Voilà... Après plus de deux ans de publications un peu aléatoires, mais toujours assurées, voici enfin l'histoire de Jane arrivée à son terme. Encore une fois, mes remerciements vont directement à vous, qui lisez ces lignes. J'ai été extrêmement touchée par chacune de vos réactions à cette histoire, de savoir que vous pouviez vous attacher à ces personnages, à leurs aventures, et plus encore, d'apprendre que cette histoire est parvenue à vous émouvoir de la façon la plus personnelle qui soit.
J'espère que ce chapitre sera digne de la fin que vous avez pu vous imaginer pour cette aventure; c'est en tout cas avec émotion que je dis au revoir à ces personnages et à leurs aventures.
N'hésitez pas, à la fin de votre lecture, à visiter le blog tobelieveinfairies . tumblr . com, sur lequel vous trouverez un petit trivia qui vous permettra de compléter la lecture de cette histoire.
Pour ne pas me répandre trop longtemps, je crois qu'il ne me reste qu'un mot à dire; ce mot, vous l'avez bien compris, est: merci!
Épilogue
« He said come wander with me love
Come wander with me
Away from this sad world
Come wander with me
He came from the sunset
He came from the sea
He came from my sorrow
And can love only me »
"Cher Thomas,
Je dois tout d'abord te féliciter pour tes fiançailles, mais aussi confirmer ma venue au mois de Juillet prochain: je ne raterais ton mariage pour rien au monde! J'ai toujours apprécié Daniel et je suis certaine que vous serez magnifiques tous les deux, prononçant vos vœux à l'autel. Il va de soi que j'insiste à être tenue informée du choix de votre gâteau: j'ai toujours pensé que le citron, quoique plutôt acide, peut très bien gagner sa place dans une pâtisserie festive, à compter qu'il soit assorti correctement.
Je profiterais de ma venue pour te remettre en mains propres mon prochain manuscrit, qui sera, je l'espère, fini au mois de Juin. J'espère que la maison d'édition ne m'en veux pas de m'absenter chaque automne et hiver, mais j'ose croire qu'elle est assez indulgente pour me pardonner. Tu sais comme je ne gagne en inspiration que grâce à ces excursions prolongées."
Jane interrompit la rédaction de sa lettre en entendant trois coups familiers être frappés à sa porte. Faisant mine de les ignorer, elle songea à reprendre son écriture, mais la porte s'ouvrit et son sourire s'agrandit. En quelques pas, James s'approcha de son bureau, déposant une jacinthe vers son encrier et un baiser sur sa tempe.
"Puis-je demander à notre experte de l'île comment avance ce nouvel ouvrage?" Jane se détourna définitivement de son papier et leva les yeux vers le bleu de ceux du capitaine, qui la dévisageaient avec tendresse et malice.
"Malheureusement, ma page encyclopédique sur les sirènes de Neverland n'est pas à l'ordre du jour. Aussi fastidieux que cela puisse donner à entendre, je ne fais qu'entretenir ma correspondance."
"Un mariage?" demanda t-il, après avoir parcouru sa lettre rapidement. "Nous devrions songer à en faire de même, ma chère Jane."
Elle eut un petit rire, ce genre de rire qui la rendait si charmante à ses yeux, sans qu'elle ne s'en doute. Elle se leva et s'assit face à lui sur son bureau.
"Nous avons déjà eu notre mariage. Un magnifique mariage en mer. Ce souvenir est-il si facilement oubliable?" Répondit-elle, le taquinant tendrement tout en jouant avec une de ses mèches noires.
"Je songeais à un mariage... Sur terre, malgré tout l'attrait que j'éprouve pour l'océan. Parmi la famille des Forville, entièrement réunie." Jane laissa retomber la mèche de cheveux, songeuse pendant un instant. Puis, un sourire aux lèvres, elle leva à nouveau les yeux vers lui.
"Un second mariage? Ma foi, nous marier sans cesse, voilà qui finirait par être lassant, James...", commença t-elle, sans y croire une seule seconde. Elle s'attendait à un retour également léger de sa part, mais James ne fit que répondre avec une honnêteté désarmante.
"Je crains fort être capable de répéter mes vœux chaque jour avec la même ferveur qu'au premier."
Ce genre de phrases lui donnait envie de le détester – sans qu'elle y parvienne jamais. A la place, elle ne put que rencontrer ses lèvres pour réclamer un baiser. Il la prit dans ses bras, l'embrassant avec un attachement et une ardeur qu'elle ne connaissait que trop bien.
Et elle ne put que capituler. Après tout ce temps, ses moindres attentions continuaient encore de l'engourdir et de lui faire tourner aussi aisément la tête qu'au premier jour. Elle se demandait encore comment un homme aussi magnétique et fascinant que lui pouvait lui témoigner tant de passion – à elle, qui en venait souvent à douter qu'elle puisse le mériter. Mais face à ses baisers, si justes et si vrais, elle en venait à oublier qui elle était, et se donnait entièrement à lui, sans autre questions.
"Bien... Il semblerait donc que je doive donner à Mirmeille une seconde lettre à transporter, quand elle accompagnera Peter à son prochain voyage."
Jane rejoignait Neverland tous les six mois. Peter, à chacun de ses retours, l'avait oubliée, contrairement à Mirmeille, la fée lui ayant permis de s'échapper du Jolly Roger, une éternité de cela – Jane était parvenue à tisser un accord avec celle-ci en la libérant un jour d'une toile d'araignée. Elle déposait ses lettres auprès de sa famille, conservant une correspondance entre les deux mondes auxquels Jane appartenait désormais pleinement.
Elle revenait auprès de sa famille juste à temps pour le printemps et l'été. Ses livres, explorant les richesses de Neverland sous couvert de fiction, rencontraient un certain succès, et elle était couramment sollicitée pour donner lieu à des suites ainsi que d'effectuer des tournées de dédicaces. Elle avait pu faire de sa carrière d'écrivaine un travail à plein temps.
Sa famille, ses amis, sa maison d'édition, restaient persuadés qu'elle rejoignait une lointaine maison de campagne en Nouvelle-Zélande pendant les six mois qu'elle passait au loin. Ils pouvaient difficilement se douter qu'elle retournait, en réalité, auprès de l'île et de l'homme qu'elle aimait. Et qu'elle songeait, une fois ses ouvrages sur Neverland terminés, à prendre sa retraite anticipée, et s'installer définitivement en ce lieu reculé qui faisait désormais partie intégrante de sa vie.
"J'allais faire accoster le Jolly Roger pour mener une expédition aux alentours du campement de Lily la Tigresse... Souhaitez-vous vous égarer en ma compagnie auparavant?"
"Rien ne saurait me faire plus plaisir, James..." Elle réfléchit pendant un moment, avant d'ajouter: "Je souhaitais également m'entraîner à nouveau au combat au sabre – très cher, vous portez-vous volontaire pour être mon partenaire de combat, une fois sur l'île?"
"Je n'oserais refuser, même avec la crainte de blesser ma si charmante partenaire."
"Ha! Comme si vous le pouviez!" répondit Jane avec entrain.
Il lui vola un dernier baiser, furtif, avant d'enrouler un bras autour de sa taille. Ensemble, ils passèrent par la porte de sa cabine – chacun pouvant difficilement croire à son bonheur.
Sur le bureau, la lettre attendait sagement d'être reprise et terminée. A ses côtés, plusieurs papiers s'empilaient, tous regroupés sous un même titre.
"Mémoires de Neverland", par J. Anzuelo.
L'encre séchait doucement.
Elle avait tout son temps devant elle.
