Voici le chapitre XXI !

Je profite de l'occasion pour vous annoncer que le tome II de "PIRATE", vient de sortir ! Vous pouvez en lire le début sur Amazon ou dans la rubrique "l'univers Claude Neix" sur le site : www (point) cristina-rodriguez (point) net

Bonne lecture et bons baisers de Claude Neix !


XXI : Entre rage et désespoir

par Claude Neix

Corrections et documentation : Shiva Rajah

o-o-o

L'espérance serait la plus grande des forces humaines
si le désespoir n'existait pas…

V. Hugo

Shalua remonta dans sa suite — qu'elle occupait depuis qu'elle travaillait au manoir — pour prendre une douche et se changer en prévision du dîner.

Elle avait abandonné en bas Kadaj et Shelke, qui travaillaient d'arrache-pied et refusaient de lâcher leurs claviers. C'était la première fois qu'elle voyait sa sœur aussi enthousiaste à la tâche mais avoir quelqu'un comme Kadaj sous la main, qui comprenait parfaitement le langage et les allusions à demi-mot de la jeune fille, l'était aussi et ceci expliquait très certainement cela.

Une fois dans la chambre, elle retira sa blouse, son chemisier et ôta la prothèse de son bras gauche, qu'elle jeta sur le couvre lit moelleux avec une grimace en frottant son moignon.

— Besoin d'un câlin ? chuchota une voix basse et mâle à son oreille, la faisant sursauter violemment.

Deux mains robustes se posèrent sur ses épaules nues pour les masser avec sensualité.

— Cid… gémit-elle sous l'agréable traitement. Tu m'as fait peur, idiot !

Il sourit contre son cou et darda la langue pour lui chatouiller le lobe de l'oreille, qu'il aspira entre ses lèvres, provoquant d'irrépressibles frissons.

Shalua pivota pour lui faire face et noua son bras valide autour de son cou.

Il la serra contre lui et mordilla ses lèvres, joueur.

— Tu t'es rasé ? nota la jeune femme en caressant son visage lisse. En quel honneur ?

— Tous les cinq jours, fit-il. C'est la règle que je me suis imposée. Tu veux étrenner ? demanda-t-il en tendant sa joue.

Elle ne se fit pas prier et piqua son visage de petits baisers mouillés avec un plaisir non dissimulé. Sa peau avait un agréable, et terriblement viril, petit arrière-goût de mousse à raser et d'after-shave.

— Pourquoi n'optes-tu pas pour une épilation définitive, comme la plupart des hommes ? Tu l'as bien fait pour tout le reste… nota-t-elle, malicieuse, en posant la main sur son sexe, qui commençait déjà à durcir sous la toile du pantalon ample.

Il soupira sous la caresse.

— Et je laisse juste deux pattes intactes, comme Loz ? plaisanta-t-il.

— Mhh… tu as passé l'âge de ce genre de fantaisies.

Cid gronda contre son oreille.

— Comment je dois le prendre, ça ?

— Comme la preuve que je préfère les hommes plus raisonnables.

— Ma barbe te gêne ?

Elle sourit et lui mordilla le menton.

— Au contraire, je l'adore… susurra-t-elle.

— Ah, tu vois…

Il laissa une traînée de baisers enfiévrés le long de la gorge offerte de Shalua et fit doucement remonter ses mains le long de ses cuisses, sous la jupe.

— Cid…

— Mhh ?

— Je dois prendre une douche…

— Chouette, je vais pouvoir te savonner partout…

Il la souleva dans ses bras pour se diriger vers la luxueuse salle de bains et elle se laissa aller contre son large torse en riant.

Dieux, qu'elle se sentait bien, avec lui ! Qu'elle était heureuse dans ses bras…

Pourquoi fallait-il qu'il soit marié, bon sang ?

Pourquoi ?

XoX

Rude enfila son manteau, posa le téléphone de Reno à portée de main, sur la table de nuit, et remonta les draps sur sa poitrine.

— Sois prudent, mec, fit ce dernier d'une voix cassée à force de vomissements. Le cratère nord, ça a toujours été un nid à emmerdes.

— Te tracasse pas pour ça, ce n'est qu'une petite anomalie détectée par les caméras à ondes Beta. Si ça se trouve, c'est juste une famille d'ours qui a emménagé dans l'ancien labo !

Reno sourit malgré lui.

— Ce serait marrant… Je me demande qui serait le plus flippé par la tête de l'autre : toi ou papa ours.

— Je t'emmerde !

— J'osais pas te le dire mais vu que tu abordes le sujet…

Rude lui asséna une petite tape sur la tête.

— P'tit con ! T'es sûr que tu ne veux pas que j'aille chercher Tifa ou Shalua ? demanda-t-il en reprenant son sérieux. Ça ne me rassure pas, de te laisser seul.

Son comparse secoua la tête.

— Nan, je fais assez chier tout le monde depuis hier ! Je vais piquer un somme, t'en fais pas.

— O.K. Comme tu voudras. Mais si ça va pas, le téléphone est juste là.

— File, Rudo, l'hélico t'attend et le pilote doit commencer à criser.

— Prends bien soin de toi, Reno.

Celui-ci agita la main et sourit.

— C'est bon, je te dis ! Allez, dégage ! plaisanta-t-il, j' veux plus voir ta tête d'œuf, ça me rend malade.

Rude quitta la chambre à regret et descendit dans le hall, où il croisa une Marlène survoltée, qui riait comme une petite folle en sautillant autour de Yazoo.

— Eh ! Là ! Tu m'as l'air bien joyeuse ! fit-il remarquer.

— On a fait une ballade à moto ! C'était génial ! On est montés presque jusqu'aux grottes à matéria !

Rude siffla.

— Dis donc ! Et t'as pas eu le vertige ?

— Même pas ! Demande à Yazoo, si tu me crois pas ! Tu t'en vas ?

— Ouais, ma grande. Boulot.

— Tu reviens quand ?

— Demain ou après-demain, je pense. Dis, Marlène, ajouta-t-il en s'accroupissant devant la fillette. Je peux te demander un service ? Veille sur Reno pendant mon absence, pour qu'il fasse bien tout ce que Shalua lui dira, O.K. ? Et s'il t'envoie sur les roses… Mords-le !

Il tendit sa main, paume vers le haut, et Marlène y fit claquer la sienne.

— Ça marche ! Je monte le voir tout se suite !

Elle fila et Rude se tourna vers Yazoo, qui se tenait un peu à l'écart.

— Elle ne t'a pas trop cassé les pieds ? demanda-t-il aimablement, ne sachant trop comment aborder le jeune homme. Marlène est une boule d'énergie et c'est parfois un peu fatigant.

L'incarné secoua la tête et sourit.

— Non, pas du tout, répondit-il de sa voix douce. Elle me rappelle un peu Kadaj, lorsqu'il était petit.

Rude revit les scène poignantes d'un adolescent au corps couvert de plaies, serrant son petit frère dans ses bras maigres, et sentit la révolte lui ronger les tripes.

— Je l'ai vu sur les vidéos surveillance, fit-il la gorge serrée. C'était… C'était un beau petit garçon.

Le visage de Yazoo s'éclaira au souvenir de son cadet.

— Oui, il pouvait être très mignon quand il le voulait !

— Enfin, tout ça pour dire que tu n'es pas obligé de jouer les nounous, avec Marlène, si tu n'en as pas envie.

— Ça ne me gêne pas. Et j'avoue que je ne sais pas trop ce que je suis supposé faire d'autre ici, de toute façon, ajouta-t-il, embarrassé.

Rude retira ses lunettes fumées pour le regarder droit dans les yeux.

— Ce n'est pas à toi de te demander ce que tu dois faire. C'est à nous de chercher de quelle façon vous aider au mieux, toi et tes frères.

Yazoo rougit légèrement.

— Je… j'ai du mal à comprendre pourquoi.

— Appelons ça officiellement « des dommages et intérêts de la Shinra pour préjudices subis ». Et officieusement, une bande de joyeux optimistes, un rien naïfs, qui croient que l'amitié et l'entraide peuvent nous aider à sauver la planète et construire un monde meilleur.

L'incarné de Sephiroth laissa échapper un rire cristallin.

— Je prends la version officieuse, dans ce cas. Elle est plus poétique. Et bien plus sympathique.

Rude lui fit un clin d'œil et chaussa ses lunettes.

— Vendu !

Son portable sonna, affichant un message impatient du pilote de l'hélicoptère qui l'attendait sur la pelouse du grand parc.

— Je dois fil…

— Rude ! cria Marlène depuis le grand escalier. T'es encore là ? Reno, il veut pas boire d'eau ! Il dit que ça sert à rien, que ça reste pas !

Rude grimaça, découragé, mais Yazoo fit signe à de partir et le turk ne se le fit pas dire deux fois.

— Je suis parti ! cria-t-il à Marlène en se dirigeant précipitamment vers la porte.

— Mais Shalua a dit qu'il devait boire, sinon, il allait se déshydrater !

— Je ne suis plus là ! Si Reno devient trop chiant, chuchota Rude à l'intention de Yazoo avant de disparaître, vous avez tous autorisation de l'assommer.

— Rude !

— Rude est parti, Marlène ! fit Yazoo en retenant un rire.

— Alors viens m'aider, s'il te plaît ! Il veut rien savoir et il n'arrête pas de dire des gros mots !

Yazoo leva les yeux au ciel et s'engagea dans le couloir en direction du grand escalier.

XoX

Cid refit surface après ce qui lui parut une éternité, une langueur délicieuse dans tout le corps.

Il se pressa contre Shalua, étendue nue sur le lit, à ses côtés. Il l'attira à lui pour sentir les battements de son coeur contre le sien et s'enivra de son parfum si féminin.

La jeune femme l'enlaça de son bras valide et, du bout de la langue, suivit le tracé de sa lèvre inférieure puis le délicat renflement de la lèvre supérieure.

Cid soupira sous la sensuelle caresse et Shalua fixa les éblouissants yeux bleus qui la regardaient.

Il y avait tant d'amour, en eux, mais tant de détresse aussi…

Le pilote déglutit péniblement, la gorge serrée, et, avec un sourire triste, attira Shalua à lui dans une étreinte de mort.

Il haletait, contractant convulsivement ses bras autour d'elle et il fallut un petit moment à la jeune femme pour réaliser qu'il pleurait, le visage enfoui dans ses longs cheveux châtains.

XoX

— Qu'est-ce qu'il a ? s'affolait Marlène en regardant un Reno tremblant et fiévreux, soutenu par Yazoo, cracher un filet de sans le lavabo. Je dois aller chercher Shalua, ou Merill ?

L'argenté secoua la tête.

— Non, Marlène, ça va aller. File, va voir ton ami Denzel, je vais m'occuper de lui. Ce n'est pas un spectacle pour une petite fille.

— T'es sûr ?

— Mais oui, j'ai l'habitude, ne t'en fais pas.

— D'accord.

Elle obéit, trop heureuse d'échapper à l'écœurant spectacle et Reno jura comme un charretier.

— Tumeur de merde… haleta-t-il.

Yazoo émit un petit rire narquois.

— Fais-moi grâce de ce couplet ; il n'y a que toi et moi, ici.

Le turk se raidit dans ses bras.

— Non mais de quoi je me mêle ?

— Tu es en état de manque, c'est ce qui te rend malade, et si tu ne bois pas un peu d'eau pour t'hydrater, tu…

Reno le repoussa brutalement et dut s'appuyer au lavabo pour ne pas tomber.

— Fous le camp ! J'ai pas besoin de toi ni de tes leçons…

L'incarné laissa échapper un profond soupir et prit sur lui pour ne pas sortir de ses gonds.

— Écoute, je sais très bien ce que tu ressens et…

— Non ! s'écria Reno, excédé à la fois par les nausées, la fièvre, la peur que le traitement échoue et ce maudit incarné qui lui mettait les points sur les « I ». Tu sais rien du tout ! Que dalle ! Tu me connais pas, résidu de labo de merde !

À peine avait-il prononcé les derniers mots, qu'il sut qu'il avait commis une faute de stratégie impardonnable.

Lorsque Yazoo, blême de rage, referma les mains sur sa veste de pyjama pour le plaquer durement contre le mur carrelé, il avait déjà fermé les yeux, se préparant au pire.

...à suivre

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