Tel que promis, le dernier chapitre, mais pas la fin de l'histoire (est-ce que ça sonne familier seulement pour moi? Haha)
Une suite est prévue avec le nom de travail temporaire « L'impossible est toujours probable »
À bientôt et merci pour les reviews passées et futures!
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Épilogue…
Rose enclencha les moteurs dès que le Docteur revint et chassa Jack qui insistait sur un plan d'action supplémentaire concernant le Maître. Elle ne l'écouta pas un seul instant et marcha vers celui qui, pour une fois, était silencieux.
Le Docteur n'aimait pas l'idée de laisser vagabonder le Maître, encore moins parmi les humains et pire encore, en ne sachant pas exactement ce qui allait se produire dans les prochains mois. Est-ce que le Maître serait le grand responsable de la peste due au Bliss? Rose avait affirmé que le Maître survivrait, mais tant d'êtres allaient mourir! Et il ne pouvait rien faire pour changer le cours des événements. Il avait déjà fait ce qu'il pouvait pour sauver les rescapés, 25 ans dans leur futur.
Ce fut Rose, glissant sa main dans la sienne, qui le tira de son amertume. C'était toujours elle qui avait ce pouvoir et personne d'autre. Il se laissa entraîner doucement vers le berceau.
- Destination?
- Constellation du Loup. Nous allons rejoindre Harriet et Val. Nous devons leur dire au revoir proprement, ajouta Rose avec un sourire attendri.
- Avant, vous me ramenez à la maison, fit Jack avec une pointe d'aigreur. Vous n'avez pas besoin de moi : je n'ai pas le droit de tuer le Maître ou d'embrasser Harriet et mon rôle de chaperon est rendu caduc depuis que notre jolie blonde est de retour.
- Chaperon?, dit Rose avec étonnement. Qu'est-ce que tu as dit à Jack?
Je m'étais promis de ne pas rester seul et tu étais… indisponible. Tu aurais voulu que je choisisse quelqu'un d'autre?
Non. J'aurais voulu rester.
Leur séparation avait été courte, mais elle avait été plus que suffisante pour qu'aucun d'eux n'ait particulièrement envie de la répéter. Rose se blottit contre lui et c'était sa vraie place et le Docteur était bien capable de ne plus la lâcher durant les deux prochaines semaines (il l'avait déjà prouvé par le passé) simplement pour sentir leurs cœurs battre de concert avec une régularité de métronome.
Ils n'avaient pas besoin de parler : ils s'appartenaient, ils étaient ensemble comme ils devaient l'être depuis toujours et pour toujours. C'était la reconnaissance d'une présence semblable et complémentaire, la tendresse, la complicité, tous les dangers partagés, les courses, les fou rires. Et Harriet. Et un jour Val. C'était si facile de se laisser submerger par ce bonheur qu'ils pouvaient oublier que l'univers existait autour d'eux. Et il suffisait pour cela qu'il se penche un peu vers elle et qu'elle…
Jack toussota : « Maintenant que vous vous êtes tout dit, on peut me déposer à Cardiff, s'il-vous-plaît? ».
- Bien sûr, bien sûr, fit précipitamment le Docteur en reprogrammant les coordonnées d'atterrissage. Et je voulais vous dire…
Le Docteur eu un sourire en coin et se préparait à faire un discours époustouflant quand il aperçu Rose qui secouait la tête. Pas de discours?
Pas de discours, amour. Reste simple. Ça te réussit bien mieux.
D'accord pas de grands discours. Eh bien, il avait démoli le gouvernement d'Harriet Jones avec six mots. Avec trois… Oui, trois mots. Ils résumaient un discours qui aurait pu durer des années et qui aurait été brillant et magnifique et… bien trop long, même pour immortel comme Jack. Le Docteur pouvait puiser à même les cinq milliards (et plus) de langages et trouver vingt fois plus de façon de s'excuser, de le remercier, de lui expliquer que les lignes du temps en faisait un être extraordinaire, qu'il comprenait sa rage envers le Maître, qu'il regrettait de ne pouvoir le laisser faire, ne serait-ce que pour se venger une bonne fois pour… pour tous les navets moisis… Le Docteur maniait les mots mieux que personne. Mais à cet instant et Rose le savait, il pouvait se contenter des trois plus simples et plus sincères et dans l'anglais le plus commun de l'époque. Jack savait. Et s'il ne comprenait pas tout à fait, il saurait. Dans cinq milliards d'années, il se souviendrait de cette conversation et « entendrait » ce qu'ils impliquaient. Trois petits mots.
- Merci pour tout.
Jack se dérida enfin. Peut-être « entendait-il » une partie de tout ce qui se trouvait autour.
- À charge de revanche, Docteur. Rose…
- À bientôt, Jack.
- Vous n'avez pas le choix, je suis son parrain, dit le beau capitaine en pointant du menton le berceau. Je dois veiller sur ma filleule et vous avez le talent de vous mettre dans des situations pas possibles. Je dois vous surveiller.
- Et tu mènes une petite vie tranquille, peut-être? À Torchwood? Sur la Faille de Cardiff? En étant immortel?
- Mouais… Mais je ne vole pas vers les ennuis, MOI! Ils me trouvent alors que je suis bien sagement au bureau!
- Il y a des êtres qui sont de vrais aimants à problèmes, approuva le Docteur.
- Sans le « i », c'est encore plus vrai, je pense, flirta Jack. Bon, alors je vous laisse. À bientôt.
- C'est sûr.
- Oh, mais Rose…
- Oui?
- Bientôt mais pas cette semaine, d'accord?
- Dans un mois?
- On ne va prendre rendez-vous quand même.
- Et pourquoi pas? Ça vous changerait un peu des arrivées en coup de vent… et des départs en cachette, insinua-t-il avec malice.
Le Docteur paru blessé par cette pique : « Je me suis déjà excusé! ».
- Je crois que j'étais mort quand vous m'avez vraiment présenté des excuses. Pas sûr si ça compte…
Quelques instants plus tard, le Tardis quittait la Terre pour la constellation du Loup. Rose s'installa sur le siège à ressort et soupira. Le Docteur, mine de rien, la rejoignit et ils écoutèrent tranquillement le moteur pulser et la respiration d'Harriet, tout près d'eux. Il finit par glisser un bras dans son dos et elle se déplaça légèrement vers lui. C'était le moment où, en théorie, ils pouvaient être heureux et profiter du présent sans s'inquiéter. Mais…
- Ce n'est pas fini, dit le Docteur.
- Tu le sens aussi?
- Ce serait difficile de faire autrement, murmura-t-il en l'embrassant sur le front.
C'était dans leurs trippes, c'était instinctif et ils s'y dirigeaient envers et contre tout. Trois pions vivants avec des arguments, des plans et des volontés opposées allaient jouer la plus grande partie d'échec de l'univers.
Le Méchant loup.
La Tempête en marche.
Et le Maître.
- J'ai peur, dit Rose.
Elle avait le pouvoir d'être le Méchant loup, mais cette création la dépassait. Elle en avait peur, car le Loup tuait la part qui voulait être simplement Rose. Elle préférait tellement être dans le Tardis, avec le Docteur et Harriet et se contenter de sauver l'univers des petits problèmes posés par les uns ou les autres. Elle ne voulait pas être le Méchant loup. Elle était Rose, juste Rose. La Rose du Docteur.
Et le Docteur comprenait, car il avait les mêmes craintes. Son nom brûlait dans les étoiles et il possédait un réservoir caché de dons et de pouvoirs qu'il enfermait à double tour. La Tempête en marche cachait un potentiel inquiétant qu'il ne prenait pas à la légère. Par plus que celui du Méchant loup. Est-ce que ce n'était pas un peu la Tempête qu'il fuyait depuis des années? Oui, peut-être. Il avançait en restant dans l'œil de la Tempête. Et maintenant, le Méchant loup avançait avec lui. Une équipe terrifiante.
Tout s'était entrelacé lentement et comme pas hasard depuis son enfance à lui, chaque événement le portant un pas plus loin. Et dès qu'il avait rencontré Rose, elle avait été impliquée discrètement et en profondeur dans ce jeu mystérieux. Combien de fois avait-elle trouvé le moyen de revenir vers lui malgré tous les obstacles? Et le moindre n'était-il pas son retour miraculeux depuis une dimension qui aurait dû être sa prison?
Et maintenant le Maître refaisait surface. Comment était-il revenu à la vie? Et dans quel but? Le seul autre Seigneur du temps ayant échappé au verrou temporel de toute la Guerre du temps. Celui qui avait juré qu'il se vengerait du Docteur et de tous ceux qu'il aimait. Et puis, comme par hasard, il choisissait de faire du fils du Docteur son nouveau compagnon? Il fallait être complètement idiot pour ne pas y voir un schéma.
Le Méchant loup.
La Tempête en marche.
Le Maître.
Et celui qui avait planifié tout cela.
- Est-ce que tu vas leur dire? À Harriet et Val?
- Leur dire quoi, dit le Docteur. Nous ne savons rien, c'est bien ça, le problème.
- Et le Maître?
- Je ne sais pas. C'est bien d'avoir essayé de l'écarter de tout ça, mais il y est jusqu'au cou. Il reviendra.
- Je sais. Mais est-ce que tu sais que nous sommes comme lui?
- Pardon?
- On ne peut pas tuer le Maître. C'est inutile d'essayer. On peut le retarder, comme je l'ai fait, mais il reviendra toujours. Il doit exister. Comme toi. Comme moi.
- Je n'ai plus tant de vies, dit doucement le Docteur.
- Ce n'est pas une question de régénérations. C'est plus que ça. Je ne suis pas si sûre que tu sois un Seigneur du temps.
- Ne commence pas, lui dit-il avec une trace d'inquiétude.
S'il n'était plus un Seigneur du temps, qu'est-ce qu'il lui restait? Il se définissait comme un enfant de Gallifrey depuis des siècles et on ne pouvait pas lui retirer son identité en claquant des doigts.
- Tu n'es pas plus Seigneur du temps que je ne suis humaine. Je suis le Méchant loup. Et tu es…
- La Tempête.
- Yep. Et le Maître doit bien avoir son petit nom à lui aussi, caché dans tout ça.
Elle ne pouvait s'empêcher de faire preuve d'humour, mais le Docteur devina que c'était pour dissimuler la peur. Le Tardis grinça et s'arrêta. Ils étaient arrivés dans à la constellation du Loup.
- Tu as une idée?, demanda Rose. Je dois avouer que le Loup n'a rien voulu me dire. Ou peut-être qu'il n'en savait rien lui non plus.
- Il n'y a qu'une chose à faire après tout.
Il l'embrassa.
- C'est un bon plan, fit-elle en riant après avoir repris son souffle.
Il sourit en retour.
- Les problèmes nous retrouveront bien assez vite. En attendant…
- Il faut dire au revoir aux enfants, compléta Rose.
- Et nous nous occuperons d'Harriet et nous voyagerons dans le Tardis.
- Et nous vivrons.
- En attendant que les problèmes nous trouvent.
