Hello !
Tout d'abord merci à la fidélité des revieweurs (euses) !
Ensuite, ben le chapitre, où Camus récupère son Milo.
Bonne lecture !
Titre: Shopping de convalescence
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Ah oui, vraiment ?
Shopping de convalescence
Camus se réveilla tôt, mal à l'aise et légèrement cafardeux.
Sans la présence de sa ventouse attitrée, il s'était retourné toute la nuit sur le matelas ultra-confort.
Il trouvait cela effrayant, la force du lien qui l'attachait à Milo, tout à fait effrayant, comme tout évènement que le Verseau ne contrôlait pas.
Il se doucha et s'habilla d'un pantalon noir et d'une chemise également noire, ce qui lui donnait certes l'allure très chic mais l'air morose d'un homme en grand deuil.
Il détonerait dans la foule bigarrée de Sainte-Maxime.
La salle à manger le vit exceptionnellement pour le petit-déjeuner – vu l'heure matinale, il eut la salle presque pour lui tout seul, ce qui convenait à merveille à sa réputation d'asocialité.
Il prit ensuite la voiture avec un but louable et précis : délivrer Milo de cet affreux hôpital.
Hyoga fut réveillé d'une nuit écourtée par des cris enragés.
Seiya, grimpé sur le lit à la manière d'un sale gosse, tenait hors de portée d'un Shiryu exaspéré un papier.
Accoutumant ses yeux piquants de sommeil à la lumière, le Russe reconnut une des cartes postales que le Dragon envoyait fidèlement à sa fiancée Shunreï.
- Na na nère ! braillait un Pégase à qu'il ne manquait qu'une sucette pour paraître trois ans.
- Rends-moi ça, Seiya ! hululait un Shiryu par exception en colère. C'est personnel !
Ikki ouvrit la porte avec fracas, le sourcil mauvais.
- Seiya ! Tu recommences ? On va se faire virer de l'hôtel à la fin !
- Oh, ma chèèèèriiiie, comme je regrette ton absence dans ce pays ensoleillé, nasilla un Seiya hilare devant la prose calligraphiée du Dragon.
Il se ramassa le sol, fauché net de son perchoir par un phénix expéditif.
Le redresseur de torts rendit la carte à Shiryu, lui conseillant de stopper le perfectionnement de Shunreï en japonais et de lui écrire désormais en chinois.
Le Dragon approuva.
Un employé de l'établissement vint discrètement se plaindre du vacarme.
Camus rentra d'un pas assuré dans le hall de l'hôpital et s'approcha de l'accueil.
Une réceptionniste, chuchotant d'un air compassé et rempli de pitié, lui indiqua machinalement le chemin de la morgue.
Le Verseau, outré, se récria avec véhémence. Il venait chercher quelqu'un de bien vivant, et même de très remuant.
L'employée s'excusa platement, arguant que n'importe qui se serait laissé induire en erreur " par les vêtements noirs et l'air triste de Monsieur… "
Vexé, Camus pinça les lèvres et retint une réplique bien sentie.
La fille, mettant davantage les pieds dans le plat, s'informa, une moue douloureuse collée à ses lèvres pulpeuses, si son ami avait une maladie incurable, et " qu'elle savait combien cela était difficile, mais que mon Dieu, on pouvait toujours garder espoir, il y avait des miracles, n'est-ce pas mon pauvre Monsieur ? "
Blême, le Chevalier des glaces faillit congeler l'écervelée sur place, sa main manucurée encore posée sur son téléphone gris, étudiant cruellement la possibilité artistique que représenterait cette sculpture moderne.
Il prit le chemin de l'endroit où se trouvait un Milo prêt à sortir, râlant sur la stupidité de certaines femmes et sur leur manque de goût.
Camus ne se doutait pas qu'il renvoyait plus que sûrement une image funèbre, et de toute façon l'opinion des autres lui importait peu.
Son humeur s'en ressentit, et il fut à peine aimable avec le médecin lui donnant de nombreuses recommandations.
Il voulait son Milo, enfin, pas des discours emberlificotés. Qu'on lui fasse confiance pour veiller sur son amant !
Un Milo pâlichon était installé dans la salle d'attente, feuilletant un magazine aux pages émaillées de mannequins en maillot de bain. Il le jeta sous le siège en apercevant son compagnon.
- Chouchou ! Je t'attendais… Fichons vite le camp de cet endroit…
Il ne jugea pas raisonnable de préciser que sa maigre vertu était en grand danger dans cet endroit de perdition.
Camus pinçait d'ailleurs déjà les lèvres en une mimique contrariée.
- Tu les trouves belles, ces filles ? grinça-t-il, le doigt tendu en direction de la revue incriminée.
Le Grec lança un large, très large sourire.
- Oh, mais tu es jaloux ! remarqua-t-il avec ravissement.
- Moi ? Pas du tout… nia le Verseau avec mauvaise foi.
- Chéri, ricana le Scorpion, je n'aime que toi en maillot de bains… Quoique je te préfère encore sans rien du tout…
Camus n'insista pas, jetant encore un mauvais regard au magazine, et aida son petit ami à se lever.
Un Milo humilié fut soutenu jusque sur le parking de l'hôpital.
- Rescapé des guerres saintes pour clopiner comme un vieillard à cause de bêtes moules, se lamenta-t-il.
Revenus à leur hôtel, Milo s'allongea avec soulagement tandis que Camus tripotait une petite trousse.
- C'est quoi, chouchou ? voulut savoir le curieux Grec.
- Le médecin m'a donné ça… Si tu as encore une allergie… C'est une espèce de kit avec un auto-injecteur d'adrénaline.
- Berk ! J'espère ne plus rien manger qui aura cet effet là !
- Si tu dormais un peu avant le déjeuner ? incita le sage Verseau en ajoutant le kit au box géant de sa pharmacie personnelle.
- D'accord, mais tu restes contre moi ? implora le Scorpion en arborant son air de chiot pas sevré, chouineur et attendrissant.
Camus ne demandait rien d'autre après sa nuit agitée.
Le Français décida ne révéler plus tard le fait que Mü du Bélier s'était décidé lui aussi à le poursuivre télépathiquement – toujours la rumeur.
Dans l'immédiat, la paix, sans gêneurs.
Les deux amoureux purent donc s'octroyer une sieste réparatrice.
Le déjeuner trouva Milo plus alerte et affamé – de frites et de steak, car il considérerait désormais tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une denrée maritime avec dégoût.
Et la bouillie matinale de l'hôpital s'était révèlée infâme.
Il exprima le désir de sortir prendre le frais, ou plutôt le chaud, et de lécher un peu les vitrines élégantes de Sainte-Maxime.
Charmé par ce calme programme, Camus consentit, et ils se retrouvèrent dans les rues commerçantes, avec l'impression agréable d'être provisoirement délivrés de tous leurs pairs, déesse comprise.
- Viens, décida Milo, on va t'acheter un short.
- Mais, protesta Camus, je ne veux pas de short !
- Sois pas bête, chouchou, clama un Scorpion aux yeux luisant d'autorité. On est à la mer, il te faut un short. A ta taille.
Il poussa son infortuné compagnon dans la première boutique venue, qui lui semblait posséder assez de choix pour contenter l'être difficile, voire chicaneur qu'était le Verseau.
Le magasin semblait bien achalandé.
Si bien, en fait, que les deux hommes débarquèrent au milieu d'un raz de marée force dix.
Le Français ouvrit la bouche et la referma aussitôt, foudroyé.
Il régnait une chaleur à tuer les mouches et un Chevalier du froid.
Un vacarme de caquetages – quatre ou cinq langues mêlées – bruissait avec les stridences aiguës de criquets et grillons confondus.
La boutique était mixte en sus.
Femmes et hommes – majorité de femmes – s'arrachaient impoliment et sauvagement les vêtements convoités les uns aux autres.
Une majorité d'hommes étaient vautrés sur le moindre siège disponible, suant ferme et assurément impatients de sortir de cet enfer.
Les vendeuses se cachaient derrière le long comptoir – d'ailleurs personne ne songeait à les consulter.
Des enfants d'âges divers couraient, piaulaient, pleurnichaient, braillaient, renversaient biberons et jus de fruits à la ronde – de préférence sur quelqu'un – tandis que d'autres ouvraient avec vélocité et constance les rideaux des cabines d'essayage, s'attirant ainsi des hurlements effarouchés.
Bref, scène d'apocalypse.
Tout Sainte-Maxime semblait s'être donné un rendez-vous bruyant chez : " Justin et Justine, Mode Mixte ".
Camus recula comme il n'aurait pas reculé devant un ennemi assoiffé de sang.
- Pas question, siffla-t-il.
Bien qu'un peu ahuri, Milo tira de force son amant vers les étagères dévastées.
- Allez, Mumus chéri… C'est le magasin le plus chic de l'endroit, le réceptionniste de l'hôtel m'en avait parlé, je me souviens maintenant…
Camus maudit incontinent l'employé de son conseil superflu.
Milo s'arrêta devant une pile de shorts qu'il flanqua sans façons dans les bras de son petit ami.
- Vas-y, essaye ceux-là…
- Milo ! renâcla le Verseau. Ils sont rouge vif. Je ne mettrai jamais quelque chose d'aussi voyant !
Les shorts affichaient effectivement une belle couleur criarde de lanterne de maison close.
- Tu t'habilles trop triste, chouchou, jugea le Scorpion.
- Trop triste ? suffoqua Camus d'indignation. En pantalon blanc et chemise bleu pâle ?
- Ben, c'est pas très coloré, essaya de convaincre l'amant terrible, embrassant le Verseau dans le cou, dans le but sans équivoque de lui faire accepter quelque chose qu'il ne voulait pas…
- Arrête ! Pas devant tout ce monde, pesta Camus.
- D'ailleurs ce matin tu étais tout en noir… Horrible, un vrai spectre.
Les deux Chevaliers se regardèrent bêtement.
- Pardon, gémit Milo qui venait de réaliser le cruel rappel de sa phrase.
- Ce n'est rien, murmura le Verseau. Au moins, continua-t-il pour détendre l'atmosphère, mes vêtements à moi sont propres. Sans trous. Bien repassés !
Cette pierre énorme dans le jardin du Grec ne l'émut pas.
Il était décidé à moderniser et coloriser son chéri.
A tout prix.
L'heure suivante fut épique.
Camus du Verseau eut l'impression d'essayer la moitié masculine de la boutique au milieu d'une nuée d'abeilles bourdonnantes.
Il y avait toujours un truc qui clochait.
Les shorts étaient trop longs, trop courts, trop larges, trop serrés.
Milo lui balançait les couleurs les plus absurdes, du vert pomme cru au fuchsia flashy, en passant par le jaune citron.
Camus ne se voyait pas en jaune citron. De toute façon il portait assez de jaune obligé avec son armure d'or.
Le seul short dans lequel il finit par se trouver à l'aise fut réfuté par un Scorpion décrétant rageusement que c'était trop court, et que " personne ne materait les belles jambes de son chéri d'amour tant que lui, Milo, serait en vie ! ".
Le Verseau se tut héroïquement, dépassé par un tel illogisme : Si Milo ne voulait pas qu'on le regarde, autant lui laisser porter ses chers pantalons couvrants, non ?
Non.
En fait, le short parfait qui aurait convenu à la fois à Camus et à Milo prenait au fil de l'après-midi figure de Graal mythique et inaccessible.
- J'en ai assez Milo ! finit vers les dix-sept heures par dire le Verseau transpirant et énervé par les multiples essayages. Soit je prends celui que tu trouves trop court, soit je continue à porter les tiens avec une ceinture, soit je surgèle tout ce magasin de malheur comme une boîte de fish sticks du Capitaine Igloo !
- Mais chouchou… geignit un Scorpion qui avait lui aussi enfilé beaucoup de modèles dans la même cabine mais avait trouvé plus que son bonheur.
- De plus tu es censé te reposer ! Tu deviens de plus en plus vert et je sens ton cosmos plutôt à plat. Alors on paye tes machins, on rentre à l'hôtel et tu fais une sieste avant le dîner, compris ?
Le ton glacé et ferme de son compagnon avait toujours un bel effet d'obéissance sur l'enfantin Grec. Il céda avec une prudence qu'on ne pouvait que louer.
- Ok. Achète celui-là. C'est mieux que rien. Mais beige, bof… Tu pourrais le prendre en jaune ou en rouge où…
- Le beige va avec tout, le coupa Camus qui attrapa péniblement ses propres habits enterrés sous une masse de chiffons colorés, essayés, puis piétinés.
Il plaignait la vendeuse qui devrait remettre tout ce fatras en place.
- Oh chouchou ! brama Milo en s'agrippant soudain à lui et en l'embrassant ensuite langoureusement.
Les doigts expérimentés du Scorpion glissant entre son caleçon et ses fesses firent tinter une sonnette d'alarme dans le cerveau méfiant du Français.
- MILO ! Tu ne penses tout de même pas à…
Le sourire de fauve affamé du convalescent était parlant.
- C'est un fantasme comme un autre… indiqua-t-il, retors.
Le Verseau s'arracha à l'emprise collante de son ami, incrédule.
- Je suis en couple avec un maniaque, constata le malheureux.
- Mais…
- Rhabille-toi. Je veux bien te passer beaucoup de choses, mais ici, où il y a foule, avec des rideaux qui s'ouvrent pour un rien… Non ! D'ailleurs, tu ne serais pas en état, mon cher petit scorpion malade… termina Camus avec malignité.
Piqué dans son orgueil de mâle, ledit malade fut obligé de suivre un Camus à l'œil espiègle et content de lui à la caisse.
Pas en état… Il verrait, son bloc de glace chéri, si le grand Milo du Scorpion, meilleur étalon du Sanctuaire voire du monde entier n'était pas en état !
Le Chevalier du Verseau ne perdait rien pour attendre…
