Vingt et unième chapitre en ligne ! La colère libère des secrets imprévus.
Merci à vous de me lire et de me laisser des reviews, cela me fait agréablement plaisir ! Merci particulièrement à Cao et Floriane05 pour leurs retours et à Shirayuki-san pour la bêta-lecture ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents !
Je suis désolée de vous avoir fait attendre une semaine de plus que d'ordinaire, mon IRL était bien trop chargé pour que je puisse écrire jusqu'à maintenant (oui c'est toi que je vise CAPES)... Normalement, je devrais pouvoir tenir le rythme d'un chapitre par semaine jusqu'à la fin de cette histoire, et si jamais ce n'est pas le cas, je vous préviendrai via tumblr ou facebook.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à dans une semaine~
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Chapitre 21
Trahison
Ils s'étaient figés à peine entrés dans la salle d'expérimentation, leurs regards figés sur la lame qui scintillait sous la lumière crue des néons à quelques centimètres de la gorge pâle d'Heklev. Flowey crissa des dents, ses iris sanglants fusillant la scientifique qui se tenait face à eux, un sourire mauvais aux lèvres, alors qu'elle leur faisait clairement comprendre qu'elle tenait la vie de leur amie entre le pouce et l'index. Et il savait de quoi elle était capable, il savait qu'elle n'hésiterait pas si jamais ils se montraient trop menaçants envers sa personne. Sous sa tige, il sentit le garde royal se tendre, sentit la magie rouge s'agiter sous les émotions des deux frères dont les yeux ne pouvaient se détacher de l'humaine étendue sur la table d'opération.
Et il y avait de quoi. La simple tunique d'hôpital que portait Heklev ne masquait plus ses bras et ses jambes, et ils pouvaient désormais observer l'état d'avancement des fleurs. Les squelettes et le bouton d'or marquèrent un court instant d'arrêt, horrifiés. Ils savaient qu'Heklev était de plus en plus faible mais… Jamais il n'avait imaginé que son état s'était détérioré à ce point !
Instinctivement, ils s'avancèrent avant de se figer une nouvelle fois en voyant du sang glisser sous le scalpel. Le liquide était difficile à manquer tant il réfléchissait la lumière des lampes, vibrant presque sous les pétales noircis qui semblaient vouloir se déliter au moindre souffle de vent. Flowey se maudit de ne pas avoir été plus rapide. S'il l'avait été, Heklev serait peut-être consciente, peut-être que ses échos auraient gardé un peu de leur couleur originelle, leur laissant un espoir de la voir revenir… Là… Il ne savait pas. Il craignait le pire…
Sans jeta un très rapide coup d'œil au bouton d'or niché sur l'épaule de son frère. Il avait été le premier à s'être défait de ses liens magique, et s'était empressé de filer dans les couloirs, alors que Papyrus et lui tentaient désespérément de faire quelque chose contre les barreaux qui les enfermaient, rendus presque fous par les hurlements de la petite qui ne cessaient de rebondir contre les murs comme pour mieux souligner leur inutilité et leur impuissance. Ça, plus le fait qu'il les ait prévenus de la dangerosité d'Alphys avant même qu'ils n'entrent dans son laboratoire…
Un gémissement lui fit aussitôt tourner la tête vers Heklev. Ce ne fut qu'à cet instant qu'il remarqua les volutes noires qui s'échappaient des pétales de la jeune femme, lui rappelant la crise de nerfs qu'elle avait extériorisé dans leur salon à Snowdin. Ses dents crissèrent légèrement, ses poings se serrèrent un peu plus alors qu'il suivit avec angoisse le retour à la normale des pétales qui se remirent à pulser faiblement de leur bleu si particulier.
Puis la petite rouvrit son œil valide, silencieuse. Un faible sourire étira ses lèvres lorsqu'elle posa son regard sur eux. Le trio frissonna. Alphys ricana.
- Aurais-tu perdu quelque chose, humaine ?
Flowey ne put s'empêcher de feuler, furieux, son expression se déchirant avec une violence à laquelle ni Sans ni Papyrus ne s'attendaient. Des pétales blancs tournoyaient autour de ses corolles d'or. Sa haine obscurcit sa vue, détériora son jugement. Il allait tuer cette putain de folle. Il allait lui faire payer ce qu'elle venait de faire subir à Heklev !
La scientifique se tourna vers eux, posa son regard sur le bouton d'or. Son rictus se fit grimace dégoûtée. Ses iris s'enflammèrent de haine. Oh dieu, qu'elle pouvait abhorrer cette fleur… Et dire que c'était elle, et elle seule qui l'avait ramené à la vie. Et voilà donc comment il la remerciait, en mettant tout en œuvre pour lui mettre des bâtons dans les roues, en s'échappant loin de ses labos alors qu'il savait très bien que son père avait prévu de le voir un jour ou l'autre, en répétant à qui voulait l'entendre qu'elle n'était qu'une folle furieuse dont il fallait se tenir éloigné, et maintenant en projetant de la tuer !
- Qu'y-a-t-il, ô Prince Asriel, songeriez-vous à me tuer ? Vous, le lâche par excellence ?
Ses mots sifflèrent avec froideur dans l'air vicié de la salle alors qu'elle appuya un peu plus sa lame sur la gorge de l'humaine. Après tout, elle n'avait que faire de sa vie, seule son âme importait. Et elle préférait les maintenir à distance.
Son sourire se fit carnassier lorsqu'elle surprit les regards que s'échangèrent les deux frères, ainsi que le raidissement de la tige du bouton d'or. Tiens donc, ne leur aurait-il rien dit de son passé ? Mais de qui se moquait-elle, bien sûr qu'il ne leur avait rien dit !
- Oh, aurais-je donc soulevé un point inconnu de tes nouveaux alliés ? Tu ne leur as rien dit ?
- Tais-toi…
- Tu ne leur a donc pas avoué que tu étais revenu parmi nous, et ce depuis des dizaines et des dizaines d'années ? Et ce grâce à qui ? À moi ! Je suis celle qui t'ai ramené d'entre les morts, je suis celle qui t'ai permis de revenir parmi nous, les monstres ! C'est moi qui t'ai redonné la possibilité de voir ta famille après que les humains t'aient massacré à la surface sans aucune pitié !
- Tais-toi…
- Et qu'est-ce que tu as fait en échange ? Rien ! Tu t'es enfui comme un lâche lorsque ton père est venu me rendre visite dans ces labos, me laissant seule face à sa colère ! Et tu savais très bien ce que tu faisais, pas vrai prince de mes deux ? À moins que tu n'ais eu trop honte d'avouer à ton père la faiblesse qui t'a fait faillir face à ces humains et qui nous a tous condamné à rester enfermés dans cette putain de cage !
- Tais-toi…
- TU ÉTAIS NOTRE ESPOIR MAIS TU NOUS A LÂCHEMENT ABANDONNÉ, TOUT COMME TU NOUS ABANDONNE MAINTENANT AU PROFIT DE CETTE HUMAINE ! AS-TU DONC À CE POINT OUBLIÉ CE QU'ILS T'ONT FAIT À LA SURFACE ?!
- TAIS-TOI !
Leurs mots s'entrechoquèrent violemment, les laissant presque à bout de souffle de part et d'autre de la salle d'expérimentation. Alphys se mordit la lèvre inférieure jusqu'au sang, essayant de se reprendre. Elle avait besoin de garder la situation sous contrôle. Elle devait rester maîtresse de ses nerfs. Peut importait que son corps soit encore à ce jour marqué par les coups de leur si cher roi, peut importait que le prince se voile la face. Elle avait une mission. Une mission qu'on lui avait gravé dans la chair, qui l'avait poussée au bord du suicide à coup d'injections logiquement mortelles, qui l'avait obligée à faire des tests sur des cobayes vivants parce que ceux sur les cobayes en fin de vie ne donnaient pas assez de résultats !
Flowey, lui, se redressa sur l'épaule de Papyrus, envahit par une rage et une haine qu'il n'avait pas ressenties depuis bien longtemps dans son cœur. Sa vision se colorait de rouge, de ce même rouge qui teintait autrefois sa lame et les mains de…
Son regard fut soudain attiré par l'œil valide d'Heklev. Son cœur s'arrêta, avant de repartir violemment dans ce qui lui servait de poitrine. Cet éclat… Ce regard… Ça n'avait duré qu'une seconde, qu'une infime seconde, mais… Et si c'était… ?
Il se força à reprendre ses esprits. Non, ça ne pouvait pas être ça. Il était bien placé pour le savoir. Trop bien même. Il avait dû imaginer cet instant durant son court moment de haine et de rage, c'était la seule explication possible, pas vrai ?
Après tout, pourquoi est-ce qu'elle reviendrait ?
- Flo'…
La voix affaiblie de la jeune femme lui fit aussitôt relever la tête. Elle souriait toujours faiblement, malgré la menace de la lame du scalpel qui continuait de luire sournoisement sous l'éclairage blafard des néons, juste au-dessus de sa gorge où avait séché un fin filet de sang entre les échos qui recommençaient lentement à se froisser. Un sourire qui le fit une nouvelle fois frissonner, ainsi que Sans et Papyrus, tant la courbure pâle de ses lèvres paraissait vaciller comme une faible flamme sur une chandelle.
Alphys commit l'erreur de se tourner un peu plus vers elle, étonnée par sa résilience. Ce fut suffisant pour que la magie de Sans la désarme et pour que Papyrus la plaque violemment contre le mur le plus proche, se souciant peu des instruments médicaux qu'il foulait allègrement au sol. La scientifique glapit de douleur, se recroquevillant légèrement contre le mur de béton alors qu'elle agrippait le bras du squelette et cherchait à reprendre de l'air. Le garde pressa un peu plus contre sa gorge, ses orbites léchées par les flammes magiques qui embrasaient ses iris sanglants. Il avait tellement envie de la tuer là, maintenant, tout de suite, lui faire payer ce qu'elle avait osé faire à la gamine qui se trouvait désormais dans les bras de son frère, au bord de l'évanouissement, le corps soutenu par les racines de leur ancien prince qui avait filé sur l'épaule de la sentinelle afin de l'aider.
- Pap…
L'intéressé grinça des dents avant de s'écarter de la scientifique. Ils ne pouvaient pas davantage perdre de temps. Ils questionneront le bouton d'or sur le chemin. Quant à Alphys…
Un bruit métallique retentit entre les murs du laboratoire, les laissant échanger un regard avant de s'empresser de sortir, le garde arrivant, par il ne savait quel réflexe, à saisir les vêtements de la petite au passage.
Il leur fallait désormais fuir au plus vite le laboratoire.
