Bien. J'avais donné une date ? Bien bien. Je vais arrêter de donner des dates. Ce sera mieux pour tout le monde, hein ?
Pour ma défense, j'étais bien lancée, et je pensais vraiment le finir rapidement. Et puis, y a du boulot qui m'est tombé dessus, et l'inspiration en a profité pour se faire la malle. C'est vraiment con, parce que j'étais bien dans l'ambiance... Alors, j'ai pu avancé encore un peu, et je vous propose un énième morceau de la fin, parce que la suite de la fin n'est pas finie, parce que j'ai du mal à me mettre dans l'ambiance pour terminer correctement.
J'ai du mal à me concentrer, en ce moment... Du mal à trouver l'inspiration. Je pense qu'après avoir laborieusement terminé cette fic-là, je vais m'arrêter totalement. Oh, juste pendant un certain temps. Le temps que je retrouve un vrai plaisir à écrire... Le plaisir du début. Parce que lui aussi, il s'est fait la malle...
Bref. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, quand même... Même si vous auriez des raisons. Je vous promets... non, pas la suite la semaine prochaine (¬¬), je promets de ne plus donner de dates, au moins je ne décevrai personne à l'avenir.
Bien. Donc, la suite, quand j'arriverai à la finir...
Que cela ne vous dispense pas de laisser un petit mot quand même, hein ? (Je vous aime !)
Le Cheval Bleu
Chapitre 21
J'ai vomi.
Vraiment aucune classe, quelque soit la situation.
La bile me brûle la gorge, me laissant le goût acide de l'incompréhension, du trop plein de stress, du choc. Mon esprit hurle. J'en ai assez, c'est juste trop. Ça fait mal...
J'entends vaguement des bruits de voix, mais ma tête bourdonne trop pour que je comprenne vraiment ce qu'elles disent. J'aperçois du mouvement, probablement Kimblee, en train de crier, mais mes yeux sont fixés sur le seul meuble encore intact de la pièce.
Un lit.
Un lit aux draps blancs dans lequel repose Alphonse.
Mon petit frère.
Mon petit frère Al que je croyais mort depuis des années. Avec maman.
Al, mon petit frère dont on n'a jamais retrouvé le corps...
Et qui est là maintenant, sous mes yeux, dans ce lit, devant moi, et ça fait vraiment mal...
Mon petit frère, Alphonse, retenu à la vie par des machines.
Oh, quelle ironie...
Mon estomac se contracte à nouveau, mais il est vide. Ça fait affreusement mal. Ma tête me fait mal, comme si un étau la compressait de plus en plus. Je me demande un instant si je vais m'évanouir ici, mais il semble que je n'aurai pas cette chance...
Et puis la suite se déroule comme dans le brouillard ; tout me paraît flou, et je ne saurais dire avec exactitude ce qui s'est passé dans cette pièce.
Je crois que Winry s'est disputée avec Kimblee pendant quelques minutes. Elle exigeait probablement des explications. Je me rappelle qu'elle pointait son pistolet sur lui... Puis l'homme s'est tourné vers le double de mon père et a commencé à lui tirer dessus. Je crois que je me suis relevé à ce moment-là, et que j'ai observé, aussi sidéré que mon amie, le sosie de Hohenheim se redresser après l'impact des balles, dévoilant un visage à moitié défiguré et des fils électriques dépassant de la blessure.
Un putain de robot...
Il y a eu un rire dans la pièce. Je crois que c'était le mien. Un rire nerveux, et légèrement hystérique. Winry m'a regardé une seconde avec beaucoup d'inquiétude dans les yeux. Mais je n'ai pas réagi à son regard. Je crois que j'ai continué à rire un petit moment. Ça faisait mal, encore, et mon père était allongé au sol derrière, peinant à se redresser, probablement blessé, et Alphonse était si immobile dans ce lit, si pâle, et Kimblee semblait pétrifié lui aussi, tenant toujours son poing gauche tellement serré... Je crois que j'ai craqué. Je ne me rappelle plus bien.
Il y a eu un combat, ensuite. Après avoir vidé son chargeur dessus, sans beaucoup d'effets, Kimblee s'est jeté sur le robot qui ressemble à mon père. Ils ont roulé au sol, et c'est là que j'ai couru vers mon père. Je me suis mis à genoux à côté de lui, et il s'est accroché à moi pour se redresser, et nous avons regardé la scène juste sous nos yeux.
Je me suis rendu compte que Kimblee était un homme dangereux, et qui avait sans doute menti depuis longtemps : il connaissait parfaitement les robots, celui-là en particulier, car il l'attaquait précisément au niveau de ses points faibles.
Au bout d'un moment, il a atteint les câbles d'alimentation dans son dos, il a voulu les arracher, mais le robot l'a brusquement éjecté loin de lui. Il s'est enfui et Kimblee a crié ; il voulait le poursuivre je pense, mais son crâne saignait abondamment, et il est resté debout, planté au milieu de la salle, haletant.
Puis Winry l'a remis en joue et lui a parlé, je ne sais pas trop ce qu'elle voulait cette fois. Kimblee l'a regardé bizarrement, mais n'a pas répondu et s'est avancé vers elle ; elle n'a pas réagi assez vite : d'un coup, il lui a fait lâché son pistolet et lui a agrippé le bras pour l'empêcher de reculer.
C'est à ce moment que je suis réveillé, en quelque sorte. Je me suis relevé aussitôt, j'ai attrapé mon fusil et l'ai pointé sur lui. Le point rouge lumineux dans son œil l'a incité à tourner la tête vers moi. Je lui ai ordonné de la lâcher et de s'éloigner ; avec un rictus, il s'est complètement retourné et a levé les mains. À cet instant, nous nous sommes tous rendus compte que sa main gauche était vide : ce qu'il tenait si fort depuis le début, avait dû glisser pendant qu'il se battait. J'ai vu son visage perdre toutes ses couleurs, il a regardé sa main vide avec horreur ; j'aurais presque pu voir la sueur se former sur son front pour aller couler dans le col de sa combinaison. Il était aussi livide qu'un cadavre, mais s'est vite repris. Il m'a souri, a commencé à parler de ce que je lui devais...
C'est vrai, je lui dois beaucoup. Il nous a sauvé la vie, à Élysia et moi autrefois. Il a monté la résistance de toutes pièces, il a protégé tout le monde. Il est devenu notre leader. Et pourtant...
Pourtant, il était en prison, autrefois. Il était surveillé par l'armée elle-même. Il a tué des gens innocents... Et les scientifiques de l'ancien laboratoire militaire...
« Ils sont tous morts... sous mes yeux ! »
Ils sont tous morts... à cause de lui. Il les a tous tués.
Je l'ai interrogé à ce sujet. Au sujet du robot qu'il semble si bien connaître. Je lui ai demandé pourquoi il m'avait assommé plus tôt, dans ce couloir, où j'aurai pu être tué sans pouvoir me défendre. Je voulais savoir pourquoi il nous avait tous menés en bateau, ce qu'il cherchait réellement. Je voulais savoir pourquoi il m'avait trompé alors que je lui faisais confiance.
Il m'a fixé un moment, et il a ri. Et je pointais toujours mon arme sur lui, et je l'ai regardé partir dans un délire psychotique, racontant à quel point les humains sont faibles et tout juste bons à distraire les machines pendant que son plan...
Oh, bon sang.
Son regard était celui d'un fou. Je ne le reconnaissais pas... Mais l'ai-je jamais vraiment connu ? Je n'ai plus écouté son discours délirant ; j'ai raffermi ma prise sur le fusil, le point rouge tremblotant sur son front.
J'ai eu peur, je crois. Je pointais une arme sur un être humain. Je revois encore Olivia me lançant un pistolet en me disant qu'il me sauverait peut-être la vie ; tirer sur du métal est inutile, et je ne voulais me tuer moi-même. Je ne voulais pas me servir d'une arme. Et là, j'étais en train de viser un autre homme. Un homme que j'avais respecté et... aimé peut-être. Sans doute. Comme un père de substitution. Comme l'homme qui m'avait sauvé la vie quand je n'étais qu'un gosse.
Et puis soudain il s'est arrêté de parler, a commencé à fouiller le sol du regard à la recherche de la chose qu'il avait perdue ; ses yeux se sont posés sur Winry. Elle s'était déplacée pendant son délire, récupérant son arme au passage ; elle était accroupie et fixait un petit carré métallique dans sa paume, les sourcils froncés par sa réflexion. Kimblee lui a froidement demandé de le lui rendre. Elle l'a regardé, s'est relevée, puis a refermé sa main en reculant d'un pas.
Et puis tout est allé très vite. Kimblee a hurlé comme un dément. Il s'est précipité sur Winry.
Et j'ai tiré.
Et je suis là, à présent. Debout à côté de mon père, les mains crispées sur le fusil. Le regard vide et les yeux fixés sur le crâne sanguinolent de Kimblee. Bizarrement, je n'ai pas réagi comme je m'y serai attendu si j'avais été capable de réfléchir. Je ne suis pas tombé dans les pommes. Je n'ai pas été submergé par la nausée. Je ne me suis même pas écroulé. Je suis resté là, debout, sans bouger. Regardant sans vraiment la voir la flaque de sang qui s'étendait paresseusement autour du trou dans la tête de Kimblee.
Peut-être qu'il y a eu quelque chose, quand même. Je n'entends plus rien autour de moi. Ni la respiration saccadée de mon père, ni les pas discrets de Winry qui se rapproche, ni le ronronnement et les bruits réguliers des machines autour de mon frère. Je fixe le cadavre et je ne bouge pas.
Je ne sais pas combien de temps je reste comme ça.
C'est une main posée lourdement sur mon épaule qui me sort de ma contemplation.
Les sens me reviennent aussitôt : je vois le rouge, bien trop rouge, sale sur le sol poussiéreux, j'entends les machines, je sens l'odeur âcre et si caractéristique du sang, je sens la moiteur de mes propres mains, et la chaleur de celle de mon père sur mon épaule. Je le vois, debout près de moi, soutenu par Winry qui grimace sous son poids. Je vois le rouge sur sa chemise déchirée, la blessure.
Je lâche mon arme et le soutiens à mon tour, le forçant à se rallonger à même le sol. J'aperçois la mine soulagée de Winry. J'examine rapidement la plaie. Le bon vieux mode automatique. Ça fait du bien de ne plus réfléchir. Mais les soins ne m'aident à me concentrer bien longtemps ; je me rends vite compte qu'il n'y a rien à faire. La blessure est profonde, trop ; il a déjà perdu beaucoup de sang, et je n'ai aucun matériel qui pourrait lui faire gagner un peu de temps en attendant d'éventuels secours. Je n'ai même pas de quoi faire un bandage : ma combinaison ne s'y prête pas, Winry n'a pratiquement rien sur le dos, et la chemise de mon père est en morceaux. Je cherche vaguement autour de moi dans l'espoir de trouver quelque chose.
Mon regard se pose sur les draps blancs dans lesquels repose Alphonse. Il semble paisiblement endormi. Son profil a l'immobilité d'un gisant de pierre.
Je ne m'aperçois m'être redressé que lorsque mon père s'accroche brusquement à mon bras pour me rattraper. Je quitte difficilement Alphonse des yeux et me tourne vers lui ; il essaie de me parler. Il semble souffrir de sa blessure. Je m'en veux un peu d'être si indifférent, si loin... C'est sans doute mieux que m'effondrer maintenant, mais je m'en veux. Alors je secoue légèrement la tête pour me concentrer sur ce qu'il me dit.
« Je suis désolé... Edward... Si désolé... »
J'échange un regard avec Winry : apparemment, cela fait déjà quelques minutes qu'il me présente ses excuses. Je ne suis pas sûr de vouloir comprendre pourquoi. Il s'accroche à mon épaule et me tire plus près de lui, comme s'il avait peur que je m'éloigne. Comme si j'en étais capable...
Posant une main sur la blessure, geste dérisoire comme je m'en rends bien trop compte, je me penche vers son visage pour entendre ce qu'il a à dire. Il est brûlant, probablement de la fièvre. Je crois qu'il commence à délirer un peu, aussi...
Il s'excuse encore. Il a l'air si heureux de me voir que je m'en veux d'autant plus de ne pas être capable de réagir. Je reste si froid que je me dégoûte moi-même... Du moins, je me dégoûterai lorsque j'en serai à nouveau capable. Winry semble inquiète, autant pour lui que pour moi.
Il commence à m'expliquer, reprenant difficilement son souffle, que le robot qui lui ressemble est le résultat de ses travaux, et qu'il est à l'origine de la guerre et de l'invasion. Il raconte comment il a échappé à leur contrôle. Comment il a promis de guérir Alphonse s'il se mettait à son service. Il sanglote maintenant, s'accrochant plus fortement à moi.
« Je n'aurai jamais dû l'écouter... je suis tellement désolé, Ed... Tout ça, c'est ma faute... et maintenant... »
Il inspire avec difficulté ; sa blessure doit le faire atrocement souffrir, mais je ne sais pas quoi faire pour le soulager.
« Maintenant... Alphonse ne pourra plus jamais se réveiller... » murmure-t-il finalement.
Et, bon sang, que ça fait mal...
2 000 mots tout pile.
Clin d'œil à une lectrice (dont je n'ai plus de nouvelles, snif) qui m'a dit un jour que, me connaissant, elle s'attendait à ce que je ressorte des personnages censés être morts au début. Je suppose que si elle pouvait lire les deux derniers chapitres, ça l'amuserait...
À bientôt pour la troisième partie de cette fin qui traîne. Et l'épilogue.
