Hello Puppies ! Ça faisait combien de temps qu'on s'était pas vus le mercredi pour un chapitre de cette histoire ? On est mercredi ! Et voilà un nouveau chapitre ! Je vous remercie vraiment de vos petits mots, j'espère que je n'ai oublié personne dans mes réponses... Et je remercie aussi Smirnoffpour ses conseils avisés de correction !

Bonne lecture à vous.


Tom frappe légèrement à la porte du bureau de Talia avant de passer la tête à l'intérieur. Assise, les pieds sur le bureau, elle lève les yeux et lui fait signe d'entrer. Il sourit un peu à ce comportement très peu distingué mais entre et ferme la porte derrière lui. Elle le voit faire et soupire. « À ce point ? »

« Je veux juste que ça reste entre nous deux pour le moment. », répond Tom. Il fait un geste qui englobe le reste de la maison. « Ça a l'air de bien se passer. »

« Oui, Dieu merci. Je veux dire, je pensais que si Isaac voulait vraiment être son compagnon, il comprendrait, mais il lui laisse tellement d'espace, et il ne la force pas. À mon avis, il a ses propres raisons de ne pas vouloir brusquer les choses, mais ça aide beaucoup. »

Tom acquiesce et s'assied sur une chaise. « Eh bien, c'est d'Isaac dont je voulais parler. Stiles m'a dit il y a un petit moment qu'il est inquiet qu'il puisse se faire harceler à l'école. J'ai fouiné un peu, et ce n'est pas le cas. Ce qui soulève la question de la provenance des bleus que Stiles a vu sur lui. »

Talia serre la mâchoire. « Admettons que j'ai quelques inquiétudes, moi-même. Surtout quand on prend en compte le fait qu'il est toujours si pressé de rentrer avant que son père réalise qu'il n'est pas là. J'ai pensé – je ne peux pas vraiment lui poser de questions à ce sujet. Il me trouve très intimidante, et je sais qu'il ne se confierait pas à moi. J'espérais qu'il parlerait à Stiles, ou Derek, ou même Cora, mais ce n'est pas le cas, pour le moment. »

« J'ai travaillé avec pas mal de gamins maltraités, au fil des ans. », dit Tom en secouant la tête. « Ça m'impressionne toujours, leur réticence à parler contre leurs abuseurs. La psychologie du phénomène est fascinante, honnêtement. Ces enfants adorent leurs parents. Ils ne veulent pas leur causer d'ennuis ou les voir blessés. »

« Ce qui est une raison supplémentaire d'agir. », soupire Talia. Elle se passe une main dans les cheveux. « La plupart des membres de la meute sont assez intelligents et... stables... pour savoir qu'ils ne peuvent rien faire au père d'Isaac. Mais Cora... Si elle réalise qu'il abuse physiquement d'Isaac, elle ne sera peut-être pas capable de se retenir. Pas après tout ce qu'il s'est passé. »

« Je m'inquiétais plus de Peter. », répond Tom.

« Eh bien, Peter... Au moins, on sait qu'il ne laisserait pas de preuves. »

Tom rit malgré lui. « Okay. Je pensais qu'on pourrait lui parler, tous les deux. De ce que je peux dire, il ne sait même pas que son fils fréquente un loup-garou, et je pense qu'il est grand temps qu'il le découvre. »

« Très bien. » Talia regarde son agenda sur son téléphone. « Je suppose qu'il sera difficile à interpeller un week-end, et je préfère faire ça pendant qu'Isaac est à l'école, de toute manière. Je peux me libérer mardi, vers midi. »

« Ça me va. Autre chose que je devrais savoir ? »

« A moins que les efforts de Peter pour enlever le GPS de sa cheville ne vous intéressent, non. Et vous ? »

« J'ai des mandats pour les huit alphas les plus probables. », dit Tom. « Je fouille leurs téléphones et leurs relevés bancaires en ce moment. Je ne sais même pas sur quels trucs illégaux Stiles se penche. »

Talia secoue la tête avec tendresse. « C'est probablement mieux de ne pas demander. », acquiesce-t-elle. Elle regarde ensuite sa montre. « Oh, il est déjà neuf heures. Je vais aller décrocher ma fille du canapé et regarder Masterpiece. Vous voulez venir avec moi ? »

« Je m'endormirais au bout de cinq minutes. Je pense que je vais rentrer. On se voit dimanche pour le brunch ? »

Talia acquiesce.

OoOoOoOoOoOoOoO

Derek regarde Stiles taper furtivement sur son clavier pendant qu'il arrose les plantes sur les étagères de sa chambre. Il pense une longue minute à ce qu'il va dire avant d'ouvrir la bouche. Quand il a terminé avec les plantes, il rejoint Stiles et pose une main sur la sienne, sur le clavier de son ordinateur. « Tu veux sortir ? », demande-t-il.

C'est une question innocente, et il espère vraiment que ça ne va causer aucune dispute. Mais Stiles le regarde et comprend immédiatement le sous-entendu. « Merde, je suis le pire copain du monde, hein. », tressaille-t-il.

« En pensant à la compétition de ces derniers mois ? », demande Derek d'un ton pince-sans-rire. « Tu n'es même pas dans les finalistes. Mais ce serait agréable de faire autre chose que te regarder écrire et marmonner dans ta barbe pendant trois heures avant que tu me rejoignes dans le lit. »

« Au moins, ça, c'est fun ? », répond Stiles en essayant un sourire.

Derek masse ses épaules. « Je sais que tu as beaucoup à faire en ce moment, c'est juste que - »

« Non, tu as entièrement raison, aucune excuse nécessaire. », l'interrompt Stiles en fermant son ordinateur. « On sort. Je vais même essayer de ne pas trop parler des affaires, même si je ne peux rien te promettre. »

« Okay. » Derek sourit et l'embrasse sur la tempe avant de le mettre sur pieds.

Ils décident d'aller au Jungle. Ça évitera au maximum les discussions sur les affaires. Le videur sait que la carte d'identité de Stiles est fausse, mais il le laisse entrer quand même : il sait qu'il n'y aura pas de soucis tant que Derek est avec lui. Ils prennent tous les deux un soda et se dirigent vers la piste de danse.

Stiles est un horrible danseur, mais ça ne l'a jamais arrêté, et Derek adore le regarder tournoyer, se trémousser et se comporter comme un idiot qui cherche le rythme. Il adore aussi la manière qu'à Stiles de faire ça tout contre lui. Ils alternent entre les moments sur la piste de danse, les passages au bar pour des sodas, et le pelotage dans les coins sombres. Il est 23h quand ils partent et en aucun cas ils ne veulent rentrer. Ils finissent par se garer dans un des coins préférés de Stiles pour s'embrasser.

« C'est – c'était une très bonne idée. », dit Stiles en ondulant sur les genoux de Derek, enroulant ses doigts dans ses cheveux. « Tes idées sont les meilleures. »

« C'est vrai. », répond Derek en enfouissant son visage dans son cou.

« Je – Oh punaise. », gémit Stiles. Il frissonne, puis s'immobilise.

Derek lèche son oreille et passe une main le long de sa colonne vertébrale. « Ça va ? »

« Ouais, désolé. » Stiles rit légèrement. « C'était un peu décevant, hein ? Je crois que j'étais vraiment stressé, dernièrement. »

« Sans blague. » Derek bouge Stiles de ses genoux pour le remettre sur son propre siège, et fait un bruit surpris quand Stiles se contente de se pencher pour poser sa bouche sur la bosse dans son pantalon. Il faut un long moment de gesticulations pour défaire le bouton et descendre la fermeture éclair. Puis Derek ne dure pas bien plus longtemps que Stiles. « On devrait faire ça plus souvent. », dit-il, vaseux.

« Une autre excellente idée. », remarque Stiles. « Je commence à les reconnaître quand je les entends. »

Derek soupire, content, pense à les ramener à la maison avant de se raviser. Ses jambes sont encore en gelée.

« Eh, je peux te demander quelque chose qui va probablement complètement gâcher l'ambiance ? », interroge Stiles.

« Tu peux me demander n'importe quoi. », répond Derek en le regardant.

Stiles se passe une main dans les cheveux. « Je pense – que Peter est en colère contre moi. Et je ne sais pas trop pourquoi. Mais il m'évite beaucoup, ces derniers temps. Et ce n'est pas comme avant, quand il essayait de me laisser résoudre les choses par moi-même. Je peux le pister, mais il met toujours un terme à la conversation de manière soudaine avant de partir. Je ne sais pas pourquoi il fait ça et ça me... perturbe vraiment. »

« Tu lui en as parlé ? »

« Je lui ai demandé s'il m'évitait et il m'a répondu : 'Je suppose, oui.' et il est parti. » Stiles secoue la tête. « J'ai même essayé de lui envoyer un message, en pensant qu'il ne voulait peut-être pas m'en parler en face, mais il n'a pas répondu. » Stiles se tortille légèrement. « Je sais que le temps passé en prison a été dur, pour lui, et il est un peu... Je ne veux pas dire... inconsistant? C'est... pas le mot que je cherche... »

« Erratique ? », suggère Derek en pensant à la façon de décrire le comportement de Peter depuis son retour.

« Peut-être. Ce n'est pas ça non plus. Je ne sais pas. Mais on s'est disputés à propos de Seth et, depuis, il ne m'a pas vraiment parlé. »

« Ahhh. » Derek laisse échapper une expiration. Puis il secoue la tête. « Je sais ce que tu penses, et ce n'est pas vrai. Fais-moi confiance. Peter n'est pas fâché de ton opinion sur sa moralité. Il ne questionne pas les décisions qu'il a prises durant toutes ces années, à se demander s'il a tué des gens qu'il n'aurait pas dû. Ce n'est... pas Peter. Il est ce qu'il est, et il en a toujours eu conscience. Je pense que c'est pas le fait qu'il soit qui il est, mais plus le fait qu'il réalise que... tu n'es pas lui. Tu pourrais être une Main Gauche incroyable, mais tu vas faire les choses de manière très différente par rapport à lui. »

« Tu penses ? », demande Stiles, anxieux. « Je ne voulais pas le contrarier. Mais je ne pouvais pas le laisser tuer Seth. Je veux dire, c'est pas que je l'aime bien. Mais je ne pensais pas qu'il méritait de mourir, tu comprends ? »

« Oui. » Derek se penche pour l'embrasser. « Tu veux un conseil ? Coince Peter dans un coin et fais-le parler. Il n'est pas très doué pour ce genre de choses. Si tu ne le forces pas, il ne te parlera pas. »

Stiles grimace. « Je me doutais un peu que c'était ce que tu allais dire. »

« Désolé. »

« Je pense que je vais mettre ça dans ma liste de choses à faire lors de mes fréquents temps libres. », dit Stiles, avant de bâiller. Derek secoue légèrement la tête, mais fait demi-tour et rentre à la maison.

OoOoOoOoOoOoOoO

Isaac n'est pas surpris de recevoir un SMS de Stiles le lundi matin qui lui dit : 'je te prend après l'école ?' Il le fixe quelques instants en mâchouillant sa lèvre inférieure, et se demande comment répondre. Il n'a pas vu Cora depuis vendredi dernier et, après un week-end vraiment horrible, il a désespérément envie de la voir. Mais son père lui a donné une liste de corvées longue comme le bras et il sait que les choses ne vont faire qu'empirer s'il ne les fait pas, alors, après réflexion, il répond. 'Peux pas. Trop de corvées.'

Il s'attend à ce que l'histoire s'arrête ici, mais Stiles lui demande ce qu'il a à faire. Isaac suppose qu'il essaie de se montrer amical, et il a besoin de s'entraîner à répondre aux textos, de toute manière. Il ne veut pas dire à Stiles que la maison est sens dessus dessous et qu'il a passé presque tout son samedi à genoux à ramasser des éclats de verre. Il s'est coupé les mains plus d'une dizaine de fois, et il a manqué des morceaux. Hier soir, il a marché sur un bout de verre et depuis, il boite.

'Balai et serpillière', dit-il à Stiles. Ça paraît assez innocent. Puis, il réalise que ce n'est pas du tout assez important pour justifier qu'il ne puisse pas venir. 'Lessive, ce genre de trucs', ajoute-t-il.

Stiles ne répond pas pendant un moment, et Isaac n'en pense rien, parce qu'ils sont tous les deux à l'école, alors il suppose que Stiles est en classe. Après son quatrième cours, il découvre un nouveau message, 'On pourrait venir t'aider !', et ça l'agace.

'C'est juste des corvées.', dit-il en espérant que Stiles laisse tomber.

Stiles laisse tomber, en quelque sorte. Il répond avec : 'Cora veut vraiment te voir mais elle a peur de t'apporter des ennuis avec ton père.'

Isaac tressaille. Il n'a aucune envie que Cora sache que son père a cassé tous les verres de la maison et l'a ensuite obligé à ramasser chaque morceau sans avoir le droit de s'aider d'autre chose que ses mains. 'Je vais bien.'

'Viens juste 1/4h, qu'elle voie que tu vas bien. Je te ramène tt de suite après, promis', dit Stiles en utilisant plein de textos.

Isaac ne sait absolument pas comment répondre à ça. Il est certain qu'une fois chez les Hale, il ne voudra pas repartir. Mais il est aussi sûr qu'il va péter un câble s'il ne voit pas Cora aujourd'hui, et il ne supporte pas l'idée de la blesser et de l'inquiéter. Il sait aussi que, si Cora le voit dans cet état, elle ne fera que s'inquiéter davantage. « Merde, merde, merde. », marmonne-t-il.

Il pense encore à ce qu'il pourrait répondre quand il reçoit une nouvelle volée de messages de la part de Stiles. 'Ok pr être honnête si tu viens pas je l'emmène chez toi sinon elle va s'inquiéter et je peux pas lui dire nn alors tu es prévenu'

'Je croyais que tu essayais de ne pas être flippant.', répond Isaac en fronçant les sourcils.

Stiles répond avec une photo de Popeye, légendée 'I yam what I yam'

Après une longue pause pour se laisser le temps de réfléchir, Isaac envoie : 'passe me chercher après l'école'

'Pas de soucis !' répond Stiles, comme si Isaac lui demandait une faveur et qu'il ne l'avait pas obligé à accepter. Isaac secoue la tête et retourne à son travail. Il sait que le jour où son père va tout découvrir approche à grands pas, mais il ne sait pas comment gérer ça.

Stiles, bien évidemment, l'attend devant l'école quand la sonnerie retentit. Isaac lui lance un regard noir. « Des fois, t'es un enfoiré. »

« Ouais, je sais. », dit Stiles sans aucun remord. Isaac est content de porter un T-Shirt à manches longues, comme ça personne ne remarquera les coupures sur ses mains s'il fait attention. Le boitement, eh bien, il ne sait pas trop comment le cacher. Il met autant de poids qu'il le peut sur son pied blessé et espère au mieux.

Cora l'attend devant le porche, et ses mains sont serrées sur la rampe de l'escalier alors qu'elle attend que Stiles gare la jeep. Elle les rejoint aussitôt qu'Isaac quitte la voiture. « Tu es – salut. », se reprend-elle vite.

« Salut. » Il sourit en rougissant maintenant qu'il est devant elle, il ne se soucie plus de rien d'autre. « Et oui, je vais bien. Promis. »

« Oh. Okay. Je suis désolée. Je veux dire, je suis en vrac. Dis-moi si je suis trop collante et que je te rends dingue, hein ? »

« Okay. » Puis : « Je voulais te voir. »

Cora rougit. « C'est, tout va bien, alors. » Elle lui prend la main et l'entraîne vers la maison. Comme il s'y attendait, maintenant qu'il est là, il n'a plus aucune envie de rentrer chez lui. Il s'assied à la table de la cuisine et commence ses devoirs. Stiles ne mentionne aucunement le fait qu'il a promis de le raccompagner. Il est dans la cuisine et prépare un jambon à cuire, pendant que Scott l'interroge sur sa leçon d'histoire.

Mais, quand bien même il apprécie la compagnie, Isaac parvient à partir à cinq heures au lieu de six. Il veut s'en aller avant que Stiles ne pose le repas sur la table et qu'il reste deux heures de plus. Si son père rentre à la maison et le voit en train de faire ses corvées, ça se passera mieux, même s'il n'en a pas fait beaucoup.

Stiles ne peut pas partir parce qu'il est en train de préparer le repas, alors il passe ses clés à Scott pour qu'il le reconduise. Cora veut les accompagner pour pouvoir passer plus de temps avec Isaac, même si ce n'est qu'une dizaine de minutes. Ils sont en train de partir quand Talia arrive. Elle fait un sourire chaleureux à Isaac et le salue, mais ne lui demande pas pourquoi il s'en va déjà, ce qu'Isaac craignait. Elle remarque la manière dont Cora s'agrippe au garçon et lui demande si elle va bien, mais Cora dit que oui.

Plutôt que d'essayer d'obliger Isaac à rester ce soir, elle dit : « J'espère que tu pourras venir demain, Isaac. Mon mari rentre d'un voyage d'affaire à San Diego et il rapporte toujours des pâtisseries et des chocolats délicieux. »

« Qui peut refuser ça ? », demande Isaac en riant nerveusement. Cora resserre son emprise.

« Elle veut bien faire. », dit-elle une fois qu'ils sont dans la voiture.

« Qui, ta mère ? », questionne Isaac en clignant des yeux. « Je sais. »

« C'est juste que – elle n'en fait pas trop, tu trouves ? Elle a ses problèmes avec tout le truc de compagnons, elle aussi ? »

« Je sais. », répète Isaac. « Elle est un peu intimidante, mais c'est sa manière d'être. Je pense qu'elle, euh, qu'elle essaie trop fort, elle pourrait se détendre. »

« Je vais lui dire que tu as dit ça ! », sourit Scott.

« Mec ! Non ! », proteste Isaac, surtout pour faire rire Cora. Ça marche, alors ça en vaut la peine.

OoOoOoOoOoOoOoO

Après un moment passé à réfléchir, Stiles envoie un message à Peter. 'On doit parler, arrête de m'éviter. On peut faire ça devant tout le monde, ou tu peux me rejoindre devant le cabanon après le repas et on ira faire une promenade'. Peter n'est pas présent au dîner, et Stiles n'est même pas certain qu'il ait vu le SMS, puisqu'il n'y a pas répondu. Mais, quand Derek et Scott font la vaisselle, il va au cabanon et voit que Peter est là.

« Est-ce que tu as attendu là depuis que tu as reçu mon message ? », demande Stiles, et Peter hausse les épaules. « Tu sais, il y avait de la nourriture, à l'intérieur. »

« Je n'avais pas faim. » Peter joue avec son alliance. « Que veux-tu ? »

« Des réponses à quelques questions. Okay ? » Peter répond avec un signe de la main. Stiles prend une profonde inspiration, la relâche. « Tu es en colère contre moi ? »

Peter cligne des yeux, mais répond rapidement. « Non. »

« Tu es fâché que je n'aie pas voulu tuer Seth ? »

Là, Peter fronce légèrement des sourcils. « Fâché ? Non. Perplexe, peut-être, mais j'ai appris depuis longtemps que ma définition de ce qui est bien ou mal n'est que rarement celle des autres. Et tu avais probablement raison, tu sais. Il a été d'une aide inattendue. Et je ne pense pas que le fait qu'il meure ou disparaisse après avoir dit qu'il a mis mes empreintes dans la maison de Gérard Argent m'aurait aidé. »

« Okay. Alors, pourquoi tu ne veux plus me parler ? Pourquoi tu pars à chaque fois que j'entre dans une pièce ? » Stiles voit Peter grimacer et continue de parler. « Je travaille encore sur ces affaires, tu sais, et tu avais promis de m'aider. Et puis soudain, je me retrouve tout seul, et je ne sais pas pourquoi. »

Peter soupire et se remet sur pieds. « Marche avec moi. » Stiles obéit. Il marche en silence pendant de longues minutes avant de reprendre la parole. « Dernièrement, je trouve ça... difficile, d'être près de toi. Il m'est apparu récemment que je te voyais comme un substitut de mon fils décédé. Maintenant, chaque fois que je pose les yeux sur toi, je pense à ça. »

« Oh. » Stiles manque trébucher sur une racine et se rattrape de peu. Il ne sait pas quoi répondre.

« Je suppose que c'était évident pour tout le monde. », continue Peter. « Mais nous sommes souvent aveugles à ce qui nous est le plus proche. Oui, tu as certains traits d'Olivia et, par certains côtés, tu me ressembles. Mais tu es aussi très différent de nous deux. Ce qui est bien, je pense. Nous n'attendons pas de nos enfants qu'ils soient des clones de nous. Mais, eh bien. Ton père – que je respecte profondément – s'est offensé que je t'entraîne à devenir une Main Gauche sans sa permission. Il m'a rappelé que je ne suis pas ton père, et que je devrais arrêter de décider ce que tu vas faire de ta vie. »

« Oh. », répète Stiles. « Oh, punaise. Mon père veut bien faire, c'est juste que... »

« Non, n'essaie pas de lui trouver des excuses. Il a entièrement raison. Mais depuis, j'admets que ta présence me rappelle un peu trop ce que j'ai perdu. »

Stiles met les mains dans ses poches et essaie de trouver comment gérer la situation. « Je veux toujours être ton ami. », finit-il par dire.

« J'apprécie cela. », répond Peter. Il secoue légèrement la tête. « Il n'y a pas de remède miracle, Stiles. Rien d'autre que du temps. Donne-moi ça, s'il te plaît. »

Stiles hoche la tête, il se sent gêné et misérable. « Et en ce qui concerne, euh, le meurtrier de Gérard Argent ? »

« Ton père me tient informé des progrès de l'enquête par e-mail. », dit Peter. « Je lui transmets tout ce que je trouve. On va résoudre ça. »

Stiles hoche de nouveau la tête. Il ne sait pas quoi dire, il ne sait pas comment expliquer la boule dans sa gorge ou le fait que les mots s'il te plaît, ne fais pas ça, ne m'abandonne pas menacent de sortir de sa bouche. Peter a tous les droits d'avoir besoin d'espace, et Stiles ne peut pas exiger ça de lui. Mais il se sent seul et abandonné, et étrangement coupable, comme si, d'une certaine manière, c'était de sa faute. « D'accord, mais... tu ne devrais pas être seul. Tu veux bien aller voir Talia quand on rentre ? »

Peter lui lance un regard, surpris. « Non, pas Talia. Mais je... rechercherai la compagnie de quelqu'un qui comprend. Je ne serai pas seul. »

« D'accord. », dit Stiles.

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Tom prend un moment pour étudier les bureaux du cimetière de Beacon Hills. Ils sont petits, un peu vieillots. La maison par laquelle il est passé, par curiosité, est dans le même état. Roger Lahey ne prend pas vraiment soin de lui ou de son business. Ça explique probablement les difficultés qu'il a en ce moment.

Il a quelques minutes d'avance, alors il attend dans la voiture et réfléchit à la façon de présenter les choses. Il va laisser Talia parler. Il trouve ça très drôle de jouer le rôle du musclé. Talia n'a pas l'autorité de faire quoi que ce soit à Lahey, même si ce n'est pas l'envie qui lui manque. Il vérifie que toutes ses affaires sont en ordre, même si c'est habituellement le cas. Il est prêt à arrêter Lahey s'il le faut, même s'il doute qu'ils en viennent à ça.

Il ne peut pas s'empêcher de bâiller alors qu'il reste assis à attendre. La nuit a été longue. Peter est apparu sur son palier vers 20h30, au bord de la crise de nerfs. Il n'a pas voulu parler, il voulait juste boire. Il a apporté une sorte de drogue qui le lui permettrait, mais a dit que Talia n'approuvait pas et lui botterait les fesses si elle le savait. Tom a accepté de ne rien lui dire. Il est ami avec Talia, mais Peter est un adulte capable de faire ses propres choix. En plus, c'est difficile de gagner la confiance de Peter. Tom ne veut pas la perdre, maintenant qu'il l'a.

Alors Tom a fourni le whisky et Peter a bu la moitié de la bouteille en dix minutes avant d'être complètement saoul. Il a raconté à Tom sa rencontre avec Olivia, quand il a découvert qu'elle était enceinte. Il a hurlé et pleuré, et ça a duré des heures. Tom l'a laissé sortir tout ça de son système. Il a l'impression que Peter n'avait encore jamais pris le temps de faire son deuil, et il est content de l'aider. Peter a finalement perdu connaissance vers minuit, et Tom l'a laissé sur le canapé avec une couverture.

Peter n'était plus là quand il s'est réveillé, la couverture pliée et le café prêt, et Tom suppose que c'est sa manière de le remercier. Il a l'impression que le loup-garou ne va jamais mentionner ça, et ça lui convient.

Il est sorti de ses pensées par le bruit d'une porte de voiture. Il lève les yeux et voit Talia sortir de la sienne. Elle accueille Tom avec son étreinte habituelle, puis frappe à la porte du bureau avant d'entrer sans attendre de réponse. Il n'y a pas de secrétaire, ce n'est pas un endroit vraiment propre. Tom suppose que c'est normal. C'est un cimetière, pas un hôpital. La terre et la poussière, c'est garanti. Et il doute qu'il y ait beaucoup de visites ce n'est pas non plus un lieu public. Mais ils ont décidé que ce serait moins intimidant que s'ils allaient chez lui.

Bien sûr, il les accueille avec un « Vous voulez quoi ? » sec, et Tom doit résister au besoin de sortir son badge. Il est prêt à arrêter Lahey, mais il ne veut pas être là en tant que flic. Il est habillé en civil, même s'il a son arme et ses menottes.

« M. Lahey ? », demande Talia, la voix brusque mais plaisante. « Je m'appelle Talia Hale. » Elle tend une main et, après une hésitation, il la serre. « Vous avez une minute ? C'est à propos de votre fils. »

Lahey grogne et montre deux chaises qui ont l'air d'avoir connu des jours meilleurs. « Qu'est-ce qu'il a fait, cette fois ? »

Talia ne mord pas à l'hameçon. « En vérité, je l'ai rencontré seulement ce week-end. », dit-elle. Elle ne rentre pas dans les détails, mais personne ne va s'en plaindre. Elle fait de son mieux pour faire en sorte qu'on croie qu'Isaac a rencontré Cora par accident, et n'a donc pas désobéi aux ordres de son père. « Apparemment, il est dans l'équipe de La crosse à Beacon Hills ? Et mon fils de meute, Stiles, a toujours des amis là-bas. Ils se sont réunis, et Isaac a rencontré Cora. »

« Et ? »

« Eh bien, Cora et lui s'entendent vraiment bien. », explique Talia. « Cora voudrait apprendre à mieux le connaître, mais Isaac dit qu'il n'a pas le droit d'avoir de petite amie... ? » Elle fait traîner sa question en espérant que Lahey va la contredire ou changer d'avis.

« Ouais. », répond celui-ci en prenant une pile de papiers et en commençant à écrire dessus.

Talia jette un regard à Tom, et il la voit serrer et desserrer le poing. « M. Lahey, je ne suis pas là pour vous dire comment élever votre fils. Mais laissez-moi vous expliquer certaines choses sur les loups-garous. Une fois que nous trouvons la personne que nous pensons être notre compagnon, nous n'abandonnons pas. On ne peut pas s'effacer, de la même manière qu'un humain. Bien sûr, si Isaac n'avait pas envie, Cora trouverait évidemment un moyen. Mais Isaac semble être d'accord avec Cora. Il a l'air de vouloir passer du temps avec elle. »

« Eh bien, une fois qu'il aura 18 ans et sera légalement un adulte, il pourra faire ce qu'il veut. », dit Lahey. « Mais en attendant, s'il vit sous mon toit, il suit mes règles. »

« Vous comprenez que ça peut lui causer énormément de mal, mentalement et émotionnellement ? », demande Talia. « D'être séparé de sa compagne. »

Lahey renifle. « Isaac n'est pas un loup-garou. Et je ne crois pas à la moitié de ces conneries, de toute manière. »

« Eh bien, ces conneries sont ma vie, ainsi que celle de ma fille. », dit Talia. Sa voix a pris ce ton qui ne promet rien de bien à qui le reçoit. « Malheureusement pour vous, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider Cora et Isaac à avoir une relation saine. Mon bébé a eu une année difficile, et je me préoccupe bien davantage de son bonheur que de vos règles. »

« Vous – vous ne pouvez pas me dire ça ! », fulmine Lahey.

« Si, M. Lahey, je peux. Je suis juste un parent exprimant son opinion à un autre parent. Je pense qu'empêcher votre fils de 17 ans d'avoir une relation est raisonnable, particulièrement si c'est basé sur ses résultats scolaires ou son comportement à la maison. Mais je pense qu'empêcher votre fils de 17 ans de passer du temps avec sa compagne est nocif. Et vous devez comprendre que certains instincts sont particulièrement difficiles à restreindre une fois que quelqu'un fait partie d'une meute. Isaac fait partie de ma meute, maintenant, et ça veut dire que j'ai envie de le protéger. »

« Alors tous ces discours sur le fait que vous n'êtes que des animaux... », ricane Lahey. « Je suppose que c'est vrai. »

« Jusqu'à un certain point, peut-être. Mais il y a un proverbe sur le fait de regarder chez soi avant de critiquer son voisin que vous devriez garder en tête. Ce n'est pas moi qui tourmente et maltraite mon enfant. Je pense que ça fait de vous quelque chose de pire qu'un animal. »

Lahey bondit sur ses pieds. « Je ne sais pas ce que vous pensez - »

« J'ai vu les contusions. Je peux sentir sa douleur. » Talia a la voix contrôlée, mais on peut quand même entendre sa rage. « Pensez-vous que je n'ai rien remarqué, hier ? Pensez-vous que je n'ai pas conscience de ce que vous lui avez fait après qu'il soit resté chez moi après son couvre-feu ? Cela doit s'arrêter. C'est la dernière fois que vous leviez la main sur ce garçon. »

« Sinon quoi ? » , la défie Lahey. « Vous allez venir me réduire en pièces ? Vous allez risquer votre meute entière pour me faire la leçon ? »

« Sinon, vous serez arrêté. », dit Tom. Il sort ses menottes et les pose sur la table. « J'ai presque envie de vous arrêter maintenant. Après tout, vous avez quasiment admis que vous maltraitez votre fils. »

« Ça vous concerne pas comment je traite mon gamin! », rétorque Lahey.

« En fait, si. », dit Tom. Il fait bien attention à ne pas lever la voix, même s'il veut envoyer valser cet enfoiré contre un mur. « Vous savez, je suis un officier de police, et ce que vous faites est illégal. Je suis venu ici pour soutenir Talia, en tant qu'alpha de mon fils, qui voulait votre bénédiction pour accepter Isaac dans sa meute. Je peux voir que ça ne va pas se faire. Alors, laissez-moi vous dire les choses autrement. Un citoyen concerné est venu me voir pour reporter sa crainte qu'Isaac ne soit maltraité. J'ai vu des preuves que c'est le cas. Alors c'est votre seul avertissement. Ne levez plus la main sur lui, ou je vous jetterai en tôle tellement vite que vous aurez le mal de mer. La seule – la seule – raison pour laquelle je ne vous arrête pas aujourd'hui, c'est parce que je pense que ce serait plus traumatisant pour Isaac si je devais le faire venir à la barre pour témoigner contre vous. Il est assez vieux pour ne plus devoir être chez vous encore longtemps, alors je vais oublier. Cette fois-ci. »

« Il ne – il ne rejoindra quand même pas votre foutue meute ! », crie Lahey en direction de Talia.

« Officiellement non, apparemment. », dit Talia. « Mais tout ce que procurent les papiers, c'est une protection légale s'il se passe quelque chose et que nous devons intervenir. Ne pas avoir les papiers ne rendra pas le lien qu'il a avec Cora moins réel. Alors il va passer du temps avec elle, et avec le reste de la meute. Je me fiche totalement que vous 'autorisiez' ça ou pas. »

Sur ces mots, elle se relève en laissant Lahey postillonner derrière elle. Elle prend une profonde inspiration une fois à l'extérieur. « Les choses auraient pu se passer beaucoup mieux. »

Tom regarde par-dessus son épaule. « En fait, vu son attitude, je crois qu'on ne pouvait pas espérer mieux. Mais je pense qu'on devrait avertir Isaac avant qu'il ne rentre chez lui ce soir... même si je préférerais qu'il ne rentre pas. »