Chapitre 15-2

Le puit de lumière au-dessus du lit laissait voir un ciel maussade et gris qui annonçait l'automne proche. Perdu dans ses pensées, Trunks observait les nuages épais, allongé sur le dos, une main calée derrière la tête. Cette vue du ciel avait été son seul lien avec le monde extérieur depuis plusieurs jours et à la vérité, il n'avait pas vraiment envie d'en savoir plus sur ce qui pouvait bien se passer en dehors de son appartement. Il soupira silencieusement, conscient qu'il allait pourtant bien falloir retourner à une vie plus routinière.

Il tourna les yeux vers le corps de Goten étendu à côté de lui. Son ami lui tournait le dos mais sa respiration sonore indiquait qu'il dormait encore. Goten était couché sur le ventre, la tête enfouie dans son oreiller qu'il enlaçait de ses bras puissants. Dans son sommeil, il s'était à moitié découvert dévoilant sa peau nue au grain parfait.

Trunks retenait son souffle, totalement immobile tandis qu'il contemplait le corps de son amant du coin de l'œil. Les courbes de ses épaules se fondaient dans la chute vertigineuse de sa colonne vertébrale comme un vallon serti entre ses omoplates saillantes et sa cage thoracique. Les draps chiffonnés empêchaient Trunks de voir au-delà de l'arrondi de ses fesses et il se retint de soulever ce voile gênant. Il ne fallait pas. Depuis qu'ils étaient rentrés, ils n'étaient pas sortis une seule fois et ils avaient du baiser… Trop de fois pour les compter.

Trunks se serait contenté de cette vie-là mais il savait que ce n'était pas la vraie vie, les choses ne marchaient pas comme ça. Si elles avaient marché comme ça, ils ne se seraient jamais séparés. Trunks avait retenu la leçon et il savait que le vrai combat n'avait pas encore commencé.

Il détourna son regard de Goten et considéra à nouveau le ciel au-dessus de leur tête. Il remarqua pour la première fois que les nuages étaient si blancs qu'ils en étaient lumineux à la place du soleil. L'idée le fit sourit en même temps qu'elle insufflait en lui un extraordinaire sentiment de confiance.

Un bourdonnement nerveux brisa le silence apaisant et interrompit ses pensées brutalement. Il dressa l'oreille et comprit que son portable sonnait quelque part au fin fond de l'appartement. Le monde extérieur. Impitoyable et tout-puissant monde extérieur.

Trunks n'était même plus sûr de savoir depuis combien de temps ils étaient rentrés. Quatre jours, peut-être cinq, il lui semblait que ça n'avait aucune importance. Durant tout ce temps, Goten et lui avaient cessé de s'inquiéter de ce monde extérieur mais il revenait à la charge bien sûr, y compris par téléphone interposé.

"C'est parti," murmura Trunks pour lui-même. Il se redressa et tira doucement le drap pour recouvrir Goten avant de se lever. Il frissonna à la fraicheur qui caressait sa peau nue en dehors du lit. Il enfila machinalement un caleçon et un T-shirt avant de sortir de la chambre sur la pointe des pieds.

Le reste de l'appartement était en réalité fait d'une seule pièce, une cuisine ouverte sur un grand salon. Il considéra le désordre indescriptible qui régnait sur les lieux. Les cartons de nourritures à emporter jonchant le sol, les miettes dispersées sur le tapis, la table encombrée de verres et de cadavres de bouteilles. Le spectacle était apocalyptique et pourtant, Trunks ne put s'empêcher de sourire inconsciemment. Goten et lui ne s'étaient souciés absolument de rien ces derniers jours, et surtout, ce chaos était la preuve indiscutable que Goten était vraiment revenu dans sa vie.

Quelques semaines auparavant, Trunks aurait bondi de rage de trouver son appartement si lamentablement dévasté mais aujourd'hui, ça ne suffisait même plus à l'agacer, et cela lui fit prendre conscience à quel point la magie entre Goten et lui opérait toujours. Déjà, à l'époque où ils avaient vécu ensemble, il s'était surpris à accepter leurs différences avec une facilité déconcertante. Il tolérait chez lui des défauts qu'il ne supportait pas chez les autres.

Et rien n'avait changé. C'était très bizarre, c'était comme s'il ne s'était jamais vraiment quittés. A leur retour, Trunks devait admettre qu'il avait redouté que leurs retrouvailles ne soient pas aussi intenses qu'il l'avait espéré. Après tout, ils avaient été séparés pratiquement un an et pendant ce temps, chacun avait fait son chemin. Trunks lui-même reconnaissait volontiers que ces douze derniers mois l'avaient changé et il avait tellement idéalisé son amour pour Goten que la réalité aurait pu être décevante. Mais non. Il y avait entre eux un lien naturel, une complicité inébranlable qui faisait que tout était toujours simple et spontané. Une sorte d'alchimie inexplicable.

Il repéra le portable sur le comptoir de la cuisine à côté d'une tasse sale contenant encore un fond de café figé. Las de l'attendre, l'appareil s'était tu. Trunks s'en empara et déroula les appels en absence. Ils étaient nombreux, certains inconnus, d'autres de la Capsule, et surtout, les derniers étaient tous de Bulma et il y avait des messages. Il passa une main sur son visage pour chasser les dernières brumes de sommeil de son esprit et alluma la cafetière en appelant sa messagerie.

Il n'écouta quasiment aucun message en entier. Il archivait ceux d'Irina dès qu'il reconnaissait sa voix, il fit de même avec celui de la concierge, celui d'une fille qu'il avait n'avait pas revue depuis des lustres et il arriva enfin à celui de Bulma. Il n'y en avait qu'un. "Trunks, si tu ne te décides pas à me rappeler, je te jure que je débarque chez toi. Tu as jusqu'à midi."

Le ton sec sur lequel elle avait lancé cet ultimatum lui noua aussitôt l'estomac. Un ultimatum de Bulma était toujours quelque chose de sérieux. Le monde extérieur avait donc fini par trouver son chemin jusqu'à lui.

Il se servit une tasse de café et après quelques gorgées, il composa le numéro de sa mère. Il y eut à peine une sonnerie avant qu'elle ne décroche.

- Son Altesse est de retour sur Terre, bonjour mon fils, lança-t-elle aussitôt.

Au son de sa voix, il n'était pas sûr si elle était contente de l'entendre ou excédée qu'il ne l'ait pas rappelé plus tôt.

- Bonjour Maman, comment vas-tu? Salua-t-il d'une voix hésitante.

- Plutôt pas mal. Je suis à la recherche de mon fils, tu l'aurais pas vu quelque part?

- Je suis chez moi, Maman. Je t'avais dit que je rentrais, soupira-t-il.

Il y eut un blanc au bout du fil et il jura qu'il l'avait entendu soupirer elle aussi. Elle reprit d'une voix plus douce.

- Je sais où tu es "physiquement", Trunks, mais J'ai besoin de te voir. Tu peux m'accorder une heure?

- Bien sûr, Maman, ne dis pas ça comme si tu étais une étrangère. Quand tu veux.

- Dès que possible. Je suis à la Capsule, tu peux me rejoindre là-bas.

- A la Capsule? S'étonna-t-il, qu'est-ce que tu fais là-bas?

- Je remplace le Président figure-toi. Il est parti depuis plus d'une semaine sans donner de nouvelles.

Trunks fronça inconsciemment les sourcils. Ça faisait donc plus d'une semaine? Ça ne lui avait pas paru si long. Il prit une gorgée de café tout en réfléchissant et jeta un œil à l'horloge murale avant de répondre.

- Je serais là dans une heure, ça te va?

- Bien sûr. A tout à l'heure mon chéri.

Quand elle eut raccroché, il resta un instant à regarder dans le vide. Sa conversation avec sa mère avait bizarrement éveillé un mauvais pressentiment en lui.

Il se doucha et s'habilla le plus silencieusement possible. Quand il fut prêt à partir, Goten dormait toujours profondément. Il lui jeta un dernier regard. Comme à son habitude, son amant s'était étalé en travers du matelas dès que Trunks s'était levé et il dormait maintenant dans l'un de ses positions impossibles, à moitié enroulé dans la couette. Le spectacle rappela à Trunks que quoiqu'il arrive aujourd'hui, ça ne pourrait jamais entamer le bonheur de l'avoir à nouveau auprès de lui.

Tandis qu'il s'engageait dans la circulation dense du centre-ville au volant de son éternel quatre-quatre, il réalisa qu'il ressentait une sérénité inhabituelle. Rien ne parvenait à limer ses nerfs comme c'était le cas en temps normal. Ni la pluie timide qui ralentissait le flot des voitures, ni l'attente interminable aux feux rouges, ni les coups de klaxons rageurs qui retentissaient de temps à autres. Rien ne semblait pouvoir l'atteindre.

En entrant dans le hall de la Capsule, il s'aperçut qu'il ne s'était même pas donné la peine de mettre un costume pour venir. Les visages étonnés des employés qu'il croisait lui rappelait que c'était un détail totalement inédit ici. Son jean et sa veste en cuir lui attirèrent des regards inquiets ou amusés et il se demanda un instant si, en fait il ne devait pas sa crédibilité uniquement à sa cravate. Il avait l'air définitivement trop jeune quand il était habillé normalement.

Il remonta le couloir du dernier étage en répondant distraitement aux saluts des personnes qui le croisaient. Certains ne semblaient même pas sûrs de le reconnaître et hésitaient à l'appeler "Monsieur Briefs" ou "Monsieur le Président" selon leurs habitudes. Apparemment quelque chose avait changé.

Irina lui adressa un sourire éclatant quand il entra dans le secrétariat. Elle semblait ravie de le revoir et elle affichait une mine exceptionnellement radieuse.

- Bonjour Irina.

- Monsieur Briefs, vous êtes enfin de retour. Vous avez fait un bon séjour?

- Excellent, merci. Ma mère est là? Elle m'a demandé de la retrouver ici.

Irina hocha la tête et lui indiqua son propre bureau. Il entra sans frapper avec l'assurance de celui qui est chez lui. Bulma était assise à son bureau et parlait au téléphone. A son ton de voix et à son froncement de sourcil, il sut qu'elle était contrariée par son interlocuteur. Bizarrement, cela lui donna envie de rire mais il réprima son sourire et s'affala dans l'un des fauteuils en face du bureau en attendant patiemment qu'elle ait terminé.

Quand elle reposa le combiné elle leva les yeux sur lui et le contempla sans se décider à parler. Il la dévisageait en retour et s'amusa de remarquer un trait de stylo sur son menton. Elle finit par lui sourire.

- Je t'ai déjà dit à quel point tu étais beau? Quand je te vois je m'émerveille d'avoir si bien bossé, je dois dire, releva-t-elle.

Il eut l'impression de rougir à cette remarque. C'était stupide, Bulma était sa mère et tout ce que son fils faisait ou disait était officiellement brillant à ses yeux. Elle se leva et lui fit signe de la suivre jusqu'au coin salon où il avait coutume de recevoir ses visites moins officielles. Il obéit et attrapa une canette de soda en passant près du mini-bar.

- Alors, vous êtes bien rentrés d'Eloma? Demanda-t-il sans réfléchir.

- Notre avion ne s'est pas crashé, comme tu peux le constater. Ou est-ce que tu me demandais comment s'est passé le mariage? Répliqua-t-elle.

Il serra les lèvres. Eloma, un sujet délicat qu'il n'était pas si pressé d'aborder. Il aurait pu se baffer de l'avoir lancé lui-même. Il s'approcha du sofa avec sa limonade et se laissa tomber dans les coussins en face du fauteuil de sa mère.

- Comment s'est passé le mariage, alors? Reprit-il.

Bulma ouvrit un coffret en bois et en tira une cigarette qu'elle alluma. Il faillit lui demander de ne pas fumer dans son bureau puis se ravisa en considérant que ce n'était plus vraiment son bureau ces derniers temps puisqu'il vivait d'amour et d'eau fraiche, enfermé dans son appartement avec Goten, tandis que sa mère faisait son boulot à sa place.

Elle recracha la fumée nerveusement et le regarda droit dans les yeux.

- Une catastrophe. Tu mérites de savoir, je vais te raconter, annonça-t-elle.

Trunks prit une gorgée de sa canette pour se donner bonne contenance mais il n'avait pas vraiment envie d'entendre. Le ton de sa mère laissait cependant entendre qu'il n'y couperait pas.

- Je ne sais pas ce qui a été le plus dramatique. Ce que Goten et toi avez fait ou la façon dont ton père s'est retrouvé à tout raconter devant tout le monde. Tu sais à quel point il est diplomate, n'est-ce pas?

Trunks ne put réprimer une grimace en imaginant avec quel tact Végéta avait pu expliquer à toute la noce que Goten et lui s'étaient barré et pourquoi ils l'avaient fait.

- Quoiqu'il en soit, quand Chichi a commencé à demander où Goten était passé, les choses ont commencé à déraper sérieusement. Tu peux imaginer la scène? Végéta lui a annoncé devant une foule de gens, dont la petite amie de Goten, ses parents et les mariés, que la dernière fois qu'il avait vu Goten, il était parti à ta recherche pour s'excuser d'être un minable et que vu qu'il ne revenait pas, il était très probables que vous soyez tous les deux en train de baiser quelque part.

Trunks eut les plus grandes peines à s'empêcher d'éclater de rire.

- Ça, c'est avant que Gokû estime utile de préciser que, d'après lui, vous étiez quelque part au-dessus de l'océan entre Eloma et la Capitale de l'Ouest et qu'il n'était pas sûr que vous étiez en train de baiser, ajouta Bulma avec le plus grand sérieux.

Trunks plaqua sa main sur son visage pour dissimuler son sourire et se mordit la langue pour museler le rire menaçant qui montait dans sa gorge. Bulma pour sa part semblait surtout affligée par son récit.

- Ces deux imbéciles avaient l'air de beaucoup s'amuser. Chichi a aussitôt fait une scène, crise de larmes, hurlement de frustration, je te passe le reste. Tu vois l'ambiance? Toute l'attention était focalisée sur nous. La copine de Goten s'est barrée aussitôt, les mariés étaient au comble de l'embarras. Bref, plus personne n'était plus d'humeur à la fête, à part ton père et Goku qui ont dévasté le buffet.

Trunks mit une minute avant de reprendre son sérieux, son visage toujours dissimulé dans sa main sous le regard scrutateur de sa mère. Finalement, il soupira.

- Je suis désolé pour ça, on va appeler Marron, annonça-t-il.

Bulma hocha la tête avec indifférence.

- Et Chichi? Ajouta-t-elle.

- Chichi? Pourquoi Chichi? Sursauta Trunks avec incrédulité.

- Elle est la mère de Goten, Trunks. Elle est ce qu'elle est, mais elle ne mérite pas ça. Bordel, tu l'as quasiment assommée avec une table, Trunks! C'est comme ça que tu règles les problèmes? C'est…

Elle s'interrompit et écrasa grossièrement sa cigarette.

- Oublie tout ça, marmonna-t-elle.

Trunks avait les dents serrés. Sa haine pour Chichi demeurait indomptable, il ne pouvait s'imaginer la moindre grâce. Qu'elle crève. Il leva les yeux sur sa mère et la trouva subitement fatiguée. Elle le fixait comme si elle voulait lui dire quelque chose sans trouver les mots. Elle se leva doucement et s'approcha de lui. Elle passa sa main dans les cheveux et déposa un baiser sur sa tête.

- T'as toujours été turbulent. Depuis tu étais tout petit, t'as toujours été comme ça, mais au moins tu te souciais des autres. Tu es devenu si dur depuis le début de cette histoire avec Goten, si intraitable. Tu ne me parles plus, tu penses que je ne peux pas comprendre et tout finit toujours en disputes entre nous. C'était pas comme ça avant.

Elle avait parlé d'une voix lasse et il comprit subitement que son discours sur Chichi n'était peut-être qu'une façon d'attirer l'attention sur elle, sa mère à lui.

Il leva la tête pour croiser son regard. Il devait admettre que ce qu'elle disait sonnait juste. Il reconnaissait qu'il avait été dur pendant toute cette dernière année et il s'était éloigné d'elle. A bien y réfléchir, en étant totalement honnête, quelque chose s'était fissuré entre eux depuis le jour où il lui avait confessé qu'il couchait avec Goten. Il n'avait jamais vraiment voulu se l'avouer mais il avait été déçu par sa réaction. Il avait attendu une ouverture d'esprit total, un soutien inconditionnel, il avait espéré qu'elle se réjouisse pour lui. Au lieu de ça, elle s'était montrée réservée, décontenancée par sa révélation et d'une certaine façon, il ne lui avait jamais pardonné. Peut-être qu'il avait été injuste après tout.

- Je l'aime, chuchota-t-il, incapable de mieux résumer ses raisons.

Elle lui sourit.

- Je sais, Trunks. Je ne suis pas idiote. Pourquoi tu ne me l'as jamais dit aussi simplement? Tu crois que je ne sais pas de quoi tu me parles? Tout ce que j'ai su de votre histoire, c'est que vous couchiez ensemble et que ça t'a conduit à agresser Alice dans un accès de jalousie. Et puis Goten est parti quand même, te laissant en mille morceaux. Tu es devenu agressif, renfermé. Et vous voilà maintenant de retour à la case départ. Est-ce que j'ai le droit de m'inquiéter pour toi, Trunks? Est-ce que j'ai le droit de me demander si ça va pas recommencer?

- Ça recommencera pas. Cette fois-ci, c'est différent, répliqua-t-il d'une voix ferme.

Elle hocha la tête, elle souriait toujours.

- Je te crois. Mais si tu as de nouveaux problèmes, tu m'en parleras? J'ai appris la réaction de Chichi envers Goten, Gohan a fini par me le raconter mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant? Peut-être que j'aurais pu… Tu sais… Avoir des mots de mère s'adressant à une mère. Qui sait?

Trunks réalisait qu'il avait cessé de considérer Bulma comme une alliée depuis longtemps. Il lui avait inexplicablement retiré sa confiance et ça avait généré tellement de malentendus. Il se souvenait qu'il lui en avait terriblement voulu d'avoir interdit à Goten de venir le voir avant le procès et il comprenait maintenant qu'elle avait juste pensé le protéger parce qu'il ne lui avait rien raconté de ce qui s'était réellement passé. Elle avait navigué dans le brouillard, évitant tout ce qu'elle avait pensé être un obstacle sur la route de son fils.

- Je m'en souviendrai maman, mais ne t'inquiète pas, je sais où je vais maintenant.

- Hm. J'ai su ça, dit-elle avec amusement.

Il lui lança un coup d'œil interrogateur tandis qu'elle se dirigeait vers son bureau et prenait quelque chose dans l'un des tiroirs. Elle lui balança un magazine qui atterrit juste à côté de lui sur le sofa.

- Très joli cliché, soit dit en passant. J'hésite à l'encadrer pour mon salon, déclara-t-elle avec un petit rire.

Trunks considéra le journal et la photo de Goten et lui s'embrassant passionnément dans le hall de l'aéroport. Enfermé loin du monde derrière les murs de son appartement, il avait déjà oublié cet incident. Il sourit et examina l'image avec attention. Sa mère avait raison, elle était magnifique. Il prit conscience que cette diffusion dans un journal à scandale expliquait certainement l'embarras et la surprise chez les gens de la Capsule qu'il avait croisés en venant. Il avait cru que c'était sa tenue décontractée, mais bien sûr c'était la photo, d'autant que Goten avait travaillé ici et que certains devaient encore se souvenir de lui.

Quand il releva la tête, il trouva sa mère accoudée sur le dossier du sofa.

- Alors, maintenant que les choses sont rentrées dans l'ordre, quand est-ce que tu reviens bosser? J'en ai déjà marre de te remplacer, tu sais.

Trunks cilla et s'aperçut qu'il n'y avait pas du tout réfléchi. Il ne se sentait pas du tout prêt à replonger dans le monde impitoyable des affaires.

- Heu… Tu me laisses quelques jours? Bredouilla-t-il timidement.

Bulma fit la moue.

- Je peux rien te refuser. Traine pas.

- Merci, m'man.

Comme pour illustrer leur sujet de conversation, le téléphone se mit à sonner sur le bureau et Bulma partit décrocher avec un soupir agacé.

Pendant qu'elle parlait, Trunks roula le magazine et le fourra dans sa poche. Il se leva et fit un signe de main à sa mère avant de disparaître.

- Vous repartez déjà, Monsieur Briefs? Je croyais que vous étiez de retour, déclara Irina avec déception.

- Pas aujourd'hui, Irina. Plus tard. Bonne journée.

Tandis qu'il regagnait le parking, il s'appliqua à ignorer les coups d'oeil curieux et étonnés qu'on lui lançait et dont il comprenait maintenant le sens.

Le silence du parking souterrain quand il referma la porte de la voiture lui sembla apaisant subitement. Il repensa à sa mère et se jura de veiller sur elle un peu mieux.

En débouchant dans la rue depuis la rampe du parking, son sang se figea tandis qu'il repéra une silhouette familière. Il s'arrêta sans réfléchir le long du trottoir et ouvrit la porte du côté passager.

Tao grimpa dans la voiture sans une hésitation et Trunks redémarra.

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