Chapitre 21 :

Shrödinger

Monsieur Weasley,

Il semblerait que vous ne sachiez pas faire la différence entre une poudre de fée et des écailles de salamandre séchées. Peut-être n'arrivez vous pas à différencier non plus l'usage de votre cerveau et celui de votre anus, je vous conseillerais donc de remédier à ce soucis avant de me rendre à nouveau un parchemin qui aurait plus sa place dans les toilettes que sur mon bureau.

Ci-joint, ma facture de cachets anti-migraine.

"Severus !!!"

Le professeur Rogue leva les yeux de la copie qu'il corrigeait avec un plaisir à peine dissimulé avant de soupirer profondément : qu'avaient-ils encore fait ?!

"Ils possèdent toute la collection des livres de la réserve !!!" s'égosilla Madame Pince, la bibliothécaire.

"Bah ça, c'est ton boulot, non ? Est-ce ma faute si tu n'arrive pas à bosser correctement ?! File-leur une punition et c'est tout..."

"Non non, tu ne comprends pas : ils les ont acheté par hiboux express."

Félicitations, pensait-il. Il fronça les sourcils pour la forme.

"C'est interdit ?" demanda-t-il.

"Justement, c'est ça le problème… Ils ont le droit et je ne peux pas leur retirer. Mais tu es leur directeur de maison alors j'ai pensé..."

"Fais pas ça ! Penser, c'est vraiment pas pour toi..."

Furieuse, elle s'en alla en claquant sa porte. Quelques flacons d'ingrédients vascillèrent mais heureusement pour lui, il n'y eut pas d'accident. On ne claque pas la porte d'un potionniste, par Salazar !

"Severus !!!"

Il sursauta : avaient-ils provoqué une autre catastrophe ?! À peine cinq minutes, il voulait juste ne plus entendre leur nom pendant cinq petites minutes...

"Quoi, encore, Minerva ? Si c'est pour cette histoire d'aiguille dans une botte de foin, je t'ai déjà dit que je ne..."

"Non, non, je ne suis pas là pour ça... C'est pour l'exercice de la boîte."

"Laisse-moi deviner : les leurs avaient des dents et ont attaqué les élèves ?"

"Harry a fait une immense boîte AUTOUR de Neville Londubat et y'avait un cadavre de chat dans celle de Max, elle a justifié ça avec Shrödinger…"

Ne pas rire, ne pas rire, ne pas rire...

"Est-ce que tu avais précisé la taille de la boîte que tu voulais qu'ils transfigurent ?"

"Non, mais..."

"Et rien n'indiquait qu'ils ne devaient pas enfermer l'un de leur camarade ?"

"Du bon sens !"

"Quant au chat, est-ce que tu avais précisément indiqué qu'elle devait être vide ?"

McGonagall soupira longuement en comprenant qu'il défendrait toujours ses élèves, ça semblait être une règle de Serpentard… Elle regarda la fiole qui s'apprétait à tomber de l'étagère et sourit. Quand elle quitta la pièce en claquant la porte, elle se délecta du hurlement de son collège. La fiole s'était brisée dans sa chute, parfait !

Quelques secondes plus tard tout au plus, la porte se rouvrit à la volée pour accueillir le Professeur de Sortilège et celui de Défense contre les Forces du Mal qui avaient eux aussi plusieurs réclamations concernant les jumeaux. Le professeur McGonagall ne tarda pas à revenir avec le visage blême et une nouvelle anecdote.

"Bon, bon, ça suffit !" dit le directeur des serpentards. "Arrêtez de me solliciter, vous êtes capables d'écrire un courrier à leurs parents, non ?!"

Comme ils se présentaient comme des héritiers, leurs géniteurs étaient forcément en vie et peut-être aussi fous que les gamins mais certainement capables de soulager la rage des enseignants... Au moins jusqu'à la fin de la journée !

"On a déjà envoyé plusieurs hiboux mais y'a jamais eu de réponse…"

"J'aimerais juste demander un p'tit truc idiot pour vérifier que vous avez un cerveau : vos lettres étaient écrites en quelle langue ?"

McGonagall lui aurait volontiers réexpliqué qu'on ne traite pas les gens comme des crétins si on veut entretenir des rapports courtois avec eux mais son ancien élèves n'avait jamais eu suffisamment de tact pour comprendre ça.

"Je dis ça parce qu'ils sont SLAVES. Ça ne m'étonne pas que vos courriers restent sans réponse."

Le petit Flitwick frappa dans ses mains en prenant un air enjoué, il ne précisa pas que "slave" était trop vague pour écrire une lettre dans leur langue natale et préféra sauter sur l'occasion pour se débarrasser de cette tâche :

"Parfait, parfait, Severus. Tu es un véritable génie donc on va te laisser le soin d'écrire un courrier. De toutes les manières, il n'y a que toi qui peut faire un truc décent, n'est-ce pas ?"

"Ce n'est pas ce que je..." mais ses collègues acquissèrent avant de quitter son bureau comme s'ils étaient poursuivi par un scroutt-à-pétard. "Fichu Serdaigle !"

Il repoussa les copies de ses élèves et attrapa un parchemin et sa plume.

"Il faut tout faire soi-même dans cette école !" grommela-t-il.

-Fin du 21ème chapitre-

…à suivre…