Bonjour mes petits Cobayes,
Voici le nouveau chapitre. Il s'en passe des choses ici, j'attend vos retours avec impatience!
Merci aux " anonymes", Winnie et Ombe-line. Vous vouliez la suite, la voici, et j'espère qu'elle sera à la hauteur de vos espérances!
Bonne lecture!
Chapitre 21 : Vert
- Je suis volontaire.
- Moi aussi.
Wade et Logan échangèrent un regard entendu.
Les pirates les étudièrent de haut en bas avant de leur faire signe d'aller s'agenouiller face au mur.
- Il m'en faut huit autres.
Peter Parker s'avança en pestant. Il avait compris où voulaient en venir ses camarades. D'après Norman Osborn, le composé OZ responsable de ses pouvoirs le « protégeait de la mort permanente » Il avait déjà eu l'occasion de se servir de cette intéressante faculté.
Vision, Benjamin Grimm et d'autres encore s'avancèrent à leur tour.
L'agent Barton soupira discrètement de soulagement. Charles-Xavier avait bien fait passer le message. Le vieil homme assis dans son fauteuil conservait un visage de marbre. Maintenant, chacun devrait tenir son rôle. Intérieurement, l'agent Barton pria pour que Deadpool se contienne. Le mercenaire était parfaitement imprévisible. Il pouvait sans problèmes enclencher une catastrophe qui les conduirait à l'échec.
Dix pirates s'alignèrent face aux dix futures victimes. Ils armèrent leur fusil et attendirent les ordres.
Espace, réalité, temps, pouvoir, esprit.
Cinq des six gemmes reposaient sur le gant, parfaitement entrelacées dans le métal doré.
Tony analysait la sixième et dernière, peut-être la plus puissante d'entre elles. La gemme verte de l'âme étincelait d'une lueur inquiétante.
Les dossiers rassemblés par ses prédécesseurs soulevaient un problème de taille. La sixième gemme possédait une conscience propre, assoiffée d'âmes vivantes. Peu-importe les stratégies mises en place, tout contact avec elle conduisait à la mort, au mieux à une disparition dans un monde parallèle sans issues. Seuls les plus grands magiciens pouvaient espérer s'affranchir de ces effets secondaires pour le moins désagréables. Et encore, les statistiques n'étaient pas de leur côté.
Les scientifiques avaient tout essayé : manipuler la gemme en jouant sur la gravité, sur un champ magnétique, en portant des gants… Rien ne fonctionnait, comme si la pierre devinait le sort funeste qu'on lui vouait.
Tony se massa les tempes. Il travaillait d'arrache-pied depuis bientôt quarante-huit heures.
Dans ce coin de la galaxie où le vaisseau Sanctuaire II était retranché, le temps se comportait différemment. Cinquante minutes seulement s'étaient écoulées sur terre. L'ultimatum touchait bientôt à sa fin, et les vingt premières victimes tomberaient. Dix héros, dix politiciens.
Il lui fallait trouver une solution. Une double solution, pour être précis. Comment finaliser le gantelet, et comment s'en servir lui-même contre Thanos.
Il lui fallait en apprendre plus sur la gemme de l'âme.
Pour la centième fois, il parcourut les données cryptées des scientifiques ayant donné leur vie à l'étude de ces fabuleux artefacts.
Une théorie intéressante accrocha son regard. Jamais prouvée par manque de cobayes volontaires, elle était pourtant le seul indice de Tony. Il lut les quelques lignes consignées dans un journal de bord.
« Aujourd'hui, le prisonnier n°42 nous a livré un étrange conseil. Selon lui, la gemme d'âme se nourrit des pensées de celui qui la manipule. Plus l'esprit est plein, plus la pierre dispose de points d'accroche pour l'avaler tout entier. Selon lui, la raison pour laquelle seuls les sorciers peuvent manipuler ce joyau est la suivante : seuls les sorciers sont capables, au travers de séances de méditation, de vider complètement leur conscience. Ainsi dépourvu de tout souvenir, de toute émotion, ils peuvent oser effleurer la pierre. La moindre erreur, la moindre trace de pensée consciente équivaut à une mort certaine… »
Et après tout pourquoi pas ? La théorie ne paraissait pas aberrante. Tony soupesa les enjeux de cette décision.
Il n'avait plus beaucoup de temps. Il pourrait en discuter avec Loki, pour vérifier l'hypothèse du prisonnier 42. Et si celle-ci s'avérait plausible, il lui faudrait se vider la tête. Et pour cela, il lui fallait également parler avec Loki. Le Jotun avait la fâcheuse habitude de s'incruster dans ses pensées. Il mourrait d'envie de le confronter depuis son arrivée ici. De comprendre.
Dans tous les cas, l'étape suivante impliquait un Asgardien et une discussion.
Tony quitta le tabouret en grimaçant. Ses membres, endoloris par l'immobilisme forcé, protestèrent contre ce traitement.
Le milliardaire se traîna jusqu'à l'extrémité de sa cage – ainsi qu'il nommait le laboratoire. Les pirates l'observèrent d'un œil mauvais.
- Allez me chercher votre boss. Il faut qu'on cause…
- Qu'est-ce qu'on attend, Steve ?
- Les ordres de Fury, murmura le Capitaine.
Derrière lui, trois cents agents du Shield attendaient dans un immobilisme parfait. Ils encerclaient l'observatoire d'Allegheny. En tenue de camouflage, armés jusqu'aux dents, ils attendaient en silence, allongés dans l'herbe humide.
Natasha couvait le super-soldat d'un regard réprobateur.
- A moins de cent mètre, on a presque deux-cents des hommes et femmes les plus importants de ce monde. Sans eux, l'humanité court à sa perte. Dans moins de six minutes, ils en exécuteront dix. Et nous on fait quoi ? Rien ?
- On attend les ordres de Fury, répéta Steve avec un certain agacement. Si on leur tombe dessus au mauvais moment, ils tireront dans le tas. On attend une ouverture. Le moindre signe de faiblesse de leur part.
Natasha raffermit sa prise sur le fusil de précision qu'elle tenait. Le SHIELD avait appelé les meilleurs éléments pour cette opération d'exfiltration. L'objectif était simple : aucune victime chez les politiciens.
L'angoisse grimpa d'un cran parmi les rangs de soldats.
Quoi qu'il arrive, quelle que fut l'ouverture que Fury attendait, il fallait qu'elle survienne dans les cinq minutes. Sinon, dix politiciens perdraient la vie.
Une légère appréhension lui picotait l'estomac.
Thanos avait accepté de le laisser confronter Loki. De manière surprenante, le titan avait paru enchanté par cette idée.
« Ce sera tout à fait théâtral », confia-t-il à l'ingénieur.
Escorté par une douzaine de pirates et son ravisseur, Tony fut transporté à travers l'immense vaisseau.
Les grandes baies vitrées en polymère incassable dévoilaient une vision ahurissante, piquetée d'étoiles et d'objets célestes. Des jeux d'ombre et de lumière rose ou orange s'étalaient d'un bout à l'autre du champ visuel.
Si la situation avait été différente, Tony aurait prit son temps pour apprécier le moment. Le scientifique en lui ronronnerait de plaisir.
- Prépare-toi, mortel. Ton ami n'est pas beau à voir.
- Ce n'est plus vraiment mon ami, grommela Tony.
Ils arrivaient face à une pièce capitonnée gardée par six hommes en armure.
Tony franchit plusieurs sas hautement sécurisés avant de se retrouver face à une porte en béton armé.
- Je vais vous laisser un peu d'intimité, lui dit Thanos. Enfin, c'est une façon de parler. Je vous observerai bien évidement depuis l'autre côté d'une vitre sans tain.
Tony acquiesça distraitement, alors qu'un pirate scannait son badge pour lui ouvrir la porte.
Le milliardaire pénétra dans la salle aux néons blanc agressifs.
En premier lieu, il avisa le large miroir d'où Thanos devait observer la scène.
Un fauteuil de fer incliné constituait le seul ameublement de la salle.
Tony n'en discernait que le dos et les accoudoirs. Les deux mains qui y reposaient, de la teinte maladive de la craie, ne présageaient rien de bon.
Avec une lenteur calculée, il entreprit de contourner le siège pour se retrouver face à son ancien allié.
Le spectacle qu'il découvrit lui glaça le sang.
Les tortionnaires avaient eu le bon goût de placer un drap blanc sur le corps malmené de leur victime. Seules ses mains et son visage dépassaient du tissu fluide. Sa peau grise s'ornaient de marbrures et d'entailles. De gros hématomes s'étalaient sur tout le réseau veineux du demi-dieu. Il n'avait plus d'ongles, plus de cils, plus de cheveux. Une perfusion nourrissait son corps d'un épais liquide argenté.
Tony se mordit la langue jusqu'au sang.
Deux pupilles aveugles le fixaient. Les beaux yeux verts du demi-dieu n'étaient plus qu'un lointain souvenir. A leur place, un voile blanc obscurcissait l'iris.
L'ingénieur serra les poings, luttant contre son envie de s'approcher de Loki pour le réconforter.
Certes, le géant ne méritait pas un tel traitement. Ou peut-être que si ? Quelles trahisons avait-il fomenté, durant ses millénaires d'existence ? Combien d'innocents avait-il manipulé, vendu, tué ?
Le silence les engloba.
Peu importe. Personne ne méritait ce châtiment.
Tony ne pouvait supporter ce spectacle bien longtemps. Il détourna le regard et prit la parole.
- Si je vide complètement mon esprit, je pourrais toucher la pierre sans que mon âme soit aspirée à l'intérieur ?
Le fauteuil de Loki se redressa légèrement. Ses paupières ne clignaient plus. Il lui fallut une longue minute pour réussir à prononcer quelques mots.
- Tu n'y arriveras pas. Tu veux utiliser le gant contre Thanos : c'est impossible. Le gant te détruira. Il n'y a aucun moyen de jouer les héros cette fois, mortel.
Un mélange de chagrin et de fureur agita l'ingénieur. Il faisait les cent pas dans la pièce, les mains croisées dans le dos, sans jamais poser les yeux sur le supplicié.
- Pourquoi tu m'as fait ça ? Thanos a raison n'est-ce pas? Tu voulais me faire construire le gant, et ensuite t'en servir pour tes propres intérêts ? Tu voulais doubler tout le monde, comme d'habitude. Et regarde où ça t'a mené… Répond à ma question. Si je n'achève pas ce foutu artefact, ton pote Thanos va exterminer ma race. Il faut que j'arrive à manipuler la gemme d'âme.
- Tu n'es pas un sorcier.
- Comment-puis-je faire, alors ?!
Tony s'emportait, la panique reprenait le dessus. Il n'y avait aucune solution à son problème. Il vouait les siens à la perte, à l'esclavage.
Les pupilles de Loki s'agitèrent. Tony frissonna lorsqu'elles se posèrent sur lui. Malgré sa cécité, il lui semblait que le dieu voyait clairement en lui.
- C'est à cause de ton cœur que tu te retrouves ici, mortel. Il est ta plus grande faiblesse. Mais peut-être ta plus grande force.
Tony ouvrit la bouche pour protester contre ce discours théâtral et vide de sens.
Les mots trouvèrent cependant un curieux écho dans son esprit.
La lumière inonda son cerveau de toute part.
Il comprenait. Tout s'enchevêtrait parfaitement. Il avait été si stupide…
Il bouillait d'impatience et se contint difficilement. Thanos ne devait pas discerner les engrenages s'imbriquer dans sa pensée.
Sans un seul autre mot, il quitta la pièce.
Il jubilait, conservant malgré tout un masque impassible et contrit.
« Ton cœur… »
Loki n'est pas du genre poète, loin de là. Cette phrase ne pouvait revêtir qu'un seul sens.
Pourquoi Loki se serait-il tourné vers lui ? Il avait besoin d'un cerveau pour construire le gantelet, que ce soit pour Thanos ou pour lui-même. Il existait d'autres ingénieurs, d'autres physiciens. Doués et plus accessibles. Mais non, il l'avait choisi, lui, l'un de ses pires ennemis, membre des Vengeurs et cloîtré dans une tour ultra sécurisée. Pourquoi cette difficulté ?
Sa première rencontre avec l'Asgardien était gravée au fer rouge dans l'esprit du milliardaire. Au sommet de la tour, dans le loft où il résidait la plupart du temps, il avait offert un verre au dieu moqueur. Celui-ci avait refusé et tenté de le corrompre à l'aide de sa lance chitauri. Sans succès. Ils avaient ainsi découvert tous deux l'étrange capacité du réacteur ark à protéger l'Iron man de cette forme de magie.
Et plus tard, bien plus tard, à l'hôtel des quatre vents, Loki lui avait demandé la permission d'observer le réacteur. Il lui avait posé des questions sur ce cœur artificiel, l'avait étudié avec attention, avait laissé ses doigts courir sur la cicatrice qui délimitait le métal et la peau…
Tout ça car il savait. Il savait que Tony Stark, génie-playboy-milliardaire-philanthrope, possédait fiché dans la poitrine le seul moyen de résister à la force du gantelet d'infini.
Il l'avait manipulé, oui. Mais pas pour détruire le monde.
Pour tenter de le sauver.
Le gant reposait tranquillement sur une table carrelée. Le Titan paraissait impatient et écouta d'une oreille distraite les explications de Tony.
- D'après vos anciens employés, le seul moyen de toucher cette gemme pour la disposer sur le gant est de vider complètement son esprit, de ne laisser aucun point d'ancrage à la pierre. Je vais le faire. Je vais compléter votre artefact, et ensuite, vous tiendrez votre promesse.
- N'essaye pas de me doubler, mortel, gronda son interlocuteur. Dans moins de deux minutes sur ta chère Terre, les exécutions commenceront. Si tu tentes quoi que ce soit… Personne ne pourra empêcher ma fille d'abattre tes collègues.
Tony hocha la tête. Chaque chose en son temps.
Il s'assit sur le tabouret bancal, les paupières closes et le souffle régulier. Il lui fallait faire abstraction du monde alentour, des pirates qui l'observaient de l'autre côté des vitres teintées, du laboratoire qui bourdonnait et clignotait, de la présence du titan à vingt centimètres de lui.
Il sourit intérieurement. En fait, non. Il n'avait pas besoin de faire abstraction.
Juste de faire semblant.
Il pria une longue minute pour que Loki ne se trompe pas, pour que le réacteur ark le protège bel et bien de la puissance destructrice de la gemme verte.
L'adrénaline dévorait ses artères, électrisait ses neurones, faisait trembler ses doigts. Il les approcha de l'ultime gemme avec détermination.
Au moment où sa main droite entrait en contact avec la pierre, sa main gauche se refermait sur le poignet de Thanos.
Un courant formidable, semblable à une onde électrique surpuissante, parcourut son corps entier. La nausée dévora ses sens, il perdit l'équilibre, ses yeux refusèrent de lui transmettre la moindre image du monde extérieur. Comme paralysés, ses doigts s'agrippaient à la gemme aussi fermement qu'au bras de son ennemi, qui hurlait à s'en déchirer les cordes vocales. Un tourbillon de souvenirs, de sensations et de peurs envahit le milliardaire. Des visages, des lieux, des odeurs dont il ignorait tout. Et Thanos hurlait toujours…
Lorsqu'enfin ses yeux acceptèrent de lui révéler la réalité, Tony se crut plongé au cœur de la folie la plus pure.
Un miroir vert et liquide s'élevait dans le laboratoire, écumant et source de sons stridents. Ses bords flous et rutilants l'aveuglèrent de nouveau.
Des vers dépourvus de sens résonnèrent au fond de sa conscience.
C'est Le temps des noyades dans un océan de couleurs,
Du néant bien trop empli d'une éternité chaotique,
C'est Le temps de la drogue et des mirages trompeurs,
Des pièges- ô combien subtils- et des trappes psychiques.
Avance, sur un liserai de pierre au bord de l'infini,
Qui apparaît dans l'obscurité et disparait dans la lumière,
Avance, Brillant de ténèbres, et Sombre de clarté, génie,
Immatériel et absolu, dépourvu de toute matière.
C'est le temps de la danse, au bord du gouffre Temps,
De l'incohérence de l'esprit, du renouveau des Morts,
C'est le temps des rêves sordides, sur fond de soleil blanc,
De la décadence des âmes, et de l'oppression des corps.
En longeant les royaumes célestes,
La chorégraphie m'emporte de l'autre côté de l'abîme,
Ces astres qui nous détestent...
Au-dessus des étoiles luisent les éclats de nos crimes.
Les vers disparurent. Tony distingua un monde idyllique à l'intérieur du miroir, enchaînement de cascades, de collines vertes et parfumées, de champs de lavande infinis.
Les pirates tambourinaient contre le sas du laboratoire. Devant eux, leur maître rugissait, aspiré inexorablement par l'étrange portail venu de nulle part.
Tony eut l'impression que chacune des molécules de son corps luttait pour ne pas subir l'attraction de la gemme. Sous ses doigts, le poignet de Thanos s'affaiblit. Le titan rampait, happé par la porte liquide. Son corps tout entier glissa dans la mâchoire béante.
Le calme frappa soudain les sens du milliardaire. La gemme avait roulé au sol et pulsait au rythme d'un battement de cœur.
Plus de trace de portail, plus de trace de Thanos.
Les pirates hésitèrent un instant, observant l'humain de leurs yeux ébahis. Ils s'enfuirent dans un désordre confus. Bouche-bée, Tony s'assit à même le sol. Tout son corps tremblait encore et le réacteur ark émettait une lueur bleutée bien plus vive qu'à l'accoutumée.
« Ça a marché ! Ça a marché bordel de dieu ! »
« Au lieu de te réjouir et de blasphémer, mortel, va donc trouver une radio quelque part à bord de cet engin. Tu dois prévenir l'armée humaine de la mort de Thanos. Les pirates vont être surpris, désorganisés. C'est le moment pour les tiens d'agir. »
Tony sursauta en entendant le dieu parler dans sa propre tête.
« Loki ? Loki ! »
« Fais-le ».
Aussi soudainement qu'elle était apparue, la voix s'évanouit, le laissant de nouveau seul au beau milieu de ce désastre.
Tony avisa le gant, toujours sagement posé sur la table de manipulation.
« Plus tard »
Il se saisit précautionneusement de la gemme verte. Son contact lui brûla presque la peau. Tant qu'elle serait en sa possession, personne ne pourrait reconstruire la relique. Il s'occuperait du gant plus tard, il y avait une chose plus urgente à faire.
Deux choses.
- Fury ? Fury vous m'entendez ?
- Bordel de dieu, Stark, si c'est une blague elle est de très mauvais goût !
- Mon bon vieux Fury, je vous bénis d'avoir conservé la même fréquence radio depuis trois ans… Thanos est mort. En quelques sortes. Ses mercenaires sont affaiblis, si vous avez un plan, c'est le moment !
- Espèce d'abruti, revenez-tout de suite par ici que je m'occupe de votre cas !
- Je fais au plus vite.
- Stark ? Stark !
Le directeur raccrocha violemment le combiné.
Il hésita une fraction de seconde avant de composer une nouvelle fréquence.
- Capitaine Rogers ?
- Directeur Fury ?
- Allez-y.
- Quoi ?
- Vous m'avez entendu, Capitaine ! Prenez-moi ce foutu bâtiment d'assaut !
Tony engouffra le communicateur emprunté à l'un des pirates dans sa poche avant de se lancer à l'assaut des couloirs.
Il était désormais seul à bord de sanctuaire II : les mercenaires s'étaient tous téléportés à la disparition de leur employeur.
Enfin, non. Il n'était pas seul.
L'ingénieur faillit se décrocher les tendons à courir si vite.
Il pénétra sans problèmes dans la salle où Loki était retenu prisonnier.
L'Asgardien, les paupières closes, gisait immobile sur la table d'opérations.
Tony s'approcha de lui en jurant, prenant la main froide entre les siennes.
- Fais pas le con, enfoiré de gothique. Ne fais pas le con. Debout, on a besoin de toi. C'est pas le moment de dormir.
Un grognement lui répondit. Une vague de soulagement envahit l'ingénieur. Il n'avait jamais été aussi heureux d'entendre un grognement.
- Que puis-je faire pour t'aider ? Loki, dis-moi…
- La perfusion.
Tony arracha les tubes argentés qui alimentaient le corps divin.
Pendant près d'une heure, il attendit silencieusement, debout près de Loki. Il le couvrit de plusieurs draps, lui amena de l'eau et l'abreuva d'insultes. Rapidement après l'arrêt de la perfusion, le visage du supplicié reprit des couleurs.
- Ils entravaient ma magie avec cette substance du diable. Ça va aller mieux maintenant, je vais me régénérer.
- Et tes yeux ?
- Mes yeux aussi.
Deux heures supplémentaires furent nécessaire au Jotun pour être capable de s'asseoir sur la table de fer. Tony le serra dans ses bras entre deux insultes.
- Espèce de connard…
- Ne me remercie pas d'avoir sauvé ta vie et peut-être celle de l'humanité toute entière.
- Explique-toi.
Alors Loki expliqua.
Il raconta ses mauvais choix, sa rencontre avec le titan, l'idée de Thanos de recréer le gantelet d'infini. Il exposa ses doutes, ses peurs de voir le titan s'emparer du pouvoir ultime. Il raconta les chitauris, les menaces, les mauvais traitements. Il raconta son espoir indicible lorsque la lance bleue n'avait pas pu convertir le cœur métallique de l'iron man, et le plan qui en avait découlé.
Il n'omit aucun détail.
- Je ne pouvais pas te mettre dans la confidence. Tu ne m'aurais pas cru. Tu n'avais aucune raison de le faire.
- C'est pour ça que tu as préféré me séduire ?
Un pâle sourire lui répondit. Déjà, les plaies se refermaient sur le corps malmené. Ses ongles repoussaient, ses cils également.
Tony s'installa à ses côtés sur la table de fer. Il lui serra les épaules avec fermeté.
- Et pourquoi avoir ramené la gemme orange ici ?
- Thanos avait des doutes sur ma fidélité. Je pensais que ce geste le convaincrait de mon bon vouloir… Je me suis lourdement trompé, grimaça-t-il.
Deux nouvelles heures s'écoulèrent. Tony songeait à la Terre, à Steve qui devait faire de son mieux pour gérer la situation là-bas. Il mourait d'envie d'aller les aider, mais il ne pouvait pas imposer ça à Loki. Pas après ce que le demi-dieu venait de vivre.
Ils restèrent enlacés un long moment, silencieux. L'Asgardien reprenait des forces. Le contact de l'humain ramenait un peu de chaleur dans ses membres engourdis.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? finit par chuchoter Tony, toujours fermement accroché à son improbable allié.
- On sauve les tiens, définitivement. Ils font toujours face à un bataillon de pirates équipés d'armement Alien. Ils vont avoir besoin de nous. Une dernière escapade, mon cher ami. Et je te rendrais aux tiens, comme prévu initialement…
- La menace des fantômes de l'espace est-elle toujours valable ?
- Elle sera valable à jamais, mon ami. Si tu t'éloignes de moi avec tous tes souvenirs les concernant, ils te tueront. Mais je suis plutôt doué en sortilèges d'amnésie. Tu oublieras l'intégralité des deux derniers mois, ne t'en fais pas.
Tony secoua la tête avec véhémence. Cette idée lui hérissait le poil.
- Hors de question. Je ne veux pas perdre mes souvenirs.
- Je crains que…
- Tais-toi. Je suis un ingénieur, bordel de merde, et un bon. Bricoler des solutions c'est mon métier. Je trouverais quelque chose. Je trouverais.
Loki n'eut pas le cœur de contredire l'humain.
Avec prudence, il quitta la table et se leva doucement. Il fit jouer ses muscles engourdis.
- Quelle est notre destination ? s'inquiéta seulement Tony.
Loki soupira. Ses yeux étaient de nouveaux verts et brillants.
" Exactement le même vert que la gemme d'infini" songea le milliardaire.
Malgré tout, le demi-dieu paraissait en proie à la douleur et a une immense fatigue. Il murmura sa réponse:
- Le Royaume d'Immortus. Nous allons passer le bonjour à nos amis fantômes de l'espace.
- Ça tombe bien. J'ai deux mots à leur dire.
Pfiou, voilà pour ce chapitre!
Dites-moi tout !
Plus que deux chapitres avant la fin de cette fiction... Elle me manquera, j'ai eu de bons moments en l'écrivant et en discutant avec vous.
La bise,
Laukaz- The Lab.
