Nouvelle sorte d'aura identifiée
Alchimistes : auras à priori normale, si ce n'est qu'une main translucide est posée sur leurs épaules. À la différence des Sorciers, les Alchimistes sont plus puissants, puisqu'ils utilisent une forme de magie sans même avoir à lancer de sort!
Oyé oyé!
Présence dans ce chapitre de OC de FMA Brotherhood qui sont en fait la nouvelle génération Elric selon mon point de vue d'auteur. Lisez et vous verrez par vous-mêmes! :D
Chapitre XXI : Esclave d'une nuit
- Silence, bordel!
J'essayai de faire régner une ambiance propice à la discussion dans la Salle des trophées. Il était près de six heures du soir et presque tous mes alliés étaient arrivés (les retardataires n'étaient nuls autres que Gon et Armin). Le reste blablatait en criant sur tous les toits; heureusement que j'avais formulé un sort empêchant tout bruit de se faire entendre hors de la pièce, car Reiner et Touka semblaient être en plein débat d'opinion et leurs voix me donnaient mal au crâne. Je constatai, ennuyé au plus haut point, que mon lendemain de veille ne semblait pas vouloir s'en aller.
Je les laissai à leurs occupations pour aller ouvrir la porte à de nouveaux arrivants. Moi qui m'attendais avec l'estomac noué à affronter un Gon furibond, je tombai nez à nez avec Mikasa. Je m'étouffai dans ma propre salive avant de lui demander :
- Euh… oui?
Armin et Eren apparurent alors dans l'embrasure de la porte. Le deuxième curieux, m'étais-je dit avec une moue désapprobatrice, je ne me rappelais pas l'avoir invité…
- Eren et moi souhaitons rejoindre le clan des rebelles. Nous serions de loyaux alliés, c'est promis.
Mikasa était connue comme une humaine puissante en terme de duel, alors ça ne poserait pas de problème aux autres de l'avoir dans notre camp. Eren, dans son cas…Eren n'était qu'un monstre imprévisible et homophobe : une vraie bombe à retardement!
«Et qu'en est-il d'Eren, Kirua? Je t'avais pourtant dit de laisser ta haine derrière toi…»
Je soupirai en réentendant la voix de Gon dans ma tête. Je devais refouler la colère qu'il ne méritait supposément pas de recevoir. Après tout, il n'était pas le seul humain capable de se changer en titan dans le lot! Grâce à un effort surhumain, je réussis à dire, un peu sèchement tout de même :
- Entrez, mais faites-vous discrets.
Maintenant qu'il ne restait plus que Gon, j'attendais son arrivée avec impatience. Sinon, je n'allais pas avoir le choix de commencer la réunion sans lui, et sans sa présence médiatrice, je ne savais pas si j'allais réussir à endurer Eren bien longtemps, surtout s'il se mettait à dire des conneries…
Quelques minutes plus tard, on toqua à la porte de la Salle des Trophées. J'allai ouvrir pressement, certain de tomber sur Gon une bonne fois pour toute, mais à mon grand dam, ce ne fut que Selim Bradley.
- Qu'est-ce que…
Il ne me laissa pas le temps de dire quoi que ce soit; ce petit en quatrième année entra avec trois de ses amis sur les talons. L'un d'eux, qui me paraissait plus vieux, referma la porte, tandis que les voix s'estompèrent peu à peu à leur arrivée. Je passai en revue leurs auras et remarquai, tout en blêmissant, qu'ils étaient tous (en excluant Selim) des Alchmistes. Cela signifiait qu'ils venaient eux aussi d'une époque lointaine à cause du Retourneur de Temps…
Nous offrant son sourire du dimanche, Selim entama :
- Nous désirons la rejoindre la ligue des justiciers!
Des visages hargneux se tournèrent vers moi, attendant que je ne les renvois, mais je fis plutôt l'inverse :
- En quoi pouvez-vous nous être utile?
Le jeune Serpentard affirma :
- Nous faisons office de pont entre le monde Sorcier et le monde Moldu; les informations majeures passent toujours par nous, puisque nous faisons partie du Club de journalisme : nous filtrons les nouvelles des journaux, mais aussi les informations qui passent, comme on dit, en-dessous de la table…
Ce gamin s'accapara de toute mon attention. D'abord, ce groupe possédait des pouvoirs pouvant nous aider à détruire nos ennemis. En plus, si lui et ses amis pouvaient nous dire ce qui se passait chez les Moldus, ils étaient les bienvenues parmi nous.
Je détaillai d'ailleurs les autres personnages; un Gryffondor blond aux yeux bleus, de taille moyenne, se présenta sous le nom de Theo Elric. Il était en terminal. Sa présentation fut suivie d'une Serdaigle, sa sœur, qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau :
- Nina Elric, en 6ème année. Et voici notre cousin, Maes Elric.
Elle désigna un Poufsouffle qui ne devait pas être plus vieux qu'une douzaine d'année. Le gamin avait des cheveux lisses et noirs qui faisaient ressortir ses yeux d'or. Il partageait quand même les mêmes traits de visage que ces cousins.
Je glissai un regard à mes alliés, souhaitant connaitre leur opinion. Touka, Annie, Bert et Reiner semblaient sur leurs gardes, tandis que Kaneki, Armin, Mikasa, Eren et Zushi paraissaient indifférents. Je pris la décision de les laisser se justifier :
- Je vous donne cinq minutes pour nous dire ce que vous savez.
Selim ne se fit pas prier pour entamer un long monologue sur ce qu'ils avaient appris. En résumé, le monde tel que nous le connaissions était à un cheveu de sombrer. Toutes les nouvelles recueillies dans La Gazette n'étaient que le commencement d'une foule de problèmes semblables. En gros, les goules avaient bien plus d'impact que les Sorciers ne le laissaient entendre; ils étaient en train d'envahir toute l'humanité! Les seuls endroits qui n'avaient pas été touchés par les goules étaient ceux du monde Sorcier, tel que le Chemin de Traverse.
Kaneki et Touka en étaient déjà informés; c'était la raison pour laquelle ils avaient voulu recommencer leur vie à zéro en s'excluant de cette communauté à laquelle ils ne s'identifiaient pas… une communauté de monstres sanguinaires, comme Tsukiyama.
Ce devait être la véritable raison pour laquelle Leorio, Kurapika et les autres n'avaient pas encore répondu à ma lettre; ils devaient être pris par leur devoir. En poussant cette théorie encore plus loin, je comprenais mieux pourquoi eux et Wing avaient voulu nous inscrire à Poudlard avec Zushi. Ils savaient pertinemment que Gon et moi aurions voulu nous bagarrer et cela leur aurait causé du fil à retorde de nous avoir dans les pattes.
Certes, je leur en voulais un peu de ne pas nous avoir informés de ce qui se tramait autour du globe, mais en même temps, c'était compréhensif. De plus, ils souhaitaient seulement que nous soyons en sécurité.
En sécurité. Les goules avaient déjà percés la protection magique de Poudlard… ce n'est pas ce que j'appelais être en sûreté! Toutefois, notre situation semblait bien moins chaotique qu'à l'extérieur.
Selon Selim, l'envahissement de cette espèce était concentré en Asie, mais plus particulièrement au Japon, ce qui expliquait pourquoi les parents de Tamaki et du reste des Hôtes, qui étaient originaires de familles richissimes japonaises, avaient envoyé leurs petits protégés dans un institut classé comme à la fine pointe de la protection. Il en était de même avec Momoi et les joueurs de quidditch qui provenaient de ce pays et qui, grâce à des bourses d'étude en sport, avaient pu être admis à Poudlard. Plus loin ils se trouvaient de leur pays natal, le mieux c'était pour eux.
Ce quatuor nous avait réduit au silence total et nous avait évidemment convaincu de retenir leur candidature. J'avais demandé à Selim comment il avait appris notre existence, les rebelles voulant se débarrasser des Exterminateurs, ce par quoi il m'avait répondu qu'il possédait lui-même des dons puissants qui pourraient nous être utiles. Encore une fois, j'évitai de sonder son aura… J'avais franchement peur d'y trouver une autre sorte de créature qui m'était inconnue. Par contre, tôt ou tard, il faudrait que je m'en informe. Mon petit doigt me disait qu'il n'était pas un Alchimiste comme ses copains ou Mustang, mais qu'il n'était pas totalement humain non plus…
En parlant de cela, je me tournai vers mes alliés et les inspectai rapidement. Si je voulais que notre accord tienne, il fallait tous avouer qui nous étions à la base. Se cacher des choses ne rendrait pas notre collaboration plus facile, au contraire; se mentir en pleine face en se disant humain n'arrangerait rien. J'enchaînai donc :
- Je suis Kirua Zoldik, un Serpentard issus de deux parents Moldus. Je suis un humain ayant la capacité d'utiliser le Nen; une forme de magie me permettant d'utiliser l'électricité à ma guise.
Évidemment, le fait de me dire humain n'attisait pas la haine dans le cœur des gens, c'était donc plus simple pour moi de leur faire cette confession. Je doutais que cela serait aussi facile à avouer pour Kaneki ou Annie, eux qui étaient tous sauf humains. Voyant que personne ne parlait, je leur lançai l'ultimatum suivant :
- C'est maintenant à votre tour. Si vous ne voulez pas dire ce que vous êtes, veuillez immédiatement quitter cette pièce; nous ne pourrions pas vous faire confiance si vous refusez d'admettre votre propre statut.
Figée, l'auditoire se lança des regards anxieux. Il y eut un long silence avant que Zushi ne me sorte de l'embarras :
- Je suis Zushi, un Poufouffle issus moi aussi de famille Moldue. Pour ma part, grâce au Nen, je peux rendre mon corps quasi-indestructible.
Il se rassit alors, et sa nonchalance en fit rire quelques-uns. Dès lors, ce qui me surprit, ce fut à Bert de se lever. Il expliqua ce que lui, Annie et Reiner étaient. Il ajouta même qu'Ymir, dans ma maison, était aussi l'une des leurs, tout comme Eren. Donc, les humains capables de se changer en titans étaient ces cinq-là à Poudlard.
- Mais c'est insensé!, objecta Theo Elric à l'arrière. Comment avez-vous pu être admis avec de telles capacités?
- Ils n'ont rien remarqué d'anormal chez nous, faut croire, supposa Reiner. Et vous, le Club de journalisme, vous êtes quoi?
- Des Alchimistes : des Sorciers venus de très loin pour régler les conflits à Poudlard. Nous disposons chacun d'une réserve magique en nous qui nous permet d'user de la sorcellerie sans avoir besoin de baguette!
La séance se poursuivit ainsi dans le respect et les confidences. Je leur expliquai ce que je savais sur les Exterminateurs et je leur fis part de mes craintes envers Tsukiyama et Hisoka. De l'autre côté, l'assemblée avait été choquée d'apprendre que Touka et Kaneki étaient eux aussi des goules, mais rassurée en sachant qu'ils étaient capables d'identifier leurs semblables. Les liens de confiance se tissaient à vue d'œil entre nous. Si tout se passait comme sur des roulettes, nous pourrions même bientôt commencer notre chasse aux Exterminateurs. Cependant, mon petit doigt me disait que Selim avait mentit en se disant complètement humain… J'allais devoir vérifier la chose une prochaine fois.
Et alors que je pensais notre discussion secrète, une voix me fit dresser le poil sur mes bras :
- On m'exclue des réunions, maintenant?
Neferupitou, grâce à ses capacités de fantôme, venait d'apparaitre ici en passant à-travers un mur. Pour ceux qui n'en avaient jamais vu, ils sursautèrent en la voyant faire, alors qu'elle s'approcha de moi, un sourire taquin sur le visage.
- Ah oui, je t'avais complètement oublié. Voici une autre de nos alliés, Neferupitou, la présentai-je alors au groupe. C'est mon meilleur ami qui l'a tué.
Ma dernière déclaration, constatai-je, avait peut-être été de trop. Quoi qu'il en soit, je lui glissai de ne jamais, au grand jamais, venir ici si Gon était dans les parages, ce qu'elle me jura sur Meruem-sama. Pour cela, je la crus.
Les discussions s'estompèrent petit à petit et je compris que Gon n'allait tout simplement pas venir. Avant notre départ, nous avions établi la règle de se fixer des rendez-vous pour voir nos avancements et se donner des informations recueillies au courant de la semaine. La réunion des rebelles se conclut finalement, puis nous quittâmes la pièce.
Je passai le reste du samedi emmitouflé dans une couverture de laine, le moral à plat. Je n'avais pas réussi à trouver Gon pour arranger les choses. Donc, pour me changer les idées, je passai ma soirée à jouer aux échecs avec Mori-senpai, à aider Haruhi à coudre des pièces de vêtements et à faire quelques devoirs avec Momoi et Jean. Sakurai, pour sa part, resta cloîtré dans sa chambre toute la fin de semaine, encore trop malade pour remuer le petit orteil.
La nuit passa, mais le repos ne vint pas. J'étais condamné à laisser mon esprit errer à des stupidités qui n'étaient pas dignes de voler des miettes de mon sommeil. Je fus interrompu dans mon raisonnement platonique par l'ouverture de la porte de ma chambre. De qui cela pouvait-il bien s'agir à cette heure de la nuit?
- Zoldik, réveille-toi!
Ce chuchotement grave sans trop l'être me tira bel et bien de mes rêveries. Tout en enfilant les pantoufles de lapins roses que m'avait offert Honey-senpai en souvenir de l'initiation, je sortis de la pièce en prenant soin de ne pas réveiller Imayoshi et Makoto, puis tombai nez à nez avec Ymir.
- Pas trop tôt!, lui dis-je. Je savais que tu allais venir me voir…
- Comment ça, tu savais?!
Son ton était acerbe et cela ne m'étonnait pas; elle croyait peut-être encore que sa copine Historia l'avait trompé avec moi. Je refermai la porte de la chambre et lui expliqua que notre bras de fer lors de l'initiation devait lui avoir mis la puce à l'oreille que j'étais plus fort qu'un simple humain.
- C'est exactement la raison pour laquelle je suis ici. Je me considère moi-même comme étant invincible à ce genre de jeu…Et voilà que tu m'as battu.
- Ymir, où veux-tu en venir?
Sa mâchoire se serra et elle m'agrippa par mon collet, me soulevant de terre comme j'aurais pu le faire moi aussi. Cette démonstration de force m'impressionna.
- Je veux m'assurer que tu ne représentes pas une menace pour quiconque ici…Que tu es un humain!
Fatigué de l'entendre radoter, je vérifiai son aura, et presque sans surprise, je réalisai qu'elle était un humain capable de se changer en titan, exactement comme l'avait spécifié Bert dans la Salle des trophées. Je me dégageai de son emprise et tentai de contrôler mes paroles :
- Oui, j'en suis un. Et non, je ne risque pas de m'en prendre à ta douce Gryffondor… Elle n'est pas du tout mon genre, crois-moi!
Elle sembla à la fois rassurée et sceptique; drôle de mélange. Puis, un sourire sarcastique étira ses lèvres. Je ne savais plus sur quelle émotion me concentrer.
- C'est bien ce que je pensais. Tu es dans la même équipe que Marco et moi, c'est ça?
- Une équipe? Mais de quoi tu parles?
Elle me lança un drôle de regard, l'air de dire ''arrête de te ficher de moi''. Je ne comprenais pas davantage ce à quoi elle faisait référence.
Puis, une ampoule s'alluma au-dessus de ma tête et mon visage prit feu sans crier care. Eh merde…
- N-Non! Je n'aime pas… Je n'ai pas d'attirances pour les filles…Euh, les garçons, je veux dire…
Même ta langue te joue des tours… Les lapsus sont très révélateurs.
- Bah, si tu le dis…
Elle ne sembla pas convaincue pour deux sous; j'en avais marre de me faire prendre pour un homosexuel! Je ne comptais plus le nombre de personne qui l'avait sous-entendu, d'ailleurs… Kise, Jean, Haruhi, puis maintenant Ymir? C'était une blague, pas vrai? Matais-je des garçons à mon insu? Avais-je, collé sur le dos, le drapeau de la fierté gay chaque jour pour qu'on m'identifie comme tel?!
- L-Laisse tomber!, éclatai-je pour dissiper mon malaise. Je dois aller dormir, de toute façon…
Elle me glissa un sourire cynique et eut l'air de se retenir pour ne pas me passer une autre remarque du même genre. Je le jure : si Ymir était un garçon, je lui aurais certainement éclaté les couilles d'un coup de genou.
J'avais repris toutes mes forces le dimanche matin et je commençai mes travaux d'équipe en force. Je n'avais pas de temps à perdre ce jour-là; je devais présenter des excuses honnêtes à Riko et Junpei, mais surtout à Gon, une fois de plus. Une fois de trop, devrais-je dire. Celui-ci occupait toutes mes pensées, comme d'habitude.
Une fois mes devoirs complétés, je quittai ma Salle commune en trombe, dévalai les escaliers et cherchai précipitamment les trois Gryffondors à la Grande Salle. Je remarquai que Riko et Junpei étaient assis aux extrémités de la table, éloignés le plus possible l'un de l'autre. En revanche, Gon avait sûrement déjà terminé de déjeuner, car je ne le vis pas là-bas.
J'approchai d'abord la fille du lot, m'attendant à ce qu'elle soit plus facile à persuader que j'étais passé du bon côté de la force, mais je frappai immédiatement un mur : Riko me fit un doigt d'honneur mémorable, puis quitta le hall. Je reçus des vilaines remarques des lions suite à cet échange, mais je n'en tenus guère compte. Ravalant ma fierté, j'allai à la rencontre de Junpei et ne reçus pas un meilleur accueil de sa part : il se leva tranquillement, puis m'asséna tout à coup un coup de poing fulgurant dans les côtes, tout en criant :
- C'est tout ce que tu mérites, espèce de con!
Notant que son attaque n'avait eu aucun effet sur ma personne, les rires des lions se turent, Junpei parut secoué et je repris poliment :
- Oui, je sais, j'ai agi en salopard. Tu as tout à fait raison de vouloir t'en prendre à moi. J'étais venu pour m'excuser… Je constate que ça ne changera pas grand-chose, finalement.
La Salle au complet se fit silencieuse et parut surprise face à ma réponse réfléchie et mature. Ne désirant pas envenimer les choses, je poursuivis :
- Voilà ce que je te propose : je nous inscrirai à la Salle d'Affrontements et te laisserai l'opportunité de me péter la gueule bien comme il faut… Après tout, je le mérite.
Pour appuyer mes dires, je lançai ma baguette à ses pieds, histoire de lui faire comprendre qu'il pouvait se venger n'importe quand. Estomaqué, il bafouilla :
- Non, je… Je ne suis pas ce genre de mec! Mais d'un autre côté, je ne te cacherai pas que tu m'as assez fait chier…
J'avais perçu la douleur dans sa voix. Je déglutis, sentant une boule de culpabilité se former dans ma gorge. Voilà ce que j'aurais dû ressentir dès le départ en ayant l'idée de briser un couple pour rendre un autre, ici étant mon meilleur ami, jaloux.
- D'habitude, mes coups de poings sont plus forts…
Cette phrase étampa quelques sourires dans les visages environnants. Junpei me rendit ma baguette et me fit ensuite un signe de quitter la Salle. Une fois à l'extérieur, nous nous mîmes à discuter plus sereinement, loin des oreilles indiscrètes.
- Tu n'as pas à t'en vouloir… C'est moi le salaud, dans cette histoire. Ça m'apprendra à ne pas me mêler de ce qui me regarde!
- Mais si tu t'en veux autant, Zoldik, pourquoi avoir eu l'idée de la séduire? Je saisis qu'au Club vous avez des ratios de filles à remplir, mais savoir que l'un de vous s'en prend à Riko, ça ne m'est pas concevable…
- Pour être honnête, je suis très confus ces temps-ci…Je ne sais pas ce qui m'a pris, ce n'est pas le genre de personnes qui m'attire, en plus.
Junpei fronça les sourcils. Je ne devais pas être assez clair, mais au moins, j'étais franc.
Ce n'est pas le genre de personnes qui t'attire, en effet…
- Je… Ce n'est pas de la faute à Riko, d'accord? Elle ne t'aurait jamais joué dans le dos, crois-moi; ça se voyait à la façon dont elle parlait de toi. Elle t'aime réellement, et je suis une merde d'avoir inséré le doute entre vous deux.
Il sembla se détendre et regarda au loin, comme perdu dans ses pensées. Au fond, il savait que je disais la vérité. C'était la moindre des choses d'essayer de réparer ce que j'avais détruit. Alors que Junpei me quitta, je me sentis plus léger. Je devais maintenant me préparer à affronter Gon et les tumultes qui suivront notre échange à venir…
Puis, je sentis une aura familière dans mon dos. Rien d'inquiétant, cependant; une belle aura, douce, mais forte. Je pouvais la reconnaître entre mille.
- Tu t'es bien débrouillé, Kirua.
- Tu m'épies maintenant, Gon?, lui fis-je remarquer sur un ton de rigolade.
- Je suis sérieux, insista-t-il en me prenant par l'épaule et en me forçant à le regarder dans les yeux. Je t'aurais pas cru capable de gérer tout ça…
Un sourire incroyable étira alors ses lèvres et je fus transporté sur un petit nuage durant quelques secondes; il s'agissait là d'un vrai, enfin. Il m'avait suivi pour savoir comment j'allais régler le conflit… Il n'avait pas froid aux yeux, celui-là!
- Je suis fier de dire que tu es mon meilleur ami!
Mes pommettes se mirent à chauffer et je me fis soudainement silencieux. Gon avait le tour avec les mots et il me faisait souvent perdre mes moyens grâce à ce talent.
- Y-Yosh! J'ai fait ça pour toi…
Après avoir dit cela, je m'étais mordu la langue en attendant la suite. J'avais un peu l'impression d'avoir gaffé en précisant qu'il avait été l'objet de ma motivation…
- Ça me fait chaud au cœur de le savoir, Kirua.
Je fus soulagé de l'entendre, et même que je sentis un je-ne-sais-quoi étrange se produire dans mon ventre à cet instant. Ne sachant quoi répondre, je me laissais tirer par la manche vers une destination inconnue. Gon désirait m'emmener dans la Forêt interdite près du Lac noire, disait-il.
Une fois là-bas, le vent me joua dans les cheveux tandis que Gon s'était trouvé un coin confortable, assis sur une grosse pierre face à l'eau. La brise était fraîche et le ciel un peu grisâtre, ce jour-là, semblait être sur le point de pleurer. Le silence détendu entre nous ne nous gênait pas, au contraire… Parfois, nous avions justement besoin de la présence de l'autre sans nécessairement avoir quelque chose à raconter.
C'est l'image la plus paisible que je conserve de nous deux.
De toute façon, il y avait à la fois trop de choses et pas assez à se dire… Les derniers événements de la semaine, comme le duel contre Mikasa, mon déguisement de reine au Club ou encore mes agissements avec Riko, étaient des erreurs à ne plus commettre. J'avais compris que je devais, à l'avenir, tout raconter à Gon avant qu'il ne l'apprenne d'un moyen externe. Il me l'avait clairement fait comprendre lorsque l'on s'était croisé, à la fin de mon initiation.
- Gon, tu n'es pas venu, hier, à la Salle des trophées.
- Bien vu…
Il avait manqué la réunion par exprès, je le savais, mais je devais en connaitre la raison.
- Est-ce que c'est parce que je t'ai... caché des choses?
Disons que je ne lui avais pas vraiment dit faire partie du Club d'Hôtes ou d'avoir été sélectionné pour un second combat à la Salle d'Affrontements. En tant que meilleur ami, ça aurait dû être le premier informé. Mon pouls devenait de plus en plus intense quand il opina du chef, un air déçu sur les traits.
- Me pardonneras-tu?
Mes pensées voulaient sortir d'elles-mêmes pour s'exprimer, mais je ne les laissais pas faire. Je devais me contrôler… Je ne devais pas lui dire que s'il ne me pardonnait pas, j'allais avoir des idées noires toute ma vie. Il prendrait peur et me quitterait… comme tous les autres à qui j'avais autrefois ouvert mon cœur.
- Je… C'est difficile à dire, Kirua. Tu es… Tu sembles tellement distant, ces temps-ci. Parfois, je…
Il abaissa la tête et j'étais retenu pour ne pas… Pour ne pas lui dire que j'avais si peur de le perdre ou que je mettrais ma vie en jeu pour le rendre heureux à nouveau.
C'est un bon début.
- Parfois, j'ai l'impression de ne plus te suffire.
À qui le dis-tu!
- Je… Je ferais tout pour me racheter, Gon! Tout! Tu n'as qu'à demander, et tu l'auras…
Ses épaules se soulevèrent et s'abaissèrent; il riait en silence. Avais-je dit quelque chose de drôle?
- Tu ne peux pas me donner tout ce que je veux, Kirua…
- Bien sûr!
- Oh que non…
Il tourna sa tête vers moi et je cernai une forme espiègle, une cachotterie, dissimulée dans ses yeux. J'étais si désorienté… Depuis quand Gon usait de ce regard malin?
Que cherches-tu à me dire, Gon?
- Pourquoi doutes-tu de ma parole?
Il rigola encore et, énervé de ne pas me faire prendre au sérieux, je fis deux pas de géant pour m'approcher, me planta devant lui et me mis à sa hauteur.
- J'ai dit que je ferai tout, compris?
J'étais si près de son visage que je vis les muscles de sa mâchoire se contracter. À cette distance, son odeur naturelle me fit flancher et je m'efforçais de ne pas me laisser embobiner par ce désir étrange de me rapprocher de son cou découvert.
Puis, sans prévenir, il me lança :
- Dors avec moi, ce soir.
Nous étions aussi étonnés l'un que l'autre; Gon était connu pour être impulsif et parler sans réfléchir, mais là… C'était une demande très imprévisible! Tranquillement, la couleur pivoine s'installa nos joues.
- Je… Euh…
J'aurais pu interpréter ses dires d'une façon perverse… En fait, c'était pile ce que je fis. Quant à Gon, il se racla la gorge, se releva de la pierre tout en se reprenant :
- Ce que je veux dire, c'est que tu peux venir dormir dans mon dortoir, cette nuit. Regarde ce que j'ai trouvé!
Il me brandit une couverture brunâtre que je fixai sans vraiment comprendre le lien avec la précédente situation. J'étais encore bien trop ébranlé par sa proposition pour pouvoir établir un rapport entre ces deux choses.
- C'est un objet magique… Une cape d'invisibilité!
Voilà l'explication manquante; j'allais ainsi pouvoir me faufiler chez les rouges et ors ni vu ni connu. Savoir que Gon avait pensé à moi pour une soirée pyjama me faisait un bien fou et me rassurait quant au sujet délicat de notre relation de ces derniers temps… J'avais déjà très hâte à cette soirée.
- Je suis partant, Gon!
Il était près de dix heures du soir et nous espérions passer inaperçus dans les couloirs de l'école. Pour ma part, j'étais dissimulé sous la cape d'invisibilité… Seul Gon était conscient de ma présence et me guidait vers son dortoir.
- Fais-toi discret, Kirua… Il n'y a pas eu d'intrus à Gryffondor depuis près de 800 ans…
Gon m'avait chuchoté cela alors que nous étions sur le point de franchir le portail de sa Salle commune, celui-ci étant caché derrière une peinture d'une grosse dame qui pouvait parler comme vous et moi. En voyant mon meilleur ami arrivé, elle s'était redressé et avait engagé la conversation de façon enthousiaste :
- Il est bien tard pour se promener dans l'école, jeune homme!
Gon haussa les épaules et lança à haute voix le mot de passe :
- Bourrasque!
La peinture nous laissa accéder au dortoir en question et je retins ma respiration. Qui d'autre quoi moi pouvait se vanter d'avoir été visité trois Salles communes différentes en aussi peu de temps?! Tout émoustillé, je parcourus des yeux l'endroit ou Gon avait cheminé ces deux dernières semaines. C'était sans surprise que je vis la couleur rouge régner en maître en ces lieux. Semblait-il aussi que le confort était la priorité des locataires; des divans mous et des tonnes de couvertures meublaient cet espace conviviale. Rien à voir avec mon dortoir qui était plutôt richement décoré, luxueux et harmonieux.
- Hey Freeccs, tu veux te joindre à nous?
Près d'un âtre, il y avait quelques occupants qui jouaient aux cartes : Junpei, Riko, Kuroko, Kagami et Reiner. L'unique inconnu que je ne connaissais pas me disait tout de même quelque chose; il s'agissait du préfet Gryffondor, un certain Teppei Kiyoshi.
- Ah mince alors, c'est une soirée de couple… dommage que tu ne puisses participer!
Ils rigolèrent sans méchanceté à l'égard de Gon et je réalisai avec soulagement que Riko et Junpei avaient repris, se tenant la main. Par contre, je remarquai que les quatre autres étaient des garçons à part entière.
Ne me dites pas que…
- Ce sera pour une prochaine fois, faut croire!, répondit Gon en les saluant rapidement. J'ai des trucs à faire…
Je vis Reiner passer un bras autour des épaules de Teppei et je compris qu'ils étaient ensemble eux aussi. Regarder deux adolescents bâtis et très masculins se câliner ainsi me rendait toute chose, presque nerveux. Qu'est-ce qui me faisait autant réagir?
Mais une autre question était plus urgente. Si Junpei et Riko était en couple, Teppei et Reiner aussi, cela voulait dire que…
Mon cerveau court-circuita.
Kuroko Tetsuya est en couple avec Kagami Taiga.
Ma surprise atteignit son paroxysme quand Kagami, ce gros nounours qui donnait aux autres l'impression d'être un tueur en série, donna de petits becs délicatement dans les cheveux bleus de Kuroko.
J'avais trouvé l'anguille sous roche… Momoi n'avait personne à rendre jaloux : Kuroko était aux hommes! Elle n'avait rien à se reprocher et cela ne valait pas du tout la peine de faire croire à qui que ce soit qu'elle et moi formions un couple! Il devait complètement se ficher d'elle, désormais. Et voilà que je devais prétendre être dans une quelconque relation avec la rosée…
Dans quelle merde venais-je encore de m'embarquer?
Je t'avais pourtant dit que tu allais le regretter… C'était une très mauvaise idée.
Pour ma part, j'avais saisi qu'utiliser autrui pour mon bien personnel allait me coûter cher. Je l'avais constaté en saccageant une relation; cela ne m'avait rien apporté de bon, sinon, la déception dans les yeux de Gon. Je ne voulais plus le tourner contre moi, bordel!
Arrivés dans sa chambre, je constatai que les autres lits étaient vides; il devait donc être jumelé avec les garçons dans le salon. Ainsi, nous aurions le temps de discuter jusqu'à ce que ses colocs ne se décident à aller se coucher à leur tour. J'en profitai pour remettre l'habit sorcier que Gon m'avait prêté dans l'un de ses tiroirs.
- Tu permets que je me change?
J'acquiesçai à sa demande; nous y étions habitués de toute façon, à force de se traîner ensemble à la maison. Dès lors, de façon langoureuse, il enleva son habit sorcier, sa chemise d'en-dessous, son pantalon moulant… Tout.
Ouais bon, tout sauf ses boxers grises; faut pas abuser.
Plus sérieusement, je notai à quel point Gon avait pris de la masse; son corps autrefois composé de jambes fluettes et de bras d'allumettes avaient été remplacé par des muscles saillants. Ses épaules avaient pris en largeur et les muscles noueux de ses trapèzes se prolongeaient jusqu'au bas de son dos… Son évolution était visible.
Et délicieuse.
Pourquoi le remarquais-je maintenant seulement? Certes, auparavant, je n'accordais pas beaucoup d'attention à ce genre de détails… Qu'est-ce qui avait changé depuis?
Tu acceptes… petit à petit.
Mais qu'acceptais-je donc, précisément?
Toi… Tu t'acceptes, toi.
Je n'avais pas compris la dernière phrase de la petite voix; j'étais trop absorbé par le chef d'œuvre devant mes yeux. Un détail m'avait aussi marqué chez lui; sa grandeur. Biskuit avait prédit que nous allions être tous les deux des géants, mais j'avais de la difficulté à concevoir que Gon ne me dépasse.
- Dis donc, Gon, t'as pas pris quelques centimètres depuis le temps…?
- Bah, c'est pas nouveau, j'ai toujours été plus grand que toi!
- Euh… Pardon?!
Gon se tourna dans ma direction, un sourire… indéchiffrable, ou plutôt : moqueur, sur le visage. Ainsi placé de profil, la courbe de ses reins et la rondeur de ses fesses m'étaient…
Délectables.
Tentant de me ramener sur terre, j'enfouis ses pensées loin dans mon crâne et allai me placer devant lui, encore. Je ne trouvais pas amusant qu'il se sente supérieur à moi d'une quelconque façon, autant en terme de grandeur qu'en attitude. Sérieusement, depuis quand Gon me prenait de haut, même pour plaisanter?!
- Tu dissimules le fait que tu es plus petit avec tes cheveux hérissés; je suis le plus grand!
- J'en doute, Kirua…
Sa voix aussi, a changée. Une mélodie grave, suave, enchanteresse...
Je nous mesurai avec mes mains, tentant de me concentrer. Zut, alors… Il me dépassait d'un centimètre, tout au plus.
- Kirua…
À ce moment, le temps avait ralenti. Nos nez entraient presqu'en contact, je sentis son souffle dans mon cou… Mon cœur se mit à pomper à tout rompre et mes muscles se crispèrent lorsqu'il passa sa langue sur ses lèvres.
Qu'attends-tu de plus?!
Je devais vaincre la voix qui me disait de me blottir contre lui, d'oublier le monde extérieur. Car, certainement, je le regretterai… Je ne devais pas perdre Gon pour des rapprochements stupides qui nuiraient à notre amitié.
Feignant d'être frustré par la question de grandeur, je fis volte-face tel un coup de vent –il s'agissait plutôt d'une excuse pour ne plus avoir affaire à son regard profond, qui aurait d'ailleurs pu être comparé aux sept merveilles du monde. Je devais reprendre mon calme, car visiblement, Gon réussissait à me rendre toute chose. Je ne pouvais plus le nier, mais je restais tout de même très fier! Je ne voulais pas donner raison à Ymir ou qui que ce soit… et encore moi ma conscience à laquelle je tenais tête depuis trop longtemps.
Dès lors, je le sentis s'approcher de moi, tout doucement. Je pouvais sentir sa main chaude frôler ma hanche sans toutefois la toucher. Cloué sur place, j'attendais impatiemment qu'il…
Respire, Kirua. Respire…
Comme si ce n'était pas suffisant, Gon accota son front au milieu de mes omoplates, dans mon dos, et je le sentis se relâcher. Une vague de paix, de froid et de chaud m'envahit de la tête aux pieds et me brouilla les idées. Et cette vague sournoise eut tôt fait de provoquer chez moi un certain contretemps…
Je devais me sortir de ce pétrin au plus vite. Si jamais Gon se rendait compte du pêché, j'étais certain qu'il ne m'adresserait jamais plus la parole!
- Gon!, criai-je presqu'en me décollant vivement. Je dois aller me changer…
- A-Ah, d'accord.
J'attrapai mes vêtements et pris soin de dissimuler le fait que mon outil faisait encore des siennes… Je m'enfermai alors dans la salle de bain, puis me donna une bonne gifle pour reprendre des forces. Non mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez moi?! Je n'avais aucun droit de fantasmer sur mon meilleur ami… c'était tout bonnement insensé!
Je me changeai en deux temps trois mouvements et m'occupai de l'inconvénient en question, réglant la chose en quelques coups de poignets bien exécutés. Quelques minutes plus tard, je sortis de là, un peu plus détendu, avant de constater qu'un autre hic venait de se produire…
Gon était resté en caleçon.
- Y'a un problème, Kirua?
Un problème, un problème?! Évidemment, pauvre andouille, comment veux-tu que je garde ma main à l'extérieur de mes pantalons si toi tu n'en as même plus?!
Je sentis mon bas de pyjama chauffé en approchant du lit, puis je m'arrêtai en voyant l'air faussement innocent qu'affichait mon meilleur ami. Il n'avait pas l'air de comprendre qu'il me mettait dans l'embarras comme jamais, ainsi dénudé…
Correction: ce n'est pas de l'embarras qu'il te cause, ainsi dénudé... Disons qu'il est dommage qu'il soit toujours vêtu…
- G-Gon… où veux-tu que j-je dorme?
J'avais de la difficulté à enchaîner mes phrases et j'étais complètement perdu. C'était encore pire lorsqu'il me pointa, innocemment, la place minuscule à ses côtés, dans son lit simple.
Il n'y a rien d'innocent dans ses agissements… Crois-moi!
Au risque de me répéter, depuis quand Gon était devenu aussi… provocateur?
Ma question à moi est plutôt… depuis quand penses-tu que Gon Freecss est un saint?!
Certes, j'avais toujours associé sa naïveté à de la pureté… Avais-je eu tort depuis tout ce temps?
L'innocence n'a rien à voir avec de l'ignorance, mon cher…
Je me glissai à sa droite, sous les couvertures, alors que mon meilleur ami était étendu sur le ventre. Je lançai un sort pour éteindre les bougies (cela évitai que je ne le détaille de nouveau) et me tournai immédiatement de mon côté, inquiet d'avoir créé un malaise entre nous.
Maintenant que ma tempête d'idées de l'initiation était passée, je pouvais me concentrer pleinement sur la petite voix dans ma tête. Depuis des semaines déjà, elle ne cessait de me conseiller, de me montrer la voie à suivre. Pourquoi refusai-je de lui faire confiance? Je devais pourtant lui accorder plus d'attention si je souhaitais évoluer…
Si je souhaitais retrouver cette part de moi que j'avais trop longtemps enfoui.
- Kirua?
- Oui, Gon?
- Approche un peu…
Je sentis du mouvement de son côté, et je crois qu'il s'était rapproché, car je sentais maintenant son souffle chaud dans ma nuque, son torse qui se colla lentement à mon dos, le contact de sa main chaude sur ma hanche…
Les fibrillations dans ma poitrine, les papillons dans mon ventre, les émotions dans ma tête… Trop de stimulus, trop de stimulus, trop de stimulus. Mon corps était sur le point d'exploser, mais ça, ce n'était pas le problème. Ce qui était grave, c'était que j'avais envie de me blottir encore plus contre lui…
- GON!, m'écriai-je soudainement.
Il n'était que mon meilleur ami, et rien de plus.
- Je… Je peux dormir au sol?
Silence. Même dans le noir, je croyais avoir créé la situation la plus embarrassante qui soit. Heureusement, des pas se firent entendre dans le couloir et je me projetai au sol. Gon me couvrit de la tête aux pieds avec la cape d'invisibilité et nous nous tûmes.
- Freecss, c'était quoi ce boucan?
- Oh, r-rien… J'ai fait un rêve…
Un rêve que tu as complètement gâché, Kirua.
La voix, pleine de rancœur, avait raison; j'avais laissé envoler une chance.
Mais était-ce réellement pour le meilleur... ou pour le pire?
J'avais promis d'intenses rapprochements... Je n'ai pas menti ;) !
Des prévisions pour la suite? Des commentaires? Ne soyez pas gênés! Xx
- Zuzu-kun.
