La Mort 21
Peu de temps après Snape reprit connaissance. Son corps fatigué criait grâce, il se sentait si mal qu'il ne demandait que la délivrance, mais comme d'habitude on ne la lui accorda pas de suite. Sut été trop facile !
-Je sais ce que tu cherches à faire, Severus, et je ne t'en blâme pas, je sais ce que tu dois ressentir, intervint Harry en voyant l'homme reprendre vie.
-Alors tu ne vas pas essayé de m'en dissuader ? grogna faiblement le maître des potions.
-A quoi bon ! Tu as déjà pris ta décision.
-Te voilà devenu raisonnable….
-Non….. lucide. Je sais que tu souffres même si tu tentes de me le cacher. Je sais que tu en as marre de tout.
-Je n'en ai pas marre de toi, sourit pauvrement le mourant, sans toi voilà bien longtemps que j'aurai abandonné. Tu m'as donné un sursis mais là tu vois je ne peux plus continuer comme ça, c'est au dessus de mes forces. Je ne te demande pas de comprendre mais je sais que par la force des choses tu y parviendras et tu me pardonneras.
-Je comprends, mon amour, même si je….
-Harry, regarde-moi, mon ange.
-Que veux-tu que je te pardonne ? Ce courage dont tu as fait montre jusqu'ici ? D'avoir tenu pour moi, pour me sauver la vie alors que tu souffrais déjà ?
-Le courage n'est rien si on a pas la vie, mon amour.
-Et la vie n'est rien si on a pas de courage, le contra le jeune homme. Mais ça ce sont des phrases toutes faites ! La vie est plus importante que toutes ces foutaises !
-Te voilà fâché, chuchota l'homme avec douceur, ce qui n'était pas son habitude. Viens t'assoir près de moi, ici, fit Snape en désignant de ses mains frissonnantes le bord du canapé-lit.
Le jeune sorcier obéit et posa ses mains sur celles de Severus qui reprit son souffle avant de continuer.
-Un jour tu rencontreras quelqu'un…
-Oh ! Épargne-moi le couplet, Severus ! Tu sais pertinemment que je resterai seul, après toi il n'y aura personne.
-Il n'y a pas eu de nous, Harry.
-Comment tu peux dire ça ! s'indigna le survivant.
-Je ne t'ai jamais revendiqué comme mien aux yeux des autres, sauf Lucius, je regrette, j'aurai dû le faire.
-Mais moi je l'ai fait ! Tous savent que je t'appartiens, que je t'aime et que tu es l'homme de ma vie.
-Tu n'aurais pas dû faire ça….
-Tu penses que c'est un caprice de ma part ? Que je suis trop jeune pour décider qui je dois aimer ? Qui je dois désirer, avec qui je veux vivre ?
-Tu es magnifique quand tu es en colère….
-Toi aussi.
-Je suis trop vieux.
-Quarante ans, tu exagères ! Et les sorciers…..
-Vivent au-delà des deux-cent-cinquante ans, je sais, mais pas moi, fais-toi à cette idée.
-Je n'y arrive pas ! Je ne peux pas, je ne veux pas, alors toi fais-toi à cette idée !
-Tu crois que si j'avais eu le choix j'aurai pris le sort qu'on m'a lancé ?
-J'aurai dû te protéger, souffla Harry avec lassitude, j'aurai dû le faire.
-Mon ange, tu étais déjà assez occupé avec le Lord, tu ne pouvais être partout à la fois, et puis c'était plutôt à moi de prendre soin de toi.
Harry retint un grognement désespéré en voyant les lèvres de son amour bleuir subitement.
-Je t'aime, dit-il doucement.
L'homme voulut répondre mais une quinte de toux très douloureuse le plia en deux. Harry, alarmé, fit apparaître un verre d'eau qu'il renversa maladroitement en voyant le teint de Severus devenir aussi violet que ses lèvres. Il conjura un autre verre qu'il posa sur la table basse et pendant que le maître des potions tentait de reprendre son souffle le survivant épongeait le sang qui maculait sa bouche et son nez.
-Bois un peu d'eau, le supplia-t-il, juste un peu, insista-t-il en approchant le verre aux bords de ses lèvres.
Snape but, un peu, puis il reposa sa tête sur l'oreiller. Il se sentait si las, si las de vivre.
-Dors, je vais rester près de toi.
-Je suis si fatigué….
-Ne parle plus, je me sens coupable là.
-Je veux mon lit, Harry, je veux y être quand….
-Maintenant ? s'inquiéta le jeune homme, tu es faible et fragile.
-Maintenant, je me sentirais mieux.
-D'accord, capitula le survivant, je vais t'y emmener de suite.
Cinq minutes plus tard, Snape trônait au milieu de ses oreillers, bien au chaud sous ses couvertures dans son lit. Harry avait réaménagé la cheminée et un bon feu brûlait pour réchauffer la chambre glaciale. Le maître des potions finit par fermer les yeux, ses doigts dans le creux de la main de Harry.
Aujourd'hui Lucius décida d'aller à Londres, voir ce que recelait la bibliothèque de ce John quelque chose, pour voir s'il avait les deux grimoires qui appartenaient à Arthémus Grandfolie qui fut jadis un grand découvreur de maladies magiques rares. Les livres étaient uniques et introuvables, mais il ne perdait rien à tenter le coup.
-Père ! redemanda Draco pour la troisième fois alors qu'il était sur le seuil du bureau. Je suis prêt.
L'homme aux cheveux blonds et longs regarda son fils de ses yeux éteints puis se leva.
Le jeune homme frémit, Son père semblait si loin, si désemparé que s'en était déstabilisant. L'état de Severus l'inquiétait, il se faisait un sang d'encre pas possible et c'était compréhensif.
John était ce qu'il fallait à Lucius, pensa Draco. Il savait que ces deux-là allaient bien s'entendre. Son père ne devait pas rester seul dans son grand manoir, surtout que lui n'était plus là pour veiller sur lui puisqu'il résidait dorénavant à Poudlard.
John Harcland avait vingt-cinq ans et de grands yeux marron aux reflets verts. Ses cheveux mi-longs châtain très clair retombaient souplement sur ses épaules. John avait le sourire facile et cette tranquillité sereine faisait qu'on se sentait bien en sa présence. Son visage était fin ainsi que sa silhouette, il faisait un mètre-soixante-dix pour soixante kilos, et ce qui ne gâchait rien, il était magnifique.
-Je suis prêt, fit Lucius en prenant sa canne au passage, il me tarde de savoir si ton ami à ce que je désire.
Les deux sorciers transplanèrent depuis le hall du manoir et réapparurent dans l'arrière cour de la bibliothèque-librairie. Le père et le fils entrèrent dans un petit couloir qu'ils longèrent avant d'arriver dans une grande salle qui faisait le bonheur des amoureux de livres en tout genre. Manuscrits anciens, éditions rares, vieux grimoires aux pages rongées par le temps, Livres lus et relus qui étaient passés entre des milliers de mains curieuses de savoir.
-Draco ! fit John en l'apercevant alors qu'il était en équilibre précaire sur une échelle pour tenter d'attraper un bouquin récalcitrant que même sa magie n'avait pu lui amener. Je descends, ajouta-t-il en souriant tout en saisissant enfin le bouquin qu'il bloqua par un sortilège pour le faire tenir tranquille.
-Comment vas-tu ? rigola Dray.
-Une journée de fou, je t'explique même pas ! s'amusa John en descendant de son échelle.
-Je suis étonné, moi qui pensais que ces endroits étaient reposants, le taquina le plus jeune des Serpentards.
Lucius tapa sur la sol avec sa canne pour signifier aux deux bavards qu'il était là et qu'il n'entendait pas être ignoré.
-Monsieur Malfoy, fit John en tendant la main à l'aristocrate pour le saluer, comment allez-vous ?
-Très bien, je vous remercie, mais je ne suis pas venu pour parler de ma santé qui se porte comme un charme, je suis venu m'enquérir de vos Grimoires….
-Lesquels ? il y en a beaucoup ici, fit avec ironie le jeune homme.
-Ceux de Arthémus Grandfolie, répondit sèchement le blond.
L'ami de Draco ne s'étonna pas de la…rigidité de Lucius Malfoy, tout le monde savait comment il était.
-Ils sont là-bas, venez que je vous les montre, fit le bibliothécaire en faisant signe à Lucius de le suivre.
-Draco ?
-Allez-y, père, moi je vais flâner entre les allées pour voir si je ne trouve pas un livre de potions.
L'homme acquiesça puis allongea le pas pour rejoindre l'ami de son fils qui l'amena dans une pièce plus petite fermée par un sortilège anti-intrusion.
-A-t-on déjà essayé de vous cambrioler, monsieur Harcland ?
-Non, fort heureusement pour les voleurs, sourit-il.
John avança dans la pièce et ouvrit une armoire qui contenait les livres rares et inestimables. Lucius posa sa canne à pommeau d'argent contre une table et s'avança à son tour.
-Puis-je ? demanda-t-il en désignant les bouquins alignés dans des écrins de velours pour leur éviter la poussière et la lumière qui pouvait leur être néfaste.
-Bien sûr, vous pouvez même prendre votre temps, je retourne dans mon bureau, des commandes à finir, expliqua-t-il inutilement car l'aristocrate caressait une reliure de cuir avant d'ouvrir d'un geste délicat le rare grimoire.
John eut le loisir de regarder cet homme que tout le monde semblait craindre et éviter. Il n'avait pourtant pas l'air horrible ni rébarbatif, il était même magnifique pour une homme de quarante ans. Belle carrure, le ventre plat d'après ce qu'il pouvait voir, et probablement musclé. Des jambes longues et puissantes, des cheveux blonds qu'ils en paraissaient presque blancs.
Oui, l'homme était superbe, aucun doute là-dessus ! On se demandait même pourquoi il était seul dans la vie ? Une information que Draco avait lâché mais qui était forte intéressante, oui, décidemment il ne s'en cachait pas, Lucius Malfoy était fascinant et terriblement sexy.
John quitta enfin la pièce et trouva Dray dans son bureau, taquinant un boursouflet qu'on lui avait offert.
-Alors ?
-Ton père examine les bouquins, j'ai préféré le laisser seul pour qu'il se fasse une opinion. Il nous rejoindra quand il en aura terminé.
-Bien ! prononça Draco en tapotant ses doigts sur le bureau.
-Quoi !
-Mais rien !
-Dray ?
-Père a besoin de se changer les idées.
-Et alors ?
-Tu devrais lui demander de te faire voir les vieux bouquins qu'il a au manoir.
-Je n'oserai jamais, j'aurai l'impression de m'imposer et tu sais que ce n'est guère mon genre.
-Bah ! essaie et tu verras bien ce qu'il te répondra, argumenta Draco en insistant.
-Je vais me faire jeter, oui !
-J'ai comme la nette impression que non, murmura le Serpentard en ricanant.
-Qu'as-tu encore manigancé, Draco ?
-Moi ! mais rien, je ne manigance jamais, qu'est-ce que tu crois !
-Ouais, c'est ça je vais te croire. Tu as les yeux qui brillent et ça c'est pas très bon pour moi. Dis-moi ce que tu as imaginé de tordu ?
-Mais rien je te dis ! s'exclama le blond en lançant vers son ami de grands yeux innocents.
-D'accord ! alors laisse-moi te faire le topo de ce que ta cervelle de Serpentard a imaginée ces jours-ci.
Le blond ricana, prit place sur une chaise et croisa ses jambes dans un air de défi, attendant de voir si John allait deviner qu'ils voulaient les rapprocher lui et son père.
-Je dirais, commença John, que voilà un moment que tu essayes d'attirer ton père ici.
Draco décroisa ses jambes et son sourire narquois s'effaça de ses lèvres.
-Je dirais que tu voulais me faire rencontrer Lucius même s'il n'y avait pas eu les grimoires, genre savoir si je serais intéressé par sa personne par exemple. Vrai ou pas vrai ?
-Avec ton air de ne pas y toucher je me demande comment tu fais pour tout savoir ?
-Il n'y a pas de secret, je te connais, c'est tout.
-Mouais, et alors tu en penses quoi ?
-Je pense que je vais faire une bonne affaire, Draco, ton père ne va pas résister aux grimoires, répondit John Harcland avec facétie.
-Je ne te parle pas de ça !
-Oh ! et de quoi d'autre ?
-John ! arrête de me prendre pour un idiot !
-C'est un prêté pour un rendu, me parler franchement ne t'aurait pas tué quand même !
-On ne se refait pas, mon ami, et cesse de me faire languir nom d'un scrout à pétard !
-Tu veux que je te donne mon avis sur ton père ? Tu es sûr de vouloir entendre ça ?
-Je veux ton avis, oui, et sincère si possible.
-Tu m'as déjà entendu mentir ?
-Arrête de tourner autour du pot, John, et dis-moi….
-Tu es trop impatient, sourit le jeune homme aux yeux noisette en allant s'assoir sur le coin de son bureau. Très bien, plusieurs choses me sont effectivement venues à l'esprit quand j'ai aperçu ton géniteur.
-Mais encore ?
-Magnifique, sensuel, viril, sexy, et je te fais grâce des autres qualificatifs qui pourraient me venir en tête, et j'en ai crois-moi !
-Ah ! et c'est bon, non ?
John soupira gravement et regarda profondément Draco qui s'emballait, ce qui n'était pas son habitude lui qui était toujours retenu par son éducation stricte.
-Qu'est-ce que tu veux exactement ?
-Je ne te demande pas ça comme un geste désespéré, John, j'ai trop de respect pour toi et mon père.
-Tu espères quand même que je m'intéresse de près à sa personne ?
-Je veux savoir si…..
-s'il me captive ? Tu veux rire là ! Grandement, te voilà satisfait ?
-Vraiment ?
-Vraiment, ton père est un très bel homme, et j'ai comme dans l'idée qu'on ne doit pas s'ennuyer avec lui.
-C'est un fait, il a plein de qualité et c'est un homme droit, quoiqu'en disent les autres.
-Je me ferai une opinion par moi-même s'il me laisse l'approcher, Dray.
-Ce n'est qu'une façade, John.
-Je commence à le croire, mais cela ne veut pas dire que ce sera facile de lier connaissance avec lui comme tu me le laisses supposer.
Un bruit contre la porte interrompit les deux jeunes hommes qui se sourirent d'un air entendu.
-Entrez ! invita le bibliothécaire.
Lucius pénétra dans le bureau cossu de Harcland puis prit place dans un fauteuil et serra la pommeau de sa canne entre ses doigts fins.
-La collection vous sied-elle ? attaqua de suite le jeune homme aux doux yeux marron.
-Elle est en bonne état malgré son âge avancé, et surtout elle est authentique…..je suis preneur, monsieur Harcland. Quel est votre prix ?
-Deux cent galions le manuscrit, monsieur Malfoy, répondit l'ami de Draco qui redevint homme d'affaire.
-Il y en a deux, cela fera donc quatre cent galions, précisa Lucius, je reviendrai cet après-midi pour vous régler si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
-Ce sera parfait, ajouta John en se levant de son bureau pour sceller l'accord d'une bonne poignée de mains.
-Je vous laisse, jeunes gens, du travail m'attend. A tout à l'heure, monsieur Harcland.
Lucius quitta la pièce puis il repartit dans l'arrière cour avant de transplaner et de revenir dans son propre bureau. Cet idiot de Draco ! soupira-t-il en déposant sa canne sur le rebord d'une chaise, comme s'il ne s'était pas rendu compte qu'il voulait lui jeter le jeune Harcland dans les bras ! Draco avait du chemin à faire s'il voulait être plus subtil, et surtout jeter un sort de silence quand son ami et lui discutaient, surtout si le sujet c'était lui. Ce n'était pas à un vieux singe qu'on allait apprendre à faire des grimace, ricana Lucius.
L'aristocrate sourit, car bien qu'il n'aimait pas particulièrement qu'on se mêle de sa vie, il était bien obligé d'admettre que ce Harcland était très séduisant. Le jean qu'il portait était seyant et on ne peut plus moulant. Pourquoi ne profiterait-il pas d'une approche ? Après tout que pouvait-il perdre en se lançant à la conquête du jeune homme ?
Lucius Malfoy ricana silencieusement. Les prochains jours risquaient d'être forts intéressants, finalement John Harcland semblait un garçon assez facile, il n'aura aucun mal à le mettre dans son lit.
Rien n'était plus faux, évidemment, mais ça l'aristocrate ne le savait pas, il préférait croire ce qui l'arrangeait, ce qui n'était pas toujours une bonne chose à faire ou à supposer.
L'après-midi même, Lucius revint dans la bibliothèque-librairie et alla directement dans le bureau de John Harcland.
-Le compte y est, monsieur Malfoy, vous avez fait diligence je vous en remercie. J'ai pris la peine d'empaqueter vos livres, rajouta le jeune homme en désignant un paquet sombre sur le bureau.
Lucius haussa les sourcils étonnés.
-Pour ne pas tenter les voleurs, on ne sait jamais ! il vaut mieux que cela reste discret.
Lucius approuva tout en sachant que personne ne s'attaquera à sa personne, et puis de toute façon il rentrait chez lui directement, à moins qu'il en se rende de suite chez Severus. l'homme rétrécit le paquet qu'il mit dans sa poche puis il prit sa canne et fit demi-tour pour quitter la pièce.
John ne voulait pas le laisser partir ainsi, mais comment faire pour retenir son attention ? Il eut la bonne idée….ou pas, de toussoter.
L'aristocrate s'arrêta de marcher et se retourna vers le jeune homme qui avait fait quelques pas vers lui.
-Oui, monsieur Harcland, autre chose ?
-Je me disais….pardonnez mon audace….
-Allez au fait, s'il vous plaît !
-Puis-je vous inviter un de ces jours prochains à boire une thé ou autre chose ? Je sais que ce n'est pas courant et que je dois vous sembler…entreprenant….
Lucius ricana. Finalement il n'avait rien à faire pour trouver une excuse bidon pour un rendez-vous qu'il imagina…Plaisant.
-Je vous enverrai un parchemin, monsieur Harcland. Sur ce je vous souhaite une bonne journée, murmura Lucius avant de disparaître.
Le temps passa bien trop vite pour Harry dans les cachots. La matinée puis l'après-midi. La nuit survint et Harry se résolut à se lever de son fauteuil et à se faire apporter un encas avant de prendre une douche et de rejoindre Severus, sauf que cette fois il ne s'installa pas dans son fauteuil mais il s'allongea contre l'homme sans même penser à manger. Il voulait juste être près de lui, pour ne pas le perdre des yeux, il ne voulait rien manquer de leurs moments ensembles, les derniers moments.
Un jour de plus passa ainsi, entre somnolence pour Severus et attente pour Harry qui avait de plus en plus les nerfs à fleur de peau. Severus s'affaiblissait, il ne lui restait plus qu'un souffle de vie. La fin était proche, bien trop proche pour le Gryffondor qui angoissait comme c'était pas permis.
Au matin du deuxième jour d'attente, le jeune homme passa une serviette sur le visage en sueur de Severus. Il voulait le rafraîchir quelque peu pour qu'il se sente mieux. Il le peigna ensuite, lentement, en caressant ses beaux cheveux noirs. Il fit ces gestes avec tendresse et ce même quand il le revêtit d'une robe de sorcier que Lucius lui avait porté deux jour plus tôt pour le grand voyage, sur sa demande.
Une robe d'un beau vert tendre en soie au liseré d'argent. Une robe magnifique, qui arracha au jeune homme des larmes de peine, des larmes de douleur.
Severus partait et Lucius était plongé dans ses livres qui ne lui apprenaient rien.
Si jamais il échouait dans sa mission il voulait que son amour soit beau pour partir, renifla Harry en se morigénant. Il fallait qu'il se reprenne, il devait réagir comme un homme et ne pas se laisser bouffer par ses émotions. Il allait avoir besoin de toutes ses facultés pour batailler ferme, la vie de Severus serait à ce prix.
Harry lissa la robe puis embrassa les lèvres froides sans parvenir à lâcher les mains du maître des potions. L'homme ne revint pas de son sommeil, il expia son dernier souffle dans le creux du cou de son jeune amant qui retint un cri de douleur, comme si on venait de lui arracher le cœur et les tripes et qu'on les avait piétiné.
Severus était parti et Lucius, loin de là, dans son bureau, claqua violemment la couverture du vieux grimoire d'un geste de colère.
-Je t'aime, chuchota Harry à Severus, je t'aimerai toujours, mon amour, eut-il le temps de dire avant de voir les torches faiblir d'intensité et le feu dans la cheminée s'éteindre. La pièce devint sombre et un froid glaciale s'installa et le fit frissonner. Harry jeta un regard sur son ange qui semblait si tranquille dans la mort qui était venu le chercher sans faire de bruit.
Le froid s'accentua encore, jusqu'à laisser une brume comme celle qu'il y avait sur les landes les matins d'hiver. Le survivant se leva lentement du lit et se plaça devant la grande forme qui venait d'apparaitre sous une cape noire et qui tenait dans sa main squelettique une faux en argent de taille impressionnante. Le Cueilleur d'âme était là, prêt à faire sa besogne sans se préoccuper de savoir si quelqu'un était d'accord ou pas.
Harry étendit les bras pour l'empêcher de s'approcher plus de Severus, il reçut en retour un ricanement guttural qui signifiait que son geste était vain, que l'âme était à lui et que personne n'était autorisé à lui barrer le chemin jusqu'à sa victime consentante ou non.
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Je vais tenter de publier tant que je pourrai cette suite tant attendue. Merci d'avoir été patiente.
