Hey girlz !

Je sais que vous m'attendiez sans doute plus sur "Voisins", mais comme j'aime être toujours là où l'on ne m'attend pas, héhé, me voici donc ici pour la suite des aventures rocambolesques d'Aomine et Kagami ! (ouais... c'est bien la peine de vous demander à chaque fois la suite de quelle histoire vous désirez, si c'est pour faire le contraire au final ! :D)

Ahhhh que ça fait du BIEN de revenir à cette fanfiction !

A tel point que je pourrai vous pondre un second chapitre dans la foulée... (j'y travaille) tant je suis inspirée et surtout, pour compenser la "longueur" de celui-ci, qui atteint péniblement les 15000 mots. (et encore, pas tout à fait... bon, au moins, ce sera plus digeste ainsi, je suppose !)

Donc à vous de me dire, comme d'habitude ! ;D

Je tenais encore à vous remercier, vous êtes juste MERVEILLEUSES, je sais que "Magical Dick" est une fic qui a une place particulière pour pas mal d'entre vous, j'espère donc continuer à pouvoir l'honorer comme il se doit avec des idées toujours plus originales et folles !

D'ailleurs, mon petit doigt me dit que vous pourriez être servies dans ce chapitre...

Au programme : le charme irrésistible de Kagami, Aomine en roue libre et Maman!Mine en roue libre également, parce que cette douce folie qui les habite est héréditaire.

Sur ce, ENJOY !


Le reste de la journée scolaire se passa sans encombre, d'un côté comme de l'autre.

Cependant la situation se gâta rapidement lorsque l'heure de l'entraînement sonna.

Mais voyons plus ensemble comment cela se passa, d'abord du côté de Kagami, toujours grimé en Aomine...

Wakamatsu était déjà en train de s'énerver, n'ayant croisé Aomine ni dans les couloirs, ni dans la cour, ni sur le toit, ni aux toilettes, ni... enfin, vous voyez le topo quoi ! Et lorsqu'il arriva dans le gymnase accompagné du reste de l'équipe, quelle ne fut pas sa surprise de constater que tout était déjà en place et qu'Aomine trottinait déjà pour s'échauffer... Non seulement le basané avait été plus rapide que lui, comme s'il s'était téléporté miraculeusement sur place, mais en plus, il n'était pas en retard !

Pour la première fois de sa vie !

Et Wakamatsu n'avait pas eu non plus à user de diverses menaces pour quérir sa présence, car non seulement Aomine était venu de lui-même en avance, mais en plus il avait déjà sorti tout le matériel, semblant ne plus attendre qu'eux pour commencer ! Ce qui était un peu faux d'ailleurs, étant donné que le brun se mettait déjà en jambes de son côté.

Franchement, le peroxydé était bouche bée et ce n'était pas une mouche qu'il aurait pu gober là, mais bel et bien un essaim d'abeilles entier...

Momoi semblait être dans le même état, elle aussi.

Quant à leurs coéquipiers, certains se pinçaient, tandis que d'autre se frottaient les yeux.

Nageaient-ils tous en pleine hallucination collective ?

C'était la seule explication recevable.

D'ailleurs, ils n'osaient même pas poser un pied sur le terrain, ni même se diriger vers les vestiaires, non, ils étaient plantés là, hébétés, incapables de bouger tant la surprise était IMMENSE, les clouant littéralement sur place.

Cette réaction étonna quelque peu le principal instigateur qui vint se positionner face à Wakamatsu, l'air innocent, après quelques tours de terrain supplémentaires :

« Heu... senpai... ? J'me suis trompé de jour, c'est ça ? I-il n'y avait pas entraînement ce soir ? Pourtant, je croyais que... »

« Non, non, non ! Enfin, je veux dire, si ! Si, il y avait bien entraînement et donc non, tu ne t'étais pas trompé... »

« Oh... ouuuuufff ! J'ai vraiment eu peur un moment ! » Sourit radieusement Aomine.

Il était rare de voir le basané sourire ainsi, de manière aussi angélique et spontanément. Déjà, Aomine souriait très peu au quotidien et lorsqu'il le faisait, il fallait en général se méfier parce que c'était synonyme de mauvais coup préparé en cachette (ou non) par l'as de Toho.

Wakamatsu l'avait appris à ses dépends, mais là, c'était totalement différent. Et lorsqu'Aomine lui prit le poignet pour le guider vers le terrain, le blond sentit son cœur LACHER. Oui, carrément. Enfin presque, « s'embraser » serait un terme plus approprié, en réalité. De belles rougeurs lui montèrent aux joues et il espérait que personne ne s'apercevrait de rien. Sinon, non seulement sa réputation de capitaine exemplaire qui ne fait pas de favoritisme risquait de s'écrouler, mais son hétérosexualité aussi. Quoique pour cette dernière vérité, il semblait déjà trop tard... Tiens... depuis quand Aomine avait-il ces fossettes lorsqu'il souriait ? C'était la première fois que Wakamatsu les remarquait et il devait bien avouer (mais pas en public hein !) qu'il trouvait cela vraiment adorable...

« Senpai, ça ne te dérange pas si on bosse le marquage aujourd'hui ? C'est vraiment mon point faible... et comme tu es l'un des meilleurs défenseurs du Japon, je me suis dit que tu pourrais me donner quelques tuyaux... »

« L'un des meilleurs défenseurs du Japon... » Rien que ça ? Wow ! Jamais Aomine ne lui avait fait un si beau compliment auparavant (ni même admit qu'il avait des « faiblesses » !) ! Au passage, c'était sans doute parce qu'il s'agissait de la première fois aussi. Aomine n'était pas du genre à se montrer dithyrambique concernant les capacités d'autrui, (en dehors de Kagami, bien-sûr ! Il n'y avait que son cher rival qui trouvait grâce à ses yeux et occasionnellement, très occasionnellement même, quelques membres de la Génération des Miracles, au gré des situations...) alors cette attitude était d'autant plus suspecte... ? Non, ce n'était pas la bon mot, disons juste que l'étonnement était de mise...

De même que « la méfiance », se dit mentalement le blond... de manière peut-être un peu trop voyante, tant son visage restait crispé, déployant ses habituels traits agressifs en présence du brun. Ce qui n'échappa pas à l'oeil avisé (ou devrais-je dire aux yeux...?) des deux nouveaux pivots de première année, des jumeaux, en plus !

« Aomine-senpai ! Moi, je veux bien jouer contre toi ! »

« Moi aussi, moi aussi ! Avec Koda, nous allons te coller aux basques, tu vas rien comprendre... » Fit son frère, en éclipsant complètement Wakamatsu.

« On a hâte de te prendre en sandwich senpai, on va plus t'lâcher.. » Plaisanta le dénommé Koda, en se passant la langue sur les lèvres de manière particulièrement équivoque.

« A-ah merci... c'est sympa les gars ! On y va ? » Sourit à nouveau Aomine, qu'une telle proximité avec des jumeaux ne semblait pas déranger le moins du monde...

Malheureusement pour Tic et Tac, leur petite parade nuptiale n'était pas du goût de Wakamatsu. Tout d'abord, parce que CROTTE A LA FIN, ils se trouvaient dans un gymnase, sur un terrain de basket et pas dans une boîte de nuit gay pour se compter fleurette ! Et ensuite, parce que c'était à LUI qu'Aomine avait demandé d'être SON partenaire d'entraînement ! Bombant le torse, il joua des coudes pour reprendre son place de... mâle dominant (?) et se reposter à côté d'Aomine. Les jumeaux s'écartèrent, surpris par l'attitude si volontaire de leur senpai.

« C'est extrêmement altruiste de vous être portés volontaires les garçons, mais Aomine s'est adressé à moi et à personne d'autre. Et entre nous, nous savons que même si vous êtes deux, vous ne faites absolument pas le poids face à lui. Par conséquent, il n'y a que moi qui sois susceptible de le gêner, étant donné votre niveau déplorable. Mais si vous tenez tant que cela à jouer contre lui la prochaine fois, allez vous changer et entraînez-vous sérieusement pour mériter cet honneur ! » Eructa Wakamatsu en faisant de grands gestes, comme à son habitude.

Avec ses cheveux et ses mimiques, il ressemblait vraiment à un hérisson énervé parce qu'une voiture aurait manqué de le transformer en crêpe, en passant trop près de lui...

Enfin débarrassé deux sœurs siamoises, Wakamatsu s'apprêtait à poser le pied sur le terrain lorsque soudain, une main se posa sur son épaule. Suivie d'une autre. Puis d'une autre. Et encore d'une autre, ce qui le poussa à se retourner.

« Wakamatsu-senpai... »

« Heu oui...? »

« Est-ce que je pourrai jouer contre Aomine-senpai moi aussi, si je m'entraîne dur pour ça ? »

« Et moi ? Je pourrai aussi ? »

« Nous sommes tous prêts à redoubler d'efforts pour un tête-à-tête avec lui...enfin je veux dire pour un « un contre un ! »

« C'est vrai ! Aomine-senpai est la raison pour laquelle je me suis inscrit en début d'année et je n'ai jamais eu l'occasion de me mesurer à lui pourtant ! D'habitude, c'est parce qu'il ne vient pas ou qu'il nous ignore, mais si maintenant qu'il est prêt à nous accorder de son temps, tu te l'accapares, ça ne va pas aller ! Tu as beau être le capitaine, ça ne te donne pas tous les privilèges ! » Ajouta un petit blond avec des tâches de rousseur.

Honnêtement, Wakamatsu était très étonné par l'attitude rebelle des ses nouvelles recrues. C'est qu'ils prenaient un peu trop leurs aises ces satanés premières années ! Jusqu'ici pourtant, ils ne l'avaient pas ramenée et le blond ignorait jusqu'à l'existence d'un tel fanclub en l'honneur du brun... C'était comme s'ils venaient tous de se réveiller en même temps, d'un seul coup et cela avait quelque chose de foncièrement intriguant. Et effrayant à la ois. A présent, ils avaient de l'écume au coin des lèvres et dévoraient Aomine du regard, une lueur perverses brillant dans leurs yeux rougis par l'excitation. Certains couinaient même comme des bêtes sauvages... Dire que Wakamatsu pensait que l'afflux record d'inscriptions que l'équipe de basket avait recensé était du à la plastique irréprochable de leur manager rose...

En parlant de Momoi, elle avait l'air quelque peu... jalouse... ? Hmm... ce n'était sans doute pas le mot le plus approprié, mais disons qu'elle était tout aussi choquée que Wakamatsu par le soudain gain de popularité de son meilleur ami, autour duquel les autres joueurs se pressaient sans vergogne. Ils ressemblaient à une bande hyènes attirées par la carcasse encore fraîche d'un antilope et avaient l'air prêtes à bondir sur Aomine pour le manger... ou plutôt, pour lui faire subir un autre genre de sévices corporels...

Qu'est-ce qu'il leur arrivait à tous ? C'était tout bonnement incompréhensible !

Aomine avait-il changé de marque de déodorant pour les rendre ainsi fous ?

Fous de lui !

Aujourd'hui en tous cas, l'as se trouvait au centre de toutes les attentions de la part de ses jeunes kohais. Et pour cause, la majorité des garçons de l'équipe s'était maintenant rassemblée autour de lui, l'encerclant de très près, ce qui donnait des allures de film d'horreur à la scène, tant la proximité et les regards chargés de concupiscence qui pesaient sur le brun devenaient malsains. Heureusement, le coach Harasawa le bien nommé vint remettre un peu d'ordre là-dedans avant que cela ne tourne au « harrassement »... et Wakamatsu extirpa Aomine de la foule formée par les creepy fanboys. Non mais un peu plus et le blond était certain qu'ils se seraient transformés en goules désireuses d'arracher les vêtements de brun, afin de lui pomper... autre chose que sang. Bien entendu, Aomine ne comprit pas l'attitude de Wakamatsu, qui s'était saisi de son poignet pour l'éloigner de ce piège mortel.

Le reste de la séance se passa correctement néanmoins.

Enfin, dans une certaine mesure.

Wakamatsu fut le seul autorisé à jouer contre Aomine et si ce ne furent quelques regards avides de la part de la horde de zombies, il n'y eut rien à déplorer. Pour le moment, les autres garçons se tenaient à bonne distance d'Aomine, mais ce dernier agissait sur eux comme un aimant et c'était véritablement une expérience perturbante à constater.

Même de loin.

Et impossible de ne pas s'en rendre compte, excepté lorsque l'on s'appelait Aomine, tant le comportement ambigu de ses coéquipiers semblait complètement lui passer au dessus de la tête ! Il ne remarquait rien, ne sentant aucunement le danger – pourtant bien réel – qui pesait sur lui et ses fesses, tant les autres mâles présents salivaient à son approche.

Littéralement.

Il y avait presque des flaques de bave sur le terrain !

Même leur professeur n'était pas insensible aux charmes soudains de son élève.

Il n'y avait qu'à voir la manière dont il insista pour masser sa cuisse suite à une crampe dont se plaignit pourtant si peu le brun...

Toute cette histoire prenait de telles proportions que Wakamatsu insista pour raccompagner personnellement Aomine !

Carrément trop flippant et le blond craignait que certains ne mettent à exécution leur menace de « prendre en sandwich » cet inconscient d'Aomine qui décidément, était bien naïf à leur tourner ainsi le dos, offrant involontairement sa croupe rebondie à une nuée de prédateurs affamés ! Pour plus de « sécurité », il fut même décidé qu'Aomine prendrait sa douche à part. Non mais voilà à quel point la situation était grave, quoi !

Momoi avait une course de dernière minute à effectuer, ce qui fit qu'elle rentra de son côté, non sans avoir expulsé quelques premières années un peu trop collants, qui faisaient le pied de grue à la sortie du gymnase pour attendre leur as...

Quant à Wakamatsu, il dut se faire violence (ce mec est héroïque...) pour combattre la tentation de reluquer le corps nu et vulnérable d'Aomine, pendant qu'il prenait sa douche...

« T'es prêt, on peut partir ? » Demanda Wakamatsu en évitant de contempler Aomine.

Ce dernier terminait de se changer et de se sécher.

« Ouais c'est bon, j'crois qu'j'ai rien oublié. » Et de sourire au blond à nouveau. « Merci en tous cas, c'est vachement sympa de proposer de m'accompagner et puis ça tombe bien, parce que je déteste faire le trajet seul. »

Bon, en vrai, il s'agissait un demi-mensonge, parce que la raison principale était que Kagami – dans le corps d'Aomine – n'avait pas encore totalement mémorisé le chemin menant du lycée à sa nouvelle maison. Se faire escorter par Wakamatsu ou Momoi lui éviterait donc de se perdre bêtement...

Et ouais, pas si con que ça le tigrou !

Enfin, ça dépendait pour quoi, dira t-on...

Mais quand les deux hommes sortirent (avec un Wakamatsu rougissant, car le sourire solaire de Kagami l'avait touché en plein cœur, telle la flèche de Cupidon...), ils croisèrent un troisième larron à la présence inattendue.

Ken.

Le goal de l'équipe de football dans laquelle jouait Kojiro...

… Qui avait eu un flirt assez poussé avec Aomine. (ouais, je resitue pour celles qui auraient oublié, c'est que ça fait un bail mine de rien ! ^^)

… Ce qu'ignorait en partie Kagami, puisqu'Aomine n'était jamais rentré dans les détails de cette petite amourette.

Sauf que visiblement, ce n'était pas pour l'autre brun qu'il semblait être venu se poster à la sortie du gymnase. Parce que dès qu'il aperçut une mèche de cheveux blonds émerger du bâtiment, il se précipita à la rencontre de Wakamatsu, en trottinant de la même façon que Nigou dès qu'il sentait Kuroko. Kagami était catégorique à ce sujet, il avait bien observé le manège du chiot envers son maître et là, c'était exactement la même mimique.

« Hey, vous en avez mis du temps à sortir, ça fait une plombe que je vous attends ! »

« Fallait pas te donner cette peine ! » Le houspilla Wakamatsu, apparemment RAVI de le voir !

Pour sa défense, il était nécessaire de préciser que depuis leur match contre Seirin, le brun aux cheveux longs le collait comme une sangsue. Ca avait commencé plutôt doucement au départ, à base de rencontres fortuites dans les couloirs du lycée et de bousculades impromptues...

… Mais très vite, les choses avaient dégénéré, échappant à tout contrôle.

Ken avait pris la fâcheuse habitude de se trouver constamment sur son chemin, où que Wakamatsu se trouve ! Même aux toilettes... surtout aux toilettes... et puis si encore il n'y avait eu que ça, mais non, le tenace gardien avait glissé plusieurs fois des mots dans le sac de cours du blond. Et autant vous avouer tout de suite la terrible vérité : Ken Wakashimazu n'avait rien d'un poète. Il ne s'était d'ailleurs même pas donné la peine de recopier la moindre prose romanesque, optant pour une approche beaucoup plus directe que n'aurait sans doute pas reniée Aomine : le CUL !

Ouep, le cul y a qu'ça de vrai !

Bah quoi, c'était une stratégie comme une autre, après tout, on n'est pas tous des Edgar Allan Poe en puissance... Sauf que dans le cas de Ken, ce choix se révélait plutôt infructueux...sans doute parce que ses petits messages gribouillés à la va vite (sûrement en cours, ou sur un poteau pendant qu'il s'ennuyait à attendre les tirs mollassons de ses petits camarades dans ses cages...) faisaient l'éloge du fessier « bandant » de Wakamatsu. Non, non, pas « charmant », ni « adorable » ou encore même « inspirant », tant qu'à opter pour un qualificatif, autant choisir celui qui TÂCHE le plus ! (dans tous les sens du terme)

« Salut Ken ! » Fit Kagami, tout sourire.

… Uniquement pour se voir ignoré par ledit Ken, qui n'avait d'yeux que pour sa muse peroxydée.

« Oui, bon...il va falloir arrêter de me regarder comme ça maintenant, ça devient gênant ! » Asséna Wakamatsu, à bout de patience.

« Bah j'suis bien obligé d'te mater, vu qu'tu m'laisses pas te toucher ! »

CQFD.

Logique imparable...

« Raaaah mais casse-toi de là, tu vois pas que tu nous gênes, abruti ? »

Mais brusquement, sans crier gare et alors qu'on aurait pu s'attendre à une réponse au tacle de Wakamatsu, le footballeur fit volte-face... semblant réaliser de manière subite qu'Aomine venait de lui parler...

« Toi ! »

« Heu... ouais ? » Hésita un peu le pauvre Kagami.

« T'as changé quelque chose, non ? Tu t'es coupé les cheveux, c'est ça ? »

« Pas que je sache... »

« Hmm... t'as changé de parfum alors ! Nan, nan, de gel douche ! »

« Non plus... »

« Purée, dis-moi ce que c'est, c'est en train d'me rendre dingue là ! Faut absolument que je sache ! » Insista t-il en se mettant même à le renifler comme un animal.

« Il n'a rien changé du tout, alors laisse-le tranquille ! » Intervint Wakamatsu.

« Vraiment ? J'y crois pas mais sache qu'en tous cas, ça te va super bien... j'dirai même que ça te rend carrément plus bandant qu'avant... » Se « rattrape » Ken le Poète.

« Pfff... nan mais c'est pas possible, tu n'connais qu'ce mot là, ma parole ! Faudrait p't'être penser à changer de disque ! »

Mais cette fois, ce fut au tour de Wakamatsu d'être ignoré.

En effet, Ken venait de plaquer Aomine au mur.

« Dis... je sais que ça s'est pas super bien terminé entre nous la première fois, mais ça te dirait pas qu'on retente ? »

« C'est à moi que tu parles ? » Demanda Kagami, un peu surpris.

Comme si ce n'était pas assez évident !

« Ouais, t'es carrément mieux qu'l'autre blondasse, non mais sérieux, comment j'ai fait pour ne pas le réaliser avant ? »

« HEY ! L'autre « blondasse », elle t'emmerde ! Et tu lui dois le respect parce que c'est ton senpai ! » Tempêta Wakamatsu, en faisant la danse du ver solitaire sur place.

Mais déjà, Ken était passé à la vitesse supérieure, glissant son index sous le menton d'Aomine pour le rapprocher et sans hésiter, il plaqua ses lèvres contre celles du basané, sous le regard médusé de Wakamatsu...

… Que ça faisait quand même un peu chier, on va pas se l'cacher !

Heureusement, Kagami le repoussa bien vite. Et fermement. Il avait beau être dans le corps d'Aomine avec Ken ignorant ce fait, cela ne l'empêchait pas d'avoir l'impression de tromper Kojiro et avec son meilleur ami, en plus ! Peut-être qu'Aomine aurait aimé qu'il profite de cette occasion pour le remettre avec Ken, mais comme Kagami n'avait pas consulté le basané à ce sujet, il préféra ne prendre aucun risque. Il informerait juste Aomine des sentiments du goal ultérieurement et l'as de Toho déciderait quoi faire quand ils auraient récupéré leur apparence normale.

« Ken, je regrette, mais tu as déjà eu ta chance ! Il fallait la saisir à ce moment-là ! »

« Oh c'est bon ! On a tous le droit à l'erreur ! »

« J'ai dit non, alors écarte-toi avant que je ne devienne méchant ! »

« Au moins, si tu me colles ton poing dans la tronche, ce sera un contact physique... »

« … C'est pas mon poing et c'est pas dans la tronche que je comptais te frapper... Maintenant dégage, je ne me répéterai pas ! »

Exaspéré par l'insistance malvenue de Ken, Wakamatsu profita de ce qu'il était parvenu à se faire oublier de son ancien prétendant, pour fouiller dans son sac... duquel il dégaina une canette de boisson énergisante. Mouais, on avait connu plus dissuasif comme arme, mais ça ferait l'affaire ! De toute façon, il n'avait pas le luxe de pouvoir se montrer capricieux sur le coup, alors il faudrait faire avec. Bien décidé à porter secours à son coéquipier et à le ramener à bon port sains et sauf, en accomplissant sa mission, Wakamatsu arma son bras en s'écriant :

« TIENS, ARRETE LA CELLE-CI GOAL DU DIMANCHE ! »

… Et d'envoyer la fameuse canette à pleine vitesse sur le brun aux cheveux mi-longs, comme s'il s'agissait d'un tir de basket.

« Naaaan pas çaaaa ! Aaaaarrrrghh mon instinct de goal m'ordonne de stopper ce tiiiir ! » S'écria Wakashimazu.

Il était question du point faible ancestral des gardiens de buts !

Tels des chiens ne pouvant résister au besoin d'attraper un bâton qui leur serait lancé, impossible pour eux de se contenir face à un objet venant dans leur direction !

Wakamatsu profita alors de ce réflexe conditionné pour attraper le poignet d'Aomine... et se mettre à courir vite. Très vite, dans l'espoir de semer Ken. Aomine le suivit de son mieux, manquant de peu de trébucher suite à cette tentative inattendue de fuite. L'important était cependant de réagir vite et de mener l'as en lieu sûr, loin de toute convoitise (sexuelle) mal placée...

... Mais voyons plutôt comment s'en sortait le véritable Aomine, de son côté...

Oui, je sais, c'est vache de "couper" à un moment aussi crucial, en mode derniers survivants d'un film d'horreur avec le serial killer démasqué à leurs trousses, dont on ignore s'il va réussir à les attraper, mais que voulez-vous, je suis une sadique, vous devez commencer à le savoir ! (et vous aimez ça, avouez !)

Comme vous devez vous en douter, le nouvellement roux ne s'en tirait pas si bien...

Pour commencer, il avait commis l'erreur FATALE d'arriver en retard à l'entraînement. Et encore, ça c'était uniquement parce que Kuroko lui avait sauvé la mise en venant le chercher directement.

A Riko qui attendait des excuses, Aomine avait prétexté qu'il avait fait EXPRES de "se ramener un peu la bourre, parce que les vraies stars savent se faire attendre dans la vie." Autant vous dire que la tornade châtain n'avait pas DU TOUT apprécié la teneur de ce discours prétentieux. Aucune explication autre que la MORT ou l'AMPUTATION ne pouvait justifier un quelconque retard à ses yeux aussi, décida t-elle de serrer la vis au retardataire pour lui apprendre - une bonne fois pour toutes - qu'il n'était pas judicieux de se jouer d'elle... et qu'à l'avenir, il avait intérêt à venir... EN AVANCE, même ! Oui, oui, carrément, c'était selon Riko le seul moyen de faire amende honorable et de compenser son élan de zèle. Kagami l'avait habituée à mieux, trop bien habituée en réalité et le voir se désintéresser ainsi de l'entraînement en arrivant en retard et en ignorant ensuite ses consignes, rendit Riko folle de rage.

Et le mot était faible.

Elle se jura donc de lui faire passer l'envie de la défier de manière aussi frontale, devant tout le reste de l'équipe, en plus !

Non mais qu'est-ce qu'il lui prenait à ce Bakagami !?

D'où lui venait cette envie subite de jouer les fortes têtes ?

Bon, d'un côté, cela ne la dérangeait pas tant que cela, parce qu'elle adorait mater les rebelles et c'était l'occasion parfaite de le faire. Il ne fallait pas se leurrer, faire preuve de créativité dans les punitions qu'elle infligeait était l'un de ses petits plaisirs coupables et pour une fois qu'un des garçons se comportait assez "mal" pour qu'elle puisse mettre en action l'un de ses châtiments sadiques, Riko n'allait pas s'en plaindre.

Ou alors juste pour la forme.

Pour faire bonne figure et donner l'impresssion que la correction était méritée.

Ah ! Il n'est pas facile d'évoluer dans une équipe de basket exclusivement masculine et encore moins de trouver sa place au milieu de tout ce flot de testostérone, mais Riko était parvenue à s'adapter en se taillant un rôle qui lui allait à merveille au teint :

Celui de la matronne. D'aucuns vous auraient plutôt dit celui de la "matonne de prison", (une lettre d'écart, ça compte !) mais ceux-là étaient d'une mauvaise foi astronomique.

... Exactement comme Kagami lorsqu'il commença à se plaindre du surplus d'exercices physiques qu'elle lui infligea. Et de la corvée de nettoyage du gymnase, pour finir. Mais bon, ça, d'après cette mégère en jupe courte, c'était surtout parce que le roux avait refusé de faire des passes à ses coéquipiers durant l'entraînement. Non mais de qui se moquait-on ? Depuis quand était-ce devenu obligatoire ? Aomine n'avait besoin de personne pour marquer, faire des passes allait donc à l'encontre de sa nature même de scoreur ! Et cette fichue gonzesse avait du mal à le comprendre, de toute évidence. Où était la logique là-dedans ? Pourquoi passer le ballon, si l'on en a pas l'absolue nécessité ? Et même quand on l'a, n'est-il pas plus intéressant de conserver le ballon et de trouver une autre solution pour se débarrasser d'adversaires un peu trop collants ?

Non, vraiment, ça le dépassait. Il ne comprenait même pas qu'on le punisse pour une si légère incartade. Ok, c'était une entorse aux ordres de Riko, mais en tant que coach, n'était-ce pas plutôt à elle de se plier au style de jeu de ses joueurs ? C'était pourtant ce que faisait Harasawa et les résultats avaient toujours été au rendez-vous, alors pourquoi changer une méthode qui avait déjà porté ses fruits ? Aomine était complètement largué... Se conduisait-elle de la même manière avec Kagami ? Non, mais, ça devait être insupportable, sérieux ! Elle faisait un complexe d'infériorité à cause de sa condition de faible femme ou quoi ? Pfff... c'était sûrement cela... de la jalousie vis-à-vis de son physique imposant de dieu grec ! La pauvre... c'était un peu compréhensible quelque part : même perchée sur des échasses, Riko ne lui arriverait même pas sous le bras... Normal, à sa place, lui aussi serait en colère...

Nan et puis... la taille de ses nichons, on en parle...?

Pas étonnant qu'elle soit frustrée et crise à cause de leur manque de... présence. Cette nana était la Tetsu des nibards : ils semblaient invisibles ! Malgré ce handicap, Aomine devait reconnaître qu'il était impressionné par le coffre de la coach, vu son manque de poumons... étrange qu'elle puisse gueuler aussi fort ! Ca paraissait physiologiquement impossible !

Enfin bon, heureusement pour lui la séance de torture qu'ils osaient nommer "entraînement" s'acheva plutôt rapidement... C'est qu'il en fallait plus pour l'abattre ! Et même s'il aurait sûrement plein de jolies courbatures demain, pour le moment, il ne ressentait rien. Sauf qu'Aomine avait oublié un léger détail : Riko l'avait désigné d'office pour nettoyer et ranger le gymnase ! Non mais c'était quoi encore ce délire ? Il n'existait pas des esclaves payés pour cela ? Enfin... des "femmes de ménage" ? Seirin n'était pas un bahut assez riche pour s'en payer ? Pfff... bref... le roux fut obligé de rester alors que les autres - ces branleurs qui n'avaient même pas marqué plus de cinq paniers à l'entraînement - étaient déjà rentrés chez eux.

Aomine trouvait ce traitement profondément injuste, néanmoins, il avait promis à Kagami de se tenir à carreau et il le ferait. Autant que possible.

Une fois la serpillère passée et le matériel rangé dans la réserve, il regagna donc les vestiaires pour prendre une douche bien méritée et se délasser un peu sous l'eau chaude...

C'est ainsi qu'il se dirigea donc vers les douches, laissant une traînée de vêtements sales sur son passage. (qu'il ne prit naturellement pas la peine de ramasser et de rassembler) Avançant comme un zombie, il tourna le robinet d'eau chaude, jusqu'à ce qu'elle devienne brûlante et il resta ainsi impassible, front contre le carrelage mural quelques minutes avant de commencer à se savonner, jusqu'à ce qu'il réalise que, pas de bol, il avait oublié son gel douche... quelque part. Normalement, il n'avait jamais à se soucier de cela, puisque Sakurai lui fournissait le sien après l'entraînement, ou plutôt, se le faisait taxer honteusement par le brun, qui avait l'habitude qu'on le serve constamment.

Ouep...

Niveau bouleversements, ça se posait là et justement, il avait l'impression d'avoir carrément perdu au change. Se retrouver piégé dans le corps de Kagami était une arnaque monumentale. Non mais c'était vrai, à bien y réfléchir, il n'y voyait que des désavantages : devoir se coltiner son daron, Hyuga le basané, Hyuga le pas basané et sa meuf la coach hystérique et puis...

… Il n'y avait strictement rien à sauver...

Du moins, c'était ce que pensait le brun, jusqu'à ce que pendant qu'il se lavait distraitement, sa main ne s'égare entre ses cuisses.

Et là ce fut le choc.

Il sursauta, croyant qu'une grosse bête lui avait grimpé dessus pendant qu'il ne faisait pas attention. Mais non, ce qu'il avait touché était bien à lui ! Ou plutôt, à Kagami !

Aomine écarta un peu plus les jambes pour avoir une meilleure vue sur ce qu'il venait de trouver.

Il y eut un deuxième effet Kiss Kool encore plus puissant que le premier et Aomine hocquèta de surprise ! Ok. Kagami était vraiment un ELEPHANT. Et comme tout bon Babar qui se respecte, le rouquin possédait une trompe digne de ce nom. Ce truc était... énorme. Tout simplement gigantesque et il peinait à en faire le tour avec la main. Néanmoins, il s'en saisit pour mieux pouvoir... l'examiner. Bordel, elle pesait lourd en plus ! C'était presque comme une troisième jambe et Aomine s'imagina un moment s'en faire une ceinture en l'enroulant autour de la taille. Oui, il avait des délires bizarres et alors ? Quand on a un braquemart aussi impressionnant à portée de doigts, on est tenté de faire plein d'expériences ! Quoiqu'il en soit, en l'était actuel des choses, Aomine avait cependant envie de faire joujou avec d'une toute autre façon. Bien loin d'être effrayé, une idée étrange lui vint en tête.

« Si moi aussi j'avais une bite de cheval, j'aurai sans doute envie de la fourrer dans tous les petits culs bien chauds et serrés qui passent. Je crois que finalement, je comprends mieux Kagami maintenant. »

Et par « saillants fessiers brûlants et vierges » (ou pas, d'ailleurs), le brun sous-entendait le sien, évidemment. Il s'était toujours toujours douté que la queue de son rival était magique et bien, il en avait la confirmation à présent. Et au lieu de le mettre en rogne, d'éveiller sa jalousie ou sa peur, non, cela l'excitait comme c'était pas permis. A un point... qui n'avait pas besoin de virgule, justement.

Aomine n'avait plus qu'une hâte : retrouver son corps pour pouvoir s'empaler sur ce pieux exterminateur de vampires ! Voici qui relançait son intérêt pour Kagami et surtout, qui lui donnait une raison de se relancer dans la course. Pas surprenant que Hyuga soit si ACCRO au roux s'il l'avait déjà eue entre les mains, ou même juste frôlée. Tu m'étonnes que quand tu sens un monstre pareil contre ta cuisse, t'as plus qu'une seule envie : faire du tape-cul dessus ! De la balançoire ! Du toboggan ! Tout c'que tu veux ! Même du trapèze, comme un acrobate de cirque ! Ah nan mais tu te sens pousser des ailes, ça c'est clair ! Tu deviens prêt à te lancer dans un numéro d'équilibriste, les yeux bandés !

Et sans filet.

Là, il était regonflé à bloc !

… apparemment, il n'était pas le seul à en croire ce qu'il sentait durcir sous sa paume.

« Hep hep hep toi... pas la peine de me regarder comme ça avec ton œil de cyclope... J'ai promis à Kagami de ne rien faire de zarbi avec son corps. »

Mais... c'était plutôt vaste comme paramètre.

Et dans l'esprit embrouillé (et libidineux) d'Aomine, une petite pougnette n'avait rien d'étrange. Au contraire, c'était un geste parfaitement normal du quotidien. Quelque part même, ce serait rendre service au roux ! En effet, non seulement cela ferait du bien à son corps de pouvoir relâcher la tension, mais en plus, s'il se branlait maintenant, ce serait, il ne risquait pas d'avoir envie de sauter Kojiro ! Et puis même, admettons que ce soit le cas, bah, il ne pourrait tout simplement pas, puisqu'Aomine l'aurait vidangé juste avant de venir ! CQFD ! En fait, c'était comme un cran de sécurité supplémentaire et si Kagami venait à apprendre qu'il s'était... enfin, qu'il avait tiré sur son nœud en son absence et bien, Aomine n'aurait qu'à invoquer cette raison pour se mettre à l'abri de toutes représailles. Ouais, ce plan était génial, sans faille, digne de son intelligence supérieure ! En plus, il s'agissait de la vérité vraie : il ignorait dans quelle mesure le corps de Kagami allait réagir au contact de Kojiro. Aomine doutait d'être capable de le maîtriser complètement si l'autre brun lui plaisait tant que ça, surtout que ce maudit footeux allait forcément essayer de l'allumer...

Aomine n'avait donc pas le choix.

Il DEVAIT se soulager avant d'aller le voir, pour balayer tout risque.

Dans un sursaut de motivation, Aomine empoigna donc plus fermement l'animal, dans l'espoir de le dompter. Il commença à aller et venir dessus plutôt... calmement. Comme pour jauger son adversaire. Après tout, il ne connaissait pas encore personnellement le petit oiseau de Kagami et il devait donc se méfier de ses réactions. Nan mais, imaginez s'il décidait de lui cracher dessus, tel un chat énervé, par exemple ! Ouep, Aomine devait rester sur ses gardes, c'est pourquoi il opta pour une approche sinueuse, moins directe.

Apprivoisant rapidement la bête sauvage, Aomine se permit d'accélérer le rythme.

Subtilement.

Malheureusement, ses bonnes résolutions furent de courte durée, car dans un élan de confiance, il sombra dans l'excès.

Inévitablement.

Gland découvert, membre turgescent et gainé de veines biens visibles, Aomine était équipé d'une véritable arme de destruction massive (de culs.), chargée et prête à faire feu.

« Putain de... »

L'eau chaude qui courait sur son corps, ce corps qui n'était pas le sien, produisait tellement de vapeur qu'il devenait difficile pour lui de respirer. Haletant, le pouls en vrille, Aomine massait la hampe de sorte qu'elle gagne encore en consistance, si c'était encore possible.

Et sans surprise, cela le fut...

« Avec un machin pareil au repos, j'espérai qu'il grossirait à peine en érection mais... ce n'est pas le cas... merde Kagami, t'as vraiment une bite magique, c'est pas juste ! »

Aomine ne savait pas s'il devait mettre cela uniquement sur le compte de la masturbation, ou plutôt miser sur le fait que c'était parce qu'IL touchait LA kékette du roux, mais en tous cas, c'était foutrement bon. Le brun avait toujours eu un bon coup de poignet, qui avait fait ses preuves... !

… Sur lui...

Ce qui n'était déjà pas si mal.

Mais il n'avait jamais eu l'occasion de tester ses techniques sur un autre support.

C'était maintenant chose faite et à en croire la réaction de la virilité pulsante qu'il sentait rugir sous ses doigts, Tai-chan (son nouveau surnom tout kikinou...) semblait adorer ce traitement de faveur. Depuis combien de temps Kagami ne s'était-il pas touché comme ça ? Depuis combien de temps ne s'était-il pas accordé un moment de répit que ce soit en solo ou à plusieurs ? Depuis beaucoup trop longtemps, si vous vouliez l'avis expert d'Aomine, parce que là, sa verge réagissait beaucoup trop vite et beaucoup trop bien.

Appuyant sa main libre comme le carrelage parce qu'il sentait ses jambes le lâcher, Aomine se demanda si... Kagami se comporterait de la même manière... quand il le caresserait réellement comme ça un jour. Chacun dans leur corps respectif, cela allait de soi et Aomine était persuadé que oui. Il ne pouvait en être autrement, tant l'accueil que lui faisait la lance de chair gorgée de sang était positif.

Purée... il n'arrivait pas encore à croire ni à réaliser qu'il était en train de se taper une petite queue OKLM, dans les vestiaires de Seirin et pas n'importe laquelle, puisqu'il était question de celle de Kagami...

Cet appendice légendaire qui le faisait saliver et alimentait ses rêves humides depuis des semaines maintenant...

Aomine avait vraiment l'impression d'être le Roi Arthur retirant Excalibur de son rocher pour la première fois, prêt à pourfendre quiconque se dresserait sur son passage à l'aide de cette lame imposante... Un sentiment de puissance colossal l'habitait (la bitait) à présent. Il se sentait inarrêtable. Si seulement c'était LUI qui était né avec un tel don du ciel entre les cuisses, cela aurait changé beaucoup de choses...

Oui, beaucoup.

A commencer par la hauteur de ses sauts, parce que comme je l'ai déjà abordé dans une précédente fanfiction, vous ne me ferez pas croire qu'un tel engin ne sert pas de balancier à Kagami pour garder l'équilibre dans les airs ! Aomine non plus n'était pas dupe : il était là le secret du roux ! Kagami avait beau ne pas être australien, il ressemblait au kangourou qui se sert de son organe caudal pour sautiller plus haut. D'ailleurs, n'y avait-il pas de marsupiaux sur le sol Américain ? Hmm.. cela mériterait de plus amples investigations...

Bordel mais à quoi pensait-il ?

Les sensations féroces d'extase lui brouillaient les cellules grises...

Il avait vraiment du mal à respirer, au bord du malaise vagal.

Sa main allait et venait de sa propre volonté, de plus en plus agile sur le membre tendu et parfait de son rival.

Injuste, c'était véritable injuste...

Et une fois de plus, les pensées du Miracle se mirent à vagabonder, à envier les anciens amants du rouge, ceux qui avaient déjà eu le privilège d'accueillir dans leurs entrailles ce tisonnier ardent. Un sentiment de honte s'empara de lui. Il était véritablement pathétique...

Actuellement, son seul moyen d'assouvir ses fantasmes était de tripoter misérablement le manche de son rival...

Dans les douches publiques du gymnase...

Bravo, vraiment bravo, quelle manière honorable de faire connaissance avec l'objet de ses désirs. Malgré cette réalisation, Aomine ne parvenait pas à s'arrêter. Ses doigts ne connaissaient aucune vergogne, venant agacer successivement le frein et les testicules qui ne demandaient que cela. Il avait du mal à dire qu'il s'agissait des siens... Parce qu'au final, il n'était question que d'un prêt temporaire, n'est-ce pas ? Il l'espérait en tous cas pour pouvoir profiter autrement des attributs mystiques de Kagami dans un futur proche. Ses ongles courts égratignèrent l'urètre du roux et il lâcha un cri de plaisir qui résonna dans les douches désertes.

Bon sang, Kagami allait le TRUCIDER s'il découvrait cela...

Il ne fallait surtout pas qu'il sache... et même si Aomine avait fomenté une explication, il n'était pas certain que le tigre allait la gober...

Lui, en revanche, il adorerait gober tout ce que Kagami aurait à lui offrir, même si à vu de doigts, la gorge risquait d'être trop étroite pour servir de fourreau à ce sabre tranchant...

Irrécupérable, il était tout bonnement irrécupérable...

Et il en faisait la douloureuse expérience...

Ses jambes tremblaient et il glissa misérablement contre la paroi de la douche, les larmes aux yeux, incapable pour autant de lâcher sa proie.

Il devait se ressaisir.

Ne pas avoir de regret !

Il profitait de la situation et alors ? Il n'y avait pas de mal à cela ! N'importe qui en aurait fait autant !

Mais justement, il n'était pas n'importe qui...

Il était le grand Aomine Daiki, futur champion de NBA, temporairement prisonnier du corps de son rival !

…. Et il se sentait sale...

Cependant, malgré la culpabilité, c'était si bon qu'il ne parvenait pas s'arrêter avant d'être allé jusqu'au bout.

Wow... il n'osait même pas imaginer le contrecoup de l'orgasme s'il avait déjà ce genre de pensées... Heureusement, le brun avait l'orgasme « heureux », du moins, avant. Il n'y avait plus qu'à croiser les doigts en espérant que ce serait le cas en cet instant aussi. Enfin, ça allait être difficile là au vu de sa position, mais peut-être... qu'il allait arriver à croiser ses orteils, en faisant quelques efforts. Ouais voilààà comme ça... parfait ! Ouf, une bonne chose de faite... Il appuya son front contre sa main libre, en signe de soulagement, tandis que celle qui s'activait sur son corps d'emprunt montrait des signes évidents de faiblesse, quant à elle.

Merde, ça n'aurait jamais du se passer comme ça...

Cette première branlette, il aurait du l'offrir à Kagami dans d'autres circonstances... chacun dans son corps d'origine pour commencer ! Là, il était le seul à en profiter égoïstement et c'était sûrement ce qui le faisait le plus souffrir en fin de compte...

« Putain ! »

Tapant du poing contre le mur, il décida de ne pas se laisser aller à la dépression. Aomine allait simplement « se finir » aussi proprement que possible et ne plus repenser à cela.

Jamais.

De toute sa vie.

Il allait enfermer ce souvenir gênant (mais délicieux) à double tour dans un recoin de son esprit, jeter la clé et oublier l'existence de ce coffre.

Pas question que le grand Aomine Daiki, le génie du basketball international, se laisse vaincre par des idées négatives ! Au contraire, il devait profiter autant que possible de cette situation, ne sachant si elle se reproduirait (et surtout, s'il en avait envie...) Entamant le dernier quart temps, il décida de tout donner pour marquer le plus de points possible. Enchainant les paniers virtuels, Aomine serra la mâchoire en sentant que l'orgasme était proche, tout proche... Le pénis trempé qu'il ne lâchait pas commençait à suinter des larmes de plaisir en signe de capitulation. La fin de cette bataille épique s'annonçait et Aomine savait qu'il allait avoir des crampes au poignet à force d'avoir serré la baguette magique de Kagami Potter avec autant d'acharnement, la secouant dans tous les sens pour effectuer un tour.

« Wingardium Leviosa ! » Tenta l'as.

… Erf nan, ça, c'était pour causer une érection... Aomine avait besoin d'un autre sortilège en cet instant... et pourquoi ne pas utiliser celui de repoussement ?

« Bon bah... Flipendo aloooors ! Gnnh... Kagamiiii... naaahh... ouiiiii ! Ca vient ! » S'étrangla t-il à moitié sous le coup d'une jouissance foudroyante.

Ah nan mais je vous rassure tout de suite, jamais Aomine n'avait lu Harry Potter de sa vie ! (« Trop de pages et pas assez de nichons ! ») Mais il avait vu tous les films, forcé par Satsuki... gardant un souvenir ému de la poitrine d'Hermione qui s'était lentement développée d'épisode en épisode... Ben quoi, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a ! Parce que pour Aomine, ce délire de sorciers qui agitent leurs baguettes à tout bout de champ, en se défiant pour savoir qui a la plus grande, c'était d'un PUERILE ! Et un peu trop phallique à son goût...Ca manquait de sorcières bien gaulées CHEVAUCHANT des MANCHES à balais volants... (symbolique de l'orgasme, ça.)

Oui, voilà comment faire d'un conte pour enfants un truc bien sexuel.

Et ne me dites pas que l'auteure n'y a jamais pensé hein, parce qu'Aomine ne vous croirait pas. Il n'y a qu'à remplacer le mot « baguette » par « pénis » à chaque fois qu'il est prononcé par l'un des personnages et vous en aurez la preuve. (ce qui est très amusant, je vous le conseille vivement. Par contre, je vous déconseille de boire un coup à chaque fois que ce mot apparaît, parce que sinon, vous allez vous transformer en bonbonne à vodka très vite !) C'était d'ailleurs ce que faisait Aomine pour rendre ses visionnages plus « supportables » disons... et cela donnait lieu à quelques éclats de rires incongrus lors des scènes de tension dramatique. Autant vous dire que ce les autres spectateurs présentes dans la salle de cinéma n'appréciaient guère cet élan humoristique de la part du basané, qui était tout sauf discret...

… Et quelle magnifique transition pour vous dire qu'une fois encore, la discrétion d'Aomine lui fit défaut, contrairement à ce qu'il pensait. Parce qu'en effet... encore sous le coup de son orgasme atomique, il lui fallut plusieurs longues secondes (de trop) pour réaliser que quelque chose de poilu (et mouillé à cause de la douche qui coulait toujours...) était venu se blottir contre sa cuisse pour s'y frotter.

Et le quelque chose en question n'était autre que... Nigou ! Tetsuya #2. Aomine le caressa doucement, surpris de le trouver là.

« Bah alors mon p'tit pote ? Tetsu t'as oublié ? »

Il attrapa le chiot avant qu'il ne soit trop mouillé et il l'éloigna du jet d'eau, se redressant et gardant la boule de poils dans ses bras. Nigou le remercia en le léchant abondamment sur le visage, la bouche, sa petite langue rose était toute douce.

« Ahahaha arrête ! Ca chatouille ! » ^^

« … Je me demande ce qui va mettre Kagami-kun le plus en colère : savoir que tu t'es masturbé dans son corps ou savoir que tu as laissé Nigou lui rouler un patin. Tu sais que Nigou se lèche les testicules pour se nettoyer ? »

Le roux sursauta, manquant de lâcher le petit Shiba Inu.

Pris la main dans le s(lip)ac !

Aomine se figea et son rythme cardiaque s'accéléra. Pour autant, son regard balaya la pièce et il ne tarda pas à localiser Kuroko. Le fantôme était perché sur... il ne savait pas quoi, mais en tous cas, toujours était-il que l'argenté était parvenu à grimper sur quelque chose lui permettant de voir par dessus le muret de séparation. Il se trouvait de l'autre côté, dans la douche qui était collée à celle qu'Aomine avait utilisée et il le fixait.

« Ahhhhhhhh ! PUTAIN TETSU QU'EST-TU FOUS LAAA ? Tu t'prends pour Spiderman ou quoi ? » Hurla de peur le roux, en positionnant Nigou devant ses parties génitales pour les planquer.

« Tetsu ? » Répéta Kuroko, avec son air monolithique habituel.

« Heu... Kuroko ! Je voulais dire Kuroko ! »

« Bien-sûr, je te crois Aomine-kun. »

« Ahahaha, mais qu'est-ce que tu racontes ? C'est moi, Kagami ! Tu m'reconnais plus ? J'arrive pas à croire que tu le confondes avec ce parfait Apollon à la peau chocolatée ! Regarde mes sourcils, enfin ! »

« Je sais que c'est toi Aomine-kun, ton narcissisme te perdra. J'ignore comment c'est possible, mais toi et Kagami-kun vous avez échangé de corps. »

« N'importe quoi ! C'est d'la science fiction ton truc ! »

« Oh vraiment ? Dans ce cas, tu ne verras aucune objection à ce que j'aille trouver Aomine-kun pour lui montrer ce que je viens de filmer, n'est-ce pas ? J'ai particulièrement aimé le final, quand tu as crié 'Kagami'. Non attends, c'était plus comme ça : Kaaaaagaaaaamiiiiiiiiiiiii ! » L'imita t-il sans hésiter.

Le tout, en exhibant son téléphone portable sur lequel il avait enregistré toute la petite scène masturbatoire.

« OK OK OK OK T'AS GAGNE C'EST BIEN MOI AOMINE NE LUI DIS RIEN PITIE ! » Enchaîna le rouge, sans la moindre ponctuation.

Il s'agenouilla même au sol en mettant ses mains jointes au dessus de sa tête, en signe de rédition. Nigou en profita pour retourner auprès de son maître en gambadant, tandis que Kuroko descendait de son trépied pour venir les rejoindre.

« Putain... j'arrive pas à croire que t'aies vu tout ça, mais que moi, je n't'ai pas vu ! »

« Ne sois pas trop dur avec toi, Aomine-kun. Pour ta défense, tu semblais vraiment absorbé par ta tâche. D'ailleurs, je crois bien que c'est la première fois que je te vois faire preuve d'autant de concentration. C'est admirable, en un sens. »

« ... »

« ... »

« … Raaaaah Tetsu ! Tu fais chier, pourquoi tu m'as filmé !? T'avais vraiment besoin de faire ça ? T'as jamais vu un autre mec se palucher ou quoi ? »

Oui, vous remarquerez le manque chronique de pudeur animant Aomine, qu n'était visiblement pas gêné, de s'être fait surprendre en train de se pignoler. Enfin, il semblait tout de même légèrement plus atteint quand il était coincé dans le corps de son rival, puisque cela constituait une situation assez compromettante et inédite. Mais sinon ? PAS DE PROBLEME ! Open Bar sur les boulettes de viande et le pene !

« Si, je t'ai déjà vu te masturber plein de fois au collège, sans que tu ne t'aperçoives de rien. Mais si je t'ai filmé cette fois, c'est parce que je vais en avoir besoin pour te faire du chantage après. »

« … Espèce de sale petite teigne... et ça fait combien de temps que tu l'sais ? »

« Que tu fantasmes sur Kagami-kun ? »

« RAAAAH MAIS NOOOOON ! Qu'on a échangé de corps ! »

« Oh. Oui, cela fait un petit moment. Mais moins longtemps quand même que le fait que tu fantasmes sur Kagami-kun. »

« MAIS JE NE FANTASME PAS SUR CE PUTAIN DE TIGRE A LA NOIX DE COCO ! NAN MAIS T'AS VU SES SOURCILS, SERIEUX !? Y A DE QUOI FAIRE FAIRE UNE CRISE CARDIAQUE A UNE ESTHETICIENNE LA ! »

« Tu fais vraiment une fixette sur les sourcils de Kagami-kun. »

« Qui n'en ferait pas !? C'est un véritable désastre, j'suis à deux doigts de les raser j'te jure ! »

« Moi je crois que tu étais surtout à deux doigts de glisser dans la ZONE... »

« PFFFF N'IMPORTE QUOI ! J'sais m'contrôler ! Et puis, tu racontes que des conneries, comme d'hab' pour me pousser à bout ! Mais ça ne fonctionnera pas cette fois ! »

« Tu oublies que j'ai TOUT vu... Et le sexe de Kagami-kun avait l'air de te plaire. »

« Nan mais c'est normal ! Un truc pareil, ça s'entretient ! Et je voulais savoir ce que ça faisait au moins une fois dans ma vie de tenir un tel engin dans mes mains ! Une queue pareille, c'est fait pour être branlé ! »

« Ah. Tes raisons ne sont donc absolument pas gay dis-moi... Mais imagine un instant que Kagami-kun ait pensé la même chose de tes fesses... »

« Je ne comprends pas. »

« Et bien, toi tu as trouvé son pénis irrésistible. Il n'est donc pas impossible que Kagami-kun en pense autant de tes fesses. Si cela se trouve, il est dans les vestiaires de ton école, en train de jouer avec, exactement de la même façon que toi avec son gros tuyau... Après tout, un cul comme le tien, c'est fait pour être baisé. » Enonça t-il stoïquement.

« QUOI !? MAIS CA VA PAS NON !? IL VA ME L'ELARGIR S'IL FAIT CA, CE VIEUX DEGUEULASSE ! » Cria le rouge, outré.

« … Aomine-kun, tu sais que même si tu mets tes mains devant, j'arrive quand même à voir le kiki de Kagami-kun ? »

Aomine piqua un fard en réalisant que Kuroko avait raison. Ses DEUX mains, malgré leur taille plus que respectable, ne parvenaient pas à couvrir entièrement l'entrejambe du rouge. Intimidé, Aomine décida de donc de tourner le dos à son ancien coéquipier, préférant lui présenter le verso de son rival que son recto.

Ou était-ce l'inverse ? Je ne sais jamais lequel de ces deux termes désigne l'avant et l'autre l'arrière.

Quoiqu'il en soit, Aomine percuta assez vite pour une fois et il ne perdit pas de temps à se regagner vers les vestiaires pour se rhabiller. Ce serait mieux que de montrer ainsi sa croupe à Kuroko. (qui n'avait sans doute pas besoin de cela, le dos du tigre étant NETTEMENT moins intéressant que son entrejambe...)

N'empêche, quel enfoiré ce Kagami : bien membré ET endurant ! Il avait vraiment tout pour plaire, pas étonnant que tous les mecs qui croisaient son chemin se transforment en petites biatches bien dociles et gourmandes...

« Tu sais Aomine-kun... » Reprit Kuroko, qui l'avait suivi l'air de rien. « … Je pourrai t'aider, si tu le souhaitais. Moyennant finances, évidemment. »

« M'aider ? Ouais, bah commence par effacer cette vidéo que tu viens de prendre ! »

« Une vidéo ? Quelle vidéo ? »

« Fais pas l'innocent, tu sais très bien de quoi je parle ! »

« Je n'ai rien filmé. J'ai menti pour te faire avouer. 'Prêcher le faux pour savoir vrai', tu connais ? »

« T'as pas fait ça quand même !? »

« Apparemment non, ça ne m'étonne pas de toi Aomine-kun. Tu es toujours aussi bête, même dans le corps de Kagami-kun. Oh quoique... niveau mensurations de vos cerveaux respectifs, ça doit se valoir en fait. »

« Grrr... c'est pas drôle Tetsu ! Arrête de prendre tout ça à la légère ! Et je... j'ai pas besoin d'aide ! Parce que je ne vois pas d'quoi tu parles, d'abord ! »

« Je parle de tes sentiments pour Kagami-kun. »

« Tsss... c'est pas c'que tu crois... »

« Et moi je crois que si. »

« Nan, nan, tu fais erreur ! De toute façon, j'ai rendez-vous avec ce maudit Hyuga à cause de Kagami, alors j'ai pas l'temps de discuter là ! Et j'suis déjà la bourre ! » Expliqua vainement l'ancien basané, pour changer de sujet.

« D'accord. Je pensais que tu aurais annulé ce rendez-vous, mais j'imagine que... tu as passé une sorte d'accord avec Kagami-kun à ce sujet ? »

« Ouais... j'ai promis de ne pas foutre en l'air son couple avec le gitan et lui, en échange, il va m'aider à foutre en l'air celui de nos parents, ça te va ? »

« Hmmm... »

« Qu'est-ce qu'il y a encore ? » Demanda Aomine, en se séchant les cheveux.

« Je suppose que cela veut dire que Kagami-kun est seul chez toi dans ce cas ? »

« Oui et donc ? Accouche, j'ai pas toute la soirée, moi, contrairement à certains ! Si j'arrive en retard, Kagami va me tuer ! Et vu ce que tu as insinué un peu plus tôt, son courroux prendra certainement la forme d'une sodomie à sec avec du verre pilé ! »

« A mon humble avis, c'est plutôt de cela dont tu devrais t'inquiéter et non d'arriver à l'heure pour ta soirée pyjama avec Hyuga-kun... Parce que si Kagami-kun est seul chez toi, cela signifie qu'il va sans doute se lancer dans un grand ménage de printemps dans ta chambre. »

« Hein ? Quoi ? Mais pourquoi est-ce qu'il ferait ça !? Ca n'a pas d'sens ! »

« Peut-être parce que contrairement à toi, la perspective de coucher dans une porcherie ne l'enchante guère ? Kagami-kun est un maniaque de l'hygiène et du rangement. Pas autant que Midorima-kun qui a toujours une solution hydro-alcoolique qu'il range avec sa lime à ongles dans son sac, mais on s'en rapproche. »

« Naaaaaaan ? Du coup, tu penses que... ? MAIS C'EST LA MERDE NOIRE, S'IL MET LA MAIN SUR LA BOITE QUE J'AI CACHEE DANS MON PLACARD ! »

« Oh. Tu parles sûrement de celle qui contient les photos compromettantes que je t'ai fournies. »

« Bingo, celle-la même ! Bordel... j'dois même avoir la culotte que Kuroda-chan m'avait donnée à Teiko ! »

« Elle ne te l'a jamais donnée... tu la lui as volée pendant qu'elle prenait sa douche, après son match de volleyball. »

« Hey ! J'y peux rien si toutes les meufs qui jouent au volley sont les plus BONNES ! Tu t'rends compte, Kuroda-chan faisait du 95 B déjà au collège !Et en plus, tu dis ça, mais d'après moi, elle a fait EXPRES de la laisser traîner pour que je puisse la prendre ! »

« N'empêche que si Kagami-kun met la main dessus... »

« IL POURRAIT LA LAVER TU CROIS !? HAAAN NAAAN ! FAUT PAS ! Y A ENCORE SON ODEUR DESSUS, ELLE VENAIT DE LA PORTER ! »

« Je suis désolé Aomine-kun, mais si Kagami-kun trouve quelque chose de sale, il le lavera, c'est comme cela que fonctionnent les maniaques de la propreté. »

« Ce serait terrible ! »

« Encore plus que terrible que s'il trouvait les photos de lui que tu y planques également... ? Photos que je t'ai fournies, au passage. »

« C-comment tu sais que je les ai rangées là !? »

« Parce que je te connais par cœur Aomine-kun. »

« Ben voyons... on croirait entendre ma mère... quoique non, elle, elle aurait plutôt formulé ça comme ça : 'parce que je te connais comme si je t'avais fait !' »

« Pauvre femme. Il n'empêche que tu restes un peu trop prévisible. Il n'y a vraiment que Kagami-kun pour ne pas réaliser que tu es en chien devant lui. » Répondit le fantôme, en employant volontairement une expression des plus crues et imagées pour bien faire passer le message.

« Qu-quoi ? Qu'est-ce que tu insinues là ? D'autres personnes auraient compris que... ? »

« Il est difficile de ne pas remarquer ton petit manège. Tu devrais vraiment te montrer plus discret. »

« Ok, t'as gagné. J'appelle tout de suite Ryo ! »

« Hmm ? »

« Ben ouais ! J'aurai jamais le temps d'aller chez moi et de retourner chez Hyuga ensuite, vu que je suis déjà à la bourre ! C'est donc là que Ryo intervient : je vais l'envoyer chercher cette boîte à ma place ! »

« C'est une idée étonnamment brillante pour un aussi petit cerveau que le tien. Mais elle comporte néanmoins une faille. Et de taille. Si tu l'appelles, non seulement il risque de ne pas décrocher en voyant s'afficher le numéro du portable de Kagami-kun, parce que nous sommes bien d'accord que vous avez échangé également vos téléphone, mais en plus, il risque de ne pas reconnaître ta voix. »

« Merde, t'as raison... Bon, bon... je vais juste lui envoyer un SMS dans ce cas... »

« Mieux. Mais il faut aussi que tu préviennes Kagami-kun de la visite de Sakurai-kun. »

« Hein ? »

« Oui, sinon, il ne lui ouvrira pas et il risque de ne pas accepter de le laisser pénétrer dans ta chambre. »

« Ok, ok, j'fais ça. Mais je m'occupe de Ryo d'abord... »

« En espérant qu'il soit disponible. »

« Bien-sûr qu'il le s'ra ! Il a pas d'vie c'gars là ! C'est pour ça qu'il est si heureux de faire mes corvées, on peut même dire que j'lui rends service en lui demandant de me rendre service ! Il s'ennuierait si j'étais pas là, d'ailleurs, j'suis sûr qu'il va pas tarder à se rendre compte qu'un truc cloche avec mon moi habituel ! »

« Oui, c'est sûr, il risque de se sentir tout à coup beaucoup plus libre et moins fatigué... »

N'écoutant déjà plus cette mauvaise langue de Kuroko qui décidément, ne comprenait rien à l'amitié (à sens unique...), Aomine se dépêcha de pianoter sur le téléphone de Kagami qui heureusement, n'était pas verrouillé. Bon, ce serait peut-être pas plus mal qu'ils essayent de se voir rapidement pour récupérer leurs appareils respectifs aussi, mais pour l'instant, l'urgence était ailleurs !

Ce fut donc un Sakurai en train de réviser que le brun/roux dérangea.

De : ?

Reçu à : 18h48

Hey Ryo, salut ! C'est Daiki, j'aurai comme qui dirait une faveur à te demander de manière assez urgentissime... P.S. : Ouais, désolé, c'est pas mon numéro habituel, enfin je t'expliquerai, il m'est arrivé une couille avec mon téléphone, mais t'en fais pas c'est bien moi !

Le champignon cligna des yeux, étonné. Bon, il n'était pas rare qu'Aomine le dérange de la sorte, parfois, au beau milieu de la nuit même, mais... bon, il se demandait ce que le brun allait bien pouvoir lui demander encore, se préparant mentalement au pire.

De : ?

Reçu à : 18h49

Bonsoir Aomine-san. Comment puis-je t'aider ? Je ferai ce que je peux...

Il était réticent, génial...

Mais à la décharge du shooter, il fallait dire que la dernière fois, Aomine lui avait demandé de lui ramener un magazine cochon (cf. le Chapitre 4...) que le basané ne lui avait toujours pas remboursé depuis...

Donc, en général, ça se finissait mal... et Sakurai devait garder cela bien à l'esprit avant d'accepter.

De : Aomine-san (bis)

Reçu à : 18h50

J'ai besoin que tu ailles chez moi récupérer une boîte qui se trouve dans ma chambre... car vois-tu... et bien, ma mère prévoit de passer l'aspirateur dedans ce week-end et disons que je ne tiens pas spécialement à ce qu'elle tombe dessus par mégarde.

Quoi, c'était tout ? Honnêtement, cette demande incitait à la méfiance, tant elle semblait aisée à satisfaire.

De : Ryo

Reçu à : 18h52

Heu d'accord mais... qu'il y a t-il dans cette boîte et surtout, que dois-je en faire ensuite ?

Mince. Aomine n'avait pas du tout réfléchi à cela, lorsqu'il avait été contraint de bricoler une solution à la va vite !

De : Aomine-san (bis)

Reçu à : 18h53

Il y a ma collection de pornos. ET TU AS INTERDICTION FORMELLE DE L'OUVRIR ! Si jamais elle venait à se renverser PAR ACCIDENT, je veux que tu en ramasses le contenu en fermant les yeux ! En aucun cas tu n'as le droit de regarder, me suis-je bien fait comprendre ? Quant à savoir ce que tu dois faire de la boîte ensuite hmm... apporte-la chez Kagami et donne-la lui.

Aomine n'était vraiment pas sûr de lui sur ce coup-là. Mais il était évident qu'il ne pouvait pas laisser une telle bombe à retardement entre les mains de Sakurai. L'objet incriminé serait donc mieux sous sa garde personnelle.

De : Aomine-san (bis)

Reçu à : 18h54

Une dernière chose Ryo... Il est possible qu'en t'ouvrant je puisse avoir l'air surpris et que je dise ne pas savoir où est cachée cette boîte, mais c'est normal, ma mère sera probablement déjà rentrée quand tu arriveras et je ne voudrai pas la choquer. Donc quand tu viendras, je prétexterai qu'il s'agit d'un projet de science et toi tu feras comme si c'était le cas. La boîte se trouve dans mon placard, sur l'étagère la plus en hauteur et heu... elle ressemble à une boîte à chaussures normale, mais y a un cadenas dessus aussi et elle est rouge, d'accord ?

La réponse du petit champignon ne se fit pas attendre et Aomine fut heureux de constater qu'il pouvait toujours compter sur son ami.

De : Ryo

Reçu à : 18h54

Très bien. Pourras-tu m'envoyer l'adresse de Kagami-san par SMS ? Je fais au plus vite.

De : Aomine-san (bis)

Reçu à : 18h54

Merci mec je te le revaudrai ! A tout' :p

Satisfait, Aomine posa la téléphone et il commença à s'habiller devant son meilleur ami, à la cool, la pudeur n'étant décidément pas de mise chez lui. Mais le regard peu approbateur de Kuroko, agrémenté d'un mouvement de tête négatif suffirent à détruire l'engouement du félin. Aurait-il commis une erreur ?

« Quoi encore ? »

« Tu viens de demander à Sakurai-kun de t'apporter la boîte de Pandore, mais tu ne seras même pas là pour ta réceptionner. »

« Que veux-tu dire ? »

« Et bien, n'es-tu pas sensé déjà être chez Hyuga-kun ? Si jamais tu repasses par chez Kagami-kun avant, tu seras HORRIBLEMENT en retard, ce qui est EXTREMEMENT impoli et risquerait de compromettre leur couple. Et le véritable Kagami-kun ne te le pardonnera jamais. »

« Et merrrrde... j'avais pas pensé à ça ! Qu'est-ce que je devrai faire à ton avis !? »

« Tu ne peux surtout pas te permettre d'arriver encore plus en retard que tu ne l'es déjà. Alors... hmm... je suppose que tu pourrais prévenir le père de Kagami-kun, il y a sûrement son numéro en mémoire dans son téléphone et lui demander de réceptionner ce colis suspect à ta place. »

« NAN MAIS CA PAS VA !? Imagine qu'il l'ouvre par curiosité et qu'il voit ce qui s'y trouve ? J'peux pas prendre un tel risque ! »

« Dans un premier temps, tu peux commencer par lui préciser que c'est un projet de science très fragile et qu'il ne doit surtout pas regarder dans la boîte, sous peine de tout faire échouer. Il n'y a aucune raison pour qu'il ne te croit pas. »

« Hmm... ok... alalalala... quelle embrouille encore cette histoire ! C'est d'un compliqué, j'te jure ! » Se plaignit Aomine, en se prenant la tête entre les mains.

« C'est de ta faute. Tu n'avais qu'à pas être un pervers. » Déclama Kuroko en toute neutralité.

« Ouch... ça fait mal ça ! Mais en même temps, c'est la vérité... T'as raison, je l'ai cherché... C'était une connerie de conserver des preuves physiques de mon addiction. Et de les planquer dans ma chambre, c'était évident que quelqu'un finirait par tomber dessus, à un moment ou à un autre... J'ai été trop naïf et j'ai pris des risques inconsidérés du coup. »

« Si tu espères obtenir un peu de compassion de ma part, c'est raté. Tu n'as que ce que tu mérites, Aomine-kun. »

« Arghh... sympa de la part de mon dealer officiel... Dire que je comptais sur ton soutien... »

« Je pense t'avoir assez aidé comme cela. Mais je regrette, tout cela va bien trop loin. Ne me mêle plus à tes lubies dégradantes dorénavant. »

« Ok, message reçu... » Soupira t-il.

Ouais, il l'avait bien cherché, ce retour de flammes n'était donc que justice. Et en parlant de « message », une fois habillé, il s'empressa d'en envoyer un à Kagami – en espérant qu'il consulterait son portable, duquel il avait effacé toute preuve compromettante, heureusement – et un au père du roux pour les prévenir de l'arrivée de Sakurai.

Maintenant, il n'y avait plus qu'à croiser les doigts (et les orteils !) en espérant que le plan suivrait son cours et se déroulerait sans accroc. Lorsqu'enfin les deux lycéens sortirent du gymnase, la nuit était presque en train de tomber et on apercevait la lune flottant déjà dans le ciel sans nuage.

Kuroko leva la tête pour l'observer et d'une voix claire, il se lança dans l'imitation de Légolas, l'archer elfe légendaire :

« Une lune blanche se lève, beaucoup de semence va couler cette nuit. »

Plissant les yeux, Aomine lança un regard mauvais à son ancienne ombre.

« Toi, t'as trop regardé le Seigneur des rapports annaux... »

« Pas autant que toi de toute évidence, mais je me souviens que c'était ton film favori à l'époque. »

« Ouais, bah n'va surtout pas croire que cette prédiction va se réaliser hein ! J'compte pas me taper l'autre clodo ! Qui sait quelles maladies je pourrai choper ? Et puis, ça non plus, Kagami ne me le pardonnerait pas ! »

« C'est toi qui vois Aomine-kun. Bonne chance en tous cas. »

« C'est ça ouais... »

Il allait définitivement en avoir besoin. En toute franchise, le scoreur avait du mal à croire le nombre de catastrophes dans lesquelles il se retrouvait impliqué dernièrement. Dur de garder le moral avec tout ça ! Manquerait plus qu'une pluie de météorites et on se serait bon niveau malchance ! Malheureusement pour lui, ce soir, rien ni personne ne semblait en mesure de voler à son secours, pour l'empêcher de passer la nuit chez Hyuga...

Ce fut donc en traînant des pieds que le br- rouuuxxx... s'y rendit, se séparant de Kuroko sur le chemin.

Le stress montait.

Si son plan de sauvetage échouait ou que la soirée se passait mal avec Hyuga, Kagami allait lui en vouloir toute sa vie...

Et ça, Aomine voulait absolument l'éviter.

A n'importe quel prix.

Quitte à devoir faire des sacrifices...


Mais retournons faire une petite halte du côté d'Aomine pour voir comment les choses évoluent...

Rappelez-vous, nous avions laissés Aomine – enfin, Kagami... - en fuite avec Wakamatsu...

Wakamatsu n'avait pas lâché le poignet de son kohai pendant toute la durée de leur fuite désespérée. Persuadés d'avoir semé Ken, les deux joueurs de basket s'étaient directement rendus chez le basané. Il y avait de la lumière à la fenêtre de l'appartement, signifiant que la mère du brun était rentrée du travail.

Et ladite fenêtre était ouverte.

Un délicat fum... nan, nan, rien de toute cela, en l'occurrence, il s'agissait plutôt d'un épais nuage de fumée noire sentant le brûlé à des kilomètres à la ronde, s'échappait par la lucarne.

L'inquiétude gagna Kagami et son blond accompagnateur, qui se précipitèrent dans la cage d'escaliers, grimpant les marches cinq à cinq (ouais, ils ont de grandes jambes, je vous le rappelle...) pour arriver plus vite chez le basané. De là, Kagami ouvrit sans attendre la porte et il pénétra à l'intérieur, affolé.

« Mada... heu maman !? » Se rattrapa t-il in extremis.

« Par ici mon poussin ! » Fit la jeune femme.

Le son provenait dans la cuisine et Kagami s'y précipita sans réfléchir, suivi de Wakamatsu.

La bleutée les accueillit, sourire aux lèvres et suie sur le visage... On aurait dit qu'elle venait de se faire des peintures de guerre ou un camouflage, ce dernier aspect étant renforcé par le fait qu'elle portait toujours son uniforme policier.

« Bonsoir ! Alors, tu as passé une bonne journée à l'école mon petit colibri des îles ? Oh mais je vois que tu as invité un ami ! Tu aurais pu me prévenir, je me serai changée hihihi et j'aurai préparé davantage de nourriture pour le dîner ! » Rit Natsuki.

Inévitablement, Wakamatsu loucha sur son holster. (et non pas sur la poitrine de la matriarche, ce qui aurait pu s'avérer d'autant plus dangereux qu'elle était armée...)

« Non ce n'est pas... Wakamatsu-senpai ne fait que passer... Il m'a simplement raccompagné. Est-ce que ça va ? Tu ne t'es pas brûlée, au moins ? » S'inquiéta Kagami, en lui arrachant gentiment la poêle à moitié cramée des mains pour plus de sécurité.

« Ah oui Wakamatsu, c'est ça ! Je me disais aussi que ton visage m'était familier ! Désolée, je n'ai jamais été très douée pour retenir le nom des coéquipiers de mon fils... Tu joues bien au basket avec lui, n'est-ce pas ? »

« Bonsoir Madame ! Pardonnez-moi du dérangement, je ne fais que passer, ne vous embêtez pas pour moi ! » Fit le blond en se tendant comme un piquet (ou un string).

Il semblait sur le point de se lancer dans un salut militaire, ce qui amusa la mère du brun.

« Oh allons, détends-toi mon chou ! Tu restes manger avec nous, c'est décidé, ça nous fera un peu de compagnie ! »

« Mais... »

« Pas de mais ! Ca me fait du bien de voir des jeunes bien élevés pour changer un peu des délinquants de votre âge que je ramasse dans les rues quotidiennement. Allez, allez, asseyez-vous, vous allez me raconter votre journée ! » Insista t-elle en sortant une chaise supplémentaire.

Pas tellement chaud au départ pour accueillir Wakamatsu au sein du foyer familial, Kagami soupira néanmoins. C'était la moindre des choses pour le remercier, après tout.

« Ma... mère a raison. Tu peux rester, je vais nous cuisiner de l'omurice, ça vous convient ? »

« Ah merci mon fils ! Tu es bien aimable, car j'ai eu comme qui dirait un petit souci de cuisson... Décidément, je ne m'y ferai jamais à ces fichues plaques à induction ! »

Et puis, ce serait peut-être l'occasion d'en apprendre un peu plus sur Aomine et son comportement en général. C'est que le roux ne voudrait surtout pas risquer de faire une fausse note, sans savoir qu'il avait déjà écorché la partition à de maintes reprises... Kagami passa donc la casserole cabossée sous l'eau du robinet et une fois que le métal eut refroidit, il se débarrassa de son contenu impossible à identifier dans la poubelle... C'est alors qu'il entendit une toute petite voix émettre des toussotements, non loin de là... Cherchant sa provenance, Kagami trouva le petit Mogwai perché sur une étagère, tenant même une spatule dans sa minuscule mimine. Il l'attrapa donc délicatement dans ses bras, le sourire aux lèvres.

« Bah alors, tu jouais les apprentis chefs cuisiniers avec ma maman ? »

« En vérité, je comptais me servir de lui comme cobaye pour compter mon plat en premier ! » Précisa Natsuki.

Réalisant soudainement qu'il venait sans doute de le soustraire à une mort atroce par empoisonnement, le roux lui grattouilla la tête gentiment et le Mogwai, d'habitude un peu véhément avec Aomine, sembla sentir (comme tous les animaux...) qu'il s'agissait de Kagami, puisqu'il se montra tout doux et adorable (sans le gratifier du coup de spatule qu'il préparait pourtant au cas où il eut été question du véritable Aomine). Se saisissant d'un tablier, Kagami l'attacha autour de sa taille et il posa la petite bestiole sur son épaule.

« Bon, tu vas m'aider, d'accord mon petit assistant ? J'espère que tu aimes l'omelette et le riz... »

Hmm... c'est vrai qu'Aomine ne lui avait pas dit ce que son compagnon poilu préférait culinairement parlant. Ni sa mère d'ailleurs. Mais... il osait croire que simplement avoir quelque chose de COMESTIBLE pour une fois dans leur assiette serait suffisant à leurs yeux. Reprenant la situation bien en mains après avoir annihilé un début d'incendie, Kagami se posta derrière les fourneaux pour concocter un plat simple, mais délicieux pour ses deux... heu... comparses ? Oh et voici que le troisième larron dansait justement sur son épaule, c'était trop mimi et agréable, ses petits pieds tapotaient les muscles tendus de son échine, ce qui lui prodiguait un massage fort bienvenu après une séance de sport intensive.

Tandis que le repas commençait à cuire tranquillement, la sonnette retentit brusquement, interrompant la conversation de Madame Aomine et Wakamatsu.

« Tiens, tu attends encore quelqu'un mon chaton ? » S'étonna t-elle.

Kagami secoua la tête pour dire que non. Qui cela pouvait-il bien être ? Mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre (juste d'échanger un regard circonspect avec Wakamatsu...), sa mère se leva pour aller ouvrir. Le tigre tendit l'oreille pour déceler de qui il s'agissait. Sûrement de Momoi vu qu'elle habitait également dans l'immeuble ou un voisin qui venait emprunter du sel... mais bien vite, il se figea en reconnaissant la voix.

« Bonsoir, est-ce que Daiki-kun est déjà rentré ? »

« Heu oui, un instant, je vais l'appeler ! Daiiiiiiiiiiiiiiiii, ma petite crotte en sucre, un autre de tes amis est là ! »

Décidément, il en avait beaucoup des amis son fils ! Et dire qu'elle s'inquiétait pour lui, le pensant injustement solitaire... Et que des beaux garçons en plus, quel chanceux. (oui, Maman!Mine était un peu cougar sur les bords...)

Kagami délaissa sa poêle crépitante et il se rendit dans l'entrée, constatant avec HORREUR que Ken l'avait suivi et qu'il était en pleine discussion avec sa mère... Mère qui avait vraiment une collection de surnoms improbables (et douteux) pour son fils...

« Ken ! Qu'est-ce que tu fiches ici !? »

« Dai ! » Grand sourire.

« Bon... je crois que je vais devoir sortir des couverts supplémentaires... »

« NON ! Heu je veux dire... ce... ce ne sera pas nécessaire, Ken ne faisait que passer, n'est-ce pas Ken ? »

Comprenant que Kagami ne serait pas facile à attendrir, le goal brun se tourna vers la belle Natsuki pour tenter d'obtenir gain de cause.

« Oh vous êtes sa mère ? Incroyaaaaable, vous faites si jeune ! J'ai cru que vous étiez sa grande sœur ! »

« Petit flatteur ! Mais je ne fais pas QUE jeune, je SUIS littéralement jeune ! Figure-toi que j'ai eu mon petit canari vanillé à l'âge de seize ans et oui ! On ne le devinerait jamais, je sais ! » Expliqua t-elle en pinçant fortement la joue de Kagami.

Et diantre, elle avait de la force la bougresse !

« Tu restes manger avec nous Ken ? Hmm... tu permets que je t'appelle Ken, pas vrai ? Dis... tu ne joues pas au basket avec mon fils toi, hein ? »

« Non m'dame, moi je suis karatéka et accessoirement footballeur à mes heures perdues. »

« Oh fantastique ! Viens donc me raconter tout cela ! Allez, je suis sûre que ça va être passionnant et plus on est de fous, plus on rit ! » S'amusa t-elle en le chopant par la manche pour l'entraîner dans la cuisine, sans vraiment lui donner le choix.

Kagami roula des yeux, mais il n'eut pas le courage de... décourager Natsuki, qui semblait tellement RAVIE à l'idée d'accueillir tout ce petit monde en sa demeure. Le tigre comprit qu'elle ne devait pas avoir beaucoup d'amis, ni beaucoup de visites au quotidien et que se retrouver parmi une bande de jeunes lui ferait le plus grand bien. Sans compter que vu le caractère horrible d'Aomine, ce dernier ne devait pas ramener souvent des amis chez lui... si tant est qu'il en possède en dehors des autres Skittles... En tous cas, c'était plaisant de la voir si énergique ! Ses grands yeux bleus semblables à ceux du brun pétillaient de bonheur. Résigné, il soupira donc et rejoignit le reste des convives en cuisine.

Wakamatsu faisait la gueule à présent, enfoncé dans son fauteuil et tandis que Ken blablatait avec un Maman!Mine décidément bien curieuse, le footeux en profitait pour se montrer particulièrement tactile avec le blond, n'hésitant pas à lui caresser le bras pendant la conversation. Il y avait d'ailleurs fort à parier que si la mère de famille ne s'était pas trouvée en leur présence, Wakamatsu ne se serait pas gêné pour repousser avec plus de virulence des avances à peine masquées du forceur brun, mais mieux valait éviter tout pugilat dans la demeure des Aomine.

Après tout, Natsuki était armée...

Kagami n'écoutait que d'une oreille ce qui se tramait derrière lui, étant donné qu'il était plus concentré à préparer les six douzaines d'oeufs qu'il avait sortis du réfrigérateur. (oui, rien que ça...) Puis, lorsqu'il eut terminé son plat, il le servit sous la bénédiction du Mogwai, fin observateur et il prit place à table.

L'odeur alléchante qui se dégageait de l'assiette était juste une merveille pour tous les invités, faisant saliver leurs papilles d'anticipation. Kagami servit chacun d'eux.

« Bon appétit. »

« A table ! » S'exclama la seule membre du sexe féminin, lançant les hostilités.

Ken plongea ses baguettes dans son bol, s'éventant avec l'autre main tant c'était délicieux.

Wakamatsu quant à lui, se dérida, ce qui n'étais plus arrivé depuis 2004.

« Oh bordel... » Lâcha même le goal par inadvertance, avant de s'excuser platement.

« C'est divin, bravo Aomine... heu Daiki... je... j'ignorai que tu cuisinais aussi bien... » Complimenta à son tour le blond.

« C'est trop fois rien, vous savez... Un plat tout simple... vraiment pas de quoi grimper aux rideaux... » Rougit le principal concerné.

« Et modeste avec ça ! Alalala, je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous avez fait de mon fils, mais surtout ne vous sentez pas obligé de me le rendre ! » Plaisanta la femme, sans savoir à quel point elle effleurait la vérité par ses paroles...

La discussion reprit naturellement. Mais de façon moins animée, étant donné que les bouches étaient plus occupée à manger et à savourer, qu'à vouloir parler. La main de Ken – qui avait stratégiquement choisi sa place entre Wakamatsu à sa gauche et Aomine à sa droite – vint flirter avec la cuisse du capitaine de l'équipe de basket, qui le gratifia d'un magnifique planté de (bâton...) baguettes dans la chair. Légèrement échaudé, il tenta sa chance sous la table avec Kagami, mais sans obtenir plus de succès, étant donné que ce fut le Mogwai, assis sur les genoux de son maître, qui se chargea de lui rappeler la politesse, en le mordant sans ménagement. Serrant les dents pour éviter de lâcher un cri de douleur, Ken se resservit plutôt de l'omelette au riz, histoire de faire bonne figure...

Natsuki, quant à elle, déposa les armes la première, les larmes aux yeux, repue et comblée.

« Je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon de toute ma vie ! »

« V-Vraiment ? » Kagami était surpris d'entendre cela. Tout de même, cette pauvre femme allait bien de temps en temps au restaurant ? Oui, vu son manque total de talents culinaires, c'était la seule explication quant au fait qu'elle soit toujours en vie...

« Mais trop ! Regarde, j'en tremble encore et je suis trempée de partout hmmm... oh putain.. je crois que je viens d'avoir un orgasme... Non, non, j'en suis sûre même ! » Rectifia Natsuki. « Mon fils vient de me faire jouir ahahah ! Ca faisait tellement loooongtemps que je n'avais pas ressenti une telle sensation de plénitude grâce à un homme ! » Clama t-elle à qui voulait bien l'entendre (c'est-à-dire personne, présentement.) Et pan ! Dans les dents de ses anciens partenaires masculins...

Apparemment, l'absence de pudeur était également un trait de famille héréditaire...

Les trois (victimes) garçons secouèrent la tête, parfaitement synchrone, pour essayer de chasser cette dernière information des plus gênantes de leurs fragiles esprits influençables. (Wakamatsu lui lança même un regard désolé...) A cela près que Kagami se posa personnellement quelques questions supplémentaires, notamment concernant les prouesses sexuelles de son père, ce qui était extrêmement malaisant... Mais après tout, Natsuki ne venait-elle pas de l'accuser un peu, même si c'était de manière détournée ?

Enfin brefffffff, ça ne le regardait pas ! Quoique... peut-être un tout petit peu... étant donné le service qu'Aomine lui avait demandé, consistant à séparer leurs parents. Mais avec ce que Kagami venait d'entendre, il lui sembla naïvement que c'était en bonne voie ! (même si ça lui faisait un peu de peine d'apprendre de cette façon que son père était un mauvais coup...)

En tous cas, Natsuki Aomine était un sacré numéro...

Pas étonnant finalement que son fils n'ose pas tellement ramener d'amis chez lui...

Il devait avoir honte du tempérament excessif de sa génitrice, qui ne manquait pas une occasion (volontairement ou non...) de lui faire honte. Malgré ses débordements, la jeune femme semblait pourtant d'une nature assez joviale et amicale, ce qui peina donc d'autant plus Kagami. Elle avait l'air si seule qu'il ne put s'empêcher de ressentir de la pitié pour elle...

« Bah alors vous en tirez une tête les garçons ! Vous avez encore faim ? Vous voulez que je vous prépare un petit dessert vite fait ? »

« Heu... maman... on a cours demain et... »

« Et quoi ? Oh attendez ! Je crois qu'il me reste un peu de glace au congélateur ! Vous aimez le parfum thé vert ? » Poursuivit-elle, sans réellement se soucier de ce que Kagami essayait de lui dire.

« Daiki a raison, nous avons assez abusé de votre hospitalité, vous savez... » Tenta Ken, bien plus timide que lorsqu'il s'agissait de tripoter ses deux comparses.

« Il se fait tard en plus et nos parents vont commencer à s'inquiéter... » Ajouta diplomatiquement Wakamatsu. (un authentique exploit pour lui.)

« Quel dommage, on a si rarement de la visite ! Vous ne voulez pas rester encore un peu ? Raaaah mais où ai-je mis ce fichu pot de glace ? » Eructa la bleue en mettant la pagaille dans son congélo.

N'ayant pas le cœur à lui refuser, les deux lycéens répondirent d'une seule et même voix :

« D'accord... mais pas longtemps, hein ? »

« Bon... je ne le trouve pas, tant pis, je vais improviser quelque chose, ne vous en faites pas et installez-vous au salon ! »

« Ne vous sentez pas obligée de... »

« Choupinet, sors les jeux de société qui sont dans le buffet, pendant que je cherche quoi offrir à nos invités ! »

« QUOI !? » Firent les deux larrons, sentant que le « un peu, pas longtemps » risquait fort de s'éterniser et de se transformer en « toute la nuit ».

« Voui m'man... » Fit Kagami, obéissant d'un air désolé pour Wakamatsu et Wakashimazu, qui se retrouvaient piégés contre leur gré.

Mais ce ne fut réellement que lorsque, faute de nourriture convenable, Natsuki Aomine dégaina la bonbonne de Saké et les verres en guise de dessert, que la pression pourtant déjà palpable, explosa.

Les trois mâles écarquillèrent les yeux, ne sachant pas si elle plaisantait ou non. Mais face à l'air bien sérieux de la maîtresse de maison, Wakamatsu se fit le porte-parole de leur cause :

« N-nous sommes encore mineurs, vous savez... »

Comment aurait-elle pu l'ignorer, vu l'âge de son propre fils ? Et surtout, en tant que fliquette, elle devait savoir que c'était totalement illégal de servir de l'alcool à des mineurs. Mais Natsuki Aomine semblait se moquer de ce « léger » détail, puisqu'elle leur versa un verre à chacun.

« Oh allez, c'est bon, moi je vous y autorise et puis, ce sera notre petit secret ahaha ! Un petit verre de saké, il n'y a rien de mieux pour se détendre et passer une bonne soirée ! »

Kagami s'octroya un merveilleux facepalm de détresse... La mère d'Aomine adorait visiblement recevoir, en jouant les mamans « cools » et « djeunz », mais malgré son statut de représentante des forces de l'ordre, elle paraissait sous estimer la gravité de ses actes. Cependant, comme il était malvenu de refuser l'hospitalité – bien que douteuse – de la jeune femme, les trois garçons s'assirent sur le sofa, nerveux. Kagami était parvenu à mettre la main sur... un Cluedo. Tiens, tiens, quelle ironie, voilà qui était fort à propos, vu que la soirée prenait lentement, mais sûrement la direction d'un futur fait divers... Pour montrer l'exemple tandis que la partie imp(osée)rovisée commençait, Natsuki vida trois shots cul sec et le sentiment de panique augmenta chez les trois garçons, lorsque Ken eut le malheur de faire une remarque à ce sujet...

« Heu... Madame, vous devriez y aller mollo sur... »

« COMMENT QU'IL A OSE M'APPELER, LE BEATLES ? » S'écria t-elle en sortait son arme de service, sous le regard terrifié de ses spectateurs.

Un magnifique revolver, que Ken avait déjà eu le privilège d'apercevoir une fois...

« C'est Natsuki ou Nat, éventuellement ! Le prochain qui m'appelle « Madame », je lui colle une bastos entre les deux yeux, c'est clair ? »

« O-oui, très clair ! » Répondirent tous en choeur.

« Bien ! ^^ Dites les garçons, est-ce que vous connaissez le jeu de la roulette russe ? »

O_O

…. OH BORDEL...

Son flingue était-il réellement chargé ou bluffait-elle ? Dans le doute, personne n'osa la contrarier... La soirée, qui avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices, venait subitement de virer à la prise d'otages par une fliquette haute comme trois pommes ne tenant pas l'alcool...

#TRAUMATISMEINCOMING

Plus personne n'osa bouger une oreille...

Pas même le Mogwai, qui ne quittait plus les genoux de Kagami...

Kagami qui bouillonnait intérieurement contre Aomine, qui n'avait pas pris la peine de le peine de le prévenir que sa mère était une séquestratrice psychopathe en puissance !

En tous cas, le roux espérait sincèrement qu'en cet instant, le brun s'en sortait mieux que lui...


Aomine qui, justement, venait d'arriver devant chez Kojiro.

Et ce fut la douche froide.

La déception.

Lui qui espérait tomber sur une caravane de romanichels stationnée sur un terrain vague ou dans un bois, sans toilettes, ou plutôt, avec un trou creusé dans la terre en guise de toilettes, il fut grandement déçu. Car la famille Hyuga habitait une minuscule bicoque en périphérie de Tokyo. Ok, c'était au format Poly Pocket, mais ça restait une BARAQUE quand même ! La panthère n'avait même pas se privilège, elle, obligée de vivre dans une barre de béton d'une trentaine d'étages, perdue au milieu d'autres immeubles tous aussi lugubres.

Inspirant profondément pour se donner du courage, Aomine appuya sur la sonnette du portail rouillé, à la peinture défraîchie...

Il allait devoir assurer ce soir.

Ce qui était plus facile à dire qu'à faire.

Mais d'un côté comme de l'autre, la soirée promettait d'être riche en émotions pour nos deux fauves...


CHAPTER END !

Alors, ça vous a plu ?

J'avais prévu tellement plein de trucs pour ce chapitre à la base. Dans ma petite tête de pioche, je m'imaginais même naïvement qu'un seul chapitre suffirait pour traiter de la soirée d'Aomine chez Kojiro...

Puis, j'ai traîné en longueur sur la partie Kagami, qui n'était pas prévue, elle.

Pas plus que le fait de suivre en parallèle le déroulement de sa soirée avec Maman!Mine et Tic et Tac...

Néanmoins, j'espère que cette idée de dernière minute vous plaît, je trouve que, comme beaucoup d'entre vous l'ont souhaité et me l'ont également fait remarquer, il est important de voir un peu le point de vue de Kagami, pour qu'il s'imprègne bien de l'environnement d'Aomine. Ca pourrait aider notre tigre à mieux le connaître et à l'apprécier davantage, ce qui n'est pas négligeable :) !

Vous comprendrez donc pourquoi, je l'espère, j'ai été obligée de "couper" ce chapitre un peu plus tôt (avant mes 17000-18000 mots habituels...), avant qu'il ne se mette à être trop compact et à flirter avec les 30000 mots...

Comme d'habitude, j'attends vos reviews avec IMPATIENCE. Elles sont mon moteur, mon inspiration et comme vous le voyez, vos théories m'aident beaucoup également à gagner en lucidité sur certaines zones d'ombre du scénario.

Merci encore, vous déchirez les girlz ! :D

A PLUS DANS L'BUS !