Coucou tout le monde !
Je suis sincèrement désolée pour ce retard de publication, mais bon y a eu des orages chez nous, et on a eu une panne de courant jusque hier (petit village paumé oblige...) et donc je n'ai pu publier qu'aujourd'hui. Enfin bref, j'espère que vous allez bien quand même !
Sinon, je suis heureuse de vous annoncer que nous avons DEPASSE les 100 reviews, donc merci beaucoup ! Bon, le succès du dernier chapitre n'a pas été le même que celui d'avant hein... m'enfin bon, on va pas chipoter !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Camille : Haha oui, notre Draco sait se dévoiler quand il veut ;)
Heliosth : Ha bah ça fait plaisir d'avoir de tes nouvelles :) ! Au pire, fais lire la fanfic à ton copain ;)
Heloisa : Alors tu vas être contente, ce chap apporte des éléments de réponse ;) et bonne nuit en retard du coup !
Je laissais Draco dans la Salle commune sans dire grand-chose. Je ne savais pas quoi dire, ou comment le dire. Mon cœur me martelait la poitrine et ma tête tournait.
J'avalais les marches de l'escalier, les montant deux à deux. Fermant bien la porte derrière moi, je m'effondrais contre elle. Alors que je heurtais le sol, toutes mes idées et valeurs me retombèrent dessus.
Je pouvais presque me noyer en elles.
Amour. J'étais tombée amoureuse du serpent à face pâle qui m'avait tourmentée sans merci pendant des années étant enfant. Celui qui m'avait crié des noms désobligeants à la figure, m'avait lancé un sort pour que j'ai des dents de lapin, et qui m'avait fait la misère pendant des années. J'étais tombée amoureuse de Malfoy.
Que m'était-il arrivé ? Comment avais-je pu laisser ça aller si loin? Comment un pari m'avait-il amenée à faire ça ? Je ne voulais pas ça, je ne l'avais jamais voulu. L'amour dépassait les limites.
C'était plus que ce que j'étais prête à faire.
Physiquement, j'étais déjà allée aussi loin qu'on le peut avec ce gars. Émotionnellement, c'était une histoire entièrement différente. Il y avait tellement de hauts et de bas entre nous. Un jour on se haïssait, et le jour d'après on était la personne la plus importante dans la vie de l'autre.
Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas m'ouvrir à lui de cette manière. Il y avait tellement d'occasions d'être blessé. De se faire aveuglément mal.
J'avais expérimenté le pire de la douleur physique. Mais je n'avais jamais eu le coeur brisé. Et je ne laisserai pas une première fois arriver à cause d'un petit blond avec du mépris au visage.
Mis à part que ça n'arriverait pas, le côté rationnel de mon cerveau me hurlait dessus. Ce n'est pas ce qui s'était passé.
Le petit garçon qui m'avait malmenée n'existait plus. Il avait été remplacé par quelqu'un de complètement différent. Quelqu'un qui avait remarqué des petits détails à mon propos, comme le fait que je ne portais pas de chaussettes devant la cheminée. Quelqu'un qui me protégeait, tenait à moi, et m'avait sauvée. Quelqu'un qui était à la fois simple et extraordinaire en même temps.
Je n'étais pas tombée amoureuse de Malfoy.
J'étais tombée amoureuse de Draco.
Y a-t-il une différence ? grogna le cynisme en moi.
Oui. Mon cœur battit plus vite.
Une différence très, très importante.
Je m'assis à la table pour prendre mon petit-déjeuner avec les Septième années de Gryffondor, touillant mon porridge avec morosité. Ma tête me faisait affreusement mal. Les valises sous mes yeux avait la taille de l'Autriche. Je continuais à brasser, en partie pour garder la face, et en partie parce que je ne savais pas quoi faire. Et ce n'était qu'une question de temps avant que...
-Où est Blaise ce matin ? demanda Harry depuis l'autre bout de la table, mastiquant un croissant.
-Ouais, s'esclaffa Ron, passant devant Ginny pour attraper la carafe de jus de citrouille. On a à peine pu se débarrasser de lui depuis que vous avez commencé à sortir ensemble.
Je soupirais. Avant que quelqu'un ne le remarque.
Je m'assurais que tous mes Gryffondor écoutent avant de parler. Je ne voulais pas le répéter deux fois.
-On fais une pause, dis-je, faisant de mon mieux pour avoir l'air abattue.
Blaise et moi avions décidé que c'était ce qu'il y avait de mieux. Si on se séparait complètement, ce serait gênant qu'on soit parfois vus en train de discuter. Mes amis eurent tous l'air choqué en entendant ce fait nouveau. Lavande et Parvati se mirent tout de suite à l'écart pour raconter des ragots entre elles. Ginny essayait manifestement de garder un air impartial. Harry grimaça.
-Je suis désolé, Hermione, dit-il doucement, regardant son assiette avec gêne.
J'adorais Harry Potter, mais il était vraiment nul avec les filles.
-Ça va, dis-je à voix basse en m'adressant à lui. Ne vous inquiétez pas. C'était pour le mieux.
-Vous êtes officiellement séparés ? laissa échapper Lavande, incapable de contenir sa curiosité.
Parvati lui tapa le bras, alors que les autres Gryffondor lui lançaient des regards mauvais.
Je la regardait brièvement, essayant de mon mieux d'avoir l'air très contrariée.
-Pas officiellement. On doit discuter de certains problèmes qu'on a eu.
-Dois-je le frapper ? demanda Ron, l'air énervé.
Mon cœur se serra à son instinct de protection envers moi.
-Non, Ron. C'était un consentement mutuel.
C'était vrai. On avait passé environ une heure à discuter comment faire au mieux. En fait c'était vraiment une séparation d'adultes. Ou pause, devrais-je dire.
Je soupirais, clignant plusieurs fois des yeux pour l'effet.
-Si vous voulez bien m'excuser, je voudrais ne pas en parler maintenant.
Harry commença à hocher la tête.
-Bien sûr, Hermione.
Il s'employa à lancer une histoire plutôt ennuyeuse à propos de Quidditch.
Merlin, comment les gens pouvaient-ils aimer ce sport ?
Les quelques jours suivants furent compliqués. Alors que la nouvelle de ma séparation avec Blaise se répandait à travers l'école, il devint plus difficile d'avoir un moment seuls. Tout le monde continuait de demander 'qu'est-ce qui s'était passé ? Vous aviez l'air siiiii amoureux.'
Quand je ne répondais pas, les gens faisaient leurs propres théories. J'entendis des rumeurs de Blaise me plaquant parce que je ne voulais pas coucher. Quelqu'un d'autre dit que c'était parce que j'avais eu une liaison avec Viktor Krum. Un Poufsouffle de Quatrième année jurait que c'était parce que Blaise ne savait pas comment gérer une femme forte.
L'usine à rumeurs sortait histoire ridicule sur histoire ridicule. C'était épuisant. Peut-être était-ce parce que j'étais Préfète en chef, peut-être était-ce parce que Blaise était merveilleux, mais tout le monde à Poudlard semblait avoir un intérêt dans notre relation. Je vis des filles qui semblaient avoir le cœur plus brisé que moi.
Tous les professeurs semblaient savoir aussi. Le jour d'après le plan de classe de tous les cours que j'avais changea immanquablement , nous mettant mon ex et moi aux coins opposés de la classe. McGonagall me retint après un cours pour me faire un adorable discours disant qu'on avait pas besoin d'un homme pour fonctionner.
Une femme géniale.
Tout le monde savait ce qui s'était passé. Mais personne ne savait pourquoi. Poudlard était habitué à avoir toutes les rumeurs quelques heures après l'évènement. Ne pas savoir les tuait. A chaque fois que j'entrais dans une classe, toutes les filles se tournaient vers leurs voisines et murmuraient. Les gars me regardaient d'un œil appréciatif.
C'était l'autre côté du problème : Blaise et moi nous faisions tout le temps draguer.
Des gars que je n'avais jamais rencontré commencèrent à m'approcher. Heureusement, les Gryffondor se serraient les coudes. Je pouvais à peine bouger sans avoir Dean, Seamus, Neville, Harry ou Ron à mes côtés.
Alors que les jours se transformaient en semaines, le problème entier devint de plus en plus agaçant. Au lieu de juste oublier, la population de Poudlard devint de plus en plus impliquée. Ils élaboraient toujours d'autres théories sur ce qui s'était passé. J'en étais arrivée à être exaspérée d'être énervée.
J'avais d'autres choses dont je devais m'inquiéter.
Je n'avais pas parlé à Draco depuis ce jour dans la Salle commune. Nous échangions juste quelques mots à la réunion des Préfets. Désormais Astoria n'était jamais loin, ne laissant jamais Draco échapper à sa vue.
Merlin, je la haïssait.
Mes sentiments pour Draco n'avaient pas disparus d'un poil. J'avais espéré être capable d'oublier le truc en entier avec la séparation forcée. Je n'avais pas dit à Ginny, ou même Blaise, ce que je ressentais. Quelque chose dans le fait de le dire à haute voix rendait ça profondément réel.
Je n'étais pas prête à ce que ce soit réel. Je n'étais pas prête pour un cœur brisé.
A chaque fois que je le voyais, que ce soit en classe ou du coin de l'oeil, je ne ressentais que de la douleur. Tout ce que je voyais, c'était quelque chose que j'avais presque eu. Pas juste Draco, quelque chose de plus grand. Il y avait une pièce manquante en moi que ce quelque chose aurait parfaitement rempli.
Draco n'était qu'un rappel vivant de ma perte, maintenant.
Les semaines se transformèrent en mois. Et bientôt on était mi-mars. Je pataugeais dans la semoule. Il s'avérait plus difficile de parler à Blaise. Dans les premières semaines de notre séparation, nous nous étions vus dans la Salle sur Demande presque quotidiennement. Un jour, cependant, on s'était fait attraper par un troupeau de Serdaigle débiles qui voulaient voir si la Salle était une légende ou non. Après des mois passés à ce que ça soit notre réaction par défaut quand quelqu'un rentrait dans la pièce, Blaise et moi avions commencé à nous embrasser sans réfléchir.
Il nous fallut environ 2,67 secondes pour réaliser combien nous étions crétins.
La nouvelle s'était rapidement répandue dans l'école. Tout le monde pensait que nous étions de nouveau ensemble. Blaise et moi décidâmes qu'en fait, ça serait contre-productif. Astoria devait croire qu'elle avait gagné. Dans cette optique, je devais tout perdre : à savoir Draco et Blaise.
Donc nous mîmes ça sur le compte d'un arrêt du sexe et l'examen minutieux revint en force.
A la mi-mars, de nouvelles théories naissaient toujours quotidiennement.
-C'est absolument ridicule, grommelais-je rageusement.
-Vraiment ? répondit Blaise. Je pensais que ça s'approchait seulement du bizarre.
En ce moment, c'était un de ces rares instants où Blaise et moi pouvions être ensemble. On se cachait dans le hangar à barques. L'air de mars était toujours froid donc presque tout le monde était à l'intérieur.
-Ce Poufsouffle est venu me voir l'autre jour et a demandé si c'était à cause de Harry. HARRY. Merlin, j'ai envie de tuer tout le monde dans cette école, grognais-je.
-J'en suis vraiment blessé et offensé.
-Pas toi, abruti, soupirais-je. Mais maintenant je ne te vois plus.
Il fronça les sourcils.
-Je sais. Eh bien, on pourrait juste se réconcilier et dire à tout le monde qu'on est amis.
Je secouais la tête.
-Non. Ce n'est pas assez bien pour Astoria.
Il croisa les bras et grommela.
-Espèce de pute folle et psychopathe.
-Je sais ! criais-je. Je n'essaie pas de foutre le bordel dans son mariage !
Il leva les yeux au ciel.
-J'ai réalisé quelque chose l'autre jour. Tu n'as littéralement pas de chance, en quoi que ce soit. Honnêtement, tu n'aurais pas pu coucher avec un gars dont la fiancée n'est pas complètement barge ?
-Je sais, Blaise. Merlin, comme si quelqu'un d'autre...
Je m'arrêtais. Du coin de l'oeil, je vis un petit mouvement.
-Commence à me hurler dessus, murmurais-je.
Blaise sourit de satisfaction.
-Avec plaisir.
Puis il éleva la voix de plusieurs centaines de décibels.
-Je refuse de faire ça avec toi ! Pas après ce qui s'est passé.
-Que puis-je faire d'autre ? criais-je. Ça fait des mois, Blaise !
-Il y a des choses qui ne sont pas pardonnables, Hermione ! Ça en fait partie.
Je soupirais dramatiquement d'exaspération.
-Tu dramatises. Ce n'était pas si grave !
Il me lança le regard le plus dégoûté qu'il put trouver.
-C'est Draco !
Il ferma immédiatement la bouche. J'en fus bouche-bée.
J'entendis de la précipitation alors que ceux qui nous avaient épiés détalaient. Je pouvais presque entendre l'excitation dans leurs pas.
Parce qu'ils avaient résolu le puzzle.
Blaise était très pâle.
-Je ne voulais pas dire ça.
Je demeurais immobile.
-Tu sais comment on fait pour continuer à merder ? Mais pas juste merder sur de petites choses ? On fout en l'air le plus important.
-Oui, c'est un détail que j'ai remarqué.
-Ouais. On doit vraiment arrêter de faire ça.
Le système de ragots de Poudlard était un concept très intéressant. La capacité de l'information à voyager était sans précédent, avec l'info se déplaçant plus ou moins rapidement selon sa valeur. Par exemple, le fait que McGonagall collait tous ceux qui ne faisaient pas leurs devoirs se propagerait lentement. Alors qu'une attaque sur un élève se diffuserait très rapidement.
Ça, cependant, ne se déplaçait à aucune de ces vitesses. Le seul mot que je pouvais utiliser pour le décrire était « sonique ».
La population de Poudlard avait passé tant de temps à se poser des questions, à créer des théories, déterminant ce qui était possible. Un an auparavant, quelqu'un qui aurait suggéré que mon copain et moi nous étions séparés à cause de Draco Malfoy serait devenu la risée de tout le château.
Mais cette année était différente.
Les élèves de Poudlard n'étaient pas stupides. Alors que le mot Malfoy passait de bouche à oreille, les gens commencèrent à remarquer des détails.
Une jeune Gryffondor poussa un cri perçant quand elle apprit la nouvelle, se souvenant de quand j'avais défendu Draco devant la Maison entière. Un Serdaigle se rappela du moment où j'avais fait un câlin à Draco au milieu de la Grande Salle. Un Poufsouffle mentionna la première danse au Bal de Noël. Apparemment, un Serpentard nous avait vus nous disputer à la soirée presque trois mois auparavant. Puis tout le monde avait entendu parler des scénarios en DCFM.
Donc ce qui jadis aurait paru comme le pire d'une fiction était maintenant évident à qui avait des yeux.
Blaise et moi nous séparâmes. Je me dirigeais vers le château. Chaque personne qui me vit me lança un regard dégoûté. Des murmures me suivirent dans les couloirs. Des murmures furieux.
Effectivement. Avec ce nouveau changement, j'étais celle qui trompait son copain avec quelqu'un de fiancé.
En gros, la vérité. A peu près.
Je marchais la tête haute, ignorant tout le monde autour de moi. Je ne serai pas insultée et sous-estimée par des inconnus. Ma réputation était bonne à jeter, mais je ne m'avouerai pas vaincue sans combattre.
J'allais vers la Salle commune. C'était un milieu d'après-midi un samedi, donc la plupart des gens étaient dans les couloirs. Vraiment génial.
Je ne baissais pas les yeux. Ignorant tout le monde autour de moi, j'arrivais au portrait saine et sauve.
Les Fondateurs me scrutaient tous avec des yeux désapprobateurs.
-Nous avons entendus des mots déplaisants à votre propos, ma chère, dit Helga.
Je clignais des yeux.
-Depuis quand les tableaux font-ils partie du Réseau de Ragots de Poudlard ?
Salazar eut un petit sourire satisfait.
-Comment penses-tu que les informations voyagent aussi vite ?
Foutus portraits.
-Felix Felicis.
Je me faufilais rapidement dans le portrait, m'assurant de le fermer complètement derrière moi.
-Enfin, marmonnais-je.
-Enfin quoi ?
Je tournais sur moi-même.
-Draco ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Il se tenait au milieu de la pièce, me regardant directement. C'était la première fois que je le voyais vraiment depuis des mois, habillé de son uniforme de Poudlard. C'était comme une bouffée d'air frais.
Qui commença à puer immédiatement après.
Il haussa un sourcil.
-Je vis ici.
-Ah, oui. Désolée.
Je commençais à aller vers ma chambre, mais il se mit en travers de ma route. Je me laissais embobiner à la proximité entre nos corps.
-Donc j'ai entendu quelque chose d'intéressant en rentrant, dit-il, me regardant.
-Ah oui ? demandais-je, essayant de paraître naïve.
-Oui.
-Eh bien c'est bien.
Son expression ne changea pas.
-J'ai entendu dire que M. Blaise Zabini et toi vous êtes séparés à cause d'un certain Serpentard blond.
Je le regardais droit dans les yeux.
-Oui. On s'est vraiment séparés à cause d'Astoria.
Un sourire apparut au coin de ses lèvres.
-Tu vois, c'est ce que je dis depuis le premier jour, mais personne ne voulait me croire.
-C'est marrant comment ça arrive des fois.
Draco me fixa pendant une seconde, pensif. Il leva sa main vers moi, hésitant, puis la relaissa encore tomber.
-Comment les gens ont su ?
Je soupirais. Faisant un geste de la main vers le canapé, je m'y dirigeais et m'assis. Il s'assit en face de moi.
-Blaise et moi ne sommes pas complètement séparés...dis-je lentement, jaugeant sa réaction à mon histoire complètement inventée.
Une lueur de quelque chose passa sur son visage.
-Vous couchez toujours ensemble ?
Il posa cette question sans émotion, comme s'il parlait météo. Je vacillais, sentant la brûlure de son détachement.
Je secouais la tête.
-On a décidé de ne pas faire l'amour jusqu'à ce qu'on soit de nouveau ensemble.
Draco leva vivement les yeux.
-Vous pensez vous remettre ensemble ?
Sa voix trembla si légèrement que je ne le remarquais presque pas.
Je haussais les épaules.
-Peut-être. C'est ce dont nous parlions aujourd'hui. Puis tu as été mentionné, et quelqu'un l'a par hasard entendu.
-Tu veux retourner avec lui ?
Il posa normalement la question, mais je ne pus empêcher mon cœur de s'emballer, espérant qu'il avait peur de ce que ma réponse serait.
-Je ne sais pas, dis-je doucement, regardant le sol. Ça dépend.
-Dépend de quoi ? demanda-t-il.
Une impression d'urgence emplissait ses mots. L'air dans la pièce changea, il était plus sombre, plus intime.
Il était tout ce qu'il ne devrait pas être.
Mes yeux marrons rencontrèrent ses yeux gris. Ils étaient comme des piscines, si facile de tomber dedans et de se noyer.
Peut-être le voulais-je.
-A quoi penses-tu, Draco ? demandais-je doucement.
Nous nous regardâmes pendant une seconde.
-Ce que je pense n'a pas d'importance, répondit-il, écartant ses yeux des miens. Je suis toujours fiancé, et tu es toujours maudite.
-Tu crois que je ne le sais pas ?
-Bien sûr que tu le sais ! cria-t-il, se levant soudainement. Pourquoi d'autre m'aurais-tu évité pendant deux mois et demi ?
-Je me protège, Draco ! criais-je du tac au tac. Une connasse psychotique me veut loin de toi et j'accorde de l'importance à ma vie ! On se fout de ce que tu penses, ce que je pense, ce que je ressens !
Il se figea.
-Quoi ?
-De quoi, quoi ?
Il fit un pas vers moi.
-Que ressens-tu ?
Oh putain, j'avais en fait dit ça à voix haute.
-Huuuum, tentais-je de reprendre contenance.
Comment pouvais-je me sortir de là ?
Draco fit plusieurs pas en avant, me faisant reculer vers le mur. On était à quelques centimètres de l'autre.
Je manquais d'air.
-Ne t'approches pas de moi.
-Non.
Je me recroquevillais contre le mur, me protégeant toute entière. Dommage psychologique, maléfice à retardement, j'avais évité cette rencontre. J'avais besoin de me protéger.
-Tu ne peux pas me toucher, murmurais-je, me retranchant encore plus en moi-même.
Il s'approcha, et posa ses mains de chaque côté de mon corps.
Il baissa la tête.
-Comment te sens-tu ?
Je secouais la tête.
-Ça n'a pas d'importance.
-Comment te sens-tu ?
-Stop, gémis-je, sentant chaque partie de mon corps comme un fil électrique en utilisation.
-Comment te sens-tu ?
Il hurlait maintenant. Quand je ne répondis pas, il hurla juste plus encore.
-Mais admets-le ! Admets-le !
-Admettre quoi ? criais-je en retour, laissant tout sortir. Admettre que je tiens à toi ? Parfait ! Je l'admets ! Mais bordel ça ne compte pas, Draco ! Parce qu'au final tu es mauvais, néfaste pour moi. Tu es tout ce que je ne voudrais pas vouloir et tout ce que je déteste mais ça ne m'empêche pas de passer mes journées entières à me consumer pour toi !
Il resta immobile, m'écoutant hurler. Il s'était reculé pour me donner de l'espace. Je sentis un poids en moins sur ma poitrine.
Je pris plusieurs inspirations apaisantes.
-Rien ne pourra jamais arriver. Donc ce que je ressens ne compte pas.
Il y eut une pause.
-Ça compte pour moi, dit-il doucement, me regardant droit dans les yeux.
Mon cœur battait la chamade.
Sans répondre, je me retournais et quittais la pièce, fuyant comme une bête traquée. Les couloirs étaient tous vides maintenant.
Quelques couloirs plus loin, je rentrais dans Blaise.
-Hermione ! dit-il, essayant d'avoir l'air en colère pour qui passait par là. Je dois te parler.
Je croisais les bras.
-Bien, Blaise.
Il m'attrapa et m'entraîna dans une classe vide.
Il ferma la porte et lança un sort de silence. Il se tourna, et parla.
-J'ai pensé...hé est-ce que ça va ?
Je repoussais mes cheveux, tout en respirant profondément.
-Ouais, je...euh...viens d'avoir une discussion avec Draco.
Il me regarda pendant une seconde.
-On peut en parler plus tard. D'abord, je dois te dire : j'ai compris.
Je soupirais.
-Compris quoi, Blaise ?
-Comment te rendre ta vie.
-C'est-à-dire ?
Il sourit.
-Se débarrasser du sort, vous mettre ensemble toi et Draco, virer Astoria, et me permettre de bien m'entendre avec Draco de nouveau.
Je haussais un sourcil.
-Longue liste.
Il mit mon commentaire de côté.
-Rappelle-toi de ce moment, quand j'ai dit que tu n'avais littéralement pas de chance dans quoi que ce soit.
-Oui, je m'en souviens.
Il sourit de satisfaction.
-C'est ce dont tu as besoin. De la chance.
-Oh Blaise Zabini, t'es un vrai génie.
Voilà un début de réponse :D
Alors, optimistes pour la suite ? :) Je vous annonce d'ailleurs qu'il reste une dizaine de chapitres avant la fin ! Et n'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires !
Prochain chapitre : Les ennuis commencent :D
Alice.
