Bonjour !

Tout d'abord, un immense merci pour vos reviews qui ont été particulièrement nombreuses pour le chapitre précédent. Diantre, vous allez m'achever avec vos supers compliments ! Je réponds à toutes les reviews des inscrits (je sais pas si vous recevez mes réponses parce que parfois ...) et juste un immense merci aux anonymes !

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira =)

Enjoy.


Chapitre 21 :

Comment dire adieu à quelqu'un sans qui la vie n'a plus aucun sens ? Alors nous n'avions rien dit. Il s'est juste retourné et a disparu derrière une étagère, sans un dernier regard.

Il était parti. Comme ça. C'était tellement tragique. Tellement injuste. Le destin nous avait choisi, nous et c'était tout. Nous n'étions que des marionnettes exécutant à la perfection les envies du futur. Je ne croyais plus au hasard. Je ne croyais plus en rien. Drago était parti. C'était tout ce que je retenais.

J'étais vide, telle une coquille. Tout en moi mourrait. Chaque cellule de mon corps s'éteignait au fil des secondes qui s'égrenaient. Plus Drago s'éloignait, plus je me perdais. Ca avait commencé par mes jambes. Elles s'étaient dérobées sous mon poids et je m'étais faiblement laissée choir sur le sol sale et glacé de la bibliothèque. Puis c'était remonté dans mon estomac qui se tordait de douleur sous les assauts violent de mes tripes mécontentes. Et ça avait touché mon cœur. La mort m'aurait effleurée, l'effet aurait été le même. C'était comme si on écartelait ma poitrine. Comme si des liens invisibles me tiraient de part et d'autre dans le but de séparer mon corps en deux. C'était douloureux. Je me consumais de l'intérieur. Ca brûlait. Je les sentais, ces flammes qui léchaient chaque centimètre carré de mon corps. De ma peau. Bientôt ne resterait de mon être qu'un tas de cendres. Je ne pouvais même plus pleurer. Je ne pouvais plus penser. Seulement imaginer ce qu'aurait été ma vie si Drago et moi ne nous étions pas lancés dans cette tragique affaire.

La solution est juste sous vos yeux.

Et cette phrase qui tournait en boucle dans ma tête depuis que Naomi Adams l'avait prononcée. Que pouvais-je faire ? Sous mes yeux il n'y avait rien. Qu'un sol poussiéreux et un désespoir grandissant.

La solution est juste sous vos yeux.

Dans un dernier geste sensé, j'appuyai avec force chacune de mes mains sur les côtés de ma tête. La voix devait se taire. Elle n'était rien. N'existait pas. Ce n'était qu'un fragment de sons sorti des limbes de mon esprit. Je devais m'en défaire. Parce que je ne supporterais pas de savoir Drago mort alors qu'il y avait quelque chose à faire. Mais mon âme était trop détraquée, trop brisée pour répondre aux exigences de ma faible lucidité et c'est avec horreur qu'une scène que je ne connaissais que trop bien s'imposa face à moi. Il n'y avait plus uniquement cette voix, froide et dénuée de vie qui me dictait un espoir impossible. Il y avait Naomi Adams. Dans sa cellule humide et sombre, je percevais encore son regard mort et vide.

La solution est juste sous vos yeux.

Anéantie, le leitmotiv ne me faisait presque plus rien. Devant moi, seul le vide subsistait. Uniquement cette triste vision d'une femme frêle et dont la vie la quittait à chaque seconde passée. Et puis je compris. Dans un dernier sursaut illusionniste, j'hurlai le nom de Psycho-Matt qui résonna longuement contre les parois des hautes étagères.

Ne vous avais-je pas prévenu que mon histoire était tragique ? Rappelez-vous, je l'avais abordée par le mariage d'Harry et Ginny. Tout était parti de là. Un simple mariage avait changé ma simple vie. Encore maintenant il m'est impossible de distinguer si tout cela aura engendré de bonnes ou de mauvaises choses. Je n'en sais rien. Je n'en saurais sans aucun doute jamais rien. C'est comme ça. C'est la vie, aussi injuste soit-elle. Je sais, je sais, vous trépignez d'impatience de connaître la suite de ce tragique conte. Mais avant de vous lancer dans cette lecture délicate, prenez le temps de lire ces quelques mots. Je me dois de vous mettre en garde. Parce que la suite est pire que ce que vous n'auriez jamais pu imaginer. Encore plus abominable. Encore plus cruelle. Suivez mon conseille. Arrêtez votre lecture. Posez ce cahier, brûlez-le, et continuez de vivre. Suspendre le temps pour lire ces quelques lignes ne valait pas le coup. L'histoire n'en est pas enchanteresse.

Je n'avais aucune idée de ce que je faisais. La tête vide de tous discernement, je ne pouvais m'empêcher de continuer d'hurler le nom de mon assassin. Assassin, parce qu'en tuant Drago, il me tuait.

- Vous devriez partir, comme votre cher et tendre vous l'a suggéré. Ce n'est pas encore votre tour.

Je ne peux pas fanfaronner n'avoir jamais eu peur. C'aurait été un mensonge. Cependant, je n'avais jamais ressenti un effroi tel que celui qui me saisit lorsque ces quelques mots retentirent derrière moi. Ce n'était pas un nouveau sujet de mon invention. Ce n'était pas un rêve. C'était juste Matthew Duncan. Tétanisée, je ne pouvais me résoudre à me retourner et plonger mon regard dans les abysses glacés et sanguinaire du sien. C'était trop irréel. Un infime bruissement retentit dans mon dos et de violents tremblements secouèrent mon corps.

- Allons, allons, miss Granger. Levez-vous. Vous ne m'avez surement pas appelé pour que je constate la vulgaire guenille que vous êtes devenue.

Lentement, j'exécutai son ordre, n'osant toutefois pas faire face à cet être dénué d'humanité. Puis j'inspirai profondément et pivotai précautionneusement. Ce fut son sourire éclatant et faux que je discernai en premier. Puis ses yeux. Aussi sombres que son âme, reflétant les cadavres de ses anciens massacres. Et enfin sa chemise. Quelle ironie. Revêtir une liquette immaculée pour célébrer la mort de ses futures victimes. Je pensai amèrement qu'il n'avait pas peur de se salir. Le sang partait difficilement au lavage.

La gorge en feu, le souffle manquant et les membres tremblants, j'ouvris la bouche et laissai échapper d'une voix faiblarde ces prochains mots :

- J'ai un marché à vous proposer.

Sans se départir de son cruel sourire, il s'avança vers moi et glissa sa baguette sous mon menton.

- Vous sentez vous réellement en position de marchander ?

Son souffle putride caressa mon visage et souleva mon estomac. Je ne répondis pas, me contentant de le dévisager ouvertement dans un dernier élan de courage et de provocation. Contrairement à ce que j'avais pu imaginer, Matthew Duncan n'était pas laid. Ni vieux ni jeune, son visage ressemblait ni plus ni moins à celui de monsieur Tout-le-monde.

Il relâcha sa menace, rangea sa baguette et croisa nonchalamment ses mains dans son dos, commençant une ronde autour de moi. Tel un félin près de sa proie.

- Cela m'a étonné que vous m'appeliez par mon nom. Ne faites pas l'innocente. Le ministère me connaît sous le nom de Mathias Davos. Je ne peux que constater que vous vous êtes renseignée sur mon compte. Cela me désole, miss Granger. Auriez-vous la prétention de penser pouvoir me vaincre ?

- Je préfère avoir la prétention de penser pouvoir vous tuer de mes propres mains plutôt que celle de me penser invincible.

Son sourire se fana un millième de seconde avant de s'élargir de plus belle. Sans cesser sa macabre danse, il reprit :

- Ce semblant de courage et d'effronterie ne vous sied pas. Je peux lire la peur dans vos yeux.

- Et moi la folie dans les vôtres, répondis-je, hargneuse.

Il lâcha un ricanement qui me glaça le sang.

- Mais je ne le nie pas. Ne dit-on pas qu'un peu de folie est nécessaire pour faire un pas de plus ?

- Un pas de plus vers quoi ? Vers où ? Ouvrez les yeux. Vous ne marchez pas, vous coulez.

Il haussa un sourcil, faussement impressionné.

- C'est drôle d'entendre cela de la bouche d'une femme qui sombrera avant moi. Mais je reste curieux. Parlez moi donc de votre marché. Je me languis déjà de savoir ce que vous allez me proposer. A quel montant s'estimera la somme que vous allez me soumettre ? Allez-vous dépasser les millions de gallions que m'avait offert ce Noah Palmer dans un dernier regain d'espoir ?

Je frémis à l'énoncé du nom de celui qui avait trouvé pour dernière couche les coussins de mon lit mais me repris rapidement. J'osai même laisser un léger sourire étirer mes lèvres. Matthew Duncan venait d'entrouvrir une éventuelle issue.

- De l'argent ? Je ne pense pas non. En revanche, Naomi Adams me semblait plus intéressante.

Il stoppa son incessante marche, effaça son sourire d'un frémissement de lèvre et se posta face à moi, son corps frôlant presque le mien. Je retins une grimace de dégout devant cet effleurement. Malgré tout, il fallait que je continue. Je ne pouvais m'arrêter en si bon chemin, Matthew Duncan devait plier. Il devait accepter. C'était ma seule chance. A moi, à Drago, à Harry et à toutes ces futures victimes dont l'idée d'être considérée comme telle n'avait même pas effleuré l'esprit.

- Elle vous intéresse, n'est-ce pas ? N'est-elle pas votre plus grande envie que celle de découper en morceau la femme responsable de la disparation de votre meilleur ami et de la femme que vous aimez. Vous savez, Juliana Sacks.

Le visage de mon interlocuteur se tordit de douleur sous la violence du nom de sa bien aimée. Encouragée par ce premier tombé de masque, je continuai :

- Naomi Adams vous a enlevé de force tous ceux que vous aimiez. Ne mérite t-elle pas le même sort ? Je suis en position de vous la livrer sur un plateau d'argent. En échange, vous épargnez Drago et Harry.

Etonnement, le sourire carnassier du meurtrier refit son apparition, déchargeant une cascade de frissons le long de mon échine. Chaque pore de ma peau suintait ma répulsion pour cet être maléfique.

- Votre marché n'est pas équitable. C'est une vie pour une vie.

Le cœur prêt à exploser, je lâchai sans réfléchir ces derniers mots qui signèrent mon arrêt de mort :

- Que proposez-vous ?

Il étira un peu plus son sourire. J'avais cru mener la danse un court instant. Je m'étais trompée. Matthew Duncan était bien plus fort que je n'avais voulu l'admettre. Et dans cette histoire, il gagnait surement plus que moi. Largement plus.

- Savez-vous ce qui est encore plus cruel que la mort, miss Granger ? Non ? S'assoir à côté de l'être chéri et savoir qu'il ne sera jamais sien.

XXX

Je n'avais aucune idée du temps qui était passé. Des heures, des jours, des semaines peut-être. De toute façon cela m'était égal. L'ombre de la nuit succédait inlassablement à la clarté du soleil dans un ballet que je ne comprenais plus. Dans un intervalle plus ou moins régulier j'avais vaguement cru entendre des visiteurs frapper à ma porte. Je n'avais même pas pris la peine de signaler ma présence. A quoi bon ? Ce n'était surement pas avec moi qu'ils voulaient s'entretenir. Surement pas avec le monstre qui s'était sournoisement introduit dans mon corps. C'était avec Hermione Granger. Malheureusement pour eux, elle n'existait plus.

J'ai le souvenir qu'une phrase populaire suppose que nous sommes prêts à tout par amour. C'était la vérité. Nous sommes prêts à tout. Et à bien plus. J'en étais l'exemple phare. Qui aurait pu penser un jour que sa majesté sacrée héroïne de guerre sacrifierait une vie pour celle de son âme sœur ? C'était tellement égoïste. Tellement improbable.

Damnée par mon flirt avec les gorges de l'enfer, je n'existais plus. Seule l'épave décrépie de mon misérable corps subsistait, là, dans le fond de mes draps, se saoulant d'une musique bien trop forte et dont les basses résonnaient jusque dans le fond de mes entrailles mortes. Comme à chaque fois que mon esprit s'égarait trop loin et que j'avais la prétention de croire que les dernières heures en compagnie de Psycho-Matt n'avaient pas été réelles, je glissai mon regard sur mon avant bras, plus pâle que la mort. Et à chaque fois, la fine cicatrice blanchâtre qui remontait le long de ma veine scintillait d'un éclat moqueur.

Finalement je ne valais pas mieux que Matthew Duncan. J'ôtai aussi la vie des gens. Lui par vengeance, moi par égoïsme. Lui par passion, moi par lâcheté. Il avait au moins le courage d'assumer. Moi pas. Je préférais de loin me terrer dans mon petit appartement poussiéreux et encombré, et attendre. Reculer cette date fatidique où je devrais une nouvelle fois affronter le héros de mes cauchemars. Ne plus penser à ce moment où je devrais expliquer à Naomi Adams qu'elle allait mourir.

La gorge obstruée de sanglots qui refusaient de sortir, je me contentai d'hurler mon regret au plus profond de moi. Mon lit était devenu mon refuge, mon cercueil, abritant l'épave qui me servait de corps. Je ne le quittai que très rarement. Uniquement pour assouvir mes besoins primaires. C'est lors d'un de ces exceptionnels déplacements que je remarquai la pile de lettre laissée par des hiboux qui n'avaient pas eu la patience d'attendre. La première idée qui germa dans mon esprit fut de les détruire sans en avoir lu le contenu. Puis je me ravisai, ouvrant la fenêtre et m'emparant des enveloppes froides. Il y en avait trois. Toutes d'un émetteur différent. La première fit naître en moi un immense sentiment de culpabilité. La seconde, d'effroi. Et la dernière…la dernière m'aurait poussée à mettre fin à mes jours si telle était sa requête. C'est celle-ci que j'ouvris la première.

Drago Malefoy à Hermione Granger

159 Upper Street, Chemin de Traverse, le 23 octobre 2002.

Hermione,

Avant toute chose, ne sois pas étonnée de cette lettre. Je suis en vie. Et je t'expliquerais volontiers ce qui c'est passé dans la bibliothèque si tu daignais ouvrir ta porte. Je n'ai aucune idée quant à ce qui a pu pousser Psycho-Matt à abandonner ses activités sanguinaires. Il ne donne plus signe de vie. Le dernier cadavre qu'il a laissé est, comme tu dois t'en douter, celui de la bibliothèque. Tu avais raison. Toujours est-il qu'il faut que nous parlions. Pas uniquement de Matthew Duncan.

Réponds-moi rapidement, tout le monde s'inquiète de ton absence.

Drago Malefoy.

Harry Potter à Hermione Granger

Godric's Hollow, le 22 octobre 2002.

Bon sang Hermione mais où es-tu ? Malefoy est revenu vivant et les vingt quatre heures marquant sa date de mort sont écoulée. Il y a un problème avec PM. Quelque chose ne va pas. Je m'inquiète pour toi en espérant que tu n'es en rien mêlée à cette histoire. Réponds-moi vite.

Harry.

Matthew Duncan à Hermione Granger.

Londres, le 23 octobre 2002.

Miss Granger,

Ne vous a-t-on jamais appris la politesse ? Vos amis s'inquiètent, vous devriez les tenir informés. Ainsi que moi-même. N'avions-nous pas un accord ? Je veux Naomi Adams le plus rapidement possible. Je vous laisse jusqu'à demain pour arranger notre rencontre fortuite. Je vous attendrai dans l'Allée des Embrumes à 14h. Soyez à l'heure.

MD.

Lasse de toute cette histoire, je refermai mes volets, plongeant mon appartement dans l'obscurité et me tassai sous mes draps, retournant dans un monde cauchemardesque qui était devenu mien.

XXX

Malgré les derniers évènements, j'étais sure d'une chose je n'étais pas une meurtrière, quoi que Psycho-Matt puisse dire. J'étais Hermione Granger et je devais trouver une bonne idée comme je savais si bien le faire autrefois. Parce que j'en étais venue à la conclusion que je ne tuerai pas Naomi Adams. Ni moi, ni Matthew Duncan. Au fond je l'avais toujours su. Je ne livrerai pas Naomi à Psycho-Matt. Même si les derniers évènements m'avaient permis de douter, il était évident que jamais je ne tomberai si bas. C'était une certitude. Je préférais mourir que sacrifier une innocente. D'un doigt frémissant, je suivis la ligne laissée par la fine marque nouvellement acquise. Oui. Il fallait vraiment que je trouve une bonne idée. La tâche paraissait être bien plus compliquée que je me l'étais imaginée. Et pour l'heure, je devais m'entretenir avec Naomi.

J'attrapai mon manteau qui pendait lamentablement sur un dossier de chaise, ma baguette et sortis de mon appartement. Un coup au cœur stoppa pourtant mon geste. Drago était là, devant moi, se tenant debout sur la dernière marche des escaliers. Seulement quelques mètres nous séparaient. J'aurais pu courir vers lui. J'aurais pu me jeter dans ses bras et embrasser ses lèvres fiévreusement. Parce qu'il était en vie. Parce que Psycho-Matt l'avait épargné. Parce que je l'avais épargné. Mais je ne le fis pas. Je ne pouvais pas. Il ne bougea pas non plus. Et cette dernière constatation me rassura presque autant qu'elle me fit mal. Il semblait fatigué. Ses traits étaient tirés, ses yeux cernés de noir, son teint blafard et ses lèvres étaient incurvées en un sourire fané. Instinctivement, je tirai sur la manche cachant ma cicatrice.

- Pourquoi tu n'as pas répondu à nos lettres ? Souffla t-il finalement en esquissant un pas en ma direction.

Mon cœur se mit à battre plus fort dans ma poitrine. Je ne l'imitai pas.

- Je ne les ai pas vues.

Toute trace de sourire disparue de son visage angélique.

- Tu ne sembles pas étonnée de me voir vivant pourtant, remarqua t-il froidement.

Je ne répondis rien. Que pouvais-je dire de toute façon ? Comment devais-je réagir ? J'aurais tellement voulu effacer ces dernières secondes et tout reprendre du début. Supprimant ainsi l'orage et le mal qui se propageait à l'horizon. Mais c'était impossible. Il était trop tard à présent. Le souvenir encore brulant de mon entrevue avec Matthew Duncan me balança violemment ses images devant les yeux.

- J'ai dernièrement appris que séparer deux âmes sœurs étaient comme les vouer à la mort. C'est étonnant, n'est-ce pas ? Qu'il ne soit pas toujours utile de faire couler le sang pour parvenir à ses fins.

- Que proposez-vous, répétai-je d'un ton neutre.

L'étincelle qui illumina ses pupilles obscures suffit à me convaincre qu'il était plus fort que moi. Qu'il avait gagné. Quoi qu'il advienne, je savais à présent que ma vie en serait à jamais bouleversée.

- Que dites vous si je vous assure la vie sauve à vous, Mr Malefoy et Mr Potter ?

Même si je savais que la contrepartie risquait d'être tragique, je ne pus empêcher un regain d'espoir de prendre possession de mon cœur.

- En échange de Naomi Adams ? Me risquai-je à demander, la gorge nouée.

Il éclata d'un rire qui me glaça des pieds à la tête.

- Je vous ai déjà dit que ce n'était pas équitable. Une vie pour trois, n'est-ce pas un peu mince ? Non, j'ai beaucoup mieux à vous proposer. Vous me livrez Naomi Adams et…

Il suspendit quelques instants sa phrase, prenant ainsi le temps de réfléchir aux mots qu'ils devaient employer.

- Et vous ne touchez plus jamais Drago Malefoy.

Une balle en plein cœur m'aurait fait le même effet. Ne plus toucher à Drago ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Je noyai un regard douloureux dans le sien, qui semblait se nourrir de ma peine.

- Qu'est-ce…qu'est-ce ça signifie ?

Il haussa un sourcil et étira un sourire sadique.

- Cela signifie que tout contact physique avec lui sera impossible. Deux âmes sœurs privées l'une de l'autre, n'est-ce pas magnifique ? Se réjouit-il.

C'était ça ou la mort. Je l'avais bien compris et il m'était impossible de déterminer laquelle des deux options je préférais. J'aurais volontiers choisi la mort si Harry n'était pas aussi mêlé à cette histoire.

- Comment puis-je être certaine qui vous tiendrez vos engagements ? Lançai-je, acerbe.

- Je suis un homme de parole, sourit-il.

J'osai un rire dénué d'humour. Il me tendit sa main et je la regardai, indécise.

- Un Serment Inviolable contribuerait-il à satisfaire Mademoiselle ? Ironisa Psycho-Matt.

Je regardai encore la main immobile qu'il me tendait puis la saisie, déterminée. Il pointa presque immédiatement sa baguette sur nos deux mains entrelacées. De minces filaments dorés s'en échappèrent pour venir unir nos deux poignets. Cinq langues de feu au total maintenaient nos paumes l'une contre l'autre. Puis elles disparurent laissant à leur place une longue marque rougeâtre imprimée à l'intérieur de mon avant bras brûlant.

- Qu'est-ce tu as fait, Hermione ?

Je relevai mon regard vers celui de Malefoy mais ne m'attardait dans les lueurs résolues qu'abritait son gris orageux. Il se doutait déjà de quelque chose et il était hors de question qu'il pousse plus loin ses réflexions. Mon pacte avec Psycho-Matt devait rester secret. Drago devait être épargné. Il ne devait rien savoir.

- Je n'ai encore fait mais j'envisage fortement d'aller remplir mon frigo si tu me laissais passer, raillai-je difficilement.

Les mots m'écorchèrent la gorge à coups de griffes dans l'œsophage avant filer entre mes lèvres. Drago ne réagit pas. Il garda son habituel masque impassible. Je me dirigeai alors vers les escaliers et passai à côté de lui, veillant consciencieusement à ne pas l'effleurer. Mais alors que je m'éloignai, il m'attrapa le bras. Et il n'aurait jamais du. Une abominable douleur déchira mon avant bras. Ma peau brulait, s'écartelant pour laisser ma balafre se rouvrir. Le sang tiède coulait le long de mon bras avant de venir lécher le bout de mes doigts.

- Lâche-moi ! Hurlai-je de douleur, les joues ruisselantes.

Il s'exécuta immédiatement, hébété. Je cachai du mieux que je pus mon bras ensanglanté derrière des vêtements qui se teintaient de carmin. Je me retournai rapidement et tandis que je descendais lui lançai d'une voix tremblante :

- Retourne chez toi, Drago. Va voir Maëlla, marrie-toi et laisse moi tranquille.

Il n'ajouta rien, se contentant de me regarder m'éloigner de lui. Et je savais qu'il ne s'en tiendrait pas uniquement à ces quelques phrases. Il était aussi borné que moi.

XXX

Comment Psycho-Matt avait-il su que Drago et moi étions des âmes sœurs ? Je n'en savais rien. Je supposai simplement qu'il nous avait entendus dans la bibliothèque. Toujours était-il qu'il avait magnifiquement bien su mener son jeu. J'étais presque certaine qu'il avait prévu ce plan depuis le début. Tout était parfait. Tout était équitable. Naomi contre la vie d'Harry et notre destruction assurée, à Drago et à moi. Bravo Matthew Duncan. Je te tire mon chapeau. Tu avais raison depuis le début. Il était inutile d'essayer de te trouver une faille. Tu n'en as pas.

XXX

Une certaine appréhension solidement ancrée dans le ventre, je pénétrai dans le ministère. Le flux de sorciers grouillants était habituel. Rien n'avait changé. Je glissai un regard haineux en direction de la statue qui avait retrouvé son apparence initiale et immobile. D'une démarche que je voulais certaine, je me dirigeai en direction des quartiers des aurors. J'espérais de tout cœur qu'Harry y serait. Et il semblerait que dans mon malheur, j'avais de la chance. J'aperçus de loin sa silhouette facilement reconnaissable. Fébrilement, je m'approchai de lui. Il me remarqua immédiatement et se précipita vers moi avant de me serrer dans ses bras.

- Hermione ! Mais où étais-tu ? Je me suis fait un sang d'encre ! Répondre à nos lettres n'était pas une option, au cas où tu t'étais posée la question.

Entendre sa voix, sentir son odeur, deviner ses bras autour de mon corps, c'était trop. Et sans même essayer de me retenir, je fondis en larme contre mon meilleur ami. Il m'entraina rapidement dans son bureau sans que je ne le lâche. C'était violent. Brutal. Ca faisait mal. J'avais la désagréable sensation de pleurer tous les organes de mon corps. De me vider au fur et à mesure que les larmes se déversaient en torrent sur la chemise d'Harry. Et en bon ami qu'il était, il ne dit rien. Il se contenta d'éponger mon chagrin dans un silence compréhensif et patient. Alors, lentement, mes sanglots se tarirent.

- Harry, articulai-je fébrilement, il faut que je voie Naomi Adams. Je t'en pris, ne dit pas non. Amène-moi à Azkaban, je t'en supplie.

Ma détresse le bouleversa. Je le vis bien. Il se gratta d'une main agitée l'arrière du crâne et plongea son regard de jade dans le mien.

- Hermione, soupira t-il, Naomi Adams est morte hier soir dans sa cellule. Elle s'est suicidée.

J'avais cru avoir touché le fond. Je m'étais trompée. Le fond était là, derrière cette annonce qui présageait la fin d'un monde. Mon monde qui s'écroulait tel un château de sable sous les assauts d'un vent violent. J'avais perdu. J'étais perdu. J'avais lamentablement échoué dans ma mission. Personne n'avait dit que ce serait facile. Je le savais. Mais comment pouvais-je rivaliser face au temps ? Il était le seul à avoir remporté la bataille. Il s'était joué de nous tous, restant tapis dans l'ombre pour attaquer lâchement lorsqu'on s'y 'attendait le moins.

Brisée, je m'effondrai une nouvelle fois dans les bras d'Harry et dans un entrelacs de larmes, de désespoir et de bafouilles, je lui racontais tout. Pas une seule fois il ne m'interrompit. Il se contenta d'écouter, comme il savait si bien le faire. Il ne réagit pas face à l'annonce des âmes sœurs ni à celle du Serment Inviolable. Il resta tout le long immobile, ses bras autour de mes épaules. Et lorsque j'eus terminé dans un dernier souffle difficile, il se contenta de me serrer plus fort contre lui. Je sentis une goutte couler le long de mon cou et je devinai qu'il pleurait, lui aussi. Parce que d'une certaine manière, je venais de lui briser ses espoirs nouvellement retrouvés.

- Je suis tellement désolée, Harry, sanglotai-je dans son épaule.

- Désolée pour quoi ? Pour avoir fichu ta vie en l'air dans l'espoir de sauver la notre ?

Je n'ajoutai rien mais il semblait ne pas avoir terminé avec moi.

- Tu dois le dire à Malefoy. Tu dois lui expliquer. Si vous êtes réellement des âmes sœurs, il sera aussi détruit que toi.

Une entaille se rouvrit dans mon cœur.

- Je sais. Je sais tout ça. C'était le but de notre pacte. Une vie pour une vie. Mais je ne peux pas lui dire, Harry. Ce serait trop dur. Il ne comprendrait pas. Il m'a touché tout à l'heure. Regarde.

Je relevai la manche de mon manteau pour dévoiler une tâche écarlate sur mon pull. Puis je soulevai la manche poisseuse révélant ainsi aux yeux de mon meilleur ami la fine cicatrice miraculeusement redevenue blanchâtre, longue et brillante. Comme moi auparavant, il laissa glisser son doigt le long de la balafre.

- Ca te fait mal ? Chuchota t-il.

Je secouai la tête.

- Seulement quand c'est Drago.

Nous restâmes silencieux quelques secondes puis Harry reprit :

- Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ?

Je soupirai.

- Toi rien. Je vais me débrouiller. Marchander une nouvelle fois avec Psycho-Matt

- Quand dois-tu le revoir ?

- Demain.

Il soupira à son tour et s'adossa contre le mur. Il me fixa quelques secondes, hésitant puis proposa d'une voix incertaine :

- Veux-tu que…je parle à Malefoy ?

Je fronçai les sourcils.

- A propos de quoi ?

Il déforma sa bouche en une moue soucieuse.

- Je pourrais essayer de le convaincre de…suivre le plan prévu. Tu sais, son mariage.

Son mariage. Avec Maëlla. Cette prise de conscience ajouta un poids supplémentaire dans ma poitrine. Je savais pourtant que c'était là la seule issue pour que Drago ait la vie qu'il mérite. Je posai ma main sur le bras d'Harry, résignée.

- Non. Ne dis rien. Je me débrouillerais.

- Tu ne peux pas tout faire toi-même, s'exaspéra t-il.

- Je sais. Mais ça, c'est de mon ressort.

Je me levai, essuyai les dernière traces de mon chagrin passé et alors que je m'apprêtai à sortir me tournai une dernière fois vers Harry qui m'interrogea de son regard d'émeraude.

- Au fait, c'était le cadavre de qui dans la bibliothèque ?

Il haussa les sourcils, surpris.

- De personne. C'était un animal. Tu sais bien que Psycho-Matt tue selon un ordre précis. Si Drago était le prochain, alors il ne devait y avoir personne d'autre. Il a juste voulu vous faire peur, je suppose.

Je m'insultais mentalement. Comment avais-je pu ne pas y penser plus tôt ? Le choc ? L'angoisse du moment, peut-être ? Toujours est-il que cette nouvelle me rassura légèrement.

- Et une dernière chose. Comment Drago est-il sorti de cet enfer ?

Un léger sourire étira les lèvres de mon ami.

- C'est un mystère. Il nous a avoué qu'il marchait entre deux étagères à la rencontre de Duncan lorsque tout à coup, il a ressenti la sensation du transplanage et il s'est retrouvé devant chez lui.

J'hochai la tête, lui adressai un petit signe de la main et sortis de son bureau. J'avais un Psycho-Matt à affronter.

XXX

Le temps semblait s'être réglé sur mon humeur. Triste, orageux et maussade. Je n'aurais pu rêver mieux. Mes pas résonnaient comme une fin à mes oreilles. J'apercevais déjà la petite ruelle menant à l'Allée des Embrumes. Instinctivement, je ralentis ma foulée. Après tout, ne me jetai-je pas de moi-même dans les gorges de l'enfer ?

J'avais passé les dernières vingt quatre heures à chercher en vain un plan pour déjouer notre destin funeste. Mais il n'y avait rien. Aucune solution. J'avais fais le serment d'amener dans ma chute Naomi Adams mais elle avait plus maligne. Peut-être s'était-elle détruite dans le but de nous aider. De nous débarrasser de toute menace. Je n'en savais rien. Et je n'en saurais sans doute jamais rien.

Je le remarquai de loin. Enveloppé dans une longue cape noire, il m'attendait. Lorsqu'il tourna son visage vers moi, son terrifiant sourire me frappa de plein fouet. J'inspirai profondément, essayant de me donner contenance. J'arrivai enfin à sa hauteur.

- Miss Granger, susurra t-il de sa voix fausse. Où est donc notre invitée ?

Plongeant mon regard dans le sien, j'articulai :

- Elle est morte.

Un éclat flamboyant traversa les pupilles de mon interlocuteur, lui donnant un air profondément mauvais.

- Elle est morte ? Répéta t-il dune voix chargée de danger.

J'hochai la tête, incapable d'énoncer un mot.

- Mais ce n'était pas le marché, miss Granger, continua t-il doucereusement.

Un léger sourire malsain dévoila ses dents.

- Vous savez ce que cela signifie, n'est-ce pas ?

Le corps tremblant et les larmes au bord des yeux, je tentai une dernière fois de me défendre :

- Mais je ne pouvais pas savoir ! Elle s'est suicidée.

Il serra la mâchoire, agacé.

- Quel dommage. Je lui réservai une mort tellement plus…grandiose, ironisa t-il.

Je compris à ce moment précis que cet homme ne pourrait jamais faire son deuil sans avoir tuer de ses propres mains la responsable de ses malheurs. Cette psychologie me dépassait, mais d'un certain côté, je pouvais envisager la comprendre.

Il haussa finalement les épaules.

- Tant pis. Prévenez votre ami Harry Potter que son tour est proche.

Je retins un hoquet d'horreur tandis que mon cœur dans ma poitrine s'emballait. Non. Je n'avais pas fait tout ça pour voir Harry mourir. C'était impossible. Il n'avait pas mérité ça. Soudain, Matthew Duncan se laissa tomber sur les genoux dans un cri rauque. Son bras gauche fermement tenu dans la main droite, quelques gouttes de sang s'y échappait. Les yeux écarquillés, je ne comprenais rien à ce tableau. Pourquoi sa cicatrice du Serment s'était-elle réveillée ? Il n'avait rien fait. Harry et Drago était toujours en vie. Il avait juste mentionné ses actions futures. Tuer Harry. Et puis je compris. Il ne pouvait pas tuer Harry ! Il ne pouvait même pas envisager de mettre fin à ses jours. Ce n'était pas le contrat. Ce dernier stipulait une vie pour une vie. Dans tous les cas, Naomi devait mourir. Par la main de Psycho-Matt ou par la sienne, le résultat était le même. A mes pieds, Matthew Duncan semblait en venir aux mêmes conclusions que moi puisqu'il se releva, le bras sanguinolent mais intact. Il plongea ses yeux sombres dans les miens. Je ne pus m'empêcher de frémir. Ce que regard reflétait était terrifiant. Un mélange de haine et de vengeance. Essoufflé, il me murmura :

- Il semblerait que je ne puisse pas mettre mes plans à exécution. Du moins pour l'instant. On se reverra, miss Granger. C'est une promesse.

Et sur ces dernières paroles emplies de menaces, il transplana.

XXX

J'avais murement réfléchi ce que je m'apprêtai à faire. Ca n'allait pas être facile. Ni pour moi, ni pour lui. Mais il fallait que je le fasse. Nous devions parler. Il ne devait pas rester dans le doute et l'incompréhension. Il avait le droit d'être fixé. Parce qu'il devait avancer. D'une main tremblante, je cognai contre la lourde porte. Tous mes plans tombèrent à l'eau quand Maëlla m'ouvrit. J'avais tout imaginé. Tout, excepté la présence de Blondie.

- Maëlla ? Bredouillai-je. Je…je venais pour…

Au même moment un de mes chats se glissa entre mes jambes et je l'attrapai entre mes bras.

- Récupérer les chats, terminai-je en me forçant à sourire.

Comme à son habitude, elle m'accueillit avec un plaisir et un sourire non feint. Mon cœur se serra. Elle ne méritait pas tout ce qui se tramait dans son dos. En dépit de mon agacement envers ses manières, elle était une fille bien. Je le reconnaissais. Et elle était parfaite pour Drago. Elle le rendrait heureux. C'était certain.

- Alors c'est terminé ? Psycho-Matt a abandonné ? Demanda t-elle en m'entrainant vers le salon.

J'essayais de paraître le plus sincère possible.

- Je pense, oui.

Elle s'assit sur un des fauteuils et d'un coup de baguette fit apparaître du thé et des biscuits.

- Drago n'est pas là ? Demandai-je finalement, n'ayant pu me retenir plus longtemps.

La théière suspendue au dessus d'une tasse, sa main se figea. Elle me détailla quelques secondes avant d'esquisser un léger sourire.

- Si. Il est dans son bureau. Je vais le chercher.

Rapidement, elle se leva et disparut dans un long couloir. Je n'eus même pas le temps de protester. J'étais seule à présent. Seule dans ce grand salon m'apprêtant à faire à la fois la grosse bêtise et la chose la plus réfléchie de mon existence. Mes mains serrées l'une contre l'autre tremblaient sur mes genoux. Mon cœur, dans ma poitrine s'emballait un peu plus à chaque seconde passée et ma gorge semblait se rétrécir à chaque avancée de la trotteuse de l'horloge installée dans un coin.

- Hermione.

Je sursautai et relevai la tête croisant les pupilles foncées de mon âme sœur. Je déglutis difficilement tandis qu'il s'asseyait en face de moi. Il ne tenta pas de me toucher, ce qui me rassura légèrement.

- Salut, soufflai-je finalement, à cours de mots.

Il esquissa son sourire en coin. Mon cœur chavira. Tout en lui m'attirait irrémédiablement. Ses yeux, son détestable caractère, son foutu sourire, son intelligence, son odeur, son air continuellement supérieur, son corps, ses expressions, ses mains. Comment pouvais-je rivaliser face à cela ? Lorsqu'il était près de moi, je me sentais enfin complète. J'avais l'agréable sensation de me sentir en harmonie avec moi-même. Toutes les plaies qui striaient mon cœur disparaissaient instantanément pour ne laisser qu'un organe neuf et fort. Drago était ma partie manquante. C'était irrévocable. Et j'allais devoir m'en passer. Je devais mettre mon plan en application. C'était mieux. Pour lui et pour moi.

- Drago, soupirai-je, nous ne pouvons plus continuer à nous voir.

Il haussa un sourcil, nullement impressionné. Je me mordis les joues. Il ne croirait jamais à mon excuse.

- J'ai beaucoup souffert lorsque Ron m'a trompé et Maëlla est une fille bien. Je ne veux pas qu'elle traverse la même chose que moi.

Il éclata de rire à mon plus grand désarroi.

- Granger, Granger, Granger…Nous sommes âmes sœurs. Je sais que tu me veux tout autant que je te veux. Maëlla ou non, je sais que tu ne penses pas un mot de ce que tu viens de dire. Maëlla s'en remettra, n'aie crainte.

Je secouai la tête, désemparée.

- Non. Tu ne comprends pas. Je suis sérieuse. Je ne veux plus te voir.

Son visage se figea. Menaçant. Il resta silencieux quelques secondes, me détaillant ouvertement.

- Tu caches quelque chose. Et je trouverai ce que c'est.

Malgré tous mes efforts, mes yeux s'embuèrent. Je devais jouer ma dernière carte. Le final. Ma dernière chance.

- Si tu…m'aimes vraiment, alors épouse là et oublie moi. S'il te plait.

Il ébaucha un court sourire. Le masque de Drago Malefoy venait de tomber. Je pouvais lire dans ses yeux comme dans un livre ouvert. D'abord de la colère puis de l'incompréhension. Je venais de le prendre en traître, je le savais. Et il m'en voulait. Puis la déception remplaça tout le reste.

- Tu devrais t'en aller, alors, articula t-il d'une voix glacée.

Je ne me fis pas prier et me levai. Maëlla arriva au même moment, le panier des chats entre les mains. Si elle remarqua notre trouble, elle ne fit aucun commentaire.

- Tu t'en vas déjà ? Tiens, j'ai attrapé tous les monstres.

Avec un sourire forcé, je m'emparai du panier miaulant.

- Merci beaucoup pour…tout, Maëlla.

Elle me sourit avec bienveillance puis me raccompagna jusqu'à la porte d'entrée. Avant de définitivement partir, je jetai un dernier coup d'œil au salon et me noyai une dernière fois dans ses pupilles qui faisaient à chaque fois bondir mon cœur. Puis avec un dernier geste de la main, la porte se ferma.

Je ne savais pas si Drago allait respecter ma demande. Je ne savais pas s'il avait entendu ma prière silencieuse. Mais j'étais sure d'une chose en dépit de tout ce qui nous était arrivé, je l'aimais. Inéluctablement.


Tadam ! Alors ? Qu'ej avez-vous pensé ? Drago n'est pas mort, c'est déjà une bonne chose, non ?

Aussi on approche dangereusement de la fin à mon ô plus grand desespoir...Me connaissant je vais essayer de retarder ça mais bon, l'histoire n'est pas infinie...

Enfin, bref, à vos claviers !

Bisou, Sonia.