Ce chapitre arrive un peu plus tôt que prévu, c'est mieux pour moi, et j'imagine pour vous aussi. Bonne lecture !
Sakka-Sensei : Hey ! Merci bien ^^ Je vois, j'espère juste que, même si les réactions des persos ne sont pas toujours appréciés, elle reste en accord avec leur caractère. Quant à la maladie d'Itachi, la suite te permettra de savoir si il dit tout ou non à Sasuke. Effectivement, les indices n'ont pas été invisibles à tes yeux.
J'espère que cette suite te plaira ^^
akari : Coucou ! Alors, j'ai l'impression qu'il manque des mots dans ta review (perso, ça m'arrive quand j'écris sur portable parfois) et de ce fait, je n'ai pas été capable de comprendre l'intégralité. Mais bon, je suis toujours heureuse de voir que ça te plais depuis si longtemps et que ça continue.
En réponse à ton PS, je ne parviens à voir de qui tu parles, donc je ne peux pas vraiment te répondre. Merci !
Sasuhinablog : Superbe ! Oui, c'est vrai, le chapitres servaient à approfondir les relations et la maladie dans la maison des Uchiwa et à introduire Hiashi, ainsi qu'une certaine ambiguïté d'Itachi. En tout cas, merci de ta review, j'espère que la suite va te plaire.
Cicidy : Merci ! Et bien écoute, c'était le rôle du chapitre, mieux introduire Itachi ^^ et faire naître une certaine appréhension par rapport à Sasuke ^^
Missbetty : Merci pour tes deux reviews ! Et bien, je ne peux pas vraiment répondre à tes questions mais je peux juste te dire qu'il y a une évolution chez Sasuke par rapport à l'enfant. Je pense que tes hypothèses sur les bonnes intentions de Sasuke seront confirmées (ou non) lors des prochains chapitres du point de vue de Sasuke
Ok, je prends en note pour Naruto (et je suis contente de réussir à conserver son côté comique, même quand il n'est pas là ^^), j'essaierai de le faire apparaître plus tard.
Je pense que tu vises juste sur Itachi et son état de santé ^^
Ah ? L'apparition de Hiashi t'a surprise, tant mieux ! C'est vrai que ça aurait pu être une façon de faire, mais Itachi ne laisse rien au hasard ^^ Hehe, je vois que ça cogite sur les raisons du comportement d'Itachi, j'adore (et tes hypothèses sont cool) ! Je ne peux pas te dire que ce sera plus clair très bientôt, mais ça le sera un jour.
Merci encore !
fefe00 : coucou fefe ! Ne sois pas autant paniquée, ce n'est qu'une erreur de manip' et de toutes les façons, mes fics seront toujours postées ici, donc ne t'inquiète plus, il y aura toujours un moyen de pouvoir lire et me contacter ^^
Sinon, je te remercie beaucoup pour ta review, toujours aussi adorable.
Non, il n'existe malheureusement pas de traitement pour cette maladie dégénérative, mais il existe des traitements qui peuvent apaiser des symptômes, les réduire, les rendre presque absent, mais aucun traitements n'existe pour soigner la maladie... (je précise juste que c'est une maladie que j'ai inventée, la maladie Keller n'existe pas)
Et bien je suis touchée de voir que mes fics te plaisent autant, j'espère que ceci continuera et que tu pourras toujours t'amuser et t'émouvoir devant les prochains chapitres !
XX
AUDACES
•
— Hinata, où se trouve le service à thé ?
— Dans le meuble en haut à gauche du réfrigérateur, père.
— Tu sais pourtant bien que sa place est dans ton salon, lui fit-il remarquer, réprobateur.
Cela faisait maintenant six jours que son père était chez elle et si elle ne le surveillait pas, il organiserait tout son mobilier selon sa volonté. Hinata essayait juste de ne pas trop faire attention à chacune de ses remarques pour ne pas avoir à culpabiliser ou s'énerver, une capacité qu'elle avait eu le temps de développer durant sa jeunesse.
Son père allait donc faire du thé, parfait, elle pourrait chercher des appartements sur son ordinateur sans qu'il ne soit derrière elle. Effectivement, le moment était un véritable rituel pour son père qui respectait chacune des étapes traditionnelles, ce qui lui prenait donc beaucoup de temps pour juste boire une simple tasse de thé et lui laissait alors du temps pour vaguer à ses propres occupations.
Elle pouvait ainsi essayer de trouver un appartement avec un ascenseur, deux chambres, voire trois, une grande pièce centrale, deux salle de bains idéalement placé aux deuxièmes étages. Mais ces quelques critères faisaient toujours monter les prix les plus haut, un fait qu'elle ne pouvait pas négliger puisqu'elle ne gagnait qu'un salaire de secrétaire après tout. Elle effeuillait alors les pages internet avec ferveur et espoir de trouver la perle rare quand son père l'appela à nouveau. Elle lui répondit en essayant de masquer la lassitude de sa voix.
— Oui, père ?
— Montre-moi si tu as bien retenus tes leçons et viens me servir le thé.
Elle ferma les yeux, agacé par les demandes toujours détourné de son père. Il fallait ici comprendre : Hinata, j'aimerais boire un thé avec ma fille, veux-tu donc me rejoindre ? Mais non, c'était beaucoup trop chaleureux pour percer les lèvres de son père. Mais elle était habituée, alors elle répondit positivement et abandonna son ordinateur pour rejoindre son père, un fin sourire sur les lèvres. Elle s'assit avec autant de grâce que requérait ce mouvement et s'enquit de la théière afin de servir son père dignement. Il ne fit aucune remarque, ce qui voulait dire qu'elle avait été effectué le geste correctement, ou parfaitement, et prit sa tasse afin d'y tremper le bout de ses lèvres. Il ferma les yeux pour savourer l'odeur de la vapeur, puis il les rouvrit brusquement pour les diriger vers elle. Immédiatement, Hinata eut le sentiment que la conversation qu'il allait enclencher serait plus proche de l'interrogatoire qu'autre chose, et elle n'aimait absolument pas ce sentiment.
— Hier, nous sommes allés à ton rendez-vous gynécologique et tout se passe bien.
— Oui.
— Je vais donc avoir une petite-fille.
Il marqua un silence afin de poser sa tasse bien trop délicatement sur la table. L'introduction était terminée.
— Mais malheureusement, elle ne connaitra pas l'identité de son père.
Le sujet était sur le tapis et il allait être très difficile de le ranger, son père était un adversaire terrible.
— Père, j'ai conclu un accord avec le père et nous sommes très satisfaits ainsi.
— Tu me l'as déjà dit, mais que feras-tu lorsque ta fille te demandera pourquoi elle n'a pas de père ?
— Je, Hinata essaya de ne pas bafouiller devant le regard dur de son père, je verrais à ce moment.
— Non, tu dois y réfléchir dès maintenant.
Il n'avait pas tord, que pourrait-elle dire à sa fille ? Elle n'en avait aucune idée, elle savait juste qu'elle voulait à tout prix éviter qu'elle apprenne que sa grossesse n'avait pas été désirée et n'avait été qu'un coup du sort. Le soupir de son père la sortit de ses pensées ; il affichait une mine préoccupée à présent, mais toujours avec cet air strict qui ne le quittait vraiment jamais.
— Hinata, je ne vais pas te demander l'identité du père à nouveau, mais promets-moi de répondre à toutes mes questions, honnêtement.
Elle n'avait pas envie de faire cette promesse, mais les yeux de son père l'y obligèrent presque. Elle n'y voyait pas d'ordres, de prières mais une réelle volonté d'aider. Elle se redressa alors et posa ses mains sur ses genoux avant de répondre :
— Je le promets.
— Bien, dit-il, apparemment soulagé. Quelle est la situation professionnelle du père ?
— Il est PDG d'une entreprise, elle n'en précisa pas le nom mais devant le sourcil levé de son père, elle s'empressa d'ajouter, une entreprise qui embauche presque 1000 employés avec ses succursales et est en constante croissance.
Cette simple phrase semblait rassurer son père, elle savait exactement à quoi il pensait, cela voulait dire que le père avait une bonne situation financière.
— Et qu'en est-il de sa situation familiale ?
— Il est marié, c'est pourquoi on a décidé de notre accord.
Hinata vit la mâchoire de son père se contracter et essaya d'ignorer son regard qui se faisait de plus en plus réprobateur. Il était toutefois capable de continuer à la questionner sans prononcer de jugement.
— Quel âge a-t-il ?
— Il a moins de cinquante ans.
Elle ne voulait pas être précise, les jeunes PDG étaient plutôt rares, et même les yeux effrayants de son père ne changerait rien.
— Et que s'est-il passé pour que tu te retrouves enceinte de cet homme ?
— C'est…
Elle cherchait un moyen de ne pas dire à son père que tout avait été causé par son beau-fils et son ami, ce qui se révélait être plutôt difficile quand on avait promis à de ne dire que la vérité.
— C'est compliqué, termina-t-elle par dire, piteusement.
— Mais encore ? Il n'allait pas la laisser s'échapper ainsi.
— C'était un accident.
Le silence de son père ne l'empêchait pas de voir la question qui voulait désespérément franchir la censure qu'il s'imposait : avait-elle eu une aventure d'un soir, une action méprisable aux yeux de son père. Elle ne savait pas comment elle allait s'en sortir, mais il fallait absolument qu'elle trouve une sorte d'excuse qui justifierait sa valeur aux yeux de son père. Elle devait lui faire croire qu'elle avait rompu avec son petit-copain, qui n'existait pas, mais sans pour autant mentir. Comment faire ? Elle trouva et dit alors soudainement, avec empressement :
— On avait décidé de ne plus se voir mais il y a eu ma grossesse…
— Tu étais l'amante d'un homme marié ?! la coupa-t-il, la rage visible dans ses yeux.
Elle avait oublié ce détail dans l'élaboration de sa réponse et avait complètement échouer à se justifier. Pourtant, elle réussit à ne pas abandonner et à continuer à essayer de se justifier tout en dissimulant la vérité pour protéger Kiba et Shino. Tant pis, elle allait un peu mentir sur Sasuke, mais il ne lui en voudrait pas puisqu'il ne saurait de toute façon jamais au courant de cette conversation.
— Non, non ! Il s'est marié après, dans un mariage arrangé.
La colère de son père sembla descendre, mais il avait maintenant une lueur de suspicion sur son visage.
— C'est pour ça que vous avez rompu, parce qu'il a dû se marier pour des profits ?
— Oui… dit-elle si faiblement que ce pouvait être un murmure.
Elle espérait que son père ne se rendrait pas compte qu'elle avait menti, mais apparemment et heureusement, il prit son changement de comportement pour une preuve de tristesse. Il décida alors de ne plus l'interroger de reprendre sa dégustation de thé. Il lui proposa même de s'en servir un, ce qu'elle accepta. Elle profita des saveurs parfaites et rondes que son père avait réussi à obtenir des feuilles, en silence, jusqu'à ce qu'il se lève et aille se saisir de son portable pour passer des appels. Elle se savait tranquille de toutes questions pour plusieurs jours et pu retourner à sa quête de logements, sans angoisse.
Alors qu'elle commençait à désespérer de ne rien trouver et posait des yeux vides sur son écran, elle pensait à sa dernière visite chez Shizune et sourit en se rappelant qu'elle lui avait dit que son bébé grandissait parfaitement et sans problème de santé. Son père l'avait accompagné et était resté, tout le long, assis sévèrement sur le fauteuil, les bras croisés, sauf quand le médecin leur avait proposé de faire une autre échographie pour que son père puisse voir de ses propres yeux sa future petite-fille. Il s'était levé avec une certaine rigidité et avait été immobile jusqu'à ce qu'il puisse discerné le petit corps gris. Elle avait alors vu son visage prendre vie, son corps se détendre et même l'ébauche d'un sourire réchauffer sa mine si froide habituellement. Qu'elle aurait été l'expression du père de sa fille ?
À partir de ce moment, Hinata ne put enlever de ses pensées le fait qu'il devait voir les photographies de ses échographies. Elle ignorait complètement la petite voix qui lui rappelait leur accord, elle ignorait celle qui lui disait que sa femme ne risquait pas d'apprécier. Chacune de ces raisons n'étaient pas valable, aux yeux d'Hinata, pour refuser à Sasuke le si beau sentiment qu'est celui de découvrir les premières images de son propre enfant. Elle avait ressenti tellement de bonheur qu'elle souhaitait le lui faire connaître aussi, tel un cadeau qu'elle lui offrait pour s'excuser de tous les problèmes qu'elle lui causait. Toutefois, elle ne pensa à aucun moment que ce cadeau pouvait être empoisonné.
Au contraire, elle était persuadée que c'était une bonne idée. Elle regarda alors son agenda, à la recherche d'une disponibilité tout en réfléchissant à une excuse pour que son père ne l'accompagne pas. Elle trouva quelques créneaux et s'empara de son téléphone. La future mère réfléchit quelques instants avant de décider de lui envoyer un message plutôt que de l'appeler, elle serait ainsi plus à l'aise et son père ne risquait pas de l'entendre. La rédaction de son message lui prit une quinzaine de minutes, elle hésitait à chaque mots et changeait chacune de ses phrases deux fois. Finalement, elle fut presque satisfaite de ce qu'elle était parvenue à taper :
« Bonsoir Monsieur Uchiwa,
Le déjeuner que j'ai pu partager avec vous était agréable. Il m'a alors semblé que vous vous inquiétez pour la fille que je porte, ceci m'a surpris, mais surtout touché. Je désirerai alors vous permettre de la voir en vous montrant les quelques clichés que j'ai obtenu dernièrement. Je m'excuse sincèrement si je vous fais une proposition déplacée, et dans ce cas, n'hésitez-pas à me le signifier, je ne sortirais plus de notre accord.
J'attends votre réponse et vous souhaite une agréable soirée.
Hinata Hyûga. »
Elle le relut une dernière fois pour supprimer la moindre faute et l'envoya. Elle sentit comme si elle avait retiré un poids de ses épaules, ce qu'elle jugea être un sentiment étrange au vue de la situation.
— Hinata ! l'appela son père. Je vais aller dans une maison de thé ce soir.
Elle verrouilla son téléphone et sortit de sa chambre pour rejoindre son père dans le salon qui se vêtissait d'un manteau noir. Elle savait que son père adorait les traditions, et particulièrement les arts que faisaient perdurer les geikos*. Son père ne le disait pas, mais il les admirait pour cela : leur vie de renoncement afin d'accéder et de faire prospérer les arts traditionnels de leur pays. Alors, dès qu'il le pouvait, il allait dans les maisons de thé passer un moment agréable de détente et de contemplation. Bien sûr, Hinata ne l'avait jamais accompagné, elle était une femme et là n'était pas sa place d'un œil traditionnel. Son père avait ainsi emmené plusieurs fois Neji et ce dernier lui avait confié, très rarement, quelques détails qui lui donnaient toujours envie de s'y rendre pour découvrir la grâce des geikos de ses propres yeux. Mais non, elle devait se contenter de donner un parapluie à son père, de passer une main sur ses épaules pour retirer toute poussière qui aurait osé se déposer sur son manteau et de lui souhaiter une bonne soirée dans l'encadrement de la porte.
À peine eut-elle tourner la clé pour fermer que son portable sonna. Hinata sentit le stress monter en elle à l'idée qu'il s'agisse de lui et de sa réponse, potentiellement négative. Elle ne se démonta toutefois pas et pressa le pas pour rejoindre sa chambre où elle avait laissé son portable afin de s'en saisir prestement. Cependant, ce ne furent pas les lettres du prénom du PDG qu'elle put lire sur son écran mais celles de sa meilleure amie. Hinata ne put s'empêcher de ressentir du soulagement et décrocha, mais la voix de Temari l'inquiéta fortement. Elle était essoufflée, paniquée et faible, comme si cette dernière avait pleurer. Hinata s'empressa de lui demander ce qui n'allait pas, ce à quoi Temari répondit :
— Je peux dormir chez toi ce soir ? Je ne peux pas rester seule.
Elle accepta sans hésiter et les minutes qui suivirent, la future mère les passa à s'inquiéter et à tourner en rond en attendant l'arriver de son amie. Lorsque les coups frappèrent à sa porte, elle courut presque pour ouvrir. Elle découvrit alors le visage pâle et cerné de sa meilleure amie qui essayait d'esquisser un sourire malgré tout. Hinata la fit entrer avant de la prendre dans ses bras, tentant de la réconforter, de lui transmette de l'énergie.
— Eh, Hina, merci mais tu ne sais même pas pourquoi je suis dans cet état.
— Peut-être, mais tu en as besoin, c'est tout ce qui compte.
Sa réponse fit légèrement ricaner Temari qui se détacha de son accolade pour aller s'affaler dans le canapé. Elle se vit proposer différentes boissons qu'elle déclina toutes avant de regarder Hinata avec un sourire espiègle qui dissonait quelque peu de son visage blême.
— Tu sais, tu peux me demander ce qui ne vas pas, je suis venue ici pour me confier aussi.
Hinata lui offrit un sourire désolé, elle n'avait pas voulu la presser mais elle avait fini par produire l'effet inverse et l'avait fait attendre. Elle sortit alors de sa cuisine et vint rejoindre son amie, prête à l'écouter.
— Ton père n'est pas censé être là ?
— Si, mais il est sorti et ne rentrera pas avant vingt-deux heures ce soir.
— Je vois…
Un petit silence s'installa, rapidement brisé par Hinata qui s'enquit de l'état de santé de Temari. Cette dernière lui expliqua qu'elle n'était pas malade mais que le sommeil lui manquait terriblement depuis quelques jours. Puis elle raconta finalement la raison de ses tourments.
— Ça fait deux jours que je suis incapable de dormir. Pour tout te dire, j'ai du dormir deux heures en deux jours et mes performances au travail commence à en pâtir, c'est pour ça que je suis ici. Mais…
Hinata la vit se tendre, ses mains se serrèrent tant que la brune en discernait les jointures blanches. Elle décida alors de poser ses mains sur celles de son amie afin de la rassurer. Temari commença alors à se confier.
— Je fais des cauchemars, terribles, qui m'empêchent de fermer les yeux plus de dix secondes, même éveillée.
Le regard sapin de son amie sembla se déplacer dans d'autres lieux, d'autres temps.
— Dès le début, l'ambiance est morbide, glaciale, terrifiante. J'avance dans une pièce, un salon plongé dans le noir, pourtant, j'arrive à me regarder dans un miroir. Je me vois alors : une petite fille habillée d'un pyjama vert à pois et tenant un ours en peluche brun. Je ne dois pas avoir plus de six ou sept ans. Puis, je détourne les yeux de mon reflet pour découvrir avec horreur ce qui se trouve en arrière-plan. À côté d'un canapé noir dépasse des jambes d'une lividité effrayante, éclairées par la lumière pâle de la lune qui traverse la fenêtre.
Hinata sentait les mains de son amie se serrer encore plus. Avec difficulté, elle parvint à les détacher l'une de l'autre pour se saisir de chacune de ses mains et essayer de la détendre alors qu'elle continuait de raconter son cauchemar.
— Je me retourne, pour voir le propriétaire des deux jambes. Et l'horreur commence. Je vois du sang, beaucoup de sang, sur le sol, sur le canapé, sur les murs, sur les jambes… J'entends des cris, rauques, sauvages, enfantins, aigus, perdus, horrifiés… Je ne découvre qu'ensuite toute la scène. Le corps d'une femme est étendue sur le sol, sa nuisette rose couverte de tâches de sang qui ne cessent de s'étendre sur sa poitrine. Hinata remarqua que le visage de Temari se couvrait d'une expression craintive, elle ressemblait à une enfant effrayée alors qu'elle continuait son récit. À ses côtés se trouvent un homme au regard fou, presque allongé si ses coudes ne lui permettaient pas de se maintenir assis. Il hurle et tente de sa main de repousser un couteau tenu par une main minuscule qui lui assène de nombreux coups. Un petit garçon, à peu près mon âge est debout, derrière lui, les yeux grands ouverts, tout comme sa bouche, son expression saisie dans une vision d'horreur. Je vois alors le propriétaire de la lame. Il s'agit d'un autre petit garçon, il n'a que trois ans tout au plus, il pleure mais ses yeux sont écarquillés et…
Temari ferma soudainement les yeux et lâcha les mains d'Hinata pour se saisir de sa tête. La blonde la pencha en avant, un mal sévère semblait l'avoir saisie. Hinata ne comprenait pas ce qui se passait et ne savait pas quoi faire. Temari hurlait de douleur à présent. Son amie commençait à paniquer, elle avait l'impression que Temari n'entendait pas ses appels, ne sentait pas ses mains qui tentait de la calmer ni ses bras qui l'entourait pour lui rappeler sa présence. Puis, petit à petit, ses cris cessèrent et il sembla qu'elle était redevenue sensible au monde qui l'entourait, qu'elle percevait les signes de soutien de son amie. Elle ouvrit alors les yeux, lentement, et un triste sourire prit forme sur ses lèvres d'où s'échappa une voix affaiblie.
— C'est un cauchemar, mais dès que je vois dans mon esprit, que je me rappelle le visage de ce petit garçon, il est immédiatement recouvert de sang, du sang qui coule de ses cheveux rouges, du sang qui remplace ses pupilles vertes, qui remplace ses larmes, qui coule sur ses bras, qui goutte de sa lame, qui tombe sur la femme, sur le sol… et j'ai ce putain de mal de crâne qui me prend la tête jusqu'à ce que le noir complet revienne dans mon esprit.
Ce qu'Hinata venait de voir l'avait inquiété. Temari lui avait conté un cauchemar qui hantait son esprit et ses nuits, un cauchemar aux images qui paraissaient très réalistes et elle était venue chercher de l'aide chez elle, mais que pouvait-elle faire ? Elle n'avait même pas réussi à la calmer durant ses douleurs. Elle posa alors une question qu'elle jugea terriblement bête.
— Tu as essayé des somnifères ?
— Oui, c'est grâce à eux que j'ai pu dormir une ou deux heures en tout, mais pas plus de résultats. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais je commence à en avoir assez.
— Et… tu penses que si tu n'es pas seule, ça t'aidera ?
— Honnêtement ? Non, mais je peux essayer. Mais il y a une autre chose qui me perturbe et dont je voulais te parler.
Temari lui expliqua que c'était la première fois qu'elle avait une image d'elle aussi jeune. Jamais elle n'avait eu de souvenirs avant ses huit ans auparavant, et là, dans ce rêve, elle se voyait à l'âge de six ans, avec une précision effrayante.
— Ce rêve, c'est comme si c'était un souvenir…
Hinata ne savait pas quoi penser. Si c'était le cas, ça voudrait dire que Temari avait assisté à un meurtre durant sa plus tendre enfance. Elle espérait de tout cœur que ce n'était qu'une œuvre de son cerveau, mais elle lui proposa d'aller voir un médecin si elle passait une autre nuit à être tourmentée ainsi.
Puis, sans la moindre transition, un sourire éblouissant illumina le visage de Temari alors qu'elle se mit à raconter ses journées de travail qui la passionnait. Elle expliquait, tandis qu'Hinata ne croyait pas à un si rapide changement, que Sasuke Uchiwa était très professionnel et ne lui avait jamais parlé de ses problèmes personnels au travail. Hinata décida d'abandonner et d'arrêter de chercher à comprendre comment son amie pouvait aussi rapidement changer d'humeur pour se joindre à sa conversation et finalement débattre sur une liste d'appartements qu'elle avait sélectionné.
Les deux amies en discutèrent jusqu'à l'heure du dîner où elles se contentèrent de restes puis, après avoir tenté de trouver un film intéressant, elles allèrent se coucher. Toutes deux sur le dos à regarder le plafond et ses minimes défauts, elles discutèrent de banalités avant que Temari n'aborde le sujet « Shikamaru » qui octroya des rires à Hinata qui se plaisait à l'écouter se plaindre de son comportement mais d'y voir aussi à quel point tous ses petits défauts lui plaisait. Elle lui demanda alors, taquine :
— Mais dis-moi, Tema, pourquoi tu ne lui demandes pas qu'il passe la nuit avec toi ? Ce serait mieux que de dormir avec ton amie, non ?
— Alors là, je t'arrête tout de suite ! s'exclama Temari en se tournant sur le côté. S'il y a bien une chose que je veux, c'est qu'il ne me voit pas comme une femme faible qui a besoin de compagnie pour dormir paisiblement.
— Et moi, ça ne te dérange pas que je te vois avoir besoin-
— Non, elle lui avait coupé la parole, parce que tu sais très bien que je ne suis pas faible.
À nouveau, Hinata ne put retenir le rire qu'était capable de provoquer son amie. Elles entendirent la porte d'entrée s'ouvrir et Hinata reconnut le pas presque silencieux de son père, elle prévint Temari puis l'empêcha de se lever pour aller le saluer.
— Mais tu m'as pourtant toujours dit que ton père était très à cheval sur les bonnes manières, protesta-t-elle.
— Justement, tu lui diras bonjour et te présenteras un autre jour, quand il ne sera pas fatigué et que tu seras présentable.
— Et pour demain matin ?
— Tu partiras si tôt pour le travail que lui dormira encore. Vois-tu, contempler des geikos durant quatre heures est épuisant pour son esprit.
Temari fit semblant de se montrer outrée par de telles propos avant de se remettre sur le dos et de fermer les yeux. Toutefois, elle les rouvrit à peine quelques secondes après pour demander à Hinata si son père était au courant pour Sasuke. Elle lui répondit que non et qu'elle n'avait pas l'intention de l'informer pour son bien. Cette conversation lui remit en tête le message qu'elle avait envoyé plus tôt à Sasuke et qui n'avait toujours pas obtenu de réponse. Elle préféra partager cela avec Temari plutôt que de s'inquiéter toute la nuit. La bonde lui dit qu'elle pensait que c'était une bonne idée, mais elle lui rappela que s'il acceptait, il était possible que ce qu'elle avait prévu ne se réalise pas.
— Comment ça ? demanda Hinata.
— Je te rappelle que tu voulais juste informer Uchiwa pour qu'à plus de quarante ans, il ne trouve pas à sa porte une ado hargneuse qui l'insulte et l'accuse de ne pas avoir été un père présent.
— Oui, c'est vrai.
— Et tu m'as bien dit, tu lui as bien dit que tu ne voulais pas qu'il soit impliqué plus que ça, que tu te débrouillerais seule.
— Oui, mais…
— Donc, excuse-moi de te dire ça, mais je trouve qu'il est déjà trop impliqué, vous avez mangé ensemble, et maintenant, tu veux partager des mignonnes petites photos avec lui ? Non Hinata, c'est trop.
— Mais, il s'est inquiété et, et c'est le père…
— Non, c'est le géniteur, conclut Temari.
Hinata ne trouva rien à redire. Temari avait raison, Sasuke n'était pas le père de son enfant, mais le géniteur. Il ne sera jamais rien de plus que cela, c'est ce qu'ils avaient conclut après tout, c'est même elle qui avait voulu cela en premier lieu. Et maintenant, elle faisait tout le contraire de ce qu'il fallait pour garder des distances. Elle commençait à réaliser qu'avec sa proposition, elle était allée trop loin. Elle regrettait à présent, mais c'était trop tard. Temari vit la panique qui commençait à la saisir et tenta de la rassurer. Elle lui dit qu'elle n'avait qu'à prendre son portable et envoyer un message d'excuse et que tout serait réglé.
— Ou tu lui envoies directement les photos des échographies et ça règle plus ou moins le problème.
Mais, bien sûr, ça ne pouvait pas être aussi simple.
Hinata sentit son portable vibrer lorsqu'elle s'en saisit pour composer un message d'excuse. Elle venait de recevoir un message de Sasuke qui disait :
« Bonsoir Mademoiselle Hyûga,
Votre message est une surprise, mais pas une mauvaise. Je suis curieux de nature et je pense que ces clichés dont vous me parler ont éveillés ma curiosité. Je vous présente donc mes disponibilités ci-dessous et vous laisse le choix de déterminer date et lieu de notre future entrevue.
D 21/10 de 10 à 12h ; L 22/10 de 19 à 21h ; S 27/10 de 15 à 18h
Je vous remercie de votre attention.
Cordialement
Sasuke Uchiwa »
Elle déglutit. Contente de voir qu'il ne s'était pas senti offensé, voire attaqué, elle n'en ressentait pas moins une certaine culpabilité que Temari lut très bien sur ses traits. Elle n'attendit pas qu'elle lui demande ce qui se passait pour confier à son amie la réponse positive de Sasuke. Temari soupira simplement avant de s'enfoncer plus profondément sous les couettes et de dire :
— Fais ce que tu veux, il n'a l'air de respecter les termes du travail, comme toi. Moi, j'ai des heures de sommeil à rattraper.
À peine avait-elle dit ses paroles qu'Hinata put entendre des ronflements légers, indiquant qu'elle s'était déjà endormie. Ce fait lui octroya un sourire et elle préféra se concentrer sur la réponse qu'elle allait écrire plutôt que sur ce sentiment quelque peu coupable. Après tout, elle ne faisait rien de mal si Sasuke ne le prenait pas ainsi. Elle lui répondit dans un court et cordial message, lui indiquant date et lieu de leur rencontre, le lundi à 19h au café où il l'avait un jour trouvée.
*geikos = geishas de Kyoto
NDA : Re !
Qu'en avez-vous pensez ?
La relation père/fille ? Les idées d'Hinata par rapport à Sasuke ? Pensez-vous qu'elle déraille un peu comme Temari, ou non ? Et que dire de la réponse de Sasuke ? Cela n'est-il pas ambigu ?
En tout cas, une nouvelle pierre à l'édifice est apportée : le cauchemar de Temari ! J'ai de connaître vos avis, vos impressions et vos hypothèses sur ce qui est en train de se passer avec Temari !
Bref, j'ai vraiment hâte de découvrir vos ressentis et hypothèse !
À bientôt pour la suite ^^
PS : vous pouvez encore proposez des prénoms pour la petite (jusqu'au chapire 22 ou 23, je ne suis pas trop sûre). Viendront ensuite le moment de voter ^^
