Cherry : Tu crois ? Ou peut être pas ? Enfin, tu verras :p Oh, à ce point ? C'était soft, pourtant !
Lili37: J'aime bien Arthur perso :p Mais Lucas, c'est mignon aussi ^^ Le seul conseil que je peux te donner, pour l'écriture, c'est de l'entrainement ! J'ai jamais eu de "cours" ou de conseils ou personne pour m'aider mais j'ai commencé y'a quelques années déjà ^^ On ne verra pas les visions de Madara en détail parce qu'elles sont plutôt "simples" mais .. Tu verras :p Si tu as besoin de conseils, tu peux me contacter par mp ou sur mon facebook (le lien est sur mon profile) Je ferais de mon mieux pour t'aider :)
De toute sa vie, et malgré tout ce qu'elle avait pu vivre, jamais on n'avait passé un tel savon à Midori. Quand elle était arrivée chez Hashirama, accompagnée de Madara, le maitre de maison les avait accueillis d'un cri inhumain.
- MIDORI ! Avait-il hurlé.
La jeune femme en était persuadée, les murs de la maison avaient tremblé sous la puissance de son cri et ce qui avait suivi l'avait amusée, même si elle n'en avait rien montré. Amusée et terrifiée.
Hashirama l'avait immédiatement rejointe, dans l'entrée de la maison et son air profondément inquiet et furieux terrorisait Midori qui n'avait jamais pensé voir une expression telle que celle ci sur le visage de son parrain. Et Madara, sur le moment, préféra rester en arrière. La jeune femme était bien assez grande pour se sortir de cette situation.
- Où étais-tu ? Questionna le Senju, une main sur la hanche.
- J-je me suis entrainée, avec Madara, murmura Midori, intimidée.
- Entrainée .. ? ENTRAINÉE ? Mais à quoi est-ce que tu penses ?
Les joues pâles, Midori recula d'un pas mais Hashirama attrapa sa veste, au niveau de son épaule, remarqua le sang qui maculait son tee shirt et ses yeux s'écarquillèrent. Sans attendre, il la tira en direction du bureau, sans lui laisser le temps de se débattre et claqua la porte derrière lui.
- Est-ce que c'est ce que je pense .. ? interrogea-t-il, furieux.
- M-mais, je …
- Qu'est ce qui te passe par la tête ? Franchement ? Tu t'es dit que tu allais mettre ta vie et celle de tes enfants en danger, juste pour prouver à un abruti que tu étais capable de te défendre ?
- Hashi, je ne …
Tentant de se calmer, Hashirama lui tourna le dos en passant la main sur son visage et souffla :
- A partir de maintenant, je t'interdis de sortir de la maison sans demander mon autorisation. Tu dois faire attention …
- Quoi ?
- Tu m'as bien entendu !
- Mais …
Derrière la porte du bureau, Madara soupirait en secouant la tête de droite à gauche. Il connaissait Hashirama, et sa personnalité originale et volatile, et il s'était attendu à ce qu'il réagisse d'une façon excessive, mais là, c'était un degrés qu'il n'avait jamais vu. Le Senju avait simplement perdu toute contenance, et Madara n'appréciait pas qu'on l'insulte de cette façon, mais il voulait attendre la réaction de Midori pour intervenir.
- T'as pas le droit de faire ça ! Murmurait la jeune femme, les larmes aux yeux.
- Tu crois ? Je suis ton chef de clan et …
Choquée, Midori sentit sa mâchoire tomber à cette affirmation et Hashirama s'interrompit. Le regard qu'elle lui servait, à présent, était loin de son air ingénu et il ne savait pas ce qui allait suivre. Sans attendre, Midori fit apparaître ses ailes dans son dos, de colère, presque menaçante et Hashirama recula à son tour. Jamais elle n'avait semblé aussi sérieuse.
- Répète ça, grogna la jeune femme. Ose répéter ça.
- Midori ..
- Non, tu m'écoutes, maintenant. Je ne suis plus une chose fragile que tu dois protéger. Je sais ce qui est bon pour mes bébés et c'est pour ça que je suis ici.
- Mais tu t'es blessée !
- Et alors ? Jirayia ne t'a rien dit ? Je croyais que tu savais tout à mon propos maintenant.
Sans attendre, la jeune femme écarta son col pour dévoiler son épaule. Bien entendu, ça n'était pas au niveau des Senju, la plaie était encore un peu visible, la peau était d'un rouge vif mais au moins, ça avait été refermé, des deux côtés de la blessure, et, même si une cicatrice en résulterait, Midori n'en aurait pas de séquelles parce que Madara avait pris soin de ne blesser que ses chairs.
Surpris, le Senju passa les doigts sur la blessures, manipula le bras de la jeune femme mais il ne pouvait rien faire. Les os se solidifieraient avec le temps et les muscles étaient sains, mais il n'avait aucune idée que la jeune femme était capable de faire ce genre de choses. Jirayia lui avait parlé de ses talents au combats, jamais qu'il avait réussi à lui faire utiliser cette technique de soin et même s'il remarquait qu'elle ne la maitrisait pas totalement, il ne pouvait qu'être impressionné devant ses capacités.
Mais il se rappela rapidement du sujet premier de leur discussion, si on pouvait dire, et il fronça les sourcils :
- Ca ne change rien, grogna-t-il en détournant un instant le regard. Et s'il avait touché ton ventre ? S'il avait …
- Je ne veux peut être pas faire la guerre, souffla la jeune femme, mais ça ne veut pas dire que je n'en ai pas le niveau. Je ne sais pas ce que Jiji t'a dit, mais je sais me défendre, contre de multiples attaquants. Si tu ne me crois pas, je vais chercher mon sabre.
Ce fut cet instant que le chef Uchiha choisit pour entrer dans le bureau. Il savait que la suite de la conversation allait devenir beaucoup plus sérieuse, et en tant que chef de clan, il ne pouvait rester en arrière. Hashirama n'était pas le seul, ici, à avoir une autorité sur la jeune femme, après tout parce que même si elle ne faisait pas partie de l'armée, elle restait une hybride, et autant lui qu'Hashirama se devaient de la guider. Comme les anciens chefs de clan, respectés comme personne d'autre.
Là, Midori assista, sans vraiment le savoir, à l'un des faces à faces des deux hommes. Quand ça arrivait, ils n'avaient pas vraiment besoin de mots. Tous deux étaient des guerriers, nés pour combattre et jauger l'ennemi était quelque chose qu'ils apprenaient très tôt, sinon, ils ne passaient pas une journée sur le champ de bataille ou revenaient terriblement blessés.
Madara, d'un coup d'oeil sous ses mèches ébènes, observa la position de l'autre homme. Sa façon de se tenir proche de la jeune femme, malgré qu'elle l'ait menacé avec ses ailes, qu'elle soit prête à l'attaquer. Pourtant, Hashirama savait que Midori avait été durement entrainée, même si Jirayia avait sûrement fait passer ça pour un jeu ou quelque chose dans ce genre. Après tout, Madara avait beaucoup entendu parler du guerrier en question, et le savait fourbe. Déjà pour Naruto, il l'avait fait travailler à la ferme pour l'endurcir, physiquement, et ainsi effectuer les entrainements les plus difficiles avec plus de facilité, et, vu le corps qu'il avait pu jauger pendant l'entrainement, Madara savait que la jeune femme s'était forgée un corps d'athlète. Malgré qu'elle soit enceinte.
Quant à Hashirama, il prenait l'arrivée de Madara dans son bureau comme une menace. L'Uchiha savait, pourtant, que cet espace lui était interdit quand il n'y était pas invité, mais il venait d'y pénétrer sans même s'annoncer. Mais il avait préféré laisser Midori entre eux, et ne pas prendre les devants. Il n'était pas là pour la soutenir, ni pour la défendre, mais pour qu'ils aient une conversation importante. Et ça se confirma rapidement.
- Hashirama, disait-il avec un certain respect, dans sa voix. Il est tant d'arrêter de prendre Midori pour une enfant. Elle est assez grande pour savoir ce qu'i savoir.
Pensant d'abord que Madara allait révéler à Midori ce qu'il avait vu dans ses visions, sur le fait qu'il allait mourir, Hashirama fronça les sourcils mais préféra ne rien montrer de plus. Après tout, l'Uchiha avait raison. Jusqu'ici, tout le monde avait sous-estimé la jeune femme, en la surprotégeant, lui le premier quand il avait voulu l'envoyer dans un des Centres de protection alors qu'elle aurait pu se rendre utile à l'arrière, mais il se rendait compte que cette période était terminée. Et Midori avait largement prouvé, en allant chercher Madara, qu'elle n'avait pas besoin d'aide quand il s'agissait de faire ce qu'elle devait faire.
Plusieurs secondes passèrent, dans un calme plat, et Madara, en remarquant que le regard du Senju avait changé, posa une main douce sur l'épaule de la jeune femme pour lui faire prendre place sur une chaise avant de reculer, en croisant les bras, attendant qu'Hashirama prenne la parole en premier.
Mais devant le regard profondément vert et ingénu de la jeune femme, il n'en avait pas le courage, et ce fut bien Madara qui dut se lancer.
- Midori, nous avons prévu d'abaisser le bouclier dans quelques mois, informa-t-il.
- Quand .. ?
- Trois mois, au maximum. L'armée des Senju sera prête et nous ne devons pas laisser plus de temps aux Uchiha de s'organiser.
La jeune femme acquiesça, sans crainte dans le regard et Hashirama croisa les bras en soupirant, pas vraiment satisfait.
- Senju, appela ensuite Madara en jetant un coup d'oeil à l'autre. L'entrainement était ma façon de la tester.
- Et tu crois que le jeu en valait le coup ?
- Ça n'était pas un jeu, sinon, elle n'aurait pas été blessée. Mais il y a une chose que Jirayia ne t'a pas dite à son propos.
Hashirama garda le silence, patient et Madara tendit la main pour poser le bout des doigts sur l'épaule de la jeune femme.
- Minato ne lui arrive pas à la cheville, en terme de vitesse.
- Tu peux répéter ? Souffla Hashirama, les yeux écarquillés.
- Je n'ai jamais vu ça. Si mes sharingans n'étaient pas aussi développés, j'aurais été incapable de la toucher.
Intriguée, et ne se sachant pas une telle capacité, Midori releva lentement la tête et Madara continua :
- Avec un sabre entre les mains, elle ferait un ravage. Personne ne serait capable de la voir venir.
- Je demanderai à Minato de la tester.
- Si tu veux, grogna Madara avec un sourire narquois. Mais je sais ce que je dis.
Midori secoua discrètement la tête, en pensant que Madara avait sûrement perdu l'esprit mais celui ci changea immédiatement de sujet :
- Ensuite, Hashi, tu dois lui dire, pour les bébés.
- Les bébés .. Qu'est ce qu'ils ont ? Paniqua immédiatement la jeune femme.
Après un regard sombre vers Madara, parce qu'il n'avait eu aucune envie que la jeune femme apprenne ça de cette façon, le Senju souffla en prenant appui sur le bureau.
- J'ai reçu les premiers résultats du laboratoire. Ils ont travaillé toute la nuit là dessus. L'un des jumeaux est un garçon, comme je te l'avais annoncé, et l'autre une fille.
Cette nouvelle n'était pas tellement surprenante, pour Midori, qui s'en était douté et, en observant un instant Madara, il fut simple de déduire que lui le savait déjà. Et surtout, qu'il y avait beaucoup plus que ça à savoir.
- Mais … Je suis désolée, Midori.
- P-pourquoi ?
- Il y a de grandes chances pour qu'ils naissent morts-nés.
- Pardon ? Explosa-t-elle en se levant.
Madara, qui s'était approché d'elle justement pour canaliser ce genre de réaction, lui prit la main, rassurant et Hashirama détourna les yeux.
- Ils ne sont pas assez forts.
- Mais je croyais que ..
- Oui, ils avaient l'air en forme, à l'échographie et je peux t'assurer que j'ai moi même vérifié les analyses deux fois pour être sûr mais personne n'aurait pu le deviner.
- Qu'est ce que ça veut dire ? Concrètement ?
- Ça veut dire qu'il y a quatre-vingt dix neuf pour cent de chances qu'ils soient tous les deux décédés à la naissance. Mais si tu fais très attention, l'un d'eux pourrait peut être survivre.
- M-Mais je ne pourrais pas les avoir tous les deux … ?
- Je ne vais pas te mentir, Midori, murmura Hashirama. Mais ça n'est pas possible.
Choquée par ce qu'elle venait d'apprendre, la jeune femme se recula pour se laisser tomber sur le fauteuil qu'elle avait occupé, un peu plus tôt et ferma les yeux. Ça n'était pas possible, n'est ce pas ? Non, c'était forcément un cauchemar, et elle allait se réveiller. Non ?
Mais elle ne se réveillait pas, et elle avait tellement mal. Ses bébés allaient simplement mourir à cause de ce qu'elle était, ça ne faisait aucun doute. Et elle ne pouvait rien faire pour les sauver. Rien du tout.
Cependant, Hashirama avait dit qu'il y avait une chance pour que l'un d'eux survive et la jeune femme ne voulait pas prendre de risque.
- Qu'est ce que je dois faire pour les aider ? Est-ce que …
- Déjà, tu dois arrêter les entrainements sauvages avec Madara, grogna le Senju, avec un regard sombre.
À ces mots, Madara et Midori échangèrent un regard mais l'Uchiha ne semblait pas plus perturbé que ça. Et la jeune femme avait compris que celui ci était déjà sûrement au courant depuis le matin de ce détail, mais qu'il ne lui avait rien dit. Au contraire, il l'avait poussée à se battre et à donner le meilleur de soi même.
Était-ce pour ça qu'il avait paru aussi distant, dans la matinée ?
- Ensuite, continua Hashirama, tu dois garder tes forces. Tu peux toujours sortir et même aller voler, mais pas d'effort trop important.
- C'est à dire ?
- Demain, je demanderai à Minato de t'emmener voler, pour mesurer tes capacités et ça sera la dernière fois jusqu'à l'accouchement que tu pourras faire quelque chose de ce genre.
Les lèvres pincées, la jeune femme acquiesça lentement. Si elle devait le faire, elle le ferait, mais elle allait avoir besoin d'aide, pour ça et Madara le comprit rapidement.
- Tobi ne fait pas partie de l'armée, dit-il simplement. Pas vraiment, et il n'a pas besoin de suivre les entrainements et les remises à niveau. Il se fera une joie de s'occuper de toi.
Après un léger soupir de soulagement, Midori hocha lentement la tête et Hashirama, le coeur lourd de la voir aussi mal, prit sur lui pour s'accroupir en face d'elle, en lui tenant doucement les mains :
- Je ne ferais pas la même erreur deux fois, je ne t'enverrais pas dans un des Centres de protection. Mais tu dois comprendre que quand la bataille commencera, tu ne seras en sécurité nulle part et d'après nos informations, Izuna va tout faire pour te tuer.
- Vos informations ? Questionna la jeune femme en fronçant les sourcils.
- Usui, intervint Madara. Elle est toujours en contact avec ses amis de la résistance, de l'autre côté et il y a plusieurs Uchiha, parmi eux. Tu connais sûrement Hikaku Uchiha, non ?
Une grimace déforma le visage de la jeune femme, qui acquiesça en grognant qu'elle le haïssait et Madara eut un sourire en coin :
- Un de mes meilleurs hommes. Et il gardait aussi un oeil sur toi.
- Et donc … Il vous a donné des informations ?
- Des tas. Izuna ne l'a jamais suspecté et Hikaku est très proche de lui. Mais, quand la guerre éclatera, le premier but de mon frère est de te tuer pour les deux affronts que tu lui as fait.
Comprenant qu'elle ne pouvait rien faire contre ça, Midori soupira en frottant un instant son visage :
- Qu'est ce que je dois faire ?
- Tu resteras à l'arrière, intervint Hashirama. Mito, Mei et même Kushina seront au combat, mais nous auront toujours besoin de bras pour la logistique ou les hôpitaux de campagne et tu seras avec Tobi. Lui est doué pour les soins et il pourra s'occuper des blessés que nous ne pourrons soigner sur le champ. Tu l'assisteras, si ça te convient. Le baume est prêt et ..
- Le baume ? Interrompit Midori.
En se rendant compte que personne ne l'avait encore mise au courant, le Senju acquiesça avec un léger sourire.
- J'ai réussi à créer un baume cicatrisant, à partir de ton sang. Chaque combattant en aura un tube dans ses affaires, et il permettra de soigner les blessures les moins importantes.
- T-tu as réussi ..
- Je n'ai pas eu grand chose à faire. Et ce qui restait de ton sang servira pour les blessés les plus graves, qui vous seront transférés par les navettes. Tu t'en sortiras très bien, surtout si tu sais maitriser les soins.
Dans un sens, la jeune femme était contente d'avoir une occupation et il était clair, pour elle, qu'elle allait faire de son mieux pour assister son ami dans sa tâche. La seule chose qu'elle espérait, là dedans, était de ne jamais voir de visages familiers parmi les blessés.
Puis, Hashirama soupira en se disant qu'il allait être délicat de le lui faire comprendre mais il se lança quand même :
- Midori, tu dois comprendre que si même ta mère n'a pas réussi à …
- Hashi, je ne suis pas Hazuki.
Ces quelques mots, accompagnés d'un regard déterminé, n'étaient peut être pas suffisants pour rassurer le Senju mais que pouvait-il dire d'autre ? A présent, Midori savait tout ce qu'elle avait à savoir et il était difficile, pour lui, d'ajouter autre chose. Après tout, elle venait d'apprendre que les enfants qui grandissaient au creux de ses entrailles n'allaient peut être pas survivre et qu'elle ne pourrait rien faire contre ça. Mais il la connaissait, et savait qu'elle ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour que ça n'arrive pas.
Parce que quoiqu'elle dise, elle ressemblait terriblement à sa mère. Trop, peut être, et il espérait qu'elle ne sacrifierait pas sa vie pour sauver ses enfants.
Puis, un détail revint à la jeune femme et elle releva lentement la tête vers Madara avant de demander, avec douceur :
- Où est Tobirama ?
- Il a besoin de calme depuis que je lui ai annoncé pour les bébés. Ne t'inquiète pas, il a juste besoin de temps.
Mal pour lui, Midori soupira longuement avant de se redresser et se lever.
À présent qu'elle savait tout ce qu'elle avait à savoir, même des choses qu'elle aurait préféré ne jamais entendre, tout lui paraissait beaucoup plus clair. Et il allait falloir qu'elle soit forte, qu'elle ne cède pas à la panique et qu'elle fasse de son mieux pour toujours montrer le meilleur d'elle même, mais après tout, c'était exactement ce que Jirayia lui avait appris à faire.
Alors, pensant qu'aller se reposer ne serait pas une mauvaise idée, Midori sortit lentement du bureau, en laissant les hommes derrière elle et alla prendre place au salon, sur un des fauteuils dans lequel elle se blottit, les bras autour de son ventre.
- Ne vous inquiétez pas, soufflait-elle à ses enfants. Je ne vous laisserai pas tomber.
Elle n'eut pas de réponse, bien entendu, mais au moins, elle était certaine qu'ils les avaient entendue.
Dans le bureau, Madara et Hashirama avaient attendu que la jeune femme soit hors de vue pour reprendre leur conversation, mais celle ci fut rapide. Hashirama demanda simplement à Madara comment lui avait pris la nouvelle, pour les bébés, et pour unique réponse, Madara souffla, avec un regard en biais :
- Elle les portera, et ils seront tous deux en pleine santé.
- Tu l'as vu ? Questionna Hashirama, en parlant des sharingans.
- Je n'ai pas besoin de voir l'avenir pour le savoir. Tu n'as juste aucune idée de son pouvoir.
Les sourcils froncés, le Senju prit un instant appui derrière son bureau, pour tenter de prendre un peu sur lui mais il savait que l'ambiance allait être morne pendant plusieurs jours. Comme Midori n'avait rien dit, à ce propos, il préférait ne pas prévenir d'autres personnes. Seuls Tobirama, Mito et Madara étaient au courant, en plus de lui et de Midori, et ça resterait comme ça, à part si elle estimait que d'autres personnes devaient être mises dans la confidence.
Mais il savait parfaitement qu'elle n'irait jamais en parler à Kagami. Lui paniquerait rapidement, ne souhaitant pas répéter ce qui s'était passé avec Hazuki et Hashirama ne voulait en aucun cas mettre de la pression supplémentaire sur les épaules de sa filleule.
Quand il releva les yeux vers Madara, cependant, Hashirama eut mal au coeur en voyant l'expression fermée de l'Uchiha. Quoiqu'il puisse dire, qu'il puisse penser, cette situation le touchait quand même. Il aimait déjà ces enfants, qu'ils soient de lui ou non, ça ne faisait aucun doute, et si Midori les perdait, lui aussi.
Cependant, quand Madara sortit de ses pensées, pour croiser le regard de son homologue, il avait retrouvé son air habituel.
- Tu as reçu les résultats des tests de paternité ? Questionna-t-il.
- Non. Je voulais d'abord m'assurer que la vie de Midori ne serait pas en danger. Je devrais les avoir bientôt.
- J'aimerais que tu m'en informes en priorité.
Hashirama acquiesça, en se disant que de toutes façons, ça n'aurait pas d'importance pour la suite et Madara ajusta ses cheveux.
- Je vais aller prévenir Tobi et j'ai besoin de relire un livre à la bibliothèque. Essaye de trouver ton frère. Il a besoin de toi.
- Je sais.
Sur ces mot, les hommes sortirent de la maison et se séparèrent, résistant tous deux d'aller réconforter la jeune femme qui, entre deux hoquets, tentait de ne pas fondre en larmes. Hashirama prit la direction de la campagne, où Tobirama possédait une petite maison, ou une cabane, plutôt, dans laquelle il passait du temps quand ça allait mal et Madara se rendit dans l'appartement du cadet Senju pour y trouver son fils adoptif.
Celui ci était en train de lire, comme à son habitude mais Madara l'informa rapidement de la situation, en lui précisant que c'était sa mission, à présent, de s'occuper de Midori et Tobi n'eut besoin qu'on le lui dise qu'une fois. Et à peine eut-il toutes les informations que son père avait voulu lui donner que le jeune homme avait déjà quitté l'habitation.
En arrivant chez les Senju, Tobi prit tout de même le temps d'aider Mito, qui rentrait à ce moment avec les provisions de la semaine. Il était évident que la femme avait pleuré. Ses yeux étaient rouges, son nez irrité et sa lèvre inférieure tremblait doucement. Mais elle savait qu'elle devait être forte pour Midori. Cependant, elle accepta quand même une légère étreinte venant de Tobi, celui ci ayant toujours été adorable avec tout le monde et Tobi se rendit ensuite dans le salon, à la rencontre de sa meilleure amie.
Tobi était un bon garçon. Sensible mais extrêmement courageux, avec la tête très froide, surtout dans ce genre de moments. Il ne pleurerait pas, pour Midori, pas si ça pouvait l'aider à aller mieux et il ferait de son mieux pour la faire sourire, mais quand il la vit, prostrée sur le canapé, les mains agrippées sur le tissu qui recouvrait son ventre, il sut que ça allait être difficile.
Sans un mot, il s'approcha d'elle, la souleva avec une force déconcertante et l'emmena à l'étage, jusque dans les combles où elle avait élu domicile. Puis, il l'entoura de ses ailes immaculées, pour la tenir contre lui en douceur, le nez dans son cou et lui murmurer les phrases d'un livre qu'il connaissait par coeur.C'était réconfortant, parce qu'il savait que Midori n'écouterait pas vraiment. Elle se laisserait porter par le son de sa voix et finirait toujours par se calmer.
Et, confortablement installée dans ce cocon, la jeune femme finit par s'endormir, le coeur lourd et terriblement mal.
La fin de l'après midi, ainsi que la soirée passa rapidement. C'était simple, Midori n'avait pas accepté de descendre, ne serait-ce que pour manger et avait préféré voir Tobi leur rapporter leur diner. Tous deux installés sur le lit, ils avaient pris leur repas, en silence, et même si elle n'avait pas du tout faim, la jeune femme s'était forcée à avaler le contenu de son assiette. Mais elle ne le faisait pas pour elle, mais bien pour ses bébés. Ils devaient prendre des forces.
Plus tard, après que Tobi ait fait un micro rapport au rez de chaussée sur l'état de la jeune femme, Midori avait enfin trouvé le courage de lui parler. Blottie contre les ailes de son ami, alors que celui ci la tenait toujours contre lui, un hoquet lui avait échappé.
- J-je ne veux pas les perdre, soufflait-elle. Je me fous qui est le père, mais je veux …
- Je sais.
- Qu'est ce que je suis censée faire ?
- Je ne peux pas te dire. Mais depuis toujours, je sais que tu es unique, qu'il n'y a personne comme toi au monde, et peu importe ce que les autres disent, tu es capable de beaucoup.
- N-non ..
- Midori … Tu es allée chercher Madara, seule !
- J'ai juste eu de la chance …
- Non, Midori. Ça n'était pas de la chance. Tu es exceptionnelle et tu dois te mettre ça dans la tête. Personne d'autre que toi aurait pu le faire.
Nauséeuse, la jeune femme releva la tête vers son meilleur ami, qui l'observa un long moment avant de glisser les mains sur ses joues. De la même manière qu'il l'avait fait, quand il lui avait donné son premier baiser, cinq ans auparavant. Mais elle ne pouvait se détourner, devant ce regard profondément noir et les yeux posés sur les lèvres de son ami, elle se demanda vaguement s'il n'allait pas l'embrasser, là, sans prévenir.
L'extrémité des doigts de Tobi glissèrent sur ses tempes, jusqu'à ses cheveux, frôlèrent ses oreilles qu'il savait sensibles, du pouce, il caressa lentement la lèvre inférieure de la jeune femme en posant lentement le front sur le sien, mais alors qu'elle était à présent persuadée qu'il allait l'embrasser, Tobi s'écarta doucement pour se redresser, l'embrasser sur le front en la serrant contre lui.
- Peu importe ce que tu penses, Midori. Mon père, les Senju, Kagami, tout le monde le dit. Tu es la personne qui nous aura fait gagner la guerre.
- M-mais …
- Les Senju avaient besoin de Madara, souffla Tobi. Parce qu'il est un guerrier respecté et puissant. Mais tu as fait plus, en rapportant du sang de l'autre côté. Tu t'es assurée que la guerre serait retardée, pour que nous puissions nous préparer.
- Mais les Uchiha se préparent aussi.
- Les Uchiha ne sont plus qu'une poignée, il y a peu de chances pour qu'ils aient la puissance contre notre camp.
- Et si les humains combattent aussi ? Et si Izuna a trouvé quelque chose .. ?
- Je n'en sais pas plus que toi, Midori.
- Je n'ai pas confiance en Hikaku.
- Moi non plus.
Ces trois mots suffirent à rassurer Midori à ce propos. Après tout, elle connaissait son ancien chef de section, et même si elle n'avait pas eu affaire à lui souvent, sa réputation le précédait. Et ça n'était pas un homme de coeur, bien au contraire. Les rumeurs disaient même qu'il était capable du pire.
Et puis, Tobi, comme elle, avait un point de vue différent des choses. Ils étaient comme des spectateurs, pas réellement impliqués dans ce qui s'était passé autour d'eux. Deux parias sans vraiment de famille qui n'avaient rien à faire là mais qui n'avaient pu échapper aux doigts tendus et aux critiques.
Même Usui, qui pourtant était restée au service d'Izuna pendant longtemps, n'avait certainement pas un point de vue aussi juste que le leur. Elle était trop impliquée pour ça.
- Mais ses informations sont fiables, ajouta Tobi après un temps. Parce que papa l'a dit.
La confiance aveugle qu'avait Tobi en son père n'était pas étonnante, mais Midori était amusée de le voir aussi sérieux quand il appelait Madara « papa ». Il l'aimait profondément, ça ne faisait aucun doute.
Finalement, alors que tous deux commençaient à fatiguer, Tobi salua chaleureusement son amie en lui promettant que le lendemain, il viendrait la chercher pour qu'ils aillent se balader un peu et Midori accepta avec un sourire. Tobi avait un don, pour lui remonter le moral et elle espérait qu'il resterait à ses côtés, quoiqu'il se passe.
Mais une fois de nouveau seule dans sa chambre, Midori constata, difficilement, que le silence ne lui plaisait pas, et qu'elle n'aurait pas dit non à un peu de compagnie, pour la nuit. Et surtout, que Tobirama lui manquait, où qu'il puisse être. Cependant, elle n'avait aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver et une autre personne serait capable de lui tenir compagnie.
Ainsi, à pas de loups, Midori se releva pour descendre à l'étage inférieur, qui était très silencieux. Il était tard, déjà, et Tobi avait dû faire attention au bruit parce qu'elle ne l'avait pas entendu redescendre mais de la lumière filtrait sous la porte de Madara et Midori n'hésita pas une seule seconde avant de s'y engouffrer.
En entrant, la jeune femme avait pensé qu'il était peut être en train de lire, allongé dans son lit, d'un air las mais la réalité était toute ailleurs. Madara, penché sur un petit bureau, semblait être en train d'écrire mais sa plume ne bougeait pas. Face à la porte, il fixait un point invisible devant lui et ses yeux semblaient briller. Son expression était totalement impassible et au moment où une latte de plancher craqua sous les pieds de la jeune femme, il sursauta légèrement, en sortant de ses pensées et, après un instant de flottement, il adressa un regard intrigué à la jeune femme.
Mais il l'ignora. Il ne l'avait regardée qu'une ou deux secondes, avant de se mettre à écrire sur le gros livre que Midori reconnut comme étant celui qu'elle avait porté, alors qu'ils avaient traversé la Séparation. Celui qui avait trôné sur le bureau d'Hashirama, quand ils avaient eu leur conversation, quelques heures plus tôt.
Madara écrivait frénétiquement, et Midori se demanda s'il n'allait pas déchirer le papier avec sa plume mais, comprenant qu'il ne parlerait pas tout de suite, elle referma la porte derrière elle, s'approcha du lit pour y entrer et elle s'allongea en silence, le regard posé sur son chef de clan.
De longues minutes passèrent, avant qu'il ne relève les yeux de son livre et il n'avait jamais paru aussi fatigué. Des cernes sombres soulignaient ses yeux et Madara bailla un instant, en se grattant la nuque avant de se lever, se déshabiller sans jamais regarder la femme qui occupait son lit.
Midori ne s'était pas attendue à ce qu'il dorme nu mais après tout, elle n'était plus à ça près. Et ils avaient eu un corps à corps beaucoup plus intime, dans l'après midi, à un moment auquel elle ne s'était pas du tout attendu.
Toujours sans parler, Madara s'allongea près d'elle, l'attira contre lui pour croiser les bras en bas de son dos et Midori se retrouva rapidement bloquée contre le corps sculpté avec soin de son chef de clan. Celui ci l'embrassa d'abord dans le cou, inspirant son parfum avec douceur, ignorant ses envies animales qui tentaient de reprendre le dessus mais Midori fit l'erreur de l'embrasser, sur les lèvres, une main glissée dans ses cheveux.
Mais à en voir le regard de la demoiselle, elle n'avait pas fait ça par hasard, et si Madara n'était alors plus capable de retenir sa nature, Midori assuma pleinement les conséquences de ses gestes. Elle n'avait pas prévu ça, non plus, pas plus qu'elle n'avait prévu qu'ils fassent l'amour sur un arbre, dans une telle position, mais se sentir aussi choyée était plus rassurant que n'importe quelles paroles.
Dans la chambre d'à côté, Hashirama et Mito se regardaient dans les yeux, tous deux terriblement touchés par les mauvaises nouvelles de la journée, mais en entendant un soupir assez reconnaissable s'élever de l'autre côté du mur, ils eurent un sourire.
Et aucun des quatre habitants de la maison ne ferma l'oeil, cette nuit là.
