Pdv Rune

Assise sur le lit, j'essuyais les quelques larmes qui me restaient collées aux joues. J'avais pleurer, encore une fois. Ça n'avait pas durer très longtemps, mais beaucoup trop pour moi. Je ne comptais plus les fois où je m'étais effondré en pleures depuis que j'ai été embarqué dans cette histoire invraisemblable. Je détestais cette sensation, celle ou mes poumons se resserrent, ma gorge aussi, où je n'arrive plus à parler et où je ne peux pas m'arrêter de souffrir. J'ai l'air tellement faible. Je me répète cette phrase depuis des semaines et pourtant, même en essayant, je n'arrive pas à devenir plus forte, et maintenant ça sera encore dur, on m'a retiré tous mes repères et les gens ou endroits auxquels je pouvais m'accrocher. Mais les seules personnes qu'il me restent doivent s'inquiéter un peu je pense. Alessa est introuvable, mais j'espère qu'elle ne souffre pas trop. J'ai promis de la retrouver et de la protéger alors je tiendrai cette promesse. Et puis Cake aussi! Ça fait longtemps que je n'avais pas pensé à lui, je me sens un peu coupable maintenant. Il doit aussi se demander ce que je deviens, enfin je l'espère... C'était un véritable ami alors il doit aussi être un peu inquiet.

Je reniflai une énième fois en poussant un petit rire ironique. Je dois vraiment porter malheur, à chaque fois que je me rapproche d'une personne, elle doit m'être retiré ou doit disparaître mystérieusement. Je relevai la tête d'un coup, réfléchissant plus clairement à ma situation, m'asseyant plus confortablement sur le lit. Cet homme! Celui avec le sweat-shirt qui m'avait trouvé dans le refuge, c'est lui qui avait emmené Alessa donc elle doit être ici! J'esquissais un petit sourire en soupirant. J'ai vraiment un espoir de la retrouver finalement. D'ailleurs en parlant du refuge, je me demande où peut être Vincent. Je ne me soucis nullement de sa sécurité et de son état, mais a-t-il été sauvé dans l'incendie? De plus, s'il avait survécu et qu'il était reparti dans la ville il pourrait s'en prendre à d'autres personnes. Il ne faut pas que ça arrive, ça serait beaucoup trop dangereux.

J'eu un nouveau pincement au cœur et une douleur à la gorge. La vision de la salle du refuge me revint en tête, les photos de ma famille attachées au tableau, l'air sadique et indifférent de Vincent, toute ma vie qui s'effondrait en quelques minutes. Tous ces éléments qui tournaient dans ma tête me replongeaient dans la peine et je me mordis la lèvre jusqu'à saigner pour ne pas me remettre à pleurer. Je dois rester calme et essayer de partir d'ici, loin d'ici mais plusieurs choses m'en empêchaient. La première était que mon état ne me permettait pas de marcher plus de dix mètres et la deuxième que le "ici" dont je parle est un endroit complément inconnu. Je soupirai longuement, il faut que je m'en aille.

Ça faisait maintenant deux bonnes heures que j'étais enfermée ici, sans compter les jours où; selon la femme qui s'était "occupé" de moi, environ une semaine; j'étais tombée dans le coma. Après tout cela ne m'étonnait pas vraiment, vu mon état actuel. Mes bras me déménageaient horriblement, et mes jambes n'arrivaient presque plus à soutenir mon poids quoi qu'extrêmement faible. En plus, l'odeur de chair et de sang devenaient vraiment insoutenable et j'avais la nausée à chaque fois que je regardais mes membres. La bassine avait contre toute attente bien servi, Et mon estomac était désormais vide. Malheureusement je n'avais rien pour me laver dans cette pièce et j'avais en vain essayé de le refaire des bandages dignes de ce nom, mais ils ne ressemblaient à rien et ne me serraient pas du tout. J'étais complètement incapable de me servir de mes mains, encore cramoisies et brûlantes. Les coupures dues aux flammes étaient sanguinolentes, alors je me les étais enroulées dans le drap du lit médicale histoire d'arrêter un peu le sang.

Je soupirai en regardant la pièce une dixième fois, j'avais tellement faim et soif. Ça faisait des jours que je n'avais pas senti l'odeur de la nourriture et mon estomac criait famine toute les demi heures, grondant bruyamment dans la pièce. Je n'ai jamais été une experte en cuisine, mais les plats de pâtes que je faisait à la maison ou mes repas gratuits au restaurant me manquaient énormément. Je regardait ce lavabo depuis cinq minutes, à l'opposé exact du lit. Je dois avouer que je ferais tout pour boire un peu, alors je n'ai plus vraiment le choix. Je prit une grande inspiration en m'asseyant sur le bord du lit, les jambes dans le vide. Je balançais un peu les pieds pour en retrouver l'usage et descendit lentement. J'arrivai à les poser par terre, en serrant les dents à cause de la douleur qui me traversa. Je sentais quelques plaies se rouvrir, me faisait pousser un petit gémissement, qui me faisait presque renoncer à marcher. Mais j'avais beaucoup trop soif pour m'arrêter. Le premier pas fut le plus compliquer et les suivants étaient douloureux, mais je m'y habituait lentement. Je tendais les bras pour ne pas tomber, et je voyais le meuble se rapprocher de moi pas à pas. J'y étais presque, plus que quelques pas, alors je tendis le bras en avant pour poser la main sur le bord du meuble mais ce geste me fit perdre le faible équilibre que j'avais et tomba en avant. Je retins mon souffle de surprise mais ne pu retenir un cri strident quand mes bras et mes genoux s'écrasèrent lourdement sur le carrelage. Je me plaquai la main sur la bouche et restais ainsi, en boule par terre, en fermant les yeux le plus fort que je pouvais pour ne pas pleurer à nouveau.

Une minute à peine après ma chute, j'entendis la porte s'ouvrir en fracas, tapant durement contre le mur, me faisant sursauter, sans pour autant me faire me relever. Mon cri avait sûrement alerter la femme qui s'occupait de moi et elle allait venir dans la chambre pour soit m'aider, ce qui m'étonnerait énormément, soit me massacrer pour être sortie du lit dans mon état. La dernière solution me semblait plus réaliste mais lorsque je releva la tête, ce n'était pas elle qui se tenait devant moi. Ce n'était même pas une femme et je voyais beaucoup trop cette personne depuis un certain temps. Mais au lieu d'être énervée et révoltée, je fut complètement paralysée de peur et me plaqua contre le mur de l'infirmerie, ne quittant pas des yeux cet homme avec ce satané sweat-shirt jaune qui me suivait et surveillait le moindre des les mouvements depuis le début. Il resta debout dans l'ouverture de la porte un moment avant d'avancer lentement jusqu'à moi. Je sentais mon cœur battre dans ma poitrine et ma respiration se coupa, me préparant à n'importe quoi en présence de cet homme. Il ne m'avait apporté que des problèmes, avait blessé ma meilleure amie et moi au passage, alors je doute qu'il puisse s'arrêter ici, ça serait beaucoup trop simple d'abandonner ici avant de me torturer ou de s'amuser avec moi comme il l'avait fait jusqu'ici avec son petit jeu de chasse. Il se trouvait maintenant à mon niveau et se baissa mon mettre nos visages face à face, me regardant fixement à travers son masque, si bien que je pouvais sentir son regard sur moi, beaucoup trop intensément. J'essayant de lui crier de s'écarter mais il plaqua violemment sa main sur ma bouche, me serrant la mâchoire de toutes ses forces, me faisant affreusement mal et m'empêchant de respirer au passage. Je me remuais dans tous les sens pour qu'il me lâche mais il se contentait de serrer encore plus fort. Je sentais la pression beaucoup trop forte sur mes os et je me mordais les gencives pour essayer de faire passer la douleur. Je n'ai jamais su si ce faire mal autre part marchait vraiment pour faire passer la douleur mais aujourd'hui j'avais la réponse et cela ne fonctionnait absolument pas dans mon cas. Le gout du sang commençait à se répandre dans ma bouche et quelques gouttes coulèrent le long de mon menton pour tomber sur mes cuisses mutilées et dénudées. J'avais beau me débattre, je ne faisait qu'accentuer la douleur et rouvrir les plaies qui avaient débuter une cicatrisation longue et difficile. Je le suppliais du regard pour qu'il me libère de cette emprise mais il ne bougeait pas d'un pouce, maintenant la même force sur ma bouche. Je commençais sérieusement d'oxygen et je m'étouffais toute seule en utilisant bêtement le peu qu'il me restait.

Pourquoi il fait ça? Vraiment, pourquoi? Je ne pense pas avoir commit d'erreurs qui me font mériter tout ça! Déjà qui est cet homme et pourquoi me veut-il du mal? Il fini par lâcher prise doucement en glissant sa main de mon visage et leva ensuite les deux en l'air, comme pour me dire qu'il ne fera plus rien. Je restais interdite, en reprenant mon souffle rapidement, me frottant la mâchoire endolorie et sûrement rouge écarlate.

-T'es dans un sale état... C'est pas beau à voir, il me parlait d'une façon tout à fait naturelle en pointant mes bras et jambes.

-La faute à qui...? J'étais plutôt énervée par sa remarque, comment peut-il me parler normalement ainsi et en plus me dire ça? Cet homme est vraiment un monstre.

Il haussa les épaules et attrapa les rouleau de bandages sur le meuble, approchant le tissu médical de moi. Je le repoussait d'un mouvement de bras mais il m'attrapa le poignet, me le serrant d'une main et me bandant les blessures de l'autre. Il le fini en à peine quelques minutes alors qu'en plusieurs heures je n'étais même pas arrivée à couper le tissu à bandage. Je le regardais en silence, voyant qu'il attendait quelque chose.

-... Merci j'imagine. Dis-je à contre cœur. Mais pourquoi tu fais ça...?

-Te soigner? Il réfléchi une seconde, d'abord parce que je n'ai pas le droit de te faire du mal, alors autant t'aider, et ensuite parce que tu me fais vraiment pitié comme ça.

Attirer de la pitié m'aidait sur ce coup là, car désormais j'avais dès pansements corrects et il m'avait donner le verre d'eau que j'attendais. Je ne comprend pas, son comportement est curieux. Je ne connais pas cette personne ni sont caractère mais je sais qu'elle me veut habituellement du mal alors c'est vraiment bizarre.

-Pourquoi tu agis comme ça avec moi? Je posa le verre d'eau à côté de ma cuisse, pas trop loin, tu m'as couru après pendant des semaines en me faisant souffrir, tu as failli me faire brûler entièrement et maintenant tu t'occupes de moi? Expliques moi ton problème...

-Pardon? Je ne te permet pas! Il haussa un peu le ton, remontant les manches de son sweat. Je croyais que c'était pour me frapper mais il me montra simplement les cloques et brûlures qui le couvrait, je n'ai aucun problème en particulier, enfin un seul mais bon... Sans importance, et ensuite je n'ai jamais demandé à être brûlé aussi, car au risque de te surprendre, c'est pas moi qui ait mis le feu à votre baraque dans la forêt!

Je le regardait en silence, comprenant qu'il parlait sérieusement. Le ton de sa voix était dur et on ressentait bien qu'il était énervé contre quelqu'un ou quelque chose.

-Pourquoi je te croirais? Je lui demandais en soupirant

-Parce qu'en plus tu doutes?! Il me collait presque ses brûlures au visage comme preuve, tu penses que ça m'éclate de m'immoler (*) comme ça sur un coup de tête?!

Je ne savais pas quoi lui répondre. Évidemment que personne ne s'amuserait à se brûler jusqu'à être dans notre état... Je fini le verre d'eau et lui donna le verre qu'il posa sur le meuble.

-Je n'imaginais pas que tu allais réagir comme ça. Il semblait amusé et surpris. Je m'attendais à, je ne sais pas, que tu me frappes ou que tu pleure. Je suis un peu déçu je l'avoue.

-Vas te faire voir! Je lui grognais pendant qu'il se moquait de moi.

-Bien, si tu as la force de m'insulter tu pourras lui parler, il se releva et m'attrapa le bras violemment, serrant mes brûlures à travers les bandages déjà tâché de sang à de multiples endroits.

Il me tira, me forçant à me lever, et je me retrouvais debout, tenant à peine sur mes jambes, les genoux tremblants. Il me fit marcher dans la chambre pour me faire sortir, me tenant toujours fermement, avant de m'emmener dans un long couloir lugubre. Je ne pouvais m'empêcher de trouver cet endroit effrayant et sinistre. Les murs étaient principalement noirs, le parquet foncés et griffé un peu partout, comme vieux de plusieurs dizaines d'années. Pas de fenêtres, aucun courant d'air. La seule chose que l'on pouvait entendre était le bruit de nos pas, beaucoup trop rapides pour moi. Il ne ralentissait en aucun cas l'allure et me fit avancer jusqu'à une porte noir laquée, plutôt impressionnante par rapport à ma taille modeste. Je déglutit en pensant à tous ces mots que j'avais reçu de la part de cet inconnu au sweat-shirt jaune.

C'est là qu'il se trouve.
C'est là qu'il avait voulu m'emmener.
Chez "lui". Le "Il" que j'avais redouté depuis un bon moment.

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(*) Pour ceux qui ne comprennent pas, immoler signifie se brûler.