Je suis de retour! Et pas toute seule, puisque je vous ramène un long chapitre de 15 pages words, soit plus de 9000 mots! Oh joie et bonne humeur quand tu nous tiens hahaha. Hem...désolé du retard ^^'.
Réponse aux reviews:
-Thalia: C'est un plaisir pour moi de vous gâter de nouvelles aventures! En effet, Sesshomaru est trop sublime pour que je puisse réellement parler de lui sans craindre de manquer à son personnage originel...seul Rumiko serait en mesure de le respecter...puisque c'est elle qui l'a crée =_=. Quand à Hiroyichi, pas de souci je lui consacre tout un chapitre, dans le prochain, tu comprendras beaucoup de chose. En attendant, bah, on va bien voir comment Kumiko se débrouille. Mais quelque chose me dit que ça va chauffer.
-Cynthia: et c'est toujours un plaisir d'être lu par d'aussi fervent admirateur que vous^^. Merci beaucoup.
-memelyne: Kikou ma belle. N'est-ce pas qu'elle est romantique mon histoire^^ je l'avais dis, plus de romance et moins d'aventure et de remise en question. certes il fallait passer par ce genre de révélation, mais c'est en les apprenant qu'on remarque à quel point les gens changent ou ont changés. Quand à leur mérite, ne t'inquiète pas ils auront largement mérités ce qu'ils auront. Je ne suis pas une adicte des Bad End et autres tragédies qui finissent mal, donc pas de souci la dessus. Sinon oui, quand j'ai vu la mère de Sesshomaru elle m'a tout de suite fait penser à Yue dans Card Captor Sakura (mon deuxième perso préféré dans ce manga, le premier étant la carte du vent^^'). Sinon pour l'heure, je suis en plein hésitation. J'ai déjà rédigé le premier chapitre de cette fanfiction dont je t'ai parlé, mais comme j'ai pas mal de truc à faire, je pense que je ne la posterai pas pour tout de suite. Mais pas de souci, je te tiendrai au courant quand j'en aurai décidé de la poster^^.
-lion: séquence d'action mode On^^. Bonne lecture, ma chère. J'ignore si je referai un point de vue Sesshomaru dans cette fanfiction. Peut être dans une autre^^.
-Hyna: n'est-ce pas que son humour déplacé et insolent nous manquait? Disons que ça donne du peps à l'hypocrisis qui régnait à l'époque.
-Sywenn: Je suis passée par là aussi si ça peut te rassurer et je sais ce que tu ressens. Mais bon, contente de te revoir parmi nous^^. A quand la suite?
Aller, j'arrête avec mes réponses et je vous laisse savourer ce magnifique chapitre.
PS: j'ai trouvé du travail à Sanofi Aventis et je vais devoir réviser ma chimie organique donc je ne promets rien quand à la future suite. Considérée cela comme si j'étais partie en vacance^^.
Kiss et bonne lecture.
Murmures d'un amour éterne.
Chapitre 15 : Mission infiltration, ça va chauffer !!
Le château de la Dame Yue se situait à l'extrême Sud-ouest du Japon, non loin d'îles inhabitées et surtout non loin de la fameuse plaine où s'eut déroulé autrefois le grand combat du Clan du Dragon, opposant les oppresseurs à Sesshomaru.
Durant cette période, je n'avais pas été présente à ses côtés pour le soutenir dans ses engagements et à cause de cela une flèche s'était fichée dans son cœur. J'aurais volontiers préféré ne pas me rappeler ces images atroces où je revoyais avec souffrance la pointe en argent traverser l'armure comme un couteau brulant trancherait le beurre et la tige coulée de métal s'enfoncer davantage. Il m'avait été insupportable également de revoir l'expression du visage de mon aimé à ce moment là : de l'apaisement. L'apaisement caractéristique de celui qui se meurt, celui qui perd doucement son fluide vitale tandis qu'une immense peur remplissait le mien. Et le pire, se fut quand il ferma les yeux, pour ne plus les ouvrir à nouveau. A ce moment là, j'avais ressenti une puissante détresse, comme ci le monde autour de moi s'était effondré et que les ténèbres s'agrippaient à mon corps en m'entraînant dans de sombres abysses de lamentations et de solitudes.
Envisager de poursuivre l'éternité sans lui équivalait à vivre éternellement sans rassasier sa faim ou sa soif, à errer continuellement dans un labyrinthe fait d'arbre et de pierre, seule. Et même si cela était du passé, mon cœur se rongeait d'angoisse à craindre le pire.
Cette Yue m'avait vraiment craché la vérité à la figure, et je n'en revenais toujours pas de m'être laissé ainsi découvrir sans avoir une once d'intimité à dissimuler. J'avais été mise à nue, décortiquée, analysée de toute part et j'avais été forcée d'avouer ce que je n'osais pas affirmer à moi-même.
Cependant, j'avais enfin compris ce qu'attendait Sesshomaru de moi, ce que j'étais pour lui. Et de savoir cela me donnait la sensation de voler. Voler sur un ciel azur, voler vers lui qui m'attendait certainement.
Mais je ne volais pas. Pas dans l'immédiat disons. Parce que les bonds incroyables que faisait la louve géante sur laquelle je me trouvais correspondaient à plus d'une dizaine de mètres. Elle décollait littéralement du sol et s'envolait vers un point invisible de l'horizon, pourfendait les vents avec véracité et ignorant totalement les lois de l'apesanteur. Ses puissants muscles la propulsaient à une vitesse vertigineuse si bien que je n'avais le temps de voir le paysage alentour défiler. Nous aurions été poursuivies par une horde de léopards sanguinaires, qu'ils n'auraient eu aucune chance pour nous rattraper. Ses longs poils argentés rejetaient des éclats lumineux provoqués par les rayons du soleil et quand nous atterrissions dans une petite clairière boisée, je m'émerveillais des millions d'étoiles que son pelage formait autour de nous, sur l'herbe verte ou les troncs bruns.
Nous étions silencieuses comme les murmures et chacun de ses bonds ou de ses mouvements s'opéraient avec utilité et économie d'énergie. Sa respiration sifflante était régulière et puissante, mais aussi silencieuse. Il n'y avait que ses légers grognements irréguliers qui témoignaient de l'effort.
Mais cela ne sembla pas pour autant l'épuiser, bien au contraire plus nous nous approchions de la Cité Impériale, moins la louve s'attardait sur le sol. Elle accéléra encore et ce qui aurait dû nous prendre une bonne journée de marche ne nous occupa que la moitié de la nuit. Quand nous fûmes à l'orée des grandes murailles qui délimitaient les fermes et villages avoisinants de la cité, la louve s'arrêta dans des fourrées non loin et ne fit plus un seul geste.
Se respiration sifflante se calma en de régulières inspirations légères et ses oreilles se mirent aux aguets. Prudente, elle s'accroupit pour me laisser descendre et attendit que je fus sur mes pieds pour se redresser et attendre à mes côtés, me reniflant pour connaître mon état d'esprit.
Caressant pensivement l'encolure tout en analysant les rondes des gardes et la surveillance, je m'avançai prudemment jusqu'aux derniers arbres protecteurs.
Là je me retournai vers la louve :
« -Ecoute-moi bien, il serait plus prudent que tu restes à l'écart de tout ça. »
Elle grogna légèrement, signe de désapprobation, mais ne sembla pas rechigner pour autant :
« -Je sais que ton rôle et ton devoir sont de me protéger, mais tu risques de me mettre en danger si tu viens avec moi, expliquais-je. Il semblerait que de nombreuses choses se soient produites pendant…mon absence et je ne voudrais pas alarmer l'état général en me ramenant avec une louve qui fait trois mètres de long, même si je serais tentée rien que pour voir la tronche des civils… »
Je me tus et analysai la réaction de la louve à ma remarque. Elle ne sembla pas en prendre compte, aussi ne m'attardais-je pas sur les détails :
« -Si cela peux te rassurer, tu n'auras qu'à rester dans les environs et rester attentive. Si je suis en danger, chose que je doute fort, et que j'ai besoin de toi, je t'appellerai mentalement et tu n'auras qu'à bondir et tout massacrer ! »
Je l'entendis soupirer rapidement, comme pour donner son accord et elle frotta sa joue contre mon flanc une dernière fois, comme pour me dire de rester prudente à l'avenir.
Puis elle disparut dans l'ombre des arbustes, tel un fantôme éphémère sans faire un seul bruissement ou craquer une seule branche. L'ombre blanche ayant disparu, je souris à l'invisible et sortit des fourrés comme si de rien n'était.
Je me dirigeai vers l'entrée principale ou deux gardes jetaient un œil méfiant (ou aguicheur ça dépendant des arrivants) vers tous ce qui bougeaient, animaux ou autres.
Quand un petit garçon ramena dans ses bras un kitsune, le garde se posa juste devant et s'empara de la petite bête :
« -C'est un youkai ! S'écria le garde.
-C'est mon ami, il ne fera de mal à personne, assura le garçon suppliant.
-C'est un youkai ! Répéta le garde en posant le renardeau sur une souche découpée et ensanglantée. »
Puis, tandis que le deuxième garde retenait le petit garçon en larme, le premier brandit une hache qu'il tenait à portée de main et la souleva dans le ciel, menaçant le petit renardeau démon paralysé par la peur.
Ni une, ni deux, je m'avançai vers le garde et me posai juste devant le garde, les poings serrés posés sur les hanches.
Le garde abaissa vivement sa hache et me menaça :
« -Ecartes-toi donc paysanne !
-Qui traites-tu de paysanne espèce de gros gorilles bouffis ? Rétorquais-je hautaine. De quel droit prétends-tu à la vie d'un être vivant ?
-C'est un youkai, il doit mourir.
-Parce que c'est un youkai, alors il doit mourir ? Mais où est-ce que t'es allé chercher de pareilles balivernes ? M'exaspérais-je. Laissez donc ce pauvre petit tranquille où je serai obligée d'employer d'autres méthodes ! »
Devant la menace, le soldat chercha appui dans le regard de son compagnon. Ce dernier hocha le menton avec un petit sourire narquois ce qui rendit l'assurance à ce premier.
Il se retourna vers moi et déclara :
« -Tous ceux qui tenteront de défendre un youkai devront payer le prix des traitres ! »
Et il abattit sur moi sa hache…qui se ficha droit dans la souche vidée. Voyant son entêtement, je m'emparai du petit fermement et glissai gracieusement aux côtés du garde, à une vitesse qu'il ne pouvait tout simplement pas compter (et pas parce qu'il semblait abruti comme pas deux, simplement parce que c'était trop rapide pour ses yeux d'ivrognes écervelé).
Derrière lui, je lui administrai un coup de paume sur la nuque et il s'effondra de tout son long, l'armure de métal résonnant bruyamment dans toute la petite rue.
Son compagnon se mit en garde et sortit son katana de son fourreau en me menaçant.
Il s'apprêtait à se jeter sur moi quand une voix féminine intervint, détournant toute l'attention vers elle. C'était une femme relativement aisée, portant un magnifique kimono de soie et des cheveux d'un noir d'ébène retombant sur son visage caché par un fin voile.
Plusieurs gardes du corps entourèrent le petit cortège que constituait la femme et ses servantes et se mirent en garde contre l'assemblée de plébéins qui venait de se former par le scandale que j'avais provoqué :
« -Et bien, soldat, depuis quand menace-t-on les Mikos ? Les hommes de votre genre ne savent-ils plus où sont leur place ? Demanda la voix de la femme sur un ton qui laissait présager un sale quart d'heure pour la suite.
-Elle…elle a défendu la cause d'un youkai Madame, accusa le soldat, et elle s'en est prise aux forces de l'ordre !
-Un youkai ? Cracha la femme sous son voile. Tout ce que je vois c'est un renardeau à peine assez fort pour se mouvoir ! Et vous appelez ça un youkai ? Etes-vous donc si stupide de ne pouvoir faire la différence ou faut-il que je me charge de votre cas ?
-Non Madame, répondit-il blême.
-Excusez-vous auprès de Miko-sama avant que je ne vous fasse renvoyer de votre misérable travail de garde ! Ordonna celle-ci. »
Il s'avança vers moi et s'inclina plus bas que nécessaire, bredouillant de piteuse excuse. Sur le coup, j'eus pitié de ce pauvre homme dont la stupidité rivalisait avec la mocheté et l'odeur de sake de basse qualité qui se dégageait de son haleine.
Réflexion faite, je me passerai de davantage d'excuse, son parfum est une insulte à l'odeur en elle-même…
Le nez pincé, je l'ignorai superbement et me dirigeai vers la dame dont la voix ne m'était pas inconnue. Le renardeau tremblant toujours dans mes bras, je m'inclinai respectueusement et remerciai :
« -Merci pour votre soutien, dame.
-Permettez-moi de vous inviter dans ma maisonnée jeune Miko, proposa-t-elle. Vous semblez avoir fait un long voyage et beaucoup de chose se sont produites dans la Cité Impériale, des choses dont vous devriez être tenue au courant. »
Je ne mis guère plus d'une minute avant de lui répondre. Pour l'heure je n'avais aucun moyen de retrouver Kannan parmi les gens de la cité et je n'étais vraiment pas mise au fait des évènements récents, mise à part que Sesshomaru avait littéralement péter son câble et ravageait le Japon à l'heure qu'il était.
Donc j'acceptai avec honneur et commençai à suivre le cortège quand une petite main toute poussiéreuse m'attrapa la manche de mon kimono de Miko :
« -Ano…, fit le petit garçon, Miko-sama…pouvez-vous…
-Oh, pardon, tu veux que je te rende ton ami ?
-Non, s'écria-t-il subitement. En fait, ma maman voulait le tuer ce soir…Mais c'est mon ami et…et vous semblez ne pas être méchante avec les youkais et…
-Tu veux que je le garde ?
-S'il vous plait, supplia-t-il en se mettant à genou. Pitié, gardez-le…sans vous il…il ne survivra pas et…
-Pousses-toi gamin, commença un des gardes du corps.
-Je m'en charge, le rassurai-je en refermant ma prise sur le petit renardeau, tu n'as plus rien à craindre, je m'en occupe.
-Merci Miko-sama, fit le petit garçon au visage apaisé, c'est quelqu'un de bien vous savez, elle n'est pas méchante…
-Elle ?
-Oui, c'est une femelle, raconta-t-il, c'est la petite sœur de mon amie d'enfance. Ma maman servait ses parents dans leurs maisons mais depuis la rébellion, il ne reste plus qu'elle.
-Je vois, comment s'appelle-t-elle ? Demandais-je avec précipitation.
-Elle n'a pas de nom…Mais je suis certain que vous lui en trouverez un très joli ! »
Puis il s'inclina de nouveau et disparut dans les ruelles étroites et humides. J'étais inquiète car nous étions au beau milieu de la nuit et les rues ne semblaient plus être aussi sécurisées que quand Sesshomaru commandait.
En fait, en jetant quelques regards plus concentrés, on remarquait que la population des rues avait augmentée, tandis que les maisons abandonnées ou en ruine se multipliait dans de lourds incendies que personne ne prenaient la peine d'éteindre tant il était inutile d'espérer…
Je suivis mon hôte jusqu'à une assez grande demeure, assez reculée des incendies et proche du Domaine Interdit. Ce dernier d'ailleurs était totalement barricadé et personne ne rôdait autour des grandes murailles avoisinantes, comme si la mort nous attendait là-bas alors qu'avant, courtisans et marchands arpentaient les rues à la recherche de bonnes affaires. Qu'était-il donc advenu de cette cité si prospère ?
Je n'aurais jamais cru que la présence de Sesshomaru soit pour autant dans le maintien de la paix.
Devant ma propre surprise, la dame qui m'avait invité s'expliqua :
« -Tout c'est passé en l'espace d'une semaine, fit-elle d'une voix plus joviale et plus fraiche aussi. Un soir durant, quand le premier coup de l'horloge annonça neuf heures, un cri immensément douloureux se répercuta dans l'ensemble de la Cité et provenait du château. Bien sûr, tout le monde reconnut la voix du Grand Seigneur, mais quand les gardes accoururent pour en savoir plus, il n'y avait plus que des serviteurs hébétés ou inconscients. Le Grand Seigneur avait disparu !
-Disparu ?
-Oui, mais dès le lendemain, des colonies entières de familles débarquèrent à l'entrée des portes pour réclamer l'aide du Grand Seigneur, un chien géant s'en était pris à leur village et avait tout détruit sur son passage. Il ne fut guère plus de trois jours pour que les humains comprennent l'origine du chien géant et ne revendique vengeance auprès des youkais.
-Je savais qu'il existait toujours une tension perceptible entre les deux races, mais jamais je n'aurais osé imaginer que cela se finirait ainsi…soupirais-je malgré moi. Que s'est-il passé ensuite ?
-Tous les youkais de la ville ont rappliqués dans l'enceinte du Domaine Interdit géré par Kyochiro-sama, le second de l'Empereur. Comme sa promise est humaine, cela atténue un peu les attaques mais, tous les youkais qui n'ont pas eut le temps de se mettre à l'abri ont été condamnés ou tués sur le fait. Ce fut un véritable carnage ce jour là, soupira la dame en descendant de son siège. »
Je la suivis distraitement, le corps chétif du bébé kitsune dans mes bras. Elle remuait de temps en temps mais aucun son ne sortait de ses petites lèvres, pas même un cri ou une plainte.
Elle devait avoir faim et être déshydratée.
Nous pénétrâmes dans l'intérieur d'une petite cour ou de rares fleurs avaient survécues à la nuée toxique des fumées des incendies et présentaient leurs délicieux arômes floraux dans l'air. Cela changeait de la chair carbonisé et du bois brulé…
Puis, deux serviteurs vinrent nous ouvrir la porte d'entrée, tandis que d'autres refermaient le portail derrière moi.
Ils étaient tous habillés d'un kimono similaire, d'un bleu délavé présentant l'emblème d'une pièce de ryo. Cet emblème m'était totalement inconnu…
Elle me mena jusqu'à un petit salon et s'arrêta en face de la porte coulissante donnant certainement au jardin. Elle se tenait droite et le voile qui la recouvrait dansait légèrement au vent. Puis elle s'inclina devant une ombre et s'éclipsa légèrement sur le coin de la salle, sans plus jeter de regards sur moi.
L'ombre qu'elle avait saluée bougea doucement, se dressa sur deux jambes et traversa le paravent qui la couvrait de ma vue pour s'exposer à moi.
C'était Kannan. Elle avait beaucoup changé la dernière fois. Ses cheveux d'un blanc d'ivoire avait poussé et frôlait maintenant ses reins et ses yeux que ma mémoire révélait plutôt innocent et enfantin avaient été troqués pour une paire vive et plus sereine aussi. Je reconnus dans son regard, la malice de sa jeunesse et la lueur flamboyante de moments de bonheur.
Elle portait un magnifique kimono de soie blanc et doré, à motif bestiale, allant d'un oiseau de feu sur la manche au combat entre un dragon et un loup sur le dos, dansant dans une étreinte nuancée d'orange et d'ocre.
Son Obi était fixement nouée autour de sa taille, laissant transparaître une fine ligne et une poitrine saillante. Quelque chose avait toutefois changé, je le voyais. Son ventre, autrefois relativement maigrelet voir absenté de tout bourrelet était désormais arrondie de l'intérieur et sortait de ses abdomens en une petite colline encore timide.
Kannan me présenta un sourire de joie et se jeta à mon cou, sans plus de grâce et de manière que celle d'une sœur retrouvant son ainée :
« -Oh Michiko-chan, je suis tellement heureuse de te revoir ! S'écria-t-elle en refermant sa prise sur mon cou.
-Moi aussi, suffoquais-je sous la pression et la surprise. Mais je préfèrerai rester vivante… »
Aussitôt elle se recula et me contempla de toute sa petite hauteur.
Elle m'offrit un second sourire et nous repartîmes dans l'euphorie de nos retrouvailles, en câlins et en embrassades amicales. Je compris, à l'état de mon cœur, qu'elle m'avait manqué.
Elle appartenait peut être à une phase de ma vie un peu…complexe, toutefois l'amitié que j'éprouvais envers cette fille était bel et bien réelle et il n'y aurait aucune amnésie ou autre excuse pour m'en dissuader.
Quand enfin l'émotion de nos retrouvailles se calma, elle m'invita à boire le thé, pour discuter de choses et d'autres :
« -Comment m'as-tu retrouvée ? Demandais-je curieuse.
-J'ai appris ta véritable identité par Kyochiro-sama, raconta-t-elle en soufflant sur sa tasse de thé chaude. Aussitôt je me suis infiltrée dehors et j'ai pris le commandement de cette famille d'humain assez réputé.
-Et…cette femme ? M'enquis-je en portant un regard sur la dame qui m'avait fais venir ici.
-Matha ? Elle est l'une de mes servantes. Elle se fait passer pour moi quand je dois sortir officiellement. Elle savait aussi qui tu étais et comment te trouver au cas où tu viendrais à revenir vivante…
-Donc tu sais ce que je dois faire ?
-Je t'ai attendu, précisa-t-elle, exprès pour ce que tu as à accomplir se produise. Et puis, soupira-t-elle, même si tous les youkais attendaient ta venue pour être conduis sur la fameuse « terre promise », je crois qu'avant tout tu dois retourner auprès du Grand Seigneur et t'affranchir de tes dettes…
-C'est vrai, soupirais-je également. »
Décidément, ils me prenaient tous pour Moïse ou quoi ? Moi je n'étais venue que pour, à l'origine, retrouver ce crétin de Sesshomaru et calmer ses ardeurs de démons. Bon d'accord, le but c'était aussi de le retrouver et de lui dire ce que je ressentais une bonne fois pour toute. Le retrouver et le ramener vers la lumière de la réalité, lui prendre la main et le tirer vers la lumière…
Mes bras se refermèrent sur la petite qui commença enfin à couiner.
Surprise, Kannan s'avança :
« -C'est…c'est un bébé ?
-Oui, l'ami d'un petit humain que j'ai croisé en arrivant. Les gardes voulaient la tuer et j'ai un peu…agitée les choses.
-Elle doit certainement mourir de faim, s'inquiéta Kannan. Passe la moi ! »
J'obéis, sachant que les rondeurs de son ventre présageait d'un petit en cours de route et qu'elle devait par conséquent avoir du lait en réserve. J'avais raison car elle ordonna à ce qu'on retire son Obi et donna le sein à la petite qui s'en abreuva, agrippée à Kannan comme on s'attacherait à la vie.
En attendant que la petite soit rassasiée, nous terminâmes d'organiser le plan :
« -Ce soir quand le couvre-feu sera donné, expliqua Kannan, nous rentrerons dans le Domaine Interdit ensemble.
-Cela n'est pas trop risqué ? Demandais-je inquiète. Tu n'es pas en condition pour ce genre de chose, je peux parfaitement y aller toute seule…
-Non, coupa-t-elle. Il n'y a rien qui me retienne en ces lieux, par ailleurs je serais beaucoup plus en sécurité aux côtés de mon époux qu'ici.
-Hakuryu ? Comment va-t-il ?
-Il doit être mort de peur, rigola-t-elle. Se ne fut guère difficile d'y parvenir mais au final il s'est laissé convaincre que ma présence parmi les humains seraient plus utiles que la sienne pour te retrouver.
-Tu as pris beaucoup de danger pour moi, grondais-je, et qu'aurais-tu fais si tu t'étais fais prendre ? Je ne veux pas avoir sur la conscience les morts de mon amie ou de son futur nouveau né !
-Et toi ? Fit-elle soudainement plus sérieuse. N'as-tu pas pris de risque pour moi ? Combien de coup de bambou t'es-tu pris après ma fuite ?
-Ce n'est pas…
-Pareil ? Coupa-t-elle furieuse. J'ai une immense dette envers toi Michiko…non Kumiko. Je te dois mon bonheur, mon époux, mon enfant ! Je te dois tout. Alors s'il te plait, arrête de t'inquiéter et de te lamenter sur ce qui aurait pu se passer. Rien de tout cela ne changera ce qui est fait. »
Elle avait raison, mais diable que je ne pouvais pas arrêter de m'en vouloir. Elle était enceinte bon sang ! Et le simple fait de l'imaginer sur une estrade avec un bourreau plantant une lance dans son ventre, cela me renversait l'estomac et m'arrachait les tripes. J'avais été trop traumatisée par les évènements produits sur l'île des captifs pour ignorer les violences des humains faites aux youkais…même innocents.
Inspirant profondément, je me tus et consacrai le restant de la journée à surveiller la petite kitsune dormir profondément dans un berceau qu'on avait mis à sa disposition.
Elle était plutôt mignonne, avec de petites rondeurs caractéristiques et des oreilles pointues pas plus grandes que mon pouce. Il n'y avait rien à redire là-dessus, elle était née récemment.
Qu'elle tristesse, songeais-je, quand je pensais qu'elle avait déjà perdue sa mère sans avoir eu le temps même d'en connaître la signification…
A côté d'elle, je pouvais m'estimer chanceuse d'avoir connue la mienne, même pour l'espace d'un quinzième de ma vie…
Dire que cela faisait cent ans que je m'étais endormie. Je me demandais ce qu'était devenu Naomi et les autres. Ils étaient déjà morts depuis longtemps et leurs enfants également. Cependant, je ne pouvais m'empêcher de reconsidérer les choses : comment se serait passé ma vie si mon père n'était pas mort ? Si ma mère ne s'était pas tuée. Si je n'avais pas non plus sauté du haut de la falaise.
Et en y repensant, et envisageant tous les scénarios possibles et inimaginables, je me rendis compte que la voie que j'avais choisi, cette vie même que je menais…était la meilleure que j'aurais pu avoir.
Je vivais dans le monde étrange et merveilleux du passé, là où des valeurs comme la patience et la solidarité étaient importantes et essentielles, là où le respect de la nature et des anciens prônaient sur l'égoïsme et sur l'abus des ressources.
Surtout, c'était le monde où j'avais rencontré Sesshomaru, et pour aucun autre monde merveilleux je ne l'aurais échangé.
Je me rendis compte, à quel point je l'aimais. Mon regard se porta sur l'horizon au soleil couchant, vers l'ouest. Je le connaissais maintenant depuis cent ans, et pourtant cela ne faisait que quelques mois que nous étions restés ensemble.
Je me sentis envahi d'une étrange mélancolie en me rappelant les moments merveilleux que nous avions passés ensemble, de sa façon de me regarder, de son air hautain qu'il prenait quand l'envie lui chantait.
Il était celui qui m'énervait le plus. Son arrogance n'avait d'égale que sa prétention et il m'insupportait à chaque fois qu'il tentait de me faire sienne, esclave et soumise. Il avait essayé de beaucoup de façon, mais une seule avait seulement marché : celle qu'il n'avait escompté dans ses calculs.
Au final, la chose était ironique : je m'étais moi-même soumise à lui, par amour, pour l'amour et de l'amour. Ma dépendance ne venait que de ce sentiment puissant et inconcevable, qu'il croyait faible et qui pourtant régissait l'origine même de la vie.
Nous naissons pour aimer et être aimé, nous mourrons pour résider dans le cœur de ceux qui nous aimaient. Et nous renaissons pour aimer à nouveau, retrouver l'âme sœur avec qui nous étions liés, et aimer encore et encore jusqu'à la fin des temps.
Tel était ce que j'avais compris de Miserere, tel était ce que j'avais compris de moi.
Misericorudisu, Misericordis…La miséricorde…
La capacité d'aimer, de pardonner, d'avoir pitié, même du plus grand et du plus mauvais des criminels. La capacité d'aimer, sans rien attendre en retour. Etait-ce par cette capacité que mon cœur s'était épris de Sesshomaru ?
Non, la chose était différente. Je n'avais pas pitié pour cet enfant qui n'a connu qu'ombre et menace. Je n'avais pas de la compassion pour l'être sans ami et sans véritable famille qu'il était.
C'était plus fort, plus présent aussi. Je voulais agir, devenir son amie, sa famille, son amante, devenir le centre de son monde pour le régir et le rendre heureux…éternellement heureux.
Oui, je voulais que Sesshomaru soit heureux.
Pourtant, combien de personnes avaient péries de sa main ? Combien d'innocent était mort sans connaître le nom ou la raison de l'assassin ?
Combien de sang tâchait ses mains dont la douceur extasiait mes sens en alerte ? J'aurais dû le haïr dès le début, le maudire de tous les noms, cracher sur son nom et détester sa personne autant que ses disciples et ceux qui le servaient.
J'aurais dû…mais je ne l'ai pas fais. Comment le pouvais-je ?
Sesshomaru…
Quand je fermai mes yeux, ce fut comme s'il ne m'avait jamais quittée. Je revoyais ses yeux dorés fixés sur moi comme deux billes dorées, deux soleils lointains et puissants, dont la lumière éclairait mon bonheur. Ses lèvres légèrement étirées, s'ouvriraient et son haleine sucrée et douce s'en échapperait comme un appel à y gouter les saveurs et les odeurs.
Le parfum provenant de sa peau appellerait mes narines à renifler encore et encore, comme si je voulais qu'il devienne l'air avec lequel je respirerais.
Puis sa main se tendrait vers moi et caresserait délicatement ma joue, faisant exploser en mon cœur un tonnerre de sensation des plus honteuses au plus sensuelles. Vraiment, tout dans sa personne était aimé de moi, de mon corps et ma chair ne réclamait que sa chair tout comme son odeur et le reste.
S'il n'eut été que physiquement attirant, j'aurais peut être pu y faire abstraction en m'efforçant à détester son odeur ou sa peau, mais tout dans son être m'était aimé. Sa grandeur d'âme, qui l'empêchait d'agir en se rabaissant à certaines besognes, l'importance qu'il accorde aux choses, sa façon même de voir le monde…et surtout sa capacité à changer…
Oui, j'aimais cela. Parce que même s'il était quelqu'un qui paraissait cruel, il n'avait jamais agi pour faire du mal gratuitement. Il n'était pas non plus du genre à comploter contre les autres, il préférait largement affronter de face, même si le danger était trop grand.
Il était…lumineux. Pas seulement parce que quand se levait le soleil, son Haori rayonnait de mille feu et ses cheveux scintillaient de l'aurore magnifique. Mais parce qu'il était grand, droit, et qu'il rayonnant d'une lumière pure et merveilleuse.
Et cette lumière, elle était préservée dans les kilomètres d'iceberg qu'étaient sa personnalité. Et ses kilomètres de glace impénétrable…je les avais détruit un à un. Et maintenant, cette lumière révélée avait bâtie la grandeur d'un empire, avait imposé un magnifique calme et une grande harmonie entre les humains et les youkais.
C'était cette lumière que mon royaume nécessitait et nul autre que Sesshomaru ne pouvait se présumer digne d'être mon roi.
Quand le soleil se coucha enfin, j'étais fin prête à retourner dans le Domaine Interdit, en tant que future Reine et non en tant que Geisha. La Geisha c'était terminée !
L'avais-je été un jour ? Peut être.
Kannan vint me voir, et d'un hochement de tête elle m'intima à me préparer.
Je pris mes deux lames éventails que je cachai dans mes manches et refermai le fourreau de Tenseiga dans le dos avant d'attacher fermement la petite kitsune sur ma poitrine, maintenu par un linge de fortune. Quand je fus certaine qu'elle ne gênerait aucun de mes mouvements et qu'elle ne serait pas en danger, je rejoignis Kannan qui m'attendait devant une sortie secrète, de l'autre côté du jardin, bien caché derrière des buissons.
La porte coulissante glissa silencieusement et l'infiltration commença.
La porte débouchait en fait sur une ruelle délabrée et généralement mal fréquentée mais en l'occurrence cette ruelle était vide et déserte :
« -Il y a des ruelles plus larges maintenant, expliqua Kannan en murmurant si bas que même le vent ne pourrait l'entendre. »
Je la suivis distraitement, regardant partout autour de moi, en faisant attention aux moindres mouvements, aux lumières, aux ombres qui se mouvaient à la lueur des torches et des lampions.
Nous traversâmes plusieurs ruelles du même genre, dans lesquelles certains dormaient ou buvaient pour oublier leurs misères.
La glorieuse Cité Impériale n'était plu qu'un simple amas de camp de fortune dans lequel s'entassait des gens et des enfants avec l'espoir de vivre.
Leur lumière était partie… à cause de moi.
« - Comme tu peux le voir, pas mal de choses ont changées depuis ton départ et maintenant il ne se passe pas un jour sans que larmes et sangs n'alimentent haines et vengeance, ajouta Kannan. »
Nous courûmes ainsi pendant un bon quart d'heure avant que les premiers assauts n'adviennent. En fait, le premier était obligatoire d'après Kannan car juste avant, elle avait sortie un sabre et s'était mise en garde. Pour ma part, je fis de même avec une de mes lames et quand nous sortîmes de l'ombre de la ruelle, ce fut les cheveux blancs de Kannan qui nous trahit.
Une petite garnison comptant environ douze soldat se jeta sur nous, lances et katanas pointés vers les organes vitaux et le combat commença avec acharnement.
Je n'aurais jamais cru que passer des heures à s'entraîner à danser pouvait être aussi lucratif et utile. Les mouvements de mes ennemis étaient ralentis, voire parfois incohérent et les éviter revenait à éviter une balle lancée au ralenti.
Leur jeu de jambe était lamentable quand à leur coup et la vitesse de puissance, cela frisait l'indécence. Une gamine de neuf ans aurait été plus souple.
Mais je m'en moquais assez en fait.
J'éliminai mes ennemis en quelques coups bien placés (notamment au niveau des cervicales, au moins vous êtes certain qu'ils ne se relèveront pas dans l'immédiat) et surveillai mes arrières comme ceux de Kannan et de quelques autres serviteurs youkais.
La dame qui servait Kannan était avec nous aussi, l'un des rares humains à nous suivre dans cette aventure. Elle se défendait relativement bien.
Les gardes furent anéantis en quelques minutes et nous ne traînâmes pas pour vérifier leur état (mort ou inconscient). Je n'avais même pas rangé ma lame quand un nouvel assaut se fit entendre, surtout à cause de cris de certains gardes provenant de la rue principale. Une course poursuite à pied débuta, et nous avions maintenant au moins quatre garnisons à nos trousses.
Deux youkais furent pris par surprise et se retrouvèrent suspendus à la pointe d'une lance mais cela ne nous arrêta pas pour autant, bien au contraire.
Voyant qu'ils gagnaient de la distance, je sortis mes deux lames que je fis pivoter en mode éventail et les lançai en boomerang sur la première rangée de soldat.
Les lames tranchèrent les corps comme un couteau brulant sur du beurre et à mon grand étonnement, elles me revinrent droit dans les mains sans une tâche de sang.
« -Décidément, les petits jouets de Miserere et de Yue me plaisent beaucoup, marmonnais-je en reprenant ma course. »
En revanche, les soldats avaient hésités en voyant les cadavres de leurs confrères mais face à l'ardeur des émotions et de la rage qui habitaient leurs corps, ils s'élancèrent de nouveau. Forte heureusement, nous étions arrivé dans la Grande Rue, celle ou quelques mois plus tôt, le Grand Seigneur paradait en me cherchant du regard, alors que j'allais être vendue à une maison de prostituée. Je suis certaine que quand Sesshomaru en avait pris conscience, il avait alors tout mis en œuvre pour empêcher cela.
C'était comme mon Misuage.
Cela paraissait presque stupide, mais la raison de ma mort était injustifiée. Hiroyichi avait semé le désordre et le désespoir dans ma tête et je n'avais alors pas remarqué que nous nous dirigions vers les appartements du Grand Seigneur, la nuit où je devais offrir ma virginité.
Cette garce, quand je la reverrai, je vous jure que je m'en occuperai !
Mais pour l'heure, je tentais tant bien que mal d'éviter la horde de soldats qui s'étaient imposés sur notre chemin, en nous barrant la route.
Nous étions encerclé et notre situation n'était guère rassurante. Ils devaient maintenant être une bonne quarantaine et nous n'étions plus que cinq : Kannan, la dame, deux autres servantes et moi. Bien sûr je ne comptais pas le petit bout qui remuait de temps en temps sur ma poitrine et qui couinait quand mes mouvements étaient trop rapides.
Alors que nous avions repoussés la deuxième vague et que nous n'avions avancé pour l'heure que de quelques mètres, la louve qui m'avait accompagnée apparut et la situation changea à notre avantage.
La louve se battait avec ferveur et férocité, arrachant les corps de sa gueule géante. Son pelage semblait être d'acier car ni les lances, ni les katanas ne semblaient trancher la chaire.
Ses puissants muscles lui permettaient de se propulser à une vitesse faramineuse et elle s'écrasait sur les rangs des soldats avec aisance, comme on écraserait une rangée d'insecte avec son pied.
Autre évènement, alors que les ennemis augmentaient, du renfort nous fut parvenu et pour la première fois, je vis Kyochiro se battre.
Il était fort, pas autant que Sesshomaru, mais bon nombre de soldat rendait leur dernier soupir sous sa lame. Il semblait danser entre les cadavres et sa vitesse incroyable lui permettait de trancher les corps et de déverser le sang comme une pluie autour de lui.
Voyant l'effet meurtrier de Kyochiro et le nombre de cadavre que cette guerre engendrait, les soldats commencèrent à reculer et celui qui semblait être le chef s'avança :
« -Vous n'avez rien à faire ici maudit démon ! S'écria-t-il.
-Nous étions là bien avant vous, répliqua Kyochiro. Ces terres sont celles de l'Empereur et il en revient à lui seul de décider des droits d'accès ou autre.
-L'Empereur ? Ce chien démon fou a brisé le pacte qu'il avait conclu et a attaqué nos familles ! Insulta un soldat.
-Je savais que nous ne pouvions faire confiance aux youkais, menaça un deuxième.
-C'est un fait qui ne changera pas, avoua Kyochiro, et même si nous n'en sommes pas responsable, l'Empereur a commis une faute impardonnable. Mais ce qui est impardonnable c'est aussi ce que vous en avez fait ! Vous n'attendiez que ça depuis le début !
-Ah ! Que des accusations banales et sans fondements, se défendit le chef.
-Assez ! M'écriais-je. »
Ils se turent tous, pour mon plaisir.
Je pliai mes lames et les rangeai dans leurs fourreaux d'origine avant de me redresser :
« -J'ai été humaine avant d'être youkai, et je sais ce que vous ressentez. L'Empereur a attaqué vos maisons, vos familles, mais il l'a fait dans la détresse et dans la folie.
-Il a tué nos familles ! S'écria un soldat, il mérite la mort comme tous les youkais.
-Et vous croyez que les humains sont meilleurs ? Demandais-je en grondant. Combien de village sont pillés par des brigands ? Combien de femme sont violées par des brigands ? Combien d'enfant meurt sous la lame de brigands ? Bien plus qu'un youkai pourrait faire ce me semble ! Alors avant d'accuser d'autre race, regardez d'abord ce que la votre fait à elle-même ! »
Ils ne trouvèrent rien à redire, et ce simple fait prouva que mon raisonnement était juste. Mais ils ne se contentèrent pas de cette réplique et la bataille poursuivit. C'était peine perdue compris-je. Il y avait trop de malentendus, trop d'incompréhension. Et puis, les humains m'ont déçus, terriblement déçus. Enfin…les adultes surtout. Ils étaient l'origine de toute la peine causée aux esprits et dieux oubliés et maintenant ils semaient un véritable carnage parmi leurs propres races.
Pour moi qui venais du futur, moi qui savais comment ils vivront après les youkais, je trouvais cela répugnant de ne pouvoir rien faire pour changer cela. Les humains étaient condamnés…je le compris en tranchant la gorge du dernier survivant.
Un silence de mort s'installa dans la Grande Rue tantôt brisé par nos halètements irréguliers. Kyochiro fut le premier à récupérer et rangea son katana dans son fourreau avant de se retourner vers moi et de s'incliner :
« -Kumiko-sama, vous êtes de retour, soupira-t-il.
-Kyochiro-sama, fis-je gênée, s'il vous plait, pas de ça…
-Non, me coupa-t-il. Vous êtes l'Impératrice, la promise de mon seigneur l'Empereur. Je me dois de vous traiter comme tel. »
Enfin, nous accédâmes à l'entrée gardée du Domaine Interdit, où une folle furieuse en kimono de soie bleu et aux cheveux attachés, se jeta sur ma personne, sans même se soucier de l'enfant que je portais sur ma poitrine.
« -Michiko-chan !
-Eko ! Il s'agit de l'Impératrice ! Gronda Kyochiro. Montre un peu plus de respect ! »
Aussitôt elle se retira et s'inclina respectueusement confuse.
Je poussai un soupir à fendre l'âme et rétorquai :
« -Vous allez arrêter ça tout de suite ! Je veux pas de formalité pareil c'est trop gênant et jusqu'à ce que l'Empereur soit de retour et ne déclare mon titre, je reste Kumiko la Miko, on est d'accord ? »
Eko m'offrit un léger sourire emprunt de nostalgie et nous reprîmes nos câlins de retrouvaille. Elle m'avait certainement vu morte, agonisant sur la terre, et de me voir en telle forme, cela ne pouvait que la rendre heureuse.
« -Je suis contente que vous n'ayez pas eu trop de mal à revenir, déclara-t-elle en rentrant dans le palais.
-Il y a eu quelques escarmouches et nous avons perdu deux soldats, informa Kannan en se maintenant le ventre.
-Et vous Kannan-sama, intervint Kyochiro, comment vous sentez-vous ?
-Je vais bien, rassura-t-elle dans un sourire, le petit n'a rien non plus.
-Le seigneur Hakuryu en serait fou de rage si quelque chose vous arrivait, rigola Eko en se nichant dans les épaules de son amant. »
En effet, il y eu un léger bruissement lointain et des bruits de pas de course se firent entendre. Puis Hakuryu débarqua en total confusion et se précipita vers sa promise, l'inquiétude se lisant sur son visage comme les lettres se liraient dans un livre.
Il tâta d'abord le visage de sa conquise et s'assura de son bien être avant de poser une douce main au niveau de son ventre et de la caresser légèrement. Je ne saurais expliquer ce qui se produisit à cet instant, mais ma vision s'altéra et à la place d'Hakuryu et de Kannan, je me vis moi et Sesshomaru, les mêmes expressions de tendresse, et surtout les mêmes rondeurs physiques.
J'eus comme un pincement au cœur et mon envie de retrouver mon aimé s'agrandit en moi. J'inspirai profondément, comme pour chasser ce pincement désagréable, ou alors l'étouffer avec l'air que je prenais, et suivis distraitement le petit groupe qui accédait maintenant aux appartements de Kyochiro.
Il avait un certain goût pour le traditionnel, il fallait se l'avouer et n'était pas aussi simpliste que Sesshomaru. Il troquait des coussins de soie pour de petits fauteuils confortables rembourrés par d'épais coussins en velours et en plume d'oiseau. Son antichambre était grande, et exposait à la vue des invités nombreux articles témoignant de la longue vie de Kyochiro, ainsi que de sa gloire et de ses passions.
Des tableaux magnifiques, représentant Eko dans différents moment de la journée, étaient disposés sur les murs ou sur le coin d'une grande armoire en bois de laurier et de grandes tapisseries tissés avec de la texture si douce et soyeuse racontaient diverses histoires le concernant, rendant à sa personne le prestige qui lui était destiné.
Je n'avais jamais compris pourquoi les hommes aimaient à se distinguer des autres par leur possession mais je me doutais maintenant que chaque objet présent dans cette pièce était un témoin important de la vie que vécu Kyochiro, des souvenirs de sa personne qu'il exposait aux autres, comme pour se rappeler de ne jamais oublier les leçons de son existence.
Et quand je me remémorais les appartements de Sesshomaru…je me rendis compte qu'il n'y en avait pas tant. Certes, Sesshomaru avait quelques biens précieux, des vases de porcelaine venant du grand continent et dont les motifs évoquaient l'histoire de sa famille, mais il n'y avait rien de bien personnel, rien qu'il n'aurait gardé et qui viendrait de lui…à part le fameux tableau me représentant et que je retrouvai aussi dans l'antichambre de Kyochiro.
Je m'étais d'ailleurs arrêter sur ce tableau quand il arriva derrière moi :
« -Le Grand Seigneur vous a toujours porté dans son cœur, me raconta-t-il. C'est pourquoi il avait commandé à ce qu'une toile de vous soit exposée dans chaque pièce qu'il avait habitude de côtoyer…du moins avant que cette histoire ne s'envenime…
-Que c'est-il passé ? Demandais-je.
-Il vous a fait chercher partout et beaucoup de prétendante se sont présentées à lui en se faisant passer par vous, expliqua-t-il. Mais le Grand Seigneur connaissait un détail important, une chose que lui et moi savions.
-Laquelle ?
-Le croissant de Lune, répondit-il comme si cela eut été logique. Cet emblème vous lie à lui d'une façon dont vous ne pouvez imaginer. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous vous avons attendu avant de le retrouver.
-Pourquoi ? M'enquis-je en fronçant les sourcils et en tripotant perplexe la cicatrice. »
Il baissa le regard et se frotta pensivement le menton en s'asseyant à sa place initiale. Je les rejoignis autour de la table mais ne bus aucune gorgée du thé que l'on m'avait présenté.
Au bout de ce qui me parut une éternité, il répondit :
« -Une étrange et inquiétante rumeur circule depuis peu, commença-t-il en soufflant sur son thé.
-Les rumeurs le sont toujours, commentais-je à mon tour.
-Il ne s'agit pas que d'une rumeur Kimiko-chan, intervint Eko. C'est plus grave que ça ! »
Voyant le sérieux et l'inquiétude dans le regard d'Eko, je compris que l'heure n'était ni à la plaisanterie ni à la coquetterie. Quelque chose s'était produit durant mon absence, quelque chose dont Yue n'avait pas cru bon de m'informer.
« -Qu'en est-il alors ? Questionnais-je. Qu'est-ce qui est si important ?
-L'Empereur est à la merci de Tokugawa, répondit Kyochiro d'une voix profonde et tremblante. »
Je m'arrêtai et reposai lentement la tasse que je tenais dans mes mains. Inspirant profondément, je regardai tour à tour mes hôtes, cherchant à dissimuler la plaisanterie dans leur regard.
Ils ne pouvaient dire la vérité, c'était impossible…
Pourtant, aucun d'eux, que se soit Kyochiro où Kannan, ne semblait plaisanter. Ils étaient sérieux, inquiets aussi, et terriblement convainquant.
M'accrochant au peu d'espoir que leur plaisanterie soit vraie je ricanai nerveusement :
« -C'est une plaisanterie n'est-ce pas ? »
Kyochiro secoua lentement la tête, sachant qu'il me faudrait du temps pour assimiler la nouvelle.
« -Vous voulez me dire qu'on m'a fait revenir des morts, trop tard ? C'est pas possible ! Il y a un bug dans le programme ou quoi ? M'écriais-je. A quoi ça sert que je passe en mode filature si ce crétin c'est déjà fait prendre ?
-Kumiko, tenta Eko.
-De tous les imbéciles d'Empereur que la terre ai jamais porté, il ait fallu que je tombe sur le seul taré à se faire prendre par quelqu'un d'autre que moi ! C'est pas vrai ! »
Je m'étais levée et déjà j'enfilais mes lames et partais en direction de la sortie, accompagnée par ma louve qui trottait joyeusement à mes côtés.
Kyochiro m'attrapa vigoureusement le bras et m'arrêta d'un simple geste :
« -Kumiko-sama, reprit-il avec ferveur, ne partez pas avec précipitation dans la gueule du loup !
-Et vous voulez que je fasse quoi ? Criais-je. Que j'attende ? Les dieux seuls savent ce qu'il est en train de subir en ce moment même et vous voudriez que j'attende et que je finisse ma tasse de thé tranquillement l'air de rien ? »
Je retirai son emprise d'un coup sec de mon épaule et me retournai :
« -Vous croyez franchement que je suis du genre à attendre en me tournant les pousses qu'un miracle veuille bien agir à ma place ? Grondais-je. Bah désolé, mais je suis pas comme ça ! Et franchement les gens qui sont comme ça, ils m'énervent à n'en plus finir. Alors non, je ne vais pas me jeter dans la gueule du loup, mais je vais chevaucher ma louve et lui dire ce que je pense de cet abruti qu'est l'homme que j'aime !
-Kumiko-sama, s'ils ont réussis à capturer Sesshomaru-sama, ne pensez-vous pas qu'ils ont des pouvoirs que nous ignorons ? Protesta Eko. Soit raisonnable, Sesshomaru-sama ne serait pas plus heureux que vous dans la même situation, mais lui au moins il réfléchirait avant d'agir…
-Je ne suis pas Sesshomaru, répliquais-je.
-Et Sesshomaru-sama n'est pas vous, poursuivit Kyochiro, mais quel serait sa tristesse si en tentant de le sauver, vous veniez à mourir une seconde fois ? Vous êtes déjà morte une fois et regardez le résultat ? »
Il avait dis cela en me montrant l'étendu de la Cité du haut du balcon. La moitié des maisons fumaient encore et j'entendis de là où je me trouvais, les cris et les larmes de femmes et d'enfants qui avaient tout perdus.
Ceci eut pour effet de me calmer, d'un frisson effrayant. Par ma mort stupide et égoïste, j'avais provoqué la tristesse de beaucoup…à commencer par Sesshomaru.
Je sentis mes propres épaules s'affaisser et les larmes me monter au visage. Certes j'avais commis une grosse bêtise, et de n'avoir aucun moyen de la réparer…
Je sentis peu à peu la vérité se glisser sur ma peau, pénétrer ma chair et poignarder mon cœur, comme s'il n'était pas assez meurtri de tant de chagrin passé.
Kyochiro, qui se tenait le plus proche de moi, sentit l'odeur de mes larmes et son premier reflexe fut de m'enlacer et de serrer ses bras autour de mon corps :
« -Je ne suis pas Sesshomaru pour pouvoir absorber toute la tristesse qui te hante, murmura-t-il, mais je sais qu'il en aurait fait de même. Kumiko, tu es la personne la plus précieuse à son cœur, c'est pourquoi tu ne dois pas agir sans réfléchir aux conséquences.
-Tant de misère par ma faute, reniflais-je, j'aurais mieux fais de ne jamais me réveiller…
-Kumiko-chan, s'avança Eko, tu ne dois pas dire ça. Que serait devenu Sesshomaru-sama sans toi ? Que serais-je devenue sans toi ?
-Et moi donc ? Demanda Kannan. Je n'aurais pu connaître le bonheur qu'Hakuryu m'offre aujourd'hui sans toi et ta générosité.
-Plus encore, crois tu vraiment que Sesshomaru aurait bâti tout cela simplement pour lui ? S'enquit Kyochiro en me cherchant du regard. Il a fait tout cela pour toi, car il rêvait d'un futur où tu serais son Impératrice et lui ton Empereur. Oui Kumiko, il rêvait.
-Tu ne dois pas perdre espoir, souffla Eko, Sesshomaru-sama est toujours vivant et il n'attend que toi.
-Mina…, je déglutis, Arigato…
-Allez, courage ! S'exclama Hakuryu, on a du pain sur la planche et puis j'ai entendu dire que Tokugawa donnerait une grande fête en l'honneur de sa victoire.
-Nous ne voudrions surtout pas rater cette grande occasion, poursuivit Kannan une lueur malicieuse dans le regard, n'est-ce pas ? »
Je m'essuyai les yeux rapidement et reniflai pour reprendre un peu de contenance. Me sentant prête, je mis mes poings sur les hanches et portai un regard soupçonneux sur mon entourage :
« -Qu'est-ce que vous mijotez à ce pauvre Tokugawa ?
-Pas grand-chose, rassura Eko, Kyochiro-sama va t'expliquer. »
Ce dernier se racla la gorge et m'expliqua d'une voix assez autoritaire :
« -En l'honneur de sa victoire sur l'Empereur des Youkais, le seigneur Tokugawa donne une fête grandiose à Edo.
-Jusque à j'avais compris, bougonnais-je. En quoi cela va m'aider à sauver Sesshomaru ?
-Très simple, si tu vas là-bas toute armée avec une armée de loup sanguinaire, pour sûr tu ne passeras pas inaperçu, coupa Kannan.
-Comme l'a gentiment expliqué Kannan, reprit Kyochiro, il te faut t'infiltrer à la fête. Et quoi de mieux qu'une grande Geisha pour ? »
J'avais compris le piège !
J'avais bien dis « plus de Geisha » juste auparavant. En même temps, je comprenais la logique du plan, à un détail prêt :
« -Je ne suis pas une Geisha mais une Maïko ! Si je vais là-bas avec mon nom j'ai bien peur que certains ne puissent me reconnaître, soupirais-je.
-C'est pourquoi tu n'iras pas seule, fit Kyochiro en tendant la main vers la porte. »
Cette dernière s'ouvrit et Reïko apparut, toute vêtue magnifiquement. Elle n'avait pas du tout changée, heureusement. Elle souriait doucement et avait la même malice dans le regard.
« -Je suis heureuse de voir que tu te portes bien, Amarinth…Iie, Kumiko-sama.
-Reïko-san, soupirais-je heureuse.
-Je suis désolée de t'avoir mentie, s'excusa-t-elle dans mes bras. Le Grand Seigneur est venu un beau jour pour me proposer de t'entraîner en tant que Geisha, mais je n'avais jamais vraiment compris la valeur que tu avais…
-Reïko-san…je suis tellement contente de te revoir, m'exclamais-je.
-Je sais, m'assura-t-elle. Et nous avons beaucoup à faire si nous voulons que tu sois présentable pour la fête de ce soir.
-Ce soir ? Demandais-je inquiète.
-Oui…la fête a lieu ce soir, m'informa Kyochiro.
-Quoi ?
-Ecoute, me coupa-t-il. Se sera un jeu d'enfant pour toi que de t'infiltrer là-bas, car Tokugawa continue de te chercher, il a dû entendre certaines rumeurs te concernant et maintenant que le Grand Seigneur n'est plus là pour l'en empêcher, Tokugawa veut terminer ce qu'il a commencé.
-C'est-à-dire ? M'enquis-je peu rassurée.
-Tokugawa semble en savoir plus sur toi qu'il n'y parait, affirma Eko. Souviens-toi Jade, ma sœur, à l'origine elle n'aurait jamais dû t'envoyer en tant que servante là-bas.
-Oui je m'en souviens…
-Kyochiro pense que Tokugawa te veut depuis le début, mais quand à savoir la raison, nous l'ignorons.
-Donc si je viens là-bas en tant que Maïko, il saura que je ne suis pas encore prise et m'invitera à sa fête ! M'exclamais-je. Et ainsi je pourrais libérer Sesshomaru de son emprise. Mais cela m'impose de jouer les Geishas auprès d'autres seigneurs…
-Tu es d'accord alors ?
-Il n'y a pas d'autres solutions ? Je veux dire, j'en ai ma claque de tous ces seigneurs…
-Penses à tes retrouvailles avec Sesshomaru et à la manière dont tu botteras les fesses à Tokugawa, cela devrait te donner un peu de…punch ! M'assura Eko.
-D'autant plus qu'il y a là-bas quelqu'un que tu connais bien, fit Reïko.
-Qui ?
-Hiroyichi. »
Silence. Elle, je l'avais presque oubliée. Voila une merveilleuse idée. Faire d'une pierre deux coups, en allant sauver Sesshomaru et en la ridiculisant une bonne fois pour toute.
Etrangement je me sentis revigorer d'une force puissante et j'étais fin prête à partir.
Enfin…se fut un bref instant, car quelques secondes près mon acceptation, Reïko me tira pas les cheveux et m'entraîna :
« -Bon, c'est pas tout de papoter, mais va falloir rattraper ton retard, tu as une tête à faire peur et même les cochons sentent meilleurs que toi. »
Je ne pus voir qu'Eko ricaner joyeusement car déjà la perspective de revivre l'enfer des préparations, du maquillage et de l'habillage m'apparaissait peu agréable.
Je devais être sublime pour sauver Sesshomaru et comme le disait le proverbe, il faut souffrir pour être belle.
Le restant de la matinée fut réguler par mes cris et mes plaintes qui circulaient dans tous le domaine interdit comme une longue complainte dévorante et peu enviable…
Et il a fallu que ça tombe sur moi tiens !
Prochain Chapitre : « -Tu es prête ? Montre-nous donc tes talents ma chère Impératrice.
-Je me suis fort languis de votre entêtement Amarinth, combien d'homme ai-je envoyé quérir votre beauté sans jamais n'avoir que des rumeurs en retour ?
-Il y a dans l'extrême occident des croyances qui disent que la douleur humaine fut causée par une erreur de la femme. Dans ces coutumes, on apprend à se méfier des charmes de la femme comme de ceux d'un serpent…
-Dans ce genre de coutume, on dit aussi que l'Homme descend du singe et que le singe descend de l'arbre. Moi quand je vois ta tête Hiroyichi, je me dis que le singe a raté quelques branches.
-Sesshomaru est maintenu captif dans les hauteurs du château, mais quelque chose d'étrange le retient. Méfie toi Amarinth, je ne suis peut être pas une youkai comme toi, mais je sens le danger dans l'air… »
L'infiltration a réussi et maintenant l'heure est venue pour moi de montrer mes talents. Seulement, je ne suis pas seule. Hiroyichi est là elle aussi, et plus que jamais elle semble déterminée à me détruire. Il y a quelque chose de bizarre avec elle. Pourquoi depuis le tout début, elle ne cesse de me nuire et de tenter de me détruire.
Pourquoi Hiroyichi me détestes-tu autant ?
Pourquoi nourrir la haine et la rancœur que seule une autre femme que j'ai connu pouvait nourrir ?
Et enfin, pourquoi te tiens-tu à côté de Sesshomaru avec la Bride du monde des Esprits en main, alors que moi seule devrait être capable de la tenir ?
Qui es-tu…Hiroyichi ?
Prochain Chapitre : La véritable identité d'Hiroyichi.
