Bonjour tout le monde !

Je sais, je sais, ça fait un temps immémorial que je n'avais pas publié la suite de cette fic, et je m'en excuse du fond du cœur.

J'étais prise, comme je vous l'avais dit, dans la recherche d'un appart … et si cette recherche a été fructueuse (youpi !), je ne suis pas pour autant complètement tranquille avec cette histoire, car j'ai quelques soucis avec l'appart et je ne suis pas encore complètement installée. Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie (même si je me doute que ça vous passionnerait tous ! Pardon ? Comment ça, comment vont mes chevilles ? Ben, très bien, je vous remercie …), mais j'ai encore été pas mal occupée ces temps-ci, et ce n'est malheureusement pas fini.

Toutefois, je mourrais d'envie d'avoir enfin un peu de temps libre pour me replonger dans mes fics, et surtout celle-ci, parce que je voulais vous dire que le nouveau personnage (le petit chat !) est inspiré (du bout des oreilles au bout des griffes) d'un petit chat entré dans ma vie depuis quelques temps … et c'est pour ça que j'avais envie de l'inclure dans la vie de nos héros également : )

Cette suite n'est pas aussi bonne que je le voulais (je trouve que ça part un peu dans tous les sens, niveau style), mais j'ai eu un peu de mal à me replonger dans les fics alors que j'ai la tête pleine de soucis d'un autre ordre … mais disons que ce chapitre sert de transition et me permet de me remettre dans le bain : ) J'espère malgré tout qu'il vous plaira, et que vous serez heureux de poursuivre ce voyage avec nos héros.

Et encore désolée pour cette très longue attente ! Merci d'être toujours si présents, et encore un immense merci pour toutes vos reviews qui me touchent infiniment : ) Vous êtes adorables, sans vous je ne serais rien !

Dédicace : un énorme bisou empli d'affection à ma sœur de cœur, la seule, l'unique : ) Un coucou pour la plus américaine (temporaire) de mes lectrices. Un câlin pour la Catherine Zeta-Jones pro du pinceau (lol). Et pour tous les autres, un chaleureux merci (parce qu'au fond, je n'aime pas léser les gens, et en oublier dans mes dédicaces) !

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux cités sont à J.K. Rowling.

Rating : K

Place au texte !


Destination ailleurs

Chapitre 21 : Les soucis de papa Dobby

Harry leva un regard surpris vers le blond, et demanda d'un ton incrédule :

« Mais … pourquoi est-ce que je ne voudrais plus te parler ? »

Baissant le nez vers le chaton, toujours assoupi au creux de ses mains, Malefoy murmura, contrit :

« Je … Ce qui nous arrive, je … je crois que je n'étais pas prêt. Je ne m'attendais pas à tout ça, et du coup, je n'ai pas vraiment su comment réagir. » Il se mordit la lèvre, et leva de nouveau les yeux vers le brun : « Ecoute, Harry, ce n'est pas contre toi, tu vois, mais … »

Harry eut un sursaut, et agrippa malgré lui la manche de l'autre. D'un ton laissant percevoir son angoisse, il fit :

« Non, non, ne dis rien. J'ai compris, et je ne t'en veux pas, mais pitié, ne dis rien. » Il fit un gros effort pour ne pas se laisser de nouveau aller à pleurer. « Si tu veux qu'on redevienne ceux que nous étions avant, pas de souci, mais pas … ne me … ne me laisse pas. » Il avait murmuré ces derniers mots, comme si les dire à voix haute avait pu rendre la situation trop réelle.

Trop définitive.

Mais Draco semblait à mille lieues de penser à quitter l'autre, car c'est réellement surpris qu'il balbutia alors :

« Mais non … non, voyons, que … Qu'est-ce que tu es allé penser, enfin ? » Son ton s'était fait plus dur, empli de reproches, et pourtant le brun ne pouvait que sentir l'inquiétude de son vis-à-vis.

Le Survivant haussa alors les épaules, et expliqua, d'un ton plus calme -la dénégation du blond semblait avoir suffi à le rassurer :

« Je ne sais pas. Je crois que moi aussi j'ai paniqué. J'ai eu peur que tu ne veuilles plus de moi … du tout. » Il leva les yeux vers Draco et eut un sourire d'excuse : « Je sais que ça paraît stupide, mais je me suis tellement habitué à toi. Ca fait sept ans maintenant qu'on se connaît. Sept ans qu'on se côtoie … » Le blond fit une grimace à ces mots, et, signe de leur longue habitude à être ensemble au fond, Harry sut l'interpréter et ajouta, en éclatant de rire : « Oui, je te l'accorde : on ne s'est pas côtoyé très … paisiblement, pendant tout ce temps, mais … » Son regard se fit plus doux : « Mais c'est ce qui fait le sel de ce qu'il y a entre nous, aussi, non ? »

« Et ça ne te déplaît pas ? Enfin … » Le blond tourna le regard vers l'horizon, et Harry put voir les traits de sa mâchoire se durcir, tandis que son ton se faisait de nouveau plus froid : « Je suis un Malefoy. Le … tien, peut-être, » le brun ne put s'empêcher de rougir à ce mot que l'autre avait lâché plus timidement, avant de continuer avec plus d'aplomb -et d'amertume : « mais un Malefoy quand même. C'est-à-dire que, même si je fais un effort, je serais toujours sarcastique, parfois froid, souvent indifférent, et fondamentalement égoïste. »

Le Survivant éclata de nouveau de rire, s'attirant un regard un peu vexé de l'autre, et répliqua, faisant un clin d'œil au blond :

« Et ben dis donc, tu ne t'épargnes pas ! Tu connais bien tes défauts ! »

« A force qu'un petit crétin brun et mal coiffé me les ressasse pendant sept ans, oui, en effet, je commence à les connaître … Mais soit dit entre nous, faut pas croire tout ce qu'il dit … » ajouta-t-il en se penchant vers l'adolescent d'un air conspirateur : « je le soupçonne d'être de mauvaise foi. »

Les yeux du brun pétillèrent d'amusement et de soulagement : cette verve, cette ironie décalée, ce mordant qui ne l'épargnait pas lui, Harry Potter, loin de le rebuter, le rassuraient tout à fait. Mieux que n'auraient pu le faire une étreinte ou des mots doux de la part de Draco. Parce que si le Survivant appréciait Draco, il n'en aimait pas moins Malefoy.

Répondant à une impulsion qu'il était prêt à payer d'un coup de poing s'il le fallait, le brun se pencha et embrassa son compagnon à la commissure des lèvres, d'un baiser aussi passionné que spontané.

Draco ouvrit des yeux étonnés, surtout quand Harry murmura :

« Merci. » Devant l'air interloqué de son interlocuteur, il poursuivit, le visage toujours rayonnant : « Merci d'être tel que tu es. Tu sais, ce gars râleur, prétentieux, égocentrique et … non, ne me frappe pas ! Pense au chaton que tu tiens dans les mains ! » rit Potter, avant de poursuivre sous l'œil encore un peu noir de Malefoy -mais qui ne pouvait pas réellement blâmer l'autre de lui rappeler des défauts qu'il avait lui-même énuméré : « J'aime tout ça chez toi, j'aime que tu sois celui que j'ai connu pendant sept ans. Bien sûr, j'aime aussi quand … quand tu … quand tu es plus tendre avec moi. Mais je comprends aussi que ça soit déstabilisant pour toi de changer d'attitude envers moi, comme ça, du jour au lendemain. C'est pourquoi je ne te le demande pas. » Harry sourit en se rendant compte qu'il disait à Draco ce que lui avait justement intimé de faire Dobby : « Sois toi-même. Je t'apprécie comme ça. Je ne veux pas que tu changes pour moi. Moi, tout ce qui compte pour moi, ce que je désire par-dessus tout, c'est être avec toi. La façon dont tu te comportes avec moi, après, c'est … secondaire. »

La compréhension, et l'immense générosité dont faisait preuve l'adolescent toucha le blond, qui ne s'attendait pas à ça. Bien sûr, il connaissait par cœur l'altruisme foutrement énervant des Gryffondors, et ne savait que trop bien combien ces bêtes-là pouvaient déborder de gentillesse et suinter de bons sentiments.

Mais là … il ne s'attendait pas à ça. Sans doute avait-il trop attribué de son propre égoïsme à Potter, et paradoxalement, trop douté de sa propre valeur, pour croire le jeune homme brun capable d'un tel renoncement pour lui : ce dernier ne proposait pas moins de l'accepter, quel qu'il soit, pour être à ses côtés, y compris en tant qu'ennemi s'il le fallait.

Harry Potter était prêt à tout accepter de Draco Malefoy, du moment que celui-ci restait avec lui.

Et ce constat angoissa le blond autant qu'il le toucha et lui fit plaisir.

Et s'il ne savait pas encore de quoi, lui-même, pouvait être réellement capable pour rester aux côtés de Harry Potter, il ne pouvait rester sans réponse face à l'incroyable déclaration qui venait de lui être faite. Il décida alors de faire ce qu'il ne faisait quasiment jamais … dire la vérité :

« Ce qui s'est passé ce matin, c'est que … j'ai eu peur. J'ai peur. Je suis perdu avec ce qui nous arrive, avec ce que nous créons entre nous. C'est … inhabituel. Etrange. Je ne dis pas que je veux forcément revenir en arrière, c'est juste qu'il me faut un peu de temps pour assimiler tout ça. Comprends-moi, c'est vertigineux : il n'y a pas une semaine nous étions encore les pires ennemis que Poudlard ait jamais compté et là … »

« Je sais. » le coupa Harry, qui admit alors, presque avec excuse : « J'ai peut-être été trop vite. Seulement, c'est comme si dans ce mois que je me suis octroyé, je m'étais mis à vivre à toute allure. Comme si je voulais rattraper en 30 jours une vie entière. Comme si je devais courir après avoir marché au ralenti toute ma vie, empêché par tant de choses. Je veux profiter de tout, tout vivre intensément, y compris avec … toi. Alors oui, forcément, c'est vertigineux de passer comme ça du statut d'ennemi avec toi à celui de … » Il se mordit la lèvre, leva un regard interrogateur vers le blond. A celui de … ? Quel mot fallait-il mettre après ça ?

Quel mot étaient-ils tous deux prêts à y mettre ? Quel mot voudraient-ils y accoler ?

La fin de la phrase resta en suspens, mais les mots, comme toujours entre eux, n'avaient pas vraiment besoin d'être. Draco avait compris ce que voulait dire Harry. Après tout, cela faisait sept ans qu'ils se connaissaient. En tant qu'ennemis.

Ca créé des liens, forcément.

Et puis une semaine à créer un nouveau lien, ça a beau changer des choses, ça n'efface pas le passé. Ca le transforme un peu, ça le redessine. Ca lui donne une raison d'être.

Mais ça ne l'efface pas, et ça ne change pas les habitudes.

Alors si ces deux-là se comprenaient dans le passé en étant ennemis, ils ne pouvaient que continuer à se comprendre en étant … en étant quoi, d'ailleurs ?

Dobby n'avait pas non plus la réponse à cette question, mais c'est en tout cas un grand sourire aux lèvres et les mains posées fièrement sur ses hanches qu'il regarda, depuis l'autre côté de la route, ces deux adolescents, un peu maladroits, souvent malhabiles, encore bien novices en matière de rapports humains, mais si touchants au fond.

Oh oui, papa Dobby pouvait être fier de lui ! Grâce à ses conseils avisés, Harry et Draco se reparlaient … et semblaient même s'offrir le luxe de s'engueuler de nouveau ! L'elfe sourit, attendri, puis, après quelques minutes, il se dit que tout de même, il ferait bien d'intervenir, avant que les deux autres ne s'étripent réellement !

Ah là là, la vie avec Potter et Malefoy était définitivement loin d'être reposante pour papa Dobby …

Une demi-heure plus tard, sur la route …

Trottinant derrière ses deux compagnons de route, Dobby, une barre soucieuse lui barrant le front, demanda :

« Franchement, Dobby ne comprend pas comment monsieur Potter et monsieur Malefoy ont pu en venir à se taper dessus alors que trente secondes avant, ils riaient ensemble … »

Tournant brièvement la tête vers l'elfe, Harry lui lança un regard entendu, avant d'ajouter d'un ton un peu agacé, assez fort pour que Malefoy l'entende :

« Oui, moi aussi j'aimerais bien comprendre ça … Surtout que je n'ai rien dit qui mérite que je me prenne un coup sur le crâne … »

A ces mots, Draco pila net, et se retourna trèèès lentement (surtout dû au fait qu'en plus de porter son sac sur le dos et celui de Potter sur le ventre, il avait refusé de laisser à un autre le soin de transporter le chaton, et l'avait donc posé sur sa tête pour faire le trajet), plantant un regard presque choqué sur le brun :

« Je t'ai frappé, Potter, parce que tu as dit que j'étais aussi mignon que ce chaton ! » s'indigna-t-il, tout en désignant d'un index rageur le petit félin endormi roulé en boule sur sa tête.

Dobby et Harry durent une nouvelle fois faire un effort pour ne pas éclater de rire face à ce tableau incongru -inutile d'en rajouter une couche à la colère du blond-, et le brun répliqua :

« Mais enfin … quel mal y a-t-il à ce que je te dise ça ? C'était un compliment ! » Il croisa les bras, toute colère retrouvée, et ajouta d'un ton moqueur : « Tu ne vas pas me dire que j'ai porté atteinte à ta fierté en te comparant à un chat, quand même ? »

Pâle d'indignation, Draco s'écria, désignant toujours la petite boule de poils assoupie -les cris du jeune homme devaient la bercer :

« Mais c'est une chatte ! » Tandis que les deux autres ouvraient de grands yeux, l'adolescent poursuivit, toujours aussi outré : « Potter, tu m'as comparé à un femelle … et tu oses me demander pourquoi tu t'es pris un coup sur la tête ! »

Mais déjà l'elfe et le Survivant ne l'écoutaient plus : les deux laissèrent de grands sourires béats fleurirent sur leurs visages, avant de s'écrier, radieux et infiniment attendris :

« Ooohh, c'est une petite chatte ? »

« Un bébé fille ! Oh, comme papa Dobby est charmé ! »

« Qu'elle est choute ! » ajouta Harry, tout en rejoignant en quelques pas le blond, et en attrapant son visage entre ses mains pour le baisser d'un coup, ramenant le chaton à sa hauteur. Ignorant le cri de protestation de Malefoy, il prit délicatement le félin dans ses mains, et s'accroupit devant Dobby, poursuivant ses commentaires admiratifs : « C'est une petite femelle, Dobby … Elle est vraiment adorable, n'est-ce-pas ? »

« Oh oui ! » roucoula l'elfe, aussi extatique que son ami. Il caressa doucement le haut du crâne de l'animal, qui émit un petit miaulement, arrachant ainsi de nouveaux cris de joie aux deux autres.

Mais, loin de partager leur admiration béate, Draco reprit des mains de Harry le chaton d'un geste rageur, et s'écria, mécontent :

« Et voilà, vous l'avez réveillée, avec vos bêtises ! On ne peut vraiment rien vous confier, vous brisez tout ! De vraies brutes … »

Le Survivant gloussa, puis, se glissant tout contre le blond, il lui enlaça doucement la taille, et murmura, les yeux brillants :

« Oui, tandis que toi, tu es très doux, n'est-ce pas ? »

Rougissant légèrement, Malefoy se dégagea d'un coup de hanche, mais reconnut, se gonflant même un peu de fierté -ce qui amena Dobby à noter que décidément, la ressemblance du jeune homme avec un coq allait en s'accentuant (heureusement, l'autre n'entendit pas cette remarque, pourtant même pas moqueuse !) :

« En effet, Potter, moi je suis bien plus délicat … »

« Oui, limite chochotte, même … »

Trente secondes plus tard, Dobby, tenant dans ses bras le chaton que Draco lui avait confié (quoique, « fourré de force dans les bras sans lui demander son avis » serait plus juste), regardait disparaître au loin un Potter hilare coursé par un Malefoy furibond, peinant à poursuivre l'autre tant ses sacs l'encombraient. Hedwige vint se poser aux côtés de l'elfe pour suivre un peu ce qui se passait, et Dobby ajouta alors à son attention :

« Papa Dobby est désolé d'annoncer à maman Hedwige qu'il n'a pas su tenir les enfants … Ils font encore les fous. Sauf Petit Chaton, qui s'est de nouveau endormie bien sagement. Papa Dobby et maman Hedwige peuvent être très fiers de leur petit dernier … »

La chouette du Survivant, pourtant fort conciliante en temps normal, lança un regard torve à l'elfe, et s'éloigna prudemment sur la pointe des serres, craignant vaguement que, pris dans son délire subit de paternité, l'elfe de maison n'en vienne à la demander en mariage pour former une vraie famille ! Elle n'avait aucune envie d'être l'épouse d'un elfe et la mère d'un chaton, aussi craquants soient-ils tous les deux (… dans leur genre) !

Bien plus loin sur le chemin, un promeneur avisé aurait pu se demander ce que faisaient abandonnés en plein milieu de la route ces deux sacs à dos, qui paraissaient bien avoir été jetés au hasard. Et, si ce même promeneur était attentif, il pourrait également s'interroger sur la présence de ce T-shirt bleu ciel à la branche d'un arbre descendant vers un bosquet, ainsi que de cet autre haut, visiblement jeté dans un fourré au petit bonheur la chance … Ce n'est que si ce promeneur descendait vers le contrebas d'un petit chemin de terre, bifurquant après la route, qu'il aurait pu avoir la réponse à ces questions, somme toutes sans intérêt pour un promeneur …

Un adolescent blond semblait aux prises avec un adolescent brun, qu'il avait plaqué rudement contre un arbre. Le corps à corps qui s'opérait entre les deux était empli d'une tension latente, comme seuls deux animaux prêts à se fondre dessus peuvent en donner l'impression … Mais les coups ne s'étaient pas encore véritablement échangés entre les deux protagonistes de cette scène suintant d'une rivalité farouche. Comme si …

Comme si le temps s'était suspendu, sur cette main qui enserrait durement ce poignet …

Comme si le monde ne tournait plus qu'autour de cette jambe qui empêchait le corps adverse de s'appuyer douloureusement sur elle …

Comme si le fil reliant les deux personnes était sur le point de se briser … si un coup de trop partait …

Et puis, finalement, si le promeneur curieux et investigateur y regardait mieux, il décèlerait sous les quelques bleus déjà apparents et derrière les sourcils froncés, une lueur dans le regard plus mutine, une ébauche de sourire plus complice, un échange plus tendre qu'il n'y paraissait … Et il comprendrait.

Il comprendrait que si ces deux-là se battaient, ce n'était pas méchant.

Il comprendrait que si des coups s'échangeaient, ils seraient suivis de caresses.

Il comprendrait que s'il y avait de l'inimitié là-dessous, elle n'empêchait pas bien plus … bien plus.

« Potter, c'est la dernière fois que tu te moquais de moi … » gronda d'une voix sourde le blond.

Les yeux verts se firent rieurs face à lui : « Tu rêves ! Et puis si c'était le cas, tu t'ennuierais trop … »

Les lèvres pâles se fendirent d'un sourire, assez narquois pour être malefoyen, assez doux pour être compris : « Tu n'as pas tort. Mais tu devras te faire pardonner, alors … »

Une rougeur sur les joues tannées par le soleil, mais pas de tentative de dissimuler cette gêne attendrissant de toutes façons l'autre : « D'accord … »

Deux lèvres qui épousent leurs jumelles, l'espace d'une seconde.

« Sale petit binoclard … tu sais que je ne résiste pas quand tu as ce regard-là … »

Un regard qui pétille à ces mots, justement. Une main qui effleure la peau d'un torse dénudée dans une bagarre déjà oubliée : « Idem. »

Et enfin, un éclat de rire. Conjugué au pluriel.

C'est à ce moment-là que le promeneur, futé, se saurait de trop, et repartirait, sa curiosité en partie étanchée, et le cœur rassuré de savoir les deux autres entre de bonnes mains. Laissant dans ce paysage de campagne deux sacs à dos étrangement abandonnés sur la route, un T-shirt bleu ciel se balançant au gré du vent sur une branche, tandis qu'un autre se tasserait dans un buisson, et que leurs propriétaires supposés se marreraient, pour une raison connue d'eux seuls, plus bas dans la vallée.

Et, si ce même promeneur poursuit sa route, il pourra éventuellement croiser sur son chemin une bien étrange famille, composée d'une créature étrangement verte aux grandes oreilles, d'un chaton dormant paisiblement, et d'une chouette peu rassurée lançant des regards torves à son compagnon de route … Mais ceci est une autre histoire !

Revenons un instant sous cet arbre où la bagarre s'est déjà évaporée dans l'air, comme toutes les précédentes. En attendant Dobby, les deux adolescents s'étaient assis au pied du tronc d'arbre, et discutaient tranquillement, la main droite de Harry glissée dans la main gauche de Draco. Aucun ne s'étonnait ou ne semblait incommodé d'être passés en un instant d'une dispute à une conversation apaisée … ce voyage était trop plein de surprises pour qu'ils ne prennent la peine de s'étonner à chacune d'elle.

« Au fait Draco, comment tu vas appeler la petite chatte ? Tu y as déjà réflé … »

« Lily. »

Le Survivant ouvrit de grands yeux, et fut incapable de dire un mot de plus. Mais déjà, Draco continuait, inclinant la tête tout en fixant la route pour ne pas rater le passage de l'elfe de maison :

« C'est un prénom court, facile à comprendre pour un animal, et surtout il se termine en « i ». J'ai entendu dire que c'était mieux pour les chats et chiens, qui perçoivent plus facilement les sons aigus … Qu'en penses-tu ? C'est joli comme nom, non ? » ajouta-t-il en se retournant vers le brun. Mais il perdit son sourire en voyant son compagnon toujours muet, les larmes aux yeux.

« Non ? » répéta l'adolescent blond, moins assuré.

Harry secoua la tête, et serra doucement la main de l'autre. Esquissant un mince sourire au travers de ses larmes, il murmura :

« Non, c'est très joli, au contraire … » Il plongea ses prunelles dans celles, un peu inquiètes, de Draco, et le fixa un moment, avant d'ajouter, la voix tremblante : « C'est … c'était le prénom de ma mère. »

Loin de s'étonner de cette révélation, Malefoy répliqua, les sourcils froncés : « Je sais. C'est pour ça que je voulais appeler la chatte comme ça. Je pensais que ça te ferait plaisir. Mais j'ai dû me trom … »

Un baiser presque violent tant il était spontané vint avaler ses derniers mots, le réduisant au silence. S'écroulant presque par terre sous l'étreinte du brun, Draco finit par sourire légèrement, avant de s'abandonner complètement aux bras de l'autre.

Ah, il savait bien que ça lui ferait plaisir, finalement …