Cormac n'a pas l'habitude de participer à la rébellion active organisée par Neville. Il apprend à se battre avec l'AD et refuse de lancer des Impardonnables dans les cours des Carrow, mais il ne sort jamais la nuit écrire sur les murs de l'école ni rescaper des pauvres élèves en attente de retenue. Et personne ne lui en veut : Cormac est encore nouveau, et vu comme le beau joueur de Quidditch imbu de lui-même qu'il a toujours été. Il se contente alors d'une résistance passive, se disant que le jour où on aurait vraiment besoin de lui, il serait capable de se montrer à la hauteur de la situation.

Ce jour arrive pour lui pas plus tard qu'à la fin février. Cormac est en train de remonter vers la salle commune de Gryffondor après un long dîner dans la Grande Salle quand il entend des voix levées dans un couloir. Il ne met que quelques secondes à reconnaître celle d'Argus Rusard, et se cache derrière le mur pour mieux écouter plutôt que de continuer son chemin.

— Donne-moi ton nom, petit chenapan ! grogne le concierge.

Cormac risque un coup d'œil dans le couloir. Je vieux concierge tient un jeune homme blond par le haut du bras et le secoue brutalement. Le garçon, malgré ses grands yeux apeurés, ne répond rien. Quand il tourne un peu le visage, Cormac reconnaît Nigel Wolpert, un Gryffondor de quatrième année – qui, à sa grande honte, réussit mieux le sortilège d'entrave que lui dans les réunions de l'AD.

— Bon, si c'est comme ça, je vais t'emmener voir les Carrow, peut-être qu'ils réussiront à te tirer les vers du nez, eux.

Aussitôt, Cormac plonge la main dans sa poche et referme le poing autour de quelques petites billes noires. Il compte jusqu'à cinq et, dès que Rusard apparaît devant lui, traînant toujours Nigel derrière lui, il sort son poing de sa poche et projette son contenu par terre. Le couloir est immédiatement rempli de fumée noire et des jurons de Rusard. Cormac n'hésite pas une seule seconde avant de plonger dans l'obscurité et, usant des réflexes polis par des années de Quidditch, agripper le bras de Nigel et l'entraîner avec lui dans sa fuite. Ils courent sans s'arrêter pendant plusieurs minutes. Ce n'est que quand les jurons du concierge deviennent inaudibles qu'ils s'arrêtent, s'appuyant sur une statue pour reprendre leur souffle.

— Merci beaucoup, finit par dire Nigel. Je t'en dois une.

Cormac lui fait un clin d'œil.

— Ah, ça, je ne risque pas de l'oublier !