Nouvelle Orléans, 2014

All the days you spent with me

Now seem so far away

Après la brève conversation qu'elle avait eut avec Davina, la jeune femme avait décidé de quitter la résidence pour passer la nuit à l'extérieur. Elle avait besoin de se changer les idées et la Nouvelle Orléans était un endroit merveilleux pour ça. Elle se balada un long moment, observant les changements de la ville. Elle se dirigea vers le fleuve où elle se contenta d'observer l'eau.

Elle hésita de longues minutes avant de retourner à la résidence, espérant qu'à cette heure-ci, Kol serait parti avec sa nouvelle sorcière et qu'elle pourrait enfin avoir la paix. En fait, elle ne se sentait sans doute pas assez forte pour se confronter une nouvelle fois à lui. Et elle ignorait si elle pourrait un jour l'être assez. Malheureusement pour elle, elle n'eut même pas le temps de pénétrer dans la bâtisse qu'elle croisa déjà du monde.

Elle s'arrêta brièvement à l'entrée de la cour, observant les personnes présentes : Marcel, toujours aussi immortel, Kol et Davina et la merveilleuse Camille dont Klaus lui avait tellement parlé qu'elle semblait déjà la connaître. Elle hésita un instant, devait-elle rebrousser chemin ou continuer sa route en ignorer le jeune Mikaelson ? Elle n'eut pas le temps de prendre sa décision puisque Marcel se tourna brusquement vers elle. Ils échangèrent un bref regard avant que le vampire ne lui adresse l'un de ses fameux sourires. En moins d'une seconde il fut devant elle et bien qu'il arborait un sourire chaleureux, elle sut que quelque chose clochait.

- Regardez qui est de retour à la maison. Sourit-il en l'enlaçant. C'est bon de te revoir dans les parages.

- Merci. Sourit-elle en se dégageant gentiment de son étreinte. Je pensais que Klaus t'avais banni ?

- C'est le cas. Mais, nous sommes en crise.

- Ne le sommes nous pas toujours ? Marmonna-t-elle. Que se passe-t-il ?

- On doit protéger Camille d'Esther. Elle veut que Rebekah possède son corps.

- Alors Esther est de retour ?

- Klaus ne t'a rien dit ? S'étonna Kol. Il semblait tellement pressé de te faire revenir à la Nouvelle Orléans pour que tu saches que j'étais revenu.

- Si je l'avais su, je serais restée chez moi. Je n'aime pas que les morts reviennent à la vie.

- Mon cher frère devait bien trop te manquer, comment aurais-tu pu lui résister et refuser de venir ici. Continua le jeune Mikaelson, un sourire espiègle aux lèvres.

Marcel et Davina adressèrent un regard noir à Kol tandis que Camille lança un regard prudent à la jeune femme, redoutant certainement sa réaction. Valentina posa les yeux sur l'homme qu'elle avait aimé et esquissa une grimace de dégoût avant de se détourner.

- Qu'est-ce que je peux faire ? S'enquit-elle.

- Trouver Klaus ? Proposa Marcel.

Le visage de la jeune femme se teinta d'incompréhension et Marcel soupira de frustration.

- Tu n'as aucune idée d'où il est. Comprit-il.

- Parce que j'étais censée savoir où il était ?

- On l'a vu partir en trombe hier soir, j'ai pensé qu'il était parti à ta recherche.

- Tu veux dire, que Klaus, a abandonné sa ville ? S'étonna-t-elle.

- C'est vraiment si surprenant ? Intervint Kol. Il a toujours fuit ses engagements, non ?

- Ça doit être un trait caractéristique de la famille Mikaelson dans ce cas. Attaqua Valentina en se tournant vers lui. Elijah mis à part, bien sûr. Il semble être le seul, dans cette foutue famille à avoir un minimum d'intégrité. Maintenant que j'y pense, je comprends pourquoi l'honnêteté n'a jamais été ton fort, toi, tu as été élevé par ta mère. Comment pourrais-tu être un minimum intègre ? On sait tous à quel point Esther est une sal...

Avant qu'elle ait eu le temps de terminer sa phrase, une douleur aiguë à la tête la força à s'arrêter. Un cri, mêlant surprise et douleur s'échappa de ses lèvres et elle pressa ses paumes contre ses tempes, espérant faire cesser cette douleur insupportable.

Les minutes semblèrent durer une éternité et lorsque la douleur cessa enfin, il lui fallut quelques temps pour reprendre conscience. Marcel était accroupi à côté d'elle, s'évertuant à lui demander si elle allait bien, mais son regard ne pouvait quitter celui de Kol. Il venait de lui infliger un anévrisme, peut-être même le plus fort qu'elle n'ait jamais subit. Il venait de la blesser physiquement et ce délibérément. Ce Kol-là, n'avait plus rien avoir avec le Kol qu'elle connaissait depuis de nombreuses années et à cette idée ses yeux s'embuèrent de larmes. Elle se remit sur ses pieds et utilisa sa vitesse surnaturelle pour aller s'enfermer dans sa chambre.

I can't pretend that I'm alright

La nuit était déjà tombée lorsque Valentina sortit de sa chambre, et aucune trace de mal être n'était visible sur son visage. Elle arborait son habituelle expression neutre et elle s'était, comme à son habitude apprêtée. Rien dans sa façon d'être ne laissait présager qu'elle allait mal. Elle gardait la tête haute et c'est ce que Marcel avait toujours aimé avec elle, peu importe les obstacles, elle ne baissait pas les bras, elle restait fière et affrontait ses problèmes avec courage.

Lorsqu'elle arriva dans la cour, le vampire lança un regard à Camille, était-il censé lui parler ou la laisser passer sans prononcer le moindre mot ? En regardant son amie, il comprit qu'elle mourrait d'envie de lui parler, de l'interroger mais qu'elle préférait faire profil bas, ignorant quel genre d'individu Valentina pouvait bien être.

- Est-ce tu vas bien ? S'enquit-il prudemment.

La rouquine s'arrêta soudainement avant de reprendre sa marche. Elle s'arrêta en face d'eux et soupira bruyamment. Elle fixa le sol durant de longues minutes en gardant le silence avant de finalement relever la tête vers lui.

- Non. Avoua-t-elle. Je ne vais pas bien.

Elle soupira une nouvelle fois avant de lancer un coup d'œil nerveux autour d'elle, s'il y a bien une chose qu'elle voulait à tout prix, c'était éviter Kol et ses nouveaux pouvoirs. Marcel lança un nouveau regard à Camille avant de se lever pour aller à la rencontre de son amie.

- Tu comptais sortir ? L'interrogea-t-il. Tu permets que je t'accompagne ?

- Bien sûr.

Elle lança un coup d'œil nerveux autour d'elle, la dernière chose qu'elle voulait c'était bien devoir à nouveau faire face à Kol et ses nouveaux pouvoirs.

- C'était un plaisir de te rencontrer, Camille. Sourit-elle avant de quitter la résidence avec Marcel.

Ils marchèrent de longues minutes dans le silence le plus total. Marcel semblait chercher la meilleure façon d'aborder les choses avec elle. Et elle dut remarquer sa gêne puisqu'elle tourna brusquement la tête vers lui, un léger sourire aux lèvres.

- Alors... Commença Valentina. De quoi voulais-tu me parler ?

- De Davina.

Bien qu'il ne le disait pas à voix haute, elle était parfaitement consciente que Marcel s'inquiétait pour la jeune sorcière. Non seulement parce que Kol s'intéressait à elle, mais également parce qu'elle se retrouvait mêlée à leur histoire. D'après ce que Klaus lui avait raconté, Marcel était une sorte de père pour Davina et elle comprenait qu'il ne souhaitait pas la voir blessée.

- Tu n'as rien à craindre. Assura-t-elle. Je ne la blesserai pas.

- Tu en es sûre ?

- J'ai supporté les excentricités de Kol avec Marie Alice dans les années 1900. Et je ne l'ai pas tuée.

- Klaus l'a fait enfermer. Répliqua-t-il.

- Il l'a fait juste à temps. Blagua-t-elle.

Marcel releva brusquement la tête vers elle et elle comprit que sa blague, au lieu de détendre l'atmosphère n'avait fait que l'alourdir un peu plus.

- Marcel. Reprit Valentina d'un ton sérieux. Je ne vais pas m'en prendre à Davina.

- Elle ne sait pas ce qu'elle fait.

A son ton, on aurait dit qu'il tentait de la convaincre alors qu'elle lui avait déjà affirmé qu'elle ne ferait rien à Davina.

- Elle ne connait pas Kol. Reprit-il. Elle ne savait même pas qui il était. Et elle savait encore moins qu'il était déjà avec quelqu'un.

- Il était mort. Je crois que ça remet le compteur à zéro. Il a décidé de reprendre une vie sans moi.

- Je ne lui fais pas confiance.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est Kol Mikaelson.

- Il ne la blessera pas. Assura-t-elle.

- Tu vois. Commença Marcel en se tournant vers elle. Je pensais que s'il y avait bien une personne sur cette terre que Kol ne blesserait jamais, c'était toi. Mais aujourd'hui...

- Les choses ont changées. Le coupa-t-elle. Écoute, aussi étonnant que ça puisse paraître, Kol tient à elle. Je ne dis pas qu'il l'aime. Il s'en préoccupe.

Est-ce que c'était censé être rassurant ? Il ne savait pas ce qui était le pire, qu'il se serve d'elle comme d'un nouveau passe-temps ou qu'il s'intéresse sincèrement à elle.

Il se tourna à nouveau vers Valentina et malgré le sourire qu'elle affichait, ce n'était qu'une façade. Un masque derrière lequel elle cachait ses émotions. Il vit dans son regard la tristesse. Une tristesse incommensurable. Il ne lui semblait pas avoir un jour vu autant de peine dans les yeux de quelqu'un.

Et il se sentit soudain idiot. Il s'inquiétait pour Davina, la nouvelle sorcière de Kol, sa nouvelle remplaçante alors qu'elle voulait tout simplement oublier.

- Elle n'a rien à craindre de lui. Assura-t-elle. En tout cas, pas tant qu'il est dans ce corps-là.

Le vampire se contenta d'hocher la tête avant de l'enlacer. Cette fois-ci, ce n'était pas une simple étreinte. Il voulait lui faire passer un message. Il voulait lui faire comprendre qu'il était là pour elle si elle désirait parler ou si elle avait seulement besoin d'une présence. Ils échangèrent un nouveau regard avant qu'ils ne prennent chacun une direction différente.

And you can't change me

Kol attendait. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre. Il se sentait ridicule assis là, seul, dans cette cour sombre. Mais il fallait qu'il la voie, qu'il lui parle, qu'il lui explique les raisons de son retour. Elle méritait des explications. Alors, il prenait sur lui, il attendait. Un nouveau frisson parcouru l'échine de son dos et il maudit son corps tellement humain. Il avait l'impression d'être faible, pathétique. Et Kol Mikaelson, n'était jamais pathétique.

C'est le bruit de ses talons claquant sur le sol qui annonça son arrivée. Mais ce n'était pas le seul bruit qu'il entendait. Des gloussements ridicules lui parvint à l'oreille et il se releva brusquement. C'était un homme. Un homme éméché. Mais un homme tout de même.

La seule lumière de la cour, l'empêchait de voir clairement ce qu'il se passait mais il pouvait parfaitement voir leurs corps pressés l'un contre l'autre et il sentit son sang bouillir dans ses veines. Ses poings se serrèrent et il dut se faire violence pour ne pas user de sa magie contre cet individu qui osait poser les mains sur Valentina. Sa Valentina.

Le corps de la rouquine se tendit et il la vit se tourner vers lui. Elle l'observa de longues secondes avant de retourner à l'humain. Il posa ses mains sur son torse et la plaqua avec brusquerie contre le mur. Elle planta ses yeux dans les siens.

- Ne bouge pas et ne crie pas. Ordonna-t-elle.

D'un geste vif, ses doigts empoignèrent la tignasse de l'homme et elle planta ses crocs dans son cou. Se délectant de chaque gorgée de sang qu'elle buvait. Alors que Kol pensait qu'elle allait le tuer, elle abandonna sa proie.

- Rentre chez toi et oublie-moi.

Valentina se tourna vers lui, les lèvres et le menton maculés de sang. Elle passa sa langue sur ses lippes, léchant sensuellement les restes de son repas.

- Tu comptes encore utiliser tes pouvoirs contre moi ?

- Je n'ai pas encore décidé. Blagua-t-il.

Sa tentative de plaisanterie n'eut malheureusement pas l'effet escompté et ses yeux semblèrent lancer des éclairs. Tout dans sa posture lui indiquait qu'elle était sur ses gardes. Qu'elle se tenait prête en cas d'attaque, que cette fois-ci, elle ne se laisserait pas faire sans riposter.

- Je veux juste te parler. La rassura-t-il.

- Je ne crois pas que nous ayons quoi que ce soit à nous dire.

- Au contraire, on a beaucoup de choses à se dire.

La rouquine soupira d'un air résigné et croisa les bras sur sa poitrine. D'un signe de la tête, elle l'invita à parler.

- On peut s'asseoir ? Proposa-t-il.

- Je préfère rester debout.

Ce fut à son tour de soupirer, elle pouvait se montrer tellement têtue quand elle s'y mettait. Il garda le silence de nombreuses minutes, si bien que la jeune femme se demanda s'il comptait un jour parler.

- Je comptais te le dire. Finit-il par lâcher. Je ne voulais pas que ce soit quelqu'un d'autre qui te le dise. Je voulais simplement réfléchir à la meilleure façon de te le dire.

- Tu réfléchissais ?

- Je ne pouvais pas venir frapper à ta porte et te dire : Chérie, je suis revenu d'entre les morts.

- C'est exactement ce que tu aurais du faire. S'écria-t-elle. C'est la première chose que tu aurais dû faire.

- Je voulais le faire.

Malgré toute sa bonne volonté, son calme s'effrita peu à peu, laissant place à la colère, à la tristesse.

- Ne me mens pas ! Hurla-t-elle en se dirigeant vers lui.

Ils se regardèrent dans le blanc des yeux durant de longues secondes avant que Valentina ne reprenne la parole.

- Tu as préféré rester à la Nouvelle Orléans. Tu as préféré t'allier à ta mère pour torturer ta famille. Tu as recommencé ton cirque avec une sorcière Claire. Énuméra-t-elle.

- C'est différent, cette fois.

- Bien sûr que c'est différent ! Tu n'es plus un vampire, tu es un sorcier. Tu as enfin tout ce que tu as toujours voulu. Tu peux enfin vivre la vie dont tu rêvais. Et tu es avec une Claire maintenant.

Dans son regard, Kol put lire toute sa tristesse. Il vit combien il l'avait blessée, combien elle souffrait de cette situation et la voir aussi brisée, lui brisa le cœur.

- Mais tu ne peux pas me changer. Murmura-t-elle. Je suis un vampire et je resterai un vampire pour l'éternité. C'est comme ça.

I can't stand another fight.

Nothing lasts forever.

- Tu ne comprends pas. Tenta-t-il de se justifier.

- Peut-être que je n'ai pas envie de comprendre.

- Je t'aime peu importe ce que tu es.

- Tu ne m'aimes peut-être pas assez alors.

Une larme roula le long de sa joue et elle se mordit la lèvre pour retenir le sanglot qui menaçait de lui échapper.

- Je ne peux plus supporter tout ça. C'est au-dessus de mes forces.

- Alors tu me quittes ?

- On a qu'à dire qu'on a vécu une belle histoire, mais qu'il est temps que nos chemins se séparent.

- Je ne veux pas que ça arrive.

- C'est ce qu'il a de mieux à faire pourtant.

- Mieux pour qui ?

- Pour tout le monde.

Sans ajouter un mot, elle le frôla pour regagner sa chambre et claqua la porte derrière elle, le laissant désespérément seul.


Déjà le vingtième chapitre, plus que cinq jours avant la fin de cette fanfiction ! J'espère que vous avez aimé ce nouveau chapitre ! N'hésitez pas à me laisser une review, ça fait toujours très plaisir de vous lire et je vous réponds avec joie !

Réponse à Buzoliker : Pas de corde qui se transforme en or pour ce chapitre. Mais il y aura (un peu) de magie dans le chapitre du 22 décembre qui s'intitulera : le chant du cygne. J'espère que tu as aimé ce nouveau chapitre & merci de ton passage !