Un shinobi est un lycéen comme les autres – 21
Erm... me tuez pas siouplait... Je déteste pas arriver à écrire au moins autant que vous, lecteurs, détestez attendre. (Je le sais, je suis une lectrice aussi)
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Les vacances de 'Noël' sont arrivées avant je ne m'en rende compte. Deux jours après qu'Iruka soit venu avec moi chez Rin, les seules conversations que l'on entendait à la sortie de cinq heures étaient des 'bonnes vacances', des 'et toi tu vas où?', des 'oui, je vais à New York pour les vacances'. D'accord, la dernière, je ne l'ai entendu qu'une seule fois, mais tout ce qui fusait d'autre était dans le même esprit.
Je savais qu'Iruka bossait au pub pendant les vacances, et Emily avec lui ; et qui dit Emily, dit forcément Izumo. Iruka avait laissé entendre qu'il s'accorderait une pause si, je cite 'Kotetsu arrive à emprunter le monospace de sa mère et qu'il y a assez de neige', ce qui laissait fortement sous-entendre une virée dans une des stations de ski les plus proches. Il avait promis de m'appeler si c'était le cas.
J'étais pas tout à fait sûr d'avoir une pause, moi. Les deux semaines et quelques loin des cours allaient être tout sauf deux semaines et quelques de répit pour nous - tout ce bazar avec Uchiha et cie et Otsuka-bastard sentait de plus en plus mauvais.
Si j'arrivais à voir Iruka une seule fois, je serais content.
Et puis, je ne savais pas vraiment où j'allais aller pendant les vacances - je veux dire, les deux dernières années, j'avais passé toutes les vacances chez Sensei ; la première année, c'était eux qui avaient gardé un oeil sur moi, et l'année dernière c'était moi qui avait gardé un oeil sur Naruto. J'avais plus envie de rester chez moi entre les tours au QG cette année. Ou peut-être que j'allais avoir assez de chance pour être assigné au service complet pendant toutes les vacances...
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La première couille des vacances m'est tombée sur le poil samedi.
Nan, pour être exact, ç'avait commencé vendredi soir, lorsque Sensei avait flat out refused que je passe les vacances en full service, en me disant que c'était pas 'sain'. J'ai protesté, mais ça n'a servit à rien - il a par contre accepté que je reste chez moi, à la condition express que je passe les fêtes avec eux. J'ai dit banco ; c'est pas vraiment comme si j'avais pu dire autre chose.
Samedi, j'ai fait la marmotte, jusqu'à ce que je finisse par me lever pour aller faire un tour du côté du QG -okay, Sensei m'avait demandé de venir, mais il m'avait pas donné d'heure ; j'avais par conséquent profité de ce flou juridique pour faire la grasse mat'. Mais dès que j'eus posé le pied dans la salle d'entraînement où le reste des personnes qui étaient sensées composer mon équipe se trouvaient, j'ai su qu'une couille allait me tomber dessus.
Ca n'a pas traîné. Sensei me demanda d'accompagner Genma le soir même - ou la nuit très tard, comme vous voulez - pour trouver un de nos indic/agent infiltré dans les sphères les plus obscures des bas-fonds konohans. Le seul tout petit problème, c'est que la réunion était dans un bar. Never trust Genma with anything alcohol-related. Je sentis confusément que j'allais grandement apprécier ma soirée...
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Je retournai chez moi à la fin de l'après-midi, après avoir passé plusieurs heures à éplucher les dossiers de tous les types avec qui Otsuka pouvait avoir quelques relations que ce soit, en tant de chefs de bandes, dealers, trafiquants divers - toute la faune sur laquelle nous avions des dossiers plus épais que mon bras mais qui s'étaient toujours débrouillés pour passer à travers nos filets. L'agent Reno Mattura - as known as Poil de Carotte - était passé en coup de vent également, apportant plusieurs enregistrements des caméras de sécurité autour du Département de la Sécurité intérieur et à l'extérieur du domicile de Uchiha.
J'avais eu le déplaisir de confirmer ses suspicions - deux des types qui avaient accompagné Otsuka étaient apparus sur les bandes, à des intervalles apparemment aléatoires, au Département et à l'hôtel particulier des Uchiha. On était tous en train de s'enfoncer jusqu'au cou dans un bourbier infernal... et il se pouvait bien qu'il n'y ait pas de fond. J'avais confusément espéré qu'une douche me permettrait de me sentir moins sale que l'impression que j'avais, mais ça n'avait pas vraiment aidé.
J'avais un nagging feeling, guère plus qu'une impression fugitive au fond de ma conscience, que les choses allaient mal tourner - et pas que parce que je babysittais Genma dans la soirée.
J'attendis que Genma passe me chercher dans la cuisine, en picorant un paquet de biscuits pas trop périmés. Un post-it supplémentaire trouva son chemin sur mon frigo désespérément blanc - un dessin de Naruto mis à part - , me notifiant qu'il fallait absolument que je pense à faire des courses dans un avenir proche si je voulais manger autre chose que les miettes au fond de mes placards. Genre, la prochaine fois que les magasins seraient ouverts. Comme lundi - lundi 23, veille de veille de Noël et rush infernal de l'année. Attendez... veille de veille de noël...?
... Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir trouver comme cadeau à Iruka?
Un son de pot en fin de course parvint du dehors, et lorsque je jetai un oeil par les fenêtres qui donnaient sur la rue, c'était bien la caisse de Genma qui m'attendais sous mon lampadaire-disco - comprenez un lampadaire qui clignote... Le temps d'attraper ma veste et de m'assurer une dernière fois que ma seule arme était à sa place et j'ouvrais la porte passager.
Genma me donna à peine le temps de m'assoire et de boucler ma ceinture qu'il m'avait déjà jeté un dossier sur les genoux et démarré. Le senbon cliquetait rageusement entre ses dents. Il n'avait pas sa tête des meilleurs jours, lui aussi.
J'ouvris le dossier. Un homme auquel je n'aurais pas su donner d'âge, et que j'étais à peu près sûr d'avoir oublié dans l'heure, me renvoya mon regard.
-C'est notre indic' - se fait appeler Yamato, mais t'as déjà dû en entendre parler sous le nom de Tenzou. Il gravite dans les couches qu'on peut pas atteindre, les bas des bas-fonds. Toujours lui qui fixe les rendez-vous - et c'est pas dans les coins les plus populaires.
Il s'arrêta à un stop.
-Sensei t'as dit pourquoi il t'a désigné volontaire au fait?
Il redémarra alors que je secouai la tête.
-Aoba était sensé venir avec moi au départ, mais sa copine est partie en catastrophe à l'hosto à midi, Aoba junior avait décidé de pointer son nez - il a dû y aller...
Je souris. Genma faisait semblant d'être mécontent, mais tout le monde au QG adorait les gosses, lui le premier. Vu nos pourcentages de perte suivant l'ancienneté sur le terrain, avoir un gosse, c'était vraiment tromper la mort. J'espérais sincèrement pour Aoba, sa copine et son gamin, qu'il déciderait d'arrêter le terrain.
Je fronçai soudainement les sourcils, me demandant pourquoi j'avais pas eu ce dossier plus tôt.
-Hey Gen', pourquoi j'ai pas eu ce dossier plus tôt? je lui demandai.
Son senbon cliqueta de plus belle, accrochant la lumière de l'éclairage public en brefs éclats rageurs.
-Morino pense qu'il y a une ou des taupes au sien du QG;... et Yondaime est d'accord avec lui.
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L'ambiance était bien plombée lorsqu'on sortit enfin de la voiture dans une rue pas très remarquable, et plutôt étroite. J'y remarquai les mecs trop balèzes pour être autour d'un brasero, le type faussement nonchalant appuyé non loin de la porte métallique vers laquelle Genma se dirigea. Je lui emboîtai le pas.
La musique qui résonnait dans le bar - car, oui,c'était un bar - était pas loin d'être inaudible tellement elle était forte, et il y avait une véritable marée humaine autour du comptoir. Il y avait quatre filles qui dansaient en rythme dessus, les bottes claquant sur le bois sur-usé, les boissons passant entre elles. Genma ramena deux bières, et il essaya de faire le tour - j'espérais que Yamato se ramènerait vite. Un signe de tête de Genma et on descendit un escalier pour aller dans l'arrière-salle.
Ladite arrière-salle était encore plus bruyante et plus crowded que le bar au-dessus. Il y avait une sorte de cage en grillage au milieu, éclairée par des projecteurs qui fumaient - la foule autour y était agrippée, criant, hurlant, sifflant.
Bienvenue dans l'arène.
-Gen', je fis, ma bière intouchée à la main, je croyais que tu détestais les 'fight-club'.
Il haussa les épaules en réponse, le nez dans sa canette, le regard faussement captivé par la cage; en fait observant tout, repérant, remarquant, cherchant. J'avais repéré les sorties moi aussi, les zones de couvert potentielles, les avantages et les inconvénients du terrain.
-Pas le choix.
On se rapprocha de la cage. Je fronçai le nez - ça sentait l'adrénaline, l'excitation, la sueur, le sang. Un des deux types en train de se mettre sur la gueule avait l'arcade sourcilière qui pissait le sang, et la lèvre fendue. L'autre en face était à moitié défiguré par une cicatrice de brûlure, et semblait prêt à démolir son adversaire à n'importe quel prix. La foule hurlait de plus belle à chaque coup, attendant le sang.
-Le Prince est plutôt en forme ce soir, vous ne croyez pas?
On se retourna au son de cette voix qui avait sonnée d'un peu trop près sans que je m'en rende compte à mon goût. Notre type était là - je l'aurai croisé dans la rue sans un second regard. Il était parfait pour l'infiltration.
On traversa plus ou moins la marée humaine à sa suite pour trouver une table coincée entre piliers métalliques et murs libre.
Yamato ne s'embarrassa de prologues inutiles, et entra directement dans le vif du sujet.
-Otsuka s'est allié aux branches mineures des Triades, et aurait conclu des accords avec les yakuza du centre - impossible d'avoir plus de précisions là-dessus. C'est lui qui est majoritaire dans les affaires maintenant, il n'y a plus que les européens pour lui tenir tête, mais ils n'ont pas l'air d'être prêts à mettre la ville à feu et à sang.
Il s'interrompit pour prendre une lampée de sa canette. La mienne était sur la table, toujours pleine. Je jetai un bref coup d'oeil autour de nous de l'oeil - personne ne semblait prêter attention à nous, mais on était jamais trop prudent. La foule hurla plus fort d'un coup, puis repris son volume normal.
-Et à propos d'Uchiha? demanda Genma.
La mâchoire de Yamato joua sous la peau.
-Impossible d'avoir quoi que ce soit - c'est Otsuka en personne qui s'en occuperait, d'après les rares rumeurs. Un truc est en train de se préparer, un gros truc. Y'a trop de gens qui se taisent pour que ce soit autre chose.
La foule hurla en triomphe - le type au visage brûlé assenait coup sur coup à son adversaire, lui démolissant la face, avant de le laisser tomber à terre, sous les hourras et les passages d'argent de main en main.
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Le QG ressemblait à une fourmilière dans laquelle un gamin aurait shooté. Même avec la menace insidieuse une ou plusieurs taupes dans nos services, on se préparait au pire.
N'allez pas croire que l'on sonnait le branle-bas de combat à chaque bout d'info sur laquelle on mettait la main. Les infos que Yamato nous avaient transmises quelques heures plus tôt avaient été la fameuse goutte d'eau en trop; tout s'additionnait et se recoupait de manière trop précise pour de simples coïncidences.
Toutes les équipes furent rappelées, et les effectifs en full services furent doublés. J'en étais, au grand déplaisir de Sensei. Il m'obligea à prendre la journée du 24 comme pause - mais la nuit de Noël serait passée sur le terrain.
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Le 24, une fois que je fus réveillé - pas très tôt, j'avais passé la nuit précédente en patrouille - je fis le chemin jusqu'au 'Ocean's Shore', le cadeau d'Iruka bien emballé dans mon sac. J'espérais que ça allait lui plaire, vu que j'avais un peu fait ça au hasard - c'était pas comme si j'avais pu demander conseil à qui que ce soit.
Je me serais mal vu demander à Zabuza ce qu'il allait offrir à Haku par exemple ; et puis pas sûr que les cadeaux d'Haku soient du genre à plaire à Iruka. J'aurais peut-être pu demander à Rin... mais j'avais guère eu le temps d'aller faire un tour pour la voir.
La rue du 'Ocean's Shore' était éclairée dans tous les sens, des guirlandes lumineuses ou des bougies presque à chaque fenêtre, des ombres de sapins derrière chaque rideau, des sapins d'un beau vert recouverts de neige le long des trottoirs. Noël prenait le sens d'une vraie fête dans ce quartier, et pas seulement d'une fête commerciale à grand renfort de publicité comme dans le reste de la ville. Il y avait même un type déguisé en Père Noël qui dirigeait une chorale. J'étais étonné par le nombre de personnes dehors, des gosses essayant de faire un bonhomme de neige potable sur le trottoir aux personnes emmitouflées porteuses de grands sacs en papier débordants.
Le 'Ocean's Shore' était plein, mais rien à voir avec la foule que j'avais expérimenté dans le bar underground samedi soir. Les gens ici semblaient heureux, leurs bières à la main, chantant de concert devant la rediffusion d'un match de rugby. Il y avait des gosses sur les genoux de leurs parents, le nez dans des chocolats fumants. Tout le monde semblait se connaître ici.
Je sais pas vraiment ce que je ressentais. De l'envie? de la jalousie?
Iruka était derrière le bar avec ses oncles, tous discutant avec les clients au comptoir. Je lui sourit lorsqu'il croisa mon regard. Il me rendit mon sourire, ses yeux s'éclairant, avant de glisser un mot à un de ses oncles - je crois que c'était Franck- et de me faire signe de le suivre vers les escaliers.
Ce n'est qu'une fois à son étage qu'il me coinça contre le mur avant de m'embrasser sans un mot d'avertissement. Fallait bien y répondre.
-Content de te voir, il finit par dire, le visage toujours à quelques centimètres du mien.
-Joyeux Noël, je répondis, le visage bouffé par mon sourire. Je t'ai manqué?
-Crétin...
-Tu veux ton cadeau ou pas?
Le sourcil levé qu'il m'adressa entre les mèches baladeuses était tout sauf innocent, tout comme son corps très très près du mien. Je me vis obligé de clarifier.
-Le cadeau en plus de... 'ça'.
Je me rendis soudain compte d'un machin vert qui pendait du plafond à quelques encablures de nos têtes.
-C'est quoi ça?
Iruka se tourna pour voir de quoi je parlais, puis rigola.
-C'est du gui... Alice prétend que ça porte bonheur mais c'est qu'une excuse... Faut s'embrasser sous le gui.
-... J'adore cette tradition soudainement.
J'avais même pas les mains sous son pull lorsqu'un cri nous fit lever la tête de surprise.
-Oh. My. Gooood!
C'était Emily qui descendait des escaliers, un carton de décorations dans les bras, toujours aussi vampiresque, et les yeux très ronds. Elle reprit avant que l'on ait le temps de faire quoi que ce soit.
-Pitié les garçons, faites pas ça dans le couloir, je vais finir par vouloir vous suivre partout avec un appareil photo...
Je m'immobilisai assez brutalement, essayant de voir ce qu'un appareil photo foutait dans la... phrase... Iruka était mort de rire avant que j'ai fini de cogiter.
-Joyeux Noël quand même Kakashi! Elle fit, en nous tournant le dos.
Iruka était toujours écroulé.
-Désolé... Bon, si on allait voir les... cadeaux... en privé.
Je ne pus m'empêcher de secouer la tête.
-Celui qui tombe dans le piège de tes grands yeux innocents à la Candy est vraiment mal barré.
-... Des yeux à la Candy? C'était une insulte ou un compliment?
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J'avais la patate en arrivant au QG ce soir-là.
La bonne humeur fut de courte durée.
Les hommes en services furent tous déployés à minuit quinze. L'équipe infernale en était.
La zone de troubles était facilement repérable; des toits où l'on était dès notre sortie, on pouvait déjà voir la fumée et les flammes. Les sirènes hurlantes et autres gyrophares n'étaient là que pour le décorum.
A deux blocs de notre objectif, deux des équipes se dispatchèrent pour créer un cordon de surveillance directement lié au QG. Personne ne bougerait dans notre périmètre d'action sans qu'on ne le sache immédiatement.
Des détonations qui collaient sons pour sons à des explosions de bonbonnes de gaz résonnèrent. Je sentis plus qu'autre chose Raidou se braquer, et d'un signe de tête, je lui intimai de partir avec Kodia et la moitié de son équipe pour arriver de l'autre côté de notre objectif.
Genma, Zabuza et moi, on se percha plus haut.
L'objectif était l'hôtel particulier des Uchiha, réduit à l'état de torche.
Les pompiers étaient déjà là, mais ne semblaient pas pouvoir faire autre chose qu'empêcher le feu de se propager. Les flics étaient là aussi, en train de contenir les journalistes déjà sur place comme autant de vautours autour d'un agonisant. Je vis Uchiha père, avec sa femme, le visage totalement impassible, droit comme des piquets sous le regard affamé des caméras qui tournaient - ils avaient l'air de sortir tout droit d'une réception. Itachi était là aussi, avec Anko - deux flics l'empêchaient de se ruer dans l'immeuble en flamme. Il criait et se débattait - "Lâchez-moi! Mon frère est là-dedans! Lâchez-moi!".
Tout cela, je le vis en un clin d'oeil derrière le masque.
Mon oreillette crachait ses info - personnes étrangères repérées, feu criminel, personnes à l'intérieur, interception en cours, attention. J'avais arrêté d'écouter à "personnes à l'intérieur", le regard braqué sur le bâtiment. Les mouvements des flammes me révélèrent la présence d'au moins trois personnes à l'intérieur - dont deux qui puaient le chakra. L'autre était un gosse.
J'avais fait signe à mes coéquipiers que j'avais repéré des survivants et j'étais parti avant qu'ils ne puissent faire le moindre mouvement pour m'en empêcher.
Mon oreillette gueula.
J'atterris par une fenêtre qui avait explosé sous la chaleur, à l'étage où j'avais vu les personnes.
J'eus l'impression de plonger en enfer. Avant que je puisse faire quoi que ce soit, j'évitai un coup venu de nulle part. Le suivant était déjà sur moi, et je le rendis, les deux yeux grand ouverts.
Une poutre de feu nous sépara, effleurant mon bras droit. J'avais déjà le souffle court - nos masques n'offraient qu'une protection relative et limitée, et il me semblait qu'il était en train de me fondre sur la gueule.
Le coup d'après me flanqua à terre et je le rendis à l'aveuglette. Le ronflement des flammes oblitérait tout autre bruit.
Une explosion couvrit soudainement le bruit des flammes d'un peu trop près. Je sentis quelque chose m'atterrir dessus, mais la chaleur était en train de me griller les sensations. Celui qui m'avait fichu à terre me lâcha brutalement. Impossible de les voir après.
Je vis un chemin dans les flammes. Le gosse était plus loin, à terre, immobile. Je l'attrapai rapidement, lui collant le visage contre ma poitrine - je ne pouvais rien faire de plus pour le protéger.
Il fallait que je sorte. L'uniforme n'avait qu'une résistance à la chaleur et au feu limité - pareil pour le masque. Je n'y voyait déjà plus grand chose.
Il n'y avait que des murs de feu autour de nous. Les flammes coupaient toute retraite. Je cherchai frénétiquement une issue, mon oeil tournant en tous sens.
Une fenêtre. Rien qu'un trou béant d'où se vomissait des flammes, mais une fenêtre quand même. Je sautai.
L'atterrissage fut rude - je protégeai le gosse du mieux que je pouvais, prenant la majeure partie du choc.
Et puis... ça passa comme au ralenti.
Une équipe médicale des pompiers était là, à s'occuper du gosse. Je sentais vaguement la chaleur qui me dévorait le bras - bizarre, le bras droit... dans mon rêve c'était le gauche...
Le masque me brûlait aussi - les lanières s'étaient rétractées sous la chaleur, et avaient craqué sous les chocs répétés. J'étais en train de tousser à m'en arracher la gorge pour essayer de respirer. Le plus simple aurait été d'ôter le masque, mais... ma main ne voulait pas coopérer.
J'avais dû me casser quelque chose. L'air avait de plus en plus de mal à passer. J'avais la tête qui tournait. Le masque me fut arraché. Ca aida pas - l'air ne voulait plus passer, dans un sens comme dans l'autre.
-...épond-moi, Hound! Reprend tes esprits, t'endors surtout pas! Qu'est-ce que vous foutez bordel, j'ai besoin d'une équipe MAINTENANT!
Zabuza? Hound... on utilisait jamais ces noms de codes, seulement si on avait besoin de s'appeler devant des tiers... pourquoi il l'utilisait maintenant?
... Merde...
J'eus un bref sursaut de conscience - asphyxie mon vieux, t'en tiens une couche, et ce froid ça veut dire que t'es en train de perdre du sang en plus de perdre toute ton eau à cause des brûlures - et puis après...
... rien.
OoOoOoOoOoO Fin 21eme chapitre OoOoOoOoOo
Emily et l'appareil photo : dédicace à toutes les fangirls que nous sommes.
