Bonjour à toutes et à tous!

Comme toujours, voici votre chapitre pour bien démarrer le week-end. Il a été relu et corrigé par Polala (Merci!).

Etant donné qu'on me l'a demandé en review, je vais le préciser ici pour tout le monde: j'essaierai de vous proposer la première partie "Un mauvais garçon" au format e-book gratuit (je ne me fais pas d'argent sur le dos de Rowling et je ne publierai pas 50 nuances de Severus en changeant le nom du héros) dès que tout sera corrigé (petit coucou à ma Bêta si elle lit le chapeau).

Ceci étant dit, je tenais à vous remercier, vraiment, pour vos reviews parce que c'est vraiment une motivation pour continuer et ne pas lâcher tout ce que j'écris depuis presque un an et qui représente déjà pas mal de pages.

J'arrête de bavarder et je vous laisse avec le nouveau chapitre en vous souhaitant une bonne lecture.

A bientôt!


Chapitre 21 – Au détour du couloir

Lily et James Potter marchant main dans la main dans le parc du château... l'image l'avait hanté les jours qui avaient suivi. Dès qu'il fermait les yeux, son imagination se servait de ces images pour en créer d'autres. La jalousie le dévorait. Il n'y avait donc aucune justice ?! James Potter, le gamin qui lui avait pourri la vie depuis le premier jour où il avait mis les pieds dans le train pour Poudlard, prenait également la femme qu'il aimait. Et le pire dans tout ça ? Le pire était cette satanée lune que le Serpentard voyait se refléter dans le lac et qui semblait lui dire qu'il aurait mieux valu que Sirius Black réussisse son coup et qu'il finisse dévoré par leur ami Lupin. Mourir sous les crocs d'un loup-garou était sans doute bien moins douloureux que de devoir supporter la vision de sa Lily avec lui.

Si les nuits de Severus lui montraient son cauchemar, ses journées il les passait à éviter de croiser les tourtereaux. C'était sa manière de se protéger. En s'enfermant dans une tour d'ivoire peut-être que tout serait moins douloureux. Moins on était sensible, moins les choses nous atteignaient. Il fallait s'endurcir. Cependant, il avait tout de même tenté de ne pas les avoir sur son chemin.

C'est en prenant un chemin détourné après un cours de Défense Contre les Forces du Mal où Potter s'était encore illustré par son manque d'attention, que Severus croisa le cadet des Black.

Surpris de ne pas être seul dans le couloir, il lança :

— Mais qu'est-ce que tu fais là ? à l'autre Serpentard.

Regulus le regarda, haussa les sourcils et lui répondit :

— La même chose que toi.

Pour quiconque étranger au duo, cela ne voulait pas dire grand chose, mais Severus se contenta de cette réponse parce qu'il en connaissait la teneur. Les deux empruntaient se couloir précisément parce qu'ils n'y rencontreraient presque personne.

— Je suis désolé pour toi, lui lança simplement Regulus. Severus voulut lui demander comment il le savait mais il n'eut pas besoin de poser la question, l'autre répondait déjà. Je les ai vu après le match.

Severus hocha la tête, sa gorge se nouait. Merlin, pourquoi fallait-il que la seule personne dans ce château à lui montrer un peu de compassion et à se comporter comme un ami soit le frère de Sirius Black ?

— Que faisais-tu au match ? lui demanda-t-il alors, pour changer de sujet sans doute.

L'autre eut un petit sourire, mais Severus n'était pas capable de savoir si c'était une certaine joie ou simplement de la mélancolie.

— Avery m'a proposé de devenir attrapeur.

Il était vrai que l'attrapeur des Serpentards n'était pas le meilleur sur ces derniers matchs et qu'Avery avait déjà dit à qui voulait l'entendre qu'il fallait qu'il trouve mieux que cet empoté de Croupton, mais il n'avait pas pensé qu'il le ferrait vraiment.

— Tu as accepté ? lui demanda-t-il tout de même.

Regulus hocha la tête.

— Bien sûr. Qui aurait refusé ?

Effectivement, même lui aurait sans doute accepté ce genre d'honneur s'il avait eu l'impression d'avoir un quelconque talent sur un balai volant, mais c'était loin d'être le cas. Il fallait dire que Regulus aurait sans doute droit au meilleur balai sur le marché alors que lui... lui aurait eu un balai de l'école, le genre de balai qui essaye de désarçonner son sorcier à peine assis sur le manche.

— Mère sera tellement contente, murmura Regulus tout en continuant de sourire.

Le cadet des Black avait un sens du sacrifice qui était surprenant. Cette capacité qu'il avait à se mettre entre parenthèse pour faire plaisir à sa mère et à sa famille intriguait autant quelle effrayait Severus.

— Slughorn lui a encore envoyé un hibou pour vanter mes talents, continua-t-il, comme si être avec quelqu'un qu'il considérait comme un peu plus important que les autres lui permettait de vider son sac. Tes parents en reçoivent des hiboux ?

Severus haussa les épaules avant de répondre :

— Non.

L'autre le regarda surpris de sa réponse et ajouta :

— Pourtant tu es meilleur que moi en potions. J'ai toujours été surpris de ne pas te voir souvent aux réunions du club de Slug, mais je me suis dit que ton absence était sans doute liée à sa présence.

Il n'avait pas besoin de préciser de qui il parlait, c'était tellement évident. Lily... elle était l'une des élèves favorites du vieux professeur. Lily et son talent insolent pour la magie. Lily qui avait compensé son statut de née moldue en travaillant pour être la meilleure. Mais, quoi qu'en dise le maître des potions, c'était lui, Severus T. Rogue, qui l'avait découverte. C'était lui qui avait tout de suite remarqué son talent et qui l'avait encouragée. C'était vers lui qu'elle s'était tournée dès qu'elle avait eu des questions. C'était encore lui qui avait été son meilleur ami pendant cinq ans dans ce château. C'était lui aussi qui avait tout gâché en la traitant de sang-de-bourbe. Et c'était encore lui qui se sentait misérable à mourir depuis tout ce temps. Lui qui se donnait des airs froids, distants, inatteignables, parce qu'il se construisait un monde où il pourrait continuer d'avancer malgré ça. Une carapace comme celle des crabes de feu, indestructible ou presque. Parce qu'il n'avait pas le choix. Parce que s'il ne faisait pas ce travail mental, il n'avait plus qu'à monter en haut de cette foutue tour d'astronomie et se jeter dans le vide comme l'idée l'avait déjà effleuré.

— Il organise une fête pour Noël, on peut venir avec quelqu'un. Tu viendrais avec moi ?

Severus le regarda. La proposition était étrange même s'il voyait bien que Regulus n'avait aucun sous entendu d'aucune sorte en la faisant.

Aller à la fête du club de Slug pouvait éventuellement lui ouvrir la porte de la réserve que le vieux professeur lui refusait. Mais y aller c'était aussi prendre le risque de croiser Lily, et surtout James Potter qui ne manquerait pas de se greffer à elle.

— Je ne sais pas, répondit-il.

L'autre parut presque déçu.

— Pourquoi tu ne demandes pas à une des filles de Serpentard, il y en a plein qui attendent après toi.

Regulus eut un petit rire.

— Ce n'est pas après moi qu'elles attendent mais après ce que pourrait leur apporter une relation avec l'unique héritier des Black encore couché sur testament. Il marqua une petite pause, comme s'il réfléchissait à dire ce qu'il avait sur le cœur puis il s'abandonna à la confidence. Tu sais, des fois j'envie Sirius. Il ne doit rien à personne et il s'est affranchi de ses chaînes. Non pas que je trouve que ma famille m'enchaîne, je ne suis pas malheureux, mais tout le monde me regarde comme l'héritier et attend que je joue mon rôle, alors que je ne suis que moi et que même ça j'ai déjà du mal à le faire correctement.

Il y avait quelque chose de pathétique dans la confidence que venait de lui faire Regulus. Ce gosse qui avait tout par le sang et qui se sentait coincé par cette même famille au point d'envier la vie de paria qu'avait choisi son frère.

— Tu lui en veux ? lui demanda Severus.

— Non, répondit-il en devinant que son camarade parlait de Sirius. Regulus souriait du sourire le plus sincère qu'il avait eu depuis longtemps.

Ils arrivèrent ensemble au bout du couloir et rejoignirent le grand escalier. C'est au détour du dernier angle qu'il leur restait à franchir qu'ils la virent.

Tous les trois s'immobilisèrent et se regardèrent un instant. Le cœur de Severus marqua un raté et il ouvrit la bouche sans savoir s'il voulait parler ou non mais Lily décida pour lui. Elle baissa les yeux et les contourna pour reprendre son chemin en marchant un peu plus vite, son cœur à elle aussi battait un peu plus vite que la normale. Même lorsqu'on décide de rayer quelqu'un de sa vie, on ne peut pas rayer les sentiments qu'on a à son égard, qu'ils soient bons ou mauvais. Un être qui a compté compte toujours, d'une manière ou d'une autre. Et ça, même la Gryffondor ne l'ignorait pas. Si elle refusait toujours de lui adresser la parole, elle n'ignorait pas que c'était lui le premier à lui avoir avoué sa condition et elle n'ignorait pas non plus qu'elle lui avait planté un poignard dans le cœur en refusant de lui parler à nouveau et en sortant avec Potter, même si sa conscience était capable de se justifier ses actions.