Note : Chapitre court mais essentiel, j'espère qu'il vous plaira !


Chapitre 20 : Transfert d'amour

- Vous n'auriez pas vu Tamao ?

Manta et Tokagerô relevèrent la tête vers Yoh et firent non de la tête. Le jeune homme s'inquiéta.

- Elle est partie cherché des mûres pour faire une tarte il y a plusieurs heures et personne ne l'a vue rentrer, commenta-t-il.

- Elle a dû se faire surprendre par la pluie, elle était partie en forêt, intervint Faust.

- Elle aura trouvé un abri quelque part et attend qu'il cesse de pleuvoir pour revenir, fit Tokagerô en haussant les épaules.

- Il faut partir à sa recherche, s'exclama Ryu en se levant. Il y a plein de shamans dangereux ou malintentionnés dans ce village, il a pu lui arriver quelque chose.

Amidamaru apparut, la mine grave.

- On se calme, claqua la voix d'Anna alors que la jeune fille entrait dans la pièce. Tout d'abord, où est-ce que ces deux bons à rien de fantômes sont encore passés ?

- Ils sont partis à la recherche de Tamao, répondit Yoh. Anna, tu crois qu'elle peut être chez mes parents ?

- C'est une possibilité. Et même si elle n'y est pas, ton grand-père est le plus apte à la retrouver. Debout, on y va.

Ryu ne se le fit pas répéter deux fois et bondit hors de la maison pour aller sauver la délicate Tamao. Manta le suivit, inquiet, précédé par Anna. Faust et Yoh fermaient la marche, plongés dans leurs pensées.

Il ne leur fallut pas longtemps pour atteindre l'endroit où logeait l'équipe de Mikihisa. Ce dernier était sorti avec ses deux protégés mais Keiko, Yohmei et Kino étaient en train de boire du thé.

- Bonjour, salua Yoh. Maman, tu n'aurais pas vu Tamao ?

Keiko le dévisagea avec une expression étrange sur le visage.

- Yoh ? demanda-t-elle, comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien de son fils.

Yoh allait s'étonner quand il comprit brusquement. A côté de lui, Anna venait de faire le même raisonnement et fronçait les sourcils. Lui garda un visage inexpressif.

- C'est vous qui avez procédé au transfert d'âme, l'accusa Anna.

Manta, Faust et Ryu sursautèrent, perplexes. Keiko cependant, loin de niée ou de paraître étonnée, baissa tristement la tête. Yohmei fixa Anna et Kino se leva.

- Oui, lâcha Keiko avant que sa mère n'ait pu dire quoique ce soit, c'est moi. Je me suis rendue auprès du vieux Sage des Forêts qui vit en Chine et je lui ai demandé de procéder au transfert.

- Votre propre fils, murmura Anna sans comprendre.

Yoh baissa la tête. Un pluriel aurait été plus juste, de son avis.

Keiko ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Kino prit la parole.

- Ca a été une décision difficile mais il fallait tenter le coup, exposa-t-elle.

- De faire abandonner Hao par le biais de Yoh ? Il aurait fallu nous en parler avant, s'énerva Anna.

Elle n'aimait pas être manipulée. Vraiment pas.

- Non, l'arrêta Kino.

- Hao est immortel, enchaîna gravement Yohmei. On le tue, il revient. Toujours plus fort. Pour le battre, il faut atteindre son âme. Il faut le changer, lui faire réviser ses points de vue. Pour que plus jamais une mère n'ait à apprendre que l'enfant qu'elle porte est un ancêtre maléfique revenu détruire l'humanité.

Keiko détourna les yeux et Kino hocha la tête pour approuver les paroles de son époux. Anna se tut. Il n'y avait rien à dire.

- Il faut aller chercher Tamao, dit-elle d'une voix atone avant de sortir en traînant Ryu, Faust et Manta derrière elle.

Il allait falloir leur expliquer, désormais.

Kino et Yohmei s'éclipsèrent discrètement, sentant comme l'avait perçu Anna que Yoh et Keiko désiraient discuter en tête à tête. Ils fermèrent soigneusement la porte derrière eux en partant. Quand il fut sûr qu'ils étaient seuls, Yoh s'autorisa enfin un mince sourire.

- Tes propres fils, pas vrai ? lança-t-il.

Keiko releva la tête vers lui, un sourire contrit sur le visage.

- Je suis content, tu sais, confia Yoh. Content que tu ais fait ce que tu as fait. Tu as bien fait de nous garder au secret également, on aurait perdu toute spontanéité sinon.

- C'est ce que j'ai pensé, acquiesça Keiko. Tu crois…

- Que ça a marché ? finit Yoh pour elle. Peut-être. Je ne sais pas. Entièrement sûrement pas, mais peut-être en partie. J'espère que ça s'est bien passé avec Manta et qu'il révisera son point de vue sur les humains mais… Enfin, je pense qu'il peut changer.

-Je le pense aussi.

La mère et le fils échangèrent un sourire complice.

- Je vais rejoindre Anna et les autres, fit doucement Yoh.

Keiko acquiesça. Yoh sortit.