Note de la traductrice : Ni Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartiennent, je ne fais que traduire.
italique : Pensées
« italique » : Télépathie
« Gras italique » : fourchelangue
« Gras » : souvenirs/flashback/répliques de films
Chapitre 21 : De quoi as-tu peur ?
Tracey s'avança en premier, baguette en main, le seul signe de sa nervosité étant le léger tremblement dans ses doigts lorsqu'elle approcha la penderie enfermant l'Épouvantard. Le professeur Lupin hocha la tête, ayant déjà promit d'intervenir si la transformation de la créature était trop difficile à supporter. Puis, il ouvrit la porte.
L'Épouvantard fit éruption dans la pièce, une épaisse fumée noire. Il se transforma ensuite en un immense dragon grognant, les ailes effleurant le plafond, la gueule remplie de dents aiguisées prêtes à avaler la jeune fille.
Tracey se figea un instant, avant de se tendre et de lever sa baguette. « Ridikkulus ! » Le dragon couina et se changea en un chaton ailé sans défense. Toute la classe rit en voyant la tentative de vol du dragon/chaton qui essayait d'être intimidant.
« Excellent, Miss Davis. Au suivant ! »
Ron fut poussé en avant par ses amis Dean et Seamus. Il eut à peine le temps de leur lancer un regard noir avant de se tourner et de hurler. Plusieurs personnes firent de même en voyant une araignée de la taille d'un cheval avancer vers Ron, menaçante.
Edith sourit quand Ron, aussi blanc qu'un fantôme, lança un tremblant « Ridikkulus ! », qui donna à l'araignée des rollers sur chaque patte, la faisant glisser piteusement sur le sol. Ron sembla surpris de son exploit, puis sourit quand des rires jaillirent de derrière lui. Pas mal, Ron, tu progresse bien. Pensa Edith quand Neville lui tapa sur l'épaule.
Daphne fut la suivante. L'Épouvantard fit une pirouette et se changea en une explosion enflammée. Plusieurs élèves crièrent et reculèrent brusquement. Daphne se tendit comme un arc et lança le sort à son tour. Le feu se solidifia en une silhouette aux membres cartoonesques, tenant une cane pour commencer à danser.
Neville suivit. Avec un bruit sourd, l'Épouvantard se changea en... un vieil homme ? L'homme ricana méchamment et cracha. « Viens, Neville ! Je vais te montrer ce qu'est la magie ! »
Le garçon pâlit, se tournant vers ses amis, les yeux désespérés. « Ça ne fera pas mal ! » Insista l'homme. Neville croisa le regard d'Edith avant de se tourner vers l'homme et de crier : « Ridikkulus ! ». L'homme fut soudain habillé de vêtement de vielle femme.
La classe riait toujours. L'Épouvantard recula, perdant peu à peu sa force.
Flora s'avança avec confiance. Cette fois, Edith reconnut l'homme qui apparut : Amycus Carrow, qu'elle avait vu dans la Gazette. Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche que Flora le frappa dans le ventre avec le sort, qui le changea en un Jack-in-the-box.
Hestia, convaincue par le succès de sa sœur, prit la suite. Son Épouvantard était un immense python. Un Ridikkulus le changea en un slinky arc-en-ciel.
L'Épouvantard d'Hermione était amusant même avant qu'elle utilise le sort, même s'il ne l'était pas pour la jeune fille : le professeur McGonagall lui apprit qu'elle avait raté tous ses devoirs. Hermione l'ensorcella pour parler en chantant.
La jeune rat-de-bibliothèque jeta un regard d'avertissement à Edith quand elle rejoignit le reste de ses amis. « Ne ris pas. » Siffla-t-elle.
« Je n'oserais jamais. » Lui assura Edith en masquant son sourire.
Enfin, ce fut le tour de la Survivante. Elle s'avança lentement, sa baguette en main, espérant que rien ne trahirait son incertitude. Que verrait-elle ? Quelle était sa pire peur ? Même si elle essayait de rester réaliste sur ses faiblesses, l'idée de la peur ne lui avait jamais traversé l'esprit. Il y avait bien Voldemort... mais avant qu'elle ne pense réellement à lui, un souvenir lui revint... un placard étroit et sombre... un liquide chaud sur ses doigts et son visage...
Et en y pensant, elle sût. Elle sût avant que l'Épouvantard ne se transforme.
Il prit l'apparence de quelque chose d'ancien, mais de familier. C'était une petite fille avec les cheveux roux, qui portait des vêtements déchirés et sales hérités de sa tante. Elle était enfermée dans un placard sombre et petit. Elle était roulée en boule et pleurait... du sang la recouvrait entièrement, coulant sur ses bras et son visage. Vernon venait juste de la battre, plus violemment qu'il ne l'avait jamais fait. Il l'avait ensuite jeté dans son placard.
Elle était si faible... si fragile. Sans défense contre la haine qui la gardait prisonnière. Condamnée à être une victime, dont personne ne se souciait. Une victime de ce monde froid et dur.
Edith n'avait pas été préparé à ça. Elle se figea complètement quand elle se vit elle-même, plus jeune. Des murmures alarmés commençaient à se répandre dans la salle. Elle pouvait sentir les regards de Dancia et Hermione à l'arrière de son crâne.
Heureusement pour elle, le professeur Lupin ne fut pas choqué très longtemps. Il se plaça rapidement entre Edith et l'Épouvantard, qui changea de la petite fille de six ans à une pleine lune flottant dans l'air. Le professeur lança le sort, et la lune sembla se dégonfler comme un ballon percé, traversant la salle dans un bruit strident. Plusieurs élèves rirent faiblement, incertains, faisant sursauter leurs camarades.
« La leçon est terminée pour aujourd'hui, récupérez vos sacs, il est l'heure du déjeuner... »
Edith resta figée sur place ; Hestia tenta de la tirer vers leurs amis, mais Lupin intervint. « Miss Potter, puis-je vous parler ? »
Edith hocha faiblement la tête, faisant signe à ses amis de partir sans elle. Hestia lui serra affectueusement le bras, avant de suivre les autres.
Lupin observa Edith un moment, ses épaules semblaient trembler. Il attira deux tasses de thé de son bureau et en donna une à la jeune fille. « Tenez, buvez ! »
« Merci, monsieur. » Parvint à sortir Edith. Elle s'assit lentement sur une chaise à proximité, serrant la tasse entre ses mains. Ses doigts glacés réchauffés par la céramique chaude. Le professeur la regarda boire en silence, le visage peiné.
« Edith. Pouvez-vous me dire ce que signifiait votre Épouvantard ? »
Edith avala difficilement sa salive, elle avait une boule dans la gorge. « Je... » Elle serra les poings et soupira. « C'était... j'étais une petite fille... »
« J'ai pu le voir... » Lupin semblait avoir du mal à garder son calme. C'est quoi son problème ? « Que vous est-il arrivé ? »
Edith fixa sa tasse pendant un long moment. Elle n'avait aucune envie de parler de ça, même si le professeur Lupin semblait amical et compatissant. Revoir ces souvenirs avait abimé sa confiance. Dans sa peur et sa panique, elle risquait de dire quelque chose d'incriminent. « Ce... c'était mon oncle... il y a longtemps... »
« Ton oncle ? » Lupin passa soudainement au tutoiement, semblant trembler de rage. Edith tressaillit et se recroquevilla dans son siège, une mauvaise habitude. Lupin vit parfaitement son mouvement, et son visage refléta un moment sa rage, avant qu'il ne ferme les yeux pour se calmer.
« I-il était ivre... c'était... c'était il y a lon-longtemps. » Répéta rapidement Edith, avant de reprendre une gorgée de son thé. « Il n'est plus là de toute façon... il est en prison. »
« Pour quel motif ? »
« Escroquerie, entre autre. » Répondit-elle, levant enfin les yeux pour regarder son enseignant. « Pourquoi demandez-vous, Professeur ? »
Lupin soupira et recula d'un pas. « Je suis inquiet de ta santé, Edith... tu es une de mes étudiants. »
« Vous m'appelez Edith... vous me tutoyez. » Pointa la rouquine, clignant des yeux. « Vous me paraissez familier... »
«Oh, je suis désolé- »
« Professeur, est-ce que je vous connais ? » Questionna Edith, observant l'homme avec attention. C'était la seule explication logique à son comportement.
Lupin la fixa un instant, la surprise claire sur son visage. Après quelques minutes de silences pesants, ses épaules s'affaissèrent. « Je... tu étais trop jeune pour t'en souvenir... j'était un ami de ton père. Nous étions... très proches. »
Edith fronça les sourcils. « Pourquoi ne vous ai-je jamais rencontré avant ? »
Lupin secoua la tête. « Je n'avais pas le droit de savoir où tu vivais... le Ministère pensait que si je savais, je t'aurais emmené avec moi. »
Edith renifla dédaigneusement. « Ça aurait été dix fois mieux. Enfin, même vivre avec une meute de loups enragés aurait été une amélioration... »
Lupin lui lança un regard étrange. Il secoua la tête et lui sourit. « Te sens-tu mieux ? Peut-être assez pour aller déjeuner ? » Quand Edith fronça les sourcils, il continua. « Si tu veux, je peux t'en dire plus sur tes parents après le dîner. La pause déjeuner est assez courte. »
Edith parvint à lui sourire légèrement. « Merci, monsieur. »
Edith arriva enfin à la table des Serpentard et fut immédiatement entourée de ses amis. « C'était quoi ça, ce que l'Épouvantard a montré ? » Demanda anxieusement Ginny. « Tu étais blessée ? »
« Que s'est-il passé ? » Demanda Tracey, inquiète en examinant Edith sous toutes les coutures.
« Pas ici. » Marmonna la concernée, montrant Nott et Parkinson assis non loin. Elle préférait mourir (ou les tuer) plutôt que de les laisser entendre quoi que ce soit. « Trop de gens. Plus tard. »
Cependant, elle ne dit pas à quel point leur inquiétude réchauffait son cœur, et aidait à calmer l'anxiété qui l'avait violemment gagnée. C'est ce qui la poussa à prendre cette décision : elle leur dévoilerait son passé.
Edith et ses amis, le groupe phare en tout cas, avaient découvert une pièce au cinquième étage, enfin, plus exactement, Fred et George l'ont découvert en se cachant de Rusard après une de leurs nombreuses farces. Elle s'appelait la Salle sur Demande, une pièce fantôme que personne, pas même les professeurs, ne connaissaient. Elle possédait la particularité de changer d'aspect à volonté pour devenir ce dont a besoin la personne qui réussit à la trouver, comme, par hasard, une immense salle de duel où les étudiants pouvaient s'entraîner et peaufiner leur art dans danger et sans être découverts.
Le directeur aurait désapprouvé la moitié des sorts et tactiques utilisées dans la salle, de toute façon.
Le point de vue d'Edith – fortement influencé par son expérience dans les rues – était qu'un combattant honorable avait plus de chance de perdre en se prenant un couteau dans le dos que de gagner. Surtout si l'adversaire était désespéré, ou se fichait de l'honneur.
Ainsi, elle conseilla à ses amis et élèves d'être pragmatiques, vicieux et, osait-elle, moldus dans leur manière de se battre, d'utiliser autant que possible les pièges et les coups bas.
Par exemple, Sally renversa physiquement Ron après avoir perdu sa baguette, ramenant le duel à un pied d'égalité quand il perdit lui aussi sa baguette et fut incapable de la récupérer. Ginny, elle, brisa le match nul dans son duel avec Dancia en surprenant l'héritière Malfoy d'un coup de pied dans la jambe, lui faisant perdre l'équilibre et la rendant plus simple à battre.
Sans surprise, Hermione fut la première à vouloir apprendre des choses plus avancées, et Flora offrit de les aider à acquérir des livres d'entraînements sans se faire remarquer. Dancia aussi apprécia l'idée, elle avait après tout commencé chez elle sous l'œil aguerri de sa mère. Cependant, elle prit un moment pour avertir tout le monde que la magie sans baguette était bien plus difficile à maîtriser qu'il n'y paraissait, et qu'il leur faudrait être patients et déterminés pour y arriver.
Pourtant, la Salle ne se changea pas en son aspect habituel, puisqu'Edith voulait parler calmement à ses amis du souvenir montré par l'Épouvantard. Ils ne la comprendraient réellement qu'après cette discussion.
« Je sais que tu dois en avoir marre qu'on te demande ça, Edith, mais est-ce que ça va ? Tu es distante depuis le cours de Défense. » Demanda Sally à sa première véritable amie.
« Je suis désolée de vous inquiéter. » Commença Edith, agitant la main. La Salle sur Demande fit apparaître des tasses de thé – suffisamment pour la dizaine d'élèves présents. La Serpentard prit une tasse, but une gorgée et soupira.
« C'est... difficile d'en parler. Je n'aimais pas penser à ce que je vivais à l'époque... mais je vous fait confiance, et je ne pense pas que ce serait juste de continuer à ne rien vous dire. »
« Flora, Hestia, vous connaissez déjà une partie de tout ça... » Hermione et Sally jetèrent aux jumelles un regard surpris identique. Flora semblait maussade, tandis qu'Hestia acquiesçait avec un sourire encourageant. « Comme vous le savez, j'ai été élevée par ma tante maternelle et son mari, Petunia et Vernon Dursley. Ils ont un fils, Dudley. » Elle reçut plusieurs hochements de tête. L'expression d'Edith se durcit. « Eh bien, ils ne m'ont pas élevés parce que j'étais un héros, ni même parce que j'étais leur nièce. Ils ont été forcés de me recueillir par Dumbledore. Et ils me haïssaient. »
Edith prit une autre gorgée de son thé, ne voulant pas croiser les yeux équarquillés de Ron, Ginny, Hermione et Daphne, qui possédaient tous des familles aimantes, qui ne comprenaient pas qu'on puisse détester ou être détesté par quelqu'un d'aussi proche.
« Mais vous êtes une famille ! » Protesta Ron. « Je veux dire, même ma tante Muriel qui est parfois méchante avec nous ne nous déteste pas... »
La lèvre d'Edith trembla. « Mais c'est ta famille, Ron. Tu sais, malgré vos problèmes financiers, j'ai toujours été jalouse de Ginny, les jumeaux et toi. » Ron sembla presque aussi choqué de cette révélation que de la première. « Vous vous aimez tellement les uns les autres. Sois heureux que vous soyez tous ensemble, parce que vous êtes vraiment une famille parfaite. »
Ron regarda le sol, muet, repensant aux nombreuses fois où il avait trouvé les frasques de sa mère embarrassantes, ou détesté les pulls qu'elle venait de lui offrir, ou avait l'impression d'être piégé dans l'ombre de ses frères. Il avait été amer face à tout ça, mais comment avait-il pu oublier à quel point il était chanceux de les avoir ?
Secouant la tête, Ron décida d'écrire une lettre à ses parents le soir même pour les remercier de l'amour et de l'affection qu'ils lui avaient donné toute son enfance.
« Ma tante, quand ma mère a développé de la magie, eh bien, elle était jalouse de ne pas avoir elle aussi eu cette chance. » Continua la Survivante. Elle avait découvert ça sur sa tante quelques mois avant d'entrer en première année. « Et elle s'est mise à détester la magie, à détester ma mère. Quand elle a épousé Vernon, elle est devenu une salope intolérante et haineuse détestant tout ce qu'il considérait anormal. Si Dumbledore n'avait pas insisté, je doute qu'ils aient même accepté de me garder – ils m'auraient sans doute laissé dans un orphelinat. »
Edith soupira. « Petunia me détestait parce que je lui rappelais constamment ma mère. Vernon me détestait parce qu'il me voyait comme un monstre anormal. Et Dudley me détestait parce qu'il était un petit con pourri gâté qui ne supportait pas de partager quoi que ce soit, même ses restes de repas. »
« Vernon avait l'alcool mauvais. Quand il se saoulait, Petunia emmenait Dudley faire des courses, ou au restaurant. Moi, je restais derrière. Parfois, j'étais chanceuse et il me laissait tranquille... mais la plupart du temps... » Edith secoua la tête, avalant difficilement le nœud dans sa gorge. « Eh bien, il s'en prenait à moi. Je ne pouvais rien faire pour l'empêcher. Il me faisait du mal, et je me réveillais le lendemain matin dans le placard où je dormais, couverte de mon propre sang. »
Ginny cria de colère. « Je vais le tuer ! » Hurla-t-elle. « Je vais lui arracher la tête et lui faire bouffer ! Je vais le détruire jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui ! »
Sa rage sembla déclencher celle des autres. Blaise commença à jurer en italien, Hermione, Astoria et Tracey étaient en larmes, Sally promettait à Dieu et Satan qu'elle le castrerait avec un couteau à beurre. Ron et Dancia grimacèrent de concert, et Daphne grognait légèrement, parvenant de peu à ne pas craquer. Les jumelles étaient tout autant furieuses, mais moins surprises que leurs amis.
Edith fut silencieuse un moment, dépassée par l'indignation de ses amis. Prenant un instant pour reprendre contenance, ne désirant pas se mettre à pleurer, elle secoua la tête. « Les gars, tout va bien. Ils sont en prison ! »
« C'est pas assez, ils méritent bien pire ! » S'exclama Ginny. « Ils méritent que je les change en cochons pour les donner en pâture aux créatures d'Hagrid ! »
« Ginny, j'apprécie vraiment, mais ça va. Maintenant, Vernon doit vivre la vie qu'il détestait et redoutait le plus – une vie de pauvreté, la prison et les détenus qu'il doit côtoyer. » Interrompit la Survivante, regardant la jeune fille avec une affection nouvelle.
« Enfin, c'est ça que l'Épouvantard m'a montré... j'étais tellement faible quand je vivais avec eux. Je ne pouvais pas me protéger... Dudley me battait, lui aussi, avec ses amis, et Petunia me forçait à faire toutes les corvées. Cuisiner, jardiner, laver la maison, et j'en passe. Je détestais ma vie, j'avais l'impression de n'avoir aucune raison d'exister. J'étais inutile, indésirable... »
Edith se reprit en soupirant. « Ça a changé quand j'ai découvert mes pouvoirs... j'ai balancé Dudley contre un mur devant son gang... je les ai poussé à me craindre... et puis je suis devenue amie avec eux, et ils ont commencé à me protéger. Puis, j'ai découvert la vérité sur ma mère, et sur la magie. »
« Mais je n'oublierai jamais cette peur... cette douleur... plus que tout, j'ai peur que quelque chose se passe qui me force à redevenir cette fille. Une victime sans défense, un martyre, un sacrifice pour un monde qui continuera de tourner sans faire la moindre pause. »
Ce fut trop pour Ginny et Sally. Les deux filles lâchèrent leur tasse de thé, se jetèrent en avant et prirent Edith dans leur bras, la serrant aussi fort qu'elles pouvaient.
« Eh, vous attendez quoi pour nous rejoindre ? » S'écria Ginny, la voix étouffée par l'épaule d'Edith.
Hermione n'hésita pas, puis Dancia, et enfin, Edith fut entourée par un mélange chaleureux de bras et d'affection. Elle sourit, sentant une fois de plus les larmes lui monter aux yeux. Elle était aimée, elle était désirée.
« Vous êtes géniaux... je ne sais pas ce que j'ai fait pour vous mériter... »
« Le mérite n'a rien à voir avec ça... tu aurais du être aimée dès le début. » Répliqua Hermione avec détermination.
Le câlin de groupe dura plusieurs minutes avant que tout le monde se recule pour qu'Edith continue son histoire. « Les gens disent que la peur vous rend faible... mais je pense qu'en fait, elle m'a donné un nouveau point de vue sur ce qui m'entoure. »
« Que veux-tu dire ? » Demanda curieusement Dancia.
« En fait, quand je voulais éviter Vernon ou Dudley, j'allais en ville et je me baladais dans les rues... quand tu es là-bas, tu voix plein de choses qui ne sont pas sur les brochures d'accueil... »
« J'ai vu des gens abandonnés dans la rue, tenant des gobelets en espérant que quelqu'un leur donnera assez pour manger... j'ai vu des gens être braqués dans les magasins ou dans les petites ruelles, et quand quelqu'un est témoin, ils n'aident même pas. Ils se contente de continuer leur chemin, même quand quelqu'un est blessé, avec un couteau ou une arme à feu... »
Ses yeux devinrent froids et sa voix cinglante, d'une force que Sally associa au moment où elle avait confronté Nott durant leur première année, où quand elle avait affronté Voldemort.
« J'ai réalisé que ceux qui contrôlent le monde sont des lâches... les agences d'espionnage parlent de certaines limites qu'il est 'nécessaire' de franchir pour maintenir leur précieuse balance, mais ils ne veulent pas franchir ces-dites limites pour empêcher leur propre peuple de souffrir, ou les aider à moins souffrir. Le gouvernement raconte qu'ils tiennent à tout le monde, pourtant tellement de gens souffrent ou sont discriminés simplement parce qu'ils sont différents. J'ai observé ces rues et j'ai vu des caniveaux plein de sang et de souffrances... et je ne pouvais pas aider ces gens, pas beaucoup en tout cas. Je ne pouvais pas faire grand chose à l'époque. »
« Vous savez que je suis déjà allé à Ste Mangouste ? » Tout le monde, sauf Hermione, secoua la tête.
« On y est allé ensemble. » Se souvient la brune. « Je suis tombée sur le trottoir et je me suis ouvert la lèvre. Ma mère, Edith et moi y sommes allé, on s'attendais à attendre des heures avant qu'on doive me recoudre, mais une femme est arrivé, a agité sa baguette et a refermé la plaie sans aucune douleur, en seulement quelques secondes. »
« Ils soignent et remettent des os en place en un jour, ils guérissent les maladies du genre cancer comme si c'était un simple rhume, et les seuls patients qu'ils ne peuvent soigner sont ceux du service psychiatrique. Et c'est uniquement parce que l'esprit est plus compliqué à guérir que le corps. »
Edith secoua la tête. « Avez-vous une idée du nombre de moldus qui meurent du cancer chaque année ? Des centaines, littéralement, et encore je suis gentille ! Combien de philosophes, d'ingénieurs, de politiciens meurent chaque année quand un traitement instantané est caché dans un monde trop sûr de sa supériorité pour le partager ? Combien de sans-abri pourraient facilement dormir dans une tente qui fait la même taille qu'une chambre d'hôtel ? Combien de ressources pourrait-on obtenir avec un simple sort de réplication de cinquième année, au lieu d'endommager la Terre pour les acquérir ? »
« Le Statut du Secret est la pour protéger les moldus. » Contra faiblement Hermione.
« Ouais, eh bien s'ils meurent, il n'y a pas vraiment de protection, pas vrai ? » Rétorqua Edith. « Et où était cette protection quand Voldemort les assassinait en masse pendant la première guerre ? La police et l'armée s'arrachaient les cheveux parce qu'ils n'arrivaient pas à comprendre qui était derrière ces 'attaques divines' causant tellement de morts. Ils étaient sans défense, incapable de protéger les gens qui avaient besoin de leur aide, tout simplement parce que le monde magique refuse de partager ses secrets ! »
Edith se leva et commença à marcher de long en large. « Je me souviens parfaitement n'avoir voulu qu'une seule chose : que plus personne ne souffre comme moi j'ai souffert. Tellement de gens sont capable de changer le monde, mais ils refusent, parce qu'ils n'ont pas l'ambition de le faire. Ils ne veulent pas se mouiller. Le monde magique n'est pas différent. Mes parents se sont battus, ils ont saigné et ont été tués pour stopper les préjugés du sang, et maintenant que la guerre est terminée, qu'est-ce qui a changé ? »
Seul le silence lui répondit, même Dancia et Tracey, dont les parents étaient des fervents croyants de la pureté de sang, ne trouvaient quelque chose à redire. « Absolument rien. » Soupira Edith. « Une fois encore, les criminels sont libres parce qu'ils sont 'trop utiles' ou qu'ils ont suffisamment d'argent et d'influence que les preuves de leur culpabilité ne comptent pas. Ce monde est imprégné de racisme, le gouvernement est tellement corrompu que la plupart des moldus se seraient déjà révoltés, et personne ne veut changer ça. »
« Notre gouvernement n'est pas- » Commença Dancia.
« Quel genre de gouvernement envoie des monstres voleurs d'âme dégouttants pour protéger des enfants ? » S'écria Hermione, faisant tressaillir Dancia qui finit par secouer la tête de dépit.
« Ces monstres voleurs d'âme seraient classifiés comme un crime contre l'humanité dans le monde moldu. » Nota Edith. « Sans parler de l'absence de procès dans ce cas, c'est de la torture institutionnalisée, ils sont juges, jurés et bourreaux, même si au lieu de perdre la tête, la victime perd son âme, ce qui est presque pire. »
« Vous êtes mes amis, et je veux vous protéger. C'est ce que je fais depuis notre première année, c'est ce que j'ai toujours essayé de faire avec mes amis. »
« Je me souviens. » Murmura doucement Sally. Ginny hocha la tête, Edith venait toujours la défendre quand les autre Serpentard la traitaient de 'Traitre à son Sang'.
« Je veux protéger tout le monde. » Edith cessa ses vas-et-viens, serrant les poings. « Je veux effacer toutes ces douleurs chez les gens, absolument tout le monde. C'est mon but. Mon futur. Mais... je sais que je ne peux pas le faire seule. »
Elle regarda ses amis un à un. « M'aiderez-vous à atteindre ce but ? Un futur meilleur, pour les moldus, les nés moldus, les sang-mêlés et les sang pur, sans distinction ? Pour le monde entier ? »
Il y eut un silence, avant que Sally ne prenne la parole. « Tout ce que tu dis a du sens, Edith. Je suis d'accord, le monde doit changer. Tu sais que je t'aiderai, quoi que tu me demande... »
« Moi aussi. » Ajouta Ginny.
« On est avec toi depuis des années. » Sourit amicalement Blaise. « J'ai toujours pensé que tu avais beaucoup d'ambition, c'est pour ça que tu a été répartie à Serpentard au lieu de Gryffondor, Serdaigle ou Poufsouffle. Compte sur moi. »
« J'en ai marre d'être traitée de 'Sang-de-Bourbe'. » Marmonna Hermione. « Je ne peux pas le nier. »
« Nous pouvons rendre le monde meilleur... » Songea Daphne. « Pour un futur plus lumineux... ça me plaît. »
« Je veux rendre le monde meilleur, moi. » Continua sa sœur, jouant avec les boucles d'oreille en rubis qu'elle ne quittaient jamais. C'était un cadeau d'anniversaire de la part de sa mère, qui désirait elle aussi ce genre de choses.
Edith sourit. « Vous... vous êtes mes amis. Ma famille. Ma justice. »
