Navré pour l'attente. Boulot boulot ^^

Voici enfin les chapitres sur la vie de Nox. Tout sera révélé…peut-être.


Chapitre 21 : Le crépuscule

Il se rappelait. Il se rappelait les champs de tournesols dans lesquels il aimait se perdre et courir. C'était un enfant très joueur. Autant que peut l'être un petit garçon de huit ans.

Sa famille avait une grande ferme près d'une forêt ancienne et profonde. Sa mère lui interdisait fermement d'y aller. Elle était très stricte, très noble et donnait l'impression d'une femme renfermée et arrogante à tout ceux qui la croisait pour la première fois. Seul son mari et son fils arrivait à faire tomber ce masque pour révéler son ravissant sourire. Sa chevelure sentait bon la lavande. Les hommes de la maison aimaient s'y perdre. Autrefois, quand il était encore plus petit et qu'elle avait besoin d'éplucher des fruits ou coudre un peu, son fils attendait qu'elle s'asseye sur le canapé pour plonger dans ses cheveux et jouer avec ses boucles couleur de nuit. Elle disait toujours la même chose en riant, de sa voix cristalline :

- Nosmund ! S'il te plait chéri, j'ai du travail.

Mais il ne la laissait pas tranquille. Pas dans ces moments là. Autrement, il était très sage. Le petit Nosmund avait hérité de sa mère son côté discipliné et organisé. Mais, paradoxalement, c'était aussi un incorrigible farceur. Cela, il le tenait de son père. Un grand bonhomme à la carrure de bœuf et à la barbe parfaitement taillé. Personne n'aurait jamais cru que la fille la plus froide et respectable du village se marierait un jour avec le pire fauteur de trouble des environs. Surtout quand les deux se disputaient cent fois par jours lorsqu'ils étaient jeunes. Et pourtant, c'est ce qui arriva.

Nosmund adorait se cacher et bondir comme un chat pour effrayer sa mère. Elle se laissait avoir à chaque fois. Son père, lui, n'était jamais pris au dépourvu, il savait quelles étaient les meilleures cachettes et donc quand être sur ses gardes. Son fils ne le surprenait jamais, mais il essayait encore et toujours. Il était souvent tenté de lui dire d'abandonner mais s'y refusait, il était fier de la détermination, ou plutôt de l'entêtement, de son fils. Il tenait ça de sa mère.

Par contre aucun d'entre eux ne savait d'où lui venait son intérêt pour la lecture. A huit ans, Nosmund lisait des livres qui auraient donné mal à la tête aux autres enfants. Cela intriguait ses parents au début.

- J'me demande quand même de qui il tient ça Sélénia. Avait un jour déclaré son père alors que leur fils lisait près de la cheminé.

- Surement pas de toi chéri. Avait répondu la mère de Nosmund.

- C'n'est pas très sympa tu sais. Tu n'es pas non plus une grande lectrice malgré tes lunettes.

- Tu as toujours ce cliché ridicule en tête ? Demanda Sélénia. A notre première rencontre tu m'appelais déjà « la grosse tête » sans même savoir qui j'étais.

- Tu avais vraiment une tête à bouquin. Si tu veux mon avis…

- Je n'en veux pas grosse brute.

- Tant pis j'te le donne : Une personne sans lunettes qui lit, c'est pas naturel.

- Là c'est carrément préhistorique comme préjugé Artemus…

Le petit Nosmund voyait cette scène avec curiosité il ne comprenait pas bien ce qui se passait. Mais il n'aimait pas voir ses parents se disputer. D'après ce qu'il avait saisit, le problème venait du fait qu'il n'avait pas de lunettes. Pendant que les adultes se disputait, Nosmund était discrètement monté dans la chambre de ses parents et piqua une des paires de lunettes de rechange de sa mère. Il se plaça devant ses parents, son livre dans les mains et les lunettes, trop grandes pour lui, posées sur le nez.

Artemus et Sélénia Hartwood s'arrêtèrent d'un coup de parler et regardèrent leur fils avec curiosité, les yeux ronds d'incompréhension et de surprise. Leur enfant demanda avec une innocence adorable : « C'est mieux comme ça? »

Les deux adultes mirent quelques secondes à saisir, se regardèrent, puis rirent aux éclats. Nosmund les observait sans trop savoir quoi faire. Mais il était content ils ne se disputaient plus. Chaque fois que ses parents haussaient le ton, il faisait ou disait toujours quelque chose qui détendait l'atmosphère. Ce n'est que des années plus tard qu'il se rendit peu à peu compte de combien il avait été ridicule.

Mais ce qu'aimait Nosmund plus que tout, encore plus que la lecture, c'était grimper. Son père lui avait appris à grimper aux arbres, malgré les protestations de sa femme. Ils grimpaient dans les chênes aux abords de la forêt quelle que soit la saison et Nosmund n'avait jamais le vertige. Ce qu'Artemus n'avait pas prévu par contre, c'était que Nosmund ne s'arrêterait pas aux arbres. Dès qu'il eu un peu de force dans les bras, en aidant son père au champ, Nosmund s'était mis à grimper partout : sur le toit de la maison, sur celui des villageois, en haut des falaises… Aucune pente ne lui semblait trop raide ou trop haute pour lui. Au grand dam de sa mère qui était prête à lui hurler de redescendre dès qu'elle le prenait sur le fait. Elle avait tellement peur qu'il se fasse mal en tombant.

La vie suivait son cour sans que quoi que se soit d'incroyable n'arrive. Nosmund grandissait et faisant la fierté de ses parents. Ils étaient tous très heureux. Mais rien ne dure éternellement.

La petite famille vivait dans un village près de la frontière avec Bosco, qui pratiquait encore la traite d'esclave. Il arrivait parfois que les villages soient attaqués par des mercenaires en quête de nouvelles marchandises. Les parents de Nosmund le savaient mais ils refusaient de quitter la ferme dont ils avaient hérité des parents d'Artemus. Sélénia n'avait plus de famille depuis longtemps et le père de Nosmund avait perdu la sienne quand son fils était encore un bébé.

Un soir, le petit garçon fut réveillé au milieu de la nuit par sa mère paniqué. Elle le prit dans ses bras et commença à courir pour sortir de la maison. Il entendait des hurlements au loin. Des flammes embrasaient la nuit sans lune. Il voyait son père les rejoindre avec une faux dans les mains. Il disait que le village était perdu, qu'ils étaient trop nombreux, qu'il fallait partir vite.

Mais alors qu'ils s'apprêtaient à fuir, ils furent interceptés par un groupe de mercenaires. La famille fut très vite encerclée. Le père les attaqua et réussit à en avoir quelques uns. Artemus combattit avec fureur et courage. Mais sa force colossale ne suffit pas et il finit par se faire tuer. Sélénia hurla de chagrin et vit les autres mercenaires s'approcher d'elle et Nosmund. Les bandits les séparèrent mais Nosmund ne se débatait même pas, tout ce qui arrivait lui semblait trop irréel et, surtout, il était terrorisé, complètement paralysé.

Le chef de la bande sortit un pistolet de son étui et observa Nosmund, levant le menton du petit avec le canon de son arme. Il le trouvait idéal comme esclave. Le bandit espérait le vendre à quelque mine ou usine. Sélénia refusait cela. Elle ne voulait pas qu'on lui enlève son fils. Elle se jeta sur le criminel et hurla : « Cour Nosmund ! »

Ce fut comme un déclic. Nosmund obéit sans réfléchir et s'enfuit à toute jambe. Il entendit une détonation et eut une affreuse douleur au poignet droit. Elle était insupportable et il trébucha. Mais l'instinct de survie de Nosmund le fit se relever et poursuivre sa course. L'un des bandits espérait l'arrêter en le blessant à la jambe mais c'était visiblement un mauvais tireur.

Nosmund entendit une deuxième détonation. Il tourna la tête et vit le corps de sa mère tomber lourdement. Il se mit à courir encore plus vite vers la forêt, les larmes aux yeux. Il courut sans s'arrêter à travers le bois. Il courut toute la nuit. Ce n'est qu'au matin qu'il s'arrêta, s'effondrant d'épuisement au pied d'un vieil arbre. Il s'endormit, les yeux humides.

Il se réveilla plus tard. Combien de temps avait-il dormi ? Impossible à dire. Il se mit en route vers le village en trainant les pieds. Il n'avait pas envie de rentrer, de voir ce qui était arrivé. Il savait ce qui s'était passé.

Après un trajet incroyablement long et pénible, il découvrit sa maison en cendre et le corps de ses parents gisant sans vie. C'est alors qu'une terrible pensé s'imposa à son esprit : Il les avait abandonné. Il tomba à genoux. Il s'en voulait tellement. Le poids du remord était insupportable pour un enfant si jeune. Comment avait-il pu laisser son père se faire massacrer ? Pourquoi ne s'était-il pas battu avec lui? Comment avait-il pu partir sans se retourner, laissant sa mère seule ? Pourquoi avait-il couru plus vite en la voyant s'effondrer, sans hésiter une seconde ?

Il s'effondra au sol, le nez dans les cheveux de sa mère, ils sentaient la cendre froide à présent. Il pleura toutes les larmes de son corps pendant de nombreuses heures en implorant leur pardon.

A la tombée de la nuit, une personne arriva près de Nosmund. L'enfant le contempla de ses yeux encore chargés de larmes. Un immense guerrier à la peau d'albâtre en armure noire. Le guerrier regarda le jeune garçon avec un sourire machiavélique. Il se mit à dire :

- Je vois du désespoir, du chagrin, de la rage et des regrets dans ton regard.

Les deux personnages s'observèrent quelques secondes sans bouger. Mais finalement, le combattant aux allures de seigneur obscur déclara :

- Je dois pouvoir faire quelque chose de toi.

Nosmund ne comprit pas ce qu'il voulait dire. De toute façon, il lui semblait que le monde lui-même n'avait plus d'intérêt en ce moment. Sans accorder plus d'attention à l'albinos, Nosmund se leva et marcha vers les restes de sa maison. Le combattant en armure contempla avec un regard curieux le spectacle tragique et contre-nature d'un petit garçon retrouvant une pelle dans des décombres, creusant pendant des heures, malgré la fatigue et les douleurs musculaires, et enterrant ses deux parents avant de planter dans le sol des croix de bois qu'il avait fait lui-même à l'improviste. L'enfant attacha un morceau du vêtement de son père à l'une d'entre-elle et une longue mèche de cheveux de sa mère, qu'il avait délicatement coupé, à l'autre.

Une fois ce rituel terminé, le guerrier commença à s'éloigner. Nosmund le regarda puis se mit à le suivre. Pourquoi ? Sur le coup il n'en savait rien. Plus tard, il se dit que c'était parce qu'il prétendait pouvoir le rendre fort. « Je dois pouvoir faire quelque chose de toi. » C'était ainsi qu'il interpréta cette phrase. L'enfant ce mit à le suivre dans les ténèbres, avide de puissance, afin d' un jour accomplir une vengeance abominable.


Le guerrier s'appelait Elzévir. Il avait créé Némésis Call quelques années auparavant. Il se rendait dans les champs de batailles, les villes en ruines et les endroits ayant été le théâtre d'un carnage pour y recruter des gens en quête de revanche. Nosmund n'en était qu'un parmi les autres, il avait dix ans à cette époque. Mais Elzévir se rendit très vite compte du potentiel incroyable du jeune homme lorsqu'il le vit grimper au sommet du château sans souci où se battre contre plus grand que lui pour un rien. Nosmund restait isolé, il refusait qu'on entre dans sa sphère où il pouvait méditer sa vengeance et se rappeler les jours de lumières auxquelles il s'accrochait tant. Le dérangé, s'était jeter un pavé dans la marre dans laquelle il voyait les reflets de ses jours heureux partit à jamais.

Elzévir voyait en lui un être ouvert aux ténèbres et prêt à les accepter. Il prit l'enfant sous son aile et se mit en tête de lui apprendre la magie. Il déclara que son nom n'était plus Nosmund mais « Nox ». C'était un élève studieux et sérieux. Chacune des années qui suivirent furent consacrées à l'apprentissage d'un des cinq piliers de la Magie des Assassins.

La première année : La Discrétion

Elzévir entraina Nox afin qu'il puisse approcher les gens sans qu'ils ne le remarquent. Il réussit à surprendre chacun des membres de la guilde. Il lui apprit également à voler à la tire et à échapper à des poursuivants. Il ne fallut pas longtemps pour qu'on l'appel « L'ombre ».

La deuxième année : La Dextérité

Nosmund du faire des exercices très pénibles pour devenir parfaitement souple, aiguiser ses réflexes et accomplir des acrobaties sans hésiter une seconde, même dans les pires conditions, que se soit sur des poteaux pas plus grands que sa main, au milieu d'une foule ou dans un bâtiment qui s'effondre. Il lui apprenait également à manier des lames en lui faisant maitriser chacune des articulations de chacun de ses doigts.

La troisième année : L'Intelligence

Elzévir lui fit lire des dizaines d'ouvrages sur toute sortent de sujets : Les plantes, les animaux, l'anatomie, la physique, la chimie, la psychologie, la théorie des armes… Il amassa une grande quantité de connaissances qui avaient toutes pour but de lui apprendre de nouvelles façons d'ôter la vie. Nox apprit également l'importance d'une bonne stratégie, à bâtir des plans solides et des échappatoires.

La quatrième année : Les Armes

Cette année là fut entièrement consacrée au combat. Elzévir appris à Nox comment utiliser les différentes armes de l'assassin. Nox appris par cœur chacune de leurs particularités et chacun de leur défauts. Il savait se servir de tout ce qu'on lui mettait entre les mains : Epée, Sabre, Rapière, Couteau, Dague, Aiguilles, Arbalètes, Sarbacanes, Lames Cachée, Fil, Shuriken, Kunai, Kusari-gama, Naginata, Lance, Hallebarde… Plus aucune arme n'avait de secret pour lui, même s'il ne pouvait se servir efficacement que des armes légères et rapides, un assassin ne pouvant se permettre une musculature imposante.

La cinquième année : La Magie

Ce n'est qu'à la dernière année qu'il apprit réellement à se servir de la magie et à lancer des sorts. Nox s'entraîna pour invoquer ses armes d'une simple pensée et à changer de style sans douter un seul instant. Elzévir ne put lui apprendre autant de choses qu'il l'aurait espéré car la magie des assassins est une magie à moitié oubliée. Ses plus grands secrets on disparut il y a longtemps. Reste qu'associer la magie aux capacités meurtrières de Nox le rendit déjà cent fois plus dangereux et implacable.

Toutes ces années, Nox resta refermé sur lui-même. Il ne quittait jamais le château sauf pour d'exceptionnelles séances d'entrainements. Il ne parlait jamais à personne. Il voulait être seul et au calme. Il ne voulait surtout pas qu'on le gêne dans sa quête de puissance. Tout ceux qui le dérangeait pendant son entraînement finissait les doigts brisés.

Les allées et venues des autres membres de la guilde ne l'intéressait pas le moins du monde. Le seul évènement qui attira un peu son attention fût l'arrivé d'Hidemi. Généralement, il se moquait des nouveaux venus mais quand on lui présenta la demoiselle et qu'il ne leva même pas les yeux vers elle, Hidemi forma une griffe de cristal qui se planta dans la table, près de son visage. Il finit par la regarder. Ses pensées étaient emplies d'ombres mais il ne pouvait pas ignorer sa grande beauté, ses cheveux noirs et son arrogance noble. Il se mit à la détester pour tout cela car elle lui rappelait trop sa mère.

Puis un jour, Elzévir vint le voir pour lui annoncer qu'il était temps pour lui de faire ses preuves, de devenir officiellement un assassin. Pour la première fois en cinq ans, Elzévir lui confia une mission. Nox devait se rendre dans une petite ville au nord du royaume pour voler un objet et tuer son propriétaire. Nox ne posa aucune question et partit sur le champ, au cœur de la nuit.


Ouf mon boulot est bientôt finit, je sortirais la suite bientôt