La Voix des Morts

Les Blas-blas de Xérès : Bonjour tout le monde ! Un chapitre qui arrive avec un peu de retard mais j'ai une bonne (une très bonne) excuse ! Ce samedi, j'ai passé la journée à distribuer des flyers pour le concours Harry Potter dans ta ville, participé à un flashmob, et ensuite passé la nuit au cinéma à bumper avec d'autres fous furieux comme moi (50 points par Bump, un bump toutes les trois secondes et 13 heures de bump d'affilée !) Vous n'imaginez même pas à quel point c'est glauque un cinéma, la nuit. L'atmosphère dans les salles est hyper oppressante, il n'y a pas le moindre bruit, c'était parfait pour une ambiance film d'horreur. Bref, donc vous ne pouvez pas m'en vouloir de ne pas avoir écrit ma fic ce weekend vu que j'ai fait un weekend spécial Harry Potter, na ! Bonne lecture ^^ Et ALLEZ BORDEAUX !

Réponses aux reviews :

May : Oui, Harry va passer par une période très sombre. Et Ginny ne va rien arranger… Gros bisous !

PrettyLo' : Désolée de t'avoir torturée, pourtant, objectivement je n'ai que deux jours de retard ! Je ne voulais pas que Tom tue Sarah, je voulais qu'il soit perçu comme imprévisible, un nouveau style de méchant, quoi. Et puis je ne pouvais me résoudre à faire ça à mon Lulu adoré. J'avoue. Je l'aime mon Lulu et je ne veux pas qu'il soit triste. (mais j'aime bien quand il est pas-content … :p) Bisous !

Black666 : C'est bon, je te pardonne, une review comme ça en vaut bien trois ! Et OUI, tu peux tuer Ginny à la petite cuillère, d'ailleurs si tu veux te marrer un bon coup et trouver de l'inspiration pour ce meurtre, je t'invite à aller regarder une petite vidéo sur youtube « The Horribly Slow Murderer with the Extremely Inefficient Weapon by Richard Gale », c'est une fausse bande annonce d'un serial killer qui essaie de tuer un type en le frappant à coups de petite cuillère ^^. Bisous.

Loufoca-granger : ouh là ouh là, il est un peu trop tôt pour parler d'alliance, mais c'est vrai que ce sont deux personnages qui se ressemblent beaucoup alors j'ai trouvé marrant de les faire discuter. Harry se méfie de Malfoy car il est tout de même le fils du bras droit de son ennemi et surtout directement impliqué dans l'affaire, alors c'est normal qu'il craigne pour sa sécurité ainsi que pour celle de sa petite Hermione. Bisous !

Tronchederoswell : merci pour ta review. J'aime avoir des gens qui se défoulent sur Ginny (je la déteeeeeeste ! lol) Eh oui, pour notre Maîtresse JKR, les méchants sont méchants et donc ne méritent pas que l'on s'intéresse à leurs sentiments puisque bien sûr ils n'en ont pas ! Bisous !

NYOZ3KA : Hein ? Comment ça feignante ? Non mais, je ne te permets point ! Lol. Et oui c'est bien ça, comme toujours avant une grande bataille, les liens se tissent, les gens font semblant que la vie continue … Bisous !

Littlepixette : Merci pour toutes tes reviews ^^. Ne t'inquiètes pas j'ai prévu un dénouement bien glauque pour Lucius … Quant à la formule en latin, non c'est du vrai latin, c'est une formule de résurrection pêchée dans un rituel satanique enfin bref, ne me demande pas comment je trouve ce genre de trucs … hem. Bisous !

Dame Aureline : Merci pour ta review ! Pour répondre à ta question, Tom a sincèrement voulu épargner Sarah. Comme vous le verrez plus tard, la mort l'a changé, il est revenu plus jeune mais avec le souvenir de tous ses échecs passés : il réfléchit plus, il est plus mature, plus intelligent, plus puissant peut-être … mais plus prudent, ça c'est sûr. Mais c'est vrai qu'il profite également de sa « connexion haut débit » avec Harry pour qu'il sache que son amour l'a trahi… A bientôt !

Un grand merci à Mel, Mione159, Jun O-Ren, mOowna-xoxo, fiind-lOve, Emma-des-piles_974.

Chapitre 20 : Attendre et te perdre.

En début de ce dimanche après-midi, Hermione réalisa qu'elle n'avait presque plus de parchemins et qu'elle avait besoin de s'acheter quelques nouveaux livres. Elle décida donc de se rendre à Pré-au-Lard, malgré les protestations de Draco qui n'en avait aucune envie mais qui était pourtant bien obligé de la suivre. En dépit de quelques arguments tout à fait valables (« Mais tu as déjà des centaines de livres ici ! »), Hermione n'en démordait pas et bientôt, ils se mirent en route.

Les grommellements du blond cessèrent enfin lorsqu'ils passèrent devant une boutique d'accessoires de Quidditch. Le jeune homme colla son nez à la vitrine pour admirer un ensemble de protège-tibias en cuir de dragon et Hermione leva les yeux au ciel lorsqu'il commença à lui en vanter les 1001 qualités. Elle s'éclipsa bientôt pour entrer dans la boutique de fournitures scolaires, laissant le Serpentard à son lèche-vitrine.

Les bras chargés de parchemins, plumes, encre et enveloppes, elle s'apprêtait à traverser la boutique jusqu'à la caisse lorsqu'une main s'abattit sur sa bouche et qu'un bras passa autour de sa gorge pour lui couper la respiration. Avec un bruit sourd, ses fournitures s'éparpillèrent sur le sol tandis que les bras l'emportaient dans l'arrière-boutique.

Lorsque la porte du réduit se referma, Hermione et son aggresseur se retrouvèrent un instant dans le noir, puis la lumière jaillit d'une baguette et elle sentit qu'on la retournait. La main plaquée sur sa bouche prit place sur sa gorge et serra. Cette main était reliée à un bras puissant, lequel était rattaché à un homme. Un homme qui portait le badge luisant de la Brigade de Sécurité. Hermione fusilla l'homme du regard. Il faisait partie de l'équipe qui enquêtait sur elle depuis l'attentat au Ministère. Et il semblait furieux.

Hermione sentait les cartilages de son cou se débattre sous la poigne de fer de l'agent. « V… vous me faites mal … Lâchez-moi », siffla-t-elle d'une voix étranglée.

Mais l'homme ne desserra pas sa prise. Bien au contraire. Avant qu'Hermione ait pu comprendre ce qu'il se passait, l'homme avait sorti sa baguette et les faisait transplaner.

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Devant la boutique d'accessoires de sport, Draco porta soudain une main à son front. Une douleur fulgurante venait de le traverser, comme si on venait de lui enfoncer un pic à glace dans la tempe. Il tomba à genoux, soudain nauséeux.

Pourquoi avait-il si mal ? Cela faisait des semaines qu'il n'avait plus eu la moindre migraine. Tant qu'Hermione était dans les environs, il n'y avait pas de raison d'avoir mal à la tête et Hermione … était dans la boutique voisine. À moins que …

Le Serpentard se releva difficilement, la main toujours plaquée sur son front et plissa les yeux pour atténuer la lumière du soleil et donc la douleur. Il se dirigea vers la boutique de fournitures scolaires, entra, s'attirant les regards curieux des autres clients, arpenta différents rayons. Il trouva très vite un tas de parchemins et de fournitures sur le sol. Certaines feuilles étaient froissées, comme si on les avait piétinées et traînées sous des chaussures.

Un sentiment étrange envahit l'estomac de Draco et il revint sur ses pas pour aller trouver le gérant de la boutique, installé derrière son comptoir. L'homme semblait un peu nerveux et il jeta un regard hagard à Draco lorsque celui-ci s'arrêta devant lui.

« Hé, vous », le héla grossièrement Draco. « Vous avez vu une fille ? Brune, les cheveux en bataille, en uniforme de Gryffondor ? »

Le type esquissa un rictus et Draco le vit se tordre les doigts nerveusement. « Je … je ne sais pas … je ne sais rien du tout. »

Draco plissa les yeux, furieux. Sans prévenir, il passa un bras par-dessus le comptoir et saisit l'homme par le col de sa chemise. « Ecoute-moi bien, espèce de vieux connard ! Dis-moi où elle est sinon je peux t'assurer que tu vas entendre parler de la famille Malfoy. »

À la mention de son nom, le gros homme pâlit et regarda frénétiquement autour de lui, à la recherche d'un quelconque moyen de se sortir de là. Mais en voyant les quelques clients de la boutique sortir sans demander leur reste, il pinça les lèvres et rassembla le peu de courage qu'il y avait dans cette grosse carcasse.

« Je … je … il y avait cet homme … Un type du gouvernement … Il avait un badge ! », s'écria-t-il comme si cela excusait son comportement. « Il m'a dit qu'il était en mission et qu'il devait procéder à une arrestation. Il a suivi la fille … et ils ont disparu. Moi je voulais pas … je voulais pas que des choses comme ça se passent dans mon magasin mais … il avait un badge, vous comprenez … moi je veux pas de problèmes avec le gouvernement … je suis un honnête commerçant, je-

« La ferme », cracha Draco en lui jetant un regard dégoûté. « Est-ce que tu sais où il l'a emmenée ? »

L'homme secoua frénétiquement la tête. Draco se passa une main dans les cheveux et lâcha le col de l'homme qui sembla se détendre quelque peu. Draco se dirigea vers la sortie mais se retourna une dernière fois en direction de l'homme.

« Ne parle de ça à personne, compris ? », cracha-t-il en plissant les yeux.

L'homme secoua de nouveau la tête. « Non, non … promis … je – je veux pas de problèmes, moi, vous savez … »

« Ouais, ouais, je sais », marmonna Draco en sortant de la boutique. Direction Poudlard. Il devait à tout prix prévenir Potter et sa Belette de compagnie.

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Lorsque les pieds d'Hermione touchèrent à nouveau terre, elle se trouvait dans un long couloir mais elle n'eut pas le temps de l'étudier plus longtemps car l'homme la poussa en avant, dans une petite salle sommairement meublée. Une table de vieux bois vermoulu, une chaise. L'homme attacha Hermione sur la chaise et recula d'un pas pour admirer le résultat. Il esquissa un rictus, qui s'accentua lorsqu'il vit le regard furibond que lui lançait Hermione. Il laissa échapper un petit rire et sortit de la pièce en claquant la porte.

Hermione tenta de calmer sa respiration mais elle était tellement en colère qu'elle ne pensait qu'à une seule chose : hurler de rage. Ce qu'elle fit. Certes, cela ne changeait pas grand-chose, mais cela faisait un bien fou. Mais le rire qui lui parvint depuis l'autre côté de la porte raviva sa haine pour son geôlier.

Quelques minutes plus tard, elle entendit des pas et comprit que d'autres agents rejoignaient son agresseur lorsqu'ils se mirent à parler. Hermione ne saisit que quelques bribes de conversation mais en comprit l'essentiel. Apparemment, Brady avait réussi à leur échapper, avec l'aide d'un complice et il y avait eu des morts.

Et ils la soupçonnaient.

Ils étaient donc revenus à Poudlard et avaient refait un prisonnier. Elle. Ces salopards allaient lui payer ça.

« Si tu voyais le regard qu'elle me fait … si elle pouvait me tuer rien qu'en me fixant, elle le ferait, cette petite garce », entendit-elle dans le couloir tandis que deux rires gras accompagnaient les paroles de l'agent.

« Il faut que tu la cuisines au sujet du gosse. Elle doit sûrement savoir où il se cache. Et la petite salope brune aussi », fit un agent à la voix plus grave.

Une autre voix l'interrompit. « Minute, Goodwin, le lien n'a pas encore été officiellement établi entre Weaver et la terroriste, la Ministre ne pense pas que-

« Je me branle de ce que pense la Ministre », fit à nouveau Voix Grave. « Moi, je suis persuadé que le lien existe. Et je le prouverai. »

Hermione serra les dents en entendant le verrou tourner et la porte s'ouvrir. Trois hommes, ou plutôt trois silhouettes sombres apparurent dans l'encadrement. L'agent qui l'avait kidnappée la pointa du doigt.

« Non mais vous avez vu ce regard ? », ricana-t-il. « C'est qu'elle mordrait … »

« On te laisse t'en occuper, on revient dans dix minutes avec quelques accessoires … », fit Voix Grave avant de tourner les talons en compagnie du dénommé Goodwin. Hermione resta donc seule avec son assaillant, qui referma la porte.

Sa colère était si forte qu'Hermione sentit à nouveau un flux d'énergie l'envahir. Cette fois, elle n'allait pas se laisser surprendre. Elle allait utiliser cette nouvelle énergie, cette nouvelle magie pour sauver sa peau. Elle plissa les yeux et se concentra sur les liens qui enserraient ses pieds et ses poings. Doucement, elle les sentit glisser comme deux serpents qui se laisseraient tomber d'une branche. Elle sourit et l'homme se figea en la voyant se lever doucement. Rapide comme l'éclair, il sortit sa baguette de sa poche et la pointa sur elle. Hermione regarda l'homme. Plus précisément, elle posa les yeux sur son cou et sur les veines qui y battaient avec un rythme régulier. Alors que l'homme s'apprêtait à hurler un sortilège, il porta une main à son coeur et sa bouche s'ouvrit toute grande, comme si l'air n'entrait plus dans ses poumons. Il se mit à grimacer, grogner, ses genoux s'affaissèrent doucement tandis que son visage devenait violacé.

Avant qu'Hermione ait pu réaliser ce qu'elle faisait, l'homme était mort étouffé.

Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu …

Mais ce n'était pas le moment de prier. Elle se précipita vers la porte et l'ouvrit, avant de sortir en courant. Dans le couloir, les deux hommes n'étaient pas bien loin et se retournèrent en entendant le vacarme. Hermione sentit l'énergie en elle monter à son paroxysme et perdit totalement conscience de ses faits et gestes. Lorsqu'elle sembla sortir de sa torpeur, les deux agents gisaient sur le sol. Du sang tapissait les murs, le sol, les vêtements d'Hermione, ses mains et son visage. Tremblant de tous ses membres, elle jeta un œil en direction des deux cadavres. Leurs gorges semblaient avoir été déchirées de l'intérieur. Hermione étouffa un gémissement et se plaqua contre le mur, essayant de mettre un maximum de distance possible entre elle et les corps mutilés. Après quelques minutes passées à tenter de calmer les tremblements qui agitaient ses mains et sa mâchoire, elle avisa sa baguette, que les hommes avaient confisquée, sur le sol, près d'un dossier rempli de parchemins. Elle prit sa baguette et la pointa sur elle-même pour transplaner. Prochain arrêt, la Forêt Interdite. Là-bas, on ne la retrouverait pas.

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Lorsque Draco trouva Potter, celui-ci était dans la Grande Salle avec Weasley, l'air quelque peu constipé. Mais Draco s'en fichait pas mal. L'important, c'était qu'Hermione avait été enlevée.

« Potter », commença-t-il tandis que Ron lui jetait un regard noir.

« Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? », cracha-t-il tandis qu'Harry adressait un regard désapprobateur à son ami.

« Hermione a été enlevée », annonça-t-il aussitôt. Mieux valait ne pas traîner en explications. La réaction des deux Gryffondors ne se fit pas attendre.

« Quoi ? », hurla le duo à l'unisson tandis qu'ils sautaient sur leurs pieds.

Draco grimaça en voyant quelques élèves se retourner vers eux. « Pas ici. Dehors », dit-il en leur faisant signe de le suivre. Ce qu'ils firent. Le blond leur expliqua alors ce qu'il avait appris chez le commerçant de Pré-au-Lard et Ron se mit aussitôt à hurler des insanités et des insultes à l'attention de la Brigade. Harry, quant à lui, sortit la carte des Maraudeurs pour la consulter. Alors que Draco essayait tant bien que mal de ramener le rouquin au calme pour avoir une conversation structurée et utile, Harry l'appela d'une voix sèche.

« Malfoy », dit-il en lui tendant la carte, le doigt posé sur la Forêt Interdite. Un petit point noir se trouvait au milieu de la forêt, accompagné du nom d'Hermione Granger. « Hermione est ici. Et elle est seule. »

Draco fronça les sourcils et fonça aussitôt en direction de la Forêt Interdite, suivi de près par les deux Gryffondors.

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Lorsqu'Hermione arriva dans la Forêt Interdite, elle se laissa aussitôt tomber contre un arbre. Les yeux écarquillés, tremblante, elle se courba et vomit.

Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu …

Une nouvelle salve de bile la secoua violemment et des larmes mêlées de sueur perlèrent au coin de ses yeux. Lorsque plus rien ne sortit de son œsophage, elle se laissa tomber dans les fougères et posa le regard sur ses mains couvertes de sang. Cette vision lui fit presque perdre la tête et elle tenta frénétiquement de faire disparaître le sang en frottant ses mains et ses avant-bras contre ses vêtements, accompagnant ses gestes de petits cris de panique. Après quelques minutes, le sang avait séché et restait collé à sa peau. Vaincue, elle se recroquevilla sur le sol et éclata en sanglots. Elle ne saurait jamais combien de temps elle resta là à sangloter. Des minutes, des heures peut-être ?

Lorsqu'une main fraîche se posa sur son front brûlant, elle entrouvrit les yeux et sentit des mèches blondes caresser son front et ses joues. Il l'avait retrouvée. Épuisée, Hermione sombra dans les ténèbres.

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Des cris. Le gargouillis écoeurant du sang qui jaillit des carotides sectionnées. La poisseuse chaleur de leur sang sur sa peau. L'odeur métallique dans le couloir …

Hermione ouvrit grand les yeux et se redressa vivement. Lorsqu'elle sentit deux mains sorties de nulle part sur ses épaules, elle se mit à hurler et à se débattre. Les mains ne cessaient de la repousser en arrière, pour l'allonger. Mais elle ne voulait pas s'allonger, elle ne voulait pas qu'on la touche.

« MISS GRANGER ! CALMEZ VOUS, VOUS ETES A POUDLARD, EN SECURITE, PAR LA BARBE DE MERLIN ! », hurla la voix criarde de Mme Pomfresh. Mais Hermione ne l'écoutait pas. Son cerveau semblait uniquement capable de la faire hurler et gesticuler.

« Hermione ! Arrête de bouger, c'est moi, Draco », tenta le blond en esquivant un coup de poing de la jeune fille.

« Ce n'est pas comme ça, que vous aller y arriver, Mr Malfoy », fit le professeur Rogue avec un flegme tout britannique. Draco le fusilla du regard.

« Je vous en prie, puisque vous êtes expert en la matière … », cracha Draco en s'écartant pour le laisser passer, un sourire ironique aux lèvres.

Rogue fit un pas en avant et considéra gravement la jeune fille qui se débattait toujours, un sourcil levé et fit craquer les jointures de ses doigts.

CLAC !

Une gifle magistrale s'abattit avec un bruit sec sur la joue d'Hermione qui s'écroula sur l'oreiller, la bouche ouverte, les yeux écarquillés, le souffle coupé. Rogue esquissa un rictus satisfait, comme si il avait rêvé de cet instant toute sa vie. Draco lui jeta un regard furieux et ébahi, mais le résultat était là. Hermione s'était calmée net. Ses yeux analysaient déjà les alentours et elle réalisait qu'elle était en effet en sécurité. Elle porta la main à sa joue rosie et murmura un « aouch » en se massant la mâchoire.

« Hermione », murmura Draco en se précipitant sur elle pour la prendre dans ses bras, mais Mme Pomfresh le repoussa fermement.

« Mr Malfoy, reculez s'il vous plaît, je dois l'examiner ! », déclara-t-elle sèchement, malgré les protestations du jeune homme.

« Pourquoi ? », insista-t-il avec une certaine agressivité.

« Que dites-vous de : parce qu'elle a du sang partout sur elle ? », répondit Rogue d'une voix moqueuse.

Rogue et son élève se fusillèrent du regard et Mme Pomfresh leva les yeux au ciel. « Je dois vérifier qu'elle n'ait aucune blessure grave ou que … » Elle se tut et préféra commencer à examiner Hermione plutôt que de prononcer des paroles peu ragoûtantes.

« Tant que vous y êtes, vérifiez qu'elle n'a pas la mâchoire brisée », fit Draco avec froideur tandis qu'il sortait de l'infirmerie de très mauvaise humeur. « Un gros imbécile lui a mis une tarte y'a pas vingt secondes … »

« MALFOY ! », hurla Rogue en sortant lui aussi de l'infirmerie tandis que Pomfresh poussait un soupir de soulagement.

Lorsque Draco sortit en trombe de l'infirmerie, avec sa tête des mauvais jours, il vit Potter et Weasley qui faisaient le pied de grue devant les portes. Les deux garçons se levèrent et virent alors le professeur Rogue sortir lui aussi de l'infirmerie avec une expression assassine.

« Alors ? », demanda Harry à Draco en fronçant les sourcils tandis que Ron jetait un regard mauvais à Rogue.

« Alors, Rogue l'a frappée », cracha Draco tandis que Rogue souriait de nouveau à l'évocation de ce souvenir plaisant. Sourire qui disparut très vite pour laisser place à une grimace de douleur lorsque Ron lui décocha un coup de pied dans le tibia.

« Vous voulez une retenue, Weasley ? », gronda le Maître des Potions en dominant le rouquin de toute sa hauteur.

« J'ai glissé, professeur », se défendit froidement le rouquin en le fusillant du regard. Les deux hommes s'affrontèrent encore un instant des yeux puis Rogue poussa un soupir exaspéré et s'éloigna, ses robes noires virevoltant dans son sillage.

Les trois garçons le regardèrent s'éloigner, puis Draco brisa le silence pour expliquer aux deux Gryffondors comment Pomfresh les avait mis dehors pour pouvoir examiner Hermione. Harry baissa les yeux. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre. Et cela le rongeait. Il avait trop attendu. Il avait trop attendu et Ginny l'avait quitté pour Jedusor. Il ne voulait plus attendre. Il ne voulait plus risquer de perdre d'autres personnes chères à son cœur. Sans un mot, il dépassa Draco et poussa la porte de l'infirmerie. Aussitôt, Mme Pomfresh se mit à protester mais il l'ignora et se posta près d'Hermione, qui lui jeta un regard étonné.

« Je suis désolé, Hermione », dit-il en la considérant gravement. « Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger, encore une fois. »

Hermione fronça les sourcils et secoua la tête. « Non, Harry, tu n'y pouvais rien. Et puis, je m'en suis sortie, tu vois ? »

Harry pinça les lèvres. « Je n'arrive pas à croire que Voldemort ait encore des espions au Ministère, c'est-

Le regard d'Hermione se durcit. « Voldemort n'a rien à voir là-dedans, Harry », dit-elle sèchement.

« Tu te trompes », répondit-il, un peu étonné qu'elle le contredise sur ce point. « Je pense qu'il faudrait prévenir le Ministère que-

« Je ne veux PAS entendre parler de ce putain de Ministère », gronda Hermione en sentant un frisson de rage la parcourir. Harry écarquilla les yeux.

« Mais, Hermione … »

« Ferme-la, Harry ! Tu ne sais même pas de quoi tu parles … », reprit-elle en serrant les poings. « Je crois que tu te trompes d'ennemi. Il faudrait peut-être que tu ouvres les yeux et que-

« Que j'ouvre les yeux ? », s'emporta le Survivant. « Merde, Hermione, Ginny s'est tirée avec Jedusor ! »

La nouvelle fit l'effet d'une bombe. Hermione sentit son cœur s'affoler. Alors, il était revenu lui aussi. Hermione réalisa soudain que c'était grâce à lui, grâce à Tom Jedusor, qu'elle était libre ce soir. Et elle n'avait qu'une seule envie, retrouver le Tom Jedusor de cet été qui éloignait les mauvais esprits pour elle et le remercier. Car il avait changé, ça, elle en était sûre. Quant au Ministère, ils n'avaient cessé de lui créer des problèmes depuis la rentrée. Ils l'avaient violentée, ainsi que son amie Sarah et le jeune Brady, ils l'avaient menacée, kidnappée, humiliée … Il était hors de question de laisser Harry les contacter.

« Harry, le Ministère … c'est eux qui m'ont enlevée … », commença Hermione.

« Tu mens », l'interrompit Harry en la fusillant du regard. « Tu mens pour les protéger. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait, Hermione ? »

C'en était trop pour la Gryffondor. Pourquoi son ami refusait-il de voir que les gens pour lesquels il s'était battu étaient devenus des fous dangereux ? C'était pourtant évident. Hermione lui adressa un regard de reproche. « Désolée, Harry, je ne te suivrai pas sur ce coup là. Pas tant que tu n'auras pas accepté la vérité. »

« Ah oui, et quelle vérité ? », s'impatienta Harry.

« Que les seules personnes qui m'aient soutenue et aidée quand ça n'allait pas, quand j'étais seule, étaient toutes des anciens Mangemorts. Que mes amis veillaient seulement à ce que Hermione la foldingue prenne ses médicaments et guérisse en silence. Et que les gens bons peuvent changer, Harry … et les méchants aussi. »

Harry ouvrit la bouche pour répondre mais les mots ne purent sortir de sa bouche. Furieux, mais surtout abattu, il tourna les talons et remonta sans un mot à la tour de Gryffondor. Draco le regarda partir, avec une expression inquiète et Ron lui emboîta la pas, perplexe.

Une fois dans son lit, Harry serra les poings et laissa une larme rouler sur sa joue. Il avait trop attendu. Et il avait perdu Hermione.

Les Blas-blas de Xérès : Et voilà, c'est fini pour ce soir. J'espère que ça vous plaît toujours ! N'oubliez pas les reviews pour me dire ce que vous en pensez et à la semaine prochaine.

Bisous.

Xérès !