Couple: Turquie x Egypte


Gupta se pencha en arrière sur les coussins doux de canapé, décidant de piquer un petit somme avant de reprendre sa journée.

"Ommy! Jouons!"

Ou pas.

Gupta ouvrit les yeux, en croisant d'autres de la même couleur or que les siens. "Habibah." Dit-il doucement. "Je suis très fatigué."

La petite fille fit la moue. "Mais Baba ne jouera pas avec moi."

Gupta soupira et se leva du canapé. Habibah poussa des cris excités et prit la main de sa mère.

"Je dois partir dans quelques minutes pour le marché." Prévenu Gupta.

Habibah sourit. "J'irais avec toi."

Gupta sourit. Il laissa la petite fille l'emmener pour jouer. Ca avait été une expérience angoissante d'avoir une petite fille. Elle était née prématurément, de presque deux semaines et en plus, il avait commencé le travail lors d'une réunion mondiale, les faisant tous paniquer. Quand elle était finalement sortie, le cordon ombilical était enroulé autour de son cou. Heureusement ils avaient réussi à la faire respirer sans qu'il n'y ai de dommage.

Ils jouèrent à cache-cache jusqu'à ce que vienne l'heure de partir pour le marché. Gupta saisi son portefeuille et son manteau pendant que Habibah mettait les nouvelles chaussures que son père lui avait acheté. Finissant de s'habiller, Gupta se saisi de son sac de course et prit la main de la petite fille.

"Qu'est-ce qu'il y a pour le dîner Ommy?" demanda Habibah.

"Je ne sais pas encore. Que veux-tu?" dit Gupta, regardant la petite fille.

"Ful Medames." Dit-elle en trébuchant sur une petite fissure du trottoir.

"Attention." Dit Gupta. "Si tu veux des Ful Medames, il nous faut des œufs."

Ils marchèrent ensemble en silence pendant un moment. Pourtant beaucoup plus bavarde que sa mère, on avait enseigné à Habibah l'importance du silence et la signification des gestes par rapport aux mots. Elle savait que quelquefois il était mieux de permettre aux gens de penser plutôt que de les retenir dans une conversation.

"Hm, il y a un vendeur de glace. Tu en veux une?" demanda Gupta.

Habibah leva des yeux pleins d'étoiles. "Je peux?"

Gupta rit. "Evidemment. Ton Baba sera grincheux si nous passons devant un vendeur de glace et que je ne te gâte pas." Dit-il en lui ébouriffant les cheveux.

Habibah gloussa. "Baba aime m'aimer! C'est ce qu'il dit."

Gupta rit de nouveau. "C'est ça." Il lui serra la main, un silencieux 'reste près de moi' et mit la petite boite de glace à la vanille dans son sac.

Ils trouvèrent le reste des courses sans problème, Gupta lâchant seulement la main d'Habibah s'il le devait et Habibah ne s'éloignant pas bien que n'étant plus retenu par sa mère. Le seul problème survint quand ils arrivèrent à la caisse.

Gupta était très observateur d'habitude et capable de garder un œil sur les choses relativement facilement. Cependant, le magasin était bondé aujourd'hui. Gupta déchargea soigneusement ses articles sur le comptoir de caisse, en essayant en même temps de surveiller sa fille. Il s'en détourna pendant quelques secondes quand il paya ses achats.

"Merci d'avoir fait vos courses chez nous. Passez une bonne journée." Dit la fille du comptoir.

Gupta fit un signe de tête, rechargeant ses courses dans son sac. Il chercha Habibah, mais ne la vit pas.

Etrange.

"Avez-vous où ma fille est allé?" demanda-t-il à la fille. Elle secoua la tête. Gupta fronça les sourcils et regarda rapidement les environs.

"Je peux faire une annonce si vous le voulez." Dit-elle. Gupta fit un signe de tête, se rappelant de lui donner le nom de son Habibah.

"Habibah Adnan Muhammad Hassan, vous êtes attendue à la caisse quatre. Habibah Adnan Muhammad Hassan, la caisse quatre." Dit-elle, sa voix résonnant dans les haut-parleurs.

Comme Habibah ne sa manifesta pas après une ou deux minutes, Gupta s'inquiéta. Elle savait qu'elle ne devait pas se promener dans les magasins et qu'elle devait venir quand on l'appelait. Elle savait bien se comporter; ce manque de manifestation ne lui ressemblait pas.

"Merci d'avoir essayé." Répéta-t-il à la fille, partant brusquement pour trouver Habibah. Après avoir fait le tour du petit magasin trois fois, Gupta fut convaincu qu'Habibah n'était plus dans le magasin.

Et ça lui donnait une peur bleue.

Habibah se promenait rarement dans un bâtiment. Sadiq lui disait toujours comment quelqu'un pourrait l'attraper rapidement et l'emmener avec elle. Pas pour l'effrayer, mais pour la prévenir de comment se comporter et de rester avec un adulte qu'elle connaissait.

Gupta revint vers la fille au comptoir. Il n'y avait qu'une seule façon pour qu'Habibah ai quitté le magasin.

Il passa en courant devant un vieil homme mettant ses courses sur le comptoir. "Appelez la police." Souffla-t-il. "Je crois qu'elle a été enlevée."

Une demi-heure plus tard, Gupta s'asseyait dans le vestibule de la police, attendant que son mari arrive.

"Gupta!" dit Sadiq quand il entra en trombe dans la pièce, respirant lourdement. "Ils l'ont retrouvé?"

Gupta secoua la tête, essayant de garder son calme. Durant la dernière demi-heure, il avait marché à pas lents, lui permettant de méditer, de prier et toutes autres choses pour garder son calme. S'il le perdait maintenant, il entraverait seulement les recherches de sa petite fille.

"Bordel!" cria Sadiq, renversant une chaise d'un coup de pied. Gupta vit ses articulations devenir blanches tant il serrait ses poings. Il se tourna vers Gupta. "Qu'est-ce qui leur prends si longtemps! C'est ma petite fille qui est là-bas!"

Gupta soupira. "Je sais, mais nous devons garder notre calme." Dit-il.

Sadiq s'assit, mais il restait tendu. "Nous devrions être là-bas." Grogna-t-il.

Gupta marcha vers lui et passa une main réconfortante sur son épaule. "Ils font leur travail Sadiq. Ils sont spécialement formés pour ce genre de situation."

Sadiq resta tranquille un moment, avant de tirer Gupta sur ses genoux, le serrant contre lui. Gupta le serra en retour, montrant combien il souffrait aussi.

Encore quinze minutes plus tard, un jeune homme entra dans la pièce. "Ils l'ont trouvés."

Sadiq sauta de sa chaise, faisant presque tomber Gupta au sol. Après s'être séparés, Gupta et Sadiq suivirent le jeune homme dans une autre pièce. Habibah était assise sur une chaise basse, reniflant et ayant grand besoin de ses parents.

Gupta craqua finalement. "Habibah!" cria-t-il en entourant ses bras autour d'elle. "Oh chérie, tu t'es fais mal?"

"Il m'a fait peur Ommy." Elle sanglotait, se cramponnant au keyffiyeh de Gupta avec ses petites mains. "Il m'a attrapé et m'a tiré en dehors du magasin."

Sadiq passa ses bras autour d'eux. "C'est bon, ssh, c'est bon. Nous sommes juste heureux que tu ailles bien." Dit-il, passant ses doigts dans ses longs cheveux noirs.

Après un moment, une nouvelle voix se fit entendre. "Elle n'est pas blessée, juste un peu secouée. Le gars qui l'a prise ne lui a pas fait de mal."

Gupta se retourna. "Héraclès? Kiku? Que faites-vous ici?"

Kiku leur fit un sourire. "Nous avions prévu de vous rendre visite, mais nous avons fait un détour quand nous avons vu Habibah être emmené par un étranger."

Gupta fit un signe de tête, serrant un peu plus Habibah dans ses bras. "Merci. Comment puis-je vous rembourser?"

Héraclès secoua la tête. "N'y pense pas. Vous auriez fais la même chose pour nous."

Une heure plus tard, Kimiko et Theodore divertissaient Habibah pendant que Sadiq et Kiku discutaient dans le salon (surtout de comment Kiku se débrouillait avec sa grossesse) et Gupta et Héraclès faisaient cuir le dîner dans la cuisine.

"Tu es sûr que tu ne veux pas aller passer un peu de temps avec Habibah? Je peux me débrouiller tout seul." Proposa Héraclès.

Gupta hocha la tête. "Je sais qu'elle va bien maintenant. Elle est avec Sadiq."

Héraclès fit un signe de tête. "Aujourd'hui a dû être très stressant pour vous." Dit-il.

Gupta soupira et hocha la tête. "J'ai eut très peur."

Héraclès hocha la tête et ne dit rien, permettant à Gupta de retourner les choses dans sa tête. L'égyptien pensait à comment il avait faillit perdre son seul enfant. Si Héraclès n'était pas arrivé à ce moment-là, ils auraient put ne jamais retrouver Habibah. Gupta frissonna à cette pensée. Il n'avait pas vraiment voulu d'enfant, mais maintenant que Habibah était dans sa vie, ne plus l'avoir était impensable. Il l'avait déjà presque perdu à sa naissance et maintenant une deuxième fois.

Ils servirent le dîner et passèrent aux bavardages du soir. Gupta (et Sadiq, assez étonnement) offrira à la famille Karpusi Honda de rester pour la nuit, arguant que le voyage ne pouvait pas être bon pour Kiku et son enfant à venir. Ils déclinèrent poliment et quittèrent la famille Adnan Muhammad Hussan le soir-même. Après qu'ils soient partis, Gupta prit sa fille de trois ans qui avait d'une façon ou d'une autre fait son chemin jusqu'à son cœur.

"Aller, c'est l'heure d'aller au lit." Dit Gupta.

Habibah fit un signe de tête. "Oui. Je suis fatigué."

Après l'avoir mise au lit, Gupta s'effondra dans les bras de Sadiq. Sadiq enveloppa ses bras autour de son jeune époux.

"Fatigué?" demanda-t-il.

"Ca a été une longue journée." Répondit Gupta, se blottissant dans l'étreinte chaude.

Sadiq fit un signe de tête. Il se pencha et captura les lèvres de Gupta. "Allons au lit." Chuchota-t-il contre ses lèvres.