NdlA : Et voila le chapitre 21, Première partie. Et oui, il fait déjà 6 pages et j'ai décidé de vous le poster ainsi, d'une part pour ne pas vous laissez trop longtemps sans chapitre XD, et d'autre part, la suite n'est pas encore écrite même si elle est dans ma caboche !

Je vous retrouve en bas de chapitre pour une petite anecdote. En attendant, bonne lecture.

Frip'

Chapitre 21 – Au bordel – Partie 1

Riza était clouée sur place. Elle ne devait pas passer inaperçue, seul soldat à l'air effarouché au milieu de ses congénères en liesse.

Havoc ne semblait pas non plus friser le bonheur absolu.

«Ca va aller?

«Non, mais il va bien falloir.

«Je suis désolé.

«Tu n'y es pour rien. Pourquoi veux-tu être désolé?

«Que tu me vois ici. Ca me gêne. J'aurais préféré éviter ça.

«Moi aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Je ne suis pas née de la dernière pluie non plus. Il y a bien longtemps qu'on ne me la fait plus avec ces histoires d'abeilles et de fleurs. Quoi que tu fasses, ça ne changera rien. Nous sommes amis, non?»

Havoc lui adressa un pauvre sourire, «Oui.» Il pointa son menton dans la direction de Mustang qui les observait de loin.

«Tu as pu lui parler?»

Riza secoua la tête, «Non.»

«Tu comptes le faire?Il n'est pas trop tard encore.»

«Tu as entendu ce qu'a dit le général? «Vous pourrez remercier le Major Mustang pour cette soirée.» C'est à lui que je vais devoir ce calvaire. Et je ne pense pas qu'il soit venu ici juste pour le plaisir de prendre l'air.»

La mine défaite, elle continua: «Alors non. Je ne lui dirai rien. Ni ce soir, ni plus jamais.»

Mue par son instinct de survie, elle darda sur lui un regard où brillait une détermination farouche:

«Et je t'interdis formellement de lui révéler la vérité.»

«Comme tu voudras. Je ne dirai rien. Comment vas-tu faire pour ce soir?»

«Je ne sais pas, on verra. De toute façon, je n'ai pas moyen d'y échapper.»

Résignée, mais non décidée à jeter l'éponge,elle redressa la tête et fière pénétra dans cet antre de la débauche.

Al'intérieur, tout n'était que rires, musiques, parfums capiteux, alcools, nourritures, tabac, déballage de chair, mains baladeuses, sexualité exacerbée… Vous trouviez ici à apaiser tous vos appétits. Vous pouviez obtenir tout ce que vous vouliez à condition d'allonger la monnaie. Et ce soir c'était fête puisque c'était le haut commandement qui régalait.

Riza découvrait ses compagnons sous un autre jour.

Elle réalisait qu'elle les avait toujours considérés comme des compagnons de galère asexués. Ce soir la vérité lui sautait aux yeux. Elle les découvrait Homme, faits de chairs, de sang et de désirs charnels qu'ils s'efforçaient de taire au quotidien du campement, mais qu'ils laissaient s'exprimer dès que l'occasion leur en était donnée.

Elle se demanda un bref instant ce que cela aurait donné si on avait découvert le pot aux roses. Les hommes étaient-ils tous comme Kimbley? L'isolement, les frustrations, le manque de présences féminines, la peur de ne pas vivre de lendemain, les auraient-ils conduits à un acte désespéré? Auraient-ils cherché à la «coincer» comme l'Ecarlate l'avait fait?

Un frisson de peur et de dégoût la parcourut.

Non, tous les hommes n'étaient pas ainsi. Havoc avait découvert la supercherie dès le début et jamais il n'avait eu le moindre geste envers elle qui aurait pu la blesser. En fait, jusqu'à ce qu'il ne lui avoue la vérité la veille, jamais elle n'avait soupçonné qu'il puisse être au courant.

Elle parcourut la salle du regard à sa recherche. Il se trouvait un peu plus loin, une fille à la poitrine charnue collée à son bras, un verre à la main. Son cas de conscience était visiblement oublié.

Havoc était tout sauf un garçon compliqué. Il n'en était que plus adorable.

Elle poursuivit son exploration visuelle. Partout les mêmes scènes se répétaient. Filles qui riaient à gorge déployée, des mains masculines flattant leur croupe, baisers dans le cou ou ailleurs, des corps offerts à toutes les caresses. Des couples se formaient et s'éclipsaient… ou pas.

Devait-elle agir de la même sorte?

C'était bien beau de faire la fière et d'avoir suivi le troupeau d'un pas ferme. Mais la réalité était bien moins reluisante.

Elle n'en menait vraiment pas large dans son costume de garçon bien trop grand pour elle. Jamais elle n'avait autant eu envie de prendre ses jambes à son cou et de détaler.

Mais où était Mustang? Elle ne le voyait nulle part. Avait-il déjà trouvé une compagne avec laquelle passer la nuit?

Elle se glissa contre un mur cherchant à se rendre la moins visible possible.

Echec total, une femme s'était approchée et se tenait maintenant debout devant elle, empêchant toute retraite.

«Eh bien mon mignon. Qu'est-ce que tu fiches là tout seul?

«Rien Madame. Je ne fais rien.

«C'est bien ce que je vois. Tu n'as pas trouvé encore la fille qui te convient?

«Euh… c'est-à-dire que…»

Une voix railleuse se fit entendre derrière elles:

«Je crains que le cas de ce jeune homme ne soit une cause perdue.»

Mustang. Visiblement éméché, une fille accrochée à chaque bras.

Riza rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et baissa les yeux.

«Regardez-le, il est si jeune. On lui presse le nez, il y a encore le lait qui coule. Il n'a jamais dû tenir une seule femme dans ses bras de sa vie.»

Riza sentit les larmes monter. Pourquoi devait-il se montrer si méchant avec elle. Qu'avait-elle fait au bon dieu pour mériter ça?

La femme reporta son attention sur elle:

«C'est vrai mon Mignon. Tu es puceau?»

Riza se contenta de rester l'air contrit. Elle qui espérait passer inaperçue, elle se trouvait à présent le point de mire. Elle entendait les ricanements goguenards autour d'elle.

«T'en fais pas, j'ai exactement ce qu'il te faut.»

La femme appela d'une voix forte: «Marie, viens ma fille. J'ai un petit pour toi.»

«Vous m'avez demandée Madame Lily?»

«Oui, viens par là. Je veux que tu prennes soin de ce jeune homme ce soir.»

Se retournant vers Riza, celle qui semblait être la patronne lui expliqua:

«Marie est jeune et douce. L'idéal pour une première fois. Et ne t'en fais pas mon garçon. Ils jouent tous les malins comme ça, mais il a bien fallu qu'ils y passent aussi un jour et ils n'en menaient pas bien large non plus.»

Elle s'esclaffa en s'éloignant: «Amusez-vous bien tous les deux.»

Riza était tétanisée. Elle sentit une main se saisir de la sienne et la tirer gentiment. Elle releva enfin les yeux pour découvrir une jeune fille qui semblait à peine sortie de l'enfance. Elle avait de longs cheveux châtain, des yeux bleus pétillants, des joues roses, une taille menue.

Elle lui souriait.

«Bonsoir. Je m'appelle Marie. Et toi?»

Riza bégayason nom.

«Tu veux boire quelque chose?»

Elle avait la gorge sèche et aurait volontiers bu un seau d'eau entier si on lui en avait présenté un, mais elle devinait que ce n'était pas une denrée courante dans ces lieux.

Docile, elle hocha la tête et se laissa conduire jusqu'à un bar où on leur servit à boire.

Riza se saisit de son verre et en avala une bonne rasade. Immédiatement, elle sentit le feu du whisky lui brûler la gorge puis le ventre. Elle avait l'impression de pouvoir suivre le chemin parcouru par l'alcool à travers son anatomie, découvrant ainsi son système digestif. Le visage en feu, elle ne put retenir une quinte de toux.

«Punaise c'est fort.»

«Tu n'as jamais bu de whisky?

«Non.»

Elle repoussa son verre. Elle n'avait aucune envie de poursuivre l'expérience. Mais qu'est-ce qu'elle foutait là?

La fumée stagnante du tabac lui donnait la nausée, les bruits lui vrillaient les tympans. Elle se sentit prise de vertiges et se cramponna à son siège. La panique l'avait gagnée.

Il fallait qu'elle sorte de là. Vite.

Cherchant une issue de secours par où s'échapper, elle fit le tour de la salle des yeux.

A son grand dam, ce fut le regard de Mustang qu'elle croisa pour ne plus pouvoir s'en libérer. Bien que les deux prostituées soient toujours pendues à ses basques, c'était vers elle que ses yeux étaient braqués. Une nouvelle fois, tel le cobra ensorcelant sa proie, il l'avait prise dans les filets de ses yeux sombres, l'entraînant vers sa perte.

Riza déchiffra le défi qu'il lui adressaitavec arrogance : «Regarde, je me fous de toi et du reste. Tu ne représentes rien. Regarde, regarde moi bien. J'aime les femmes et je le prouve. A toi, à moi, à tout le monde. Tu n'es rien.»

Comme pour lui porter un toast, il porta son verre à sa bouche puis se tourna vers sa compagne de gauche pour lui déposer un baiser dans le cou. Aussitôt celle de droite, qui devait se sentir flouée, l'attira vers elle et l'embrassa à pleine bouche.

C'en était trop pour Riza. Elle se tourna vers Marie:

«On y va?»

Si la proposition directe la surprit, elle n'en montra rien et se contenta de se laisser glisser de son tabouret et de se frayer un chemin à travers la foule bruyante, Riza sur les talons.

Alors qu'elle la suivait dans les escaliers, Riza jeta un dernier regard vers Mustang.

«C'est bon, j'ai compris.»

Puis elle se détourna définitivement et disparut dans les étages.

∞∞∞∞∞∞

Roy ferma les yeux.

«Eh bien voila. Tu as eu ce que tu voulais.Et maintenant?»

Et maintenant, il se sentait démoralisé. Mais il ne pouvait plus faire machine arrière. Et ces deux filles qui n'arrêtaient pas de glousser dans ses oreilles.

C'était la première fois que lui-même se retrouvait dans un bordel. Ils avaient de tout temps nourri sa curiosité et ses fantasmes d'adolescent.

A présent, qu'il y était, il ne trouvait plus ça du tout excitant. Depuis qu'il avait mis les pieds ici, il avait l'impression d'être passé dans une autre dimension. Tout était trop bruyant, trop claquant, trop faux. Et que dire de ces femmes qui étaient passées entre les mains de dizaines et dizaines d'hommes?

Rien que l'idée de «passer après un voire plusieurs autres» le dégoûtait. Connaissant Maes, c'était tout à fait hallucinant qu'il ait pu succomber aux charmes parfois douteux de l'une de ces catins. Il devait vraiment en tenir une sacrée couche ce soir là, ou alors être franchement désespéré!

N'allaient-elles donc jamais le lâcher ces deux sangsues là aussi?

D'un mouvement brusque, il se remit debout et rejoignit le bar en laissant les filles dépitées seules à leur sort.

Il avait trop bu lui-aussi, mais apparemment pas encore assez.

∞∞∞∞∞∞

Marie la fit entrer dans unechambre propre et bien ordonnée. Le mobilier comprenait un large lit qui occupait le centre de la pièce, une coiffeuse, une armoire, et un paravent de soie qui cachait une très jolie baignoire en étain sur pied en forme de pattes de lion, ainsi qu'un psyché.

Son regard revint se poser sur Marie qui avait pris place en plein milieu du lit. Riza s'en approcha. Pouvait-elle faire confiance à cette fille?

«Comment en es-tu arrivée à te prostituer? Tu es jeune et belle…»

Marie poussa un soupir, comme si fatiguée de s'entendre poser cette question continuellement, elle devait une nouvelle fois raconter sa vie.

«C'est simple. J'aime le sexe et c'est de l'argent facile. Entre ça et travailler à la mine, j'ai choisi mon camp.»

Riza était effondrée. Elle qui s'était imaginée une histoire à faire pleurer dans les chaumières, de petite fille battue par un père despotique, qui se serait enfuie de chez elle pour devenir voleuse et finalement qui se trouvait contrainte de vendre ce qu'elle avait de plus cher au monde, son corps, contre quelque monnaie sonnante et trébuchante jusqu'à ce qu'elle puisse gagner suffisamment sa vie pour pouvoir se sortir de cet enfer, trouver un gentil mari et fonder une famille… elle en était pour ses frais. Une nouvelle fois, sa naïveté en prenait un sérieux coup dans l'aile.

Marie se rapprocha jusqu'à se trouver à quelques centimètres de Riza et sans crier gare posa sa main sur l'entrejambe de Riza.

Riza eut un hoquet et par pur réflexe saisit le poignet de la prostituée. Son «non» tomba comme un couperet. Sec et glacial.

Marie retira sa main. Elle était un peu pâle. Les pupilles dilatées.

Riza se radoucit. Pas la peine de l'effrayer non plus.

Elle poursuivit plus doucement, «Il n'y a que deux choses dans cette chambre qui me fassent envie.» Elle fit un geste du bras: «Cette baignoire et ce lit.Je ne veux pas te faire perdre ton temps, pour toi il signifie de l'argent. Retourne auprès des autres soldats. Moi je ne veux profiter que du confort de cette chambre.»

L'expression de Marie trahit sa surprise et son incompréhension. Elle demanda d'une voix fluette «Tu ne veux pas coucher avec moi? Tu ne me trouves pas assez jolie?»

Les épaules de Riza s'affaissèrent. Il fallait à présent qu'elle gère la susceptibilité de cette fille dont elle n'avait même pas souhaité la présence!

«Si, tu es très belle. Mais je ne ferai rien du tout avec toi. Alors je te le demande une nouvelle fois. S'il te plait. Sors.»

Lèvres pincées, yeux brillants de colère contenue, et lui battant froid, Marie sortit, laissant enfin Riza seule.

Alléluia.


C'est encore moi, pour la petite anecdote du jour...

Il se trouve que lorsque j'écris, je le fais un peu d'une traite (c'est ce que j'appelle le "premier jet") et ensuite, je reprends paragraphe après paragraphe pour que ça rende un résultat que je trouve convenable (je ne suis jamais pleinement satisfaite de moi). C'est aussi pourquoi vous devez attendre plusieurs jours entre deux chapitres.

Donc, lors du 1er jet j'avais écri une toute autre scène entre Riza et Marie. Elles montaient dans la chambre et là, Riza avouait qu'elle était une femme et demandait à Marie de lui raconter son histoire, pourquoi elle se prostituait. Et là, j'avais écri une histoire à faire pleurer dans les chaumières...

Et lorsque j'en ai discuté avec mon BT, je lui dis "je crois que je vais zapper ce passage, je le trouve nul et ça nous évitera l'histoire de la pauvre gamine battue par son père, contrainte de se prostituer, qui espère gagner des sous, trouver un bon mari, avoir une belle maison, un labrador et un Scénic...

Il me dit "mais non, fais pas ça !"

Moi : "Ou alors, je fais trash. La meuf elle sort qu'elle aime le cul et que c'est de l'argent facile."

Lui : "oh j'adore !!!!"

Et voila pourquoi vous vous retrouvez avec cette version définitive...

Donc, si réclamations il y a, elles sont pour mon BT...