les mêmes tortures qu'elles, les ayant toutes décrites au bourreau, et ce, malgré la difficulté qu'elles avaient éprouvé a évoquer de tels souvenirs.

Etait-ce un mal réellement nécessaire ? Là, maintenant, elles avaient envie de crier 'NON' et d'entrer dans la pièce pour toute arrêter, ...mais leurs positions dans le conseil ne permettaient pas d'en douter. Et encore, ce n'était rien à côté de ce que la prédécétrice de l'actuelle Kage avait eu a affronter. ...Peut-être que si, comme elles, elle avait été suffisamment préparée, elle ne serait pas morte ce jour-là. ...Elle se serait accroché à la vie et n'aurait pas baissé les bras avant que...

_ AHHHHHHHHHHH !

...Un énième cri franchit la porte pourtant épaisse.

Kurenai resserra ses bras contre elle-même tandis que Tsunade laissait aller ses années en s'accrochant au pan du mur présent pour la retenir. Ibiki devait avoir ouvert son grand manteau de cuir noir pour en sortir le premier instrument.

'L'électricité', une découverte révolutionnaire mais oh combien douloureuse. Elle avait sauvé de nombreux foyers et tué bien des hommes, apporté du réconfort et tout autant de douleur... . La conduction de celle-ci par le métal inséré en Sakura fit redoubler ses hurlements, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus emmètre le moindre son.

Elle cachait son visage avec faiblesse, puisqu'au bord de l'évanouissement, lorsqu'un son facilement identifiable lui fit craindre le pire...

Une lame parfaitement aiguisée s'abattit de son plat contre sa cuisse, ne la coupant pas mais la douleur était quand même bien là. Ce n'était qu'une mise en bouche car Ibiki sembla prit d'une folie dangereuse. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui résiste -c'est tout du moins ce qu'il criait -, et pourtant, Sakura restait muette.

Alors que la jeune femme essayait de se redresser, elle retomba sur son bras, cette fois belle et bien inconsciente. Les yeux exorbités, fou de colère, il brandit sa lame et s'élança pour fendre l'air... Mais son geste resta en suspens.

_ ...Kage mane no justu, ...réussi.

Debout, les mains jointes à hauteur de son menton, Shikamaru avait les sourcils rapprochés et le front plissé.

_ Touchez-là encore une fois, Ibiki san, et je vous brise tous les os.

Le regard noir encré dans ses yeux ne le fit pas flancher, bien au contraire. Le plus jeune mit toute sa force dans sa technique de prédilection, ne laissant pas le moindre petit centimètre de battement au monstre couvert de cicatrices.

Iruka n'avait pas tout suivit mais son visage livide remonta le corps du Nara près de lui, et il remercia les dieux d'avoir arrêté ce massacre.

Kakashi se redressa sur sa chaise, mais ne dit rien. La fureur d'Ibiki semblait se calmer et l'arme tranchante tomba au sol alors que Sakura y gisait toujours, le corps couvert de sang et d'ecchymoses aux couleurs variées.

Il prit le temps nécessaire pour libérer la bête. Estimant que celui-ci ne ferait plus de mal a personne, il brisa la technique et tacha de reprendre son souffle. ...C'est qu'il était fort, très fort même. Il avait nécessité une grande partie sa puissance.

La montagne se redressa, croisa le regard entendu de Kakashi et laissa ses pas résonner dans la pièce. Pas pour se rassoir, ni pour faire regretter son geste au petit brun qui ne le quittait pas des yeux, veillant à ce qu'il ne tente rien de plus. Non, il se dirigeait droit vers la porte et l'ouvrit doucement, pour se retrouver face à l'Hokage.

_ ...Epreuve validée. ...Pour les deux. Dit-il froidement en passant l'encadrement.

Toujours debout, Shikamaru se figea. Son cerveau pourtant bien huilé mit quelques secondes a comprendre que cette partie de l'examen n'était pas seulement faite pour évaluer Sakura, mais aussi et surtout l'homme qui serait chargé de veiller sur elle lors des missions I.S.

Ibiki reprit sa route, il fallait qu'il sorte de cet endroit. Les muscles crispés, il fit rebondir un de ses poings serré dans l'angle qui séparait deux corridors, laissant un bon morceau de pierre tomber du mur.

_ I...

_ Laisse-le partir Kurenai, nous avons à faire. ... Shizune !

La brune sembla retrouver ses esprits mais dut prendre appuis sur le bureau pour se lever, puis avança nerveusement jusqu'à hauteur de sa maitresse.

_ Occupe-toi de lui.

_ ...Mais...

_ Il est blessé, et tu es médecin. L'équation est trop complexe pour toi ? Demanda celle qui avait entendu les os craquer sous le choc.

Kurenai ne put s'empêcher d'ajouter...

_ ...Pour lui aussi ça a été très pénible, croyez-moi.

Le médecin chef adjoint hocha enfin la tête, et remonta le couloir emprunté par le ninja.

De son côté, Kakashi ramassa le plus délicatement possible une Sakura toujours étendue au sol, pour la déposer sur le matelas. Il retira sa veste et la couvrit sans attendre.

Alors qu'il passait ses doigts sur le visage tuméfié de sa protégée, écartant quelques cheveux collés à sa peau, il sentit son cœur se serrer et une main se poser sur son épaule, lui demandant silencieusement de céder la place. Il se ressaisit, mais préféra ne pas croiser le regard de celle qu'il avait déjà vu dans le même état, 11 ans auparavant.

_ Nous prendrons soin d'elle. Précisa quand même la Kunoichi.

Il se dirigea vers la porte d'un pas plus pressé que d'ordinaire, tout en marmonnant quelques paroles inaudibles.

L'air frais sur son visage et ses bras découverts ne l'aida pas a faire disparaitre cette sensation d'oppression, alors Kakashi abaissa son masque pour prendre une grande bouffée, puis, les mains sur ses cuisses, penché en avant, il prit la décision de rentrer se saouler pour tâcher d'oublier.

Dans les sous-sols, l'ambiance était toujours aussi pesante. Shikamaru debout et Iruka encore assis regardaient les deux femmes s'assoir de part et d'autre du corps inerte de leur cadette. Sans attendre, elles commencèrent à la soigner, chacune avec des moyens qui lui étaient propres.

Les mains de Kurenai encadraient son visage tuméfié, le bout des doigts sur les tempes, tandis que Tsunade passait les siennes au-dessus des blessures les plus importantes.

_ ...Je... je pense que nous devrions les laisser. Tenta Iruka.

Shikamaru hocha la tête.

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Dans la sombre nuit de Konoha, Shizune proférait des menaces à Ibiki devant son habitation pour qu'il la laisse le soigner. Plongé dans l'obscurité de sa salle de bain, le géant n'osait même pas lever les yeux vers le miroir face à lui. Il lavait sans relâche le sang sur ses mains, l'une d'elles prenant peu à peu une taille et une couleur suspecte.

Kakasi était au sol, les genoux repliés, la tête entre eux, une bouteille pendante au bout du bras... dans un appartement saccagé par la colère qui l'habitait.

Sans un mot, un ancien étudiant avait raccompagné son professeur jusqu'à chez lui, et c'est encore sans aucune parole, qu'Iruka referma la porte d'entrée devant le nez du jeune homme qui resta quelques secondes a réfléchir et a piétiner sur place, les mains dans les poches, avant de se décider a remonter la rue en sens inverse.

Deux formes vagues prenaient grand soin a n'éveiller aucun soupçon. Tsunade portait Sakura dissimulée sous une cape de ninja, Kurenai repérait le chemin et ensemble, elles se rendirent jusque dans un pavillon réservé aux invités de marque de Konoha, en bordure du village.

Une fois sur place, elles avaient poursuivi leurs soins, prenant le temps de laver délicatement le corps meurtri de leur successeuse, des larmes silencieuses coulant de temps à autre sur leurs joues alors que les éponges imbibées d'eau chaude rinçaient le savon qui ne guérissait malheureusement pas les blessures. Tsunade répara donc l'épiderme par endroits, gardant un maximum de pouvoir pour s'occuper ensuite des lésions plus profondes.

Leurs gestes étaient doux et maternels, à l'image des soins prodigués.

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A l'heure où la lumière du jour réveille les oiseaux, un médecin se tenait auprès du tortionnaire au visage sévère, mais au regard fixe. Un sensei vomissait son trop plein d'alcool dans les toilettes et un autre restait prostré dans son lit, yeux grands ouverts, tandis que le plus jeune des acteurs et témoins de l'examen marchait toujours dans les rues, encore désertes de toute trace de vie.

Les trois femmes dormaient côte à côte sur un seul et même grand futon. Deux d'entre-elles épuisées par une dépense excessive de chakra entouraient de leur présence, celle qui demeurait inconsciente. Elles avaient fait au mieux pour chasser la douleur et les peines, mais elles étaient bien placées pour savoir que ça ne suffirait pas.

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_ Ouvrez vos cahiers et recopiez le tableau.

Aucun enfant ne bougea.

_ ...Sensei. Tenta l'un d'eux. ...Vous êtes sûr que tout va bien ?

Le sensei en question avait les yeux littéralement explosés, d'une couleur rouge-flippante et des cernes de deux pieds de long.

Le week-end avait été difficile. Le début de semaine s'annonçait égal. On n'était pourtant que lundi et l'horloge n'affichait que 9 heures 45. Le directeur de l'académie avait tenté de le convaincre de rentrer chez lui sitôt qu'il l'avait vu arriver, mais le brave homme n'avait pas insisté. Instinct de survie oblige.

Depuis la veille, Shikamaru avait pris la relève d'Hinata. Il s'occuperait du fils d'Asuma jusqu'au retour de sa mère. L'enfant ne comprit pas ses silences et malgré son jeune âge, il sentait que quelque chose clochait... . Il se mit donc a pleurer, et ça dura une bonne partie de la journée, alors pour le distraire, le Nara l'avait emmené faire un tour.

Là encore, il avait beaucoup marché. Tant et si bien qu'à l'heure de la sortie des cours, il s'était retrouvé devant l'académie sans en comprendre la raison. L'enfant dormait dans le porte bébé ventral, la tête sur le côté et la bouche grande ouverte.

_ Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda une voix sortie de nulle part, apparemment aussi fatiguée qu'il l'était.

_ ...Rien. ...Enfin,... je sors le petit.

_ Hn. Se contenta de répondre le professeur pour clore la conversation et passer son chemin.

Shikamaru le rattrapa sans mal, et marcha à sa hauteur.

_ ...Comment allez-vous, sensei ?

_ Comme un lundi.

Le ton était froid et tranchant, à des années lumières de tout ce qu'on lui connaissait, ce qui rendait ses propos encore plus blessants.

_ ...Vous avez des nouvelles de Sakura ?

Il cessa subitement de marcher.

_ Non. ...Et toi ?

_ Pas plus.

_ Hokage sama ?

_ Portée pâle depuis deux jours. Shizune la couvre en prétextant la grippe du siècle, mais ça ne marchera pas longtemps, le travail s'accumule.

Un silence gêné les entoura dans cette rue pourtant animée.

_ ...Pourquoi es-tu venu ?

_ J'm'inquiétais pour vous. Je sais que vous n'êtes pas habitué à ce genre de chose et...

_ Parce que tu crois qu'on peut s'habituer a... a CA ? Coupa le professeur en tachant de contenir sa voix pour ne pas qu'elle lui échappe.

_ ...

Le plus âgé souffla avant de reprendre, plus calmement.

_ Et toi, ...ça va ?

_ ...Peut aller, mais je n'arrête pas de me dire que j'aurais dut intervenir beaucoup plus tôt.

_ Kakashi san t'en aurait empêché. Rappelle-toi, nous ne pouvons agir que si la vie de la désignée est réellement menacée. Tu as fait au mieux compte tenu des circonstances. ...Moi j'étais incapable de bouger alors...

Shikamaru observa la mine triste et honteuse d'Iruka sans savoir quoi dire pour le rassurer.

_ ...Tu ferais mieux d'y aller, sa mère va s'inquiéter si elle ne le voit pas en rentrant.

_ ...Mouais...

Mais ce soir encore, Kurenai serait absente.

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_ KAKASHI ! MON ETERNEL RIVAL !

_...Ne crie pas si fort... . Implora l'homme encore grisé par quelques degrés d'alcool qui se tenant comme il le pouvait à la porte d'entrée.

_ NE CHERCHE PAS A TE DEFILER ! TU M'AS PROMIS UN DUEL DIGNE DE NOTRE FLAMBOYANTE JEUNESSE !

C'est que là, il se sentait plutôt vieux... . Mais il se reprit, et se redressa pour plonger son œil unique dans le regard plein de vitalité de son ami.

_ ...Gai...

_ KAKASHI !

_ Gai...

_ KAKASHI !

_ Laisse-moi en placer une !

_ Désolé, ...l'habitude.

_ Gai...

L'homme tout de vert vêtu lutta contre sa propre nature, et attendit patiemment.

_ Fais-moi mal, Gai.

_ ... ?

_ Très... très mal.

_ ... ?

_ Soit sans pitié. ...Le pire des entrainements, la pire des punitions... . Je sais que tu es doué dans ton genre alors lâche-toi et impose-moi l'épreuve la plus pénible que tu ais en réserve.

_ Oh... Kakashi, je sens naitre en toi un relent de jeunesse !

_ ...Alors ?

_ Laisse-moi réfléchir... c'est si soudain, presque inespéré ! J'ai pourtant rêvé d'entendre ces mots sortir de ta bouche des centaines et des milliers de fois mais là, tu me prends au dépourvu !

C'est ainsi que le ninja copieur se retrouva a escalader le mont aux visages sculptés, la main gauche attachée dans le dos, ce même dos contre la paroi, visage tourné vers le vide, et un poids d'une centaine de kilos tout en muscle attaché à la jambe droite.

_ ...Si tu n'arrives pas au somment dans 2 minutes et 40 secondes, tu devras aller jusqu'au village de Gakua sur les genoux !

Il n'était qu'à mi-hauteur et avançait avec tout un tas de handicaps cumulés. Pour sûr qu'il devrait se rendre dans ce fichu village.

_ Et si tu n'y arrives pas avant la nuit, tu reviendras en flexion-extension !

Pour une séance d'échauffement passe encore, mais pour une trentaine de kilomètres... . Gai était décidément l'homme de la situation, se dit le ninja en sueur.

_ Tu transpires la jeunesse, mon ami !

_ Ferme-là, baka.

Il va sans dire que l'imbécile s'était imposé les mêmes exercices une fois le sommet atteint.

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Les traces sur la peau de Sakura s'étaient estompées. Ses plaies avaient cicatrisé et ne laisseraient aucune marque, d'après son mentor et médecin. Quand elle s'était réveillée, elle avait écouté sans rien dire, le déroulement des évènements survenus à la fin de l'examen, et quand ce fut terminé, elle avait marmonné un vague « ...D'accord... », puis s'était levée.

Aucune douleur ne l'empêcha de se mouvoir sous le regard des deux femmes sensées veiller sur elle.

_ Sakura chan... . Tenta la brune. Tu... tu n'as pas envie de parler de tout ça ?

_ ...Pour dire quoi ? Demanda-t-elle d'une voix étranglée.

Mais elle se ressaisit, affichant autant sa force que sa plus grande faiblesse dans un court silence.

_ ...Le village, et votre fils vous attendent, non ?

_ Kurenai peut rentrer chez elle, mais toi et moi avons encore quelque chose a faire.

Sakura se retourna doucement vers son sensei.

_ Il me reste un jutsu a t'enseigner.

_ ...Un jutsu ?

_ Un que j'ai fait interdire il y a plus de trente ans, nous seules sommes autorisées a nous en servir.

_ Je ne suis jamais parvenue à le maitriser, mais pour toi ce sera facile.

Le sourire réconfortant de Yuhi fut tranché par la voix plus rude de l'Hokage.

_ Tu n'es pas sans savoir Sakura, qu'une mission t'attend.

La jeune femme hocha la tête.

_ Elle est programmée pour la semaine prochaine.

Son regard se perdit dans le vide.

« ...Si tôt ? »

_ Tu t'en sens capable ?

_ ...Je suis formée pour ça.

Kurenai était donc rentrée chez elle, pas rassurée pour deux sous par l'attitude toujours aussi renfermée de la jeune fille, mais c'était un peu de sa faute cette fois-ci. ...Trois longues journées durant, elle avait consolidé les barrières de son esprit avec acharnement.

En rentrant, la mère aimante serra son fils dans ses bras et le recoucha, puis enlaça Shikamaru de la même manière. Cette fois il se laissa faire, sachant que des deux, c'était elle qui en avait le plus besoin.

Elle l'avait ensuite renseigné sur l'état de santé de son amie, alors avant de rentrer chez lui, le jeune brun fit un petit détour histoire de tenir informé, un sensei qu'il savait inquiet.

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Dans un jardin public de Konoha, deux hommes gisaient allongés dans la nuit noire.

_ Gai... ? Demanda celui dont tous les muscles étaient courbaturés, même et surtout ceux dont il avait oublié l'existence.

_ Hum ?

_ ...C'est tout ce que tu as en stock ?

_ ...Je crois que j'ai compris ton stratagème mon éternel rival... . Tu cherches a avoir l'avantage sur mon propre terrain. Ta fougue m'épatera toujours Kakashi !

Mais ce dernier n'écoutait déjà plus. Le visage abimé de Sakura le suivait partout, jusque dans ce ciel étoilé.

_ ...Si tout ça peut me permettre de devenir plus fort, ne serait-ce que d'un dixième de degré...

_ Hein ?

_ ...Je pourrais mieux la protéger... . Poursuivit-il sans prêter attention à son vis-à-vis.

_ ... ?

_ ...Gai ?

_ Kakashi ?

Le ninja copieur serra les dents mais parvint a transmettre un ordre qui ressemblait davantage a une supplique.

_ ...Encore !

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