Merci à: Tigrou19, doudou352, marions, Toruna Kimauzu, Nori, hittokiri-chan, li-san, DLT, Mialye et MrsSimply.
Merci à Celebrindal01 pour la relecture et correction.
Chapitre 20
Le dîner s'était déroulé dans une ambiance très chaleureuse et conviviale. Naruto était très étonné par l'étrange entente entre Sasuke et Gaara. Ces deux-là s'étaient comportés d'une manière vraiment amicale et mature pour changer… Le blond s'était attendu à tout sauf à être écouté par ces deux têtus. Cependant, ils avaient fait ce qu'il avait demandé et la soirée s'était passée magnifiquement bien. Naruto avait tant espéré voir une telle « relation » entre son compagnon et son meilleur ami, les entendre plaisanter de tout et de rien, de parler tout simplement, c'était tout ce qu'il souhaitait… Néanmoins, il savait que ce n'était que pour ce soir… Dès le lendemain, tout reviendrait comme avant.
Le blond avait déjà pris sa décision, alors avant que cette entente éphémère ne s'envole, il se dit que ce soir, il allait tout faire pour rendre cela possible. Ils allaient parler tous les trois, cela ne donnerait sûrement pas grande chose, mais il fallait essayer… Et dire au revoir à ce qu'il prévoyait de faire à leur retour…
Arrivé à la maison, Naruto avait demandé à son ami de rester pour la nuit. Celui-ci avait prévu de rentrer à son hôtel, mais très vite le blond l'avait fait changer d'avis.
C'était si facile…
Après avoir souhaité bonne nuit aux deux adultes, ils se dirigèrent vers la chambre du blond. Ses deux amis avaient tout de suite compris qu'ils allaient devoir parler pour comprendre les raisons qui les poussaient à se détester alors qu'ils ne se connaissaient pas. Une fois dans la pièce, Naruto referma la porte derrière lui, et se mit devant ses deux amis.
— Na-chan, on devrait aller se coucher… Il se fait tard, lança Sasuke au bout d'un moment.
— Ça me coûte de le dire, mais il a raison…, fit Gaara à son tour.
Un léger silence s'installa dans la chambre. Les deux « ennemis » ne souhaitaient pas échanger plus de civilités que ça en si peu de temps. À leur façon, ils tentaient d'échapper à la confrontation qui semblait devenir de plus en plus imminente.
— Asseyez-vous !, leur intima le blond avec force.
— HAI !, répondirent-ils d'une même voix.
Ils furent si surpris qu'ils se retrouvèrent assis sur le sol. Ils adoptaient une attitude si soumise, sans parler de leur réaction si synchrone… C'était effrayant !
Naruto les fixa un bon petit moment, puis il lâcha un lourd soupir. Il était déjà si fatigué avant même d'avoir pu commencer. Il se rendit compte que son entreprise allait être plus difficile et compliquée… Pourquoi devait-il faire tout le travail à leur place ? Ils étaient si têtus… Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre…
« Dire que c'est mon anniversaire… Adieu les merveilleux et doux câlins… », se dit Naruto tout en s'installant à son tour face à eux.
— Vous pouvez vous mettre à l'aise…, fit-il tout en dénouant sa cravate et enlevant sa veste.
— Tu… Tu es sûr ?, s'enquirent-ils de concert.
Naruto leur envoya un regard brillant d'une étrange lueur. Le bleu de ses yeux avait pris une teinte métallique et froide… Sasuke ne put s'empêcher de sourire et de frémir. Décidément, il adorait ce bleu si profond et unique.
— Bon, vous pouvez m'expliquer pourquoi vous ne vous entendez pas ?, demanda Naruto tout en fixant les deux jeunes hommes.
Sasuke et Gaara se regardèrent quelques secondes, puis ils se snobèrent tout aussi vite. Ils ne voulaient apparemment pas parler et surtout pas devenir autre chose que ce qu'ils étaient déjà…
— Je ne vous comprends pas… Vous vous êtes si bien comportés il y a à peine une heure…
— C'était pour te faire plaisir et surtout parce que c'était ton anniversaire, fit Sasuke.
— Ecoute Naru, je comprends ce que tu veux faire, mais je ne pourrai pas m'entendre avec ce type !, répliqua Gaara tout en désignant le brun du doigt.
— Mais vous -
— C'est la même chose pour moi !, le coupa Sasuke.
Naruto sentit l'exaspération monter en lui. Ces deux-là étaient si butés… Et même s'il les enfermait à double tour dans une pièce, ils trouveraient le moyen de s'ignorer…
« Seuls ? La voilà la solution ! », s'exclama intérieurement Naruto.
— Vous êtes sûrs ?, leurs demanda-t-il tout en se levant.
N'obtenant aucune réponse, le blond se dirigea vers la porte et il dit tout en sortant :
— Vous aurez largement le temps de parler, enfermés dans cette pièce, lança-t-il tout en fermant la porte derrière lui.
De longues minutes s'écoulèrent sans qu'aucun des deux ne bouge. Ils étaient tellement surpris par la réaction de Naruto que les mots leur manquèrent. Il n'y avait pas que les mots d'ailleurs… Ils n'osèrent pas non plus esquisser un seul geste. Ils demeurèrent assis à même le sol, laissant le silence de la nuit prendre de plus en plus de place, jusqu'à ce qu'il devienne gênant et pesant. La fine lumière de la pleine lune éclairait la pièce, donnant au lieu une étrange atmosphère.
— Il nous a enfermé…, souffla Sasuke pour lui-même.
La voix du brun fit sortir Gaara de son mutisme. Il tourna la tête vers son compagnon de fortune et dit :
— Et je doute qu'il nous ouvre sans qu'on ait réglé notre problème…
— Putain… Il veut qu'on devienne amis à ce point !, lança le brun tout en se grattant la tête.
— J'en ai l'impression…, répondit Gaara tout en se levant.
Il parcourut la pièce du regard et sourit. Il se rendit compte que les goûts de son ami n'avaient pas changé. Un grand poster d'un terrain de baseball trônait sur le mur, des photos d'eux sur le coin du bureau, une autre du petit ami du blond sur la table de nuit… La meilleure place… La décoration de la pièce correspondait à la personnalité de son ami, rien n'avait changé sur ce point… Son attention se porta sur un objet très familier, le rendant nostalgique. Il s'avança et s'agenouilla vers ce que ses yeux ne pouvaient quitter.
— Il l'a gardé…
Au son de la voix de Gaara, Sasuke se leva et le rejoignit. Il s'arrêta à sa hauteur et posa son regard sur ce qu'il contemplait. Il vit le gant de baseball entre ses mains, ce même gant que Naruto tenait parfois contre lui avec un sourire triste, mais tout aussi heureux. Il se rappelait de la première fois qu'il l'avait vu avec… Ce jour-là, il était couché sur son lit, le regard ailleurs et l'expression si abattue, serrant contre lui ce morceau de cuir sombre. Il lui avait demandé ce qui le rendait ainsi. Il lui répondit alors avec un sourire forcé qu'il allait bien et que ça lui passerait…
« Alors, il pensait à lui… »
— C'est de toi ?, demanda le brun légèrement sur la défensive.
Surpris par le ton de la voix de Sasuke, Gaara le fixa un bon petit moment avant de finir par répondre.
— Oui… Je le lui avais offert pour son neuvième anniversaire…
— Je vois… Je ne savais pas qu'il pratiquait…, fit le brun tout en s'asseyant sur le lit.
— Au collège oui… On s'était rencontrés la première fois grâce à une simple balle de baseball, dit Gaara avec un sourire.
— Il ne m'a rien dit… En fait, il ne m'a jamais parlé de toi…
— Ça ne m'étonne pas… Si j'ai bien compris, tout s'est enchaîné très vite entre vous…
— Je… Oui…
Sasuke n'en revenait pas… Il savait déjà tout de sa rencontre avec Naruto… Pourquoi lui, il ne savait rien ? Se demanda-t-il tout en joignant ses mains devant lui. Dans un sens, il n'avait jamais pris la peine de parler de ce qui s'était passé pendant toutes ces années où ils avaient été loin l'un de l'autre. À ce moment-là, pour le brun, ce n'était pas si important que ça… Il voulait juste profiter de la présence du blond à ses côtés et ne penser à rien d'autre. Mais voilà que cela se tournait contre eux… Contre lui…
— Je l'aime…
Aux mots du brun, Gaara le regarda sans trop savoir ce qu'il pouvait répondre, s'assit sur la chaise du bureau et se contenta de regarder les photos qui se trouvaient devant lui.
— Quand je l'ai retrouvé, je ne pensais à rien d'autre que l'avoir à mes côtés et pouvoir enfin le tenir contre moi… Au début, quand je l'ai revu la première fois, j'ai cru que mon imagination me jouait encore des tours, fit Sasuke dans un rire. Mais quand j'ai revu ses yeux, ses magnifiques beaux yeux, j'ai compris qu'il était enfin là… De retour près de moi…, ajouta-t-il tout en serrant fermement ses mains jointes. Je n'ai pas pensé évoquer le passé… Je ne voulais pas perdre une seconde avec lui tout simplement… Alors, quand je t'ai vu si complice et surtout si proche de lui, je t'ai détesté — sans trop comprendre pourquoi d'ailleurs… — je te voyais comme un rival, comme le mec qui allait me le reprendre de nouveau… Je ne t'aime pas et je doute que ce sentiment change…, conclut-il tout en regardant Gaara dans les yeux.
Le roux laissa ses iris vert clair sonder son vis-à-vis. Ses paroles étaient sérieuses, et cela le fit sourire. Il avait dit qu'il ne l'aimait pas… Etrangement, lui, il ne ressentait rien de tel. Certes, il ne le supportait pas, mais de là à le détester… Si Sasuke disait ces mots avec autant d'aplomb, c'est qu'il voulait lui faire comprendre qu'il n'avait rien à faire de lui, ce qui était normal dans un sens… Tant que Naruto répondait à ses sentiments, tout le reste lui importait peu. Il admirait ça. Il soupira légèrement et dit :
— Il n'avait jamais aimé que toi…
— Quoi ?
— Tu es le seul… Il ne cessait de répéter et de me parler de toi, ton prénom ne l'avait jamais quitté. Que ce soit dans son sommeil ou tout simplement quand on discutait… Kei-chan par ici, Kei-chan par là… Il n'a jamais aimé que toi. Il a pourtant essayé de t'aimer à travers quelqu'un d'autre… Mais c'était finalement impossible… Keiko n'était pas toi…
Un léger silence s'installa entre eux. Sasuke laissait les paroles de Gaara prendre peu à peu place dans sa tête. Naruto ne l'avait jamais oublié, il avait toujours été le seul et unique dans son cœur. Il se sentit heureux, plus heureux que jamais…
— Elle me ressemblait tant que ça ?
— C'était toi, mais en féminin, répondit le roux dans un sourire.
— Oh !
— Mais sans ton sale caractère !, reprit-il moqueur.
— Le tien n'est pas mieux…, répliqua Sasuke.
— Je suis super gentil moi, contrairement à toi !, renchérit Gaara de plus belle.
— Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre…
— Idiot !
— Je t'emmerde…
À peine Sasuke avait prononcé ces mots que Gaara explosa de rire. Vexé, le brun se leva et se pointa devant son « ennemi » et demanda d'une voix contrariée :
— Quoi encore ?
— Rien… Juste…, tenta de dire le roux dans un rire encore plus fort. Putain, tu es chiant comme mec, parvint-il à dire tout en fixant son vis-à-vis. Mais étrangement, je ne te déteste toujours pas…
— La ferme !
— Oui, oui…
— On est loin d'être amis là…
— C'est sûr, dit Gaara tout en déposant le gant sur le bureau. Tu ne le feras pas souffrir, hein ?
— Pour rien au monde !
— Si un jour je me rends compte que tu lui as fait du mal, je ne te le pardonnerais jamais !
— Tu l'aimes à ce point ?, s'enquit le brun tout en se plaçant devant la baie vitrée.
— Pas de la même façon que toi, je te rassure, répliqua Gaara amusé.
— Je ne m'inquiète pas, assura Sasuke.
— Si tu le dis… Je l'aime, oui, répondit-il enfin. Il compte énormément pour moi… J'ai honte de l'admettre, mais bien plus que mon frère et ma sœur… Depuis nos huit ans, je ne l'ai jamais quitté. On avait tout partagé, le meilleur comme le pire. Il pleurait toujours ton absence, et j'étais là pour le réconforter… Je t'ai détesté à ces moments-là…
— J'imagine bien…, fit le brun dans un soupir.
— Voilà pourquoi je ne te supporte pas, mais…
— Mais ?
— On doit trouver un moyen… On va se voir pratiquement tous les jours d'ici quelques mois…
— Merci de le rappeler…
Un rire franc résonna dans la chambre.
— C'est si difficile à accepter ?
— Oh ! Oui…
Sasuke reporta son regard au loin, la nuit était tombée depuis des heures, mais la clarté de la lune éclairait la ville comme en plein jour. Il l'observa un long moment, puis il reprit :
— Je pense pouvoir me préparer à cette idée.
Pour toute réponse Gaara lui sourit. Il se dit que finalement une amitié serait peut-être possible entre eux. Tant qu'ils pouvaient se supporter, tout était réalisable… Du moins, il l'espérait…
— Il compte nous laisser enfermés combien de temps à ton avis ?
— Va savoir… Et moi qui comptais finir la soirée en beauté, c'est raté…, fit Sasuke tout en regagnant le lit.
— Ouais…, répondit simplement Gaara tout en s'installant à son tour à ses côtés.
Sans qu'il ne s'en rende compte, il prit comme à son habitude, toujours à la même heure son téléphone pour vérifier s'il avait un quelconque message… Depuis quelques semaines c'était devenu un geste quotidien, et ce soir c'était la même chose. Il parcourut l'écran du regard et sourit en voyant l'icône s'animer. À peine avait-il fini de lire le message qu'il s'empressa de répondre.
— Il vaut mieux que tu l'appelles, non ?, s'enquit le brun tout en se laissant retomber sur le dos.
— Je… Non… Elle est sûrement endormie à l'heure actuelle…
— Hum… Ce n'est pas moi qui t'empêche de le faire au moins ?, demanda Sasuke avec un sourire en coin.
— Ha ha ha, très drôle…
— Tu sais, j'aurais aimé te laisser seul, mais, comme tu vois, on est toujours coincés ici tous les deux !
— Ça t'amuse, hein ?
— Oui ! répliqua Sasuke avec un grand sourire.
— Finalement, je ne t'aime pas…
— Oh ! Je suis choqué d'entendre ça, fit le brun faussement blessé.
— Ta gueule !
Le brun sourit de plus belle tout en fermant les yeux. Il sentait que le sommeil le gagnait de plus en plus, mais sans Naruto à ses côtés, il serait très agité…
« Na-chan, reviens vite… »
o°oSNo°oNSo°oSNo°o
Après avoir verrouillé la porte, Naruto demeura devant celle-ci quelques secondes, se demandant s'il avait bien fait de les laisser seuls dans un espace aussi réduit… A tout moment, ils risquaient de se sauter à la gorge comme des idiots finis… Mais il se rassura très vite en se disant qu'ils étaient au-delà de tout ça. Du moins, il l'espérait…
Il soupira légèrement, puis prit la direction du rez-de-chaussée. Cependant, la furtive discussion qu'il avait eue avec son père lui revint en mémoire. Il s'arrête devant sa chambre avec une envie folle de l'interroger sur ce qu'il voulait dire. Il lui sembla que son père était sur le point de lui confier son éventuelle relation avec son oncle, mais il s'était tu très vite… Il lui avait paru quelque peu perdu.
— C'est nouveau, fit Naruto pour lui dans un rire.
Il prit la direction de la cuisine quand les voix de son père et son oncle lui parvinrent de la chambre de celui-ci, la porte étant entrouverte, c'était facile d'écouter sans le vouloir…
— Décidément… C'est devenu une habitude… Fais comme si tu n'avais rien entendu !, se dit Naruto pour lui-même tout en entrant dans la cuisine.
Ses tentatives se soldèrent très vite par un énorme échec puisque la discussion arrivait à ses oreilles… Il décida de s'asseoir sur l'une des chaises , son verre d'eau à la main et laissa le flux de paroles l'atteindre sans pour autant y prêter attention. Mais au bout de quelques minutes, il se leva et alla dans la chambre de Sasuke pour tuer le temps.
o°oSNo°oNSo°oSNo°o
— Le veto a dit qu'il lui faudra un peu temps encore pour pouvoir manger par lui-même… Heureusement qu'on est rentrés assez tôt ce soir, je ne me sentais pas totalement à l'aise en le laissant seul…, fit Haruka tout en refermant la porte derrière lui.
— Oui…, répondit Kyosuke tout en déposant la seringue avec laquelle il avait alimenté son compagnon de chambre.
— Tu veux que je fasse la suite ?
— Non, c'est bon, dit le brun dans un murmure.
Haruka s'installa alors à bonne distance de Kyosuke. Celui-ci semblait être totalement absorbé à caresser et à nettoyer tout doucement une boule de poils vivante. Vu son état, il fallait lui faire sa toilette et faire en sorte qu'il soit le mieux possible.
Cela faisait deux jours que ce chaton vivait dans sa chambre… Pourquoi ? Tout simplement parce que Haruka voulait l'offrir à son fils, mais il n'arrivait pas à se résoudre à le faire. Il l'avait trouvé dans un carton, miaulant avec une détresse déchirante. Il était sale, fatigué et surtout affamé. Après l'avoir caressé du bout des doigts, il ne put se résoudre à le laisser dans cet endroit si menaçant et inquiétant. Depuis lors, il faisait tout pour que Naruto et Sasuke ne se rendent pas compte de sa présence. C'était plutôt facile, puisqu'ils avaient cours pratiquement toute la journée et que le reste du temps, ils étaient tellement occupés par eux-mêmes que le chaton passait inaperçu… Mais Haruka doutait que cela ne dure… Il était certes calme et faible encore pour se promener un peu partout dans la maison, mais cela ne saurait tarder…
Kyosuke quitta des yeux le petit animal et observa son ami. Depuis leur retour du restaurant, il n'avait pas dit un mot. Il déposa la boule de poils, qui semblait s'être très vite endormie dans son panier, et vint se placer face à son ami.
— Haruka ?
Aucune réponse ne lui parvint. Il avança sa main vers son visage et la déposa sur sa joue. À ce geste, le blond se réveilla et fixa son ami quelque peu perdu.
— Tu étais où ? s'enquit le brun avec un sourire.
— Je…
Honteux du chemin qu'avaient pris ses pensées, le blond baissa les yeux, tentant de refouler cet étrange sentiment qui l'avait saisi depuis qu'ils étaient arrivés au restaurant. Le regard des femmes sur Kyosuke, des hommes aussi… Il avait l'impression qu'il était sur le point de le perdre sans même l'avoir eu… Quand Kyosuke s'était aperçu du regard assassin qu'il lançait sur les personnes qui le dévoraient des yeux, il avait dit sur un ton plaisantin qu'il semblait jaloux et qu'il aimait le voir ainsi. Haruka se sentit plus idiot que jamais…
En à peine quelques jours, Kyosuke avait très vite su se trouver une place parmi eux et plus encore dans la vie de Haruka. Il voulait nier les faits, mais la vérité était là… Il ne pouvait pas faire semblant de ne rien ressentir pour lui… Quand il était apparu un peu plus tôt dans le hall habillé de son costume, le blond s'était senti étrange, une émotion qu'il avait cru depuis longtemps éteinte avait pris possession de tout son être et l'avait réduit au silence. L'homme qui s'était trouvé devant lui avait paru comme un étranger, comme s'il le voyait pour la première fois… Il s'était mis à imaginer à être embrassé, caressé par ses yeux tout aussi bleus que les siens et être dévoré par cette bouche qui semblait si experte… Quand Kyosuke s'était approché de lui, il l'avait regardé avec une étrange lueur au fond des yeux, ça ressemblait à du désir… Un désir longtemps retenu… Comment les choses avaient-elles pu s'enchaîner si vite ? Il y avait à peine quelques jours, il le considérait comme un frère, son meilleur ami et voilà qu'après seulement deux ou trois baisers, il voulait plus et aller plus loin…
« Jaloux… Oui, je l'étais… C'était à cause de toi… », pensa-t-il tout en fixant son ami.
S'il lui avouait cette pensée, Kyosuke ne perdrait plus une seconde pour le prendre et le faire sien.
— Tu penses encore à ça…, fit Kyosuke comme s'il avait lu dans ses pensées.
— Pas… Pas du tout…, répondit Haruka gêné.
— Ben, voyons…
— Je me disais juste qu -
— Embrasse-moi ! lança Kyosuke d'une voix autoritaire.
— Quoi ? N… Non…
— Fais-moi comprendre que je ne dois voir que toi, que je ne dois désirer que toi, que je ne dois fantasmer que sur toi, que je ne dois aimer que toi… Embrasse-moi !, répéta le brun tout en prenant la main du blond dans la sienne.
Au flux des paroles de son ami, le cœur de Haruka se mit à battre à toute vitesse. Il le considéra pendant de longues secondes avant d'oser enfin esquisser un mouvement vers lui. La demande de Kyosuke sonnait comme un ordre, mais étrangement il aimait ça. Il amorça un geste vers le visage de son meilleur ami, effleura du bout des doigts ses lèvres entrouvertes tout en caressant avec son pouce cette partie inférieure de cette bouche si gourmande et experte.
— Embrasse-moi, redit le brun tout en considérant Haruka avec attention.
Kyosuke n'en revenait pas… Il le touchait exactement comme il avait tant rêvé le faire ces derniers jours. Il voulait qu'il fasse le premier pas cette fois-ci, mais en même temps, il lui était impossible de demeurer impassible. Alors, il prit la main qui s'était attardée sur ses lèvres, et de la langue, en caressa légèrement les doigts, la paume, Haruka ferma les yeux. A la réaction du blond, Kyosuke sourit tout en déposant des furtifs baisers sur le poignet. Une, deux, trois fois. Puis il reformula sa demande une troisième fois, d'une voix si sensuelle et rauque qu'elle éveilla en Haruka un désir incontrôlable de l'embrasser.
— Embrasse-…
Les lèvres de Haruka, hésitantes et incertaines, le réduisirent au silence. Kyosuke fut en premier temps surpris, mais très vite, il se reprit et répondit aussi calmement qu'il pouvait à la caresse délicate de son ami. Ce premier contact était tendre, lent et doux, mais très vite, le blond se libéra et se montra plus audacieux et impérieux. Le brun ne put s'empêcher de ressentir une grande joie face à l'audace de Haruka. Sans qu'il ne s'en rende compte, Kyosuke se retrouva allongé sur le dos, son ami contre lui, l'explorant et le découvrant par ce simple baiser qui était synonyme de tant de promesses pour le brun. La langue du blond s'aventura plus loin dans son voyage et rencontra sa compagne pour une délicieuse et passionnante danse.
Le désir montait en Kyosuke de plus en plus vite et de plus en plus fort. Il sentit Haruka bouger contre son membre qui commençait à prendre peu à peu vie. Il tenta de l'empêcher de se frotter davantage, mais plus il essayait de freiner l'ardeur de son ami, plus celui-ci se colla à lui. Dans un soupir intérieur, le brun se décida de le laisser faire et de profiter tout simplement. Il déposa sa main sur la nuque du blond et tout en approfondissant le baiser, il fit glisser sa main vers la naissance de ses reins. Tout doucement, il se mit à caresser ses magnifiques et parfaites fesses tout en intensifiant le baiser qui devenait de plus en plus passionné et Kyosuke laissa échapper un gémissement de plaisir et de gratitude. Totalement perdu dans leur désir, le blond ne se rendit pas compte du changement de position qui s'était opéré. À contrecœur, il abandonna les lèvres de son ami pour retrouver son souffle. A ce geste, Kyosuke le fixa ardemment tout en laissant sa main voyager à son grès sur le corps vibrant de désir de son ami.
— At… Attends, l'interrompit Haruka sentant la main du brun se frayer un chemin vers son entrejambe.
— Laisse-moi te soulager, on n'ira pas plus loin je te le promets, lui assura-t-il tout en arrêtant son regard sur celui de son ami.
Pour toute réponse, Haruka ramena le visage de Kyosuke vers lui et l'embrassa de nouveau avec tout le désir et la passion qu'il éprouvait. La main du brun fit descendre le pantalon et le boxer du blond aussi bas que sa main lui permettait, puis il déposa sa main sur le membre plus vivant que jamais de celui-ci.
— Je vois que tu réagis très vite, fit Kyosuke tout en quittant les lèvres de son ami. J'ai tant rêvé de te goûter, ajouta-t-il tout en caressant le sexe du blond avec sa langue. Haruka, regarde-moi !
À sa demande, il le considéra avec attention pendant que sa bouche lui donnait tant de plaisir. Un gémissement de bien-être se fit entendre, très vite suivi des halètements de plus en plus rapides et rauques. Haruka sentit une chaleur familière prendre possession de ses reins, son cœur ne cessait de battre à tout rompre à chaque caresse, à chaque coup de langue, à chaque mouvement de va-et-vient. Il voulait crier ce plaisir si agréable et intense que Kyosuke lui procurait, mais il ne pouvait se laisser aller… Ils n'étaient pas seuls, c'était ridicule de penser ça, surtout vu l'épaisseur des murs… Mais il ne restait pas moins un parent…
— Kyosuke… S'il te… S'il te plaît, arrête… Je vais jouir…
La plainte de Haruka mourut dans sa bouche quand la langue de son ami quitta son sexe après une dernière caresse lui permettant de se libérer enfin sur le torse dévêtu de celui-ci — comment s'était-il retrouvé la chemise ouverte, mystère… —. A peine fut-il soulagé de son désir que le blond se rendit compte de ce qu'il s'était produit et se hâta de dire :
— Un mouchoir, un mouchoir !
— Je savais que ton goût serait délicieux, fit le brun tout en se léchant les doigts après avoir essuyé son torse avec sa main.
Haruka demeura silencieux un petit moment, il se contenta de fixer son ami et surtout la manière dont celui-ci se léchait les doigts, au comble du bonheur. Il remarqua aussi que la personne qui se trouvait devant lui semblait totalement changée… Il était totalement différent et surtout plus sexy que jamais…
« Sexy ! Putain, il est plus que ça… »
Il suivit les gestes de Kyosuke avec une envie folle de prendre le relais. Il avait envie de le toucher encore et encore… La jalousie lui avait fait comprendre une chose : il ne souhaitait laisser personne lui donner du plaisir, le regarder ou tout simplement rêver de lui. C'était la seule chose dont il était sûr pour le moment.
Il se releva et poussa son ami pour qu'il s'allonge et à son tour il voulait lui faire plaisir tout en le débarrassant de son désir oppressant.
— À mon tour maintenant, fit-il tout en déboutonnant le pantalon du brun.
— A… Attends ! Je peux le faire moi-même !, l'arrêta Kyosuke nerveux.
— Toi-même ?, s'enquit le blond étonné tout en levant la tête vers lui.
— Non, je… Tu n'as à pas me toucher…
— Mais tu es déjà en pleine érection, je dirais même -
— Tu n'as pas à faire ça !, le coupa Kyosuke. Haruka -
— Tu n'as pas à te sentir si gêné…, répondit-il tout en prenant le sexe de son ami dans sa main et amorçant un mouvement vers la verge qui semblait sur le point d'exploser.
« Kyosuke gêné ? C'est nouveau ça… »
— A… Attends, Minato ! S'il te plaît, ne fais -
Sa tentative d'arrêter le blond mourut dans sa bouche à peine ses lèvres effleurèrent son sexe. Il sentit alors le désir qui l'avait submergé se libérer dans un orgasme si violent et rapide qu'il se tut tout en fixant le visage de Haruka baigné de sa semence, plus surpris que jamais.
— Je suis désolé…, dit Kyosuke tout en essuyant le visage de son ami.
— Ne t'en fais pas... C'était… Hum… Surprenant !, dit-il avec un sourire.
— À peine tu me touches et je jouis déjà… C'est pathétique, dit-il. Ce désir je l'ai tellement enchaîné et réduit au silence… Que je risquerais de me répandre seulement en te voyant nu, fit-il dans un rire nerveux.
— On aura juste à s'entraîner, lança Haruka tout en prenant Kyosuke dans ses bras.
— Mais je pensais que tu voulais avoir un peu de temps…
— C'est vrai… Je ne pourrais pas te dire ce que je ressens exactement pour toi, et je doute qu'on puisse faire l'amour dès ce soir…, fit-il légèrement gêné. Mais je te désire et je veux que tu continues à ne voir et à ne désirer que moi.
— Il n'y a jamais eu personne d'autre que toi… Et il n'y aura jamais personne, lui confessa le brun tout en répondant à son étreinte.
Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre pendant de longues minutes, pendant lesquelles Haruka se mit à repenser à ce qu'il s'était passé. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas ressenti un tel plaisir, une telle émotion ? Il ne savait plus… Quand Risa avait disparu de sa vie, tout s'était refermé.
Son cœur et son corps avaient réagi pratiquement instantanément dès que Kyosuke l'avait touché et caressé… Il avait eu l'impression de revivre enfin… De ressentir de nouveau les choses les plus simples de la vie.
« Ai-je le droit d'éprouver ça pour quelqu'un d'autre que toi Risa ? Et surtout pour ton frère ? »
La question demeurerait à jamais sans réponse… Pourtant, il savait une chose : Kyosuke l'aimait de la même manière que Risa l'avait aimé… Ne devrait-il pas profiter de ces moments et veiller à ne jamais oublier le plus important ?
Il était en vie et il n'avait pas le droit de vivre dans le passé…
— Haruka, murmura Kyosuke tout en se dégageant légèrement.
— Hum…
— Je peux dormir avec toi maintenant ?, demanda-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles.
« Il ne perd pas le nord… »
— Non.
— HEIN ! Mais pourquoi ?
— Parce que…
— Ce n'est pas une réponse !
— Tu devras t'en contenter…, fit Haruka tout en se levant.
— Où tu vas ?
— Prendre une douche.
— Oh ! Bonne idée ! Je viens avec toi, s'empressa de répondre Kyosuke avec ce même sourire idiot qu'il avait l'habitude de prendre quand il n'écoutait plus personne.
— Pas moyen !, répliqua le blond tout en se dirigeant vers la porte.
A peine sa main s'était posée sur la poignée qu'il sentit la prise de son ami autour de sa taille.
— Je te laverai le dos, proposa-t-il tout en déposant un baiser sur la nuque de Haruka.
— Kyosuke…
— Je sais... Comprends-moi, je veux être le plus souvent possible avec toi et je te promets de ne pas faire des choses dont tu n'as pas en -
— D'accord… répondit Haruka dans un soupir.
« Il fallait bien que cela arrive tôt ou tard… »
— C'est… C'est vrai ?
— Oui…
À peine la réponse fut murmurée que Kyosuke resserra son étreinte et répondit avec une joie si évidente et spontanée que cela rendit Haruka plus déstabilisé que jamais. Il tourna la tête vers son nouveau compagnon et sûrement le dernier tout en déposant sa main sur ses cheveux et dit :
— Désolé…
Il sentit qu'il devait demander pardon… la patience dont son ami faisait preuve le touchait plus qu'il n'aurait imaginé. Il était si doux dans ses gestes, ses caresses, ses paroles… Et lui… Il était tout le contraire. Pourtant, ce soir il savait que tout avait changé, pour lui tout comme pour Kyosuke.
— Hein ? Mais pourquoi tu t'excuses ?
— P… Pour rien... Je vais prendre une douche…
— Attends ! Je viens aussi, fit Kyosuke avec son éternel sourire.
Dans un soupir, il répondit :
— Attends-moi plutôt ici et installe un autre futon… J'ai dit « d'accord » pour dormir ensemble, idiot !
— Je pouvais toujours essayer…
« Je vais le regretter… Mais en même temps… », pensa Haruka avec un sourire tout en prenant la direction de la salle de bain.
Il se tourna vers le chaton totalement endormi et dit :
— Tu as entendu ça, Milk-chan ! Il a dit oui !, s'exclama-t-il tout en s'installant près du panier. Il a dit oui…, ajouta-t-il dans un murmure tout en caressant le chaton.
« Risa, je vais enfin pouvoir tenir ma promesse… »
o°oSNo°oNSo°oSNo°o
Cela faisait maintenant une bonne heure que Naruto avait laissé Sasuke et Gaara dans sa chambre. S'étaient-ils entretués ? Ou un semblant de terrain d'entente s'était-il installé entre eux ? Tant qu'il n'oserait pas ouvrir la porte devant laquelle il se tenait depuis maintenant cinq minutes, il ne pourrait le savoir. Il soupira longuement, puis il l'ouvrit tout en avançant un regard quelque peu inquiet vers l'intérieur. Quand ses yeux rencontrèrent le sombre et attirant du brun, le vert clair et captivant du roux, il eut sourire crispé et dit :
— Alors ?
À peine avait-il prononcé ce simple mot que la main de Sasuke se saisit de la sienne et lui fit faire demi-tour tout en lançant à Gaara :
— On se voit plus tard… Bonne nuit.
— Qu… Attends Sasuke !
— Oui, bonne nuit, répondit le roux avec un sourire.
Gaara fixa un court moment la porte, puis il se laissa tomber vers l'arrière et fit :
— Il aura droit à sa nuit finalement..., murmura-t-il pour lui-même tout en mettant les écouteurs de son portable dans ses oreilles, et laissa la musique le transporter loin.
Naruto se retrouva très vite dans la chambre de son compagnon. Celui-ci l'avait pratiquement jeté sur lit sans le quitter des yeux, il commença par déboutonner sa chemise.
— Sasuke… Qu'est -
— Ce soir, je pensais qu'on allait partager une magnifique et longue nuit…
— Je… Tu as changé d'avis ? demanda le blond tout en fixant le torse qui se dessinait de plus en plus devant lui.
— Pas le moins du monde… On va juste passer directement à la fin.
— Hein ? Attends, tu ne -
— Si ! Je n'ai pensé qu'à ça… Te prendre et m'enfoncer de plus en plus profondément en toi, termina-t-il tout en se plaçant devant Naruto.
— Sasuke…, souffla le blond tout en se mordant la lèvre inférieure.
Il se leva et se plaça devant son compagnon sans le quitter des yeux et l'encouragea :
— Mais…
— Mais ?
— Je t'ai promis de ne plus te faire mal… Alors, ce soir, tu feras ce que tu souhaites de moi, je…
Sasuke se tut, il se contenta de prendre Naruto dans ses bras. Ils restèrent enlacés un long moment. À peine s'était-il retrouvé contre lui que le blond sentit le désir monter en lui. Il crispa les doigts sur l'étoffe de la chemise du brun, sentit la chaleur de sa peau, et l'attira encore plus près de lui.
La joue contre son épaule, il respira son odeur merveilleuse. Sasuke avait déboutonné les premiers boutons de sa chemise, laissant entrevoir le torse finement musclé et doux. Le blond passa la main sur sa joue, son cou, glissa les doigts sous le col, posa la paume sur sa nuque avant de l'embrasser sous l'oreille. Sa peau avait un goût salé. Naruto se passa le bout de la langue sur les lèvres, frémit de plaisir. Lentement, il entreprit de déboutonner la chemise, avant de débarrasser Sasuke de tous ses vêtements. Tandis qu'il le déshabillait, il resta parfaitement immobile. À part son regard, rien ne laissait paraître son état. Naruto reporta son regard sur celui de son amant et sourit tout en laissant ses mains s'aventurer à leur gré sur son corps. Les épaules sur lesquelles il n'avait cessé se reposer, les bras solides qui l'avaient tenu maintes et maintes fois contre lui, le torse musclé. Le ventre dur. Enfin, il fut entièrement nu devant lui. Comme à chaque fois, il fut fasciné, n'osant plus le toucher, il recula un peu et admira l'ardeur de son désir.
— Tu es si beau…, chuchota-t-il.
Il eut un petit sourire fier. C'était pour lui… L'état dans lequel se trouvait son compagnon n'était que pour lui. Il leva les yeux vers lui et chercha son regard.
Sasuke lui rendit son sourire et dit :
— Je suis tout à toi… Quand tu seras prêt.
— Je le suis...
Il mentait, mais il ne supportait plus la distance qui les séparait. Il ne se sentait pas encore capable de lui faire l'amour, c'était trop tôt… Mais il allait faire quelque chose de nouveau. Il avait toujours laissé Sasuke diriger leur étreinte, cependant, ce soir, ça ne serait pas le cas. Il attrapa la main du brun et la déposa sur sa joue et souffla :
— Déshabille-moi.
À peine avait-il émis sa requête, qu'il sentit Sasuke s'approcher de lui. Il lui caressa la joue des lèvres, lui effleura la bouche. Naruto ferma les yeux tandis qu'il lui déboutonnait sa chemise. Une fois son torse mis à nu, le vêtement atterrit sur le sol. Tout doucement, ses mains glissèrent vers le bas du ventre du blond, il entreprit de défaire la boucle de sa ceinture, puis le bouton de son pantalon. D'un même geste, il le fit tomber avec son boxer au niveau de ses chevilles. Très lentement, il posa ses mains de part et d'autre du visage de Naruto et l'embrassa. Un baiser léger et doux.
À son tour, il était nu devant lui. Il le contempla, émerveillé…
« Comme à chaque fois… »
— Tu es si beau, fit-il reprenant les mêmes mots que Naruto avait utilisé un peu plus tôt.
— Je suis tout à toi…, murmura le blond tout en utilisant les mêmes mots que son compagnon.
— Mais -
Du bout des doigts, Naruto le coupa :
— À toi…, lui dit-il tout en prenant le brun dans ses bras.
Sasuke le considéra un instant et l'attira à lui. Il sentit leur désir commun se retrouver enfin… tout au long de la soirée, il n'avait pensé qu'à ce moment où il pourrait se retrouver. Pourtant, son intention était juste de se caresser et de se câliner, en attendant la soirée du lendemain. Il avait réservé la chambre d'hôtel pour être seuls et pour pouvoir jouir d'une intimité totale et parfaite. Il s'était dit que ce soir-là, ça serait le moment idéal pour que son petit ami prenne la direction des opérations. Mais voilà qu'il l'avait enfermé dans sa chambre avec son meilleur ami… Ses pensées ne s'étaient alors focalisées que sur une seule chose : être avec lui le plus vite possible et pouvoir le prendre encore et encore… Cependant, il retrouva très vite ses esprits. Ce soir, c'était son anniversaire et il se dit que ça serait finalement le bon moment… Et voilà qu'il lui demandait de lui faire l'amour, mais étrangement, il sentit que ça serait différent.
Quand ils se laissèrent tomber sur le lit, Sasuke le couvrit de son corps chaud. Naruto fut submergé par un désir très intense, il sentit un besoin fou de son amant.
Le brun roula sur le dos et le blond se retrouva sur lui.
— Na-chan, dis-moi ce que tu veux que je fasse, murmura-t-il.
Naruto le considéra longuement sans savoir quoi répondre. C'était la première fois qu'il lui demandait ce qu'il voulait.
— Je te veux toi, fit-il avec un sourire. Je veux tout de toi, comme ça a toujours été… Toi et personne d'autre…
Pour toute réponse, Sasuke l'attira vers lui et l'embrassa de nouveau. Il savourait comme il pouvait le baiser qu'ils partageaient. C'était si bon de se sentir à ce point aimé et désiré, il adorait cette sensation et comme à chaque fois, il avait l'impression d'y goûter pour la première fois. Naruto était toujours assis sur son torse. Sentir la chaleur de son corps contre le sien ne lui donnait qu'une seule envie : s'insinuer aussi profondément qu'il le pouvait en lui. Il se redressa légèrement tandis qu'une de ses mains se dirigeait vers la courbe de ses fesses rondes et fermes. Au contact d'un des doigts du brun qui se fraya un chemin à l'intérieur de lui, il se cambra et se colla davantage contre son amant. Il sentit le va-et-vient s'intensifier et devenir de plus en plus profond et rapide. Il gémissait, haletait, s'accrochait comme il pouvait au cou de Sasuke. Leur baiser avait pris fin dès qu'il avait ressenti la caresse de la main experte de celui-ci en lui. Il l'entendit lui murmurer qu'il était fou amoureux, qu'il le désirait passionnément, qu'il voulait que leur étreinte dure pour toujours…
Quand Naruto sentit qu'il était prêt à le recevoir, il se dégagea légèrement et vint s'empaler sur le sexe dur et vibrant de son partenaire. Il se crispa un court instant et cessa de respirer, ouvrit la bouche comme un noyé épouvanté. Ce n'était pas du tout la même chose quand on réalisait le mouvement soi-même, se dit Naruto tout en retrouvant la sensation d'être pénétré par cet organe qu'il connaissait si bien. Puis, il retrouva son souffle dans un élan de plaisir. Il gémit et se pencha en avant tout en ancrant son regard bleu unique à celui du noir ténébreux de son amant, il entendit lui dire :
— Je ne t'ai pas correctement préparé, idiot !
— Non… C'est très bien, souffla Naruto dans un gémissement.
Sasuke se releva et s'assit correctement sur le lit, il déposa l'une de ses mains sur la joue de son compagnon et l'embrassa légèrement tout en l'attirant à lui. Dans un même mouvement, le blond l'entoura de ses bras, puis il enfouit son visage contre son épaule. C'est à ce moment-là que la danse débuta, lente et profonde. Quand le sexe dur et chaud glissait en lui de plus en plus loin et avec force, Naruto sentait le plaisir prendre possession de tout son être. Les gémissements et les râles que Sasuke lâchait à chaque mouvement devinrent une douce musique à ses oreilles.
Une des mains du brun le força à replier les jambes, il vit que son amant le possédait plus entièrement et plus complètement que jamais. Sasuke se mouvait en son compagnon dans une danse amoureuse et passionnée. Naruto voulait que le rythme s'accélère, il souhaitait que ça aille plus vite, encore plus vite.
— Plus… Plus vite…
— Doucement mon ange, on a…
Sasuke ne put terminer sa phrase, il était beaucoup trop concentré sur l'union que leurs corps formaient. Ils étaient dans l'un et l'autre, la sueur perlait sur leur peau brillante et fine. Leurs gémissements s'élevèrent dans la chambre, brûlants et grisants. Naruto remuait les hanches de façon à sentir le sexe de son amant aussi profondément que possible en lui et son membre dressé et tout aussi vibrant venait à la rencontre du ventre de Sasuke, l'excitant de plus en plus.
Les gémissements se transformèrent très vite en cris. Naruto s'accrochait aussi fort qu'il pouvait à son compagnon qui ne cessait de s'enfoncer loin et violemment dans sa chair. Il sentit alors une vague de plaisir plus intense et puissante le submerger et il se libéra dans un râle d'extase. Sasuke ne tarda pas à le rejoindre quand il le sentit se contracter autour de lui. Puis, serrés l'un contre l'autre, corps mouillés de sueur, ils se laissèrent retomber sur le lit, totalement épuisés. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, attendant que leur rythme cardiaque se calme et que leur souffle s'apaise.
Tout en attirant le visage de Naruto à lui, Sasuke sourit. Il était heureux, comblé et il savait que son compagnon l'était tout autant vu le sourire qu'il affichait.
— C'était… Comment dire ?, fit le brun tout en laissant Naruto s'installer à ses côtés.
— Intense ?, lança le blond amusé, tout en faisant face à son amant.
— Plus que ça… Je -
— C'était merveilleusement intense, le coupa-t-il tout en déposant ses lèvres sur celle de son vis-à-vis.
— Oui…, murmura Sasuke tout en attirant Naruto à lui. Je t'aime, je ne pense pas te l'avoir dit…
— Ah, oui !
— Et toi ?
Un rire amusé s'éleva dans la chambre.
— Oh ! Oui, je t'aime…, fit-il. Ça devient trop fleur bleue, tu ne trouves pas ?
— J'aime quand ça devient fleur bleue, répliqua Sasuke tout en embrassant les doigts un à un de son ami. AH !, s'exclama-t-il tout d'un coup.
— Quoi ?
— J'ai oublié ton petit cadeau, répondit-il tout en se levant et allant prendre une petite boîte dans l'un des tiroirs de son bureau.
Il revint vers Naruto et se glissa sous le drap à ses côtés tout en tendant un petit boîtier.
— Je voulais te le donner depuis des semaines déjà…
— Qu'est-ce que c'est ?
— Ouvre !, l'encouragea Sasuke.
Le blond s'exécuta avec de lents gestes. Une fois le contenu en vue, Naruto le fixa étonné.
— Un… Un anneau ! C'est une demande ?, lança Naruto sur un ton léger.
— Une demande ?, s'enquit le brun conscient soudainement de la signification du présent. Je… Non… C'est juste ma façon moi de te montrer la sincérité de mes sentiments… Je n'avais pas pensé à ça…, murmura-t-il pour lui-même.
— Idiot ! Je plaisantais, répliqua Naruto plus amusé que jamais.
— Ah, oui…, fit Sasuke d'une voix lointaine.
— Elle est magnifique ! Ca te dérange si je la porte avec une chaîne ?, s'enquit le blond tout en remerciant son petit ami d'un baiser.
— Bien sûr que non, dit le brun tout en répondant à la caresse.
Naruto remit l'anneau dans son boîtier et le déposa à côté de son oreiller, puis il se replaça dans les bras de Sasuke. Celui-ci semblait totalement ailleurs. Plus précisément, il repensait à la remarque de son amant. Pourquoi n'avait-il pas pensé à la signification de ce genre de cadeau ? Quand il l'avait choisi, la seule chose à laquelle il avait songé, c'était que ce morceau de métal précieux symboliserait très bien ce qu'il ressentait pour lui. Cependant, maintenant, il voyait qu'il pourrait y avoir un tout autre sens…
— Arrête d'y penser…, fit Naruto coupant court au fil de ses pensées.
— Je...
— On est encore bien trop jeunes pour songer à ça.
— Oui…
— On a largement le temps… Pour…, se tut le blond tout en sombrant dans le sommeil.
— Na-chan !
Sasuke déposa sa main sur la tête blonde nichée au creux de son épaule tout en y déposant un léger baiser, il murmura :
— Pardon… J'aurais dû réfléchir… Mais le moment venu…
o°oSNo°oNSo°oSNo°o
La fin de week-end arriva sans que personne ne s'en rende compte. Amenant avec elle l'éternel recommencement de la semaine. Gaara avait pris congés d'eux dès la soirée de samedi. Cependant, il avait promis de repasser très vite. Ce n'était sûrement pas pour les beaux yeux de son meilleur ami — quoiqu'il y ait des chances dans un sens… — mais il s'était rendu compte qu'il avait besoin de voir sa petite amie le plus souvent possible. Il était très heureux de voir que c'était la même chose de son côté. Cela l'avait rassuré. Sasuke n'était pas très ravi de revoir le roux encore plus vite que prévu, mais étrangement, il ne put s'empêcher de sourire quand il avait entendu ça. Néanmoins, une petite réplique qui leur correspondait fut prononcée. C'était leur façon de communiquer et cela leur convenait très bien.
Avec cette nouvelle semaine, une nouvelle saison s'annonçait et du même coup, la fin du premier semestre de cette dernière session scolaire pour les troisièmes années.
Il était huit heures du matin, tout le monde était déjà bien réveillé et surtout prêt pour commencer cette nouvelle journée. Naruto et Sasuke terminaient leur petit déjeuner quand Kyosuke gagna la cuisine par la porte du jardin. Encore une fois, il était totalement débraillé…
— Tiens ! Bonjour vous deux !
— Bonjour, répondirent les deux adolescents.
— Vous n'êtes pas encore partis ?, lança l'adulte tout en se lavant les mains.
— On vous dérange ?, s'enquit Sasuke avec un sourire.
Naruto se contenta de surveiller du coin de l'œil la réaction de son oncle.
— Ouais, répliqua Kyosuke avec le même sourire.
— Oh !
— J'avais prévu de plaquer Haruka contre le mur et de l'embrasser comme jamais, fit l'aîné avec sérieux. Le faire gémir de plaisir et le voir finalement se répandre -
Il ne put terminer sa phrase qu'un coup sur la tête le coupa.
— Ah ! Bonjour toi !, lança le brun le plus naturellement du monde. Je me suis réveillé tout seul -
— Tais-toi ! répliqua Haruka tout en bâillonnant son ami.
— Vous êtes déjà à ce stade vous deux ?, demanda Naruto tout en vidant son verre de jus d'orange.
— Naruto, je…
— Il était temps, fit le blond tout en se plaçant devant son oncle. Prends bien soin de mon père, ajouta-t-il tout en donnant un léger coup sur le bras de l'adulte.
— Pas besoin de me le dire, mais compte sur moi, répondit Kyosuke tout en rendant le même sourire à son neveu.
— Sasuke, on y va !
— À plus tard, lança le brun tout en suivant son petit ami.
— Il le prend plutôt bien, dit Kyosuke tout en s'installant pour prendre son petit déjeuner.
— Je l'ai dit sans le vouloir vendredi dernier… Et je suppose que me voir sortir de ta chambre le lendemain matin lui a confirmé, fit Haruka tout en remplissant son verre de café.
— Je vois…
— Finalement, je suis content qu'il le sache, répondit le blond tout en déposant sa main sur la joue de son ami.
Pour toute réponse, Kyosuke lui glorifia d'un magnifique sourire, puis dit :
— Je peux avoir mon baiser ?
À la demande du brun, Haruka sourit tout en déposant un léger baiser sur sa tête et répondit :
— Tu l'as déjà eu !
— Hein !
Haruka se contenta de lui envoyer un sourire lourd de sous-entendus, puis tout en lançant un au revoir, il quitta la pièce.
Kyosuke le suivit du regard tout en se mordant la lèvre inférieure et il dit :
— À ce soir, répondit-il plus heureux que jamais.
A suivre…
Alors, euh…
Désolée pour le retard de la mise en ligne du chapitre. J'espère qu'il sera à votre goût.
Bonne lecture et à bientôt.
Kain.
