Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.


Merci, merci énormément pour toutes vos reviews ! Merci ! ^_^


Tifoiltoi : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que cette suite te plaira ! Bonne soirée et à bientôt.


Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 20 : Voyeur

Edward pesta contre le blond qui était parti sans lui laisser une seule chance de s'expliquer ! Tout en maugréant mille et une insultes, il commença à avancer péniblement sur le chemin en piteux état. Ses pleurs l'empêchaient de voir correctement où il posait ses béquilles et plusieurs fois il dut poser sa cheville sur le sol pour éviter une chute. Tout en serrant les dents, il se remit en route. Sa respiration commençait à devenir sifflante, il aurait dû s'arrêter pour se reprendre, mais il voulait à tout prix rattraper son compagnon !

« -Edward ! L'appela Jacob qui en quelques foulées le rattrapa. Arrête ! Tu es en train de te faire mal !

-Fous-moi la paix ! Hurla-t-il.

Jake ne sembla pas l'entendre de cette oreille car il se posta devant lui pour l'empêcher d'avancer.

-Dégage ! Cracha Edward furieux.

-Non ! Où comptes-tu aller comme ça ?

-Il faut… Il faut que je lui parle ! Que je lui explique ! Pourquoi… Pourquoi t'as fait ça Jake ?

-Parce que j'en avais envie, confia son ami, parce que cela fait plusieurs années que j'en rêve et que tu n'as jamais vu l'intérêt que je te portais. Edward, on pourrait être heureux ensemble, on…

-Je suis avec Carlisle ! Coupa-t-il.

-Crois-tu vraiment que ce soit le bon ? Demanda doucement le Quileute. Crois-tu que s'il t'aimait vraiment il serait parti ainsi sans une explication ? Sans…

Jacob n'eut pas le loisir de terminer sa phrase. Edward ne put s'empêcher d'espérer quand il vit voiture arriver à vive allure vers eux. La Mercedes les dépassa avant de freiner brutalement pour faire demi-tour et s'arrêter à leur hauteur. Carlisle sortit du véhicule, le moteur tournait toujours, sans un mot, son compagnon contourna la voiture pour ouvrir la portière passager. Son visage neutre inquiéta Edward.

-Monte ! Lui ordonna-t-il sans le regarder.

Le jeune homme allait lui obéir, mais Jacob s'immisça entre eux. Les deux hommes se défièrent du regard, cela ne lui sembla rien présager de bon aussi il se dépêcha de se placer devant Jacob.

-Allons-y, dit Edward à Carlisle mais ce dernier ne bougea. S'il-te-plaît, partons.

Edward fit un pas en direction de son compagnon, leurs torses se touchaient. Le jeune homme cherchait toujours son regard, mais le blond ne quittait pas le Quileute des yeux. L'inquiétude s'accentua en lui quand il vit les poings de Carlisle se crisper, un rapide coup d'œil à Jacob lui apprit qu'il était lui aussi prêt à se battre.

-Ca suffit ! Jake rentre chez toi ! Carlisle, viens, partons !

Il tenta de pousser son amant vers sa voiture, mais dans son état, cela lui était difficile, il essaya tout de même, mais il perdit l'équilibre. Jacob fit un geste pour lui éviter une chute, mais Carlisle fut le plus rapide, ses bras rassurants se refermèrent autour de son corps. Edward s'accrocha à ses épaules, il releva la tête et croisa enfin le regard de son compagnon.

-Tu as pleuré, murmura Carlisle dont le pouce caressa l'une de ses joues humide.

-Je suis désolé.

-Je sais, souffla son compagnon en le regardant avec tendresse et amour.

Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, son supérieur le souleva du sol et l'assit dans la voiture. Tout en lui souriant, il ferma la portière, puis, il déposa ses cannes anglaises à l'arrière de la Mercedes. Edward descendit la vitre du véhicule quand il s'aperçut que Carlisle n'avait pas l'intention de remonter, en effet, son compagnon venait de se poster devant Jacob qu'il empoigna par le col de son tee-shirt.

-Avant d'embrasser quelqu'un vérifie qu'il en ait envie plutôt que de profiter de sa faiblesse ! Gronda Carlisle en fusillant le Quileute du regard. Si jamais tu le refais pleurer, je te jure que je te mets mon poing dans la gueule ! »

Sur ces derniers mots, Carlisle repoussa violemment le Quileute qui tituba. Sans un regard de plus, son compagnon tourna le dos à l'indien pour le rejoindre dans la voiture. Edward vit la fureur luire dans les yeux de Jacob qui s'apprêtait à se jeter sur Carlisle, cependant, leurs regards se croisèrent et le Quileute s'immobilisa. Edward lui lança un dernier regard avant de remonter la vitre de la voiture. La seconde suivante, Carlisle enclenchait la première et ils ne tardèrent pas à quitter les terres Quileute. Tout en conduisant, son compagnon attrapa son téléphone portable pour prévenir Sue qu'ils avaient un empêchement de dernière minute et qu'ils ne pourraient pas dîner chez elle. Ce furent les seuls mots que prononça le blond, Edward tenta de s'excuser, d'expliquer la situation, mais il se heurta à un mur. Il eut la désagréable impression d'être revenu à la situation du matin. Edward ferma les yeux, il se sentait soudain très fatigué.

Le jeune homme s'éveilla quand il sentit des lèvres contre son front, il observa les alentours et fut surpris de se trouver dans sa chambre. Une main douce attira son attention, il se tourna pour observer Carlisle qui caressait tendrement sa joue. Son compagnon lui sourit avant de l'aider à s'asseoir, il lui tendit un verre d'eau ainsi qu'un comprimé pour la douleur qu'Edward prit docilement.

« -Je suis désolé, s'excusa une nouvelle fois Edward en lui rendant le verre, je ne voulais pas l'embrasser.

-Je sais, dit simplement Carlisle qui se déplaça pour le prendre dans ses bras, je l'ai compris et c'est pour ça que j'ai fait demi-tour.

-J'aurais dû l'en empêcher, mais…

-Chut, c'est fini, n'y pense plus.

Edward hocha la tête avant d'enfouir son visage dans le creux du cou de son amant qui raffermit la prise de ses bras autour de son corps.

-Contrairement à toi, je te dois des excuses, avoua Carlisle au bout d'un moment, je suis désolé de m'être comporté de cette manière ce matin, je crois que j'ai perdu les pédales, mais j'ai eu tellement peur quand je t'ai vu étalé au bas de cet escalier… Cela m'a rappelé de mauvais souvenirs et j'ai paniqué.

-Que veux-tu dire ?

-Je t'ai déjà parlé d'Esmé ?

-Ton épouse, murmura Edward en tentant de faire taire la pointe de jalousie qui naissait en lui.

-Oui, mon père l'a fait tuer. Nous étions chez nous, j'étais dans le jardin, cela faisait des jours qu'Esmé me demandait de tailler une haie. J'étais en train de le faire quand j'ai entendu un bruit sourd. Je me suis précipité vers les escaliers qui menaient au jardin et elle était étalée là. J'ai essayé… J'ai essayé de la ranimer, mais il y avait tant de sang… Je ne sentais plus son pouls… Je ne comprenais pas d'où provenait tout ce sang, elle avait une entaille au-dessus d'un sourcil, mais ce n'était pas suffisant pour provoquer une telle hémorragie… Je l'ai retourné… et… et c'est là que j'ai vu l'orifice de la balle dans son dos.

Edward se redressa pour prendre son compagnon dans ses bras, sa peine était palpable, ses traits étaient déformés par la souffrance. Le jeune homme se demanda alors s'il aimait toujours sa défunte épouse, son cœur se serra à cette pensée car si elle avait été vivante, jamais ils n'auraient été ensembles.

-A quoi penses-tu ? Lui demanda Carlisle.

-A rien, mentit-il.

-Je connais ce regard, Edward. Esmé appartient à mon passé, tu es mon présent et mon avenir, le rassura son compagnon, et même si elle était toujours en vie et que nos chemins se soient croisés, je l'aurais quitté pour toi. Tu es mon âme sœur, je ne peux pas vivre sans toi. La disparition d'Esmé n'était rien comparée à ta disparition.

Edward sentit son cœur bondir dans sa poitrine en entendant les mots de son compagnon car il n'oubliait pas qu'Esmé pouvait lui offrir des choses qu'il ne serait jamais en mesure de lui donner.

-Je t'aime, Edward Masen, n'en doute jamais.

-Je t'aime aussi.

-Même si je suis plus vieux que toi ? Demanda Carlisle.

Edward s'appuya sur son coude pour observer son amant, il n'aimait pas la pointe d'inquiétude qu'il avait entendu dans sa voix.

-Oui, la dizaine d'années qui nous sépare ne me dérange pas, admit Edward.

-Même si je n'ai pas un corps hyper musclé ?

-Je trouve que tu es superbe et ton corps est magnifique.

-Même si ma peau est aussi pâle que la neige ?

-Tu me fais quoi là ? Demanda Edward en fronçant les sourcils. Tu te compares à Jake ?

-Il faut admettre qu'il a des atouts que je n'aurais jamais !

Edward soupira de consternation avant de plaquer contre le corps de son compagnon qu'il bâillonna d'un baiser. Ses mains glissèrent dans ses cheveux blonds qu'il empoigna pour approfondir leur baiser pendant que son bassin débutait un mouvement lascif contre celui de son compagnon. Le jeune homme n'accepta de relâcher les lèvres de son amant que lorsqu'il sentit sa virilité s'éveiller. Edward plongea son regard émeraude dans celui bleuté, son bassin vint se coller contre le ventre de Carlisle.

-Penses-tu vraiment que ton physique ne me rend pas dingue alors qu'il suffit d'un baiser passionné pour que mon désir pour toi s'éveille ?

Carlisle sourit avant de passer sa main dans sa nuque pour l'attirer à lui, leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau et son compagnon le bascula sur le lit pour le dominer. Cependant, ce geste tira un léger gémissement de douleur à Edward, sa cheville n'avait pas apprécié le renversement de situation.

-Je suis désolé, murmura Carlisle, j'avais oublié.

-Moi aussi, grogna Edward en serrant les dents.

-Je pense qu'il est préférable que nous soyons sages, conseilla Carlisle en attrapant un oreiller pour le glisser sous sa cheville. Je vais aller te chercher un peu de glace.

-Merci.

Carlisle lui sourit. Son homme se pencha ensuite pour lui voler un rapide baiser avant de se lever.

-Carlisle ! L'appela-t-il.

-Oui ?

-Tu peux me ramener un truc à grignoter, s'il-te-plaît, je n'ai rien mangé depuis ce matin, avoua Edward.

-Bien sûr ! Mais ils ne t'ont pas proposé un repas à l'Hôpital ?

-Si, mais je n'avais pas faim.

-Je nous prépare un plateau et je reviens, le prévint Carlisle.

-Je peux venir.

-Non, repose-toi. Je reviens dans quelques minutes. »

Carlisle effleura une dernière fois ses lèvres avant de descendre à la cuisine. Edward patienta un instant sur son lit avant de s'ennuyer. Il voulut rejoindre son compagnon, mais son petit doigt lui souffla qu'il valait mieux qu'il reste au lit. Il était en train de se demander où était la télécommande de la télévision quand son portable sonna. Le jeune homme attrapa son téléphone et hésita à décrocher en voyant le nom de l'appelant. Edward finit par raccrocher et couper son téléphone, il n'avait pas envie de lui parler, du moins pas pour le moment. Il repensa au comportement de son ami, à ses paroles, comment avait-il pu être aussi aveugle ? Comment n'avait-il pas vu les sentiments de son ami ? Etait-ce pour cela que Jacob l'avait détesté durant toutes ces années ? Après tout, ne disait-on pas que la haine et l'amour étaient deux sentiments proches ?

Edward soupira et se laissa tomber sur ses oreillers. Qu'allait-il faire ? Il tenait à son amitié avec le Quileute, mais il ne pourrait pas rester auprès de lui si ses sentiments étaient plus qu'amicaux, il n'aimait et n'aimerait qu'un seul homme : Carlisle, et Jacob devrait l'accepter. Tout en soupirant, il se glissa sur le rebord du lit, puis, ne voyant pas ses béquilles, il sautilla jusqu'à son piano. Il s'assit sur le banc et ses doigts caressèrent tendrement le bois laqué. Cela faisait des années qu'il n'avait pas joué sur cet instrument, il se demanda s'il était toujours accordé. Il souleva le couvercle pour faire apparaître les touches blanches et noires. Ses doigts impatients se posèrent sur ces dernières pour égrener quelques notes qui sonnèrent juste. Rassuré, il ferma les yeux et laissa la musique prendre possession de son être. Edward laissa les notes exprimer sa peine, ses angoisses, une mélodie mélancolique envahit la chambre. Ses doigts quittaient le piano le temps de dessiner les notes sur les partitions vierges, puis, la musique résonnait à nouveau alors qu'il trouvait de nouveaux accords et qu'il embellissait la mélodie. Une fois satisfait de son travail, il rejoua toutes les notes, les yeux fermés, ses doigts, son être se laissaient porter par les accords. Lorsqu'il plaqua la dernière note, un sourire se dessina sur son visage quand il sentit deux mains se poser sur son épaule.

« -C'était magnifique, murmura Carlisle en déposant un baiser dans ses cheveux.

-Et incomplet, précisa Edward, je ne peux pas utiliser les pédales.

-Tu es sûr que ça va ?

-Oui, pourquoi ?

-Ta musique a toujours reflété tes sentiments et là elle montrait que tu étais triste, expliqua Carlisle.

-Je… Je pense à Jacob, confia Edward.

-Oh.

-Non ! S'empressa-t-il de dire en voyant le visage peiné de son compagnon. Je suis triste pour lui, je suis triste car je vais perdre un ami. Je t'assure qu'il n'est rien de plus à mes yeux.

-Je sais, souffla Carlisle mais Edward put lire une lueur d'inquiétude dans son regard. »

Le jeune homme referma alors le couvercle du piano et se tourna sur le banc pour embrasser tendrement le blond qui lui répondit avec fougue. Ils se séparèrent difficilement. Carlisle le soutint pour se rendre jusqu'au canapé où il avait déposé un plateau avec leur repas sur la table basse. Ils mangèrent avec appétit. Leurs mains se frôlaient fréquemment, leurs lèvres se retrouvaient pour échanger de légers baisers et après avoir partagé un dessert, Carlisle l'aida à se rendre à la salle de bain pendant qu'il redescendait le plateau à la cuisine. Edward se brossait les dents quand son compagnon revint. Il lui demanda s'il souhaitait prendre une douche, il accepta car il avait besoin d'aide. Ils se retrouvèrent ainsi nus sous le jet d'eau tiède, Carlisle gardait une main autour de sa taille pour qu'il ne perde pas l'équilibre ce qui réduit à néant toutes les envies coquines qui auraient pu lui venir à l'esprit. Son compagnon qui comprit les raisons de sa mine dépitée laissa échapper un léger rire avant de couvrir son visage de baisers. Tendrement, Carlisle l'aida à se sécher et à regagner leur lit. Alors qu'il allait avoir enfin la possibilité de laisser libre cours à son désir, Edward sentit la fatigue envahir son être. Carlisle sembla le comprendre car il le prit simplement dans ses bras et éteignit la lumière. Leurs lèvres se trouvèrent une dernière fois avant qu'ils ne s'endorment.


Carlisle s'éveilla en entendant de légers bruits dans la villa, les autres habitants devaient être levés. Un coup d'œil au radioréveil lui apprit qu'il était déjà neuf heures. Carlisle baissa légèrement la tête pour enfouir son visage dans les cheveux d'Edward dont la tête reposait sur son torse. Son érection matinale ne fit que prendre du volume quand ses poumons s'emplirent de l'odeur enivrante de sa moitié. Comme s'il avait ressenti son désir, Edward gigota dans ses bras, sa cuisse vint frotter contre sa virilité. Carlisle étouffa difficilement un gémissement, il n'allait pas pouvoir se retenir bien longtemps. Cependant, il lui suffit de se rappeler que la jambe d'Edward ne lui permettait pas d'étreintes pour qu'il se calme. Doucement, il s'écarta du corps trop tentant du jeune homme et il sortit du lit. Avant de quitter la chambre, Carlisle attrapa les béquilles de son compagnon pour les poser à portée du lit au cas où Edward voudrait se lever avant son retour. Il enfila un bas de survêtement sur son boxer et descendit à la cuisine où il trouva leurs amis attablés.

« -Bonjour, les salua-t-il.

-Bonjour ! Dirent-ils tous en chœur.

Carlisle les écouta distraitement parler de leur journée shopping pendant qu'il préparait son petit-déjeuner et celui d'Edward. Il sursauta quand il vit que Jasper n'était plus à table, mais à ses côtés.

-Tout va bien ? Lui demanda le psy, un air soucieux peint sur son visage.

-Oui, murmura Carlisle.

-Ca n'a pas l'air, insista Kate.

-Edward dort toujours ? Interrogea Alice.

-Oui, il dort et ne comptez pas sur nous aujourd'hui, il a une attelle à la cheville.

-Tu l'as finalement traîné aux urgences, comprit Kate.

-Oui, il a besoin de repos.

-Pourquoi ai-je l'impression que ce n'est pas tout ? Dit Jasper.

-On… On a eu un léger différent… Ecoutez, j'aimerais passer du temps avec lui en tête-à-tête, on en a besoin.

-Ce n'est pas grave ? S'inquiéta Alice.

-Jacob l'a embrassé, avoua-t-il en reposant brutalement la bouteille de jus d'orange sur le plan de travail.

Le silence s'abattit dans la cuisine, il sentit le regard de ses amis se poser sur lui, ne le supportant pas, il quitta la pièce et sortit sur la terrasse adjacente. Carlisle ferma les yeux et laissa l'air frais apaiser son esprit tourmenté.

-Tu sais que là, tu es en train de te faire du souci pour rien, lui fit remarquer Jasper.

-De quoi tu parles ?

-Du fait qu'un bellâtre s'intéresse à ton homme et que tu ne penses pas tenir la comparaison, mais c'est faux, tu es très séduisant Carlisle.

-Venant de ta part, je ne sais pas trop comment le prendre, railla-t-il.

-C'est sincère et puis, tu devrais faire un peu plus confiance à Edward, il n'aime que toi et il l'a prouvé, non ?

-Oui, mais quand je le vois… Edward est tellement parfait et si jeune, parfois, je me dis qu'il mérite quelqu'un de mieux que moi, quelqu'un de son âge.

-Ecoute, Edward est bien avec toi, il est épanoui et heureux, si c'était pas le cas, ça ferait déjà longtemps que j'aurais tout fait pour que tu dégages ! Quant à la différence d'âge, j'ai l'impression que tu es le seul à qui ça pose un problème. J'espère que ce ne sont pas mes réflexions à ce sujet qui te font douter parce que si c'est le cas, je m'en excuse. Si je le fais, c'est uniquement pour te taquiner.

-Je sais, Jasper. Je suis désolé, je sais tout ça, mais quand je vois Jacob, j'oublie tout.

-Tu n'as aucune raison d'être jaloux, assura Jasper. Allez, viens, rentrons avant que les filles ne débarquent. »

Carlisle le remercia et ils retournèrent à la cuisine où Kate et Alice lui jetèrent un regard inquiet, il les rassura d'un sourire avant de s'emparer du plateau contenant leur petit-déjeuner. Leurs amis le prévinrent que d'ici une demi-heure, ils quitteraient la villa et qu'ainsi ils pourraient être tranquilles. Il leur souhaita une bonne journée avant de regagner la chambre de son compagnon au dernier étage de la maison.

Carlisle entra sur la pointe des pieds, il ne souhaitait pas réveiller le jeune homme qui dormait toujours. Il déposa son plateau sur la table basse. En un geste rapide, il retira son pantalon et se glissa dans le lit. Aussitôt, Edward vint se blottir dans ses bras. Carlisle sourit. Ils s'aimaient, il ne devait pas en douter, tout comme il n'avait rien à craindre de Jacob Black.


Malgré son sommeil, Edward se sentait seul et il avait froid. Inconsciemment, il tourna et retourna dans le lit pour chercher la présence réconfortante de son amant. Enfin, il le sentit. Aussitôt, il se colla à lui et un sourire de bien-être se dessina sur son visage endormit.

Le jeune homme somnolait pendant qu'une main douce caressait ses cheveux. Il pouvait aussi sentir régulièrement des lèvres tendres déposer des baisers sur son front. Il bougea un peu, s'éveillant lentement. Un bras ferme enlaçait sa taille, la main de ce dernier se glissa sous son tee-shirt pour dessiner des arabesques sur sa peau qui le firent frémir. Edward ouvrit finalement les yeux et croisa le regard bleuté qu'il aimait tant. Un sourire illumina ses traits quand il vit son compagnon se pencher pour lui ravir un baiser.

« -Bonjour, murmura Carlisle en caressant sa joue, bien dormit ?

-Oui, ça fait longtemps que tu es réveillé ?

-Presqu'une heure, admit le blond.

-Tu aurais dû me réveiller.

-Tu dormais si bien que je n'ai pas voulu te déranger.

-Quelle heure est-il ? Marmonna-t-il en s'étirant.

-Presque dix heures et avant que tu ne le demandes, nos amis sont partis en escapade, nous avons la villa pour nous jusqu'à ce soir.

-Tu as réussi à convaincre Alice de nous laisser tranquille ?

-Oui.

Carlisle lui sourit avant de se dégager de l'étreinte de ses bras, Edward grogna légèrement tout en tentant de le retenir, mais il se tut quand il vit le plateau que tenait le blond. Carlisle l'installa sur leur lit et vint le rejoindre sous la couette.

-Heureusement que j'avais mis le café dans un thermos, tu es une vrai petite marmotte, plaisanta son amant.

Edward lui tira puérilement la langue avant de mordre dans un croissant. Ils déjeunèrent dans la bonne humeur et une fois leur repas terminé, Carlisle examina sa cheville avant de lui laisser faire le moindre mouvement hors du lit.

-Tu veux que je t'attrape des vêtements ? Questionna son amant satisfait par son examen.

-Non, nous sommes seuls ?

-Oui.

-Alors, je vais traîner en pyjama ! Décréta-t-il en s'emparant de ses béquilles.

-Enfile au moins un bas de jogging, demanda Carlisle en voyant son boxer blanc moulant.

-Non, refusa Edward avec un sourire mutin.

-Enfile ce pantalon ou tu risques de ne pas pouvoir t'asseoir pour déjeuner ! Le prévint-il.

-Merci de me donner une raison supplémentaire pour ne pas le mettre ! »

Sur ces dernières paroles, Edward lui lança un regard plein de sous-entendus avant de prendre ses béquilles et de quitter la chambre. Cependant, il n'était pas suffisamment loin pour ne pas entendre le soupir de Carlisle. Edward savait que son compagnon s'interdisait le moindre rapprochement à cause de cette fichue cheville, pourtant, ce n'était pas elle qui allait l'arrêter et le blond allait craquer avant la fin de la matinée, il s'en fit la promesse ! Arrivé au rez-de-chaussée, il délaissa le salon et la cuisine pour se rendre dans la véranda luxuriante. Il s'installait sur un transat au bord de la piscine quand il entendit Carlisle l'appeler. Il lui indiqua où il se trouvait et son compagnon ne tarda pas à le rejoindre, Edward fronça les sourcils quand il vit la mallette qu'il portait à la main.

« -Tu veux m'examiner ? S'étonna Edward.

-Docteur Masen, l'interpella-t-il, quelles sont les consignes pour un patient n'ayant pas d'appui sur l'un de ses membres inférieurs ?

Le jeune homme maugréa avant de tendre la main pour s'emparer de la seringue, cependant, Carlisle la laissa hors de sa portée.

-C'est en intramusculaire, je peux me la faire !

-Tu ne veux pas que je prenne soin de toi ? Demanda Carlisle d'un ton exagérément blessé.

-Si, bien sûr que si.

Edward se rallongea correctement sur son transat pendant que son supérieur imbibait un coton de désinfectant. Il sursauta légèrement quand il sentit le coton emplit du liquide froid toucher sa peau presqu'en haut de sa cuisse. Il se releva sur ses avant-bras pour voir que Carlisle avait repoussé son boxer pour dénuder pratiquement toute sa cuisse.

-Tu sais qu'on peut la faire n'importe où sur la cuisse ou sur le ventre ? Lui rappela-t-il.

-Je sais, souffla simplement son compagnon.

Edward mordilla sa lèvre inférieure quand le coton glissa lentement vers l'intérieur de sa cuisse. Les doigts de Carlisle lâchèrent d'ailleurs ce dernier pour venir caresser furtivement son membre qui s'éveillait déjà. Le jeune homme sourit, ce serait plus facile qu'il ne le pensait ! Soudain, ses dents s'enfoncèrent plus violemment dans sa lèvre inférieure quand l'aiguille de la seringue entra dans sa chair.

-Aïe !

-Fais pas ta chochotte !

-Attends, tu n'y es pas allé de main morte ! En plus, ça brûle !

-C'est le produit, expliqua calmement Carlisle.

-Je sais ! Mais ils auraient pu me filer l'autre marque, celle qui brûle pas !

-Allez, c'est juste pour quelques jours.

-C'est ça, marre-toi ! C'est pas toi qui va avoir des bleus !

-Tu n'as pas le choix, mon amour, et tu continueras de les prendre tant que tu n'auras pas retrouvé un appui franc.

Edward savait tout ça et il le comprenait, cependant, il afficha une mine boudeuse qui venait toujours à bout de la volonté de Carlisle. Ce dernier lui sourit tendrement avant de le prendre dans ses bras croyant qu'il avait besoin de réconfort. Edward en profita pour s'emparer du lobe de son oreille qu'il mordilla jusqu'à entendre son amant gémir. Alors qu'il pensait avoir gagné, son compagnon le repoussa tendrement.

-Il vaut mieux attendre que ta jambe ne te fasse plus mal.

Le jeune homme tenta de le retenir, mais Carlisle s'était déjà relevé et emparé de sa mallette pour disparaître au salon. Il s'était attendu à essuyer un refus, mais il n'allait pas si facilement déposer les armes. Edward ôta son tee-shirt et, ses béquilles en main, il se dirigea vers un placard dissimulé derrière des plantes. Il en sortit un matelas en plastique qu'il se dépêcha de gonfler avec un appareil électrique. De là où il était, il le balança dans la piscine, puis, tout en béquillant, il se rendit au bord de cette dernière. Il s'assit et ôta son attelle avant de plonger ses pieds dans l'eau. Edward ne tarda pas à entendre les pas de Carlisle qui revenait vers lui, aussitôt, il s'immergea dans l'eau. Quand il refit surface, il aperçut son compagnon qui observait d'un œil dépité le transat vide.

-Tu me rejoins ?

Carlisle soupira, néanmoins, Edward ignorait si c'était de soulagement ou d'irritation.

-Sors de là ! Ordonna son compagnon.

-Non.

-Edward !

-Viens me chercher !

-Ce n'est pas prudent, s'exaspéra le blond.

-Je ne vois pas ce qu'il y a d'imprudent, l'eau me porte et je suis en appui sur ma jambe valide. Il n'y a aucune contre-indication, Docteur Cullen, par contre, si tu veux vraiment t'en assurer, tu n'as qu'à venir !

-Je ne rentrerais pas dans ton jeu, le prévint Carlisle, je sais très bien où tu veux en venir.

Deuxième refus, compta Edward alors qu'il observait son amant prendre place sur le transat qu'il avait délaissé un peu plus tôt. Le jeune homme, loin de se décourager, décida de passer à son plan de secours. Il attira le matelas pneumatique à lui et tout en prenant de l'élan, il tenta de grimper sur celui-ci. Bien entendu, il se retrouva bloqué à mi-parcours, son torse reposait contre le matelas glissant, mais ses jambes étaient toujours dans l'eau. Un grognement retentit et il sut qu'il avait atteint son but. Son boxer blanc qui moulait parfaitement ses fesses se trouvait dans le champ de vision de son compagnon. Edward se laissa à nouveau glisser dans l'eau et s'apprêtait à refaire une tentative quand il fut stoppé par Carlisle.

-Arrête de vouloir monter sur ce truc, tu risques de te faire mal !

-Mais, non ! Assura Edward en retentant sa chance.

Une nouvelle fois, il se retrouva dans une posture assez équivoque. Ses mains pagayèrent dans l'eau pour offrir à son compagnon une vue de son visage plutôt que de son derrière. Edward dissimula son sourire quand il vit la bosse qui déformait le boxer de son amant, il prit un air ingénu pour lui parler.

-Tu ne veux pas venir m'aider ? Ca m'éviterait de me faire mal.

Carlisle soupira avant de lever les yeux au ciel. Pourtant, la seconde suivante, il enlevait son tee-shirt et entrait dans l'eau pour le rejoindre. Edward ferma les yeux pour savourer le contact de ses mains sur sa peau. Son amant le hissa sur le matelas où il se retrouva assis, Carlisle resta près de lui, entre ses jambes, ses mains enlaçaient sa taille. Edward sentit son membre s'éveiller un peu plus lorsqu'il se rendit compte que le visage de son compagnon était à la hauteur de son entrejambe.

-Qu'est-ce que tu me fais pas faire ? Soupira Carlisle dont le souffle caressa sa virilité.

-C'est plutôt moi qui devrais dire ça, j'ai vraiment dû faire preuve d'imagination pour t'attirer ici.

-Je me doutais bien que cette petite mise en scène n'était pas innocente, admit Carlisle en plongeant son regard dans le sien.

Edward se noya dans le regard bleuté qui s'était obscurci, signe manifeste du désir de son compagnon. Doucement, il sentit les doigts de Carlisle quitter ses hanches pour attraper la couture de son boxer qu'il abaissa. Le jeune homme retint son souffle quand il vit son amant passer sa langue sur ses lèvres pour les humidifier tout en observant d'un œil gourmand son sexe qu'il venait de dévoiler. Un léger coup de langue le long de son membre lui arracha un gémissement, il ferma les yeux et se cambra pour mieux s'offrir aux douces lèvres qui papillonnaient sur son pénis turgescent. Un grognement de frustration lui échappa quand il ne sentit plus les douces attentions de son compagnon.

-Carlisle, gémit-il.

-Je suis là, mais je veux que tu t'allonges sur ce matelas où tu vas finir au fond de la piscine.

Edward lui obéit et s'allongea. Carlisle lui ôta son boxer avant de nager jusqu'à ses pieds où il se hissa sur le matelas, il laissa ses jambes pendre dans l'eau car ainsi il se trouvait à la hauteur de l'objet de ses convoitises. Le jeune homme ferma des yeux et gémit de plaisir quand il sentit la bouche chaude et humide de son amant l'engloutir. Carlisle s'amusa à lui faire perdre la tête, sa langue s'enroulait autour de son membre, ses dents mordillaient tendrement sa peau lui arrachant des plaintes plus bruyantes. Les mains de son amant tenaient fermement ses hanches pour l'empêcher de bouger, Carlisle voulait être le seul maître de son plaisir. Son amant délaissa quelques instants son membre gorgé de plaisir pour jouer avec ses boules, puis, il s'empara de son gland qu'il titilla jusqu'à ce que ses reins s'embrasent.

-Carlisle, gémit Edward, Carlisle, s'il-te-plaît, je veux te sentir en moi.

-Ce n'est pas raisonnable avec ta cheville, lui rappela son amant.

-On s'en moque.

-Tu t'en moques pour le moment, mais ça ne sera pas le cas quand tu te retrouveras immobiliser une semaine ou quinze jours de plus, lui rappela Carlisle, laisse-moi te satisfaire de cette manière.

Sur ces mots, la bouche de son amant reprit possession de son membre qui trembla tant il était impatient de la retrouver. Edward serra ses poings pour retenir la vague de plaisir qui déferlait dans son corps, il ne voulait pas venir ainsi, il voulait le sentir en lui. A regret, il laissa son poids reposer sur un côté du matelas, ce dernier ne tarda pas à basculer, les projetant tous deux à l'eau. Edward en profita pour nager jusqu'au bord du bassin auquel il s'agrippa avec ses coudes.

-Ca va ? Lui demanda Carlisle en le rejoignant.

-Oui.

Edward lui sourit et, tout en gardant une main sur le rebord, il l'attira de l'autre au plus près de lui. Carlisle se laissa faire et initia un baiser langoureux entre eux, il frémit en sentant la main de son compagnon se refermer sur son membre pour le caresser. Le jeune homme laissa sa main libre descendre jusqu'à la bordure du boxer de Carlisle et maladroitement il descendit son sous-vêtement.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda son amant peu enclin à l'aider.

-Tu ne veux pas l'enlever ?

-Je sais ce que tu as derrière la tête et la réponse est toujours la même.

-Tu… Tu n'as pas envie de moi ? Murmura Edward légèrement peiné.

-Si, bien sûr, que si, mais moi je pense à ton bien-être.

-Et mon bien-être en cet instant c'est de te sentir en moi ! Gronda-t-il.

Carlisle ferma les yeux en entendant ces mots, il était à deux doigts de craquer. Edward lâcha alors le rebord pour attraper à deux mains le boxer de son compagnon, le jeune homme se laissa couler. Ses genoux ne tardèrent pas à toucher le liner de la piscine, il fut soulagé de voir Carlisle soulever ses pieds pour qu'il lui ôte le vêtement. Une fois que cela fut fait, son amant l'attrapa pour le ramener à la surface.

-Alors, content ?

-Oui ! Avoua Edward en montrant le boxer, un air victorieux peint sur son visage.

Le jeune homme s'accrocha aux épaules de son compagnon, ses pieds ne touchaient pas le sol, leurs bas-ventres dénudés se frôlaient et envoyaient des décharges de plaisir à travers leurs corps.

-Je ne veux pas te faire l'amour, avoua Carlisle, parce que je te désire terriblement et je ne serais pas tendre. Je ne veux pas te faire mal.

-Je ne suis pas en sucre, souligna Edward.

-Mais ta cheville…

-Je ne m'appuie pas sur ma cheville ! S'énerva-t-il.

-Très bien, tu l'auras voulu ! »

Edward frémit en entendant la voix chargée de désir de son compagnon. Celui-ci s'empara avidement de ses lèvres tout en le poussant contre la paroi de la piscine. Le jeune homme ne cessa de gémir, il avait l'impression que les mains de son amant étaient partout sur son torse pendant que sa bouche tiraillait l'un de ses mamelons. Soudain, il sentit les mains de Carlisle se poser sur ses fesses qu'elles enserrèrent fermement avant qu'il ne le plaque contre lui pour que leurs corps bougent lascivement l'un contre l'autre. Ses mains s'agrippèrent aux cheveux de son amant, elles s'y crispèrent quand il sentit un doigt caresser son intimité. Edward tira sur les mèches blondes pour lui faire relever la tête, il croisa le regard noircit de plaisir de Carlisle, cela ne fit qu'accroître le sien et il s'empara de ses lèvres pour un fougueux baiser. Sa jambe valide s'enroula autour de la taille du blond, offrant ainsi un accès plus facile aux doigts de son compagnon qui s'insinuaient en lui.


Jacob avait passé une nuit blanche. Il n'avait cessé de repenser à ce qui s'était passé dans le garage, qu'est-ce qui lui avait pris d'embrasser Edward ? Il n'avait pas pu résister, son ami était là devant lui, dépité par l'absence de son compagnon, mais, après, son visage s'était métamorphosé quand il avait vu la Vanquish. Edward avait été tellement désirable à cet instant qu'il n'avait pas pu résister, il avait fondu sur ces lèvres qui lui faisaient tant envie. Malheureusement, Cullen était venu les interrompre. Jacob sentit ses reins s'enflammer en imaginant ce qui aurait pu se passer, à leurs corps nus étroitement enlacés. Sa main chemina vers sa virilité éveillée par les images perverses qui traversaient son esprit. Jacob se rappelait sans difficulté son odeur, la douceur de ses lèvres, la moiteur de sa bouche… Son corps s'arqua, sa main accentua ses caresses et il ne tarda pas à se répandre entre ses doigts en gémissant le prénom de son ami.

Le souffle court, il se laissa retomber sur son lit. Le Quileute se nettoya rapidement avant de repenser aux derniers évènements. Edward semblait réellement attaché à ce médecin, peut-être ferait-il mieux de laisser tomber ? Cependant, la différence d'âge entre les deux amants lui paraissait être un obstacle. Edward ne serait-il pas mieux avec quelqu'un de son âge ? Quelqu'un qui le connaisse depuis des années ? Il ne savait plus. De toute manière, il devait d'abord parler avec Edward, s'excuser de son comportement avant de savoir s'il avait ses chances avec lui. Tout en soupirant, l'indien se leva et se dirigea vers la salle de bain. Une fois sa toilette accomplit, il rejoignit son père qui venait de terminer le petit-déjeuner. Ce dernier tenta discrètement de le questionner pour savoir s'il s'était disputé avec Edward car Billy avait croisé Sue et cette dernière lui avait dit que le jeune Masen et son ami avaient annulé le repas chez elle après être passés au garage. Jacob se contenta d'hausser les épaules tout en marmonnant qu'il n'en savait rien. Un léger silence s'abattit entre les deux hommes, Jake n'aimait pas la manière dont son père le dévisageait, avait-il compris ? Se doutait-il de quelque chose ? Exaspéré d'être ainsi observé, Jacob se leva pour déposer sa tasse dans l'évier et partir travailler.

Arrivé au garage, son regard se posa aussitôt sur l'Austin Vanquish. Cela faisait trop longtemps qu'elle attendait son propriétaire. Il dégagea la sortie et retira la housse protectrice. Il passa un coup de chiffon sur la carrosserie et vérifia les différentes jauges. Jake allait la démarrer quand il vit Seth Clearwater entrer dans le garage.

« -Salut, Jake ! Lui lança le jeune homme.

-Salut, Seth, t'es pas en cours ?

-Non, c'est relâche aujourd'hui, je me suis dit que je pourrais peut-être te donner un coup de main, je m'ennuie à la maison.

-Si tu veux.

-Hey ! Tu allais sortir cette merveille ?

-Oui, il est tant qu'elle retourne auprès de son proprio.

-Elle est à Edward, comprit Seth.

-Qui d'autre dans la région pourrait s'offrir ce petit bijou ?

-Pourquoi il a attendu si longtemps pour la récupérer ? Questionna le plus jeune des deux.

-En fait, c'est son père qui l'a acheté, il voulait la lui offrir, mais il n'en a pas eu le temps.

-Et tu la planques depuis tout ce temps ici ? S'offusqua Seth. Tu penses pas qu'il aurait aimé le savoir ?

-Du calme, il le sait et je vais de ce pas la lui porter.

-Tu veux que je te suive avec la camionnette ?

-Non, enfin, il faut que je parle avec Edward, tu peux rester au garage et venir me récupérer quand je lui aurais parlé ?

-No problemo. »

Jacob sourit au jeune homme et grimpa dans la Vanquish dont il tourna la clef de contact, le moteur ronronna agréablement à ses oreilles. Il fit un petit signe à Seth avant de s'engager sur la route, roulant doucement pour éviter qu'un des nombreux nids de poule n'abîme la précieuse voiture. Une fois qu'il eut rejoint la route principale, Jake se lâcha un peu et appuya sur l'accélérateur.

La quiétude qu'il avait ressentit en conduisant la Vanquish s'évapora au moment où il se gara devant la villa Masen. Il inspira et descendit du véhicule. Jake essuya ses paumes moites sur son jean tout en se dirigeant vers la porte d'entrée. Il sonna et patienta. Personne ne vint lui ouvrir. Il sonna une nouvelle fois, mais rien… Le Quileute contourna alors la villa pour atteindre une fenêtre qui donnait sur le garage, il manquait une voiture. Peut-être étaient-ils partis se promener ? Cependant, il se rappela qu'Edward avait du mal à se déplacer avec sa cheville, il était donc forcément resté à la villa. Jake poursuivit sa route pour rejoindre la terrasse extérieure de la demeure, peut-être Edward y prenait-il l'air, cela expliquerait pourquoi il n'avait pas entendu la sonnette. Cependant, une fois arrivé sur place, il constata qu'il n'y avait personne.

Alors qu'il allait repartir vers la porte d'entrée pour sonner une nouvelle fois, un mouvement dans la véranda attira son attention. Jacob s'approcha doucement, ses sourcils se froncèrent alors qu'il distinguait mieux ce qui était en train de se passer dans la piscine des Masen. Son sang se mit à bouillir dans ses veines, une brusque bouffée de chaleur étreignit son être et il commença à se sentir à l'étroit dans son jeans. Jamais, même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait imaginé qu'Edward soit aussi divin, le plaisir décuplait sa beauté, il était un véritable appel à la luxure. Sa main glissa vers son pantalon pour se réajuster. Il devait partir, il ne devait pas rester là à observer les deux amants qui n'avaient aucune conscience de sa présence, cependant, alors que son cerveau lui hurlait de s'enfuir, ses jambes, elles, refusèrent de bouger. Son ami venait de se retrouver plaquer contre la paroi de la piscine, heureusement pour lui, ses paupières étaient closes et lorsque Edward ouvrit les yeux ce fut uniquement pour chercher le regard de Carlisle ou ses lèvres. Jacob sentit son cœur se serrer quand il vit la passion et l'alchimie qui régnait entre les deux amants, il aurait tant aimé être à la place de ce satané médecin…


Edward lui faisait perdre la tête. Depuis qu'il l'avait rencontré, il suffisait au jeune homme de prononcer un mot, d'un geste, d'un battement de cil pour qu'il cède à ses exigences. La douche de la veille avait éveillé son désir, mais il avait refréné son envie pour le bien de son jeune compagnon. Le réveil de ce matin avait été tout aussi difficile, aussi quand il avait vu Edward dans la piscine puis ses fesses moulées dans le tissu blanc rendu transparent par l'eau, il n'avait pas été capable de se contenir. Edward l'avait cherché et comme d'habitude, il l'avait trouvé.

Leurs sous-vêtements avaient bien vite disparu pour laisser leurs corps nus se rassasier l'un de l'autre. Edward s'accrochait à ses épaules, une de ses jambes entourait sa taille pour lui faciliter la tâche pendant qu'il le préparait. Son désir était tellement puissant que la douceur ne serait pas de mise, mais Edward s'en moquait, Carlisle soupçonnait même qu'il soit dans le même état que lui, alors, après un dernier baiser empli de fougue, il le fit se retourner et le plaqua contre le rebord de la piscine. Il attendit que les mains d'Edward soient bien agrippées à la bordure avant de se glisser derrière lui. L'eau décuplait les sensations ainsi que leur désir. Doucement, il caressa les fesses de son amant avec son sexe. Edward laissa sa tête partir en arrière, lui offrant son cou dégagé qu'il se dépêcha de parsemer de baisers. En même temps, ses mains descendirent le long du corps du jeune homme pour se poser sur ses hanches, sa virilité se retrouva plaquée contre les fesses de son amant ce qui lui arracha un râle de plaisir.

Edward recula son bassin, le pressant un peu plus, lui montrant ainsi son impatience. Carlisle lui sourit et tout en s'emparant de ses lèvres, il guida son sexe vers son entrée. Le jeune homme se raidit quelque peu entre ses bras. Carlisle s'enfonça en lui jusqu'à la garde. Ses lèvres, sa langue continuaient de distraire son amant pendant que l'une de ses mains glissait vers son sexe pour le caresser. Dès qu'il le sentit se détendre, Carlisle délaissa ses lèvres et son sexe, il se repositionna derrière lui, sa tête se posa contre son épaule alors qu'il ressortait de lui pour revenir s'enfoncer brutalement. Edward geignit. Carlisle recommença incapable de s'arrêter tant il le désirait. Heureusement, les gémissements d'Edward résonnèrent de plus en plus forts, il n'y avait plus de trace de douleur dans ces derniers. Carlisle mordilla la peau de son cou tout en s'enfonçant profondément en lui. Edward trembla entre ses bras, il avait touché sa prostate. Il s'appliqua alors à lui faire perdre la tête, entrant toujours plus brutalement en lui, heurtant à chaque fois de plein fouet sa prostate.

« -Carlisle ! Carl… Carlisle !

Aucun son ne lui avait jamais paru aussi merveilleux, il continua ses assauts, souhaitant entraîner son amour vers les sommets du plaisir car il sentait la jouissance s'emparer de son être, il ne tiendrait pas longtemps.

-Edward, viens, murmura-t-il en s'emparant de son sexe.

Son compagnon se tordait de plaisir sous ses assauts, sous les caresses de ses mains. Carlisle s'appliqua à laisser une marque dans son cou. L'une des mains d'Edward quitta le rebord pour se poser sur l'une des siennes qui s'accrochait fermement à sa hanche. Leurs doigts s'emmêlèrent. Il sentit le corps de son amant trembler. Carlisle ouvrit les yeux pour le fixer, il adorait le voir jouir. Cependant, son attention fut attirée par autre chose. Le plaisir se disputa avec la colère quand il aperçut le Quileute qui les observait, sa main était posée sur son entrejambe et il ne quittait pas Edward des yeux. Toutefois, Carlisle ne put réfléchir plus longtemps, son amant et lui étaient trop proches de la jouissance pour qu'ils s'arrêtent.

-Regarde-moi !

Edward tourna la tête, ses yeux émeraude étaient brillants de plaisir. Carlisle l'embrassa avec passion.

-Ne me quitte pas des yeux !

Incapable de parler, le jeune homme acquiesça. Carlisle raffermit son emprise sur son corps, il sentit que son amant allait venir d'une seconde à l'autre.

-Hurle mon prénom ! Ordonna-t-il d'une voix sèche à Edward.

Carlisle caressa son gland et il ne tarda pas à sentir la semence de son compagnon se répandre entre ses doigts agiles.

-Carlisle ! Cria son amour.

Il lui sourit avant de s'emparer une nouvelle fois de ses lèvres, il donna un dernier coup de rein avant de se répandre en lui. Essoufflés, Carlisle se retira trop rapidement au goût de son amant qui grogna de protestation. Il l'attira contre son torse, puis, après l'avoir embrassé tendrement, il le ramena vers le bord de la piscine.

-Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna Edward la voix encore chargée de désir quand il vit qu'il mettait ses béquilles hors de sa portée.

-Je reviens, tu peux m'attendre sagement ici ?

-Carlisle ! Où vas-tu ?

Edward l'observa quelques secondes pendant qu'il se rhabillait, cependant, Carlisle ne voyait plus son compagnon, toute son attention était focalisée sur le Quileute. Il allait le tuer ! De quel droit les avait-il espionné ? De quel droit s'était-il caressé en pensant à son amant ? A son amour ? Il était furieux. Sans attendre plus longtemps, il s'avança vers la porte qui menait à l'extérieur.

-Carlisle !

La voix chargée d'inquiétude d'Edward lui apprit qu'il avait lui aussi vu le Quileute.

-Carlisle ! Reviens ici ! »

Il ne l'écouta pas. D'un geste sec, il claqua la porte. Le bruit fit sursauter Jacob, il vit son regard perdu passer de la piscine où il aperçut Edward seul à lui qui s'approchait d'un pas furieux. Jacob leva les mains en signe d'apaisement et il recula de quelques pas, mais Carlisle était trop en colère pour écouter ses explications ou l'épargner. Sans réfléchir plus longtemps, son poing partit et il heurta violemment le visage de l'indien, au même instant un craquement résonna suivi par un cri de douleur.