Disclamer : les personnages appartiennent à Masami Kurumada
UA – Yaoi
Béta-lecture de Scorpio-no-Caro. Un grand merci à elle !
On approche de la fin mais nous espérons que vous prendrez plaisir à lire ces derniers chapitres. Bonne lecture et merci de votre fidélité !
Chapitre 21
Inde, site du chantier
Kevin avait eu du mal à se concentrer aujourd'hui. Bien qu'il ait eu des nouvelles de sa petite sœur de cœur la veille, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Et cette journée qui n'en finissait pas…
-Mu... Tu crois que Kanon va vite rentrer ? alla-t-il demander à son professeur à la pause.
- Il devrait être là bientôt, lui répondit Mu en souriant. Dohko m'a dit à midi qu'ils arrivaient en début d'après-midi à l'aéroport... Il ne nous reste plus grand chose à faire ce soir, finis vite ton devoir et je te libère !
Kévin sourit et se concentra pour finir son devoir de math au plus vite. Il fut bientôt l'heure du goûter et de la sortie des cours. Comme à leur habitude maintenant, les deux classes profitaient de ce moment pour discuter du projet avant que les petits indiens ne regagnent leur demeure.
Quand les parents commencèrent à arriver, Kevin guetta Camus qui venait d'ordinaire le chercher pour le conduire au palais où il travaillait avec Shion une bonne heure. Il adorait le peintre, sa façon de voir, d'appréhender le moindre détail, de lui montrer comment faire une perspective, sa patience avec lui aussi. Une haute silhouette se profila bientôt dans son horizon. Il sourit en reconnaissant Kanon et se précipita à sa rencontre :
- Kanon !
- Salut toi ! fit le grec en lui ouvrant les bras dans lesquels sauta le garçon. T'as bien travaillé au moins ?
- Toujours ! répondit joyeusement Kévin. Je suis content que tu sois rentré...
- Moi aussi Kévin... on rentre ?
- Tu m'emmènes chez Shion ?
- Pas ce soir Kevin, on rentre direct. Angelo et Lorcan t'ont préparé une surprise...
- Oh ! Un gâteau ?
- Tu verras bien... Grimpe fripouille ! fit Kanon en lui ouvrant la portière arrière.
Pendant tout le trajet, assez court heureusement, Kévin tenta de savoir ce qui l'attendait. Mais Kanon résista et ne livra pas le moindre indice sur la surprise. Arrivés à la maison, le garçon s'y précipita n'attendant même pas son père adoptif qui souriait. La maison était déjà en travaux et la salle à manger était du coup, installé sous la véranda avec une cuisine d'appoint le temps que la grande soit enfin terminé. Kévin s'arrêta net en franchissant le seuil, sur les genoux de Lorcan se trouvait sa petite sœur de cœur, en pleine dégustation d'une cuillère de gâteau :
- Lola ?!
Celle-ci se retourna et le contenu de la cuillère finit sur les genoux de Lorcan qu'elle avait quitté précipitamment pour courir vers lui :
- Kevin !
L'instant d'après, ils tombaient dans les bras l'un de l'autre, riant et pleurant, parlant en même temps sous le regard attendri et ému des quatre adultes présent dans la pièce.
- Kevin ? appela Camus depuis l'entrée de la chambre.
L'enfant se retourna, avec un grand sourire, ce soir il était très heureux, Lola était enfin en sécurité et la surprise c'était qu'elle était ici ! C'était super génial !
- Oui ? fit-il un peu inquiet voyant l'air grave de Camus et celui de Kanon juste derrière le français.
- Ai-je fait quelque chose de mal ?
- Non poussin, c'est juste que nous avons quelque chose de très important à te dire...
- Important bon ou important mauvais ? questionna l'enfant.
- Ça c'est à toi de décider... On peut entrer et discuter.
L'enfant approuva de la tête, l'inquiétude le gagnant. Les adultes prirent place à cote de Kevin.
-Kevin, nous...voudrions... commença Camus. Kanon, dis-lui toi ! fit-il incapable d'arriver à le dire.
- Alors ? demanda l'enfant anxieusement en se tournant vers le grec.
- On m'a confié ces documents au Japon, expliqua Kanon en sortant l'autorisation de garde temporaire. Ce papier précise qu'on peut, Camus et moi, avoir ta garde provisoire le temps du procès et donc que tu es autorisé à rester avec nous pendant toute cette durée. Il va sans dire que tu dois aussi apporter ton accord pour que ce document soit officiel et valide et que tu dois le faire sans que l'on t'y force...
- Et après ? l'interrompit Kevin.
- Après quoi ?
- Après le procès ?
- Rien n'est garanti, avoua Kanon. Mais la personne qui m'a délivré cette autorisation m'a promis de tout faire pour que ça aboutisse...
- C'est parce que vous êtes deux hommes ? demanda encore Kevin.
- Oui... et aussi parce qu'on n'a jamais été père ni l'un, ni l'autre, expliqua Camus.
- Et Lola ?
- Angelo et Lorcan possède la même autorisation que nous, répondit Kanon qui s'attendait à la question. Elle en a déjà accepté les termes là-bas, avant de partir...
- Pour moi, c'est ok ! Je dois signer où ?
- Nulle part, il faut que tu le fasses devant un homme de loi, Hyoga viendra demain avec un représentant local et un médecin qui vérifiera ta bonne santé mentale.
- Encore ?
- On a pas le choix, s'excusa Camus.
- Tu viendras avec moi Camus ?
- Bien sûr quelle question ! Nous seront là tous les deux !
- Alors ok ! fit-il en baillant, la question étant réglé pour lui. Je peux dormir avec Lola ? Juste ce soir...
- C'était prévu, fit la voix de Lorcan depuis la pièce voisine. Mais dépêche-toi, elle tombe de sommeil.
Bien plus tard dans la nuit, les quatre adultes se retirèrent après avoir longtemps regardé les deux anges endormis qui allaient maintenant rythmer leurs vies.
Ooo000ooO
Palais
C'était le début de l'après-midi, Angelo arriva au Palais seul où il fut accueilli par Shun. Il papota un moment avec lui avant de partir à la recherche de Shaka. Il le trouva en pleine méditation, et le pauvre italien crut qu'il allait avoir un arrêt cardiaque... C'était la première fois qu'il le voyait méditer, et le voir léviter et entouré d'une lumière avait quelque chose de très surprenant et d'un peu flippant.
- Que puis-je pour toi Angelo ? demanda le maître des lieux sans ouvrir les yeux.
- Je… voulais te demander quelque chose mais... La vache ! C'est donc vrai ! Tu es vraiment la réincarnation du Bouddha ? Je n'oserai plus te le demander... Je te laisse, excuse-moi de t'avoir dérangé !fit-il en s'enfuyant presque.
L'italien était tout retourné par ce qu'il avait vu, il passa dans la cuisine et but un grand verre d'eau.
- Que puis-je pour toi Angelo ? lui demanda de nouveau Shaka qui l'avait suivi.
- Je… non, c'est impossible. Pas après ce que je viens de voir...
- Je n'en reste pas moins Shaka et ton ami... tenta de le rassurer la réincarnation. Raconte-moi…
- Je vais m'attirer les foudres divines si je te demande ça !
- Ne dis pas n'importe quoi veux-tu ! Tu n'as pas la tête de quelqu'un qui a commis un crime ! C'est même plutôt le contraire…
- Mais je ne pense pas que ma demande te fasse plaisir, tu sais.
- Dis toujours, l'encouragea Shaka
- Et bien, j'aimerais me marier avec Lorcan, mais ici c'est officiellement interdit comme tu le sais. Alors je pensais faire un truc officieux, mais qui serait authentique pour nous... et je voulais que tu nous bénisses...
- Avec plaisir ! s'exclama Shaka avec un grand sourire. Vous voulez vous marier où ?
Angelo fut bien incapable de lui apporter une réponse vu qu'il n'en avait pas encore parlé au principal intéressé :
- Je te dis ça un peu plus tard ?
- Prends tout ton temps, sourit Shaka.
L'italien lui sourit également, un peu soulagé qu'il le prenne si bien et attendit Kanon venu avec lui et parti faire un rapport à Shion. Ce dernier ne fut guère surpris par la nouvelle que lui annonça le détective :
- Je m'en doutais un peu... j'aurais bien voulu pourtant... murmura le peintre un peu déçu quand même.
- Je le suis aussi, mais Angelo a eu l'idée de demander à Shaka de bénir leur union à Lorcan et à lui...officieusement bien sûr, j'y songeais aussi. Mais ça ne résout rien pour toi...
- Non, mais c'est une très bonne idée pour tous les autres, s'exclama Shion, et tel que je connais mon ange, il sera ravi de faire ça pour vous ! Et ne t'inquiète pas pour moi... fit-il en souriant.
- Ça me gène un peu quand même, avoua le grec.
- J'avais déjà envisagé une autre option au cas où, alors surtout pas ! Va vite voir Shaka !
Kanon était un peu surpris qu'il réagisse aussi bien, vu que lui-même avait été très déçu du peu d'évolution dans ce domaine, mais il lui fit confiance et redescendit de l'atelier du peintre pour faire sa demande à la réincarnation :
- Oh ! lui répondit ce dernier. Toi aussi ?
- Oui, enfin si tu veux bien Shaka...
- Bien entendu, avec plaisir ! Mais dis-moi Kanon, pourquoi ne pas faire une cérémonie groupée pour tous ceux qui le souhaitent parmi vous ?
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Shion de son côté, rangea son matériel et regarda longuement le paysage qui s'étendait sous ses yeux avant de dire à voix basse :
- A nous deux mon vieil ami... je vais avoir besoin de toi sur ce coup-là !
Puis, il descendit chercher Dohko qui travaillait dans la pièce que Shiryu et lui avait aménagé en bureau avec l'accord de Shaka :
- Dohko !
- Oui ?
- Tu veux bien m'emmener en ville s'il te plait ? J'ai besoin de matériel...
- Là ? Ça ne peut pas attendre ?
- Non, s'il te plait Dohko...
Quelque chose dans le ton de Shion fit relever les yeux au jeune PDG et il confia Kiki à son frère avant de le suivre sans plus discuter. Shion avait quelque chose d'important à lui dire ou à lui demander...
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Angelo, tout heureux de la réponse positive de Shaka rentra directement à la maison de la forêt où il pénétra en trombe :
- Lorcan ! Lorcan ! fit-il impatient en ayant à peine passé la porte.
- Dans la chambre de Lola ! D'ailleurs viens m'aider !
L'Italien prit Lorcan dans ses bras et lui embrassa la tempe
- Mon Ange, où voudrais-tu que se fasse notre cérémonie ?
- Pas le temps, fit Lorcan en s'extirpant de ses bras sans même l'écouter. Aide-moi à déplacer le lit !
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Dans la forêt
Shion et Dohko arrivaient bientôt sur la berge et allèrent au garage de la maison chercher la voiture.
- Pourquoi es-tu si pressé d'aller en ville ? T'as oublié une commande ? interrogea Dohko bien décidé à en savoir un peu plus. Tu aurais pu y aller seul non ?
Shion se mit au volant et sortit la voiture et s'engagea sur la route mais pas vers la ville :
- Ce n'est pas en ville que je veux t'emmener Dohko, tu veux bien te montrer un peu patient ? sourit Shion
- Que de mystère dis-moi... tu cherches un lieu secret ?
- Un truc du genre...
Il revint vers le village et à la grande surprise de son ami, gara la voiture pas très loin de la petite clairière où Shaka venait chercher ses offrandes :
- Suis-moi, fit Shion en descendant.
Amusé et intrigué, Dohko ne se fit pas prier et ils parvinrent sans encombre à l'entrée de la petite grotte que Shaka avait fait découvrir à Shion quelques semaines plus tôt... presque une éternité, se dit le peintre, une éternité que je veux passer auprès de mon ange :
- Croies-tu en Bouddha Dohko ? demanda-t-il en s'arrêtant à l'entrée.
- Il y a encore peu, j'aurais répondu non, mais après avoir fait la connaissance de Shaka... Mais où veux-tu en venir ?
- Cet endroit est l'un des premiers que m'a fait découvrir Shaka ici, expliqua Shion en y pénétrant suivit de son ami, c'est ici que pour la première fois j'ai ressenti sa... présence, je dirais. Depuis, je la sens régulièrement au palais, comme s'il veillait sans cesse sur celui qui est censé être sa réincarnation. Je suis venu ici avec toi pour lui faire une demande ainsi qu'à toi si tu le veux bien... et si possible sans que Shaka le sache pour l'instant.
- Quelle demande ? Tu sais que je ferais ce que je peux pour t'aider mais...
- Angelo et Kanon ont demandé à mon ange de bénir leur union, officieusement bien sûr, vu que le mariage homosexuel n'est pas pratiqué dans ce pays...
- Au Japon non plus, j'y avais déjà songé pour Mu et moi-même...
- Pourquoi ne profiterais-tu pas pour le demander pour mon frère et toi, ainsi que pour ton frère et Shun ?
- C'est une idée mais croies-tu réellement que Shaka accepte de le faire, ça lui ferait bénir quatre union d'un coup... et ne changerait pas le fait que vous deux, vous ne pourrez le faire !
- Justement, ici et maintenant, dit Shion en arrivant à l'endroit où se trouvait réunies les statues de Bouddha, j'aimerais demander à Bouddha s'il accepte de t'autoriser à le faire pour nous deux...
Dohko était tellement surpris de découvrir l'endroit qu'il cessa un instant de respirer pour le contempler avant de répondre enfin à son vieil ami :
- Moi ? s'étonna-t-il. Je ne pense vraiment pas que je sois digne d'un tel honneur, même si ta demande me fait chaud au cœur Shion...
- Moi, je le pense Dohko. Qui mieux que toi à toujours veiller sur moi et sur mes intérêts ? Qui d'autre que toi s'est battu pour me faire retrouver le goût de vivre ? Qui également a pris soin de garder Shaka loin des foules en engageant Kanon et ses collègues ? Tout ça c'est toi, je pense que tu mérites de pouvoir nous unir Shaka et moi, et tu es le seul à qui je peux demander ça... Essayons au moins tu veux bien ? Prie un instant avec moi, en ce lieu magique oublié des temps...
- Ça, je peux le faire, sourit Dohko, mais ne te fais pas trop d'illusion. Je répondrais volontiers à ta demande et avec le plus grand plaisir mais je doute que Bouddha ne m'accorde une telle faveur...
Ils fermèrent tous deux les yeux, les mains jointes devant la plus vieille statue de Bouddha.
Une douce brise chaude s'éleva dans la grotte les deux hommes ouvrirent les yeux par reflexe et quelle ne fut pas leur surprise de voir la statue baignée dans un halo doré. Et les paupières de la statue se levaient. Dohko attrapa la main du peintre, un peu effrayé bien qu'extasié par le phénomène. Ensuite un sentiment les transperça tout les deux, une douce chaleur qui se rependait doucement en eux. Ils venaient d'avoir leur réponse, et la divinité était d'accord.
- Merci, murmurèrent les deux hommes les larmes aux yeux, comblés de bonheur.
Shion n'eut même pas à demander de garder le secret quelques jours, il savait que la divinité garderait cela pour lui.
Ensuite, la statue reprit son allure initiale et après un dernier merci les deux hommes quittèrent la grotte.
- Shion, je n'ai vraiment pas rêvé n'est-ce pas ? Ça c'est bien passé ? demanda le PDG qui avait encore un peu de mal à réaliser.
- Oui mon frère c'est bien réel.
- Je l'ai vu mais j'ai encore du mal à y croire... je m'y ferai je t'assure, mais là c'est tout simplement…Waouh... Et Shaka est son représentant ? Oh la vache !
- Tu ne l'as jamais vu médité ?
- Non... Mais j'imagine sans peine.
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- Salut vous deux ! les salua Shaka quand ils rentrèrent peu de temps après.
- Salut... répondit Dohko en le regardant intensément.
- Qu'y a-t-il ? J'ai un bouton sur le nez ?
- Non, du tout, mais je me demandais pourquoi Shion ne t'avais pas encore peint, mentit le PDG.
Shaka eut un petit rire de gorge, ce qui mit la puce à l'oreille de Dohko. Shion avait déjà dû le faire mais le cachotier n'en avait rien dit.
- Tu ferais bien d'aller rejoindre Mu, il a reçu un courrier du tribunal et il n'ose pas l'ouvrir... dit Shaka.
Il n'en fallut pas plus pour que Dohko parte à la recherche de son amant.
- Et toi mon cher artiste, as-tu trouvé ce que tu cherchais en ville ? demanda Shaka avant de voler un baiser à Shion et de se lover contre lui.
- J'ai trouvé bien plus... murmura Shion en enlaçant son ange. Viens vite, rejoignons-les.
Dohko trouva Mu assis devant une lettre, la regardant intensément sans pourvoir y toucher :
- Mon amour, fit-il tendrement en l'enlaçant. Si tu ne l'ouvres pas, nous ne saurons jamais ce qu'elle contient.
- Mais si...
- Chut... sourit Dohko en l'embrassant doucement. Ouvrons-là, toi et moi d'accord ?
A l'autre bout de la table, Shiryu et Shun surveillaient la scène tout en faisant dîner Kevin et Lola qu'ils gardaient pour la nuit à la demande de Camus :
- C'est quoi cette lettre ? demanda Kevin.
- Le résultat pour l'adoption de Kiki, répondit Shiryu dans un souffle alors que Shion et Shaka arrivaient aussi :
- Tu sais déjà toi, n'est-ce pas ? interrogea le peintre en regardant Shaka.
- Regarde... je ne suis pas le seul, répondit ce dernier en montrant le petit Kiki jouant dans son berceau comme si de rien était. Lui aussi il sait...
Mu suivit son geste, regarda tendrement son fils et prit résolument la lettre, déchirant enfin l'enveloppe qu'il parcourut rapidement :
- Ils ont dit oui ! Oh Dohko... Ils ont dit oui ! cria-t-il en tombant en larmes dans ses bras.
Ce dernier avait aussi lu et sourit à son tour en regardant ses amis :
- Nous avons officiellement un fils, dit-il, ému.
- On n'en doutait pas un instant, sourit Shion. Shiryu, Shun, aidez-moi à sortir du champagne ! Il faudrait faire venir Kanon et les autres...
- Pas ce soir amour... répondit Shaka. Pas ce soir... demain si tu veux bien. Ça me fait penser, Shun, Shiryu vous voulez vous marier ? demanda-t-il aux jeunes.
- Nous quoi ? s'étrangla Shun en recrachant le champagne que venait de lui servir Shion.
- Et toi mon amour ? demanda Dohko à Mu.
- Si on le pouvait bien sûr, répondit ce dernier tout sourire. Ce serait un honneur pour moi... Tu crois qu'on peut l'encadrer ? demanda-t-il regardant toujours la confirmation d'adoption.
- Je pense qu'on devrait plutôt aller le mettre en sécurité à la banque après l'avoir montré à notre avocat. Mais si tu veux, nous ferons une photocopie que nous encadrerons, lui proposa Dohko.
- Tu as raison amour ! Il vaut mieux le mettre en sécurité, mais j'ai tellement de mal à réaliser...
- Je t'avoue que moi aussi, mais si tu savais à quel point ça me rend heureux... Et le fait que tu vas devenir mon époux me rend encore plus heureux ! fit Dohko et comme Mu le regardait sans comprendre, il ajouta. Tu te rends compte que si c'est Shaka qui nous marie, même si s'est officieux pour la loi, devant Bouddha ça sera très réel. C'est ça qui me rend encore plus heureux amour, la mairie, ce n'est que de la paperasserie, mais devant Bouddha, c'est devant un Dieu, donc beaucoup plus important !
Mu regarda Shaka qui opina de la tête, confirmant ainsi ce qu'il venait de comprendre :
- Oh mon Dieu ! Dohko, as-tu décidé de me faire mourir de bonheur ? s'écria-t-il.
- Non amour, juste te rendre heureux.
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Maison de la forêt, soirée
Kanon préparait un bon petit plat. Il fallait qu'il impressionne son amour, il voulait vraiment y mettre les formes. Camus le méritait vraiment ! Il récapitula sa petite mise en scène à voix haute :
-Alors menu du jour, plat préféré de mon petit flocon... Je suis en smoking, avec la cravate. J'ai tressé mes cheveux et j'ai le petit cadeau en poche... Des fleurs... La table est superbement dressée y a plus qu'a attendre l'homme de ma vie !
Kanon s'installa et attendit en essayant de ne pas se ronger les ongles.
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Camus rentra après s'être assuré que tout allait bien au site de fouille. Les éducateurs avaient remarqués des curieux le soir et du coup, pour se préparer au cas où, Camus avait confié Kévin et Lola à Shiryu, Shun et Shaka au palais pour la nuit, leur prétextant l'installation de leurs deux chambres. Il préférait les savoir en sécurité au palais s'ils devaient tous intervenir de nuit sur le site de fouille même si cela paraissait peu probable. De toute façon, l'alarme qu'avait installée Angelo serait mise en route si les éducateurs avaient le moindre souci cette nuit.
Kanon allait sûrement lui reprocher d'être trop prudent, mais autant laisser les enfants, déjà bien malmenés par tout ce qu'ils venaient de vivre en dehors de ça... Lorcan et Angelo comprendraient aussi son point de vue. Et Lola avait tellement été émerveillée par le palais qu'elle allait très certainement passer une partie de la soirée à l'explorer de fond en comble... sous la vigilante surveillance de son grand frère. Il sourit tendrement en les imaginant sans peine alors qu'il arrivait à la maison. Il fut étonné de trouver la salle à manger, enfin la véranda dans la pénombre quand il y pénétra :
- Kanon ? Tu es là ? demanda-t-il en allumant la lumière, qu'est-ce...
Il fut saisit de stupeur en découvrant la table décorée, les bougies prête à être allumées et son homme en smoking, les cheveux tressés :
- Bonsoir mon amour... Les enfants ne sont pas avec toi ? dit Kanon en venant l'accueillir et en le guidant jusqu'à une chaise.
- Ils ont au palais... je t'expliquerai, mais que veux dire tout ceci ? fit-il en montrant le décor. Et cette élégance en pleine semaine... tu es... magnifique comme ça ! Et où sont Angelo et Lorcan ?
- En ville pour ta dernière question, je les y ai envoyé manger après que notre italien ait fini de monter et démonter au moins quinze fois des meubles sans que Lorcan ne fasse le moins du monde attention à ce qu'il avait à lui dire tellement il voulait finir la chambre de la petite. Remarque elle est superbe mais tu verras ça plus tard. Un peu de champagne ? lui proposa-t-il. Français, bien sûr...
- On a quelque chose à fêter tous les deux ? demanda Camus en souriant mais en acceptant volontiers la coupe que lui tendait Kanon. Il ne me semble pas avoir oublié quoi que soit...
- Non, en fait, j'ai une demande à te faire, mais mangeons tout d'abord et explique-moi pourquoi les enfants sont au palais.
Camus se laissa volontiers grisé par toute cette mise en scène et accepta de jouer le jeu, se disant qu'il adorerait plus tard dans la soirée, plonger ses mains dans l'abondant chevelure de son amant et détresser une à une chaque mèches de cheveux. Cette simple pensée le fit étrangement et agréablement frissonner et il ne put s'empêcher de sourire. Ils mangèrent en discutant, s'enivrèrent de l'un et de l'autre dans un subtil jeu de séduction, le français ayant pris le temps de se changer et rivalisant d'élégance.
Ils en étaient au dessert quand Kanon sortit un petit écrin de sa poche et le posa à côté de l'assiette de son aimé :
- Un cadeau ? Ce n'est pas mon anniversaire, fit Camus en ouvrant néanmoins l'écrin qui contenait une magnifique chevalière en or où étaient gravés un C et un K entrelacé :
- C'est magnifique... ne put que dire Camus, soufflé par le bijou fin et discret et d'une rare facture.
- Je sais qu'en temps normal on offre plutôt une bague de fiançailles mais cela m'a paru plus approprié, commença Kanon qui s'était mis à genoux à ses côté. Camus, acceptes-tu de m'épouser, même officieusement ? Shaka accepte de bénir notre union...
- Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu… Kanon... Ce… c'est oui ! Oui ! Milles fois oui ! bien sûr que je le veux ! fit Camus en se ruant sur les lèvres du grec, manquant de le faire tomber et de tomber avec lui. Tu me la passes au doigt ? demanda-t-il en lui donnant l'écrin.
- Bien sûr mon amour.
Kanon se plia à la volonté de Camus, bien plus ému qu'il ne l'aurait cru.
- Maintenant mon cher et tendre fiancé si nous mangions notre dessert ? demanda Kanon tout en lui faisant un baisemain.
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Dans un restaurant de la ville voisine
Angelo avait enfin eu bien du mal à calmer Lorcan en pleine folie décoratrice et qui lui avait fait bouger les meubles de la chambre de Lola dans tous les sens sans avoir le moins du monde répondu à sa question, vu qu'il n'avait pas compris du tout à quoi faisait allusion l'italien de son cœur. L'avait-il seulement entendu ? s'était demandé Angelo plus d'une fois dans l'après-midi.
Ce n'est que là, alors qu'il dégustait un apéritif au calme, que les mots d'Angelo lui revinrent en mémoire :
- Dis-moi mon amour, tu parlais de quelle cérémonie tout à l'heure quand tu es arrivé ? demanda-t-il.
- De celle de notre mariage, répondit Angelo.
- On ne peut pas ici... même si l'intention est charmante, fit Lorcan un peu surpris.
- On le peut, du moins officieusement... Shaka accepte de nous bénir.
Lorcan le regarda longuement se demandant s'il avait bien entendu. Il reposa son verre et posa sa main sur celle d'Angelo en face de lui :
- C'est sérieux ? demanda-t-il dans un souffle.
- Très ! confirma l'italien
- Et j'ai vraiment gâché ta demande ? murmura Lorcan au comble de la honte. Pardon...
Il eut un pauvre sourire et porta la main de son amour à sa bouche, ne pouvant l'embrasser ici devant tant de monde :
- Je suis vraiment désolé...
- Es-tu d'accord ? demanda simplement Angelo.
- De tout mon cœur, oui ! Mon amour.
- Tu me rassures ! J'ai eu peur à un instant que tu ne changes d'avis, fit Angelo en caressant la joue de son amant.
- Je suis tellement désolé… Je...
- Ne le sois pas. Notre fille avait besoin de sa chambre et elle va être très contente de la voir quand elle rentrera, sourit l'italien.
Le cœur de Lorcan battait un peu trop vite. Angelo avait dit leur fille, et il voulait se marier avec lui. C'était trop beau !
- Alors promets-moi que quand on ira en Suède, on s'y mariera officiellement. Là-bas c'est légal.
- Tout ce que tu veux mon ange, mais ne me dit pas de choses pareilles alors que je meurs d'envie de t'embrasser et qu'ici ce n'est pas possible.
- Rentrons à la maison alors ! fit Lorcan impatient.
- Bientôt amour, profitons d'abord de notre repas et ensuite nous irons nous balader. Kanon nous a joyeusement mis à la porte, il doit sans doute préparer quelque chose pour Camus.
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Palais
Shiryu réfléchissait à ce qui avait été dit... C'est vrai que si Shaka les unissait ça aurait une grande valeur pour eux... Shiryu avait songé à juste échanger des anneaux avec Shun, telle une promesse solennelle. Mais là... C'était tout simplement un miracle.
Il courut dans tout le palais et trouva enfin son ange dans la cuisine. Il lui prit la main et le conduit en toute hâte vers le jardin des fontaines.
- Mon cœur qu'est-ce qui te prend ? demanda tout de même Shun, un peu surpris.
Mais Shiryu ne lui répondit pas et une fois dans le jardin le fit s'asseoir sur le transat où il l'avait trouvé le soir de son arrivée. Ensuite il mit un genou à terre et prit les mains de Shun dans les siennes :
- Shun mon amour, veux-tu m'épouser devant le représentant terrestre de Bouddha et faire ta vie à mes cotés ?
Shun le regarda longuement sans répondre. Lui aussi avait beaucoup réfléchi à tout ça, bien sûr qu'il voulait faire sa vie avec Shiryu, bien sûr qu'il aurait aimé l'épouser devant Bouddha... depuis qu'il avait commencé à faire le guide pour Shion, toute sa vie s'était retrouvée chamboulée en un rien de temps. Il était heureux, c'était indéniable mais qu'avait-il vraiment fait jusque là ? Il n'avait encore rien accompli par lui-même. Il n'avait pas encore son diplôme et ne l'aurait que l'an prochain si tout se passait bien. Ce travail inespéré, l'amour de Shiryu, la confiance de Shion, tout était encore bien trop neuf pour lui alors envisager d'enchaîner celui qu'il aimait le plus au monde... au risque qu'il se sente obligé de l'aimer et de le protéger même si son cœur changeait d'avis. Bien sûr cela paraissait improbable, mais ils étaient si jeunes tous les deux... Comment Shiryu pouvait-il être certain de ne jamais cesser de l'aimer ?
Il se leva et fit quelques pas sur la terrasse :
- Shun ? fit Shiryu en se relevant le regard rempli d'une interrogation muette et d'une vive inquiétude.
Il ne se retourna pas... pas encore...
- Laisse-moi un peu seul Shiryu s'il te plait... dit-il alors. Je sais que ta demande est tout ce qu'il y a de plus sincère mais... j'ai encore besoin de temps, c'est trop soudain...
- Shun...
- Chut... fit ce dernier en se retournant et en posant son doigt sur ses lèvres. Je veux juste encore un peu de temps Shiryu. Justement parce que je j'aime de tout mon cœur, je veux juste être certain de ma décision. Tu es si sûr de toi, si certain que tout sera toujours ainsi... Je t'aime pour ça aussi, mais moi... tu le sais, je ne suis pas ainsi. Alors accorde-moi quelques heures mon amour... d'accord ? Juste quelques heures avant d'engager nos vies entières.
- Ah Shun ! Je te cherchais ! les interrompit Shion en arrivant sur la terrasse. Je dérange ? demanda-t-il en sentant qu'il se passait quelque chose
- Non du tout, répondit son secrétaire en souriant. Tu as besoin de moi ?
Le peintre sourit et lui expliqua que oui, il avait besoin de lui pour organiser la cérémonie. Il voulait que Shaka ne soit pas gêné par les préparatifs pour ne se consacrer qu'à ce qu'il aurait à faire. Il fallait choisir un jour, organiser une petite réception à l'abri des regards indiscrets... et bien d'autres détails pratiques. Shun sourit et le suivit dans la pièce qui était devenu son bureau pour discuter de tout ça avec lui, abandonnant un Shiryu totalement bouleversé sur la terrasse. Le peintre donna les détails à Shun qui se mit immédiatement au travail, presque reconnaissant de lui changer les idées... il avait vraiment besoin de se sentir utile.
Shion le laissa donc poursuivre seul et retourna sur la terrasse aux fontaines. Shiryu s'y trouvait encore :
- Shiryu ?
- Oui, fit ce dernier en se retournant. Un problème ?
- Aucun, si ce n'est toi... Shun t'as demandé du temps n'est-ce pas ?
- Comment ?
- Je commence à bien le connaître tu sais... Il est adorable mais encore si peu sûr de lui. Ne t'angoisse pas, il a juste besoin qu'on le rassure, qu'on lui confirme qu'il ne t'enchaînera pas contre ta volonté, il est bien plus inquiet pour toi que pour lui-même...
- Mais...
- Mais rien. Tu as Dohko comme modèle depuis ta plus tendre enfance et mon vieil ami est un roc à toute épreuve, je le sais aussi bien si ce n'est plus que toi. Mais Shun lui ? Il n'a jamais eu personne qui puisse lui servir de modèle ainsi. J'ai un peu fait des recherches sur lui avant de l'engager. Tu sais qu'il a été abandonné étant jeune, qu'il a toujours grandi seul, tu ne peux lui demander d'être aussi sûr de lui que toi tu l'es Shiryu ! Aujourd'hui, nous lui avons offert bien plus qu'une famille mais il a besoin de faire ses preuves, de trouver sa place. Fais-lui juste confiance... Je sais que tu le peux.
Shiryu pouffa de rire de sa propre bêtise, il n'avait pas pensé une seconde sous cet angle-là.
-Merci Shion! s'écria-t-il en disparaissant dans le palais soudain soulagé d'une angoisse.
Alors si son ange voulait du temps il lui en laisserait, tout le temps dont il aurait besoin. Le jeune homme partit à sa recherche une nouvelle fois et le découvrit dans la bibliothèque occupe à envoyer un mail. Il avança doucement sans faire de bruit et déposa un baiser rapide sur la nuque de Shun qui en sursauta de surprise.
- Hé! fit le jeune homme.
- Quoi donc ? taquina Shiryu. Je vais faire quelques courses en ville, as-tu besoin de quelque chose ?
Le sourire confiant de Shiryu rassura intérieurement Shun, il ne semblait pas lui en vouloir.
- Les petits biscuits au miel qu'on a mangé l'autre jour. Ils étaient délicieux, répondit-il en souriant aussi.
- D'accord, à plus tard !
A suivre…
