Je le savais.

Je savais qu'elle en avait besoin.

Bella voulait, devait voir son père une dernière fois. Pour pouvoir tourner la page. Pour pouvoir être pleinement heureuse avec moi.

Nous avions passé prêt de 2 mois sur l' île d'Esmée.

Qui resterons dans ma mémoire comme les plus beaux moments de ma vie.

Bella et moi sommes deux âmes sœurs. Des vraies. Comme le sont Esmée et Carlisle, Jasper et Alice, Emmett et Rosalie.

J'ai trouvé la femme de ma vie. Dans de bien difficiles conditions, certes. Mais comme le dit Emmett, avec sa logique un peu simpliste mais qui vient du coeur: c'est le résultat qui compte.

Et le résultat c'est notre couple. Notre bonheur.

Alors j'avais dit oui.

Je m'étais engagé à l'aider.

Nous étions dans la voiture. Et j'avoue que j'étais heureux de ne pas pouvoir lire dans les pensées de ma femme.

Elle se taisait depuis des centaines de kilomètres.

Un instant j'ai craint qu'elle ne rouvre le fossé qui nous avait séparé au début.

Mais elle m'a prit la main. Sans me regarder, juste une pression de la main, pour me dire tout ce qu'elle ne pouvait exprimer avec des mots.

Quand je me suis garé sous les fenêtres de l'ancienne maison de Bella elle m'a demandé d'y aller seule.

Je ne savais pas si je pouvais lui faire entièrement confiance puisque cela concernait son père mais le sentiment de culpabilité qu'a ravivé son regard éteint a eu raison de ma logique.

J'ai longuement scanné les pensées de cette rue, ne trouvant que des rêves.

Ceux du chef Swan n'étaient pas tranquilles mais ils étaient lourds. Les rêves de ceux qui prennent des tranquillisants et des somnifères.

Presque une année s'était écoulée depuis la transformation de Bella.

Et son père la cherchait encore.

Nous avions vu les affichettes avec la photo de la Bella humaine, placardées tout le long de la route, plus de 100 Kms avant Forks, et jusque dans sa rue.

Bella m'a embrassé puis elle est sortie.

Très vite elle a réussi à pénétrer dans la maison.

Je suis resté sur mes gardes, épiant les pensées de Charlie, le moindre bruit.

J'ai entendu ma femme parler. Très doucement. J'ai compris qu'elle cherchait à s'introduire dans les rêves de son père. Elle y a partiellement réussi.

Elle est restée moins de 5 minutes dans la maison.

Quand elle est ressortie son visage était impénétrable.

Elle s'est assise à coté de moi sans un mot. J'ai prit sa main et j'ai attendu un peu.

Elle était en train de me faire un pauvre sourire quand nous avons senti l'odeur.

Une odeur que je n'avais pas senti depuis très longtemps.

Une odeur de loup garou.

La panique m'a submergé.

Ils étaient nombreux.

Bella a sursauté et a bloqué sa respiration.

J'ai entendu des pensées, les pensées de la meute.

Ils étaient 4.

Nous les avons vu arriver.

Ils étaient 4 et nous 2.

Je n'ai pas eu le temps de retenir ma femme.

Elle est sortie de la voiture et s'est avancée dans la rue, vers les bêtes qui approchaient rapidement. Elle s'est mise sous un lampadaire, en pleine lumière.

Je suis sorti de la voiture pour la rejoindre quand une des pensée d'un des loups m'a surpris.

« Bella! » C'était un cri de joie, un cri de reconnaissance.

Il émanait du loup couleur caramel. Il s'est alors mis derrière une voiture, et est ressorti quelque instants plus tard, redevenu humain.

Il s'est dirigé vers Bella.

Elle l'a regardé, sans réelle surprise.

J'ai entendu les pensées de l'homme.

La surprise, le dégoût, la colère, l'amour, le désir.

Quand il a été proche d'elle à la toucher, ma femme a enfin ouvert la bouche:

« Jacob… »

Mais il ne lui a pas répondu. Des larmes lui sont montées aux yeux et il s'est tourné vers moi.

Je me suis approché de lui.

« c'est toi? »

« oui, c'est moi qui ai transformé Bella. »

« vous avez rompu le traité! »

« je sais . C'était involontaire. Bella est ma femme à présent »

Il s'est tourné vers elle.

« oui. Je suis avec lui. Nous nous aimons. Je ne veux pas d'autre vie que celle que j'ai à présent Jake… »

La colère l'a secoué.

« tu sais dans quel état est ton père? Tu sais qu'il ressemble à un zombi? Qu'il va sans doute mourir de douleur? Tu sais que ta mère est en clinique? Qu'elle a une grave dépression ?»

Bella a fermé les yeux un instant.

« que puis-je y faire? Ils ne peuvent pas apprendre la vérité. Tu le sais. »

Jake s'est assis sur le trottoir. Les autres loups se sont approchés.

« je t'aimais Bella. Dès le premier regard. Je t'ai aimée tout de suite. Nous étions faits l'un pour l'autre… »

« sans doute. Mais dans une autre vie. Dans la mienne tu n'as pas de place, pas plus que je n'en ai dans la tienne à présent. »

« que vas-tu faire? »

« Je vais repartir. Je vais écrire une lettre à mes parents. Je ne peux rien faire d'autre »

Jacob aquescia d'un air épuisé.

« je t'ai cherché tu sais. Si longtemps »

Je pus voir dans son esprit les heures passées à cherche rBella, à renifler sa trace, la perdant toujours, puisqu'elle l'avait quittée dès que je l'avais mordue.

Bella se pencha sur le jeune homme. Dans sa main quelque chose brillait.

Elle revint vers moi et m'enlaça.

Ce fut elle qui reprit le volant.

Plusieurs kilomètres durant elle roula à plus de 200 Kms/h.

Je comprenais.

La vitesse aide à apaiser la tension.

Quand enfin elle stoppa et se retourna vers moi, un sourire revenu sur son visage, je lui demandais ce qu'elle avait donné à son ami.

« ma chaîne .Celle d'avant. »

« Tu vas mieux? »

« Non. Je me doutais mais…C'est pire encore…Je vais leur écrire, leur dire la vérité, que je vis, ailleurs, autrement, sans eux. Je leur ajouterai une preuve, mon agenda d'école ou quelque chose dans le genre. Ils en concluront sans doute que je suis rentrée dans une secte, mais tant pis. Je crois que le doute qui les torture est-ce qu'il y a de pire. »

J'approuvais silencieusement.

Bella avait raison.

Comme toujours.

Quand nous rentrâmes en Alaska Jasper et Alice étaient de retour.

Le lendemain, cela faisait un an jour pour jour que j'avais mordu Bella dans la forêt.

Et son pardon était tout ce que j'avais souhaité, je l'avais obtenu, depuis longtemps, mais ce jour là plus que jamais elle me le démontra.

-

-

-

-

-

Plus qu'un chapitre…