Titre : Le présent est d'hier
Auteur : KimieVII
Genre : Shônen-ai
Rating : T
Source : Final Fantasy VII.
Disclaimer : Les personnages et l'univers sont la propriété de Square Enix.
Notes : Petit concept auquel j'avais pensé et que j'avais envie d'essayer.
Le présent est d'hier
"Un peu d'ordre dans les rangs s'il vous plaît ! Allez, allez, faites de la place !"
Tant de soldats réunis sur la place, il n'y voyait rien. A plusieurs reprises, il se mit sur la pointe des pieds dans l'espoir d'apercevoir ne serait-ce qu'un cheveu de la célèbre chevelure argentée, au-dessus d'un océan d'uniformes dont la surface se troublait sous des vagues de têtes bariolées. Toutes appartenaient à ces recrues de rang inférieur qui, tout comme lui, s'étaient attroupées sur la petite place pour accueillir le retour triomphal, après des années de luttes dans Utaï, de ce grand héros adulé par tous : nul autre que l'inégalable Sephiroth.
Pestant contre son petit mètre soixante-dix, Cloud, qui était venu dans le but d'apercevoir son idole tout comme ses camarades ameutés dans la cour, chacun d'eux attiré par la célébrité dont l'adoration se révélait souvent la raison principale de leur enrôlement dans l'armée, abandonna l'idée de voir quelque chose au-dessus d'une centaine d'épaules plus hautes que les siennes pour passer à une autre stratégie.
En jouant des coudes et des mains, utilisant sa taille de guêpe pour se faufiler dans la foule, glissant entre ses compatriotes comme un serpent, il réussit enfin à passer au premier rang et ses yeux se remplirent alors d'étoiles.
Sephiroth et sa fidèle Masamune, en chair, en os, en cuir et en acier, étaient là, devant lui, et il put admirer tout à loisir le distingué Général marcher à la rencontre d'officiers supérieurs qui lui adressèrent un rapide et raide salut, main sur la tempe, avant de lui ouvrir le chemin vers un endroit moins peuplé, l'entrée de la tour Shin-Ra où Heidegger, le chef supérieur des armées, attendait probablement son rapport. A ses côtés, un autre soldat de première classe, plus jeune. Plus folichon et insouciant aussi, à en croire son sourire rutilant d'enthousiasme, d'excitation et d'orgueil. Mais Cloud n'y prêtait pas la moindre attention, bien trop appliqué à ne diriger celle-ci que vers le grand Général. En ce moment, rien n'aurait pu décoller ses yeux émerveillés et noyés de candeur de l'illustre silhouette. Aussi captivé qu'un petit garçon devant sa première matéria, son petit cœur battait à tout rompre d'exaltation car au fond de lui, c'était un rêve de gosse qui se réalisait enfin pour son plus grand bonheur : il avait aperçu celui qu'il admirait depuis si longtemps.
Durant une fraction de seconde pourtant, une paire de radars marins, l'avisant dans les flots, parvint tout de même à détourner son regard de l'image adulée et son regard croisa celui du second SOLDAT se tenant auprès du modèle acclamé. Il croisa ces iris aux couleurs abyssales qui s'étaient attardés sur lui, pêché parmi tous ces militaires agglutinés à l'entrée de la caserne. Le harponnement ne s'étendit pas au-delà d'une seconde, mais une seconde qui venait malgré tout de tisser un infime lien entre ces deux personnes jusqu'alors inconnues l'une pour l'autre.
xXx
"Un peu d'ordre dans les rangs s'il vous plaît ! Allez, allez, faites de la place !"
Tant de soldats réunis sur la place, il n'y voyait rien. A plusieurs reprises, il se mit sur la pointe des pieds pour tenter de repérer ne serait-ce qu'un cheveu de cette personne si longtemps attendue, au-dessus d'une marée d'uniformes dont les flux ballotaient l'écume et ses têtes bariolées. Toutes appartenaient à ces recrues, tout comme lui de rang inférieur, qui s'étaient attroupées sur la petite place pour accueillir le retour triomphal de leur grand héros et de toute sa division, de retour de Utaï où les groupes rebelles anti Shin-Ra avaient continuer de sévir. La guerre était désormais bel et bien finie et ses héros de retour parmi les leurs, foulant de nouveau leur contrée tant manquée.
Pestant contre son petit mètre soixante-dix, Cloud abandonna l'idée de voir quelque chose au-dessus d'une centaine d'épaules plus hautes que les siennes pour passer à une autre stratégie.
En jouant des coudes et des mains, utilisant sa taille de guêpe pour se faufiler dans la foule, glissant entre ses compatriotes comme un serpent, il réussit enfin à passer au premier rang et ses yeux se remplirent alors de soulagement. Comme toujours, frappant de splendeur et le visage aussi placide que séduisant, le grand Sephiroth se tenait là, devant un commandant. Mais ce n'était pas l'auguste figure que ses yeux regardaient. Non, toute son attention restait fermement focalisée sur le première classe qui l'accompagnait, les mains sur les hanches, un large sourire aussi fier que fringuant éclairant tout sa petite frimousse de frimeur. Ce même officier dont le regard, saisi un an plus tôt, avait réussi à détacher le sien de Sephiroth, l'espace d'un instant.
Rassuré de voir l'homme de retour sain et sauf après s'être rendu, en ce jour festif, sur la place de la caserne pour cette seule information, Cloud laissa un petit sourire apaisé prendre le pas sur sa mine morose et même angoissée de ces derniers jours à l'annonce de la mort de deux SOLDATS à Utaï. Il se retira de nouveau rapidement à l'intérieur de la foule avant que deux fameux radars, qui sondaient probablement celle-ci à sa recherche, ne l'aperçoivent. Pour rien au monde il n'aurait voulu que le soldat remarque sa présence et se mette alors en tête qu'il s'était fait du souci pour lui. Raisonnement assurément stupide puisque la vérité était qu'il s'était fait du souci pour lui. Simplement, il ne souhaitait pas que celui qui était devenu son meilleur ami, et même un peu plus, tombe sur une aussi belle occasion de le charrier. En particulier parce qu'il était justement un peu plus qu'un ami et qu'en douze mois, il avait bien appris à connaître celui qui s'amusait et se vantait, triomphant de fierté, de lui faire avouer qu'il était fou de lui. Ceci en relevant à la moindre occasion la plus insignifiante attitude l'appuyant ou trahissant l'insensibilité prétendue du blondinet. Oui il était fou de lui, et alors ? Cloud se sentit rougir. Il était trop fier pour le lui avouer et n'aurait certainement pas laissé une aussi belle preuve de son attachement au soldat en le laissant l'apercevoir, allégé de ses craintes, au milieu de tout ce joli monde. Après tout, il n'était pas venu le voir. Il n'avait même jamais quitté sa chambre.
Ce fut à l'intérieur de celle-ci qu'il se retrancha. Se demandant si son compagnon allait venir lui dire un mot dans la soirée. Il se doutait que le militaire devait se retrouver chargé de travail après cette longue mission à l'occident, mais, égoïstement, il espérait malgré tout un petit coucou. Après tout, il ne pouvait pas se cacher qu'il avait très envie de le revoir. Trois mois que le jeune homme était resté à Utaï. A sa surprise cependant, il venait tout juste de retourner dans son misérable logement, présentement désert puisque toute l'armée était partie former un troupeau de groupies à l'entrée de la caserne, que trois petits coups furent frappés contre sa porte. Sans perdre de temps, l'adolescent alla ouvrir. Le battant à peine poussé, ses hanches se voyaient déjà gratifiées d'un contact dont elles étaient restées bien longtemps privées, doucement enveloppées par des mains familières tandis que son corps se laissait brusquement attiré contre un large torse au poitrail finement charpenté.
"Tu m'as manqué, Cloud.", souffla une voix chaude dans ses cheveux.
"Bon retour, Zack.", sourit alors Cloud contre son torse en agrippant le chandail du brun, dans son dos.
Le plus grand des deux hommes brisa l'étreinte et tout en repoussant gentiment Cloud de lui, il baissa les yeux pour rencontrer ceux du cadet. Un petit sourire espiègle traversa alors de nouveau son visage.
"Je t'ai aperçu tout à l'heure, dans la foule de soldats. Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ?"
Cloud se transforma alors immédiatement en mog femelle. Tout du moins, il en prit la couleur. Il avait sous-estimé le soldat et ses capacités. Celui-ci l'avait vu.
"Peut-être était-ce... Parce que tu ne voulais pas que je pense que tu t'inquiétais pour moi ?", ajouta-t-il encore en lui souriant gentiment, très amusé par la gêne du jeune homme, qu'il venait encore d'accentuer.
"Qu'est-ce que tu vas imaginer ? Je... J'avais quelque chose à faire", mentit Cloud en détournant le regard.
Deux doigts recueillirent alors son menton et le soulevèrent tandis que la voix pénétrante et malicieuse, si caractéristique du SOLDAT, à la fois taquine et concernée, s'adressa encore à lui et Cloud ne put s'empêcher de penser que cette vie valait la peine d'être vécue quand cette voix n'était destinée qu'à lui. Lui et personne d'autre.
"Est-ce que tu sais à quel point tes déplorables aptitudes pour mentir m'inquiètent ? Entraîne-toi un peu si tu veux paraître crédible. Le pire, c'est que tu es atrocement mignon quand tu fais ça.", rit gentiment le moqueur avant de poser son menton sur la crinière hérissonne, "J'ai encore un rapport à rendre mais il peut attendre un peu... Pour le moment c'est toi et rien d'autre", souffla-t-il sincèrement en enroulant de nouveau ses bras autour du blond, l'acculant contre une proche petite table. Alors qu'il penchait la tête, Cloud se laissa emporter, parti lui-même à la rencontre des lèvres trop longtemps attendues.
Le corps des deux hommes se maria ensuite harmonieusement à l'autre. Un mariage qu'ils avaient été tous deux impatients de renouveler. Et tandis que la langue de Zack taquinait celle de son compagnon dans quelques caresses, les inconnus de la veille plongeaient quant à eux dans un autre monde. Celui où le présent et le passé n'existaient pas, seul l'étourdissement de bonheur y trouvait sa place, tout comme ces secondes déterminantes qui provoquaient ce qui appartenait d'hier.
C'est vrai, Cloud fait 1,73 mètre. Mais ça, c'est cinq ans plus tard donc j'ai estimé qu'il pouvait bien gagner trois centimètres en cinq ans.
Encore un gros merci à Redfoxline pour sa review ! Kyuh
Et merci pour votre lecture !
