Bonjour,
Ravie de vous revoir ici. Merci de revenir. Aujourd'hui un long chapitre où vous verrez évoluer les relations des deux couples. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture et à bientôt Craft.
Chapitre 20 : Compromis de guerre et traité de paix.
C'était agréable et confortable, quand il s'était réveillé ce matin-là.
Il était dans les bras de celui qu'il aimait alors qu'hier soir encore, c'était lui qui tenait fermement son compagnon.
Entouré de ces couvertures épaisses et de ce corps, la température devait être à son maximum et pour la première fois depuis longtemps, Shun n'avait aucune envie de se lever. Un soupir de satisfaction s'était même montré.
Regardant par la suite l'homme avec lequel il s'était endormit, une irrépressible envie de le réveiller l'avait pris et il avait joint ses pensées à son acte. Se décollant de ce torse bouillant, Shun s'était appuyé sur son coude, avait souri avant même de débuter son geste et chatouillant légèrement la joue puis la mâchoire de son compagnon, il tomba rapidement dans deux yeux d'ors encore endormis mais parfaits.
- Bien dormi !? Avait demandé Shun sans pouvoir s'empêcher de voler un chaste baiser à son ainé.
- Parfaitement. Et toi !? Murmura Dracule qui s'étirait doucement.
- …Sans aucun doute possible. Dis-moi Drac' est-ce qu'une grasse matinée te tenterait !?
- N'avons-nous pas encore des choses à régler ensemble !? Demanda sobrement Mihawk maintenant réveillé.
- Cela peut attendre crois-moi. Avait marmonné Shun dans un sourire légèrement mesquin.
- Mais on-
Ne laissant pas le temps à son ainé d'argumenter, le seigneur de Tortuga grimpa vivement sur son compagnon et laissant ses mains parcourir le torse musclé de Dracule, il se pencha vers ces lèvres tentantes et lui vola un autre baiser beaucoup moins innocent que le premier.
A califourchon sur le noiraud, Shun dominait la situation et n'était pas prêt de céder sa place –sous aucun prétexte- même quand l'une de ses domestiques frappa à sa porte pour prévenir du petit-déjeuner servit. …Il l'avait seulement renvoyée et mangea de nouveau son repas devenu préféré, c'est-à-dire la bouche de Dracule Mihawk.
- Crois-moi Drac', on a toute la journée pour ça, en attendant profite de ce réveil en douceur.
- Shun… hn… . Soupira Mihawk qui maintenant agrippait sans le vouloir le haut des cuisses de son cadet.
- Ne t'occupes de rien et laisse-moi faire.
C'est ainsi que Shun s'occupa de son invité durant une matinée entière. Il l'avait épuisé de parole écrasante, couvert de baisers et autres morsures et avait pris un malin plaisir à le torturer sous la ceinture par des gestes provocateurs mais jamais finis.
Et Dracule dans l'histoire ne s'était pas plaint –même si parfois ses mots en avaient l'air-, il feintait simplement. Il avait profité de ces caresses, des excuses entendues et avait senti son cœur battre comme jamais. Il avait pris plaisir à laisser faire Shun et il était même sûr d'en vouloir encore.
Au dehors, la neige était encore tombée durant la nuit et elle avait amenée avec elle sa vague de froid.
L'extérieur avait sereinement gelé et sur ce manteau blanc trainait un vert qui –les armes sorties- s'entrainait et perfectionnait ses mouvements.
Ses côtes lui tiraient encore mais ça n'avait pas grande importance et puis, il se devait de tenir sa forme et son agilité à l'épée.
Ses avant et après-midi avaient donc été éreintants pour lui mais aucunement gênante puisqu'il en avait l'habitude. Peu importe le temps, cela ne changeait rien à ses habitudes.
Zoro s'était même mis à penser que plus il était loin de cette demeure, mieux ça aller. Ainsi, il ne tomberait pas par inadvertance sur ce noiraud, ne le gênerait pas et n'aurait pas affaire avec cette aura sombre qui ne se montrait qu'en sa présence –bien que cela allait à l'encontre de son envie d'en savoir plus sur Law et d'en prendre soin-.
Au second étage, Law feuilletait un bouquin sur la médecine –l'un des rare exemplaire qu'il ne connaissait pas par cœur- et près de la fenêtre, il avait une vue imprenable sur la cour.
Et au début, si celle-ci n'était pas distrayante, elle le fut nettement plus après avoir aperçu forme humaine. Son livre était passé au second plan, il pendait d'ailleurs négligemment dans sa main et ses méninges tournaient à plein régime.
Il avait eu froid cette nuit –comme tous les hivers précédents- et avait été agité. La conversation avec son seigneur l'avait mis à mal et d'une certaine manière son maitre avait raison. Les invités allaient bientôt partir et de ce fait, les questions qu'il se posait également. …Du moins, il l'espérait.
Law faisait tout pour que ce vert reste éloigné de lui, pas parce qu'il ne l'appréciait pas mais parce qu'il ne serait bientôt plus là et une relation amicale était nettement mieux qu'une relation sans nom et bancale. Se jeter dans le vide, il ne savait pas faire alors il préférait attendre patiemment de voir cet épéiste partir aux risques que cela lui fasse plus de peine.
- Mon petit Law…, je te trouve enfin.
Il n'avait pas envie de lui, Law se refusait de se l'avouer alors que cette nuit, il y avait plus de pour que de contre dans son vote personnel. Il ne pouvait pas répondre aux attentes de ce vert. …Ne voulait pas se lancer dans une chose éphémère et sans lendemain.
Il préférait se réfugier dans son petit cocon plutôt qu'avoir mal. Parce que s'il répondait positivement à ce Roronoa, il devait aussi le laisser partir quelques jours plus tard et ça… c'était le plus compliqué. …D'ailleurs, il se demandait comment son seigneur allait faire après le départ de Mihawk.
- Law, tu m'entends !? Soupira Shun en agitant sa main devant les iris aciers de son ami.
- Seigneur !? …Vous m'avez fait peur.
Le brun épia longuement son vis-à-vis –il s'était approché de lui après n'avoir reçu aucune réplique de sa part- et essayant de comprendre ce qui pouvait tant accaparer son second, il comprit pourtant bien vite.
Il lui aura suffi en tout et pour tout, d'un seul coup d'œil à la fenêtre.
- Tu as une vue agréable à ce que je vois. N'avait pu s'empêcher de faire remarquer le maitre des lieux.
- Une vue… . Ce n'est pas ce que vous croyez, Seigneur. Je…, j'étais occupé de me dire que cet idiot allait certainement rouvrir les sutures que j'ai faite puis, je réfléchissais à-
- Oui, oui… . Et tu as trouvé une réponse à tes réflexions !? Demanda curieux Shun, tout en souriant de la gêne de son cadet qui empourprait ses joues.
- Probablement. …Ne me regardez pas comme ça seigneur, je n'ai rien fait.
- Là est tout le problème, si tu ne fais rien tu le regretteras…, je te connais tu sais. Alors dis-moi, qu'est-ce qui cogite dans cette petite tête !?
Ce qui cogitait !? Des tas de choses mais, il n'allait pas le dire à son maitre n'est-ce pas !? Argh, non en vrai il était pris au piège et quoiqu'il puisse dire, il se savait piégé.
Shun ne le lâcherait probablement pas avant d'avoir eu des réponses et lui mentir était impossible. Son seigneur le connaissait trop bien et s'il mentait, l'autre le verrait immédiatement.
Law avait alors resserré son livre dans sa main, détourné le regard pour le reposer vers l'extérieur et cherchant ses mots, il avait marmonné des bribes de mots tout à fait compréhensibles.
- Comme vous l'avez dit, ils vont repartir alors ça ne sert à rien de faire quoi que ce soit. Je… peut-être que si ça avait été quelqu'un d'autre… d'ici par exemple ou- …je et puis, je ne sais même pas ce que je devrais faire. Je crois l'avoir assez repoussé pour des générations.
Se posant sur le rebord de la fenêtre, Shun avait écouté et souri aussi. …Bon d'accord, il était aussi jaloux parce qu'il n'avait jamais réussi à donner autant de tourments à son cadet et parce qu'une autre personne entrait dans ce cœur mais…, c'était une bonne chose pour lui. …Lui, qui ne s'attachait pas aux autres.
Les bras croisés sur son torse, l'ainé suivait du regard cet épéiste à l'extérieur rentré pour très certainement prendre un bain et se changer et voyant l'expression qui se dégageait du visage de son second, un soupir se montra.
- Tu ne sais pas quoi faire, être honnête devrait être suffisant je pense et arrêter d'être sur la défensive aussi. …C'est vrai qu'ils doivent retourner chez eux tôt ou tard mais tu sais, ils ne sont qu'à une demi-journée en bateau. S'était entendu dire Shun qui se rassurait lui-même.
- Vous voulez dire, que vous avez l'intention de rendre visite au seigneur Mihawk de temps à autres, ai vu et compris l'attirance des deux seigneurs l'un pour l'autre.
- Oui. Pourquoi, aurais-tu une opposition à cela !? Questionna rapidement Shun d'une voix extrêmement sérieuse.
- N-non c'est…. Hn seigneur, vous m'embarrassez.
- Désolé, tu sais à quel point j'aime ça. …Alors, tu as l'intention de le laisser partir ou de tenter ta chance !? Réfléchis à ça, enfin pas trop longtemps non plus. Je te donne le reste de la journée ensuite, tu devras prendre une décision.
- Vous ne pouvez pas m'imposer cela !? Seigneur !? Attendez, seigneur ! S'époumona Law en poursuivant son ainé qui prenait déjà la porte.
- Evidemment que je peux t'y obliger puisque je le fais. Voit ça comme un abus de pouvoir si tu veux. …Bien, je te laisse maintenant. Sourit Shun qui laissa derrière lui un ébène pantois et désarçonné, jusqu'à ce qu'une autre question se fasse en plein milieu du couloir cette fois.
- Seigneur, vous n'étiez pas venu me voir pour cela.
- Ah effectivement, j'allais oublier… j'ai prévu d'autres petites surprises pour nos invités alors je compte sur toi pour m'assister.
Fronçant les sourcils de cette dernière phrase, Trafalgar avait soupiré et avait suivi du regard l'une des domestiques de son maitre.
Il détestait quand celui-ci parlait en énigme et détestait encore plus les surprises de son maitre. Laissant ses épaules tomber, il rattrapa de nouveau sa pièce attitrée et s'y enferma.
Une demi-journée ce n'était pas suffisant, c'était même tout le contraire, lui qui aimait analyser toutes les possibilités sous divers angles, mais Shun avait également raison, il ne pouvait pas rester indécis et peut-être qu'il voulait comprendre ce frisson qu'il éprouvait à chaque fois que l'autre le frôlait ou le regardait.
Le diner était passé et la soirée s'annonçait calme et sans extravagance.
La journée –du moins l'après-midi-, Dracule l'avait passée avec Shun à examiner plusieurs solutions et plusieurs échanges entre leurs deux pays.
Les problèmes se réglaient les uns après les autres et même s'il en restait certains, ils avaient bien travaillé et méritait un peu de repos surtout que Shun avait préparé d'autres choses pour les derniers jours de son séjour –il lui en avait parlé par énigmes-.
Traversant les couloirs, il ne pouvait pas dire le contraire, être ici était plaisant et le fait de s'être avoué des choses à lui-même était beaucoup plus facile à vivre qu'il ne l'aurait imaginé.
…Et puis, les vivres avec ce seigneur tout particulièrement. Shun réussissait l'impossible avec lui et le faisait rougir de façon déconcertante et parfois imprévue. …Mais c'était l'impulsivité de l'autre qui le rendait accros, il en était sûr.
Souriant alors même que ses pas l'amenaient dans un endroit connu, il fit cependant une petite bifurcation chez son second.
Cela faisait un moment qu'il ne lui avait pas parlé et même si la conversation n'était pas toujours leur fort à tous les deux, Dracule voulait au moins connaitre l'humeur de ce vert.
Il ne connaissait pas vraiment Zoro pour son calme et sa discrétion mais plutôt pour sa voix forte –son pouvoir à trouver les ennuis- et sa façon bien à lui de s'endormir partout.
Donnant deux coups à cette porte qu'il n'avait pas encore franchie une seule fois, il tomba cependant rapidement sur le Roronoa qui revêtait un pantalon ample et qui essuyait ses mèches encore humides.
A la vue de son seigneur, Zoro avait arrêté ses gestes, s'était légèrement courbé et attendait les instructions sans protester.
- Tu peux te relever Zoro et reprendre ce que tu étais occupé de faire. S'était enquit de dire Mihawk voyant son second immobile.
- Ne voulez-vous pas quelque chose, Shukun !?
- Venir te voir serait une chose interdite. …Bien, je voulais simplement connaitre ton avis. Est-ce que notre séjour ici te dérange !?
- Non.
- Très bien, parce que j'aimerais encore connaitre quelques-unes de leurs coutumes. Avoua Dracule tout en se trouvant une excuse à son séjour prolongé sur cette île.
- Faites comme bon vous semble Shukun, moi je suis ici pour vous protéger et vous servir.
L'ainé avait fixé un instant son second et s'il avait acquiescé les mots, il voulait aussi que ce « congés » soit également agréable pour lui.
Pinçant l'arête de son nez, l'homme aux yeux de faucon avait soupiré et relâché ses épaules. A cet instant, il reconnaissait bien son cadet et sa manière de faire. Il ne manquait plus qu'il se perde et enfin là, il retrouverait les pleines capacités de ce vert.
- …Ma protection n'est pas nécessaire ici alors contente toi de profiter également de ce que ce pays peut t'offrir.
- Mais-
- C'est un ordre. J'aimerais que tu repartes avec de bons souvenirs, Zoro. …Bien, sur ce, je vais te laisser. Avait murmuré Mihawk sur un ton plus tendre qu'il ne l'aurait voulu.
- Passez une bonne soirée.
Sortant de cette chambre avec l'esprit plus tranquille, Dracule regagnait le couloir et arpentait celui-ci à la recherche d'une autre chose précise.
Les mains dans le dos et le regard lointain, il devait d'abord se rendre à sa chambre pour se changer ensuite, il irait rejoindre celui qu'il aimait appeler « compagnon » dans ses songes.
Quoique, sa surprise fut marquée quand il aperçut Shun tranquillement assis sur son lit, certainement occupé de l'attendre dans un léger sourire.
Refermant la porte derrière lui, Dracule avait souri à son cadet et s'était approché de lui sans une parole ou alors quelques-unes pour comprendre cet empressement à se retrouver.
Allongé dans son lit et recouvert jusqu'à son nez, Law était resté immobile ainsi durant des heures.
Son temps était écoulé et au plus les minutes passaient, au plus son cœur battait. Il avait décidé de ne rien faire, de ne pas bouger et de laisser le Roronoa à sa place.
S'était dit mais dans ce cas, pourquoi sentait-il ce poids au niveau de la poitrine !? Pourquoi cela semblait si difficile quand il y pensait. Pourquoi se sentait-il prisonnier dans sa propre chambre !?
Ses yeux scrutaient le plafond et son corps frissonnait… …il avait envie de voir Zoro. Et là, il se surprit lui-même, il avait envie de voir ce vert. Envie de… . Resserrant son chandail sombre, Law s'était alors accroché à sa couverture et avait sauté de son lit. Peu importe ce que ça lui coûtait, il allait essayer.
Ouvrant la porte, il se faufilait au travers des couloirs et se laissa guider au gré des lumières.
Ses pas étaient silencieux et calmes et quand il arriva devant la chambre recherchée, il hésita une seconde puis y entra par l'embrassure qu'il avait faite.
La pièce était sombre, seul le clair de lune éclairait celle-ci et marchant jusqu'au lit, il regarda de toute sa hauteur ce Roronoa dormir tranquillement –en apparence du moins-.
Enroulé dans sa couette, l'air frais s'infiltrait partout autour de lui et cognant le bois de ce lit, il tenta de réveiller cet abruti qui ne faisait que l'embêter et le rendre étrange.
Il… ne voulait pas le voir partir. Continuer de sentir sa chaleur et de l'entendre lui répliquer des mots ou des remarques brutes.
- J'ai froid. …Avait murmuré une voix dans le noir en secouant le matelas.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, une couverture avait été jetée dans les airs et si l'ombre l'avait rattrapée, il l'avait également resserrée dans une moue renfrognée et peut-être colérique.
Ce n'était vraiment ce qu'il recherchait –ou si, un peu- mais et reposant la couette sur ce lit qu'il dérangeait, il réitéra sa phrase.
- J'ai froid… .
- J'ai pas d'autres couvertures et puis t'habites ici, tu devrais savoir où elles sont rangées, tu ne crois pas. Avait ronchonné Zoro, les yeux toujours fermés.
Serrant ses mains entre-elles, Law avait mordu sa lèvre et sentant son cœur pincé de ce rejet –ou même pas, des mots entendus-, il avait pris une décision et voulait s'y tenir. Il n'allait pas partir maintenant qu'il avait fait tout ce chemin.
N'allait pas partir alors que… qu'il n'avait qu'à tendre la main pour attraper ce vert.
Prenant une profonde respiration, il souleva la couverture qu'il avait déposé sur ce lit et se glissa à l'intérieur de celui-ci, il fit saisir le Roronoa qui maintenant était réveillé et de mauvaise humeur.
- Qu'est-ce que tu fous !? Sors de là. Grogna Zoro qui ne comprenait rien aux agissements de ce noiraud.
- Je t'ai dit que j'avais froid alors tais-toi et dors maintenant.
- Tu es pénible ou alors t'aime m'emmerder !?
Law ne répondit rien à cela, il s'était simplement contenté de s'emmitoufler dans cette couverture épaisse mais, ce n'était pas suffisant et le sentait bien.
Il avait beau être près de ce vert, ça faisait encore mal à l'intérieur de lui… peut-être parce que l'autre ne le touchait pas. Parce qu'il restait irrémédiablement éloigné de lui.
La tête dans l'oreiller, Trafalgar épiait la salle sombre de ses iris aciers et faisant un demi-tour –s'agitant dans ce lit-, il faisait à présent face au dos de ce vert et laissant sa main se tendre, il avait posé sa paume sur cette omoplate découverte.
- Bordel t'es gelé ! Sursauta Zoro en ouvrant cette veilleuse et en se tournant sur lui-même pour faire face à cet ébène caché.
- Je te l'ai dit…, j'ai froid.
- Bon sang, t'es emmerdant. Avait soupiré le Roronoa en agrippant ce corps glacial pour le ramener à lui. …Viens ici et ne bouge pas. Tu peux rester le temps que tu te réchauffes.
Contre ce torse, Law n'osait plus respirer.
Il avait la chair de poule sur tout le corps et ne bougeait plus. Il était enveloppé de ce qu'il recherchait le plus. Enveloppé d'une douce chaleur qui le faisait frémir comme jamais et cette chose le Roronoa le sentait bien, ce fut sans doute pour cela qu'il raffermit sa prise dans le dos de l'ébène.
Sans le faire exprès, Law avait griffé un peu de cette peau sur laquelle il était plaqué et revenant à lui, il avait bougé et relevé la tête. …Dévisager ce vert d'aussi près était étrange et à la fois fascinant. Fascinant et envoutant.
- Roronoa-ya~… !?
- Hum !? Grogne le vert en recouvrant son ainé des couvertures.
Fixant ce menton renfrogné, Law était remonté jusqu'à la tête de cette brute épaisse et n'ayant rien prémédité, il ne fit que s'avancer et attraper cette bouche qui le tentait.
Cette chose avait par contre eu le don de rapidement réveiller ce bretteur qui n'avait pas encore fermé l'œil et de repousser vivement ce docteur. Est-ce qu'il se moquait de lui !? Si c'était ça, c'était bien cruel.
S'asseyant sur le matelas, il tenait à bout de bras ce médecin et le laissant éloigné de lui, Zoro attendait une excuse ou juste une explication.
- Qu'est-ce que tu fais !? Si c'est pour te moquer, tu peux t'arrêter là. Soupira le vert en laissant un regard noir manger les aciers de son interlocuteur.
- Ce n'était pas pour-
- Tu ferais mieux de retourner dans ta chambre.
- Je ne- Commença Law sans pouvoir terminer sa phrase.
- Tais-toi… si tu veux jouer, trouve-toi quelqu'un d'autre je ne vais pas t-
- TU vas me laisser parler oui, abruti de Zoro-ya~ ! S'était écrié Law en retirant ses mains de lui et en poussant ce vert contre la tête de lit. Tu n'es qu'un abruti, emmerdant et crétin mais…, j'étais venu te donner une chance.
- Une chance !? Une chance de quoi… tu m'as rejeté, non. Avoua ledit Zoro surpris d'entendre son prénom dans la bouche de l'autre et de ses mots.
- Parce que tu m'avais surpris, mais comme tu vas bientôt partir, je- …j'ai réfléchis et j'pouvais pas te laisser partir sans savoir. Expliqua l'ébène en baissant doucement sa voix pour reprendre un timbre normal qui allait à la perfection avec son visage embarrassé.
- Et Baby-5 alors !? Tu es bien amoureux d'elle, non.
- Baby-5 !? … …Non, c'est quoi cette idée Roronoa-ya~, tu es trop drôle. Rigola Law sans vraiment se cacher –ou se retenir-, ce qui donnait un nouveau spectacle à ce vert qui assistait à cela pour la première fois. Comment t'en ai venu à penser ça… …t'es super ! Souffla Law sans pouvoir s'arrêter de rire.
- Cette lettre, celle qui lui était adressée… c'était quoi dans ce cas !?
- Pour la remercier. …Elle m'a été d'un grand secours, c'est grâce à elle que j'ai pu tenir aussi longtemps alors, je lui devais au moins ça. Tu es un crétin, Roronoa-ya~
Se chiffonnant les cheveux, Zoro se sentait bête et à la fois soulagé.
Il avait été rejeté seulement parce que l'autre ne s'y attendait pas, pas parce qu'il avait déjà quelqu'un en tête, c'était… inespéré. Il avait donc continué de scruter ce noiraud au large sourire et s'était imprégné de cette image.
Ce médecin était encore plus beau qu'à l'ordinaire. Bien que recouvert des pieds à la tête des couvertures qu'il n'avait pas quitté, il était… adorablement beau.
- Alors pourquoi es-tu venu ici ce soir !? Demanda plus sérieusement le bretteur.
- Pour savoir ce que j'allais faire si jamais ça devait me plaire. Avait répondu Law le plus sérieusement du monde. Parce qu'il en avait marre de ses incertitudes.
Ne sachant pas quoi répondre à cela, Zoro s'était tût. Que pouvait-il faire pour « plaire » à ce médecin !? Il n'en n'avait aucune idée.
Mordant sa lèvre inférieure, il réfléchissait à la dernière phrase de ce docteur et perdu dans ses pensées, il saisit. En un tour de main, il avait récupéré un tas informe sur ses cuisses –pas vraiment lourd- et des mains s'étaient emparés de son visage pour finir par être enveloppé d'une douce chaleur et sensation sur ses lèvres.
Law lui était grimpé dessus et l'embrassait à demi-teinte. En découvrant puis en quémandant plus qu'un bouche-à-bouche timide.
Une langue taquine s'était montrée, elle titillait celle d'un bretteur aux aguets qui avait attrapé les couettes pour au moins sentir qu'il ne rêvait pas. Et si le baiser continuait, c'est que tout était bon signe n'est-ce pas !? Quoiqu'il en soit, Law ne pouvait se détacher de cette bouche qu'il trouvait de plus en plus addictive et si Zoro ne l'avait pas éloigné, il aurait continué sans peine.
- Doc', ça donne quoi !? Demanda Zoro qui fixait sans doute avec espoir son ainé.
- …J'aime beaucoup. Murmura Law qui frôlait le nez du vert du sien dans un mouvement régulier et peut-être aguicheur. …Ne m'appelle pas comme ça.
- Princesse ?!
Certainement pas, Roronoa-ya~
- Law ?! La demande avait eu le don de faire froncer les sourcils de l'appelé. Il ne voulait pas de surnom venant de ce bretteur mais être appelé comme tout le monde ne lui allait pas non plus, c'était presque dérangeant.
- Oublions ça, ça n'a pas d'importance. Grogna presque Law pour le coup mécontent de ne pas avoir de surnom.
- …Je peux te ré-embrasser !? J'en ai très envie là.
- Pourquoi tu demandes alors que généralement tu ne te prives pas de faire ce qui te chante sans connaitre l'avis des autres. Tu es vraiment un-
Il adorait son air renfrogné. …Vraiment beaucoup.
C'est surement pour cela que Zoro lui avait sauté dessus sans qu'il ne puisse terminer sa phrase. C'était au tour du vert de prendre l'initiative dans ce baiser et il était invasif et impatient.
Il avait réussi à se frayer un chemin sous les couvertures pour attraper la taille de ce noiraud et le resserrant contre lui, ils étaient torse contre torse.
Law enroulait ses bras autour de la nuque de son vis-à-vis et suivant avec assiduité ce baiser bouillonnant, ils étaient tous deux enveloppés et cachés de tout.
Pour la première fois, Law se laissait à ses pulsions et si entre deux baisers il fixait ce vert, c'était parce qu'il sentait son cas s'aggraver. Comment en quelques minutes, il était passé de « incertain » à « accro » !? Il n'en n'avait aucune idée.
Tout ce dont était capable Trafalgar à l'instant était de profiter, de répondre à ces morsures et de bouger lascivement pour un peu plus de contact.
Ils ne cessaient plus de s'embrasser, de se découvrir entre deux souffles et Law s'était même dit qu'il se réchauffait de la meilleure des manières. …Jamais il n'aurait pensé le Roronoa aussi doué pour cela ou pour rendre son corps aussi bouillant.
Ses doigts voyageaient de temps à autre sur le torse de l'autre, suivait certaines cicatrices et revenait vers ce visage aux courbes qu'il appréciait.
Son cœur battait comme un damné et il se sentait bien. Horriblement bien dans les bras de l'autre.
Alors ils avaient continué ainsi durant des minutes entières –des heures-. Ils profitaient l'un de l'autre, se découvraient pour la première fois et ce noiraud frissonnait à chaque contact que l'autre portait sur lui. Sur ses bras…, sous son t-shirt, dans le creux de sa nuque ou bien encore sur ses cuisses. Il laissait son corps aux bons soins de l'autre sans pour autant donner la satisfaction au bretteur d'avoir le dessus sur leurs baisers.
Zoro –lui- profitait de tout ce qu'il pouvait voir et avoir. De tout ce que l'autre lui donnait et il souffrait de tant de bonheur. …Il n'avait pas l'habitude d'avoir ce qu'il voulait vraiment.
Il s'était toujours vu refuser ce genre de chose, alors tenir cette taille et embrasser ces lèvres gouteuses et câlines, …il ne pouvait rêver mieux.
Maintenant, il voulait prendre son temps pour le découvrir sous toutes les coutures. Son cœur pinçait par intermittence –entre chaque soupirs entendus- et fier d'être celui qui faisait réagir cet ébène, il marquait doucement cet épiderme de son passage.
Il avait envie de lui, c'était indéniable. Envie de le gouter de partout, sans exception. Et envie de rester là, sous ce noiraud à se faire embrasser.
Ils avaient glissés depuis et si Law enfourchait toujours ce bretteur maintenant allongé, leurs baisers avaient ralentis pour s'attarder sur des caresses et malgré son envie de continuer…, Trafalgar avait trouvé sa place, une source de chaleur et un matelas bien confortable pour un repos bien mérité.
- Tu devrais dormir, Doc'. …Chuchota Zoro en apercevant la fatigue de l'autre quand bien même il continuait de poser ici et là des baisers papillons.
- …Hm, ce n'est pas-
- Je serais encore là demain et toi aussi. Dormons. Murmura de nouveau le vert en attrapant ces mèches de jais entre ses doigts pour pouvoir dorloter cette tête qui ne demandait que ça d'après lui.
- Bonne nuit… Zoro-ya~ Souffla Law pour s'endormir quelques secondes plus tard.
- Bonne nuit Law.
Le bretteur avait embrassé ce front parsemé de longues mèches sombres dans un sourire et avait remonté une dernière fois les couvertures sur le dos de ce noiraud qui le surplombait.
Il avait éteint la seule lumière témoin de leur rapprochement et avait fermé les yeux. Il n'espérait plus qu'une chose maintenant, que cet ébène soit encore là à son réveil.
…Il allait enfin dormir et il était sûr de ne pas se réveiller avant longtemps. Resserrant une dernière fois sa prise sur cette fine taille, Zoro se cacha dans les mèches de son ainé et tomba de sommeil.
