A/N : Désolée pour ce délai d'attente, encore ue fois très important... je vous promet que je fais le maximum pour pster le plus rapidement possible sans bacler les chapitres ^^'

J'espère que celui ci va vous plaire !

Merci ENORMEMENT pour vos reviews ! Merci, merci, merci !

Bonne lecture,

Keep Calm and Love Reading

PS : ce chapitre est plus long : un peu plus de 4,800 mots :) !


Tobias POV

J'ouvre la porte de l'appartement et entre dans le séjour, Andrew Prior sur mes talons. Je sais que Tris est en congé aujourd'hui, et elle m'a dit qu'elle ne sortirait pas ce matin, qu'elle attendrait mon retour. Je scanne la pièce, mais elle n'est pas ici. Quand je suis parti vers dix heures, elle prenait son petit-déjeuner. Il est à peine onze heures moins le quart, elle doit être dans la chambre en train de se préparer.

- Où est-elle ? me demande son père. Vous m'avez bien dit qu'elle ne travaillait pas aujourd'hui ?

- Oui, ne vous inquiétez pas. Elle doit être…

Je suis à deux doigts de dire « dans notre chambre », mais j'ai le sentiment que ce n'est pas la meilleure chose à dire à son père. Je me rattrape in extremis :

-… en train de faire du rangement. Installez-vous, je vous en prie, lui dis-je en le guidant dans le salon.

Il ne discute pas et prend place sur le canapé. La journée vient à peine de commencer, mais il est déjà exténué, abattu. Il se prend la tête dans les mains.

- Je vais chercher Tris, lui dis-je, avant de m'éloigner.

Je me dirige vers la chambre. Lorsque j'ouvre la porte, restée fermée, un courant d'air glacé me frappe. La baie vitrée donnant sur le balcon est ouverte. Des feuilles qui étaient posées sur la commode se sont envolées et une partie des draps est complètement retournée. Cependant, toujours aucun signe de Tris. Un frisson me parcoure. Je m'empresse de fermer la fenêtre et tire le rideau. Elle est forcément dans la salle de bain, me dis-je pour me rassurer. J'entre dans la pièce attenante à notre chambre et sens un poids quitter mes épaules quand je la vois, les yeux fermés, endormie dans la baignoire remplie de mousse. Je trempe le bout de mes doigts dans l'eau, encore tiède. Je souris en la voyant dormir, l'air serein. Ces derniers jours, elle a fait des cauchemars chaque nuit ou presque criant dans son sommeil, se réveillant en sueur. Elle est très fatiguée, et ces quelques jours de repos vont lui faire le plus grand bien je pense. Je dépose un léger baiser sur ses lèvres pour la réveiller, et elle sursaute légèrement.

- Tu es déjà là ? me demande-t-elle en clignant des yeux. Je ne me suis même pas sentie m'endormir.

- Tu aurais dû rester plus longtemps au lit, je lui réponds alors qu'elle sort de l'eau pour s'enrouler dans un peignoir. Ton père est ici, je poursuis. Il veut te voir.

En entendant mes mots, elle se tourne vers moi.

- Comment ça s'est passé ? me demande-t-elle.

Je vois dans ses yeux qu'elle est inquiète. Tant pour son père que pour moi.

- Il veut te voir, je lui réponds simplement. Il est très inquiet pour toi.

Je vois les larmes perler à ses yeux, et m'empresse de les effacer.

Je fais quelques parts vers elle et l'entoure de mes bras.

- Sèche-toi et habille-toi, je lui dis doucement. Je vais nous préparer du café.

Elle hoche la tête et s'écarte de moi.

- Je suis là, d'accord ? Ça va aller, lui dis-je en prenant sa tête entre mes mains.

Elle hoche de nouveau la tête et m'adresse un faible sourire que je lui rends. Je l'embrasse une dernière fois avant de quitter la pièce pour la laisser se préparer.

Je retourne au salon où Andrew n'a pas bougé. En entendant des pas, il lève la tête. Lorsqu'il ne voit pas Tris derrière moi, il fronce les sourcils.

- Elle arrive ?

- Dans quelques minutes. Je peux vous servir quelque chose à boire ?

- Non. Merci.

Je le laisse dans ses pensées et prépare tout de même du café. Le silence est pesant, entrecoupé seulement par le bruit de la machine J'observe Andrew du coin de l'œil. Il s'est levé et fait maintenant les cent pas entre le salon et la table de la salle à manger, jetant des coups d'œil aux cadres photos posés sur la commode. Il y en a de Tris et moi, mais également beaucoup de ma famille, de mes parents.

Soudain, il s'arrête devant l'une d'elle, ne pouvant en détacher son regard. Sans même la voir, je sais de laquelle il s'agit.

Je dépose les cafés sur la table et Andrew se tourne vers moi.

- C'était où ? Et quand ? me demande-t-il en désignant la photo qu'il regardait.

Il ne semble pas énervé. Juste curieux.

Je souris en dirigeant mon regard vers le cadre.

- Début juillet, je lui réponds en repensant à cette soirée. Au gala de charité organisé par ma mère.

Tris est resplendissante sur cette photo. Je me souviens de cette magnifique robe de cocktail rouge qui lui allait magnifiquement bien. Elle affiche un énorme sourire et je sais pourquoi. Nous avons pris cette photo quelques minutes après que nous nous soyons embrassés pour la première fois. J'ai le bras passé autour de sa taille et les yeux tournés vers elle. Mes parents se trouvent à côté de nous, souriant eux aussi.

- Est-ce qu'ils savaient à ce moment-là qu'elle était ma fille ? poursuit-il.

Je détache mes yeux de la photo et reporte mon attention sur lui.

- Ma mère le savait. Mon père non. Il ne l'a su qu'à peu près en même temps que vous.

Il ne me répond pas et m'observe. Je soutiens son regard, mais alors qu'il ouvre la bouche, nous entendons des pas approcher. J'observe Tris entrer dans le salon. Nous échangeons un regard, et au même moment Andrew se tourne vers elle.

- Ma chérie, commence-t-il en se dirigeant vers sa fille.

Tris POV

Mon père me prend dans ses bras. Il me serre tellement fort contre lui que je ne bouge plus, mais le voir me fait du bien. Savoir qu'il sait me soulage.

- Je suis désolé de ce qui s'est passé, ma chérie. Tobias m'a expliqué, me dit-il en s'écartant.

J'ai les larmes aux yeux, mais je souris à mon père. Ses yeux reflètent son inquiétude.

- Je suis désolée de ne pas t'en avoir parlé plus tôt, papa, lui dis-je.

Il fait un pas en arrière et m'observe, mais n'enlève pas ses mains qui m'empêchent de bouger.

- Je ne t'en veux pas, ma puce. Mais je voudrais comprendre. Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? Tu sais bien que tu peux tout me dire. Je serai toujours là pour toi, me demande-t-il, et je peux entendre la tristesse dans sa voix.

Je ne lui réponds pas car je ne veux pas qu'il entende ma voix vaciller. Je voudrais lui dire la raison de mon silence : parce que je n'ai pas eu la force de l'entendre accuser Tobias de l'entendre me dire que tout était de sa faute Mais je ne trouve pas le courage.

Je sens la main de Tobias sur mon épaule. Je m'écarte de mon père et tourne la tête vers lui.

- Installez-vous au salon, nous dit-il. Je vous ai préparé du café.

Je hoche la tête en lui adressant un sourire reconnaissant.

Je m'installe sur le canapé avec mon père, et lui parle des démarches que nous avons faites. Mon témoignage à la police, celui de Lauren qui a vu mon agresseur, et celui de mon agresseur lui-même. Je lui dis où et quand se déroulera le procès, et pendant tout le long, mon père ne lâche pas une seule seconde ma main. Lui en parler n'est pas facile, mais je comprends maintenant qu'il est là pour moi, et qu'il le sera toujours. Malgré Tobias, malgré le nom de Eaton.

Tobias nous rejoint avec le pot de sucre et tend une tasse de café à mon père qui le remercie d'un sourire. Il met un sucre dans une tasse avant de me la tendre et de venir s'asseoir à côté de moi, sa main, chaude, réconfortante, sur ma cuisse.

- Tris, commence mon père, je veux que tu saches que je serais toujours là pour toi.

Tobias exerce une légère pression sur ma jambe et je comprends son message. Moi aussi je suis là.

- Je sais que, récemment, je n'ai pas toujours été très compréhensif, poursuit-il, son regard déviant vers Tobias. Je sais que mon attitude a pu te décevoir, mais ce ne sera plus le cas. Je te le promets. Je ne veux que ton bonheur, et ta sécurité. Et Tobias m'a montré qu'il était capable d'assurer ses deux choses.

Je suis très émue aux mots de mon père.

- Et je l'en remercie, conclut-il en regardant mon petit-ami droit dans les yeux.

Je dirige mon regard vers lui, et je peux voir que ces mots le touchent aussi.

Il s'apprête à prendre la parole, mais la sonnerie de son téléphone le devance.

Il le sort de sa poche, jette un coup d'œil à l'écran, et lève les yeux vers moi, puis vers mon père.

- Excusez-moi, dit-il.

Je devine à l'expression de son visage qu'il s'agit sans doute de Marcus. Ça ne peut être que lui un lundi à cette heure-ci.

Il s'apprête à refuser l'appel, mais mon père intervient

- Non, décrochez, je vous en prie. Je… Vous pourrez me le passer ? lui demande-t-il calmement.

Tobias est trop surpris pour répondre, sa bouche s'entrouvre sous l'étonnement. Il se reprend cependant en entendant son téléphone continuer de sonner. Après un dernier coup d'œil à mon père qui l'encourage d'un sourire crispé, il décroche et se lève avant de s'éloigner vers la cuisine.

C'est à mon tour d'observer mon père. Son regard croise le mien, et il me sourit légèrement.

- Nous ne pouvons pas continuer comme cela, me dit-il. Le père de Tobias et moi avons le même objectif : vous voir heureux. Et il me semble que cela implique que nous fassions, l'un comme l'autre, un effort.

Je n'aurais jamais cru entendre ces mots sortir de la bouche de mon père.

Je l'observe quelques instants. Ces traits sont tirés, il semble fatigué, mais je peux aussi voir sa détermination.

Tobias revient vers nous, toujours au téléphone.

- Oui, je te tiens au courant dans la journée, dit-il.

Il marque une pause et regarde mon père.

- Je suis avec quelqu'un qui voudrait te parler…, poursuit-il, une pointe de surprise toujours présente dans sa voix.

Mon père hoche la tête pour lui affirmer sa volonté et tend la main pour attraper le téléphone. Lentement, Tobias lui donne, et je sais qu'à partir de maintenant, la situation ne dépend plus de Tobias ou de moi, mais bien directement des deux interlocuteurs, à savoir nos pères respectifs, ennemis depuis toujours.

- Bonjour, Marcus, commence mon père quelques secondes plus tard, d'un ton résolu.

Tobias me fait signe, je me lève et le suit dans notre chambre pour laisser mon père discuter tranquillement.

Il s'assoit au bord du lit et je m'assois sur ses genoux. Nous restons silencieux un moment, encore sous le choc de ce qui vient de se passer. Je me demande ce que mon père va dire à Marcus, et comment ce-dernier va réagir. J'espère vraiment que la situation ne va pas s'aggraver. Finalement je me tourne vers Tobias qui semble perdu dans ses pensées. Je passe une main dans ses cheveux, et il noue -presque instinctivement- ses bras autour de ma taille. Et, alors que je repense à ce que mon père a dit, je me rends compte du rôle qu'il a eu : c'est lui qui est allé lui parler de ce qui m'était arrivé, lui qui a d'abord, et sans hésiter, entamé la discussion avec son père pour que tout se passe bien entre lui et moi il a toujours défendu notre relation, tandis que je me suis contentée d'apaiser le feu du mieux que je pouvais du coté de mon père.

- Merci, je lui lance.

Il me regarde, l'air interrogateur.

- Merci de toujours être là pour moi, je poursuis. Merci d'être allé voir mon père ce matin, d'avoir été présent durant les quatre dernières semaines dès que j'avais besoin de toi.

Tobias ouvre la bouche mais je ne lui laisse pas le temps de m'interrompre.

- Merci de t'être battu pour nous, même quand moi-même je doutais, merci de n'avoir jamais abandonné. Je ne sais pas ce que nous serions sans toi, je conclus.

Cette pensée me rend triste, mais c'est la vérité.

Je me rends compte que cette relation doit beaucoup plus à Tobias qu'à moi. Il n'a jamais fléchi quand mon père désapprouvait notre relation, contrairement à moi. Et je veux qu'il sache que j'en suis consciente.

- Et moi alors ? me dit-il en m'attirant à lui, riant légèrement. Qu'est-ce que je serais sans toi ?

Je souris contre lui.

- Ne pense jamais que tu ne me dois quelque chose, Tris. Tu m'apportes beaucoup plus que tu ne le crois.

- Arrête de dire des bêtises, lui dis-je en levant les yeux vers lui.

- Je ne dis pas de bêtises, me répond-il, et je vois la sincérité dans ses yeux.

Je ne peux pas m'en empêcher et dépose un baiser sur ses lèvres alors qu'il me sert contre lui.

- J'espère que leur discussion va bien se passer, je continue, ma tête dans son cou. Si ton père s'énerve…

- N'y pense pas, me répond Tobias. Ton père fait preuve d'une très forte volonté, c'est le principal, poursuit-il en relevant mon menton pour que mes yeux rencontrent les siens.

Il se penche vers moi et m'embrasse, et je veux y croire. Je veux espérer que mon père et Marcus vont réussir à se parler, à se trouver un jour dans la même pièce sans se fusiller du regard. Je veux croire que nous n'avons pas fait tous ces efforts pour rien.

Tobias essaie de changer de sujet, mais ma jambe est agitée de tics, et il sent ma nervosité. Cependant, il n'essaie pas de m'arrêter, il sait que c'est impossible. Lui aussi doit être tendu, même s'il ne le montre pas.

Les minutes semblent être des heures, tant je suis nerveuse. Je n'ose pas aller voir mon père dans le salon. Cela pourrait très bien se passer, mais je ne veux pas risquer de l'entendre crier sur Marcus. La discussion qu'ils sont en train d'avoir est déterminante. S'ils n'arrivent pas à se parler, à trouver un terrain d'entente maintenant, il est peu probable qu'ils y arrivent un jour. Et cela voudrait dire que la situation, déjà compliquée, le serait encore plus. Finalement, le silence tendu est rompu:

- Tris ? j'entends mon père appeler depuis le salon.

Je me redresse et me dirige sans plus attendre vers la porte, mais Tobias me retient par le poignet.

- Quoi ? je lui demande en me retournant, agacée.

Malgré moi, mon ton est sec. Heureusement, Tobias ne s'en formalise pas.

- Si jamais leur discussion ne s'est pas bien passée, me dit-il en faisant un pas vers moi, je veux que tu saches que je ne bougerai pas. Je serai toujours à tes côtés.

Encore une fois, Tobias me montre son soutient, et je me radoucis.

- Je sais. Merci, lui dis-je avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres.

Je prends sa main chaude dans la mienne, et nous rejoignons mon père dans le salon. Il est debout, nous attend, un sourire aux lèvres. Il fait un pas vers nous. Finalement, au bout de ce qui me semble être une éternité, il prend la parole :

- Merci, dit-il en rendant son téléphone à Tobias. Votre père et moi avons beaucoup de choses à mettre au clair. Mais je ne vais pas accaparer votre salon et votre forfait téléphonique pour cela, poursuit-il, en riant légèrement.

Je n'arrive pas encore à me réjouir. La situation semble trop belle pour être vrai. Mon père qui fait de l'humour en parlant d'une discussion téléphonique qu'il a eue avec Marcus Eaton.

- Nous nous sommes donné rendez-vous autour d'un café, pour parler de vive voix, continue-t-il en me regardant, et je sens les larmes perlées à mes yeux.

Des larmes de joie. Je sens la pression de la main de Tobias sur la mienne, qui me rappelle que je ne rêve pas.

- Je vais donc vous laissez tranquille et vous souhaiter une bonne journée à tous les deux, conclut-il en nous regardant.

Je me dirige vers lui et le prends dans mes bras.

- Merci, je lui souffle en le serrant fort contre moi.

- Ne me remercie pas, ma puce, me répond-il en caressant mes cheveux. Nous allons traverser ça, ensemble. Je te téléphone ce soir.

Il s'écarte de moi et m'embrasse sur le front, avant de porter son attention sur Tobias.

- Merci, Tobias, lui dit-il en lui tendant une main, que mon petit-ami accepte immédiatement.

- Merci à vous d'avoir accepté de me rencontrer, M Prior, lui répond Tobias.

- Appelle-moi Andrew.

Je ne peux retenir un énorme sourire de se plaquer sur mon visage.

- Prenez soin l'un de l'autre, nous dit-il, son regard allant de Tobias à moi, en passant par nos mains entrelacées. Je saluerai Marcus pour vous, conclut-il avant d'ouvrir la porte et de quitter l'appartement, sans claquer la porte derrière lui cette fois.

Tobias et moi nous retrouvons tous les deux, plantés au milieu du séjour, ne sachant pas comment réagir. Je tire une chaise et m'assois avant de plonger ma tête entre mes mains et de laisser les larmes couler librement sur mes joues. Toute la tension qui s'était accumulée depuis mon agression, et même depuis le début de notre relation, s'évacue. Je sais à quel point le conflit entre mon père et Marcus a pesé dans notre couple, et me dire qu'ils vont se parler, essayer de mettre un terme à leur dispute, me soulage plus que je ne le pensais.

Tobias vient se placer devant moi et se met à genoux pour être à ma hauteur. Il écarte doucement les mains de mon visage et s'empresse d'essuyer mes larmes. Je ris contre lui alors qu'il me prend dans ses bras, toujours assise, mes jambes autour sa taille.

- Je n'arrive pas à croire que cela s'est bien passé. Que nos parents vont se parler, lui dis-je.

- Je t'avais dit qu'ensemble, nous y arriverions, me souffle Tobias.

- Arrête de me rappeler que tu as toujours raison, je lui souffle en riant, avant de me pencher vers lui pour que nos lèvres se rencontrent.

A cet instant, j'ai une pensée pour ma mère qui, je le sais, nous observe d'où elle est, un grand sourire aux lèvres.


2 jours plus tard (24 décembre !),

J'ai réussi à prendre deux jours de congé, et à avoir mon 25, mais en contrepartie j'ai tout de même dû travailler aujourd'hui. Et ce n'est pas parce qu'on est le 24 décembre que les patients ont besoin de moins de soins ou qu'ils sont moins nombreux ! A 18h30, je range mes affaires dans mon bureau avant de partir. Mon père nous attend, Tobias et moi, pour 20h, et nous en avons pour une petite heure de route. Nous ne sommes pas en retard, mais il ne faut pas traîner. Alors que je vérifie que je n'ai rien oublié et ouvre la porte, je tombe nez à nez avec Johanna. J'ai un mouvement de surprise et elle aussi.

- Excuse-moi, lui dis-je avec un sourire. Tu voulais me parler ?

- Je ne te dérange pas longtemps, me répond-elle en me rendant mon sourire. Je voulais juste te souhaiter un bon réveillon, et un joyeux Noël.

Depuis mon agression, Johanna a été très présente pour moi. Elle a été parfaite, et a fait preuve d'une gentillesse sans pareille, comme ne l'aurait jamais fait Jeanine Matthews, même si, en tant que directrice de l'hôpital, elle m'a bien sûr montré son soutien.

- Merci Johanna, toi aussi ! Qu'est-ce que tu as prévu ? je lui demande.

- Je reçois mes deux garçons, mes belles-filles et mes petits-enfants, comme tous les ans. Heureusement que mon mari est à la retraite, sinon je ne sais pas comment j'arriverais à préparer la quantité de nourriture suffisante pour nourrir cette tribut en travaillant la journée, poursuit-elle en riant. Et toi, qu'est-ce que tu fais ?

- Ce soir je vais chez mon père, et demain Tobias et moi passons la journée chez ses parents, je lui réponds simplement.

Je suis heureuse de cet arrangement. Je ne me voyais pas passer les fêtes sans mon père et Caleb, la seule famille qu'il me reste, mais je ne me voyais pas non plus ne pas être avec Tobias pour notre premier Noël. A ma plus grande surprise, c'est mon père qui m'a téléphoné hier dans la matinée pour me dire qu'il avait convenu d'un arrangement avec les parents de Tobias, si cela nous convenait. Bien sûr, nous avons accepté, et je l'ai remercié mille fois.

- C'est normal, ma chérie, m'a-t-il répondu. Tu n'es plus à moi tout seul maintenant.

Son ton était léger, mais je pouvais entendre la mélancolie dans sa voix.

Johanna me surprend en me prenant dans ses bras.

- Profitez bien, me souffle-t-elle.

- Merci, lui dis-je, toi aussi. On se voit dans deux jours.

Après un dernier sourire, elle s'éloigne. Elle sera la dernière ce soir, j'espère qu'elle pourra bien profiter de ses petits-enfants quand même.

Je ferme la porte de mon bureau et rejoint les ascenseurs pour aller chercher Tobias qui finit son service. Il a également réussit à avoir son 25 décembre, en travaillant aujourd'hui.

Je l'attends sur une chaise dans le couloir près de l'accueil du service, et envoie un message à mes amis pour leur souhaiter un bon réveillon : Christina, qui reçoit cette année sa belle-famille, Shauna, Marlène, Zeke et Uriah, reçus par les parents de ces derniers. Je sens des pas approcher et lève les yeux. Cependant ce n'est pas Tobias, mais Claire que j'aperçois au bout du couloir. Son regard croise le mien, avant qu'un homme et une femme ne l'interpellent.

- C'est quoi ce bordel ?! s'exclame l'homme lorsqu'ils rejoignent la jeune médecin. Vous êtes une des médecins qui s'occupent de Mélanie ? Il est où celui qu'on a vu l'autre jour ? poursuit -il, manifestement toujours très énervé.

Son ton et son attitude menaçante envers elle m'inquiètent et je me lève, faisant quelques pas dans leur direction.

Je vois que Claire essaie de maîtriser la situation et de calmer le père de famille, mais elle a du mal.

Je ne suis qu'à quelques mètres d'eux et m'apprête à aller aider la jeune femme – même si je ne l'apprécie pas, je sais ce que ça fait de devoir gérer avec des familles pas toujours compréhensives-, mais Tobias arrive à ses côtés. Il tourne légèrement la tête et me vois du coin de l'œil, avant de reporter son attention sur l'homme en face de lui.

- Monsieur Mayer, commence-t-il sur un ton très professionnel. Je suis le docteur Eaton et je m'occupe de Mélanie. Comment puis-je vous aider ?

- Ha ! C'est vous que j'ai vu hier ! s'exclame-t-il. Quand on est arrivé hier, on nous a dit que notre fille pourrait rentrer ce matin, et maintenant on me dit que vous voulez la garder en observation plusieurs jours ?! C'est quoi ce bazar ?

Mes yeux sont rivés sur Tobias, inquiète. Je sais qu'il sait garder son calme dans ce genre de situation, mais cet homme est très agressif.

- Nous pouvons aller discuter de cela dans mon bureau, si vous le voulez bien, leur dit-il en leur indiquant la porte de son bureau situé à quelques mètres derrière eux. Mais l'homme pousse violemment son bras tendu.

- Chérie…, essaie de le calmer sa femme.

- Ah non ! Je ne veux pas de votre charabia de médecin ! Nous voulons tous rentrer chez nous, donc ça va être rapide ! La jeune femme qui se trouve à côté de vous m'a dit hier que notre fille pourrait passer Noël à la maison je ne vois pas pourquoi on nous dit tout autre chose aujourd'hui ! Et puis apparemment, « c'est comme ça et pas autrement ! », poursuit-il en imitant la voix de Claire.

Cette dernière rougit de honte. Si, en temps normal, une imitation de Claire me ferait rire, je ne ris pas du tout. Je ne souris même pas.

Tobias lance un regard à Claire qui semble affolée. Il ne la réprimande pas devant les parents de sa patiente, mais je sais qu'il n'en pense pas moins. Il ne faut jamais donner de pronostic sur la durée de l'hospitalisation avant d'avoir eu les résultats des premiers examens. Tous les médecins savent ça.

- Monsieur, je suis navrée que ma collègue ait pu vous donner cette idée, mais les résultats des examens que j'ai fait effectuer à votre fille nécessitent d'autres examens, plus approfondis. Je suis navré.

- C'est pour ma fille que vous devriez être navré ! C'est elle qui va passer Noël dans une chambre d'hôpital ! lui réplique-t-il, aussi triste qu'en colère.

Je vois Tobias tiquer aux mots du père de famille, mais il reste ferme.

- Je suis désolé, Monsieur, mais je pense que vous serez d'accord sur le fait qu'il ne faut pas risquer la santé de Mélanie. Je m'assurerai qu'on vous monte des plateaux repas et que vous puissiez dormir dans une chambre proche de celle de votre fille, au moins ce soir. L'équipe de ce service fera le maximum pour que vous passiez un bon réveillon et une belle journée de Noël avec elle, poursuit-il.

Le discours de Tobias semble calmer le père.

- Très bien… mais vous pouvez être sûr que votre supérieur m'entendra. Cette situation est tout à fait intolérable !

Il jette un dernier regard noir à Claire, et, sans un mot de plus, fait demi-tour en direction de la chambre de sa fille. La mère adresse un léger sourire aux deux médecins et leur lance un petit « bonsoir », avant de suivre son mari.

Je me détends. Tobias à gérer la situation d'une main de maître. « Il a bien rattrapé les bêtises de Claire », je pense. Cependant, il semble toujours à cran.

Une fois que le couple a disparu de son champ de vision, il se tourne vers Claire qui me fait face, les sourcils froncés. Il ouvre la bouche et s'apprête à prendre la parole, mais avant qu'il n'ait pu dire le moindre mot, elle se jette à son cou. Sous l'effet de la surprise, Tobias ne réagit pas.

- Merci, lui dit-elle pendue à son cou. Sans toi, je ne sais pas ce que j'aurais fait !

Son ton est sincère, mais son comportement est totalement déplacé.

J'en rirais presque, mais ce qu'elle fait juste après me stoppe immédiatement. Je me fige. Je ne peux pas croire ce que je suis en train de voir.

Elle écrase son corps contre celui de Tobias et l'embrasse à pleine bouche.

Les quelques secondes qu'il met avant de la repousser me semble une éternité.

- Mais qu'est-ce qui te prend, putain ! s'exclame Tobias en s'écartant d'elle. Je suis en couple !

Le jeune le détaille de la tête aux pieds, pas le moins du monde démontée.

- Oh, c'est bon, elle est pas là, dit-elle, et je vois le dos de Tobias se contracter. On sait tous les deux qu'il y a ce truc entre nous, depuis le début.

- Quel truc entre nous ? répète Tobias en passant une main dans ses cheveux, révélant son exaspération. Il n'y a jamais rien eu

Claire me lance un rapide coup d'œil par-dessus l'épaule de Tobias, et je redoute ce qu'elle s'apprête à dire.

- Et puis…, ça ne semblait pas te déranger la dernière fois.

Elle accentue ces derniers mots et fait un pas vers lui.

La dernière fois. Je réalise ce que ces mots signifient. Ce n'est pas la première fois qu'ils font ça. Ce n'est pas la première fois qu'ils s'embrassent.

Les imaginer ensemble, dans la salle de garde, au recoin d'un couloir, me donne un haut le cœur.

- Arrête de dire des conneries, il n'y a jamais eu d'autres fois, j'entends Tobias répondre de sa voix grave, mais ma vision se brouille de larme.

Je ne peux pas rester ici. Je ne veux pas qu'elle me voit comme ça.

Je me retourne et rejoins les ascenseurs aussi vite que je le peux.

- Oh, regarde-là ! Elle va nous dénoncer à ta petite copine ! s'exclame Claire, accrochée à son bras.

Tobias se dégage de son emprise et retourne vers moi. Je vois la panique sur son visage.

- Tris ! s'écrit-il en se précipitant vers moi, mais les portes de l'ascenseur se referment entre nous.


A/N : Voilà pour le chapitre 21 !

Dites moi ce que vous en avez pensez, votre avis compte beaucoup pour moi !

J'espère que ça vous plait toujours autant... :)

Pour le délai je m'excuse encore une fois. Depuis la rentrée j'ai eu très très peu de temps pour écrire.

Je fais de mon mieux pour poster le prochain chapitre le plus rapidement possible !

Merci à tous pour votre soutien en tout cas ! :)

Question du jour : une autre série dystopique (à part Divergent hein) que vous aimez beaucoup (si vous en avez lu/ vu d'autres!) :)

Pour moi ce serait Red Queen de Victoria Aveyard. Je n'ai lu que les deux premiers tomes pour l'instant, mais je suis fan !

A bientôt,

Keep Calm and Love Reading