Voici le chapitre XX
Bonne lecture à tous ! Et merci pour vos commentaires et vos messages ! Même si je n'ai pas toujours l'occasion d'y répondre (souvent parce que les commentateurs ne se loguent pas ! LOL), soyez sûrs qu'ils me touchent beaucoup !
Merci à tous !
N'oubliez pas que cette fic (et beaucoup d'autres !) sont publiées sur le site "Shiva Rajah Fanfics" (faire une simple recherche google pour trouver le lien) en version intégralement illustrée !
Bonne lecture !
Claude Neix
CHAPITRE XX
Les lumineuses idées de Shanks...
par
Claude Neix (texte et scénario) et Shiva Rajah (documentation et corrections)
o-o-o
Il faut toujours se réserver le droit
de rire le lendemain de ses idées de la veille.
N. Bonaparte
Allongé sur le lit étroit, Sanji fumait cigarette sur cigarette, dépité.
— Tu préfères une soupe d'algues ou du pâté de palourdes ? demanda depuis la cuisine la voix de la jolie sirène-requin-pèlerin avec laquelle il venait de passer la nuit.
Il grimaça.
— Euh… Ne te donne pas autant de mal ! Je n'ai pas très faim, le matin, mentit-il.
— Alors je vais te concocter un peu de tout, comme ça, ça t'ouvrira l'appétit !
— Ça, ça m'étonnerait beaucoup… gémit-il d'une voix trop faible pour qu'elle puisse l'entendre.
Sanji sentait encore le repas de la veille, préparé par son hôtesse (des gâteaux au plancton et un potage de moules), lui remonter dans l'estomac – à supposer qu'il ait jamais réussi à y descendre.
Il venait de vivre la plus ennuyeuse – non, la plus horrible ! — nuit de toutes celles passées avec une femme et pourtant, il en avait connu des dizaines !
Lui, qui avait toujours rêvé de conquérir une sirène (s'imaginant, comme tous les marins du monde, qu'il n'existait pas de créature plus sensuelle ni plus désirable dans l'océan), venait de connaître la pire déception de son existence – excepté le jour où il avait réalisé que son membre viril était dans la moyenne des tailles standard mais ça, c'était une autre histoire...
Jamais il n'aurait cru qu'une femme — et surtout pas en sa compagnie ! — puisse être aussi fastidieuse dans un lit ! Certes, il en connaissait de particulièrement timides ou inexpérimentées qui ne savaient pas comment occuper leurs mains ou qui se laissaient faire en poussant des petits cris surpris ou des « Non, arrête… », voire quelques « Non, non, pas là… » aussi convaincants qu'un discours d'officier de Marine sur les bienfaits de la piraterie. Mais aucune d'entre elles n'avait eu l'air d'un mérou mort échoué sur une plage, tant par son immobilité que par l'expression de son regard. Comment diable faisaient les hommes-poisson pour réussir à… ? Enfin, bref ! Lui, en tous les cas, avait sonné le repli avant la fin du combat et, soit dit en passant, la belle ne parut même pas s'apercevoir qu'il avait déclaré forfait.
Une calamité ! Un jour à marquer d'une pierre noire dans son curriculum vitae de séducteur.
Sa sirène revint dans la chambre avec un plateau contenant des choses aussi insipides et indigestes que la nuit que Sanji venait de passer avec elle mais il prit sur lui pour afficher un sourire séducteur, ses synapses moulinant au à une vitesse affolante pour trouver un prétexte à partir au plus vite !
xox
Jinbei enfila rapidement un peignoir et alla voir qui venait le réveiller de si bon matin.
— Voilà ! Voilà ! J'arrive ! Une minute !
En ouvrant la porte, il eut la surprise de trouver Arlong et Robin sur son paillasson.
— Désolé de te tirer du lit à l'aube, Aniki, s'excusa l'homme-requin-scie avec une bonne humeur que le paladin des mers ne lui avait pas vue depuis des années. Robin doit te parler de quelque chose de très important, ajouta-t-il en posant sa grande main palmée sur l'épaule de la jeune femme en un geste trop affectueux et intime pour n'être qu'amical.
Tiens, tiens… Les choses auraient-elles fait un bond en avant, entre ces deux-là ?
— Cela doit être important, en effet, pour venir dans ce quartier à une heure pareille. Allez, entrez, ne restez pas à la porte. Asseyez-vous, je vais faire un peu de thé.
Robin, qui avait pris le temps de passer sur le Sunny pour se changer et prendre son sac à dos, précéda Arlong dans la petite maison et ce dernier verrouilla le battant. Il avait hâte de voir la tête de Jinbei lorsque l'archéologue lui annoncerait que Fisher Tiger était toujours de ce monde et plus actif que jamais !
xox
Dans la cabine de Buggy, le mobilier avait autant pâti que les deux belligérants, qui avaient rendu coup pour coup sans même se soucier de retenir un peu leurs poings.
Couverts de bleus, de coupures et de griffures, Shanks et Buggy avaient fini par s'effondrer, à bout de souffle, l'un à même le plancher de bois et l'autre sur le lit.
— Comme au bon vieux temps, hein Buggy ? réussit à articuler Le Roux en riant. Outch… gémit-il en tâtant un petit hématome sur sa mâchoire endolorie.
Le clown se redressa sur un coude.
— J'espère que ça te fait TRÈS mal !
Le rire de son ancien comparse redoubla.
— Et ça me fera encore plus mal demain ! Ah ! Ah ! Ah ! Je n'ai malheureusement pas tes facultés de récupération !
Buggy roula des yeux.
— Est-ce que tu réalises au moins ce que tu as fait ? gronda-t-il. Alvida va…
— Ton Alvida ne fera rien du tout, le coupa Shanks en recrachant un petit morceau de dent. Tu n'as donc pas remarqué l'éclat dans son regard, lorsqu'elle nous a surpris ?
Le clown cligna des paupières, interdit.
— Hein ?
L'empereur pirate se redressa en grimaçant, frottant son ventre endolori.
— Tu te souviens quand on avait quinze ans ? Notre premier voyage à Loguetown.
Buggy fronça les sourcils, ne voyant pas à quoi il faisait référence.
— Non.
—Mais si ! insista Shanks. Les jumelles qu'on a essayé de séduire avant que le capitaine ne nous envoie deux beautés. Allons, Buggy ! Tu n'as pas pu oublier ça !
L'allusion aux deux magnifiques courtisanes qui les avaient déniaisés, lui et Shanks, fit immédiatement réagir le clown et un grand sourire étira ses lèvres.
— Oh ! Elles ! dit-il. Oh, là, là… Quelle nuit, non d'un sloop !
Il ferma les yeux avec un sourire béat et revit la scène dans une taverne bruyante de Loguetown, non loin de l'endroit où Roger serait exécuté quelques années plus tard...
— T'as vu, Buggy ? Elles sont revenues.
Shanks venait de lui donner un coup de coude en lui désignant le fond de la taverne bruyante et bondée. Dans le coin le plus sombre de la grande salle, deux jeunes jumelles aux yeux de biche et à la chevelure de feu gloussaient en observant les clients qui dansaient, riaient ou s'interpellaient d'une table à l'autre. Les demoiselles – visiblement filles de riche marchand ou d'armateur venues s'encanailler et vivre le grand frisson au contact des pirates – ne perdaient pas une miette du spectacle qui s'offrait à elles et leurs yeux couraient avec gourmandise sur les corps à demi nus, à la peau tannée par l'air du large, couverte de tatouages et de cicatrices.
Protégées des marins trop entreprenants par deux butors – gardes du corps ou domestiques ; peut-être même les deux à la fois – elles ne cessaient de chuchoter, plus émoustillées par la proximité des hors-la-loi que deux chattes devant un bol de lait.
— Qu'est-ce qu'elles sont belles… soupira Buggy.
Shanks lui tapota l'épaule.
— Peut-être qu'elles aiment les gros pifs rouges !
Son ami blêmit pour devenir, la seconde suivante, aussi rouge que le nez en question.
— Qui tu traites de gros pif ? Répète un peu, pour voir !
Il attrapa son camarade par le col de son maillot, menaçant, et le jeune rouquin pressa son nez contre le sien, nullement impressionné.
— Tu vois combien de personnes avec un gros pif rouge, à part toi ?
— Je vais te faire bouffer tes… !
— Chut ! Elles nous regardent, l'interrompit Shanks.
— Hein ?
— Non, ne te retourne pas ! Elles nous regardent, je te dis…
Buggy s'immobilisa, toujours agrippé au maillot de son ami et le nez contre le sien.
— Comment ça « elles nous regardent » ? chuchota-t-il. Elles nous regardent du genre « tiens, deux crétins qui se battent » ou plutôt « Woah ! C'est qui le beau gosse aux cheveux bleus avec le demeuré rouquin ? » ?
Shanks plissa les paupières.
— Plutôt « j'observe et je glousse ». On dirait qu'elles attendent quelque chose...
— Qu'on se batte, sûrement.
— Bon sang ! Elles ne nous quittent pas des yeux.
— C'est bizarre… Elles sont peut-être un peu tordues.
Shanks tourna franchement la tête dans leur direction et, en voyant clairement les expressions de leurs visages, il laissa échapper un petit rire.
— Eh, Buggy… Ça te dirait de les emmener dans un coin tranquille ? murmura-t-il d'une voix tout juste audible.
Le clown rougit de plus belle.
— Qu'est-ce qui te fait croire qu'elles seraient intéressées ? Tous les autres se sont cassé les dents.
— Ils sont vieux et ils n'ont rien compris. Alors ? Ça te dirait ou pas ? répéta le rouquin en frottant sa joue contre la sienne, ce qui parut grandement émouvoir les deux filles, à en croire les cris de souris qu'elles poussèrent et leurs gloussements ravis.
— Merde, Shanks, tu fais quoi, là ? s'affola Buggy en sentant la main de son ami se poser à plat sur son torse en un geste pour le moins équivoque.
— T'inquiète, il suffit juste de faire semblant. Fais-moi confiance. Si on les allume suffisamment, un damnera le pion à tous les autres. T'en as pas marre, de te faire traiter de « puceau », franchement ?
Son ami déglutit bruyamment. Clouer le bec de l'équipage de Roger et enlever à tous ces vieux loups de mer l'envie de se moquer de lui dès qu'il était question de filles ou de sexe, il en rêvait depuis des mois ! Sans compter qu'à 15 ans, il en avait plus qu'assez, de voir les plus jolies demoiselles se jeter dans les bras de types qui, d'après lui, ne valaient pas tripette alors que lui-même et son comparse devaient se contenter de regarder.
Les deux jumelles étaient exactement ce qu'il leur fallait et le simple fait d'imaginer ses mains courir sur les cuisses blanches provoquait une descente de lave en direction de son bas-ventre.
À quelques tables de là, Rayleigh et Gol D. Roger buvaient et devisaient en charmante compagnie.
Le second de l'Oro Jackson n'avait que trop noté l'intérêt que les jeunes jumelles portaient à leurs moussaillons et il savait que Shanks – quel petit retors, celui-là ! — l'avait remarqué aussi.
« Pourvu qu'ils ne fassent pas de bêtise… »
Selon toute vraisemblance, les gamines étaient des gosses de riche et, si les garçons s'en approchaient de trop près (ou pire !), ce serait leur tête, qu'ils mettraient en jeu. Aucun parent ne supporterait de voir sa fille troussée – ou engrossée – par un pirate !
Lorsqu'il vit les deux garçons s'éloigner vers une table toute proche de celle des filles et à demi plongée dans la pénombre, il fronça le sourcil.
— Qu'est-ce qu'ils mijotent, ces deux idiots ?
Roger, notant son expression inquiète, posa sa chope de bière et suivit son regard.
— Qu'est-ce que tu as ? Oh ! Nom d'un petit maquereau !
Le pirate venait de voir Shanks se pencher sur Buggy pour lui lécher l'oreille sans la moindre pudeur.
— Depuis quand ont-ils ce genre de tendance, les deux microbes ? s'étrangla Roger.
Rayleigh secoua la tête et désigna les deux jolies jumelles du menton. Le rose aux joues, elles écarquillaient les yeux en gloussant comme jamais, visiblement émoustillées par le spectacle que leur offraient les deux mousses de l'Oro Jackson. Leurs serviteurs, eux, se détournaient, embarrassés à la fois par la vision des garçons et par le comportement de leurs maîtresses.
— Je crois plutôt que ces deux petits crapouillards ont trouvé le moyen d'attirer l'attention de ces jeunes filles et de les mettre sur des charbons ardents.
Roger observa le manège un moment et éclata de son rire tonitruant.
— Ah ! Ah ! Ah ! Les sales renardeaux !
— C'est vrai qu'ils sont mignons, vos moussaillons, nota l'une des femmes accrochée au bras du capitaine pirate, une superbe brune au corps affolant et aux cheveux de sirène – le genre de courtisane que l'on se serait attendu à voir à la cour du roi d'Alabasta plutôt que dans la taverne d'un port.
Sa compagne, qui avait escorté Rayleigh toute la soirée, une rousse incendiaire aux yeux plus bruns que le goémon et à la peau de lait acquiesça et se passa une langue gourmande sur les lèvres.
— Regardez-moi ces bouilles et ces incroyables couleurs de cheveux… De vraies poupées ! Comment s'appellent-ils ?
— Le rouquin, Shanks, et l'autre, Buggy.
Ce dernier s'assit à califourchon sur les genoux de Shanks, qui enroula les bras autour de sa taille pour le serrer contre lui et essayer de l'embrasser, ce qui ne parut pas du tout plaire à son camarade.
— Ce qu'il est chou, avec son nez rouge ! On dirait un petit clown ! s'extasia la courtisane rousse. Et l'autre, avec ses joues toutes rondes… Ça ne te donne pas envie de mordre dedans, Cassandra ?
Les deux courtisanes laissèrent échapper des « Oh ! » attendris qui firent tiquer Roger et son second. Ils se faisaient des idées ou leurs charmantes compagnes ne leur accordaient soudain plus la moindre attention ?
— Ce qu'ils sont maladroits ! Oh ! Cassandra ! C'est la chose la plus mignonne que j'ai vue depuis longtemps !
Roger essaya de renverser la situation.
— Euh… Mesdames, que diriez-vous de laisser ces jeunes gens à leurs affaires et de…
— Et si, au contraire, nous nous chargions de l'éducation de ces deux petits bouts ? rétorqua la femme avec un clin d'œil à son amie.
Roger lança un coup d'œil estomaqué à Rayleigh, qui grimaça.
— Dites donc Miladies… chuchota ce dernier en prenant la main de la brune avec un regard ravageur. Ne seriez-vous pas en train de nous fausser compagnie ?
La courtisane lui répondit par un sourire séducteur et effleura sa joue de ses lèvres fardées.
— Allons… N'est-il pas du devoir d'un capitaine et de son officier de permettre à deux jeunes moussaillons de devenir des hommes, mhh ?
Le second de l'Oro Jackson éclata de rire et haussa les épaules en direction de son capitaine, qui posa une bourse remplie de pièces sur la table avec un sourire aussi résigné qu'amusé.
— Je suppose que cela devrait suffire pour les deux loupiots ?
Les deux courtisanes échangèrent une œillade entendue et la rousse embrassa Roger sur la bouche avant de se saisir de la bourse.
— Demain, à midi, vos adorables matelots seront de retour chez eux en hommes accomplis.
Rayleigh et son capitaine les suivirent du regard, les pupilles clouées sur leurs corps magnifiques, et jurèrent de concert.
— Ces deux sales petits grumeaux vont me payer cet affront ! plaisanta le premier en commandant une autre chope de bière.
Roger partit d'un rire tonitruant.
— Bon sang ! Ce que j'aimerais avoir 15 ans et être à leur place cette nuit !
Son second soupira.
— Et moi donc !
— Ah ! Ah ! Ah !
Un peu plus loin, Shanks et Buggy ne se doutaient pas un instant de leur bonne fortune et échangeaient des regards entendus avec les deux jumelles – désormais aussi excitées qu'eux – lorsque deux déesses, l'une brune et l'autre rousse, descendirent sur terre pour apparaître à leurs côtés.
La seconde s'assit sur le banc, à côté de Shanks, et l'autre prit place sur une chaise, derrière le clown, toujours à califourchon sur son camarade.
La beauté des deux femmes, vêtues de robes de soie diaphanes qui révélaient toute l'étendue de leurs charmes et parées des plus exquis bijoux qu'ils n'avaient jamais vus, les laissa sans voix. Ils les reconnurent aussi pour les avoir aperçues au bras de Roger et de son second en début de soirée.
— Tu dois être Shanks, chuchota la rousse incendiaire à l'oreille du garçon, le faisant littéralement fondre.
Il acquiesça, incapable de prononcer un mot, envoûté par la voix profonde et la fragrance délicate qu'elle dégageait.
— Et toi, tu es Buggy, n'est-ce pas ? demanda la brune en laissant courir ses longs ongles peints et soigneusement manucurés sur la nuque exposée du petit clown.
— Ou… Oui, Madame, bredouilla Buggy, la gorge soudain sèche.
Les deux courtisanes firent tinter des rires attendris et la brune caressa la joue lisse du clown du dos de ses doigts parfumés, plongeant celui-ci dans une confusion qui confinait à la panique.
— Votre capitaine, Gol D. Roger, vous donne quartier libre, cette nuit… dit-elle en effleurant la joue rebondie de ses lèvres.
Sa compagne, ne voulant pas être en reste, referma les doigts sur le menton de Shanks et fit pivoter sa tête. Lorsque ses lèvres se posèrent sur celles, si tendres, du mousse en un court et chaste baiser, le cœur du garçon faillit éclater dans sa poitrine.
— … et vous autorise à la passer en notre compagnie.
Les moussaillons échangèrent un nouveau regard sidéré et tournèrent la tête vers la table de Roger.
Celui-ci et Rayleigh levèrent leur chope dans leur direction avec un sourire entendu et le sang s'arrêta de couler dans les veines de Buggy.
Lui et son camarade, passer la nuit avec deux superbes courtisanes ? Pas des adolescentes ni des filles de marin coincées, non ! De VRAIES femmes ! Et du genre qui, habituellement, ne s'approche que des pirates célèbres, des nobles ou des officiers les plus hauts gradés de la Marine !
— Il… Il est où, le piège ? balbutia le clown, sa méfiance naturelle et sa paranoïa prenant le pas sur son enthousiasme. Le capitaine nous fait une blague, hein, c'est ça ?
La courtisane brune qui répondait au nom de Cassandra eut un sourire ému et joua avec une mèche azurée échappée du son bonnet.
— Vous êtes vraiment trop mignons ! Bien trop pour ces deux petites pestes, ajouta-t-elle en désignant les jumelles, qui fulminaient littéralement.
— Un réel gâchis, renchérit sa compagne en caressant la cuisse de Shanks. Que peuvent-elles vous apprendre, ces deux bécasses, mhh ?
— Nous… Nous apprendre ? bredouilla le jeune rouquin.
La courtisane acquiesça avec un clin d'œil.
— Nous avons promis à votre capitaine de faire de vous des hommes, cette nuit, susurra-t-elle, faisant s'émouvoir le garçon au point que la bosse dans son pantalon en devenait incommode. Il en va de notre honneur. N'est-ce pas, Cassandra ?
Sa compagne acquiesça d'un hochement de tête et fit doucement glisser ses ongles le long du dos de Buggy, le faisant se raidir et frissonner violemment.
— Nous… Nous ne pouvons pas nous offrir… vos services, avoua-t-il la mort dans l'âme. Nous ne sommes que des mousses.
Les courtisanes laissèrent échapper des rires clairs.
— Qui te parle d'argent, petit clown ?
Buggy cligna des yeux, de plus en plus surpris, mais la superbe brune le prit par la main, l'obligeant à se lever.
Les garçons essayaient désespérément de dissimuler le renflement à l'entrejambe de leur pantalon et les deux femmes trouvèrent cela particulièrement touchant.
— N'aie pas honte, petit clown, chuchota Cassandra à l'oreille de celui-ci. Sois fier de ta virilité et de tout ce qu'elle représente.
Le moussaillon rougit mais se laissa guider vers la porte, la courtisane à son bras et toutes les têtes se tournèrent sur leur passage.
« J'y crois pas ! Non mais vous avez vu avec quoi ils partent, les deux mouflets ? »
« Attends ! C'était pas la poule du capitaine, ça ? »
Un marin fin soûl, qui ne faisait pas partie de l'équipage de l'Oro Jackson, se permit même d'interpeller l'une des femmes.
« Eh ! Ma jolie ! Tu veux pas essayer un vrai homme plutôt qu'un clown prépubère ? »
Buggy se figea, plus rouge que son nez, et se tourna, prêt à faire face à l'homme qui l'avait insulté mais la courtisane fut plus rapide que lui.
— Lorsque tu auras la peau aussi douce que la sienne, peut-être.
Des éclats de rire retentirent de tout côté et l'homme, humilié, ne put s'empêcher de rétorquer.
— J'ai peut-être plus une peau de bébé, ma belle, mais j'ai assez d'expérience pour envoyer une femme au septième ciel, ce qui n'est sûrement pas le cas de ce puceau de clown !
Cassandra hocha la tête et serra le bras du mousse pour l'empêcher de répondre.
— Oui, c'est généralement ce que s'imaginent les hommes qui répandent leur semence de port en port comme un tavernier des gobelets de mauvais vin…
L'hilarité des hommes présents atteignit des sommets et le marin, traîné plus bas que terre, porta la main à la garde de son sabre. Ses doigts avaient à peine effleuré le métal que le fil d'une lame se posa sur sa gorge.
— Ce n'est pas gentil de se moquer de notre mousse et de menacer une dame, prévint Rayleigh. Assis ! Et fais des excuses. Allez ! insista-t-il en faisant perler le sang de l'homme, qui n'en menait pas large, soudain.
— Dé… Désolé, Madame. C'était juste… Juste une blague.
La courtisane tourna les talons pour quitter les lieux avec un dernier regard débordant de mépris, suivie de sa compagne et des deux moussaillons.
Buggy n'oublierait jamais la nuit que Shanks et lui avaient passée en compagnie des deux femmes ! C'était le genre de nuit qu'un homme ne pouvait pas effacer de sa mémoire…
— Ça ne nous rajeunit pas, tout ça… soupira-t-il en se frottant le menton, pensif.
— Quelle nuit, hein ? fit Shanks en clignant de l'œil. Je crois bien que je n'ai jamais plus repris mon pied comme ça.
Le clown laissa échapper un petit rire.
— Mhh… C'était un sacré feu d'artifice !
Shanks se leva pour se servir un verre de Cognac de la bouteille qui traînait sur le bureau de son ancien comparse.
— Eh ! Bien, crois-le si tu veux mais je suis certain que, tout à l'heure, ton Alvida a réagi exactement comme ont réagi ces femmes, à l'époque. Ce qu'elle a vu lui a plu, je l'ai lu dans son regard.
Buggy écarquilla les yeux, ne sachant s'il devait éclater rire ou se mettre en colère.
— Pour ce que ça change, de toute façon…
Son ami leva le sourcil.
— Hein ? ça veut dire quoi, ça ? C'est ta maîtresse, non ?
Le clown secoua la tête en grimaçant.
— Han, han…
De surprise, Shanks faillit en laisser tomber son verre.
— Tu plaisantes, j'espère !
…à suivre
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