Je suis tellemeeeeeent désolé de mon retard ! D'autant plus que je vous avais laissé sur un Cliff pas franchement sympathique. J'ai eu beaucoup plus de mal que prévu à clôturer ce chapitre et dimanche dernier est passé sans que je ne trouve de point final…

Avant de vous souhaiter une bonne lecture, j'aimerais en profiter pour remercier Neerve pour sa review pleine d'enthousiasme et de MAJUSCULES ) ainsi que tous ceux qui me suivent ! J'ai de la chance de pouvoir compter sur des lecteurs aussi assidus malgré une publication tout aussi irrégulière que les horaires des bus o_O Grâce à vous, on a dépassé les 2000 vues ! J'en suis super fière !

Alors merci pour vos Follow, vos Fav, ainsi que pour toutes vos reviews qui font gonfler mon cœur puis l'explose en dégouli de niaiseries… Vous pouvez maintenant dormir tranquille en sachant que je me suis convertie à la guimauve.

Je vous souhaite donc une excellente lecture ;)


— Alors ça va vous plomber encore plus le moral si je vous dis que Dominique a couché avec Dirk et que c'est pour ça qu'ils ont déserté sans vous prévenir, leur annonça Everitt.

— QUOI ?! s'écrièrent-ils.

— Qui… Qui t'as dit ça ? interrogea James en bondissant hors de ses couettes.

— Dirk lui-même, il était plutôt fier de son exploit ce matin.

— Cet espèce de bouse de dragon ! Dom devait être saoule...

William hocha pensivement de la tête en se rappelant avoir pleuré dans ses bras. Il ferma les yeux et poussa un nouveau soupir de regret. Everitt ne les quitta que lorsqu'il fut certain qu'ils étaient réveillés. Ils enfilèrent leur uniforme, préparèrent leur sac de cours en quatrième vitesse et dévalèrent les escaliers de peur de rater le petit-déjeuner.

Lorsqu'ils poussèrent les portes de la Grande Salle, celle-ci raisonnait déjà dans un brouhaha d'élèves qui masqua leur retard. Ils se glissèrent aux côtés de Dominique, qui mélangeait tout naturellement son bacon avec du jaune d'œuf.

— Tu as l'air bien tranquille ce matin, Dom, provoqua William en se servant de toasts.

Dominique ne lui adressa pas un regard, bien trop concentrée par son impressionnant petit-déjeuner.

— T'aurais pas oublié de nous dire quelque chose ? insista-t-il.

— Euh… bon anniversaire ?

— T'as couché avec Dirk ? questionna James sans préambule.

Elle prit le temps de couper intégralement son bacon avant de répondre.

— Et alors ?

— Mais… Dom ! Ce n'est qu'un imbécile qui se croit irrésistible et qui veut juste coucher avec toutes les filles de l'école !

— Un peu comme toi alors, répliqua-t-elle.

James eu l'air foncièrement blessé par ses paroles. Il y eut un flottement où ils entendirent Dirk ricaner à quelques places d'eux. Il était en pleine discussion avec Kemp Findlay, l'ex-attrapeur de Gryffondor, dont la compagnie était visiblement plus distrayante que la leur.

— Je ne comprends pas… tu as toujours dit que c'était un crétin, relança James. Pourquoi lui ?

— Tu veux bien arrêter avec tes questions ? s'énerva-t-elle.

— Regarde-le ! T'es fière de toi ?

— Ça suffit ! Toi et Will, vous avez tous les deux une copine et…

— Je n'ai pas de…

— Tais-toi, Will ! Ward n'a pas arrêté de te tourner autour toute la soirée ! Tout comme Pandlebee, que tu as embrassée comme un troll en manque d'affection pendant des heures ! Vous m'avez tous les deux plantée, comme à chaque soirée, pour aller draguer la première venue alors vous n'avez rien à me dire !

James jeta un regard à William, l'air de dire qu'elle marquait un point mais il ne l'entendait pas de cette oreille.

— Ne te crois pas tout permis parce que tu as couché avec lui. A ta place, je trouverais ça dégradant, asséna-t-il.

— Tu veux que je te dise ce qui est dégradant ? Parce que moi, je couche avec Dirk, c'est la fin du monde, mais toi, toi tu couches avec une fille dont les amis te font cette… cicatrice, désigna-t-elle d'un regard mauvais.

— Tu ne sais pas de quoi tu parles, répondit William, la voix tremblante.

— Oui bien sûr, parce que de toute façon tu ne nous donneras jamais son nom ! C'est beaucoup plus facile de se taire et faire comme s'il ne s'était rien passé ! Honnêtement, acheva-t-elle, tu es pathétique.

Il lui jeta son verre de jus de citrouille à la figure. Dominique écarquilla les yeux de surprise. William en fit de même avec son assiette, celle de James et lorsqu'il n'y n'eut bientôt plus de plats en sauce à portée de main, il sortit sa baguette de la poche de sa robe.

— Mr. Allen ! s'indigna la directrice depuis l'estrade où petit-déjeunaient les professeurs. Dix points en moins pour Gryffondor !

— Ça m'est égal ! s'écria-t-il.

Alors qu'il quittait la Grande Salle à pas furieux, il fut arrêté en pleine course par Cerberus Hawksight qui l'empoigna par le col de son uniforme comme un chaton qui aurait fait une bêtise.

— Je suppose que je conduis Mr. Allen dans mon bureau pour sa retenue ? fit-il tandis que tous les regards étaient braqués vers eux.

La directrice acquiesça de la tête et Hawksight le fit sortir de la Grande Salle sans le lâcher. Il craignait peut-être que William lui échappe, ce dont il avait tout à fait raison de se méfier. Le concierge ne retira sa main qu'une fois arrivé dans l'étroite pièce, donnant sur l'enceinte de Poudlard, où il avait autrefois suivit des leçons privées.

William massa son épaule endolorie par la poigne du concierge tout en jetant un regard circulaire. Rien n'avait changé. D'imposantes bibliothèques couvraient un pan de mur, étouffant complètement l'espace. Une énorme marmite chauffait dans une cheminée en pierre et sous l'unique fenêtre de la pièce, était disposé un bureau au bois sombre qui croulait sous des piles de retenues.

— Ça se fera dans la nuit du 14 février, annonça Hawksight.

— Pardon ?

— Nous irons récupérer la bague de Selwyn dans la nuit du 14 février, réitéra-t-il.

— Je vous ai dit que je ne voulais plus être mêlé à ça, répondit William sur un ton grave.

— Ah… Oui. Je m'attendais à ce genre de réponse alors je vais vous expliquer cela le plus clairement possible, Mr. Allen : vous-n'avez-pas-le-choix, fit le concierge en détachant chacune des syllabes dans sa mâchoire de prédateur. Je pourrais encore vous tracer une autre cicatrice… il faut reconnaître que cet imbécile de Crackmoth fait du bon travail, on ne la voit presque plus… ou bien je pourrais révéler que vous êtes Animagus…

— Je dirai que vous m'avez aidé.

— Vous ne pourrez pas. Cela aussi, ça fait partie du contrat, dit-il en un sourire aiguisé. Cependant, je n'aime pas beaucoup fonctionner par la menace donc je…

— Au contraire, vous adorez ça, l'interrompit William. Je parie même que ça vous a bien amusé de voir McGonagall se plier en quatre pour découvrir mon agresseur alors que…

Par habitude, William s'attendit à ce que sa langue en plomb le fasse taire. Cependant, ils étaient seuls dans ce bureau où il avait cru faire partie d'une élite, préparer son avenir, pouvoir changer le monde et autres promesses, toutes envolées lorsque les leçons du concierge s'étaient révélées n'être qu'une plaisanterie. Enfin libéré de son maléfice, William parla alors de tout son saoul. Il lâcha tout ce qui l'avait travaillé pendant parfois des nuit entières, sans pouvoir se confier à qui que ce soit.

— Alors que c'est VOUS qui m'avez fait cette CICATRICE ! Et vous dites à tout le monde que vous m'avez emmené à l'infirmerie, que vous êtes mon sauveur ?! JE VOUS DÉTESTE ! VOUS VOUS ÊTES BIEN SERVI DE MOI ! J'aurais dû le savoir… Je voyais bien qu'il y avait quelque chose de louche ! ET MAINTENANT, VOUS VOULEZ ORCHESTRER UNE ÉVASION À AZKABAN ?! TOUT ÇA POUR UNE MAUDITE BAGUE ?!

— Cette bague est la clef qu'il nous manque pour accéder aux travaux d'Artemisia, argua Hawksight d'une voix parfaitement calme.

— IL DOIT BIEN Y AVOIR UN AUTRE MOYEN QUE DE… MAIS VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ?! LIBÉRER UN MANGEMORT ! ET LANKROVITCH QUI VOUS SUIT AVEUGLÉMENT ! JE SUIS MAJEUR, JE POURRAIS TRÈS BIEN ALLER EN PRISON SI ON SE FAIT PRENDRE ! VOUS Y AVEZ PENSÉ À ÇA ? PARCE QUE VOS POUVOIRS DE GOBELIN NE VOUS RENDENT PAS INVISIBLE ! QU'EST-CE QUE VOUS CROYEZ ? AVEC LES AURORS ET LA GARDE DES GOBELINS, ON N'A ABSOLUMENT AUCUNE CHANCE ! AUCUNE !

— Vous n'avez pas à vous inquiéter, Mr. Allen, à partir du moment où vous faites ce que je dis. Vous pouvez y aller, éluda Hawksight en lui tenant un formulaire de retenue. Et souvenez-vous, dans la nuit du 14 février.

William sortit grincheux de son bureau. Il retraversa tout l'étage pour rejoindre l'aile est du château où il fut pris dans une cohue d'élèves en chemin vers leur premier cours du matin. Dans la foule, il croisa le visage de James et Dominique. William réajusta sa sacoche sur son épaule puis il leur tourna le dos. Des pas pressés lui indiquèrent que quelqu'un le rattrapait.

— Qu'est-ce qu'il t'a pris ?

— C'est de ma faute maintenant ? James, elle n'avait pas le droit de me dire ça.

Il passa sa main dans ses cheveux, l'air dépité. William comprit que cette situation l'embarrassait.

— Elle ne le pensait pas.

— Bien sûr qu'elle le pensait, contra William.

C'était encore flou, un souvenir de la veille tellement vague qu'il se demandait s'il n'avait pas rêvé. Pendant une seconde il espéra que ce soit faux. Mais il ne se rappelait que trop bien d'avoir lamentablement pleuré dans les bras de Dominique Weasley pour que ce ne soit qu'un rêve. Il y avait en effet de quoi être pathétique, songea-t-il en colère contre lui-même.

— Mets-toi un peu à sa place, tenta James, c'est vrai qu'on n'est pas cool. On passe nos soirées à draguer alors qu'elle… enfin… essaye de la comprendre…

— Non, je ne comprends pas ! C'est sans doute trop compliqué pour un pauvre petit Sang-de-Bourbe comme moi qui n'a pas assez d'argent pour s'acheter une Bièraubeurre !

James eut un regard plaintif.

— Dom m'a raconté. Je suis désolé que Dirk ai dit ça.

— Ça ne l'a pourtant pas empêchée de coucher avec lui.

— Tu ne veux plus lui parler alors ?

— Plus pour aujourd'hui.

William s'installa à l'écart en Histoire de la magie. Il prit ses notes sur l'émancipation des Elfes de maison sans trop s'appliquer. James, assit à côté de Dominique, lui jetait régulièrement des regards abattus qu'il s'efforça d'ignorer. Comment pouvait-il prendre la défense de sa cousine ? Comment Dominique avait pu finir avec Dirk ? Après que celui-ci l'ait insulté ? Après le sortilège de Castagne qu'il lui avait si perfidement envoyé ? Après qu'il ait pleuré si lamentablement dans ses bras ? Elle le trouvait pathétique ? En couchant avec Dirk, elle n'était pas mieux que lui. Elle n'avait rien pour elle. Elle n'était ni intelligente ni jolie. Elle était quelconque, sans intérêt.

Il lâcha sa plume et se massa le crâne. Les migraines de la veille étaient revenues. Il observa autour de lui ses camarades de Poufsouffles plus ou moins attentifs au débit de parole constant du professeur Binns. Il passa le reste de l'heure à se ronger les ongles et à prendre partiellement des notes sur le cours d'aujourd'hui. Il pourrait toujours s'arranger avec un de ses camarades pour obtenir leurs notes.

A l'interclasse, il ne prit même pas le temps de s'arrêter pour discuter. Il se dirigea studieusement vers les cachots, où les murs de pierre brute firent resurgir quelques souvenirs de la veille et arriva le premier en cours de potion.

La classe, semblable au cœur d'une cathédrale, était tout juste éclairée par des vasques où brûlait un feu de couleur verte et les murs étaient recouverts de bocaux d'animaux en tout genre, flottant dans du formol. La salle se remplit quelques minutes plus tard. Philemone Fuss prit place à ses côtés sur la paillasse la plus au fond de la classe. Son teint hâlé avait pris une légère couleur verte.

— Comment vas-tu ? s'enquit William qui avait déjà sorti son nécessaire à potions.

— J'ai passé la nuit à vomir, confia-t-elle. Alors, si tu veux bien, je vais éviter de rester trop près du chaudron.

— S'il-vous plaît ! Concentrez-vous, j'ai besoin de toute votre attention ! clama Querida Quencholedge d'un ton impérieux. Aujourd'hui, nous allons commencer notre programme sur les potions médicinales. Et je vous préviens tout de suite, au cas où l'un d'entre vous aurait l'idée grotesque de voler un fond de chaudron pour son utilisation personnelle, ajouta-t-elle en adressant un regard sévère aux Gryffondors, qu'elles comptent parmi les plus dangereuses, les plus difficiles et les plus longues à préparer.

Leur professeur avait dû être mise au courant de l'état d'apesanteur de leur camarade, Gayle Steamupp, après que celui-ci est goûté à la potion d'insouciance de William.

— Nous étudierons un revigorant classique que les infirmières de Ste-Mangouste utilisent tous les jours. Sa préparation sera échelonnée sur plusieurs semaines. Autant vous dire tout de suite que si vous ratez un temps de chauffage ou vous trompez d'ingrédient -peu importe vous ou votre binôme- vous n'aurez pas le temps de recommencer alors écoutez bien mes consignes si vous ne voulez pas avoir un Troll !

William prit des notes tandis que Philemone s'endormait derrière son chaudron. Elle arborait des cernes si impressionnants qu'on aurait dit deux gros coquards. Ce ne fut qu'après d'interminables explications qu'ils commencèrent la fabrication de leur revigorant. Philemone poussa son chaudron en argent rutilant au milieu de la table et William, honteux, donna un coup de pied dans son sac pour cacher le vieux chaudron en cuivre qu'il possédait depuis sa première année.

Alors que chaque binôme commençait d'allumer son chaudron, il se répandit dans la salle une forte odeur de cuivre et de métal fondu qui sembla mettre Philemone au bord de la nausée. Elle l'aida cependant à ajouter les ailes de Lutin de Cornouailles pendant qu'il touillait la mixture.

James, sur la rangée de gauche, hésitait entre deux ingrédients. Ses sourcils froncés faisaient apparaître une barre au milieu de son front, comme à chaque fois qu'il était stressé. William comprit qu'il s'était mis la pression tout seul, craignant de rater sa mixture et par la même occasion, celle de sa binôme, Dominique.

Quatre rangs devant lui, il remarqua Calixte Pandlebee qui s'agitait vivement autour de son chaudron. Il avait peur qu'elle s'imagine des choses après ce qu'il s'était passé la veille. La binôme de Calixte remarqua qu'il la dévisageait depuis un moment et elle donna un coup de coude à la Préfète-en-Chef qui lui adressa alors un sourire. Il sourit à son tour puis détourna les yeux vers son manuel de potions, faisant mine d'être soudainement concentré. Il devait avoir une discussion avec elle.

Il mélangeait le venin de Musard quand une explosion le fit sursauter. Toute la classe se retourna vers le chaudron enfumé de James et Dominique qui chassaient la fumée à grands mouvement de bras.

— Je… J'ai… versé trop de salive de Gnome, expliqua James mortifié lorsque leur professeur arriva.

— Ce n'est pas très grave, vous ajouterez deux fois plus d'asclépiade tuberculeuse après le premier temps de chauffage, rassura-t-elle en examinant la mixture. Mais attention ! La prochaine bêtise ne sera peut-être pas réparable !

James passa une main rassurée dans ses cheveux puis il chuchota des excuses à sa voisine. S'apercevant que William l'observait, il lui adressa un nouveau regard suppliant. William détourna la tête vers ses notes et barra l'ajout de venin de Musard.

— Arrêter vos potions ! s'exclama Quencholedge au bout d'une heure. C'est fini pour aujourd'hui, vous reprendrez vos chaudrons au prochain cours. Laissez-les sur les tables, Miss Weasley, je m'occuperai de les ranger. J'espère que vous avez tous mis vos noms dessus !

William tenta de coller un morceau de parchemin où il venait d'inscrire leurs noms avant que Philemone lui montre du doigt la gravure soignée à son nom, inscrite sur le rebord de son chaudron en argent. Elle rassembla ses affaires en vitesse et quitta le cours de potions en courant presque. William se demanda si elle n'était pas partie vomir.

Il détourna les yeux vers la table où James attendait que Dominique refasse ses lacets et vit que Calixte était déjà partie. Il prit son courage à deux mains et l'intercepta à la sortie pour lui demander s'ils pouvaient se parler. Elle le suivit sans discuter, promettant à ses amies de revenir aussitôt.

— Je…

— Je m'excuse pour hier soir, Will, j'avais trop bu, coupa-t-elle.

Il hocha pensivement de la tête, ne sachant alors plus quoi dire.

— Moi aussi et je ne veux pas que… que ça devienne un problème, fit-il maladroitement.

Elle fronça les sourcils, sans comprendre où il voulait en venir.

— Il ne s'est rien passé, d'accord ?

— D'accord, ça me va aussi, acquiesça-t-elle en hochant de la tête.

Elle lui envoya une tape amicale sur l'épaule qui lui rappela Dominique. Cette pensée le désarçonna.

— Tu sais… tu mérites mieux que Ward, reprit Calixte très sérieusement.

— Ouais, sauf que personne d'autre ne veux de moi.

— Si. Moi.

Il haussa un sourcil septique. Son discours n'avait manifestement pas fonctionné comme il le désirait.

— Pense-y. Je te laisse, mes amies m'attendent, salua-t-elle.

Il resta un moment dubitatif avant que le couloir ne soit envahi de premières années qui trottaient vers leur prochain cours. William les dépassa sans encombre. Il aperçut la touffe de cheveux bruns d'Everitt, en pleine discussion avec Melice et couru pour les rattraper.

— Hey ! Vous… vous voulez bien qu'on mange ensemble ? interrogea-t-il à leur hauteur.

— Tu es toujours fâché avec James et Dominique ? s'enquit Melice en rangeant ses notes.

— C'est… euh… c'est le cours d'Histoire de la magie ? Je n'ai pas trop eu le courage de suivre est-ce que…

— Oui, bien sûr ! fit-elle en lui tendant ses parchemins.

La compagnie d'Everitt et de Melice lui changea les esprits. Everitt McTighe avait l'habitude de traîner avec les sorcières de leur promotion et c'est entouré de Dreeda Fox et Obellia Biguily qu'il mangea en silence, se sentant de trop, malgré tous les efforts de Melice pour l'intégrer à la discussion.

— Puisque vous ne voulez pas me croire… Will ? questionna-t-elle en se retournant vers lui. C'est vrai que Dominique a couché avec Dirk ?

— Comment tu sais ça ?

— Enfin, William, ce n'est plus un secret pour personne. Il s'en est vanté toute la matinée…

— Ah vraiment ? feignit-il, en avalant ses carottes.

— C'est pour ça que tu ne lui parles plus ? Tu es jaloux ?

— Ça n'a rien à voir avec de la jalousie, répliqua-t-il de façon agressive. C'est son problème si elle préfère les abrutis.

Sa mauvaise humeur n'atteint pas Melice qui reprit le fil des conversations sans plus s'occuper de lui. William s'en contenta tout aussi bien. Il avait l'esprit tant préoccupé entre Hawksight, Dirk et Dominique, qu'il avait l'impression d'entendre ses oreilles siffler. Il ne savait pas ce qui le mettait plus en colère entre sa dispute d'hier avec Dirk ou le faite que Dominique est couché avec lui.

A bien y réfléchir, Dirk n'était qu'un camarade qui se moquait si souvent des Moldus qu'il en avait l'habitude. William avait appris à ne pas en attendre trop de lui. Dominique, cependant, était son amie. Du moins jusqu'à présent, songea-t-il. Or elle avait préféré coucher avec Dirk plutôt que de prendre sa défense ? Plutôt que d'être de son côté ? C'était comme un couteau dans le dos. Encore plus douloureux et plus humiliant que le sort de Castagne que Dirk lui avait envoyé alors qu'ils avaient tous deux baissé leurs baguettes. Dominique l'avait trahi. Il n'y avait rien de pire que cela.

Après le repas, il suivit Everitt et ses amies vers les serres où ils avaient décidé de se rendre en avance. En chemin, il entendit le rire sonore de Dirk qui ne quittait plus Kemp Findlay, son nouvel acolyte, bien plus drôle et plus intéressant qu'eux. William les dépassa en rasant les murs afin de ne pas se faire repérer, ce qui échoua naturellement.

— Hey Allen ! héla son camarade. Je devrais te remercier, grâce à toi et Pandlebee, j'ai gagné cinq Galions. C'est plus que ce que tes parents gagnent en an, n'est-ce-pas ?

— DÉGAGE ! éructa William.

Ses nouveaux camarades essayèrent de le consoler en proférant tout un tas d'insultes à l'encontre de Dirk Crossby. William jugea que les mots n'étaient pas assez forts. Traiter Dirk de bouse de dragon ne suffisait pas à calmer la haine grandissante qui le faisait trembler jusqu'au bout des doigts. Il s'éclipsa sans prévenir pour grimper en vitesse à la tour Nord.

A sa plus grande surprise, il tomba sur Jodie Wigge dans la salle commune. Elle se cacha derrière son exemplaire de manuel de potions dès qu'elle entendit le portrait de la Grosse Dame s'ouvrir sur lui. Maintenant qu'il y pensait, il ne l'avait pas vue en cours de la journée, ni même au déjeuner.

— Qu'est-ce que tu fais là ? questionna-t-il.

— M'rèche.

— Hein ?

— Je sèche, répéta-t-elle en abaissant son livre.

William fronça les sourcils. C'était bien la première fois que Jodie Wigge, ex-préfète de Gryffondor, ratait un cours.

— Et pourquoi ça ? ricana-t-il .

— Au cas où tu étais trop bourré pour t'en souvenir, Allen, je me suis faite complètement humilier hier soir, répliqua-t-elle.

— Ah oui c'est vrai.

— C'est ça. Maintenant laisse-moi sécher tranquille.

Il ne se fit pas prier et grimpa les escaliers vers son dortoir. Puis il revint sur ses pensées. Après que James l'ai défendue devant ses camarades et qu'ils l'aient ramenée jusqu'à la tour de Gryffondor, de quel droit se permettait-elle de lui parler sur ce ton ? Il se pencha depuis la mezzanine, bien décidé à lui dire ses quatre vérités.

— Tu sais pourquoi c'est toi qu'ils ont suspendue avec une cu…

— JE SAIS PARFAITEMENT CE QU'IL S'EST PASSÉ ! INUTILE DE ME LE RAPELER !

— Vraiment ? Alors dans ce cas, tu dois te souvenir que moi et James on t'a ramenée jusqu'ici alors que tout le monde voulait te laisser suspendue dans les airs ?

Elle lui adressa un regard mauvais puis retomba les yeux sur son devoir.

— Oui, c'est ça. Ne dis rien, c'est mieux. Tu nous reparleras quand on aura eu tes excuses.

Il poussa la porte de son dortoir d'un coup de pied et s'y engouffra. Il retourna la malle de James à la recherche des boules-putois que celui-ci avait reçues en cadeau chez Weasley farces pour sorciers facétieux. Après quelques minutes, il mit enfin la main sur la boîte contenant cinq sphères brunes et il en glissa une dans sa poche. Il avait désormais une cible de choix pour les tester.

Il prit un raccourci vers les serres mais il ne retrouva pas Dirk. Il se maudit silencieusement de ne pas l'avoir attaqué tout à l'heure alors qu'il l'avait juste à portée de baguette. Il aurait dû prendre la carte du Maraudeur, il l'avait vue dans la valise de James mais il n'avait même pas pensé à la prendre, s'énerva-t-il contre lui-même. Des pas claquèrent et William songea au visage dur, au grand front, aux cheveux blonds sales et à la houppette ridicule de Dirk Crossby. Ce fut cependant James qui apparut, cette fois non accompagné de sa cousine.

— Will ! s'exclama-t-il. Attends-moi !

William fit volte-face et reprit le chemin en sens inverse. Il dépassa Oprah Mulciber et Nazarius Lankrovitch certainement en chemin vers leur cours de défense contre les forces du mal. Alors qu'il arrivait au croisement de la sorcière borgne, il repéra la silhouette grassouillette de Dirk cacher quelque chose derrière la statue. Il était nettement moins impressionnant maintenant qu'il n'avait ni Gayle Steamupp ni Kemp Findlay à ses côtés. William profita qu'il ait le dos tourné pour sortir la boule-putois de sa poche et il lui jeta avec la force d'un Cognard déchaîné.

Une fumée brune au parfum particulièrement fétide s'échappa de la sphère brune. William sentait jusqu'ici l'odeur tant écœurante qu'elle lui piqua les yeux. Étouffé par la toxicité du nuage, Dirk fut pris d'une quinte de toux qui le plia en deux. William n'attendit même pas que son camarade se relève et c'est avec un doux sentiment de vengeance qu'il regagna les serres.

— Will ! Arrête de m'éviter ! s'indigna James quand il arriva devant la serre n°1. Pourquoi tu souris comme un crétin ?

— Je ne souris pas, mentit-il.

— Écoute… s'il te plaît, supplia-t-il en se mettant en travers de son chemin, excuse-toi. Tu connais Dom, elle est bien trop fière pour faire le premier pas, alors s'il te plaît…

— Ce n'est pas à moi de m'excuser.

— Quand est-ce que tu lui reparleras ?

— Quand j'en aurais envie.

Il s'installa aux côtés d'Everitt qui semblait agacé par son retard.

— Où tu étais passé ? interrogea-t-il. On te cherchait.

— J'avais deux trois affaires à régler avant de venir.

Une odeur pestilentielle envahit soudainement la serre lorsque Dirk fit un pas à l'intérieur. Son visage et ses mains luisaient de crasse marron qui semblait indélébile. On aurait dit qu'il venait de se rouler dans du purin. Plusieurs élèves s'esclaffèrent et Neville Longdubat eu même un sourire.

— Un peu de silence s'il vous plaît, intima leur professeur en couvrant leurs rires. Je vois que Mr. Crossby est fin prêt à passer à la pratique mais nous ne commencerons qu'en deuxième heure. Nous devons d'abord réviser le dernier chapitre pour les ASPIC.

L'annonce de Neville acheva de les faire taire. William redoubla d'effort pour rester concentré. Il griffonna à toute vitesse ce que disait le professeur Londubat, sans être capable de démêler ce qui était important de ce qui ne l'était pas. Après une heure d'intenses révisions, les élèves quittèrent la serre n°1 pour rejoindre la n°5. Everitt lui expliquait une énième fois comment distinguer un Voltiflor d'un Filet du Diable quand James les interrompit.

— C'est toi qui as lancé une boule-putois sur Dirk ? chuchota-t-il en désignant la silhouette marron qui fuyait les élèves moqueurs.

Un demi-sourire apparut sur le visage de William.

— Quel dommage qu'on partage le dortoir avec lui, répondit-il, il va sûrement puer jusqu'à la fin de la semaine…

— Tu aurais pu me prévenir, c'était quand même à moi. J'aurais tellement aimé voir sa tête ! Ça fera plaisir à Dom de savoir que tu l'as fait pour elle !

— Je ne l'ai pas fait pour elle, cassa-t-il.

— Ah.

William accéléra le pas pour le dépasser mais James se maintint à sa hauteur.

— Tu sais, reprit-il sur un ton mesuré, elle a raison.

— Vraiment ? Et vous vous êtes mis d'accord sur quel passage au juste ? Que je suis pathétique ?

— On dirait que ça te fait plaisir de jouer les âmes en peine ! s'énerva James, ruminer tout seul tes mystérieux ennuis et lorsque quelqu'un a le malheur de vouloir en discuter avec toi, tu nous dis qu'on ne sait pas de quoi on parle ?! Comme si tu portais toute la misère du monde sur tes épaules mais que, bien sûr, on est trop idiots ou trop je-ne-sais-quoi pour comprendre ! Dominique a raison, c'est beaucoup plus facile de se taire et faire comme s'il ne s'était rien passé plutôt que d'affronter tes problèmes !

— J'AI ESSAYÉ DE VOUS LE DIRE ! À toi, Dom, Rose et Scorpius et même à ton père ! J'ai tout essayé, OK ?! TOUT ! Mais je…

William ravala sa salive pour dégager sa gorge déjà encombrée par sa langue-de-plomb.

— Je ne… Je n'y arrive pas, lâcha-t-il en suffoquant.

James fronça les sourcils ce qui fit apparaître une barre sur son front. Il cherchait probablement à se rappeler la fois où il avait essayé de lui en parler. En vain. Il ne comprenait pas. Personne ne comprenait. Et pourtant, tout le monde lui tournait soudainement le dos.

Il régnait une telle fournaise dans la serre n°5 que la différence de température lui arracha un frisson. L'espace rougeoyait de lumière comme s'il s'était trouvé au cœur d'un incendie. Devant lui brûlait une dizaine de buissons étranges. William eut soudain l'impression de se trouver sur une plaque de cuisson géante où tous les feux étaient allumés, prêt à le faire revenir dans le jus de sa propre transpiration.

On aurait dit des arbres morts dont l'écorce avait pris une teinte rouge sous l'effet de la chaleur. A la place des feuilles, ils portaient des flammes orangées qui vacillaient dans le courant d'air ainsi que de petits fruits à coques, couleur grenat.

— J'ai l'habitude de vous faire travailler sur les buissons ardents en janvier car l'été la chaleur est insupportable à l'intérieur des serres ! Allez, allez, enfilez vos gants et mettez-vous par deux !

Face au feu dévorant, William fut bien content de sortir la toute nouvelle paire de gants en peau de dragon que lui avait offerte Charlie à Noël. Les autres commençaient d'être un peu abîmés et il y avait même un trou au niveau de l'index qui datait de deuxième année, lors d'un cours sur les Mandragores.

Il fit de son mieux pour assister Everitt. Il était bien trop mauvais et dissipé pour faire quoi que ce soit d'autre, entre la chaleur étouffante et l'odeur de Dirk qui semblait se répandre d'autant plus vite avec la température.

Les paroles de James et Dominique avaient cheminé dans son esprit, bien malgré lui, jusqu'à conclure qu'ils avaient effectivement raison. Il ne pouvait plus fermer les yeux et se taire alors qu'Hawksight préparait son évasion. Il avait longtemps pensé qu'il ne s'agissait que d'un projet fou dont le concierge s'apercevrait bien assez vite qu'il était irréalisable. Mais il avait continué de recevoir Lankrovitch dans son bureau, ils avaient continué d'échafauder des plans pour récupérer la bague de Selwyn et les travaux d'Artemisia qui devaient leur permettre de "voler" de la magie. Aujourd'hui ils avaient une date ! Rien ne pouvait être plus concret ! Il devait absolument faire quelque chose.

Le seul problème était de trouver quoi. Il avait testé tous les moyens de communication et le sortilège d'Hawksight était à l'épreuve de chacun d'entre eux. Il allait devoir trouver un autre moyen pour mettre en échec le concierge qu'en essayant de révéler ses projets. Il pouvait peut-être en discuter avec Lankrovitch, si toute fois il était capable de mettre de côté son animosité envers lui. Il devait le convaincre que cette évasion était une erreur.

— Je vous demanderais de me remettre vos graines de feu, intima Neville à la fin du cours. Vous pourrez partir quand tout sera rangé.

William s'éclipsa discrètement pour regagner la salle de défense contre les forces du Mal où il avait croisé les Serpentards tout à l'heure. La porte fermée lui indiqua qu'ils étaient encore en classe. Il attendit alors nerveusement en jouant avec les pressions de sa nouvelle sacoche.

Oprah Mulciber et Eraleen Ward furent les premières à sortir. Oprah le toisa d'un air supérieur tandis qu'Eraleen se cachait derrière son amie, visiblement décidée à ne plus lui adresser la parole. William lui jeta un regard noir. Il était excédé par son attitude.

Elle revenait vers lui, grand sourire, les yeux de braise et au moment où il s'ouvrait à elle, tel une boîte de Pandore libérant tout un tas de sentiments contradictoires et douloureux dans sa poitrine, elle l'achevait une nouvelle fois en retournant avec Prinz ou bien en s'enfuyant sans rien dire comme hier soir. C'était arrivé trop souvent pour que cela soit innocent. Eraleen devait prendre plaisir à se jouer ainsi de lui. Un jeu cruel duquel il n'avait toujours pas tiré de leçon parce qu'il était sans doute encore trop naïf ou trop amoureux.

Nazarius Lankrovitch et Tubbagus Prinz furent parmi les derniers élèves à sortir. William leur emboîta aussitôt le pas.

— Lankrovitch, il faut qu'on parle, dit-il d'une voix grave.

— Ça tombe bien, moi aussi il faut que je te parle, lança Tubbagus Prinz.

Un sourire malveillant passa sur les lèvres de Nazarius. Il avait certainement raconté à son camarade qu'Era et lui avaient passé un moment ensemble hier soir.

— Comment vas-tu ? s'enquit Tubbagus.

William fronça les sourcils. Il s'était attendu à ce que Prinz explose, proférant tout un tas d'insultes auxquelles il avait déjà préparé quelques répliques mais une fois encore, la réaction de son camarade le prit de court.

— Crossby a eu tort de s'attaquer à toi alors que tu venais d'abaisser ta baguette. J'ai trouvé sa réaction particulièrement malhonnête.

— Qu'est-ce que tu veux ? grogna William qui n'avait aucune envie de parler de Dirk et encore moins avec Tubbagus.

— Je veux savoir ce qu'il s'est passé entre toi et Era hier soir.

— Il ne s'est rien passé. Era se fiche complètement de moi.

— Elle a bien raison, railla Nazarius.

William le fusilla du regard mais Tubbagus resta de marbre. Il regarda droit devant lui, ne prenant aucune part dans leur conflit silencieux, avant de reprendre :

— Era ne sait pas ce qu'elle veut. Je l'ai quittée. Je voulais que tu le saches.

— Très bien. Je veux dire… je m'en fiche. Maintenant, est-ce que je peux parler en privé à Lankrovitch ?

Son empressement parut intriguer Tubbagus mais celui-ci eut la politesse de les abandonner sans rien demander. William tourna à droite vers un couloir qui lui semblait vide. Lorsque sa langue de plomb se desserra, il sut alors que Lankrovitch et lui étaient seuls, à l'abri des oreilles indiscrètes.

— Tu comptes vraiment participer à cette évasion ? lui dit-il à brûle-pourpoint.

Nazarius Lankrovitch semblait s'attendre à sa question. Il dévisagea sans gênes la cicatrice blanche qui s'étirait d'un bout à l'autre de son visage, juste sous ses yeux.

— Je croyais qu'Hawksight t'avait fait ça, désigna-t-il d'un geste du menton, pour te faire comprendre que tu n'avais pas le choix.

— On peut toujours dire qu'on refuse.

— Oui, bien sûr, ironisa Nazarius. Je n'ai pas trop envie d'être défiguré.

— Tu préfères céder à son chantage ? Tu préfères…, poursuivit-il en baissant inutilement la voix, libérer un mangemort d'Azkaban ? La prison hautement gardée par les Aurors et la Garde des Gobelins ?

— On a besoin de cette bague pour accéder aux travaux d'Artemisia. Et on a besoin de toi pour vérifier que c'est la bonne. Je te rappelle que c'est toi qui l'as découverte dans les pensées de Quencholedge.

William poussa un soupir. En effet, il était entré dans l'esprit de son professeur de potion pour y subtiliser des informations concernant Artemisia Selwyn. Ils avaient alors découvert que ses recherches s'ouvraient à l'aide d'une bague de famille aux armoiries des Selwyn. Et il avait fait tout cela pour récupérer l'écorce d'arbre à palabre qui lui servirait pour se transformer en Animagus avec James et Dominique. Hawksight s'était bien joué de lui.

— Et qu'est-ce qu'il va en faire, à ton avis ? Il va utiliser ces recherches pour voler de la magie ! Ouvre les yeux ! Tout ça n'a rien à voir avec le département des mystères ! Hawksight cherche à nous utiliser pour gagner du pouvoir !

— Et alors ? Ça ne te plairais pas d'avoir les facultés d'un elfe de maison ? D'être capable de transplaner partout, même dans l'enceinte de Poudlard ?

William lui jeta un regard horrifié.

— Mais pour ça il faut commettre un meurtre !

— Pas si on arrive à séparer leurs pouvoirs de leur âme en la gardant intacte. Seulement, tant qu'on n'a pas les recherches d'Artemisia, on ne peut pas se pencher dessus. C'est pour ça qu'on a besoin de faire évader Selwyn.

— Oui, une évasion ! Enfin, réfléchis, une évasion ! s'énerva William. On est majeurs tous les deux ! Si on se fait prendre, on risque la prison !

— Il n'y a aucun risque qu'on se fasse prendre puisqu'Hawksight peut utiliser la magie des Gobelins. Personne ne comprendra comment Selwyn s'est échappé. Les Aurors accuseront sûrement la Garde des Gobelins de ne pas avoir fait son travail. C'est le plan parfait.

— Tu… Vous êtes aussi fous l'un que l'autre, abdiqua-t-il à court d'arguments.

Durant tout le trajet jusqu'à son cours de métamorphose, William ressassa sa discussion avec Lankrovitch. Pendant un moment, il fut tenté de croire son camarade. Ils n'avaient en effet aucune raison de s'inquiéter. Personne ne pourrait remonter jusqu'à eux. Puis, Hawksight n'avait jamais dit qu'il avait l'intention de s'en servir. Il comptait simplement poursuivre les recherches du département des mystères, de façon théorique. Il n'y avait rien de concret.

Mais presque aussitôt, la réalité de la situation le frappa. Le concierge avait été jusqu'à le défigurer et il continuait de le menacer pour qu'il lui obéisse ! Il était évident qu'il allait utiliser ces recherches pour engranger encore plus de pouvoirs et pour cela, William n'en n'avait aucun doute, Hawksight ne se préoccuperait pas de conserver l'âme de ses victimes. Il était prêt à tuer.

Boyd Blackbird venait tout juste de prendre sa forme humaine lorsqu'il poussa la porte de la salle de classe.

— C'était moins une, Mr. Allen, fit remarquer son professeur.

— Ça ne se reproduira plus, s'excusa-t-il en s'installant au fond, à la seule table de libre qu'il restait.

William sortit ses affaires de son sac pendant que Blackbird entamait son cours sur les métamorphoses humaines. Une odeur pestilentielle lui indiqua que Dirk Crossby ne devait pas être loin. Il releva le nez de ses notes pour apercevoir le dos rond de son camarade à deux tables devant lui. William s'imagina en quel animal il aimerait le transformer. Le troll lui vint aussitôt à l'esprit, mais c'était sans doute trop massif.

— Mr. Allen, je vous trouve bien dissipé, cassa son professeur, la métamorphose est peut-être un sujet qui ne mérite pas toute votre attention ?

— Non je…

— Vous pouvez tout aussi bien aller rêvasser en retenue, je suis sûr que Mr. Hawksight saura vous trouver quelques coupes ou statues à nettoyer.

La classe pouffa et William baissa honteusement les yeux vers ses notes. Il se força à rester attentif. Il devait déjà rattraper le cours d'Histoire de la magie de ce matin et travailler ses révisions de botanique auxquelles il n'avait rien compris. Cependant, maintenant que sa colère était retombée, la fatigue de la veille s'empara de lui, annihilant avec elle toute sa motivation.

Il cala sa tête contre son coude, presque allongé sur sa table. Il écrivit encore quelques bribes de mots avant que ses doigts s'engourdissent et que ses paupières tombent sans le moindre effort de résistance. William somnola, encore assez éveillé pour entendre Blackbird mais trop endormi pour recopier ses paroles. Au moment même où il allait définitivement s'endormir, son professeur annonça enfin qu'ils allaient passer à la pratique. Il se releva subitement de sa chaise puis rejoint Everitt et Melice d'un pas las.

— Tu t'es endormi sur tes notes ? plaisanta Melice en l'observant.

— Non, pourquoi ?

— Parce que c'est écrit « dichotomie des essences » sur ta joue.

William se frotta la joue sans rien ajouter. Everitt et Melice échangèrent un regard moqueur.

— Tenez Mr. Crossby, peut-être qu'ils arriveront à faire quelque chose de vous…

Blackbird poussa Dirk Crossby dans leur direction, le nez plissé par l'odeur que leur camarade dégageait. Celui-ci se maintint à quelques pas d'eux, dans une distance respectable qu'impliquait sa puanteur.

— Je… euh, commença Melice en désignant Everitt.

— C'est bon, comprit William, je me mets avec lui.

Dirk avait l'air foncièrement agacé. Il tenait sa baguette entre ses mains comme s'il était sur le point de la casser en deux. William sortit la sienne de sa poche sans trop savoir quoi faire. Il n'avait même pas suivi les consignes.

— Alors, Allen ? Il paraît que ça te rends dingue que j'ai couché avec Dom ? Si tu veux tout savoir, tu n'as loupé grand-chose… Weasley n'est pas franchement douée…

— Ferme-la, Crassby, provoqua William.

— Comment tu m'as appelé ? menaça son camarade en levant sa baguette sur lui.

— Par ton nom, Crassby. Tu t'appelles bien Crassby, Roi de la saleté et de la puanteur ?

A son tour, William leva sa baguette sur lui. Il défia du regard ses petits yeux porcins. Ceux-ci brillaient dans une telle méchanceté que s'en était repoussant. Dirk se mit soudainement à rapetisser. Ses oreilles s'agrandirent, tombant en deux morceaux de peau triangulaire sur les côtés de sa tête et son nez se retroussa en un groin. Là où se tenait son camarade quelques minutes auparavant, il y avait désormais un porc grassouillet.

L'animal flaira les alentours, semblant comprendre que quelque chose n'allait pas. Il se mit brusquement à courir à travers la salle, grouinant comme un diable et renversant toutes les tables sur son passage. William fut d'abord trop surprit pour en rire.

— Mr. Allen ! tonna Blackbird depuis l'autre bout de la classe. Qu'est-ce que je vous ai dit ? Bien sûr ! Vous n'écoutiez pas ! Pas de métamorphose complète pour le moment ! Ce que vous venez de faire est extrêmement dangereux !

— J'y suis quand même arrivé, répliqua-t-il avec arrogance.

— Estimez-vous heureux que je ne vous donne pas de retenue. Maintenant, sortez de ma classe !

— Quoi ? Mais je…

— Sortez de ma classe !

William soupira et rangea furieusement ses affaires. Il choisit de se rendre à la bibliothèque pour rattraper le retard qu'il avait accumulé en une seule journée. Il tomba à nouveau sur Jodie Wigge, mais cette fois, il préféra rester à bonne distance. Il s'attabla près de la section botanique et jeta un œil misérable aux deux rouleaux de parchemin qu'il avait grattés, sans trop savoir ce qu'il fallait retenir du cours de Neville Londubat.

— Tu n'es pas en cours de métamorphose ? s'enquit Jodie.

— Je me suis fait virer.

— Par Blackbird ? s'étonna-t-elle. Pourquoi ?

— Je n'ai pas envie de te parler.

— Eh bien moi si.

Elle attrapa toutes ses affaires pour s'installer à ses côtés. Elle déposa son encrier, une pile de parchemins soigneusement annotés ainsi que son manuel d'Histoire de la magie ouvert au chapitre sur l'émancipation des Elfes de maison. William l'observa, complètement ahuri par sa réaction.

— Je te remercie de m'avoir ramenée dans la salle commune. Je sais que je n'ai pas toujours été très sympa avec toi… ni avec James… ni avec personne d'autre mais… à l'avenir, je me souviendrai de ce que vous avez fait pour moi.

William hocha lentement de la tête. Il ne sut plus quoi lui reprocher alors il baissa les yeux vers ses notes de botanique, cherchant en vain quelque chose de compréhensible.

— J'ai les cours d'Obellia si tu veux, proposa Jodie.

William lui adressa un regard méfiant.

— Prend-les, j'ai fini de les recopier, insista-t-elle.

Elle lui jeta sous le nez sans même attendre son accord. William se pencha alors vers son sac et en sortit les notes d'Histoire de la magie que Melice lui avait passées ce matin.

— Tiens, je n'ai toujours pas commencé de recopier celles-ci.

— Oh… euh… merci.

Ils travaillèrent efficacement, sans d'autre bruit que le grattement de leur plume sur le papier. Lorsque sonna la fin des cours, William avait enfin appris à faire la différence entre un Voltiflor et un Filet du Diable, ce qui se révéla fort utile après coup. Jodie poussa un long soupir en lui rendant les notes d'Histoire de la magie qu'il avait empruntées à Melice.

— Je n'aurais jamais cru que sécher demandait autant de travail, confia-t-elle.

William lui répondit d'un sourire en coin. Il releva la tête le temps de tremper sa plume dans l'encrier lorsqu'il aperçut James et Dominique chercher quelqu'un des yeux. Il plissa les lèvres et ravala son sourire alors qu'ils avançaient vers eux.

— Je me doutais bien que tu serais là, lança James sans remarquer sa camarade de classe.

— James, intervint précipitamment Jodie, j'aimerais te parler.

— Ah. Et… euh… pourquoi ?

— Je tiens à te remercier. Pour hier.

Tandis que Jodie répétait le même discours qu'elle lui avait tenu, William observa James froncer des sourcils. Il semblait tout aussi surpris que lui d'entendre Jodie Wigge présenter ses excuses. Puis il dévia vers Dominique. Son visage ressemblait à un croquis griffonné sur le coin d'une feuille. Son menton était grossièrement taillé et la bosse de son nez était si forte qu'on aurait dit qu'il était cassé. Ses grands yeux bleu foncés se posèrent sur lui. Pendant un moment, William se demanda ce qu'elle avait derrière la tête.

— Après t'avoir mis dehors, Blackbird a accordé vingt points à Gryffondor. Il a dit que c'était d'une remarquable insolence.

William se cala dans le fond de sa chaise sans pouvoir s'empêcher un air moqueur. Ainsi donc, voilà comment Dominique Weasley mettait fin à une dispute.

— C'était plutôt facile. Il ressemble déjà tellement à un porc, répondit-il en lui tirant un sourire.


Tout est bien qui finit bien ;)

Le prochain chapitre arrivera dans 3-4 semaines. Je vous rappelle aussi que le grand bouleversement annoncé sera dans 3 chapitres !

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