Note : Désolée pour l'attente, j'ai eu un énorme syndrome de la page blanche sur cette fic... Merci aux revieweurs du chapitre précédent pour leurs adorables commentaires (Drarrypanda, brigitte26, Kelewan, Vibou, Gyst, caence et Paprika Star) !
Chapitre 21 : Prisonniers
Quand j'étais petit, ma mère me répétait souvent que, dans la vie, il y a des gentils et des méchants. Un peu comme dans les contes. Les gentils se battent pour le bien : ils essayent de rendre le monde meilleur, et de le débarrasser du mal que les méchants créent partout autour d'eux. Selon elle, tout le monde appartient à une de ces deux catégories. Le plus dur est juste de déterminer à laquelle appartiennent ceux qui nous entourent. Il arrive souvent de se tromper, parce que les gens portent des masques. Et quand je lui avais répondu qu'il était pourtant facile de faire la différence (tout le monde sait que les méchants portent du noir et que les gentils ont une épée), elle m'avait rétorqué que c'était plus compliqué que ça en avait l'air, et que je comprendrai quand je serai plus grand.
Mais être plus grand n'aide pas du tout. Au contraire, ça ne fait que compliquer les choses, pas parce que les gens se cachent derrière des masques… Mais tout simplement parce qu'il n'existe rien de tel que des gentils et des méchants.
Je ne sais pas d'où ma mère sortait ses délires manichéens, mais il est évident que le monde ne fonctionne pas de cette façon. Si on pouvait aussi facilement faire entrer les gens dans des cases, leur coller de jolies petites étiquettes, tout serait beaucoup plus simple. Mais la réalité est tout autre. Les êtres humains sont aussi divers qu'ils sont nombreux, et ils n'ont qu'un seul point commun, un point fondateur qui les définit en tant qu'êtres humains : leur indifférence et leur égoïsme.
La voilà la réalité, simple et terrible à la fois. Le monde est un alignement d'individus égoïstes et intéressés dont le seul objectif est d'améliorer leur petit bonheur personnel.
Pas de gentils, pas de méchants. Juste des individus autocentrés...
« Arrête ça tout de suite, me souffle Théodore en me filant un énorme coup de coude dans les côtes.
Sortant brusquement de ma rêverie, je sursaute, et esquisse un moment de recul.
- De… De quoi ?
- Ce que tu fais là. Broyer du noir, te dire que le monde est terrible… explicite mon coloc. Tu penses tellement fort que j'ai l'impression d'entendre les rouages dans ta tête… Et ça me déconcentres. J'arrive pas à réfléchir.
- Je ne… Je ne fais rien du tout ! Et puis, pourquoi est-ce que je devrais te laisser réfléchir ?
- Parce que moi, au lieu de me lamenter, j'essaye de trouver un moyen pour nous faire sortir d'ici, répond t-il avec un ton cassant.
- Je ne me lamente pas ! je proteste.
Il me jette un regard compatissant.
- Arrête Drago... Tu as ta tête des mauvais jours. Du genre "je n'ai plus foi en l'humanité, je n'ai plus foi en rien".
Assise à ses côtés, recroquevillée contre un mur, Pansy hoche la tête en signe d'approbation et ajoute :
- Drago-philosophe est en train de faire son grand retour.
Je lève un sourcil.
- Drago-philosophe ?
- Ton double maléfique cynique et déprimant, précise t-elle avec un sourire narquois.
Ouch, ça fait mal… Je veux bien admettre que je suis cynique, mais… Déprimant ? Moi ? Drago Malefoy le magnifique ?
Un peu vexé, je décide de ne pas relever. Mes amis me paieront cet affront en temps voulu. Pour l'instant, nous avons des problèmes plus importants à résoudre.
Je me tourne vers Théo pour changer de sujet de conversation.
- Et du coup, quelle idée brillante t'es venue pour nous sortir d'ici ?
Il me répond par un sourire en coin.
- Rien… Pour l'instant. En revanche, je suis maintenant complètement convaincu que nous sommes détenus par l'Ordre du Phénix.
- Merci, Captain Obvious, ironise Pansy.
- Non, je veux dire, vraiment. Ce n'était qu'une supposition émise par Drago toute à l'heure. Mais j'en suis maintenant certain. C'est même tellement évident que je ne comprends pas que ça ne me soit venu à l'esprit plus tôt !
- Ah ! je triomphe. Comme quoi, le dépressif est utile par moments !
- Drago… soupire Pansy. Personne n'a dit que tu étais dépressif…
- C'est exactement le mot que tu as utilisé, pourtant !
- J'ai dit déprimant, pas dépressif !
Astoria, agacée par nos chamailleries, coupe court à notre dispute et nous rappelle à l'ordre :
- Bon, ça suffit ! Vous ne voulez pas plutôt qu'on se concentre sur la situation présente, à savoir : sortir d'ici ?
Pour toute réponse, Pansy lui adresse un regard noir. Décidément, le courant ne passe pas entre ces deux-là…
Théo enchaîne :
- Merci Astoria. Je disais donc… Tout indique que c'est bien l'Ordre du Phénix auquel nous avons affaire. J'ai reconnu bon nombre de personnes qui en firent partie du temps de nos parents, et les autres sont tous liés de près ou de loin à d'anciens membres de l'Ordre...
Pansy et Cassius échangent un regard incrédule, de ceux qui signifient très clairement "mais d'où il sait tout ça, lui ?".
- Et, plus important, je sais parfaitement où nous nous trouvons, termine Théo, prenant tout le monde de court.
Astoria écarquille les yeux et ouvre la bouche, s'apprêtant à poser la question qui est sur les lèvres de tout le monde lorsque Cassius intervient :
- Super, et alors ? Ca nous fait une belle jambe… grommelle t-il. Qu'est-ce que ça change qu'on sache où on est ? De toute façon on ne peut prévenir personne…
Mais le sourire satisfait de Théodore ne fait que s'agrandir, un peu comme si Cassius l'amusait.
- Quoi ? Qu'est-ce que t'as ? s'énerve ce dernier, agacé par l'attitude hautaine de Théo. Arrête avec le sourire narquois, tu m'énerves !
Cass' et Théodore sont deux de mes meilleurs amis, et je les adore… Mais présentement ils font tous les deux ressortir ce qu'il y a de pire en eux. Cassius nous démontre une fois de plus qu'il a un tempérament trop sanguin quant à Théo… Il faut qu'il ressente le besoin d'écraser tout le monde par son intelligence supérieure.
Pansy me jette un regard désespéré alors que Cass' commence à interpeller Théodore méchamment. Je hausse les épaules. Je n'ai pas envie de me mêler à leurs petites batailles d'égos ridicules. J'ai mieux à faire, comme réfléchir à un moyen de nous sortir d'ici.
Je ne sais pas quel est le plan des membres de l'Ordre, pour peu qu'ils en aient un. Cela doit faire environ vingt-quatre heures qu'ils nous détiennent dans leur QG, dans une pièce sans fenêtre. Je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas déjà commencé à nous interroger. Plus ils attendent, et plus il y a des chances que nos disparitions soient signalées et qu'on commence à nous rechercher.
Et pourtant, ils se sont contentés de nous faire descendre leur fourgonnette, les yeux bandés, et de nous parquer ici. Depuis, c'est un peu comme si nous étions seuls au monde. Une des armoires à glace est passée nous apporter à manger il y a quelques heures, et c'est tout. On pourrait presque croire qu'ils nous ont oubliés.
- Vous croyez qu'ils font ça pour nous éprouver mentalement ? Pour nous faire nous disputer et ensuite tout leur avouer ? demande soudain Pansy, qui visiblement a suivi le même train de pensée que moi.
Théo hausse un sourcil.
- Dans ce cas ils sont vraiment stupides. Ils ne font que nous donner du temps.
- Du temps ? Pour quoi ? Pour savoir où nous sommes sans pouvoir en informer personne ? ironise Cassius.
Un sourire apparaît au coin des lèvres de Théodore. Je connais ce sourire, je le connais très bien même. Théo sait exactement quoi faire pour nous sortir de là. Et il le sait même depuis quelques temps, mais il a préféré nous faire attendre pour le plaisir de ménager sa surprise. C'est du classique Théo. Quand je vous disais que ce type est trop intelligent pour le commun des mortels.
- Là est toute la subtilité. Sans pouvoir en informer personne… Tu en es sûr ? prononce t-il avec une touche d'espièglerie dans la voix.
- Ils nous ont confisqués tous nos portables, au cas où tu n'aurais pas remarqué ! Et je suis sûr qu'ils se sont assurés de désactiver la localisation !
Le sourire de Théodore devient triomphant.
- En fait, pour être plus exact… Ils nous ont chacun confisqué un portable. Qu'est-ce qu'il se passe si en réalité j'avais deux portables sur moi ?
Cassius écarquille les yeux alors que Théodore dévoile un vieux téléphone à touches, dissimulé dans sa botte droite.
- T'es un génie !
- Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ? s'exclame Astoria.
- Tu as deux portables ? s'étonne Pansy.
Théodore lève les yeux au ciel.
- Pour ce genre de situation, oui. Visiblement, je suis le seul à réfléchir ici.
- Eh ! Traite-nous d'imbéciles ! s'énerve de nouveau Cassius.
Je dois avouer que je bouillonne autant que Cass' intérieurement. Mais je serre les dents pour ne pas répliquer et me contente d'intervenir pour calmer les esprits.
- Bon, bon, ça va ! Merci Théo, t'es le meilleur, le plus intelligent… Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ?
- Déjà j'ai activé la localisation, et ensuite j'ai envoyé des messages à tous nos proches, annonce t-il dans le plus grand des calmes, comme s'il ne venait pas de lâcher une bombe. Evidemment, j'aurais pu également poster sur les réseaux sociaux pour que l'effet soit encore plus rapide, mais je ne voulais pas prendre le risque que les membres de l'Ordre découvrent qu'on arrive à communiquer avec l'extérieur.
Pansy pousse un cri avant de se précipiter sur Théodore pour l'enlacer.
- Oh Théo, Théo, Théooooo ! Heureusement que tu es là !
Ce dernier se contente de lui répondre par un sourire satisfait, et, de mon point de vue, un peu condescendant. Astoria et Cassius, eux, sont tout à leur joie.
- Ce type est incroyable ! me glisse Cass', le soulagement lisible sur son visage.
- Mouais… je murmure, trop agacé par le petit numéro de Théodore pour me réjouir.
Je sais que je devrais être content, mais pour l'instant je n'ai qu'une envie : l'étrangler pour le mauvais tour qu'il nous a joué !
Une fois le moment d'euphorie passée, Astoria demande à mon meilleur ami quelle est la suite du plan.
- Pour l'instant, on attend. J'ai calculé qu'on devrait venir nous chercher dans huit heures maximum, le temps que quelqu'un voit mon message, alerte les autorités et qu'une opération de sauvetage soit montée. Ils risquent de penser que mon message est un canular, étant donné qu'il n'a pas été envoyé avec mon numéro habituel. Mais ils finiront bien par se rendre compte qu'aucun nous ne s'est pointé à son travail.
Oh bordel ! Mon boulot ! Zabini va être tellement furieux que je ne sois pas là…
- Entre temps, ils risquent de venir nous chercher pour nous interroger, nous prévient Théo. Vous ne lâchez rien. On est innocent, et on le clamera jusqu'au bout !
A ce moment-là, comme si on avait entendu les paroles de Théodore, la porte de notre cellule s'ouvre. Harry Potter apparaît sur le pas de la porte, suivi de près par son ami Ron Weasley. Il a l'air toujours aussi renfrogné. Il jette un regard suspicieux à chacun de nous avant de fixer son regard sur moi. Puis, d'une voix où transpire la rage qui l'anime, il déclare, utilisant pour la première fois le tutoiement, comme pour m'insulter :
- On y va, Malefoy. Nous avons des questions pour toi. Et cette fois-ci, tu ne pourras pas te défiler.
Les reviews sont appréciées, recommandées et même vivement conseillées !
